Quel audacieux raccourci ! Il ne faut pas oublier que les causes de la Révolution française sont évidemment multiples et complexes et ne peuvent s’expliquer par de seules considérations climatiques ou par une catastrophe naturelle.
Je cite Pascal Ascot (Histoire du climat, chez Perrin, 2003, page 163) : « A partir de 1782, survient une nouvelle et terrible dégradation, parce qu’elle est durable : les années sont fraîches dans l’ensemble ; les gelées tardives, ce qui est catastrophique, et les étés pluvieux, ce qui ne l’est pas moins. Beaucoup d’historiens considèrent que cet épisode climatique a joué un rôle important dans le déclenchement de la Révolution française. Il se reproduit en 1783, 1784, 1786, 1787 et 1789. »
Plus loin, le même auteur ajoute : « La Révolution française commence au cours de l’été 1789 et (…) cette fois, les historiens les plus scrupuleux et les plus antidéterministes considèrent que le climat a joué un rôle non négligeable dans son déclenchement. Certes, « non négligeable » est une expression bien vague. C’est que l’Histoire n’est pas une science dans laquelle l’expérimentation permet de faire varier les paramètres. Il est donc vraisemblablement impossible d’être plus précis. »
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