Les métiers de nos ancêtres
Les carrières et les carriers de Mery sur Oise en 1910, par Jean-Pierre Auger
En guise de préambule
En faisant des recherches pour savoir ce que je pourrai raconter à mes petits enfants sur les carrières de la région, ma curiosité fut aiguillonnée par ces quelques mots sur les conflits qu’eurent nos ancêtres, trouvés dans le livre de Francis Arzalier (historien, professeur à l’IUFM de Beauvais et candidat à la députation dans le Val d’Oise) Des villages dans l’histoire : vallée de Montmorency 1750 à 1914 :
« Le mouvement revendicatif ouvrier se manifeste par une certaine force dans la vallée peu avant la guerre, à partir du printemps 1910 par les grèves des carriers de Méry-sur-Oise. Déclenchée, le 19 mars, la grève touche près de 400 ouvriers, sur douze carrières à pierre, appartenant à sept patrons différents, à Méry, Villiers-Adam, Parmain. Le 29 juillet 1910, le « Petit journal » peut annoncer : « Les carriers de Méry-sur-Oise viennent de reprendre le chemin des chantiers », après quatre mois, sans succès… Cette main-d’œuvre, surexploitée, marginalisée, déracinée, n’est guère en état d’imposer ses vues ».
Quelques mots qu’il me fallait approfondir, c’est ce que je vais faire dans cette série d’articles.
C’était il y a 100 ans, Pierre Tesche, journaliste au journal l’Humanité, arrivait à la gare de Méry-sur-Oise. Il était envoyé pour couvrir l’événement qui faisait la une de tous les journaux : la grève des ouvriers carriers de Méry.
Les quelques mots qu’il a écrit sur son arrivée dans le village de Méry sont particulièrement émouvants, car ils sont toujours vrai un siècle après :
« Tout d’abord, je dois avouer, - et beaucoup penseront comme moi – que le seul mot de « carrières » me représentait Méry comme un pays accidenté, peu fréquenté en un mot, une contrée où, à l’exception des exploités et de leurs exploiteurs, la vie était nulle ou à peu près. Je dois dire que ma surprise a été extrême lorsqu’à ma descente du train, je me suis trouvé dans une petite cité plus que riante, agréable au possible.
Située entre la ligne de chemin de fer Paris-Valmondois et la rivière de l’Oise, émaillée de villas autour desquelles des petits bois ajoutent l’attrait de leur verdure printanière, on ne se douterait pas que là se déroule un conflit qui mérite par les motifs qui l’ont créé, d’appeler toute l’attention ».
Mais avant de parler de ce conflit ouvrier, laissez-moi vous présenter les carrières de Méry et le travail des hommes qui les ont exploitées.

- Entrée de la carrière du Four à Chaux à Méry-sur-Oise
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Histoire locale
De Gaulle et ses ancêtres enterrés à Montreuil-sur-Mer, par Gérard Robette
« Ignorez-vous, Charles, que lorsqu’on épouse quelqu’un, on épouse en même temps sa famille et ses ancêtres ? » Yvonne de Gaulle - Vendroux
Charles de Gaulle est un homme qui aime le Nord et les Pays du Nord. Longtemps, il fut prétendu que les de Gaulle étaient parisiens depuis des siècles mais s’il est bien vrai que la branche de Gaulle est installée à Paris depuis quatre générations, après un passage par la Bourgogne et la Normandie, les origines du Premier Président de la Cinquième République sont, comme dans de nombreuses familles, multiples.
Charles André Joseph Marie de Gaulle naît le 22 novembre 1890 à Lille chez ses grands parents maternels MailloT-Delannoy, seuls grands parents vivants. Tous les cousins de Gaulle, Maillot et de Corbie aimaient donc se retrouver chez « Bonne Maman Maillot » où il y avait salle de jeux et sorties organisées.
À cinq ans, l’enfant fréquentait une école lilloise. Pendant une douzaine d’années, ses séjours d’été à la mer se passèrent à Wimille et Wimereux. Sa première affectation militaire choisie fut Arras, le 33e R.I. dans lequel il fut incorporé le 10 octobre 1909 et où son Chef de Corps fut le Colonel Philippe Pétain dès octobre 1912.

- Maison du Lieutenant de Gaulle à Arras
- Plaque sur la maison du Sous-Lieutenant de Gaulle à Arras.
Il épousa une Calaisienne, Yvonne Vendroux, dont les origines de la famille sont hollandaises (Van Droog) après avoir transité par la Bourgogne comme les de Gaulle et les Maillot et leurs alliances donnent au Général des ascendances allemandes (Kolb) anglaises et écossaises (Fleming) et irlandaises (Mac Cartland), celles qui nous intéressent ici, à Montreuil sur Mer.

- L’Hôtel de Ville de Calais
- L’Hôtel de Ville où il est devenu le 7e Bourgeois de Calais (c’est lui qui le disait parce qu’il s’est passé la corde au cou ! mais pas en chemise, en costume de cérémonie !).
Du côté paternel
Charles de GAULLE est issu d’une famille fidèle aux grands principes moraux au service de la France depuis le Moyen âge.
Au XIIIe siècle, Richard de Gaule (le nom vient de « Galle », le chêne en gaulois, l’arbre sacré des druides), doté d’un fief à Elbeuf, aurait participé aux côtés du Roi Philippe-Auguste à la victoire de Bouvines (1214).
Au XVe siècle, Jehan de GAULES, Gouverneur d’Orléans fut un de chevaliers luttant contre les Anglais pendant la Guerre de Cent Ans à Azincourt (1415). Il en réchappe et s’exile en Bourgogne. « Cette défaite est une affaire de famille. » Charles de Gaulle, La France et son Armée.
Au XVIe siècle, Gaspard de GAULLE était délégué au bailliage de Châlon sur Saône.
Aux XVIIIe et XIXe siècles, Jean Baptiste et son fils Jean Baptiste Philippe, Parlementaires à la Révolution, sont installés à Paris. Mais Julien Philippe, fils du précédent et grand père du Chef de l’État, quoique né à Paris, enseigne à Lille et Valenciennes.
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Sources historiques
Doléance des scieurs de pierres et de marbre de Paris, par Alain Morinais
Lettre du 21 avril 1789, demandant l’inscription d’une doléance dans les cahiers de la ville de Paris
Les représentants de 3 000 scieurs de pierres et de marbre de Paris demandent d’inscrire dans les cahiers des doléances de la ville la suppression des deux premières machines à scier, nuisibles et ruineuses pour les ouvriers.
Transcription d’une copie de document d’archives du royaume. Lettre remise au président de l’assemblée du district pour la rédaction des cahiers des plaintes et doléances de la ville de Paris.

- Le scieur de pierres
Monsieur,
Nous avons l’honneur de Vous prier de présenter à l’assemblée que Vous présiderez notre juste demande dénommée ci-dessous.
Nous sommes environ trois mille scieurs de pierres et de marbre dans Paris, une partie de nous est la plus part sans ouvrage depuis longtemps et principalement depuis avant l’hiver passé, ce qui nous est bien nuisible. Ce sont deux mécaniques que les messieurs Corbel père et fils ont fait construire sur la rivière des Gobelins à Paris.
Une de ces mécaniques qui a 4 scies et dont il n’est besoin que de deux hommes pour lui trouver l’ouvrage et la conduire, elle débite dans un jour et une nuit l’ouvrage de 90 hommes et la deuxième de 60 hommes. Ces deux mécaniques ensembles débitent donc en un seul jour et une nuit l’ouvrage qu’un fort scieur de pierres peut débiter en cent cinquante jours.
D’après cette importante considération, Monsieur, nous sommes assurés que vous voudrez bien employer tous vos moyens pour engager votre assemblée à faire insérer dans les Cahiers de la ville de Paris l’objet de notre demande qui est la suppression de ces deux mécaniques qui nous ne sont pas seulement nuisibles mais ruineuses et qui rendraient la vie à 150 ouvriers.
Nous avons l’honneur d’être avec respect.

| Note : Voici un très intéressant texte qui évoque la mécanisation de l’industrie du bâtiment et ses conséquences sociales. En cette seconde moitié du XVIIIe siècle, profitant de la croissance générale des affaires, beaucoup de villes font peau neuve. Elles sont alors un immense chantier qui mobilise une importante main-d’œuvre. C’est dans ce contexte que depuis l’Angleterre arrivent les premières innovations techniques et les machines à vapeur. C’est les débuts de la mécanisation des industries du royaume. Mais le coût d’achat de ces mécaniques reste toutefois élevé, ce qui en limite les importations. Seuls de riches entrepreneurs, comme les messieurs Corbel, peuvent se permettre une telle dépense… sans doute vite compensée par l’allègement des coûts de production et notamment la réduction des charges de la main-d’œuvre. L’envers du décor, c’est la mise au chômage de tous ces ouvriers attirés dans les cités par les chantiers de construction ou d’embellissement. On assiste alors à l’émergence de mouvements de résistance au grand machinisme, notamment durant la crise des années 1788-89 (cf. Contexte, fiches 1788 et 1789), comme nous le montre le document ci-dessus. |
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Vient de paraître
La dernière guerre au jour le jour
Il y a 70 ans débutait le plus meurtrier conflit de tous les temps. En cette occasion, les éditions Caraktère, spécialisées en histoire militaire contemporaine, lancent une nouvelle revue bimestrielle intitulée Histoire(s) de la dernière guerre, 1939-1945 au jour le jour .
L’originalité, le point fort de cette publication, réside dans son approche chrono-thématique du sujet (comme pour mon ouvrage Contexte). Ainsi, chaque numéro sera consacré à un bimestre, soit deux chroniques mensuelles présentées à 70 ans de distance.
À lire notamment dans le numéro 5 (mai - juin) :
Jean-Louis Crémieux-Brilhac raconte : Acteur de l’histoire et éminent historien, entré en résistance au cours d’un périple de plusieurs milliers de kilomètres, Jean-Louis Crémieux-Brilhac revient sur les années, les rencontres et les événements qui ont changé sa vie et la face du XXe siècle.
Sports mécaniques, vitesse et bras tendus, les sports mécaniques dans les dictatures fascistes : Le sport occupait une place majeure dans « l’encadrement des masses » prôné par les régimes fascistes, de la simple pratique individuelle aux grandes messes olympiques. Si l’athlétisme et la gymnastique sont des exemples bien connus, le cas des sports mécaniques l’est beaucoup moins, alors que ses applications politiques et pratiques furent décisives.
Politique : Churchill à Downing Street : Hitler trouve un adversaire à sa hauteur ! Depuis septembre 1939, le Premier lord de l’Amirauté se trouve dans une position subordonnée – exactement comme lors de la Grande Guerre un quart de siècle plus tôt. Mais tout comme jadis, Winston Churchill est un véritable volcan d’activité !
Personnalités : qui étaient nos généraux ? le haut commandement français en 1939-40 : L’Histoire est généralement très critique envers les généraux français qui, selon les uns, ont a minima fait preuve de faiblesses intellectuelle et physique et, selon les autres, démontré une incompétence rare lors du cruel printemps 1940. Qui étaient ces hommes et quel fut leur parcours ?
La guerre : 10 mai - 4 juin 1940 de Sedan à Dunkerque :
le fer de lance allié brisé en trois semaines : « Nous traverserons la Hollande et la Belgique d’un seul trait et nous réglerons son affaire à la France en quinze jours. […] Les Anglais, après avoir combattu encore quelque temps, finiront par se lasser. À ce moment-là, le Führer leur accordera une paix très modérée et digne d’un grand homme d’État. » (Général Friedrich Fromm).
Civils : l’exode : un peuple entier dans la débâcle : « À la gare, les trains se succèdent. Remplis d’évacués. Des vieillards, des mères dépeignées, des enfants qui pleurent. Une femme très âgée étreint une gamine qui pousse des cris : « Mon arrière-petite-fille » nous confie-t-elle d’une voix menue. « Elle réclame sa mère ». Cette Ardennaise octogénaire fuit son pays pour la troisième fois. Comme en 70, quand son père la traînait. Comme en 14, ayant vu s’embarquer ses trois garçons soldats. Et ce sont toujours les mêmes qui les chassent. Ces hordes qui, depuis un siècle, n’ont changé que de casque et portent maintenant la mort plus loin. » Roland Dorgelès (cf. La Drôle de guerre, Albin Michel, 1957, p. 227).
La guerre : l’heure des décisions irrévocables : 10 juin 1940, l’italie entre en guerre : Irrité par le rôle de « non belligérant » de l’Italie, qu’il assimile à une trahison, autant que par le soulagement populaire qui y est lié, Benito Mussolini brûle de passer à l’action. Surpris par l’écroulement du dispositif franco-britannique sous les coups de boutoirs de la Wehrmacht, le Duce décide de franchir le Rubicon et de lancer l’Italie dans une « guerre parallèle ». Nous allons en relater ici les prémices.
La guerre : juin 1940 : la bataille de france : de la somme à l’armistice : Au début du mois de juin 1940, malgré le relatif répit de l’évacuation de Dunkerque, la situation militaire alliée paraît au mieux compromise. La bataille de juin, pourtant souvent méconnue, va malgré son dénouement catastrophique constituer la phase la plus disputée de ces semaines terribles de 1940, et se conclure par « ce désastre absolu qui brise un pays de haut en bas ». ( Jean-Louis Crémieux Brilhac).
Politique : l’éphémère « capitale tragique » : le gouvernement à bordeaux en juin 1940 : Les guerres ont souvent, dans l’Histoire, obligé les gouvernements à quitter provisoirement la capitale d’un pays face à l’invasion du territoire national. Au XXe siècle, la Seconde Guerre mondiale, après la Grande Guerre, n’a pas fait exception et après la Belgique, en juin 1940 comme en août 1914, devant la progression de l’Armée allemande, la France doit mettre en place dans l’urgence une migration de son pouvoir politique vers le sud.
Événement : les débuts chaotiques du gaullisme : Le colonel Charles de Gaulle a vigoureusement dénoncé le danger allemand pendant les années trente. Partisan d’un large rassemblement contre le péril et, sur le plan international, d’une politique d’alliances englobant l’URSS, il a fait campagne pour une modernisation des méthodes de combat.
| Caractéristiques :
Parution : bimestrielle. Format : 210 x 297 mm. Pagination : 100 pages. Finition : Dos carré collé. Prix de vente : 6,90 euros. En kiosque le 1er du mois. Disponible en France, Belgique, Suisse, Luxembourg, Portugal, Canada. |
Plus d’infos sur le site de l’éditeur
La semaine prochaine : L’enfant abandonné, résoudre l’énigme
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Sur la Toile
Connaissez-vous l’atlas parcellaire de Voreppe réalisé par Sébastien Dupuy ?
Voreppe 1759 présente une version numérisée de la minute (brouillon) du Plan du territoire de la communauté de Voreppe levé entre 1751 et 1759 par Sébastien Dupuy. Ce document appartient à la Ville de Voreppe et est conservé aux archives départementales de l’Isère (cote 4 E 543 / G 51).Ce plan est exceptionnel car il constitue l’un des rares cadastres français antérieurs au cadastre napoléonien.
Les dimensions de ce document, constitué de deux planches d’environ 4,5 m x 2,6 m et 4,5 m x 1,8 m, en rendent la consultation et la conservation difficiles. C’est pourquoi la Ville de Voreppe a fait procéder à la couverture photographique et à la numérisation de ce plan, avant de le déposer aux archives départementales de l’Isère.
En rendant plus aisée la consultation de cette pièce majeure du patrimoine voreppin et départemental, la commune de Voreppe souhaite tout à la fois faciliter l’accès du plus grand nombre à ce document et y intéresser les chercheurs. Ce plan, tant pour son intérêt propre que pour le contexte documentaire dans lequel il se situe, offre en effet matière à des recherches fructueuses.
Pour consulter l’atlas de Voreppe
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Sur votre agenda
Rouen, Une ville pour l’impressionnisme :
Monet, Pissarro et Gauguin à Rouen
Musée des Beaux-Arts de Rouen
4 juin - 26 septembre 2010

Le rôle joué par Rouen dans l’histoire de l’art à la fin du XIXe siècle est considérable. Si la ville n’a cessé d’attirer les artistes depuis la Renaissance, la fascination qu’elle exerce atteint son apogée à l’époque impressionniste, alors que se mêlent les prestiges de son essor industriel, de son site spectaculaire et de son patrimoine architectural intact. Cette ville que Pissarro trouve « aussi belle que Venise » devient dès lors un lieu emblématique de la peinture moderne. Une centaine de chefs-d’œuvre de Monet, Gauguin, Pissarro et d’autres grands peintres de la fin du XIXe siècle, seront réunis pour explorer l’un des derniers grands thèmes de l’histoire de l’impressionnisme qui n’ait pas fait l’objet d’une exposition : la cité normande comme laboratoire de la nouvelle peinture, entre agitation urbaine et ruralité, vieilles pierres et industrie galopante, le tout vibrant des reflets de la Seine.













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