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Au fil des registres paroissiaux : deux exemples de témoignages de foi et de fidélité

...Les promesses qu’ils avaient faites à la face des autels de vivre ensemble...


jeudi 13 juin 2013, par Michel Guironnet

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Voici deux témoignages de foi et de fidélité qui ont été trouvés dans les registres paroissiaux de Condrieu, en Viennois, à l’époque de la Révolution française, années troublées tant au niveau social que religieux.

1er exemple :

Noces d'Or aux Roches en 1791

« L’an mil sept cent quatre vingt et onze, le trois janvier, et en présence des soussignés ; Jean Marthoud vigneron et Antoinette Chevalier, du lieu de Champagnole, après cinquante ans de mariage, ont renouvellé les promesses qu’ils avaient fait à la face des autels de vivre ensemble jusqu’à la fin de leurs jours, d’un commun accord et aussi chrétiennement qu’ils l’ont fait jusqu’à présent. Vallory, vicaire ».

Cet acte, déniché dans les registres d’état civil des Roches de Condrieu, est un témoignage rare de la foi religieuse de deux Rochelois au début de la Révolution... Les époux Marthoud se sont juré fidélité il y a un demi-siècle !

« Ce trentième novembre mil sept cent quarante un, Jean Marthoud, vigneron au port de Champagnolle, paroisse de Condrieu, fils légitime de deffunt Louis Marthoud et de vivante Marie Garat, âgé de vingt quatre ans, d’une part ;

Et Antoinette Chevalier, fille légitime de Jean Baptiste Chevalier, marinier au port dudit Condrieu et de deffunte Anne Jamarin, âgée de vingt cinq ans, d’autre part ;

Ont reçu la bénédiction nuptiale par moy vicaire soussigné… »

Acte retrouvé dans les registres paroissiaux de Condrieu, petite ville de l’autre côté du Rhône, en face de Champagnolle.

A cette époque, le hameau des Roches dépend pour le spirituel de Condrieu. Cela oblige les paroissiens, pour assister à la messe et célébrer « baptêmes, mariages et sépultures » à traverser le fleuve par le bac à traille tendu entre les deux rives.

Nés tous deux vers 1716-1717, les époux Marthoud assistent au mariage de leur fils Benoît aux Roches le 26 juillet 1791... Ils ont alors près de 75 ans.

Un Jean Marthoud meurt aux Roches le 3 brumaire An V (24 octobre 1796) âgé de 86 ans... Pas d’autre indication dans l’acte de décès, mais dans la table annuelle du registre il est dit veuf.

Entre 1791 et 1800, malgré une recherche dans les tables décennales, nous n’avons pas trouvé aux Roches trace du décès d’ Antoinette Chevalier.

Second exemple :

« On nous mande de la paroisse St Clair Les Roches, district de Vienne, que le citoyen Pierre Cadier, natif dudit lieu, âgé de 88 ans, vient d’y finir sa carrière, après avoir vécu avec Marie Besson ; sa digne moitié ; 64 ans.

Il est issu de cet heureux couple seize enfants de tout sexe ; il a eu le bonheur, avant de mourir, de voir sa progéniture s’étendre au-delà de 19 petits enfants et 10 arrière petits enfants, tous vivants.

Il a conservé sa mémoire jusqu’à sa dernière heure ».

Information donnée dans le numéro 19 daté du vendredi 6 septembre 1793 des Affiches patriotiques du district de Vienne [1].

Nous trouvons dans les registres d’état civil de Saint Clair du Rhône, à la date du 31 août 1793, l’acte de décès de Pierre Cadier :

« …A sept heures du matin, par devant moi Jean François Albert, curé de St Clair, membre du conseil général de la commune de St Clair et les Roches, département de lizère… » comparaissent « en la maison commune » les citoyens Pierre Chauvet et Pierre Chanal, tous deux domiciliés à St Clair.

Ils déclarent « que Pierre Cadier, cultivateur âgé de quatre vingt sept ans et cinq mois, était mort hier trentième du courant, à trois heures après midi dans son domicile à St Clair… »

Comment le curé Albert peut il dater de façon aussi précise l’âge du défunt Pierre Cadier ?

L’acte de décès de Marie Besson « veuve de Pierre Cadier » est daté du 20 frimaire An IV ; c’est à dire du 11 décembre 1795 :

« A quatre heures du soir, par devant moi Marc Jean Faure, agent municipal de la commune de St Clair...sont comparus Michel Cadier, agriculteur âgé de cinquante trois ans, et Michel Guillermet, vigneron âgé de trente quatre ans, tous les deux domiciliés audit St Clair ; le premier fils de Marie Besson âgée de quatre vingt huit ans, demeurant à St Clair, épouse de feu Pierre Cadier ; le second voisin de la ditte Marie Besson, veuve Cadier... Lesquels m’ont déclaré que... la ditte Marie Besson, veuve Cadier, est morte aujourd’huy à une heure du matin, dans son domicile à St Clair... »

Nés tous deux aux alentours de 1706-1707, Pierre Cadier et Marie Besson ont « reçu la bénédiction nuptiale » vers l’âge de 22 ou 23 ans.

Dans les paroissiaux de Condrieu, nous avons trouvé leur mariage !

mariage Pierre Cadier Marie Besson 1729 à Condrieu

« Pierre Cadier, fils légitime de deffunt Pierre Cadier, vigneron de Saint Clair en Dauphiné [2] et de vivante Marie Morel & Marie Besson, fille légitime de Claude Besson, patron [3] du Port de Condrieu, et de Marie Henry ;

ayant été publiés une fois à la manière accoutumée à la messe de paroisse, tant en cette paroisse qu’audit St Clair comme il appert par la remise de Monsieur le vicaire dudit St Clair, et ayant obtenu de Messieurs les grands vicaires dispense des deux autres bans & dispense laquelle est datée du vingtroisième novembre mil sept cent vingt neuf ; signé Didier, vicaire général ;

Ont receu la bénédiction nuptiale par moy vicaire soussigné, ce vingtsixième novembre mil sept cent vingt neuf ; en présence de Claude Besson, père de l’épouse ; de René ? Cadier, cousin de l’épouse ; et de Antoine Gabert, soussignés ; non ledit Claude Besson pour ne le scavoir faire, de ce enquis.

Brossard, vicaire (suivent les signatures de Pierre et René Cadier et celle de Gabert) ».

Pour mieux connaître l’histoire de cette région avant la Révolution, voir mon ouvrage « l’Ancien Régime en Viennois »

Notes

[1Périodique 901 aux archives départementales de l’Isère.

[2Nous sommes ici en Lyonnais, le Rhône fait frontière entre Empi et Riaume (Empire et Royaume)

[3Sous entendu « patron sur le Rhône »

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  • Bonjour,

    Pour le premier texte : Il se peut qu’Antoinette CHEVALIER soit décèdée à CONDRIEU ?
    Il est également possible que le Curé n’ait rien inscrit en pensant le faire plus tard étant occupé à une affaire plus urgente dans l’immédiat et avoir oublié par la suite. Tout comme il ait pu avoir un coup de paresse ou négligeance. Cela aussi est arrivé.

    Pour le second texte : J’ai bien aimé la formule « il est issu de cet heureux couple 16 enfants de tous sexe......... 19 petits enfants et 10 arrière petits enfants tous vivants »
    « Il a conservé sa mémoire jusqu’à la dernière heure »

    C’est beau pour avoir atteint 88 ans. A l’époque l’on ignorait encore ALZHEIMER. l’on disait encore sénile ou fou.

    Cordialement. G. Chavagnac

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