www.histoire-genealogie.com

----------

Sommaire - Articles - Documents - Chroniques - Dossiers - Album photos - Testez vos connaissances historiques - Serez-vous pendu ? - Collection THÉMA - Éditions Thisa


Accueil » Articles » La vie militaire » « Nos Poilus » » La section de projecteurs » Belleray, 10 avril 1916 : un obus qui fait bien des dégâts - 10e (...)

Belleray, 10 avril 1916 : un obus qui fait bien des dégâts - 10e épisode


jeudi 16 juin 2011, par Dominique Schutz, Michel Guironnet

Répondre à cet article

- Pour lire les épisodes précédents

« Tout à coup, après un léger sifflement, un choc effroyable nous soulève et nous renverse…Dans le même temps, un jet de poussière suffocante, d’une force extraordinaire, nous prend à la gorge et aux yeux. Nous sommes absolument sourds. Le bruit monstrueux de l’explosion a été suivi d’une avalanche d’éclats d’obus qui tombent en sifflant, avec des mottes de terre si grosses qu’on a l’impression qu’elles vont écraser l’abri. Au bout d’une minute, tout cesse. Alors, à quatre pattes, nous sortons la tête de l’abri. D’abord, on ne voit rien. Et on étouffe…La poussière est tombée, et le peu que nous voyons est épouvantable. Le vide. Un immense entonnoir…le centre a au fond trois mètres de profondeur. Il est au tiers rempli par des blocs retombés dedans…ça sent l’explosif et l’étoffe brûlée. » Témoignage de Louis Maufrais « J’étais médecin dans les tranchées ».

Belleray est un village de la Meuse, à quelques kilomètres au sud de Verdun.

La Section de Projecteurs N° 4 arrive le 9 avril 1916 au bord de la Meuse avec le QG de la 69e Division d’Infanterie, venant de Triaucourt (en Argonne). Elle restera cantonnée ici trois jours.

JPEG - 402.2 ko
« Belleray 9-10-11 avril 1916. Notre cantonnement »

Sur la photo, on remarque bien les voitures avec leurs projecteurs soigneusement emballés dans des housses de toile.

Un obus qui fait bien des dégâts

Photo prise 2 minutes après l’éclatement d’un obus de 380 mm à 200 m de Belleray.

JPEG - 591.3 ko
« Au fond du trou de la marmite du 380 mm »

« On comble le trou de l’obus de 380 une heure après son arrivée »

JPEG - 172.5 ko
Cette carte postale donne une idée des dimensions d’un obus de 380 !
Sur l’esplanade du Mémorial de Verdun, à Fleury devant Douaumont, sont exposés quelques obus.On peut voir « en vrai » un obus allemand de 380 mm : « Poids : 760 kg, portée de 23 à 38 km »

« Belleray. Culot de l’obus de 380. Poids 54 kg »

Le Poilu qui pose à côté du « trophée » porte sur le col de sa veste le numéro 143. C’est du 143e Régiment d’Infanterie Territoriale dont il fait partie. Ce régiment de « Pépères » aide dans ses travaux les bataillons du Génie de la 69e DI depuis Braine en octobre 1914.

Dans le JMO du Génie de la 69e Division d’Infanterie, on trouve relaté cet épisode :

« 10 avril (1916) : …/…l’E.M. (l’État Major) du Génie reçoit l’ordre d’aller cantonner au faubourg Pavé, ainsi que la Cie 22 /13 ; mais, après contre-ordre, en vue d’un nouveau changement de secteur de la D.I, l’E.M. du Génie reste à Bevaux et la Cie 22 / 13, qui était en marche pour Verdun, retourne à Landrecourt, ayant eu au cours de cette marche un sapeur tué et sa cuisine roulante démolie par un obus de 380.

La Cie 22 /13 arrive à Bevaux, où elle devait cantonner, puis continue sa marche et va bivouaquer à Germonville. La Cie 22/13 repart le soir de Landrecourt pour Germonville ».

Dans le JMO du 22e Bataillon 13e Compagnie du Génie, nous avons plus de détails :

« 10 avril : départ à 7 heures (de Landrecourt où la Compagnie a cantonné la veille) par Dugny et Belleray sur Verdun (Quartier Miribel, Faubourg Pavé).

En arrivant à Belleray, un obus de 380 tombe sur la route à côté de la cuisine roulante, blesse mortellement le conducteur Fortin et blesse le caporal d’ordinaire Desvignes, ainsi que le sapeur Mézerette, tue un cheval et blesse l’autre, la cuisine est démolie.

À ce moment, 11 heures, le Capitaine reçoit l’ordre de suspendre la marche sur Verdun, fait ranger la Compagnie dans un pré, avant le pont sur le canal entre Belleray et Bévaux et reçoit un peu après l’ordre de retourner à Landrecourt.

JPEG - 440.9 ko
Belleray, le pont sur la Meuse (avril 1916)

Arrivée à Landrecourt à 13 heures. Départ de Landrecourt à 18 heures pour aller à Germonville par le Moulin Brûlé et Froméréville.

Arrivée à Germonville à 23 heures, la Cie bivouaque dans un ravin entre Germonville et le Fort du Bois Bourru.

11 avril : stationnement au bivouac de Germonville.
Le Capitaine avec deux sections (1re et 3e) se rendent sur la croupe entre le Mort Homme et le Bois des Caurettes pour coopérer à l’établissement de la tranchée de 1re ligne (travail de nuit) ».

Mort du conducteur Fortin

Sur Mémoire des Hommes 282 réponses à ce nom ! Sur Sépulture de Guerre 89 réponses ! Sur Mémorial GenWeb : aucun Fortin décédé à Belleray à cette date ! Mystère…

Reste à dépouiller une à une les fiches de Mémoire des Hommes pour retrouver « le conducteur Fortin » Après plusieurs minutes passées à faire « chou blanc » je déniche enfin une fiche :

Gustave Hervé Fortin « sapeur au 1er Régiment du Génie », mort de « blessures de guerre » le 10 avril 1916 « à l’hôpital 61 2 SP 24 La Queue de Mala (Meuse) » Cette dernière mention, visiblement ajoutée après la première rédaction de la fiche, m’ouvre une piste. Même s’il n’est pas précisé qu’il fait partie du 22e Bataillon, tout correspond !

Hôpital à la Queue de Mala à Vadelaincourt

À l’origine cet hôpital était implanté à BALEYCOURT, à km de Verdun. Il se trouva sous le feu des canons ennemis et son évacuation dut être décidée dans la nuit du 28 au 29 février 1916.

Une nouvelle implantation de l’HOE 6 se fit sous tentes abris à la Queue de Mala à 2 kms au nord-est de Vadelaincourt, près de la forêt dite de Mala.

Il alimentait l’HOE n°12 en grands blessés. Durant la première quinzaine de mars 1916, l’H.O.E. 6 de « Queue de Mala » allait recevoir jusqu’à 875 blessés par jour : on n’y pratiquait que quelques procédures d’urgence telles que ligature de vaisseaux sanguins, on y renouvelait les pansements défectueux de l’avant, les appareillages de fracture.

L’injection de sérum antitétanique était systématique pour tout blessé grave ou léger, on dirigeait les grands blessés vers l’hôpital de Vadelaincourt qui avait vu sa capacité d’accueil portée à plus de 400 lits.

Informations tirées du site : http://www.vadelaincourt.info/hopit...

Sur le service de santé à Verdun, voir les superbes pages sur le Forum 14-18 /
http://pages14-18.mesdiscussions.ne...

Gustave Fortin est né à « le 13 novembre 1891 à Hermeville, département de Seine Inférieure ». Son acte de décès est transcrit le 30 juillet 1916 dans les registres de Vergetot en Seine Inférieure (aujourd’hui la Seine Inférieure est devenu Maritime).

« Le conducteur Fortin » meurt à vingt cinq ans. Il est inscrit sur le monument aux morts de Vergetot. Un Gustave Fortin (est-ce le même ?) est inscrit sur le monument de la commune voisine d’Epretot.

À suivre... Cinq jours à Rampont.

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

2 Messages

http://www.histoire-genealogie.com - Haut de page




http://www.histoire-genealogie.com

- Tous droits réservés © 2000-2014 histoire-genealogie -
Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Ours | Charte | Logo | Espace privé | Logiciels | édité avec SPIP  |