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Avril 1916, cinq jours à Rampont avec la section des projecteurs - 11e épisode


jeudi 15 septembre 2011, par Dominique Schutz, Michel Guironnet

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- Pour lire les épisodes précédents

Les attaques allemandes ont commencé le 6 mars 1916 sur la rive gauche de la Meuse. Une puissante attaque sur les deux rives, le 9 avril, n’a réussi qu’à atteindre les pentes nord-est du Mort-Homme. Le 10 avril, les unités de la 42e D. I. ont subi une nouvelle attaque et l’ont enrayée. Leur superbe résistance a été consacrée par l’ordre du jour historique du Général Pétain : « Courage... On les aura ! »

« En raison des effectifs consommés », le Général Commandant la IIe Armée met le 10 avril la 69e Division d’Infanterie à la disposition du Groupement Berthelot.

Rappelons qu’elle compte deux brigades : la 137e avec les 287e, 306e, 332e Régiments d’Infanterie ; et la 138e avec les 251e, 254e, 267e Régiments d’Infanterie.

« Le 251e et le 254e qui sont arrivés dans la nuit du 9 au 10 avril au Bois de Sivry sont poussés dans la soirée par Froméréville et Germonville sur la 2e position »

« …Les Compagnies du Génie 22/13 et 22/63 se portent de Bévaux sur Germonville. La Compagnie de parc du Génie s’installe au Bois de Sivry.

Les services de la 69e s’installent de la façon suivante :
- Intendance et santé à Sivry-la-Perche
- Autres services à Rampont »
 [1].

Ordre de la 69e Division N° 90

"La 69e D. I. est mise à la disposition du Général Nivelle pour participer avec les troupes du 32e Corps d’armée à la défense du front nord-ouest de Verdun.
Elle aura à combattre et à travailler dans un secteur particulièrement difficile.
Sa tâche sera rude et laborieuse.

Tous, officiers, sous-officiers, caporaux et soldats auront à cœur de soutenir le bon renom qu’ils se sont acquis sur d’autres parties du front par leur endurance, leur bravoure, leur activité et leur ténacité.

Comme ceux qui les ont précédés dans ce même secteur, ils supporteront avec abnégation les plus dures épreuves, ils arrêteront courageusement toutes les attaques, quelle qu’en soit la violence ; ils contribueront enfin à chasser l’ennemi, montrant ainsi que les beaux régiments de la 69e D. I. ne le cèdent en rien aux corps d’élite qui les ont formés.

Le Général commandant la 69e D. I. Taufflie"
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Carte du secteur de Verdun (Rive gauche)
Agrandissement d’une carte de la région fortifiée de Verdun, carte extraite du tome XIV de l’Histoire de la Grande Guerre de Gabriel Hanotaux.

« Notre » S.A.P , Section Automobile de Projecteurs, part donc au matin du 11 avril 1916 de Belleray.

Extrait du JMO du Génie de la 69e DI

« 11 avril 1916 : l’E.M (Etat-Major) de la D.I et l’E.M du Génie vont au fort des Bois Bourrus, laissant le deuxième échelon du Q.G à Froméréville.

La S.A.P cantonne à Rampont. Les Compagnies 22/13 et 22/63 restent bivouaquées dans les Bois Bourrus au N.E de Germonville. L’équipage de Ponts cantonne à Rampont et la Compagnie de Parc à Sivry-la-Perche.

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Rampont, vue générale (12-13-14-15 avril 1916)
Au 1er plan, maison détruite par le bombardement. Dans le fond, sur la colline, parc de voitures de ravitaillement. On voit aussi un équipage de pont
Comme un volcan : Mort-Homme, mai 1916

« Dans les journaux, on ne parlait plus du tout de la rive droite de la Meuse. C’était le Mort-Homme, et toujours le Mort-Homme, qui faisait l’actualité.

Ce nom désignait une colline tronquée dont le sommet n’avait pas un kilomètre de large pour une altitude de 295 mètres. Elle se détachait des autres collines situées à l’ouest, en particulier de la cote 304, et dominait à pic la vallée de la Meuse.

C’était un magnifique promontoire, plongeant sur toutes les positions de la rive droite, tant allemandes que françaises, au-delà de la côte du Poivre jusqu’au sud de Froideterre, y compris le fort de Douaumont.

Ce qui expliquait les combats acharnés dont il était l’objet. Nous l’avions déjà perdu, repris, et reperdu.

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« Ils n’ont pas passé »
« Aux morts de la 69e Division » Monument érigé au sommet du Mort Homme



En réalité, le sommet du Mort-Homme était double. Il y avait sur l’avant la cote 295 et, en retrait, une barre arrondie de 265 mètres que nous possédions toujours, et que les Allemands voulaient nous prendre coûte que coûte.
Et à l’est du Mort-Homme, sur le côté droit, il y avait le bois des Corbeaux, qui dominait de plus de quatre-vingt mètres le petit pays de Chattancourt qu’on apercevait au fond de la vallée. »

Louis Maufrais « J’étais médecin dans les tranchées »

Louis Maufrais est médecin d’un bataillon du 94e Régiment d’Infanterie, régiment faisant partie de la 42e DI. Cette division relève, les 7 et 8 avril, la 40e DI. [2]

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Verdun, rive gauche de la Meuse
Carte tirée de « Les régiments d’infanterie de Compiègne pendant la Grande Guerre » par le Lieutenant Colonel Weill et le Lieutenant Delacourt.
Cet ouvrage, publié en 1930, retrace en détail les combats du 254e Régiment d’Infanterie

"13 avril : …/… L’équipage de Ponts décharge son matériel à Rampont et va cantonner à Sivry-la-Perche avec la Cie de Parc…/…

14 avril : une section de la Cie 22/13 (du Génie) commandée par l’adjudant Julliard, et une section de la Cie 22/63 sous les ordres du Lieutenant Mercier, participent à une attaque sur le Mort-Homme à 16 heures 45 ; La Cie 22/13 a dix blessés, dont 4 évacués, et la Cie 22/63 six blessés, dont 4 évacués.

16 avril : la S.A.P quitte Rampont pour aller cantonner à Fromeréville".

À suivre... Au pied du Mort-Homme (A Fromeréville I)

Notes

[1JMO du 32e Corps d’Armée

[2Voir, pour en savoir plus sur l’auteur et son très beau livre : http://www.crid1418.org/temoins/201...

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3 Messages

  • Bonjour et merci pour la diffusion de ces récits.

    je possède l’ouvrage de Louis Mauffray , effectivement l’homme, jeune, a plongé dans l’horreur, ambulances de 1re ligne....certains passages insoutenables, ne quittent plus ma mémoire.

    le Mort Homme fut l’un parmi tant d’autres, une « boucherie » que tout les témoignages relatent en ce sens.

    ce 11è épisode n’« est que » Avril 1916, j’imagine et espère que vous en présenterez bientôt la suite
    Alain depuis les Vosges

    Répondre à ce message

  • Bonjour
    Un des arrières grand- pères de mes enfants est « mort pour la France » le 12 avril 1916 à "Bois Caurettes près Cumières/ MORTHOMME (fiche MdH)
    Vous citez ci-dessus le JMO de la 69e DI(à laquelle était rattaché le 251e RI) à la journée du 11 avril 1916..
    Dommage que vous vous soyez arrêté au 11/04, car à la date du 12 avril, à l’alinéa « 8 heures », voici le texte que l’on trouve sur ce JMO (sic) :
    [ 8 heures - le Colonel GAUCHER, Cdt la Bde A, rend compte que des hommes des compagnies du 251e en 1re ligne, soumises à un bombardement excessivement violent, ont reflué en assez grande quantité.
    Il donne l’ordre de mettre une mitrailleuse en batterie et de tirer sur les fuyards.
    ....

    ...Si l’on se réfère au JMO du 251e RI , il n’est pas fait état du tout de ce haut fait d’armes du Colonel GAUCHER.
    Par contre le montant de l’addition du jour y figure :
    35 soldats du 251e RI tués, dont l’arrière grand-père de mes enfants ...

    Répondre à ce message

    • L’ Histoire a de ses « raccourcis étonnants » !!
      - La 69e DI et le 251e RI à CUMIERES en AVRIL 1916
      - l’arrière grand-Père qui y meurt le 12 avril 1916
      - Louis MAUFRAIS que l’on vient de citer.
      J’ai son bouquin : une excellente écriture et beaucoup d’humour « style carabin » .
      Je me contenterai de citer les 2 chapitres qui montrent qu’il était là- ou juste à côté- lorsque ces évènements dramatiques se sont passés :
      - page 207 : « Au café de l’Absurde- Cumières. Avril 1916 »
      - page 227 : Comme un volcan-Mort-Homme. Mai 1916

      Mais voici un autre recoupement de ce haut-fait d’Armes du Colonel GAUCHER, « couché pour l’Eternité dans le »JMO officiel de la 69e DI« (perso : je dirais »FORFAITURE")
      Il est tiré du livre « VERDUN » de LEFEBVRE (édition du Memorial) : c’est donc là un doc non officiel et non daté d’ailleurs, mais je pense qu’il s’agit du même évènement.
      je le fais à la mémoire du petit Lieutenant VEBER que « je vénère »
      Voici ce texte reproduit à l’identique :
      [ Page 207 : Quatrième partie : « L’Enfer de Verdun » – § III : « Quand les nerfs cèdent »

      Les hommes surmontent cependant toutes ces détresses, et s’il arrive parfois que leurs nerfs ne puissent plus résister, c’est parce que l’épreuve du bombardement a été trop prolongée et s’est greffée sur trop de fatigues.
      Voici l’exemple d’une de ces rares défaillances, magistralement conjurée d’ailleurs.
      Le narrateur est le capitaine COLLEAU, du 251e R.I. :
      « Le 5e bataillon du 251e R.I. a été envoyé au secours des chasseurs.
      Pendant la nuit mal orienté, il commence à creuser une tranchée sur les pentes en avant de CHATTANCOURT de sorte qu’il se trouve, le jour venu, en pleine vue des Allemands de la rive droite et soumis à un bombardement intense.
      Eclats d’obus et éclats de silex tuent et blessent un grand nombre d’hommes.
      Les blessés doivent quitter les lignes et se retirer à travers le bled et, comme ils sont très nombreux, ils donnent l’impression d’hommes qui se replient pour ne pas combattre.
      Le colonel commandant la brigade mande à son P.C. à CHATTANCOURT, le sous-lieutenant VEBER, et lui donne l’ordre de rendre, avec une section de mitrailleurs, une position de tirs flanquant en arrière la ligne des tranchées , avec la mission d’ouvrir le feu si les hommes occupant cette ligne cherchent à se replier.
      Le sous-lieutenant VEBER, jeune officier de grande valeur morale et qui a donné maintes fois au feu des preuves de son courage, met ses pièces en batterie, mais, de sa personne, il se porte au devant des hommes qui quittent les lignes.
      Il refoule vers l’avant les quelques blessés légers qui se trouvent parmi eux et dirige vers le poste de secours du ravin les nombreux grands blessés qui se traînent lamentablement sur le terrain. Grâce au sang-froid de VEBER , la section de mitrailleuses n’a pas à intervenir , et à l’égard du commandement supérieur, demeure sauf l’honneur du 251 e R.I. ») ]

      ... or donc entre GAUCHER et VEBER... y a pas photo pour les 35 soldats du 251e RI, morts en date du 12 avril 1916 !!
      Au passage, admirons les inter- titres de LEFEBVRE :
      « Quand les nerfs cèdent...il arrive que leurs nerfs ne puissent plus résister .. l’exemple d’une rare défaillance »

      - rdb : Pincez-moi : je crois rêver ....
      ils sont morts en première ligne, peut-être même « tirés dans le dos sur ordre officiel » ... et on s’inquiète de l’état de santé de « leurs nerfs » !!!!!!

      Répondre à ce message

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