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Inventaire après décès de Marie Aubert épouse de Mathurin Denys, 12 juin 1570

Un inventaire après décès qui apporte un éclairage sur la fortune d’un bourgeois tourangeau et de nombreux noms de personnages ayant traité avec les familles


jeudi 4 novembre 2010, par René Albert

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En généalogie, la grosse difficulté est de lire et comprendre les textes anciens qui renferment, en particulier dans les textes notariés, une foule de renseignements pouvant aider à compléter notre connaissance sur une famille qui nous concerne.

Ces textes nous permettent d’entrevoir le mode de vie d’une famille, sa richesse, mais aussi de trouver la filiation avec d’autres personnages.

Cet inventaire a été enregistré par Maître René ALYNANT, notaire à TOURS (Indre et Loire), le 12 juin 1570.

Il concerne la succession de Marie AUBERT, femme de Mathurin DENYS, dignitaire tourangeau dont descendront plusieurs petits enfants qui émigreront vers la Nouvelle-France, le Québec, où ils s’illustreront durant de nombreuses années.

Ci-après nous reproduisons la transcription intégrale de l’inventaire après décès de Marie AUBERT survenu très probablement dans les premiers mois de l’année 1570.

Cet acte est très détaillé mais nous pensons qu’il est intéressant de le reproduire dans son intégrité car il est l’occasion d’apprécier un intérieur bourgeois de l’époque et d’évaluer la richesse de cette famille.

Cet inventaire est un document précieux, comportant plus de cinquante pages, où est repris tout le patrimoine de la famille DENYS et où l’on trouve le descriptif des biens matériels possédés, mais aussi une foule de références à des actes d’acquit de biens à proximité de TOURS avec les noms des vendeurs. Il apportera une foule de renseignements sur des familles tourangelles que certains généalogistes amateurs auront dans leur fichier. Il y est fait référence à de nombreux actes notariés.

Ce document a été transcrit par Madame Piétri, de Maurepas, à qui je renouvelle mes remerciements pour ce travail ardu qui mérite toute notre admiration. Le texte original, comme tous écrits de cette époque, était particulièrement difficile à comprendre. Il existe des blancs et certainement quelques erreurs de transcription mais notre connaissance des lieux nous permet d’identifier bon nombre de lieux-dits dont l’appellation reste connue de nos jours.

Pour la bonne compréhension du texte nous ajouterons entre parenthèses, en italique et en bleu des commentaires lorsque nous le jugerons utile.

Page 1

Le lundy douzeièsme jour de juin 1570, nous, René ALLINANT, nottaire royal à Tours, et Mathieu de LA MOTHE, procureur au siège présidial dudit Tours, commissaires en ceste part de Monsieur le bailly de Touraine, ou Monsieur son Lieutenant, ainsi qu’il nous est apparu par appoinctement donné le vendredy neufiésme jour des présents moys et an, se sont comparus aux Ponts de Tours, en la maison de Mathurin DENIS, ledict Mathurin DENIS en sa personne, demandeur d’une part, et Jehan MIGNOT, curateur quant au fait de l’inventaire, aprétiation et partaige cy après de Renault et Jacques les DENYS, enffans dudit Mathurin DENIS et de deffuncte Marie AUBERT, femme en son vivant femme dudict Mathurin DENIS, et Nicollas LEGENDRE, tant pour luy que pour Mathurine DENIS sa femme, aussi fille desdits Mathurin DENYS et ladite deffuncte AUBERT, deffendeurs en leurs personnes d’autre part. Après lesquelles comparutions lesdites partyes nous ont requis que eussions à procéder à apréciation de notre commission, de laquelle la teneur sera cy-après insérée, ce nous avons faict ainsi que s’ensuict :

(Maitre ALYNANT, interviendra en de nombreuses circonstances pour le compte du couple DENYS)

Et premièrement nous ont lesdits DENYS, MIGNOT, et LEGENDRE présenté Zacarye DENYAU et Jehan MABILLEAU, maîtres menuisiers, demeurant ausdits Ponts de Tours, desquels nous avons prins et receu le serment au cas requis de bien justement aprétiés les meubles et ustancilles qui leur seront monstrés concernant leur mestier, ce qu’il nous ont promis faire, et ce faisant avons prins et receu le serment dudit DENYS par lequel il nous a juré et affermé de faire représentation de tous et chacuns les biens meubles, lettres, titres, obligations et cédulles et autres enseignemens, debtes et choses concernant la succession de ladite

Page 2

Deffuncte AUBERT........... ledit DENYS et ledit MIGNOT oudit nom et ledit LEGENDRE et sadite femme. Après leur serment avons commancé au faict dudit inventaire et aprétiation.

En la chambre basse devant :

- une table de boys de noyer, deux tréteaulx canellés avecques ung ays (planche de bois peu épaisse) de boys de chesne, ung banc avec sa ........ aussi de boys de noyer, ayant deux layettes, le tout aussi de pareille façon que ladite table, apprétiés ensemble à la somme de quinze livres tournois (sauf exception nous ne marquerons plus l’estimation portée à l’acte).
- Ung charlict de grand lict à quenoilles de boys de noyer, façon de godron
- Ung charlict de couchette aussi de boys de noyer de pareille façon
- Ung buffet aussi de boys de noyer faict à imagerye, ayant deux fenêtres fermant à clef et deux layettes (les layettes sont des tiroirs)
- Ung petit coffre de boys de noyer servant de comptouer aussi faict à imagerye
- Quatre chaizes de boys de noyer de pareille façon que lesdits charlicts
- Une petite chaize fermant à clef de boys de noyer

Page 3

- Ung petite chaize de boys de noyer
- Ung lavouer de boys de noyer faict à la pareille façon que lesdites chaizes
- Une grande paire d’armoyres de bois de noyer estant au coing de la cheminée de ladite chambre fermant à clef
- Ung petit coffre de boys de chesne fermant à clef

En la chambre basse de derrière joignant ladite chambre :

- ung charlict de grand lict à quenoilles tournées de boys de noyer
- ung charlict de couchette aussi de boys de noyer de pareille façon que ledit charlict
- ung grand coffre de boys de noyer ayant un paneau emboysté faict à chappiteaulx ionicques
- ung autre grand coffre de boys de noyer de pareille façon
- ung autre grand coffre de boys de noyer tout aplany avecques son soubs bassement…
- Ung autre grand coffre de boys de chesne faict à imagerye
- Six escabeaulx de dessus de noyer

Page 4

- ung autre petit coffre de boys de noyer aussi fermant à clef
- Ung chaize persée de boys de noyer
- Ung grand tabouret de noyer
- Ung autre tabouret de noyer
- Ung autre plus petit tabouret aussy de boys de noyer
- Ung grande payre de armoires à toillies ayant quatre fermettures de boys de chesne

En une chambre basse appellée la chambre neufve estant dans la court :

- ung table, deux tréteaulx tourneaux, une ays de chesne avec ung banc à celle de boys de noyer, une fenêtre fermant à clef au bout
- ung charlict de grand lict à quenoilles tournées de boys de noyer
- ung charlict de couchette aussy de boys de noyer
- ung grande paire d’armoires de boys de chesne à trois fermetures de clef
- ung grand coffre à ymagerye de boys de noyer fermant à clef

Page 5

- ung autre coffre de boys de chesne fermant à clef
- ung chaize caquetoire (de nos jours on dirait une causeuse) de boys de noyer
- deux chaises de boys de noyer tournées
- deux autres chaizes de pareil boys et façon rompues
- un petit coffre de bahu couvert de fer blanc en bandes fermant à clef

en une petite garde robbe estant en ladite court appellée la boullengerye :

- ung meit de boys de chesne (en Touraine la « maie » est un coffre qui servait à pétrir la pate pour fabriquer le pain)
- ung petit coffre de boys de chesne fermant à clef

en la chambre haulte de devant sur la rue :

- une table avecques ses tréteaulx, le tout de boys de chesne
- ung coffre de boys de chesne fermant à clef faict à drapperye
- ung autre coffre de boys de chesne aussy fermant à clef
- ung autre coffre de boys de noyer fermant à clef
- ung petit coffre de boys de noyer
- ung banc et une banselle estant sous le portal

Page 6

Taxe ausdits menuisiers chacun la some de six sols tournois (ici se termine la mission des menuisiers, maintenant l’inventaire va passer en revue le détail du linge... et quel détail !!!)

- une douzaine de draps de thoille de meslange servant à grand lict
- une douzaine d’autres draps aussi servant à grand lict de thoille de pou en pou, lesdits draps neufs
- treize draps neufs aussi servant à grand lict de thoille de pou en estouppes ayant chacun deux thoilles
- une douzaine de autres draps aussi de grand lict presque my usés
- seize draps my usés
- dix draps de thoille de pou en pou en lect comung
- treize petits draps de pou en estouppes de chacun une thoille et demye servant à couchette

Page 7

- douze draps de pou en estouppes servant à couchette
- une douzaine d’autres draps de grand lict de thoille de pou my usés
- une douzaine et demye de nappes de thoille de pou en pou et pou en estouppes
- sept nappes de thoille de pou en pou
- une douzaine d’autres nappes de thoille de pou en estouppes contenant chacune deux aulnes de long (aune ou aulne est estimée à 1,188 m en Touraine)
- douze nappes de thoille neufve
- une douzaine d’autres nappes de thoille de pou en estouppes
- six autres nappesde thoille de pou en pou
- six douzaines de serviettes neufves de thoille de pou en pou

Page 8

- trois nappes de thoille de lin ayant trois aulnes de long ou environ chacune
- une tante de thoille de lin contenant vingt aulnes
- quatre draps de pareille thoille de lin ayant chacun troys aulnes de longueur
- six draps aussi de lin de deux thoilles et demye chacun ayant de longueur deux aulnes trois piets (le pied est l’équivalent de 30 cm environ)
- deux draps neufs de thoille de meslange contenant chacun deux aulnes et demye de long
- cinq draps de pareille thoille ayant chacun deux aulnes et demye de long
- six draps de thoille de pou contenant chacun deux aulnes et demye de long ou environ et deux de deux thoilles et demye
- ung petit drap de thoille de quantin avecques la bande de pareille thoille
- six douzaines de serviettes de thoille de lin
- une douzaine de serviettes de thoille de lin

Page 9

- six autres douzaines et demye de serviettes de thoille de pou
- sept douzaines d’autres serviettes de pou en estouppes
- douze nappes de pareille thoille de pou en estouppes
- six douzaine de serviettes telles quelles
- demye douzaine de nappes de thoille de lin neufves ayant chacun quatre aulnes de long et cinq piets de large
- dix nappes de thoille de lin de pareille longueur et largeur
- quatre nappes aussi de thoille de lin ayant chacune quatre aulnes de longueur et une aulne de largeur
- deux nappes aussi de thoille de lin dont il y an a une qui a quatre aulnes de long et l’autre deux aulnes et demye
- une douzaine de nappes de thoille de meslange ayant chacune trois aulnes ou environ de longueur

Page 10

- une douzaine et demye de serviettes de lin larges

Là s’arrête le travail d’inventaire du lundi 12 juin 1570. On se demande alors où va s’arrêter la nomenclature des draps, nappes et serviettes… car il y en a encore. Cela explique le nombre de coffres et armoires recensés. Ceci étant qu’est-ce que du pou en pou et du pou en estouppes ou bien du quantin ? On trouve tout soi-disant sur internet mais je n’ai pas trouvé. Mais reprenons car le meilleur reste à venir car il pourra peut-être éclairer certains chercheurs d’ancêtres...

Du mardi treizième jour des moys et an des susdits, nous commissaires susdit en ladite maison lesdites parties présentes comme en l’assignation précéddente avecques lesdits fouppiers (s’agit il de fripiers ?)

- ung ciel de lin avecques troys rideaulx, son tresdoulx et ung tresdoulx servant à la couchette (au XVIe siècle, en Bretagne, le trèdos était une pièce de tissu pour garnir le dossier d’un lit)
- ung autre ciel garny de trois rideaulx et son tresdoulx avecques son tresdoulx de couchette
- ung autre ciel de thoille de lin garny de frange et trois rideaulx avecques son tresdoulx de couchette
- ung aultre ciel de thoille de lin garny de trois rideaulx, son tresdoulx avec le tresdoulx de couchette ung aultre ciel de thoille de lin garny de frange, trois rideaulx et son tresdoulx
- ung aultre ciel garny de frange sans aultre garniture
- deux couvrechés, une bande et deux sainctiers, le tout de thoille de Cambre (CAMBRAI ?) servant à baptisement
- ung ciel sans frange garny de trois rideaulx avec tresdoulx
- dix huit poches et deux charriers (peut-être des sacs servant à stocker des cendres qui servaient à faire la lessive) avecques quelque quantité d’essuyeurs et autres essuyeulx.

Si l’on comprend la description des ciels de lit, il reste des termes que nous aimerions connaître en particulier parmi les trois dernières lignes.

Page 11

- demyz douzaine de serviettes de thoille de lin neufve à faire collation
- huict serviettes aussi de thoille de lin à faire collation
- six autres serviettes neufves de thoille de lin aussi à faire collation
- trois grandes serviettes ouvrées aussi à faire collation
- huict petites serviettes aussy ouvrées
- deux effrandeaulx ouvrés contenant chacun troys aulnes ou environ de longueur
- une douzaine et demye de couvrechés de thoille de lin (peut-être s’agit il de couvertures ?)
- cinq souillies (taie ?) d’orillier de thoille de lin
- cinq pièces de tantes de thoille de lin estant en la chambre de devant
- neuf douzaines de serviettes de lin toutes neufves
- neuf douzaines et demye d’autres serviettes aussi de lin

Page 12

- Quatre chemises neufves de thoille de pou à usaige de femme
- Quatre autres chemises my usées aussi à usaige de femme
- Ung ciel de foulletin tappisserie faict à personnaiges garny de rideaulx et trésdoulx de sayette rouge (fil de laine utilisé en particulier dans les filatures du Nord de la France)
- Ung autre ciel de sayette rouge et vert garny de trois rideaulx, son trédoulx et avec son trésdoulx de couchette
- Deux couvertures de layne rouge servant à grand lict
- Six pièces de sayette rouge et vert servant à tandre en la chambre
- Deux couvertures de sayette verte et rouge servant à grand lict avecques une autre de couchette de pareille couleur
- Deux autres couvertures de sayette rouge et vert servant à grand lict
- Ung tappy vert ayant trois aulnes de long

Page 13

- Une pièce de serge rouge contenant six aulnes trois piets
- Ung petit tappy de barraguin (peut-être y a-t-il un rapport avec le pain)
- Huict pieces de tappisserie feulletin (il pourrait s’agir d’origine de Feulletin, aujourd’hui Felletin village de la Creuse ce qui fait penser aux tapisseries d’Aubusson distant de 11 kilomètres)
- Ung couverture de layne blanche faicte en façon de drap servant à grand lict
- Une autre couverture aussi de layne blanche servant à couchette
- Une couverturre de grand lict rappissettée aussy de layne blanche
- Une couverturede layne blanche en façon de mante (grande couverture)
- Une couverture bure surfillée estant de grand lict
- Une couverture blanche de couchette
- Une autre couverture aussi de layne blanche servant à grand lict
- Une couverture servant à couchette aussy de layne blanche
- Ung lict garny de deux soullis avecques son chomier (sommier) et sa paillasse

Page 14

- troys orilliers estant environ ledict lit
- une couchette garny de deux soullis et son chevet
- une autre couchette sans chevet avec sa paillasse et ung orillier
- une autre couchette garnye de deux soullies et son chevet
- une autre couchette avecques ung chevet de poulaille et sa paillasse
- ung grand lict garny de deux soullies et son chevet
- ung autre grand lict garny de deux soullis et son chevet avecques sa paillasse
- ung lict garny de deux soullis et son chevet
- ung autre lict sans chevet et garny de coueste
- une couchette garnye de deux soulles et son chevet
- une autre couchette de plume de poulaille avec sa paillasse et son chevet

Page 15

- treize orilliers garny de chacun deux soullies
- une robbe de drap noir à usage de femme à manche ronde doublé de taffetas ayanc ung gect de velours
- une robbe noire à usage de femme à queue et à poingnets, la queue doublé de taffetas et ung get de vellours, lesdits poingnets de satin
- une autre robbe de drap noir aussi fourrée de pane (étoffe façon velours mais dont le poil est plus long servant parfois de doublure) noire, queue et à poingnets aussi à usage de femme
- une autre robbe de drap noir toutte rond avec ung gect de vellours par abas
- une robbe aussi de drap noir bordée par abas de trippe de velours (tissu dont l’aspect ressemble à l’intérieur de la panse des ruminants)
- une robbe de serge d’Arras, une gect de trippe de vellours par abas
- une cothe de drap noir ayant le corps de camelot (étoffe de poil ou de laine, mélée parfois de soie en chaine fabriquée dans le Nord, voir en Belgique ou Hollande) doublée de frize noire parabas
- ung chapperon doublé de satin

Page 16

- une cothe de drap noir doublée de frize par abas ayant le corps de camelot
- ung chapperon doublé de satin
- ung garde robbe de serge bordé de vellours
- une paire de brassières de taffetas blanc avecques ........... aussi de taffetas
- une paire de brassières de blanchet (peut-être camisole)
- deux aulnes trois piets serge blanche
- une paire de brassières de demy estat bordée de vellours
- ung saye de drap surgrin n’ayant qu’une manche
- deux aulnes ung petier de bureau
- troys petiers de drap gris
- une paire de manchons de vellours noir
- six tableaux en thoille avecques le chassis de boys

Page 17

- une autre paire de manchons de vellours viollet
- une soulle de d’orillier de Damars cramoysy figuré
- une autre soulle d’orillier de taffetas noir rayé
- une autre soulle de damars gris
- ung morceau de vellours rouge cramoysy
- .......... aulne de taffetas cramoysy
- trente livres de pou fillé en pelotons et escheveaulx (en Touraine la livre vaut 0,489 kilo)
- quarante livres tant estouppes que ferrasses
- onze livres de lin fillé tant rn pelottons qu’escheveaulx
- sept livres de fillet retors
- cinq livres de frange vert et rouge en peloton

Page 18

- vaiselle trois cent trente et une livres
- troys chapperons tels quels
- cinquante deux livres de layne blanche
- ung corps de robbe de drap noir et ung peit morceau de franche rouge
- un mantheau de drocquet (droguet, étoffe de laine grossière pouvant être de fil, laine, voir soie mélés) tout fourré de p.......... blanche à usage de femme

Là se termine la deuxième journée d’inventaire consacrée au linge et vêtements. Le troisième jour sera consacré au matériel de cuisine et autres, puis les stocks de grains etc.

Et le mercredy quatorzièsme jour desdits moys et an, en la maison dudit DENYS ausdits Ponts (nous reparlerons de cet habitat en fin de transcription avec un bref aperçu sur la famille DENYS et ses alliances) se sont lesdites parties comparues comme es assignation précédente par devant nous commissaire susdit après le serment oui par nous, ledit DENYS nous a déclaré avoir une douzaine de cuillers d’argent qui ont été poizées par François HUBERT, maître orphévre de la ville de Tours et trouver poiser (peser) ung marc et demy moins ung gros et par luy apprétiées à la somme de vingt quatre livres dix sols, qui est à raison de 16 livres 10 sols tournois de marc, cy XXIIII I X S (à titre indicatif le marc équivaut à 244,752 gr.et le gros à 3,816 gr.).
Plus deux tastevins d’argent qui poisent sept............. Et demy avecques une garniture d’une paire de cousteaulx aussy d’argent à raison de quinze livres de marc le tout revenant à quatorze livres tournois...

Page 19

Plus nous a représenté une paire de rast...stres de grays avecques huict merequis d’or et cinquante deux gerbes d’or le tout apprétyé par ledit HUBERT à dix huyct livres tournois...
Plus ung diaments enchassé deux rubbis et une turquoise aussi enchassés... et esmaillés apprétiés ensemble à la somme quarante et une livres cinq sols tournois, cy........

Bapterye et poislerye : Premièrement par ledit Jehan GILLET (intervient comme estimateur)

- une payre de grands landiers garnys de cuyvre garny de chacun une rotissoire de fer
- une grande poisle d’airain tenant cinq seillées d’eau ou environ poisant quinze livres

Page 20

- une autre poisle d’arain poisant quinze livres
- une autre poisle moyenne tenant quatre seillée d’eau
- une autre poisle moindre ayant ung clou (probablement une pièce) tenant quatre seillées d’eau ou environ
- une autre plus moindre tenant deux seilliées et demye
- une autre plus petitte poisle estant rappiècée et persée en.......
- ung grand chaudron tenant deux seilliées d’eau ou environ étant persé
- ung autre chauldron tenant une seilliée et demye ou environ étant persé
- ung autre plus moindre chauldron tenant une seilliée ou environ d’eau
- ung autre plus moindre ayant la serche (le cercle ou anse ?) rompue tel quel tenant demye seilliée d’eau
- ung autre plus moindre chauldron rappiècé par le fond
- ung petit chauldron faire cuyre poison (probablement poisson)
- ung seau d’arain garny de fer estamé
- une petite fontaine de cuyvre
- ung godet de cuyvre

Page 21

- six grands chandelliers de cuyvre de mesme façon
- ung pot de cuyvre estamé tenant une pinte d’eau (selon le lieu la pinte valait entre 1 et 2 litres environ)
- cinq chandelliers tels quels
- une lampe rompue avecque la patte
- une grande lampe eqstant sur ung chandellier de cuyvre
- ung chandellier de même façon que les grands
- une lampe de cuyvre avec ung crochet en fer
- ung grand pot de Lyon estamé tenant III chopines ou environ (chopine : environ 0,330 l.)
- ung passoire d’arain garnye de fer
- une bassinouère aussi garnye de fer
- ung grand poislon d’arain ayant une cueue de fer
- deux forcquets (peut être friquets : grande écumoire) aussi d’arain à queue de fer
- ung grand cueslier d’arain garny de fer
- quatre grand poisles de fer à queue presque neufves

Page 22

- deux autres poisles l’une appiècée davant et l’autre renauée avecque ung petit poislon
- deux cassées non persées presque neufves (une casse est un plat en terre servant à faire cuire les rotis)
- trois autres cassées dont deux grandes et l’autre moyenne telles quelles
- ung rostissouer de fer
- ung chauffrette de fer ayant ung manche de boys
- un poislon tel queltroys grilles de fer ayant chacune sept bastons
- une autre grisle à cinq bastons
- six broches de fer tant grandes que petites
- une paire de grands landiers de fer à chaufferette garny de chacun troys rostissouers
- ung autre moindre paire de landiers............ sans chaufferette aussy garnys de trois rostissouers
- ung petit chauldron

Page 23

- une autre paire de landiers garny de chauffrettes
- une crémaillère
- deux trépieds de fer tels quels
- ung petit poislon d’arain sans bord
- ung petit poislon d’arain sans bord
- une cuslier de fer (cuillère ?)
- deux grands pots avecques troys pots moyens et ung couvercle, le tout de fer
- deux barres de fer et autres ferrailles, le tout poisant soixante six livres
- une patte de fer et une paire de pincettes
- une chayne de puy assepeau
- deux appuits pot d....... sans ance
- trois arballestes avecques leurs bandaiges
- quatre coings de fer, ung raclouer et une chesne (chaine) à mener thonneaulx
- une crémaillère

Page 24

- une chappelle de plomb avecques son fourneau (probablement instrument pour la fonte du plomb)
- une fourche à trois fourchons, une autre fourche, un marre (une houe)
- une pelle non complecte poisant dix sept livres

Là s’arrête la mission du sieur GILLET à qui l’on verse dix sols tournois.

- neuf paires de soulliers neufs de plusieurs grandeurs

Ce faict avons faict mesurer en la présence des susdits les bleds estants es greniers...... ainsi sont trouvez monter, scavoir est en :

- seigle 36 septiers (à titre indicatif le septier ou setier, en Touraine, représente environ 210 kilos)
- froment 23 septiers
- meptail 15 septiers (mélange de blé et de seigle)
- orge 6 septiers
- avoyne 18 septiers
- noix 12 bouesseaulx (à Tours le boisseau équivaut à 18 kilos)
- sain 16 livres (nous pensons qu’il s’agit là de graisse ou suif)

Page 25

- quatre livres d’huile de noix
- une haquenée à poil noir (une jument)
- un mullet de pareil poil
- une charrette garnye de roues ferrées avecques l’esquipage d’un cheval de harnois

Ce faict avecques lesdites parties nous sommes transportés es caves dudit DENYS vis-à-vis de ladite maison, esquelles avons trouvé :

- cinquante huict poinczons de vin tant blanc que clairet apprétiés la pippe par Pierre PERAULT, marchant à huict livres tournois, l’un portant l’autre (en Touraine la pipe vaut 2 poinçons et le poinçon équivaut à environ 265 litres. On peut dire que le propriètaire avait une bonne cave)
- deux sallouers esquels avons trouvé quelque quantité de lard
- dix rothées de boys à rothe
- deux cent de fagots parés
- quatre cent de bourrées (terme usité encore de nos jours en Touraine : bois d’allumage en fagot)
- trois cuviers à faire buées tant grands que petits avecques deux selles (lesdits cuviers devaient servir à macérer le raisin lors de la vendange, ce que l’on a remplaçé de nos jours par des cuves inoxydables)
- deux paires de portouers

Le notaire est loin d’avoir fini son travail et ce troisième jour d’inventaire se termine avec promesse de rendez vous au lendemain très tôt...

Page 26

Le quinzièsme jour desdits moys et an par devant nous commissaire susdit en ladite maison à l’heure de six attendant sept heures du matin se sont lesdites partyes comparues commes es assignations précéddentes après lesquelles comparutions ledit DENYS nous a dict avoir faict voir et apprétier les meubles, thonneaulx, cuvettes, foullonières (cuviers où les vendangeurs foulaient le raisin au pied) et chantiers estants en la clozerie du pressouer en ladite paroisse de Pont par Jacques BODIN, thonnelier duquel......... avons prins le serment au cas requis et nous a ce dit BODIN dict avoir veu et apprétyé les meubles qui s’ensuyvent. C’est assavoir :

- un charlict avecques quatre quenoilles de boys de chesne tel quel
- une table avecques deux treteaulx, ung banc à une bancelle, le tout de boys de chesne
- un coffre de boys de chesne fermant à clef
- ung buffet de boys de chesne à deux fenestres avecques deux layettes non fermant à clef
- soixante poincsons de plusieurs vins tels quels
- vingt huict autres poincsons
- six cuettes ou foullonières
- une petite cuve tenant de cinq à six poincsons de vin
- un monceau de servière revenant à deux chartées (charettée) ou environ avecques de viels sercles et autres boys de chauffage (les barriques étaient cerclées avec des cercles de boys)

Page 27

(à partir de cette page nous allons découvrir de nombreux noms de lieux et de personnes)

- plusieurs pièces de viel boys servant de chantiers estant au pressouer et selliers

Ce faict ledit DENYS a déclaré avoir en la maison de Anthoine BOVET........... près ledit lieu, neuf mères brebis et sept agneaulx qu’il a baillé à nourrir à moictié audit BOVET.

Aussi a ledit DENYS déclaré avoir baillé à tiltre de moictié à une nommée LA ROUE près ledit lieu six brebis et deux agneaulx.

Aussi a déclaré avoir au lieu de Nerré, paroisse de Monnoye (sur la commune de MONNAIE à mi chemin entre le bourg et LANGENNERIE se trouve le lieudit « Néret ») la moitié de vingt et une mères brebis et quatre agneaulx plus la moictié de quatre porcs et une jeune truye.

Aussi a déclaré avoir baillé à titre de moictié à Simon SERRE près le prieuré de GRANDMONT, douze chefs (têtes) de mères brebis et deux agneaulx (nous serons appelés à voir par ailleurs que ce prieuré de Grandmont est cité. Pour en savoir plus sur le sujet consultez le site http://grandmont.pagesperso-orange.... où vous trouverez tout l’historique).

En la maison de Georget DALBIN près ledit Grandmont a déclaré avoir audit tiltre de moictié troys chefs de méres brebis,

Et en la maison de Jehan VA......... près ledit Grandmont une vache.

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Plus en la maison de Jehan BARRILLES, demeurant près de « Lautursserye » ( ?), six chefs de mères brebis et deux agneaulx

Et au lieu de Jallanges, paroisse de VERNOU a déclaré avoir sept chefs de brebis, plus en la maison de la veuve PHILLIPPON HANCELIN, une vache, plus en la maison de Estienne JEHAN, une autre vache (le lieudit de Jallanges va être de nombreuses fois cité or ce lieu se caractérise par un très joli château que vous pouvez voir sur le site http://www.jallanges.com et qui mérite le détour).

Et au lieu de Jallanges, parroisse de VERNOU a déclaré avoir sept chefs de brebis

Ung charlict à quenoilles de bois de chesne, ung charlict de couchette, une table, deux tréteaulx, un banc à celle, ung buffect, un coffre fermant à clef, deux tabourets, une banselle, le tout tel quel, deux licts garnis de leur chevet et trois orilliers, deux couvertures de layne bure et blanche telles quelles servant audit lict, quatre draps de lict.

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Au pressouer dudit lieu
Quarante poincsons neufs
Une petite cuve tirante une pippe de vin
Cinq autres tels quels avecques le tirouer à vin
Quantité de boys de chauffage tant fagots, servière que gros boys revenant le tout à quatre chartées
Quantité de viel boys servant de chantiers estant audit pressouer et selliers
Et demourent lesdits pressouers garnis chacun d’une grande cuve ne pouvant sortir dehors sans démollir avecques leurs garnitures et couverture, boucles de fer, anthonnouers, haches et pelles asseaulx, loces et autres meubles servants à chacun desdits pressouers qui ne sont comprins en ce présent inventaire comme........... lesdits ustancilles avecques ledit pressouer comme immeubles desquels ledit DENYS demoure chargé (cela laisse à penser que DENYS n’est pas propriètaire des lieux).

Aussi ledit DENYS déclare avoir vingt rouelles de cercle de chastegnier,
Six poincsons à mectre vin
Les chantiers estans en caves en roch ausdits Ponts contenant quelque boys de chauffage y estant

(Là s’arrête la nomenclature des biens consommables, ce qui représente un gros capital, et à partir de la page suivante vont être abordées les dettes actives. Paradoxalement cet inventaire ne reprend pratiquement aucune dette passive ou très peu. Il est vraisemblable qu’il en existe, mais elles sont peut-être reprises dans un autre acte existant dont je n’ai pas la transcription et qui s’avère particulièrement difficile à comprendre car l’écriture en est différente que nous définirons comme « pattes de mouches ». Ce qui suit est très important car cela reprend tout le patrimoine sol et murs de la famille, plus des actes de rente, des droits de propriété divers avec la citation de lieux, de noms mais aussi de référence de dates et de noms de notaires ayant enregistré ces opérations.)

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A ledit DENYS déclaré luy estre deu par Messires les maire et eschevins de la ville de TOURS la some de neuf vingt unze livres tournois à cause de la vendition et livraison de cinquante quatre septiers d’avoyne à raison de cinquante sols tournois le septier et douze poincsons de vin à la raison de huict livres dix sols tournois la pippe de pris et accord faict avecques lesdits maire et eschevins ainsi que ledit DENYS a déclaré avoir été arresté en assemblée d.......... certfficat du président FORTIER, Claude BRUNEAU, Jacques VOISIN et BENJAMIN de garantie qu’il dict avoir par devers luy.

Plus par Jouachim GAULTIER, sieur des Coustaulx, demeurant à Loches,, la somme de quarante livres tournois,

Plus par Jehan FOUCQUET, laboureur, paroissien de Vernou, naguéres mestayer de Grandmont, la somme de trente deux livres tournois pour vendition de marchandise de bœufs et autre bestial ainsi que la part par obligation signée dudit ALYNANT le vingt cinquième jour de novembre dernier.

Plus par Pierre MALITOURNE et Jacques FOUCQUET la somme de vingt cinq livres tournois restant de plus grand somme pour les causes contenues en l’obligation signée dudit ALYNANT du 25 novembre dernier.

Plus par Mathurin LELOUP, seigneur du Bouchet, la somme de dix huict livres tournois par une part de dix huict livres tournois d....... de prest ainsi qu’il apert par deux ceddules dudit LELOUP des 27 juing et 12 juillet 1567.

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Plus par Jacques de CORDHANNE, seigneur de la Rivière, la somme de trente livres tournois aussi de par sa....... comme apert par sa ceddule du 14 Octobre 1567 (cédule : acte sous seing privé).

Plus par Pasquier DUMOULLIN......... Jehan BEAUVAIS le V......... demeurant en la mestayrie de la Personnière ( ?), la somme de quatre cent livres tournois restant de plus grand somme pour les causes contenues en l’obligation signée dudit ALYNANT du 3 may 1569

Plus par Jehan BOURYON, cordonnier, demeurant au bourg de Monnoye (monnaie) la somme de trente trois livres tournois pour vendition de vin comme apert par obligation signée dudit ALYNANT du 21 may dernier.

Plus par Mathurin AUDIAS…et Pierre PASTUREAU demeurant à Vouvray, la somme de unze livre cinq sols tournois par vendition de bled par obligation signée dudit ALYNANT du 23 may dernier (obligation : contrat, engagement, reconnaissance de dette).

Plus par Louys CAILLAULT, Mathurin BEAUVAYS et Guillaume BOUVILLE de CHAMBRE (CHAMBRAY LES TOURS) la somme de vingt deux livres dix sols tournois restant de plus grand somme pour vendition de bled par obligation signée dudit ALYNANT du 9 avril dernier.

Plus par Simon V........., paroissien de JOUE (JOUE LES TOURS) la somme de soixante cinq sols tournois de prest par obligation signée COLLARD du 23 novembre1564

Plus par Jehan et Nicollas DELABURRE et Collin BLANCHET de DRAYES (il doit s’agir de DRUYES) la somme de trente trois livres restant de la ferme qu’ils tiennent dudit DENYS en la paroisse de SA.......... (on peut penser qu’il s’agit de SAVONNIERES)

Plus par Jehan DENYS, son frère, (voilà un point important de l’acte qui permet de confirmer l’existence d’un frère et par ailleurs d’un second, Pierre) la somme de quatre vingt seize livres tournois tant pour la ferme de pré que argent presté.

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Ce faict, ledit DENYS a déclaré luy estre deu quelques autres debtes dont à présent il n’est mémoratif des noms des débiteurs ni des sommes et a dict debvoir la somme de six vingt livres et plus à plusieurs personnes tant à ses serviteurs............ que autres dont il demeure chargé de payer moyennant qu’il recepvra.

Aussy nous a ledit DENYS représenté en présence dudit curateur LEGENDRE, la somme de deux mille cinq cent livres tournois qu’il a dit estre commungs entre luy et sesdits enffans et partie d’icelle somme estre provenue du .......... Sur luy faict d............. de Noyre, paroisse de MONNOYE par luy et ladite deffuncte sa femme acquis de noble homme Jehan BERNYER, icelle somme de deux mille cinq cens livres es espèces........... scavoir est de deux mil testons de douze sols tournois pièce, quatre cent demy testons de six sols pièce, deux cent cinquante livres de monnoye de douzains, trente double ducats, deux teste, sept escus soleil, quatre vingt deux escus soleil, quatre vingt treize pistollets et vingt sols en monnoye de karollus de dix............... qui sont demeurés es nom dudit DENYS ;

(à priori, Mathurin DENYS conservait 2500 livres tournois en liquide suite à cette négociation. Le teston et le demi teston était une monnaie d’argent à l’effigie du roi, le douzain était une monnaie mi argent mi cuivre, amalgame qu’on appelait billon, le double ducat était une monnaie d’or, en principe d’Espagne, mais aussi frappée en Navarre, le teste reste à définir, l’écu soleil était une monnaie d’or dont Louis XI fut l’initiateur, quant au pistollet il s’agit semble-t-il d’une monnaie d’or équivalant au demi-écu. La monnaie de Karollus est une monnaie de billon à l’effigie royale mais originaire, à priori, d’Angleterre avec le K)

Maintenant le notaire va enregistrer les contrats d’acquet de biens (terres et immeubles) et la liste est longue.

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Ung contract d’acquest passé en la court de la baronnye de ROCHECORBON le 5e jour d’octobre 1558 par lequel apert noble homme Pierre DEMARTUREAU, escuyer, sieur de la Tour, avoir vendu audit DENYS et Marie AUBERT, sa femme, cinq arpans de pré en la praerye de SAVONNIERE pour la somme de cinq cents livres tournois, icelluy contract signé ROUSSEAU, auquel est attaché ung acte de possession par ledit DENYS prinse d............. par devant Martin BASSEREAU, notaire à SAVONNIERE le 6e jour d’octobre 1558. Quictance au dos des ventes cothé au dos par A .

Ung autre contract passé en la court royale de Tours par devant Pierre BOUCART le 23e jour d’octobre an 1554 signé GUERIN par lequel apert Jacques SENDOYER, vigneron, paroissien de Vernou avoir vendu audit DENYS et sa dicte femme la moictié par indivis d’une chambre de maison à chemynée du comble estant dessus avecques du jardin, ysues et allées, le tout en ladite paroisse de VERNOU près JALLANGES moyennant la somme de vingt cinq livres tournois au dos duquel est la possession et quictance des ventes. Cothé au dos par B.

Ung autre contract passé en la court royale de TOURS par devant Alynant le 7e jour de décembre 1566 par lequel apert Gilles MORISE et Marguerite PRIVOT sa femme avoir vendu audit DENYS et sa dicte femme une pièce de vigne contenant ung arpant et demy (en Touraine, selon le lieu l’arpent variait de 45 à 65 ares, cette dernière mesure étant celle de Tours et la première d’Amboise !!!), fief de Maire .............er , paroisse Saint Odun (nous n’avons pas pu déterminer à localiser ce lieu), au lieu de la Petite Passe, pour la somme de troys cents dix livres tournois quictance au dos des ventes auquel est attaché ung autre contract faisant mention de ladicte pièce de vigne et ung deffault et acte de comparution. Cothé au dos par C.

Ung autre contract passé en ladite court par devant ledit BOUCART signé GUERIN du 17e jour d’octobre 1554 par lequel

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Apert Martine PENAULT, veuve Estienne DENYS, avoir vendu audit DENYS et à sa femme deux chambres basses de maison, ung sellier......... et appartenances avecques le jardin............ ledit DENYS pour la somme de six vingt livres tournois. Cothé au dos par D.

Ung acte de congnoissance de retraict du 12e jour de septembre 1566, signé DUBOIS, par lequel apert ledit DENYS avoir été congneu à retraict en la moictié des maisons, cave en roch et appartenances acquises par Jehan BOURSERON de André DENYS, auquel acte sont attachés le contract d’acquest dudit BOURSERON, l’acte de congnoissance de retraict et les partages faicts par devant ledict Alynant le 13e jour de fébvrier 1567 desdites choses d........... ledit DENYS et BOURSERON le tout cothé au dos par E. (à quoi correspond un tel acte ?).

Ung autre acte passé en la court de la chastellenye des Ponts de Tours, signé ALLAIN, le 17e jour de febvrier 1558 par lequel apert Macé BRUNEAU et sa femme avoir vendu audit DENYS et sa dite femme demy arpent de vigne assise en la parroisse des Ponts pour la somme de cent dix livres tournois cothé au dos par F.

Ung autre contract d’acquest signé Alynant du 6e jour de janvier 1564 par lequel apert Jehan COLLINET, laboureur, parroissien de NOTRE DAME D’OE avoir vendu audit DENYS et sa femme la moictié au total d’une grange assise en ladite parroisse des Ponts avec les choses contenues audict contract pour la somme de soixante livres tournois cothé au dos par G.

Ung autre contract signé Alynant du 21 apvril 1569 par lequel apert Jehan RIVIERE et

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Sa femme avoir vendu audit DENYS et sa femme dix huict chesnées (il y a 80 à 100 chainées dans un arpent) de vigne au Clos Libert (le Clos Saint Libert est situé sur TOURS Nord à l’est du Grand cimetière) pour la somme de cinquante sols tournois la chesnée cothé au dos par H.

Ung autre contract signé Alynant en dacte du 15e d’octobre 1568 par lequel apert vénérable sire Loys CAILLOU, chambrier de Ma........... Et .......... Pierre GABY, procureur de Monsieur l’Abbé de Par............. avoir vendu et admorty audit DENYS et sa dite femme treize bouesseaux de bled de rente qu’ils debvoient pour le prix et somme de quarante troys livres six sols huict deniers tournois cothé au dos par J.

Ung autre contract signé Alynant en dacte du 15e jour de décembre an 1568 par lequel apert lesdit CAILLOU et GABY audit nom avoir vendu audit DENYS et sa dite femme la somme de cent livres tournois de rente sur le péage de TOURS (droits d’octroi) pour la somme de douze cents soixante livres tournois. Cothé au dos par K.

Ung autre contract d’acqust signé Alynant le 11 apvril 1566 par lequel apert Mathurin PINON, chaussetier (fabrique et vend chaussettes, bas et bonnets), demeurant audit Ponts, avoir vendu audit DENYS et sa dite femme deuxième partie par indivis de quarante chesnées de pré en la parroisse de VOUVRAY pour la somme de sept livres dix sols tournois. Cothé au dos par L.

Ung autre contract signé dudit Alynant le 12 janvier 1566 par lequel apert Guillaume LOYS, maçon, demeurant à PERCAY (probablement Parçay Meslay), avoir vendu audit DENYS et sa femme quatre chesnées et demye de pré en la paroisse desdits Ponts, pour la somme de sept livres treize sols tournois. Cothé au dos par M.

Ung autre contract passé en la court royal de TOURS par devant BOUCART le 25e jour d’octobre 1554 par lequel.

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Apert Estienne TERRIAU avoir vendu audit DENYS et sa dite femme quatre pièces de pré et ung quartier de vigne contenues audict contract en la praerye de BROHENON (probablement BREHEMONT) et de SOUDRE pour la somme de deux cens trente livres tournois auquel contract sont attachées plusieurs faisant mention desdits prés, le tout cothé au dos par N.

Ung autre contract passé en ladite court par devant ledit BOUCART signé GUERIN le 6e jour d’aoust 1557 par lequel apert Jehan BRUSLON de BROHENON avoir audit DENYS et à sa femme vendu trente une chesnées et demye de pré et autres héritages mentionnés audit contract assise en la prairie de Bondre (à l’examen du cadastre on trouve sur BREHEMONT le lieudit « les Boudres) pour la somme de trente neuf livres sept sols six deniers ledit contract cothé au dos par O.

Ung autre contract signé COLLAS du 18 mars 1557 par lequel apert Jacques DURET de LANGES (probablement LANGEAIS par ailleurs tout proche de BREHEMONT) avoir vendu audit DENYS et à sa femme demy quartier une chesnée de pré au lieu du Grand Boys parroisse dudit LANGES pour la somme de dix huict livres tournois auquel est attaché cothé au dos par P.

Ung autre contract passé en la court royal de Tours signé DENYS (un notaire nommé DENYS a effectivement exerçé son activité sur la paroisse des Ponts mais, en archives, les minutes débutent en 1569. Peut-être a-t-il exerçé avant dans une autre étude comme clerc) le 9e jour de mars 1556 par lequel apert Urban GAULDRY, pescheur, demeurant à LANGES avoir vendu audit DENYS et sa femme demy quartier une chesnée de pré au lieu du Grand Boys fief de Coullonières (pas trouvé) pour la somme de dix sept livres dix sols tournois auquel est rattaché la ratiffication de Marye ODIN, femme dudit vendeur, signée DOUET du 16 novembre 1557, ledit contract cothé au dos par Q.

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Ung autre contract passé en la court de COULL............ par devant Martin BASSEREAU par lequel apert Pierre DENYS (peut-être son frère ce qui se confirme au paragraphe suivant) avoir vendu audit Mathurin DENYS et sa femme un quartier de pré scitué à BREHENON pour la somme de dix livres tournois en dacte du 27 aout 1566 cothé au dos par R.

Ung autre contract passé en la court royal de Tours par devant BOUCART le 20e jour de mars 1556 par lequel il apert ledit Pierre DENYS avoir vendu audit DENYS, son frère, la p........... partie par indivis d’une pièçe de terre en jardinaige, court, boys et bastiments assis aux Ponts de Tours où se tient de présent l.......... desdites parties pour la somme cinquante livres tournois cothé au dos par S (ce sont les locaux où s’enregistre cet inventaire)

Ung autre contract passé signé Allynant, le 16e jour de septembre 1569 par lequel apert Révérend Père en Dieu Me REGNAULT DE BEAULNE, prieur de Grandmond (nous reparlerons de ce dernier en fin d’inventaire) avoir vendu audit DENYS et sa dite femme deux arpans de pré paroisse de Ven......... près la rivière de Cher (il se pourrait qu’il s’agisse de Véretz) pour la somme de troys cents livres tournois par contract cothé au dos par T.

Ung autre contract passé en la court royal de Tours par devant ledit BOUCART le 9e jour de janvier 1556 par lequel apert Pierre DAMPERE et sa femme, demeurant aux Ponts de Tours, avoir vendu audit DENYS et sa femme, une chambre aussi de maison et comble d’icelle et autres choses contenues audit contract près Jallanges pour la somme de soixante livres tournois, ledit contract cothé au dos par V.

Ung autre contract passé en ladite court par devant ledit BOUCART le 27e jour de Mars 1556 par lequel apert

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Guillaume BORDIER et autres avoir vendu audit DENYS et sa femme vingt huict chesnées de terres et autres héritages contenus audit contract pour la somme de dix livres parisis.......... quictance au dos d’icelle cothé par X.

Ung autre contract passé en la chastellenie de VERNOU signé GERRYON en dacte du 11 de Janvier 1556 par lequel apert Médart HONDEE, paroissien de VERNOU, avoir vendu audit DENYS et à sa dite femme plusieurs héritages contenus audit contract assez près de Jallanges pour la somme de vingt cinq livres tournois cothé au dos par Y.

Ung autre contract passé en ladite chastellenie de Vernou signé GUERRION par lequel apert Estienne VION dudit Vernou avoir vendu audit DENYS et sa femme demy quartier de terre près MORTIERS (lieudit au nord du château de Jallanges) pour la somme de douze livres dix sols tournois cpthé au dos par J

Ung autre contract passé en ladite court signé DUPIN le 15 octobre 1552 par lequel apert Macé GOURDION, notaire royal, demeurant près Jallanges, avoir vendu audit DENYS et à sa dite femme demy quartier de vigne près ledit Jallanges pour la somme de dix huict livres huict sols tournois cothé au par Z

Ung autre contract passé en ladite court signé GUERRION par lequel apert ledit Macé GOURDION avoir vendu audit DENYS et sa dite femme une pièce de vigne contenant un quart de quartier au Clos des Pastureaulx près Jallanges (au cadastre les Patureaux sont effectivement à côté du château, à l’ouest, et au dessus du lieudit Fontaine de Jallanges) pour dix livres tournois cothé au dos par AA.

Ung autre contract passé en la court royal de Tours par devant BOUCART le 21 novembre 1556 par lequel apert ledit Macé GOURDION avoir vendu audit DENYS et sa dite femme ung quartier près Jallanges pour la somme

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De douze livres dix sols tournois, ledit contract cothé au dos par BB

Ung autre contract passé par devant ledit BOUCART le 14e jour de mars 1550 par lequel apert ledit Macé GOURDION avoir vendu audit DENYS et sa dite femme demy arpent de terre en deux pièces au fief de Jallanges pour la somme de vingt cinq livres tournois, cothé au dos par CC.

Ung autre contract passé par ledit BOUCART le 20e jour de février 1556 par lequel apert le dit GOURDION avoir vendu audit DENYS et sa dite femme ung quartier de terre labourable près Jallanges pour la somme de dix livres tournois ledit contract cothé au dos DD. (le « quartier » est une mesure agraire difficile à trouver son équivalence, car cela varie selon le lieu, et le mode de culture)

Ung autre contract passé en la court de la chastellenye des Ponts de Tours signé COLLAS le 7e jour de janvier an 1557 par lequel apert ledit Macé GOURDION avoir vendu audit DENYS et à sa dite femme une chambre de maison à chemynée, ung four dehors avecques les appartenances pour la somme de trente livres tournois, ledit contract cothé au dos par EE.

Ung autre contract passé par devant ledit BOUCART (il est possible que ce soit BOUTART) le 12e jour de mars 1553 par lequel apert Pierre PAUPIERRE et sa femme demeurant ausdits Ponts avoir vendu audit DENYS et sa femme la moictié d’une chambre de maison couverte de thuille avecques les appartenances contenues audit contract pour la somme de quatorze livres tournois cothé au dos par FF.

Ung autre contract passé en la court de VERNOU signé GUERRION le 25e jour de may 1555 par lequel apert

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Macé GOURDION et sa femme avoir vendu audit DENYS et sa dite femme plusieurs héritaiges contenus audict contract près lieu de Jallanges pour la somme de douze livres tournois auquel est attaché l’acte de possession signé BRUERE du 23e jour de juillet 1555 cothé au dos par GG.

Ung autre contract passé par devant ledit BOUCART le 5e jour de mars 1551 par lequel apert René ROUGET de Vernou avoir vendu audit DENYS et sa dite femme une pièce de terre en vigne contenant ung quartier au fief de Archevesque de Tours (pratiquement jusqu’à la Révolution VERNOU s’est appelé VERNOU L’ARCHEVESQUE le clergé ayant droit de justice en ce lieu et y possédant un château où les membres du clergé de Tours venaient se reposer) pour la somme de dix livres quinze sols tournois ledit contract cothé au dos par HH.

Ung autre contract passé par BOUCART le 3e jour de septembre 1553 par lequel apert Françoys de BRUEIL, homme de bras, demeurant à Vernou, avoir vendu audit DENYS et sa dite femme une pièce de vigne contenant demy quartier ou environ en la parroisse de Vernou pour la somme de treize livres quatorze sols tournois cothé au dos par JJ.

Ung autre contract passé en ladite court pardevant ledit BOUCART le 29e jour d’octobre 1552 par lequel apert Jehan PIEHU dudit Vernou avoir vendu audit DENYS et sa femme ung quart de quartier de terre près Jallanges pour la somme de soixante sols tournois cothé au dos par KK.

Ung autre contract passé par devant ledit BOUCART le 11 novembre 1552 par lequel apert Jehan PIEHU, vigneron de Vernou, vendu audit DENYS et sa dite femme un quart de quartier de terre labourable au fief dudit Jallanges pour la somme de cinquante sols tournois cothé au dos par LL.

Ung autre contract passé par ledit BOUCART le 18 décembre 1555 par lequel apert Simon ROUSSEAU paroissien de MONTBAZON avoir vendu audit DENYS et sa dite femme quatorze chesnées de terre fief de Jallanges pour la somme de cent sols tournois cothé au dos par MM.

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Ung autre contract passé par ledit BOUCART le 7e jour de septembre 1555 par lequel apert Jacques ROUSSEAU de Montbazon avoir vendu audit DENYS et à sa dite femme demy quartier de vigne fief de Jallanges pour vingt deux livres tournois cothé par NN.

Ung autre contract passé par ledit BOUCART le 9e jour d’avril 1554 par lequel apert Mathurin SAULNIER demeurant en Vernou et ladite deffuncte Marye AUBERT femme......... avoir faict les eschanges contenus audit contract cothé au daulx (!) par OO.

Ung autre contract receu par ledit BOUCART le premier jour de janvier 1555 par lequel apert Philippon ROUTE de Saint Georges sur Loire avoir vendu audit DENYS et sa dite femme deux pièces de terre en vigne contenant quinze chesnées au fief de l’Archevesque de Tours cothé par PP.

Ung autre contract receu par ledit BOUCART le 21e jour de décembre 1552 par lequel apert Michelle GUILLIER veuve Morice VIAN avoir vendu audit DENYS et sa dite femme une pièce de terre en........contenant ung quartier, fief de Jallanges pour la somme de dix livres par contract cothé au dos par QQ.

Ung autre contract receu par ledit BOUCART le premier jour de novembre 1548 par lequel apert Philippon PASSER, paroissien de Vernou avoir vendu audit DENYS et sadite femme ung quart de quartier de vigne au fief de Jallanges pour la somme de seize livres tournois cothé par RR

Ung autre contract receu par ledit BOUCART le 25e jour de may 1553 par lequel apert Clément GAUVAY, vigneron et sa femme avoir vendu audit DENYS et sa dite femme six chesnées ung quart de chesnée de vigne en la parroisse et fief de Vernou et ce pour le prix et somme de neuf livres tournois cothé au dos par SS.

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Ung contract passé en la chastellenie des Ponts de Tours signé COLLAS du 21e jour de dècembre 1563 par lequel apert René ROUGET avoir vendu audit DENYS et sa dite femme une pièce de vigne contenant quatre chesnées en la parroisse et fief de Vernou pour la somme de dix livres tournois cothé au dos par TT.

Ung autre contract passé par devant ledit COLLAS le 16 juillet 1558 par lequel apert André GAULTERET de VOUVRAY avoir vendu audit DENYS et sa dite femme trente chesnées de terre labourable au fief de Jallanges pour la somme de unze livres douze sols .......... cothé au dos par VV.

Ung autre contract receu par ledit COLLAS le 11 juing 1555 par lequel apert Mathurin VAUGONDI de Vernou avoir vendu audit DENYS et sa dite femme quatre chesnées de vigne près le boys de Jallanges pour la somme de six livres dix sols tournois cothé par XX.

Ung autre contract passé par ledit COLLAS le 11 juing 1558 par lequel apert Michel GAULTIER de CHANCEAULX (probablement Chanceau sur Choisille) avoir vendu audit DENYS et sa femme une pièce de terre labourable contenant ung quartier fief de Jallanges pour la somme de douze livres tournois cothé au dos par YY

Ung autre contract passé par ledit COLLAS le 24e jour de aoust 1557 par lequel apert Estienne VIAN avoir vendu audit DENYS et sa femme une pièce de vigne contenant cinq chesnées au fief de Jallanges au Clos des Pastureaulx pour la somme de sept livres tournois cothé au dos par JJ (? cote déjà utilisée s’interposant dans la chronologie et qui se renouvellera par la suite. Que signifie ces caractères entre Y et Z)

Ung autre contract passé par devant ledit COLLAS , notaire, en dacte du 11e jour de juing 1557 par lequel apert Simon ROUSSEAU et Robert BILLARD avoir vendu audit DENYS.

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Et sa dite femme ung quartier de terre labourable au fief de Jallanges pour la somme de, dix livres tournois par contract cothé au dos par ZZ.

Ung autre contract passé par ledit COLLAS le 10e jour d’apvril 1556 par lequel apert Jehan THIERRY avoir vendu audit DENYS et sa dite femme une pièce de terre labourable contenant demy quartier au fief de Cousse (la vallée de Cousse est à côtéde Jallanges au nord est) pour la somme de cent sols tournois cothé au dos par AAA.

Ung autre contract passé par ledit COLLAS le 20 apvril 1557 par lequel apert Mathurin AUDRASNE de Vouvray avoir vendu audit DENYS et sa dite femme une pièce de terre contenant quinze chesnées au fief de Jallanges pour la somme de huict sols tournois chacune chesnée par contract cothé au dos par BBB.

Une petite pose dans ce long exposé........... car si Jallanges apparaît être le lieu privilégié des acquisitions de Mathurin DENYS, on peut penser que le chatelain dudit fief doit avoir eu son mot à dire en particulier en ce qui concerne la dîme qu’il devait collecter en faveur de l’archevéché de Tours ce dernier ayant la haute main sur la commune de Vernou. Alors qui était le propriètaire du château à cette époque ? Selon l’historique c’était en : 1552 Michel de BOUILLON, Ecuyer, Seigneur de Jallanges et de la Prévosté de Villemereau, puis sa descendance :

- sa femme, Françoise BERTHERAULT
- son fils, Palamodes de BOUILLON
- ses petits-enfants, François de BOUILLON et Elisabeth de BOUILLON

Au cours du XVIe siècle ce château renaissance, fruit de la reconstruction récente des bâtiments, changera fréquemment de mains et sera même la proprièté en indivision de plusieurs personnes, dont un membre de la famille de Beaulne. Mais reprenons l’exposé...

Ung autre contract par devant ledit notaire le 13e jour de may 1558 par lequel apert Jacques SAUDRIER avoir vendu audit DENYS et sa dite femme troys chesnées de vigne au fief de Jallanges pour la somme de cent soubs (?) tournois ledit contract cothé au dos par CCC.

Ung autre contract passé par ledit notaire le 27 novembre 1557 par lequel apert Michel GAULTIER avoir vendu audit DENYS et sa dite femme deux pièces de terre contenant ung quartier et demy au fief de Jallanges pour la somme de seize livres dix sols par contract cothé au dos par DDD.

Ung autre contract passé pardevant ledit COLLAS le 20e jour d’apvril 1558 par lequel apert René CHEDEAU avoir vendu audit DENYS et sa dite femme une pièce de terre contenant demy quartier au fief de Cousse pour la somme de dix sept livres tournois par contract cothé au dos par EEE.

Ung autre contract passé par ledit COLLAS le 3e jour de May 1557 par lequel apert que Pavel DUBOYS.

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A vendu audit DENYS et sa dite femme ung tiers de quartier de vigne au fief de Jallanges pour la somme de dix livres dix sols tournois par contract cothé au dos par FFF.

Ung autre contract passé par ledit notaire le 23 juing 1557 par lequel apert René ROYER avoir vendu audit DENYS et sadite femme ung quartier de terre au fief dudit Jallanges pour la somme de neuf livres tournois cothé au dos par GGG
Ung autre contract passé en la chastellenie de Vernou par devant GUERRION notaire en dacte du 18 janvier 1556 par lequel apert Michau MORICEAU avoir vendu audit DENYS et sa dite femme une pièce de terre labourable contenant vingt six chesnées au fief de Jallanges pour la somme de treize livres quinze sols par contract cothé HHH.

Ung autre contract passé pardevant ledit GUERRION le premier jour de juing 1550 par lequel apert Estienne JEUSNARD, maçon, avoir vendu audit DENYS et sa dite femme six chesnées de vigne ou environ au fief de MONSIEUR DE TOURS pour la somme de huict livres dix sols tournois cothé audit dos par JJJ.

MONSIEUR DE TOURS ! Que peut signifier cette appellation ? Il faut, je pense, remonter au siècle précédent pour en trouver l’explication. Nous savons que VERNOU était sous la haute main du clergé tourangeau or, sous le règne de LOUIS XI, l’archevêque de Tours s’appelait Hélie de BOURDEILLE. Ce dernier, ardent défenseur des prérogatives du clergé, voulut plus ou moins s’en faire le conseiller auprès du roi et se faire le défenseur du Cardinal LA BALLUE. Louis XI en prit ombrage et dans un échange de courriers avec son chancelier on constate que l’archevêque est dénommé « Monsieur de TOURS ». On peut penser que ce dernier avait son propre fief sur VERNOU, d’où ce nom. Hélie de BOURDEILLE (1423-1484) obtint le chapeau de cardinal six mois avant sa mort, survenue sur la commune d’Artannes, au sud de Tours. Cet archevêque fut à la source de la procédure de réhabilitation de Jeanne d’Arc. Mais continuons...

Ung autre contract passé par devant ledit GUERRION, le 15e jour de mars 1556 par lequel apert Jehanne veuve feu Jehan .......... (peut-être VACHER) dame d’elle avoir vendu audit DENYS dix neuf chesnées de terre au fief de Jallanges pour la somme de sept livres tournois cothé au dos par KKK.

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Ung autre contract passé pardevant GUERION, notaire, le 21 apvril 1552 par lequel apert Jehanne B......... veuve de Pierre BOUCHE avoir vendu audit DENYS et sa dite femme ung quart de quartier de vigne au fief de MONSIEUR DE TOURS pour la somme de dix livres quinze sols tournois cothé au dos par LLL.

Ung autre contract passé par ledit GUERRION le dernier jour de juing 1554 par lequel apert Jehan PEYNE avoir vendu audit DENYS et sa femme neuf chesnées de terre en une pièce au fief de Jallanges pour la somme de quatre livres dix sols tournois cothé au dos par MMM.

Ung autre contract passé pardevant ledit GUERRION le 5e jour d’apvril 1556 par lequel apert René ROYER avoir vendu audit DENYS et sa femme une pièce de vigne contenant une chesnée au fief de Monsieur de Tours pour la somme de trente sols tournois cothé par NNN

Ung autre contract passé pardevant ledit GUERRION le 14 may 1555 par lequel apert Fleurantin TURPEAU l’esné avoir vendu ausdit DENYS et sa femme quatre chesnées de vigne au fief de Monsieur de Tours pour la somme de six livres dix sols tournois auquel contract est attaché l’acte de possession cothé au dos par OOO.

Ung autre contract passé par ledit GUERRION le 16 janvier 1558 par lequel apert Jehan RICHER l’esné avoir vendu audit DENYS et sa dite femme demy quartier de vigne au fief de Monsieur de Tours pour la somme de vingt et une livres vingt sept sols cothé au dos par PPP.

Ung autre contract passé par ledit GUERRION en dacte du 20e jour de janvier 1556 par lequel apert Estienne CHASSIER avoir vendu ausdit DENYS et sa dite femme une pièce de terre labourable contenant ung quartier au fief de Jallanges pour la somme de quatre livres dix sols tournois cothé au dos par QQQ.

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Ung autre contract passé par Michel GITE...... Notaire en la chastellenie des Ponts de Tours, le premier jour de may 1568 par lequel apert Mathurin MOUNET avoir vendu audit DENYS et sa dite femme quatre chesnées de terre labourable au fief de Jallanges pour la somme de cent sols cothé par RRR.

Ung autre contract passé pardevant ALYNANT, notaire royal le 8e jour de septembre 1569 par lequel apert Gilles AUBERT avoir vendu ausdit DENYS et sa dite femme demy quartier de terre audit fief de Jallanges pour douze livres tournois cothé par SSS.

Ung autre contract passé par devant ledit ALYNANT en dacte du dernier jour d’octobre 1569 par lequel apert Jacques BESNARDEAU avoir vendu audit DENYS et sa dite femme certains héritaiges contenus audit contract pour la somme de soixante livres tournois ........ qui encore dure au dos ....... est l’acte de possession cothé au dos par TTT.

Ung autre contract passé par ledit ALYNANT, notaire, le dernier jour de juing 1569 par lequel apert Jehan BOUTARD de Vernou avoir vendu audit DENYS et sa dite femme six chesnées de terre et perfuictes de boys, taillis pour la somme de quatre cent dix sols tournois au fief du dit Jallanges cothé par VVV.

Ung autre contract passé par ledit Alynant le 13 febvrier 1563 par lequel apert Jehan PALLUAU tant pour luy que pour Estienette VANGOUD sa femme a vendu audit DENYS dix chesnées de vigne assises en la parroisse de Vernou pour la somme cinquante deux livres tournois cothé au dos par XXX.

Ung autre contract passé pardevant ledit Alynant, notaire, du dixième jour d’aoust 1569 par lequel apert Jacques.

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TRANCHART avoir vendu audit DENYS et sa dite femme demy quartier de terre labourable au fief de Jallanges pour la somme de douze livres cothé au dos par YYY.

Deux contracts faisant mention de la somme de cinquante cinq ........ Tournois de rente assise sur ung petit jardin et caves estant au bour de Saint Symphorien des Ponts de Tours, le premier en dacte du 8 février 1502, signé CLERC, le second passé en la court du roy à Tours par deffunct Marin COURRAULDEAU le 12e jour de dècembre 1537, plus un autre contract attaché ausdits deux contracts passé pardevant (blanc) notaire royal à Tours faict par ledit DENYS ....... pour la somme de soixante livres tournois lesdits trois contracts cothés par JJJ. (JJJ ?)

Item ung acte donné au siège présidial de Tours le premier jour d’octobre 1566 pardevant Me Martin ARNAULT, curé d’église Saint Saturnin et ledit DENYS et ladite deffuncte Marye AUBERT par lequel apert que ledit DENYS a admorty la somme de vingt sols tournois de rente pour la somme de vingt livres qui estoyt deue au curé Saint Saturnin pour la cause mentionnée ensemble porte la quictance de ......... des arrérages de ladite rente ledit acte cothé par ZZZ.

Suit un contract très intéressant qui pourrait concerner un bien important qui se situe sur la commune de SAINT-CYR-SUR-LOIRE, aujourdhui site classé depuis février 1960. Il s’agit de la Moisanderie, mais il y lieu d’ajouter qu’il existait en plus la métairie du même nom qui se situait plus au nord sur la même commune (en fait elle aurait été avant sur la commune de Mettray). Dans l’acte qui suit on parle du « lieu et de la métairie » ce qui laisse planer un doute sur la proprièté acquise par Mathurin DENYS. On verra un peu plus loin qu’un contrat signé concernera un bien sis au lieudit « La Rougeolle » commune de SAINT-CYR or, lorsque l’on examine la carte de Cassini ce dernier lieudit se trouve à côté de ladite métairie. Nous pencherons donc notre choix sur cette dernière.

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La grange de la Moisanderie prises après l’incendie qui l’a dévastée il y a un an et demi ou deux ans
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Détail de la grange de la Moisanderie

Avant la Révolution, cette grange appartenait à une propriété du couvent des carmélites de Tours, qui comprenait une métairie de 20 hectares de terres et de prés ainsi qu’une closerie de 2 hectares de vigne.

Reprenons les termes de cette partie de l’inventaire :

Ung contract d’acquest faict par ledit DENYS de Me Nicollas LE PELLETIER et Magdallene LE SAUCTIER, sa femme du lieu et mestairye de la Moysanderie pour la somme de deux mil livres tournois ledit contract passé pardevant ledit Alynant le 27e jour de febvrier 1563 auquel contract sont attachés.

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, deux actes données au siège présidial le premier en dacte du 26e jour de febvrier 1566 par lequel apert que ledit DENYS avoit............. à contract Mary THIVEL comme tutrice de Anne LE SAUCTIER, sa fille et de deffunct Me Jehan LE SAUCTIER pour raison desdites choses vendues par ledit LEPELLETIER et l’autre du 23e jour dudit moys de febvrier audit an par lequel apert que ladite THIVEL est dépportée d’exécuter par retraict, lesdits contracts et actes cothés au dos par AAAA (logiquement ces actes doivent exister aux Archives Départementales)

Plus deux lettres en parchemyn, la première en dacte du 3e de septembre 1569 signée au bas Charles de LAURAINE (de LORRAINE), cardinal de BOURBON et scelé en double queue de cire rouge et l’autre en forme de lettres patentes données au PLESSIS (PLESSIS LES TOURS) le 8e jour dudit moys de septembre audit an 1569 signé sur le reply par leRoy en son conseil BRUSLART et scellée en double queue du grand scel de cire jaune par lesquelles apert ledit DENYS avoir acquis le nombre de cinq septiers ensemble et ung septier ou environ, mesure du Roy qui estoient deubs au prieuré de Notre Dame de Boisroyer (ou Bois Rahier, voir le site précité), ordre de Grandmont lez Tours par chacun an à cause des héritaiges à plain d........... et spéciffiés par lesdictes lettres pour la somme de deux cents quinze livres tournois au dos de ............ première lettre est la quictance du payement dudit achapt de ladite rente les dites deux lettres cothées par BBBB

Ung contract faict par ledit DENYS de Mathurin LECOURT de certains héritaiges mentionnés audit contract pour le prix et somme de dix .......... tournois au dos duquel est la possession et quictance de ......... cothé par CCCC

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Ung autre contract d’acquest par devant ledit Alynant du 7 may 1568 par lequel apert Médar HONDEE avoir vendu audit DENYS certains héritaiges mentionnés audit contract pour la somme de dix livres tournois par ........... cothé au dos par DDDD

Ung autre contract passé pardevant ledit Alynant le 4 juin 1569 par lequel apert Pasquier VAUGONDI avoir vendu audit DENYS deux pièces de terre en labeur pour la somme de vingt livres tournois .......... de grace qui est expirée par contract cothé par EEEE

Ung contract d’achapt estant en ung cahier de parchemyn signé LEGER et LEFEBVRE au 10e roolle dudit cahier et à la fin d’icellui DESCHAMPS LEGIER et LEFEBVRE par lequel ledit DENYS acquis avecques Jehan KARDAS par moictié la somme de dix livres tournois de rente du domaine du Roy pour la somme de six vingts livres tournois auquel cahier .............. est attachée la quictance de payement de ladite somme signée FOURNIER cothée au dos par FFFF

Ung contract d’acquest passé pardevant ledit Alynant le 4e jour de dècembre 1561 par lequel apert ledit DENYS avoir acquis des vicaires de Saint Martin de Tours certains héritaiges mentionnés audit contract et au bout dudit contract est le partage faict entre les acquéreurs desdits héritaiges et auquel contract est attaché ung décrect signé BURET le tout cothé au dos par GGGG

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Ung contract d’acquet faict par ledit DENYS de la veuve René ROUET et ses enffans de la somme de six livres treize sols quatre deniers de rente assignée sur certaine maison scituée en ceste ville de Tours apartenant à Jehan VICTOR et pour raisson de laquelle rente y a condempnation donnée audit sieur P..............., ledit contract en dacte du (manque) jour de (manque) l’an MVC (manque) et ledit .................. de l’acte du (manque) jour de (manque) l’an 1569 cothé au dos par HHHH.

Item ung autre contract d’acquest faict par ledit DENYS de Mathurin AUDIASE de cinq chesnées de vigne scituée en la paroisse de Vernou par contract passé par devant ............ notaire royal en dacte du (manque) jour de may en l’an 1570 pour la somme de dix livres tournois, ledit contract cothé au dos par JJJJ (On constate que ces deux derniers contracts ne font plus mention de la femme de Mathurin DENYS. On arrive vers la fin de cet inventaire où l’on va trouver encore d’importantes informations sur le patrimoine).

Auquel inventaire ledict DENYS a faict arrest avecques les protestations par luy faictes que si luy vient aulcune chose à congnoissance d’en faire déclaration et l’employer par cy après en ce présent inventaire dont l’avons jugé et jugeons en tout et pour tout que pouvons et debvons, lesquels meubles et contracts sont demourés es mains, garde et possession dudict DENYS qui s’en est chargé et en avons deschargé et deschargeons ledict MIGNOT à la charge que ledit DENYS sera tenu, a promis et promect, et l’avons de son contentement condempné représenter lesdicts meubles et tiltres.

Page 51

Ausdicts LEGENDRE et sa femme et ausdicts Régnault et Jacques ses enffans en ce qui leur peult compecter et apartenir desdits meubles. Et ce requérant lesdicts MIGNOT oudict nom, LEGENDRE et sa femme, ledict DENYS a faict déclaration par devant nous des héritaiges et choses propres apartenans à ses dicts enffans par le décès de la dicte deffuncte Marie AUBERT leur mère et desquels héritaiges propres desdits myneurs il a dict en avoir les tiltres en sa possession, lesquels tiltres luy sont pareillement demourés entre les mains. C’est asscavoir le lieu et clozerye du Pressouer consistant en huict arpant de vigne dont ledict DENYS a dict y avoir de son acquest deux arpans ou environ dont les contracts sont cy devant inventoriés.

Plus le lieu et maison de GERBAULT contenant de cinquante cinq chesnées ou environ tant terre que vigne.

Plus troys quartiers et demy de pré scitués en la prairie de CHAIESSE (?) avecques un quartier de pré estant scitué près le marais.

Plus trente chesnées de terre scituées en la paroisse de SAINT CIRE (SAINT CYR SUR LOIRE) au lieu appellé LA ROUGEOLLE estant en troys pièces (déjà évoquée)

Plus demy quartier de boys taillis scitué près le boys de CHASTENAY (correspond à peu près à l’emprise du terrain d’aviation de Parçay Meslay et de l’autoroute)

Plus ung quartier de pré ou environ et ung quartier de terre scitué en la parroisse de SAINT MARS (CINQ MARS LA PILE) en l’ile THIERRY ;

Plus deux corps de logis joignant l’un l’autre, une court entre deulx avecques ung petit jardin

Page 52

Plus ung autre corps de logis appelé la BOUGARDERYE (non situé) avecques une grande court au devant et une petite court derrière.

Plus ung autre corps de logis scitué à la ruelle pour aller au Poix de Gastine et une cave.

Plus ung autre corps de logis scitué ausdits Ponts joignant au constat scitué près le Pas Notre Dame (entre les deux cimetières situés dans ce quartier de Saint Symphorien, maintenant rattaché à la ville de Tours) et la somme de vingt cinq sols tournois et une poulle de rente deue par chacun an au jour de Noel.

Plus douze bouesseauxs et demy de bled froment de rente foncière deue par chascun an au jour de Saint Michel par André LOYSEAU et autres

Signatures : de LAMOTHE, DENYS, ALYNANT, LEGENDRE

Ensuict la teneur de notre dicte commission :

Entre Mathurin DENYS, demandeur en nomination de curatelle, comparant en sa personne et par Maitre Mathurin de LAMOTHE, son procureur, d’une part, et Pierre et Jehan DENYS, Nicollas LEGENDRE et sa femme, Maurice GODE, Jacques RACAULT, Niccollas BOULLEMER et Jehan MIGNOT, deffendeurs comparans en leurs personnes d’autre part, à la nomynation desdits deffendeurs fors dudit MIGNOT, avons pourveu et pourvoyons de curateur à Régnault et Jacques les DENYS de la personne dudit MIGNOT à ce présent qui a accepté ladicte curatelle quant au faict de l’inventaire, appréciation et partaige des biens demourés communs entre ledit demandeur et ledit LEGENDRE et sa femme et lesdits mineurs enffans d’icelluy demandeur par le décès, mort et trépas de deffuncte AUBERT, mère desdits myneurs et de ladicte femme dudit LEGENDRE . Ce fazict, avons lesdits demandeur, LEGENDRE et sa femme et ledit MIGNOT, curateur, compdempné et condempnons faire faire inventaire apprétiation et partaige de tous et chacuns les biens, meubles, lettres, tiltres et enseignements consernants ladite succession par devant ledit de LAMOTHE et Maitre rené ALYNANT, notaire royal, convenus et accordés par les parties que pour ce faire commectons par davant lesquels lesdites partyes prandront assignation et fera, ledit DENYS, le serment de représenter et mectre en évidance tous les dits biens, meubles, lettres, obligations, argent et déclaration des debtes tant actives que passives pardevant lesdits commissaires. Donné au siège présidial de Tours par nous Nicolle LECLERC, conseiller du Roy, notre sire, juge et lieutenant général en Touraine, le vendredi neufvième jour de juing l’an mil cinq cens soixante dis. Ainsi signé BOURRU.

Nous voici arrivé au terme de ce très long inventaire qui reflète l’importance de cette famille tourangelle mais, malheureusement, dans l’état des archives actuelles, hormis ALYNANT, les minutes des notaires cités tant sur Vernou que sur Tours, ne semblent pas être parvenues jusqu’à nous. Quelques explications sur les DENYS pourront apporter un plus sur cette famille.

Mathurin DENYS a longtemps été assimilé à Mathurin DENYS DE LA THIBAUDIERE, capitaine des gardes du Roy, tué en défendant ce dernier, sur les Ponts de Tours, le 7 mai 1589 (on relève d’ailleurs un acte postérieur au décès de Mathurin, daté de novembre 1584 chez le notaire FOUCHER, qui concerne DENYS DE LA THIBAUDIERE, dont la signature est très différente du personnage qui nous intéresse. Ce DENYS habite CHAMBRAY. En fait, notre Mathurin est décédé à BALLAN MIRE, au château de la Carte, le 11 septembre 1584. Il y logeait en tant que régisseur du domaine, proprièté de Régnault de BEAULNE, ancien prieur de Grandmont, devenu évêque de Bourges. Après le décès de Marye AUBERT il se remariera à Andrée PETITEAU, veuve en premières noces de Estienne CHIGNARD. Par ce remariage, et de par son épouse, Mathurin DENYS prendra le titre de sieur de Mussay, métairie située sur la commune de MONNAIE, que l’on aperçoit de l’autoroute après péage, dans le sens Paris-Tours. Il sera inhumé en l’église de Saint Symphorien avec Marye AUBERT, ce qu’a démontré Monsieur GERME, des Ormes (Vienne).

Mathurin avait deux frères, Pierre, sieur de la Baraudière, qui sera échevin de la ville de Tours, décédé avant 1594, et Jehan, sergent royal au baillage de Touraine et siège présidial de Tours, décédé après 1594, et tous les trois étaient les fils de Mathurin DENYS l’ainé et de Guillemine GIRARD. Cette famille aurait ses origines sur Honfleur, où au début du XVIe siècle, Jean DENYS, audacieux et expérimenté navigateur, fut un des premiers normands à débarquer à Terre-Neuve et au Saint-Laurent, où il établira une carte sur une écorce de bouleau (1506). Il ira aussi au Brésil (1504). C’est un des fils de ce dernier qui viendra s’installer en Touraine, en l’occurrence Pierre DENYS, qui sera intendant des finances. Mathurin DENYS, dont il est question dans cet inventaire est donc l’arrière petit fils de ce dernier et il est vraisemblable que c’est son père qui sera à l’origine du financement du portail de l’église de Saint Symphorien. Une étude de la Société Archéologique de Touraine (bulletin 48 de 1909) permet de connaître cette église dans le détail et fait référence à la famille DENYS.

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Le portail de l’église de Saint-Symphorien

Nous terminerons cet article en précisant que, suite à cet inventaire, le partage des biens sera effectué plus de quatre ans plus tard, le processus débutant le 8 dècembre 1574, toujours par Maitre ALYNANT et Mathurin de LAMOTHE et se terminant le 19 may 1575 où trois lots seront tirés dans « le chapeau de Jehan NOZILLET, innocent enfant de huict ans ou environ ».

Cet acte permet de situer le Clos du Pressouer ou du Pressoir entre le Petit Montsoudun et le château de la Chambrerie quartier de Saint symphorien. Une bonne partie des terres dont il est question sur cette commune doivent, de nos jours, être incluses dans l’emprise de l’actuel cimetière La Salle.

Quant au bien, où se déroule l’enregistrement de l’inventaire, il est probable qu’il se trouvait dans l’actuelle rue Losserand (baptisée Grand’ Rue dans l’acte de 1574) et la maison est appelée « la grand’maison ». A l’arrière demeurait le boulanger.

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Quartier Saint-Symphorien, dont la rue Losserand (probablement la Grand Rue reprise dans les actes)

Quelques mots sur la descendance de Mathurin DENYS et Marye AUBERT. De cette union naquit huit enfants, Mathurine épouse LEGENDRE étant la première née en 1550. C’est par cette dernière que je descends des familles LEGENDRE et DENYS. Cinq enfants sont morts en bas âge ou peu de temps après la naissance. Régnault serait décédé en 1593 et devait être dans les ordres. Quant à Jacques il se maria à Marie COSNIER, la sœur de Hugues, à qui sera confié le creusement du canal de Briare. De cette union naitra une nombreuse famille dont trois garçons qui se distingueront dans la colonisation de la Nouvelle-France, en particulier Nicolas, dit « la belle barbe, qui sera gouverneur d’un vaste territoire en Acadie, mais cela est une autre histoire…

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20 Messages

  • « ung petit drap de thoille de quantin avecques la bande de pareille thoille »

    D’après le Dictionnaire de l’Académie française, 1re Edition (1694) (entrée reprise dans les éditions postérieures)

    QUINTIN. s. m. Sorte de toile fine & claire que l’on empese ordinairement, & qui est ainsi appellée parce qu’elle se fait dans la ville de Quintin. Du quintin. un mouchoir de quintin.

    Quintin se situe en Bretagne.

    Pour l’étoupe, pas de problème, mais le pou... Je gratte toujours et ne trouve rien ! Transcription de l’accent et du parlé tourangeau de l’époque ?

    Répondre à ce message

    • Le « pou » est une étoffe. Le mot est plus souvent écrit « poult ». Le « poult-de-soie » est bien connu : c’est un tissu assez épais et mat (non lustré). L’étymologie de ce mot pourrait être « peau ».
      Deux problèmes subsistent :
      - les draps en pou de cette famille sont certainement faits d’une autre étoffe que de la soie (l’expression « poult-de-soie » suggère d’ailleurs que d’autres matières peuvent être traitées en « pou » )
      - Que signifie « de pou en pou » ?

      Bon courage pour d’autres recherches.

      Répondre à ce message

      • Inventaire après décès de Marie Aubert : pou 7 novembre 2010 08:51, par Michel

        Bravo Françoise !

        Émile Littré : Dictionnaire de la langue française (1872-77)

        POU-DE-SOIE (pou-de-soî) s. m.
        Etoffe de soie unie et sans lustre, dont le grain est gros comme celui du gros de Naples, et moins serré que celui du gros de Tours.
        Statuts des march. de drap d’or, etc. 9 juillet 1667, art. 49 : Seront les draps d’or et d’argent.... le gros de Naples, poux-de-soie, les satins.... de largeur de demi aune, moins 1/24 d’aune entière
        Quelques-uns écrivent pout-de-soie, poultde-soie.
        Au plur. Des poux-de-soie, comme on écrivait au XVIIe siècle.

        ÉTYMOLOGIE : Ce paraît être une altération de padouesoie, soie de Padoue ; du moins l’anglais nomme paduasoy, une soierie de Padoue. Au contraire, Trévoux dit que ce mot est corrompu de tout de soie.

        Répondre à ce message

  • Inventaire après décès de Marie Aubert épouse de Mathurin Denys, 12 juin 1570 5 novembre 2010 15:43, par Michel, toujours d’Amboise.

    • « dix huit poches et deux charriers avecques quelque quantité d’essuyeurs et autres essuyeulx. »

    Pour le charrier, c’est confirmé chez
    Jean Nicot : Le Thresor de la langue francoyse (1606) :

    Charrier, m. acut. Est la piece quarrée de grosse toile, ou coitis, qu’on estend sur le linge rengé dans le cuvier, et sur laquelle on espand les cendres, afin que l’eau les destrempant coulle en suite à travers ledit Charrier, et abbreuve le linge, sans qu’elles se meslent avec iceluy. Segestre lixiuiarium, aut tela cineraria.

    et plus tard :
    Dictionnaire de l’Académie française, 1st Edition (1694)

    Charrier. s. m. La premiere est longue. Piece de grosse toile dans laquelle on met la cendre au dessus du cuvier. Ce drap servira de charrier.

    La Poche est un sac.

    Essuyeurs = d’après Godefroy (Dictionnaire de l’ancienne langue française du IX° au XV°),
    se rencontre sous les formes essuyer, essuioir, essuyoir, eschuoir, essueurs, essoyoir… et était un linge à essuyer la vaisselle ou les mains.

    • « deux couvrechés, une bande et deux sainctiers, le tout de thoille de Cambre (CAMBRAI ?) servant à baptisement »

    le BAPTISEMENT est un très ancien mot pour baptême (toujours utilisé en anglais…), cité dans le dictionnaire Godefroy avec référence à un texte de 1135.

    Couvreché serait un couvre-chef, pas d’autre signification apparemment.

    Bande : « Une bande ou bandelette, comme celle dequoy on lie les petis enfans, Fascia. »

    Sainctier : saint, sein, ceint… ? voire sang, graisse (saindoux…), que de possibilités !
    Mais un saingt (sein, seain, sain) était une ceinture, un lien (Godefroy, toujours).

    Répondre à ce message

    • Pour cette phrase ou on retrouve les mots « couvrechės » « baptisement » et « sainctier » :
      Dans baptisement je reconnais aussi baptême
      pour sainctier je trouve le mot sainct , orthographe ancienne de saint : aussi cela me fait penser à un linge spécifique à une acte religieux, ici donc le baptême, peut-être ce qu’on appellera plus tard la robe de baptême ?? En tous cas un linge destiné au baptême.

      Pour couvrechė que l’ on retrouve plus loin, dans un inventaire de drap de lits, je parierai pour une orthographe de couvre-chef, c’est à dire bonnet.
      nous aurions donc ici des bonnets de bébé pour le baptême, et plus loin des bonnets de nuit ( utilisés pour tenir la tête au chaud aux époques ou toutes les pièces n’étaient pas chauffées, les chambres habituellement ne l’étaient pas. (D’où les lits clos, les ciels de lits etc..)

      Répondre à ce message

  • http://books.google.com/books?id=Gm...

    http://books.google.com/books?id=f4...

    voilà d’autres liens pour « pou » pièce de drap nommée « pau »

    Penser aussi que pau en pau, peut être de peu en peu, cad en avançant dans l’inventaire...

    Répondre à ce message

  • Pour info supplémentaire :
    Page 25 : cuvier à faire buée : c’est un cuvier à lessive (la buée étant la lessive souvent pratiquée deux fois dans l’année et il fallait d’énormes cuves pour tenir en particulier les draps). la selle ou seille est la planche « ondulée » sur laquelle on « battait » le linge.
    Page 34 : Retrait = faculté de se faire subroger à l’acheteur le prix principal et les frais.Il y en avait de différentes sortes : conventionnel, censuel, ducal, féodal.Ici, c’est le retrait lignager : les parents du côté d’où provenait le bien pouvaient retraire (retirer)e bien lorqu’il était vendu, afin d’assurer sa conservation dans la famille.
    Page 37 : Ven.... Sans doute Vencay ( ancien nom de St Avertin) et non Veretz.....

    Répondre à ce message

  • Inventaire après décès de Marie Aubert épouse de Mathurin Denys, 12 juin 1570 6 novembre 2010 14:58, par Arlette Moreau de La Rochelle

    Page 25 de l’inventaire :
    trois cuviers à faire buées avecques deux selles.

    En patois charentais, la buaie est la lessive et les selles sont des grands seaux de bois.
    Ce pourrait donc être 3 cuviers à faire la lessive avec 2 grands seaux de bois.

    Répondre à ce message

  • Bonjour,

    « trois cuviers à faire buées tant grands que petits avecques deux selles (lesdits cuviers devaient servir à macérer le raisin lors de la vendange, ce que l’on a remplaçé de nos jours par des cuves inoxydables) »

    La buée est la lessive - mot employé encore récemment dans le Val de Loire (d’où buanderie). On mettait le linge dans le cuvier avec de la cendre. On ajoutait de l’eau très chaude (buée) et on laissait macérer un certain temps. Ensuite on mettait le linge sur la selle (une planche sur 2 trétaux), on le tapait avec un battoir et on le rinçait.
    Pas question de vin dans cette description.

    Cordialement

    Rose-Marie Regnault

    Répondre à ce message

    • Bonjour,

      Merci pour vos explications qui corrigent mes interprétations de certains passages du texte de cet inventaire. Par ce message je tiens à remercier tous les intervenants qui ont apporté des rectifications ou définitions celà prouve l’intérêt qu’ils ont porté à la lecture de ce texte. J’espère, par ailleurs, que certains lecteurs retrouveront trace d’ancêtres dans la longue liste de noms cités

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    • Dans le jardin de ma grande-tante en Auvergne (vers les années 1960) il y avait un grand cuvier en terre cuite rouge avec des dessins en bleu. elle m’en avait souvent expliqué le fonctionnement. Il était posé sur un trépied. Dans le fond on posait des branchages, dessus un grand drap, à l’intérieur au fond le linge le plus sale, les draps étaient refermés, recouverts d’un linge et dessus la cendre. Le soir le cuvier était rempli d’eau bouillante et trempait toute la nuit. Le cuvier avait au fond un trou et une bonde. Le matin le cuvier était vidé, l’eau réchauffée et reversée plusieurs fois sur le linge elle appelait cela couler la lessive. Quelque fois elle mettait de la saponaire avec la cendre.

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  • Cette famille DENYS avait-elle des liens (descendances) avec celles de Lorraine ?
    Ce qui m’amène à poser cette question est que le nom que je porte DENIS a pour souche DENYS.
    Voyez « harpie » sur GénéaNet.
    Merci pour les informations que vous pourriez m’apporter.

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  • Avec retard, merci à René Albert pour nous avoir communiqué ce texte !

    p 11 - effrandeaulx : je sèche
    et pour souillies, c’est bien une taie :

    Émile Littré : Dictionnaire de la langue française (1872-77)

    SOUILLE.2 (sou-ll’, ll mouillées) s. f.
    Taie d’oreiller, en quelques provinces.

    ÉTYMOLOGIE : Ille-et-Vilaine, souie d’oreiller. M. Jaubert dit qu’il vient de souiller, cette taie étant destinée à empêcher l’oreiller lui-même de se graisser au contact de la tête.

    Dictionnaire du Moyen Français (1330‑1500)
    SOUILLE, subst. fém., de solium]
    Souille d’oreiller. « Enveloppe d’oreiller ; taie »

    Godefroy donne une signification identique citant « un lit garni de souilles et de traversiers » (1579)

    p 12 - foulletin :
    Citons le site officiel de la ville de Felletin (Fuletin en occitan) :
    « Felletin : Cité du Bâtiment, Berceau de la Tapisserie, Porte du Parc Naturel de Millevaches »

    Précision : l’aune, qui servait pour mesurer les tissus, mesurait environ 1,18 m (trois pieds sept pouces plus quelques lignes et points) selon le Dictionnaire du Moyen Français. François 1er tenta de l’unifier dans tout le royaume…

    p 13 - rappissettée
    Rapieceter se disait bien pour rapiécer, selon le dictionnaire de l’Académie en 1694.
    Selon Littré (1872) : « RAPIÉCER, RAPIÉCETER, RAPETASSER. Rapiécer c’est mettre des pièces, ou mettre une pièce, sans modification. Rapiéceter c’est mettre sans cesse de nouvelles pièces, ou mettre beaucoup de petites pièces, et marque dans ce verbe la réduplication ou un diminutif. Rapetasser c’est mettre grossièrement des pièces (ROUBAUD). »

    p 14 - poulaille
    ou volaille… (plus tard, la police !) ; en fait le chevet était le traversin
    Dictionnaire de l’Académie française, 1re Edition (1694)
    Chevet. s. m. Traversin, long oreiller sur lequel on appuye sa reste, lors qu’on est dans le lit. Il s’endort aussi-tost qu’il a la teste sur le chevet. hausser le chevet. il ne peut dormir si le chevet n’est bien haut. il aime le chevet bas. entretenir quelqu’un à son chevet.

    p 16 - saye
    une tunique ?
    Jean Nicot : Le Thresor de la langue francoyse (1606)
    Un Saye, ou Sayon, Tunica, Sagum.

    Bureau : ici, ancienne appellation de bure, « étoffe grossière faite de laine »
    Dictionnaire de l’Académie française, 1re Edition (1694)
    Bureau. s. m. Signifie la mesme chose que bure. Vestu de bureau. Il est vieux.

    Petier : là aussi, je sèche. Rien apparemment dans les unités de mesure, même dans l’ouvrage de Charbonnier & Poitrineau « Les anciennes mesures locales du Centre-ouest » (2001 - Presses Universitaires Blaise-Pascal)

    p 18 - chaperon
    Avant d’être chaperonnées par une « femme d’âge », jeunes et moins jeunes femmes (et hommes) l’ont porté :
    Dictionnaire de l’Académie française, 1re Edition (1694)
    CHAPERON. s. m. Coiffure de teste autrefois commune aux hommes & aux femmes. C’estoit un bonnet qui avoit un bourlet sur le haut & une queüe pendante sur les espaules. Chaperon de drap, d’escarlatte. chaperon miparty de deux couleurs. il y a long-temps qu’on a quitté les chaperons. les Docteurs ont gardé le chaperon, mais ils le portent sur l’espaule. aux enterremens des Grands, ceux qui font le dueil, portent de grands chaperons à longue queuë traisnante par derriere.

    Chaperon. Bande de velours, de satin, de camelot, que les filles & les femmes qui n’estoient point Demoiselles, attachoient sur leur teste, il n’y a pas encore long-temps. Chaperon estroit large. chaperon en pointe. c’estoit une femme à chaperon. j’ay connu sa mere qui portoit le chaperon. toutes les Bourgeoises ont quitté le chaperon.

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  • Poursuivons, avec une pensée pour ceux qui dans un avenir lointain déchiffreront certains textos...

    p 20 : clou
    pourrait être aussi un ornement.

    seillée
    seille : seau en bois, sans cercle, anse de bois (Littré, 1872) ; la seillée en est la contenance (Godefroy)

    serche : ou peut-être le cercle de fer forgé sur lequel on rabattait le bord supérieur des bassines, chaudrons et autres récipients en cuivre pour les rigidifier et les renforcer ?
    Littré : cerche, autre forme de cercle.

    p 21 : forcquets
    ou peut-être grande fourchette pour piquer viandes et légumes dans les chaudrons ?
    Godefroy : fourchette, forquete, fourquette (qui cite d’ailleurs une « fourquette a ratisser le feu », 1528)

    p 22 : cassée
    peut-être aussi : Casse à rôt, lèchefrite (Littré)
    ou encore « Casse à yaue, chaudron à metre eaue sur le feu » (Godefroy) 1373
    Casse, diminutif casserole…

    p 23 : une chayne de puy assepeau
    vaine conjecture ? Nous sommes dans la cheminée, au milieu des ustensiles à feu et à cuisson : on utilise parfois pour tenir à hauteur (réglable) les longues queues des poêles posées sur la servante, une chaîne pendant du manteau de la cheminée… Puy est une forme ancienne d’« appui ».
    Mais « assepeau » ? Transcription phonétique d’un mot local ou prononcé à la tourangelle (déjà expérimenté dans un autre inventaire, le greffier n’était pas un champion d’orthographe !) ?

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  • Bonjour à toutes et tous

    Nous avons l’impression qu’« ils » possédaient un très grand nombre de biens (essai d’identification par ce forum)

    la maison est certes belle et grande,si c’est celle de cette époque
    J’ai déjà rencontré ces inventaires dans le 62 pour mes ancêtres,mais le moindre tas de bois ,le moindre outil ,la moindre cuillère ,le moindre jambon est consigné

    et nous en 2010 que possédons-nous ?? 100 fois + qu’un bourgeois de l’époque

    c’était ma réflexion du jour
    envoi au hasard d’une succession de 18 pages

    Philomène
    future généanaute

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  • oublié p 23 : raclouer, avé l’assent = racloir
    Dictionnaire de l’Académie française, 1re Edition (1694)
    Racloir. s. m. v. Instrument avec quoy on racle. Racloir dont on racle un tonneau. racloir pour racler du parchemin. racloir pour racler des pistolets. racloir dont un Jardinier se sert pour racler des allées.

    p 24 : une chappelle de plomb
    Jean Nicot : Le Thresor de la langue francoyse (1606) le confirme :
    chapelle (…) Il signifie l’alambic de plomb à distiler toutes eauës, et huiles. Plumbeus extrahendus vaporem aquis clibanus. B.
    Littré : Dictionnaire de la langue française (1872-77) reprend partiellement ce sens spécifique :
    8. Couvercle d’un alambic.
    et P. Carpentier, L. Henschel. « Glossaire français » (1766, 1850)
    2. chim. « alambic » ou « son couvercle » (Ménagier, livre manuscrit d’économie domestique et culinaire, 1392-94).

    Une petite eau de vie pour y voir plus clair ?

    sain :
    Dictionnaire de l’Académie française (1694)
    SAIN. s. m. Graisse de pourceau. Il ne se dit guere qu’avec l’epithete de doux. Sain doux. du sain doux.

    p 25 : rothe
    Jean-Claude Raymond : La Langue de Rabelais et le parler du sud de la Touraine et du Loudunais, nous propose
    Rottes, liens en chêne ou en orme ou en saule faits avec des branches vertes et que l’on a assouplies en les tordant (de rotare, tourner)

    p 26 : chantier
    Dictionnaire de l’Académie française, 1re Edition (1694)
    chantier : Il se dit aussi des pieces de bois sur quoy on pose des muids de vin ou autre liqueur dans le cellier, dans la cave. Mettre du vin en chantier. il a tant de pieces de vin en chantier, sur le chantier

    p 28 : banselle
    Dictionnaire de l’Académie française (1694)
    Bancelle. s. f. Espece de banc de bois estroit & long. Les bourgeois se mettent à la porte sur une bancelle.

    p 29 : asseaulx
    Godefroy : asseau, instrument de charpentier, et dans le Perche, outil dont se servent les tonneliers pour polir et arrondir les tonneaux

    loces
    Godefroy : en Bourgogne, Aunis, Morvan, Champagne, la losse est une tarière, bonbonnière, outil à l’usage des tonneliers pour percer le trou des bondes. Il renvoie aussi à loceret (laceret chez Littré).
    Lousse, aujourd’hui (Larousse).

    Voilà pour les « biens consommables », fin (tardive) de ma petite contribution. Merci à René Albert !

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