Pierre Firmin de Barrau, II ème du nom, est le fils aîné de Pierre Firmin, I er du nom, et de Françoise de Barrau. Il naît le 27 mars 1731.
Il hérite de la terre de Caplongue, en Rouergue, cette province où sa famille a dès longtemps établi sa demeure.
Pierre-Firmin est cultivé, il écrit bien, mais en même temps il possède le goût de l’aventure militaire [1]. Deux traits de personnalité que l’on retrouve chez d’autres Barrau.
Il débute donc sa carrière dans les mousquetaires où il est incorporé dans la seconde compagnie [2]
Puis il passe dans un régiment de Dragons où il est capitaine.
Officier de mérite, il aurait été fait chevalier de l’Ordre de Saint-Louis.
Dans sa correspondance, vers 1755, messire Pierre-Firmin de Barrau de Caplongue, chevalier, utilise le cachet suivant qui nous renseigne sur ses armes [3] :
Au chevron accompagné d’un lion en pointe, au chef d’azur chargé d’un croissant et de deux étoiles

Dans ses temps libres, Pierre Firmin s’adonne au plaisir de l’écriture. On lui doit à cet effet une charmante fable composée quelques années avant la Révolution française :
Quelques années s’écoulent et le destin de la France va bientôt basculer ... Le peuple mené par quelques chefs gronde aux portes de Versailles, siège de la Royauté. Nous sommes en l’an de grâce 1789. Le bon roi Louis XVI décide alors de convoquer les Etats Généraux du royaume.
Dans les provinces, l’on se réunit donc entre les mois de février et de mai 1789 aux fins de désigner des représentants aux Etats qui s’ouvrivront le 5 mai.
Le 16 mars 1789 a lieu à Rodez l’assemblée générale des trois Ordres [5] chargée de nommer leurs députés.
« Le lendemain, 17 mars, dès huit heures du matin, le président d’âge ayant ouvert la séance et invité les électeurs à procéder à l’élection d’un président, l’assemblée d’une voix unanime, confirma son doyen M. le vicomte de Panat, qu’elle acclama en qualité de président élu. Cet officier-général, entouré de la confiance et du respect de tous, apportait à ses fonctions l’expérience des affaires qu’il avait acquise dans celles d’administrateur de la province, où il siégeait depuis près de dix ans.
Il ouvrit aussitôt les opérations par l’élection des commissaires-rédacteurs des cahiers des doléances. Le Tiers-état qui avait un grand nombre de cahiers à résumer avait nommé quarante commissaires ; la Noblesse n’en nomma que huit. Ce nombre était-il en raison de celui des divers cahiers déposés ? C’est ce qu’on peut seulement conjecturer.

- Cahier de doléances
- Cahier des doléances, plaintes et remontrance de l’Ordre de la Noblesse de la sénéchaussée de Rodez.
Les huit commissaires nommés furent, d’après le procès-verbal :
MM.
1° Le comte de Freyssinet.
2° Le marquis de Saint-Côme (Castelnau).
3° Le comte de Montvalat.
4° Le comte du Bosc.
5° Le baron de Saint-Rome.
6° Pierre-Firmin de Barrau-Caplongue.
7° Le vicomte de Parlan.
8° Le chevalier de Dourdou-Bourzès.
Les huit commissaires nommés pour le travail de la rédaction du cahier des doléances de l’Ordre, s’occupèrent de leur œuvre sans désemparer ; mais elle ne put être terminée que pour la séance du 21 mars. » [6]
Le 24 juillet 1789 a lieu en Rouergue une réunion de l’Ordre de la noblesse de la sénéchaussée de Rodez, déliant ses mandataires du serment qu’ils avaient prêté dans la séance générale des trois Ordres du 16 mars, de maintenir le vote par Ordre.
Voici le procès-verbal de la réunion :
« L’an mil sept cent quatre vingt neuf, et le vingt-quatrième jour du mois de Juillet, dans la ville de Rodez et dans la Salle du Conseil de la Sénéchaussée de la dite ville, ont été présents les Membres de l’Ordre de la Noblesse de ladite Sénéchaussée, et du Baillage de Millhau Soussignés, assemblés sur une lettre de M. de Cussac, Lieutenant Principal en la dite Sénéchaussée, à eux adressée par forme d’invitation le quinze du Courant, en exécution du Règlement fait par le Roi, concernant les mandats des Députés aux Etats Généraux, le vingt-sept Juin dernier : lesquels sous la Présidence de Messire d’Ysarn, Chevalier, Marquis de Frayssinet, Commissaire de la Noblesse, et nous Pierre-Firmin de Barrau de Caplongue membre dudit Ordre, et par les Soussignés nommé Secrétaire écrivant : on dit, qu’ils avaient bien moins consulté dans la rédaction de leur Cahier leurs propres intérêts que ceux du Trône et de l’Etat ; et que s’ils se rendent aujourd’hui à l’invitation du Roi ; c’est pour donner à Sa Majesté de nouvelles preuves des sentiments d’amour, de respect et de fidélité, dont ils sont pénétrés. Qu’animés par ce motif, et par leur zèle pour la conservation de la Monarchie, ils adhèrent par cette Délibération aux Arrêtés des Représentants de la Noblesse des vingt cinq juin et trois juillet derniers : et donnent à Messire d’Adhémar, Vicomte de Panat, Chevalier, Maréchal des Camps et Armées du Roi, leur Député aux Etats-Généraux, qui mérite toute leur confiance, tous les pouvoirs relatifs aux dits Arrêtés. En foi de quoi ils ont signé avec moi dit Secrétaire. D’Yzarn-Freyssinet ; de Grégoire ; comte de Gardies ; de Montvallat de Bonne ; d’Alichoux ; Curlande ; Gualy de Saint-Rome ; Viguier de Grun ; Méjanès de Veillac ; La Goudalie ; Salgues ; Vigroux ; Balsac ; Rességuier ; Gaston de Polliez ; Grandsaigne ; Cougousse ; d’Albois de Montrozier, chevalier de Roquefeuil ; Barrau-Espinassette ; Faramond ; Roquefeuil-d’Ambert ; de Girols ; Sambucy de Sorgues ; le chevalier de Tullier ; de Saunhac ; Cassan de Cassagnoles ; d’Auriac de Gualy ; Mazars de Limayrac ; Balsac-Vialatelle ; Saint-Amans ; de Corneillan ; marquis de Saunhac-Villelongue ; le comte d’Adhémar-Panat ; Vigroux-d’Arvieux ; Saint-Côme ; de Puel vicomte de Parlan ; de Méjanès ; Barrau-Caplongue, Secrétaire de l’Ordre. » Cité pages 230 et 231 dans l’ouvrage d’Eugène de Barrau « 1789 en Rouergue, étude historique et critique des institutions électorales de l’ancien et du nouveau Régime - 1er volume, sénéchaussée de Rodez » [7].
L’été 1789 est profondément marqué par les événements : après la prise symbolique de la Bastille, à Paris, le 14 juillet, les privilèges de la noblesse sont abolis dans la nuit du 4 août.
La Révolution française qui s’accomplit ainsi depuis 1789 est dure avec les anciens privilégiés ... l’ancienne France sombre pour laisser la place à un nouveau Régime.
Une partie de la noblesse décide alors de s’enfuir à l’étranger [8], et de là, avec l’appui des monarchies alliées espèrent pouvoir reconquérir par les armes le défunt royaume de France.
Devant les persécutions, Pierre Firmin de Barrau quitte donc le pays au mois de janvier 1792. Au mois de mars, il est en Allemagne.
Comme son frère Guillaume, il entre alors dans la première compagnie de Gentilshommes de Haute Guyenne infanterie, dans l’armée de Bourbon, où il est chef de section durant la campagne de cette année-là.
L’année suivante, en 1793, il est à Düsseldorf.
Il est commandant de compagnie lors de la dissolution de l’armée [9]
En 1804, en Allemagne déjà depuis douze ans avec son frère Guillaume, il demande à rentrer en France [10]. Cette autorisation leur est donnée le 19 janvier 1805, par le ministre de la police générale, sur déclaration faite à Mayence ; et au printemps les deux frères retrouvent leur terre natale du Rouergue.
Un ancien document nous dit ceci :
« Messieurs de Barrau-Caplongue et d’Espinassettes après que l’armée des Princes fut dissoute à Düsseldorf le 2 novembre 1793 se trouvaient comme tant d’autres émigrés dans un extrême dénuement et obligés à vivre d’industrie. Ils rentrèrent l’un et l’autre en 1805, et arrivèrent à Rodez chez Jacquette de Barrau leur sœur où d’Espinassettes mourut quelques mois après. Quant à Monsieur de Caplongue après la mort de sa sœur qui eut lieu après le 3 décembre de la même année, il se retira à Bretenoux en Quercy chez son neveu et y mourut le 18 mai 1816 âgé de quatre vingt cinq ans. » [11]
Dans ses vieilles années, le corps fatigué par une existence faite de services bien remplis, Pierre Firmin de Barrau-Caplongue s’éteint donc le 18 mai 1816, âgé de quatre-vingt cinq ans. Il vivait alors chez son neveu, Pierre François Joseph de Barrau Saint-Igest, qui habite le bourg de Bretenoux en Quercy.
Pierre Firmin ne s’était point marié.
Pierre Firmin de Barrau-Caplongue était ainsi l’aîné d’une génération de Barrau qui en ce XVIII ème siècle connaît une certaine réussite sociale. Pierre Firmin, bon militaire, est parallèlement actif au sein de l’Ordre de la noblesse du Rouergue, Augustin Alexandre est cavalier et Pierre Joseph débute sa carrière dans les Gardes du corps du roi Louis XV. Les fils de Marie Françoise servent également dans la Maison militaire du roi. Marie Jacquette héritera plus tard de l’important héritage de son oncle Faramond. Quant à Jean Antoine, il épouse une damoiselle de fort noble naissance tant du côté de son père que du côté de sa mère.
Enfin, Madame de Barrau qui est née Faramond est issue d’une des meilleures familles de la vieille noblesse du Rouergue, et Pierre Firmin de Barrau, est lui, l’héritier d’une situation sociale qui de génération en génération tend à s’accroître.




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