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1640 à Sarlat, une femme se révolte

La procuration en blanc de Marie de Brianson


jeudi 20 octobre 2011, par Sylvie Cauche-Laouchez

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Recherchant des éléments sur la famille noble DURFORT à Sarlat, j’ai découvert aux AD de Périgueux cette procuration en blanc établie devant le notaire Me. Daussel, par Marie DE BRIANSON, épouse de Messire Antoine DURFORT seigneur de LEOBARD.

L’écriture ancienne force la concentration. Aussi la surprise, devant ce qui est exposé, n’arrive qu’avec un certain décalage. Enfin le sang se glace ; on se dit que le mythe de Barbe-Bleue a dû trouver ses racines dans ce genre de fait divers.

L’acte n’étant pas en bon état, des petites parties de phrases sont manquantes (et je n’ai pas pu déchiffrer certains mots). Le sens général est cependant fort compréhensible. Voici ce qu’on peut lire :

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Sarlat en Périgord
« A Sarlat en Périgord sixième du mois daoust mil six cent
quarante avant midy [...] Louys roy de france et de navarre
pardevant moy notaire [ro]yal et tesmoins bas nommés a esté
personnellement establi [...] de marie de brianson [1] espouse de Messire
Antoine de durfort seigneur de leobard [2],

Commentaire du texte : Voici quelques lignes de présentation qui nous donnent le jour et le lieu où l’acte est établi, le 6 août 1640, à Sarlat, sous le règne de Louis XIII. Sont présents le notaire, Me. Daussel, qui rédige l’acte et deux témoins dont les noms apparaîtront au bas de l’acte, Jean Deville, avocat, et Guillaume Maisonneuve, praticien, pour satisfaire votre curiosité immédiate.

Le notaire cite immédiatement la principale intéressée qui, on le comprendra, est à l’origine de cet acte : Marie de Brianson, épouse de Messire Antoine de Durfort, seigneur de Leobard. Ces deux personnes sont nobles.

En 1640 la guerre de 30 ans a débuté depuis 5 ans sur le territoire de la France d’alors.
Richelieu officie depuis 10 ans auprès du Roi de France. Les guerres de religion contenues tant bien que mal par le père du roi Louis, Henri IV, assassiné en 1610, n’ont pas vraiment cessé ; il faut y ajouter encore la lutte contre les féodaux. En conséquence les impôts se multiplient et des révoltes souvent sanglantes éclatent dans les campagnes.

Autour de Sarlat et Gourdon en Quercy (voir la note 2 ci-dessus), sur les seigneurs de Durfort co-seigneurs de Gourdon), en ce début de 17e siècle, règnent périodiquement disettes et épidémies. Entre 1629 et 1634 la population a dû affronter la famine, la dysenterie, le « mal pourpre » et la peste.

laquelle a dict que ledit seigneur de leobard luy a fait [si]gner certains actes quelle na jamais leu et les a signes […], luy la tenant à sa devotion ou
prisonniere dans son [chasteau ?] de leobard [3] ou elle a este tres Indignement traitée [et comme ?] il soit ainsi quils feussent en proces en la cour de parlement [de tholoze] terminé par arrest dexpedient du dixseptiesme daoust dernier. Cet arrest contenant entre autres choses injonction [audit seigneur] de leobard de reprendre en sa compaigne ladite dame son espous[e et] la traiter maritalement.

Commentaire du texte : Nous commençons à froncer du sourcil : ainsi le seigneur de Leobard et son épouse en sont venus au procès ! Le 17 août 1639, le parlement de Toulouse, cour de justice pour le Haut-Quercy où se trouve situé le château de Léobard (qui, semble-t-il, est la résidence du couple) a rendu son jugement ; l’époux a indignement traité son épouse et doit la reprendre auprès de lui, ce qui suppose qu’il l’avait chassée du domicile conjugal, et la traiter comme tout bon époux doit le faire.

Il feut encore de plus advisé autres (?) […] parents et amys des parties qu[...]
L’execution du mesme […] seroit sursise pendant six mois […] feut un temps [ledit seigneur] de leobard et ses amys dem... (?) pour se mieux res[...] esperants comme ils feignoint que ce temps le disposeroit [...]poser ses aigreurs et recognoistre les debvoirs dont il e[...]ché par mariage.

Commentaire du texte : Il semblerait que le jugement s’étende aux parents et amis du seigneur (ou au moins qu’ils en sont très clairement avisés). La querelle était-elle devenue coalition ?

Or les six mois expi[...] apres larrest ladite […] partit de ceste ville le vingt troisiesme de Juin aussy der[...]compaignée de sa damoiselle pour la servir
un notaire et des […] pour faire les actes necessaires a s[...]
Intentions si aucunes […] falloit faire.

Et en ceste sorte se r[end ? ] le mesme jour d[ans ? …] le chasteau de leobard.

Commentaire du texte : Après l’expiration du délai qui devait permettre donc aux esprits échauffés de s’apaiser, Marie de Brianson revient de Sarlat au château de Léobard, puisque le Parlement demandait un reprise de la vie commune. Elle s’y rend avec sa dame de compagnie et un notaire. Me. Daussel élude la raison de la présence de ce dernier : juste en cas de besoin !

Ou estant on luy ferma la porte d[...] empescher quelle ny entra pas. Et on
refusa de luy parler […] quelle eut fait assez longtemps heurt […]
et crier pour estre en[ten ?]due de quelquesuns dudit chasteau.

Commentaire du texte : Elle trouve porte fermée et toutes oreilles sourdes à ses appels. Imaginez la scène : entre Sarlat et Gourdon, il y a environ 25 Km de nos jours. La dame et sa compagnie sont venus dans une voiture à cheval ; l’équipage s’arrête devant la porte close … Comment imaginez-vous la porte du château ? Comment peut-on frapper tout bonnement à la porte d’un château ? Si nous avons aujourd’hui du mal à nous figurer la scène, Me. Daussel ne s’y appesantit pas.

Jusques a ce quenviron deux heures apres Le Sieur de durfort parent dudit
Seigneur de leobard seroit venu luy parler

Commentaire du texte : Ainsi que nous le disait l’arrêt de justice, les parents du seigneur Leobard sont bien partie prenante.

et dire quelle ne debvoit presser son mary de la [re ?]cepvoir. Et que si bien il y estoit contrainct par les voyes de justice, elle seroit si mal receue et traitée avec tant de rigueur, quelle auroit peine a les supporter Et ne sortiroit
pas du chasteau c[omme elle ?] voudroit, adjoustant que ledit seigneur (?)
de leobard avoit des […] à elle si grandes quil estoit resoleu
a mourir mille fois […] … que de laymer, recepvoir ny traiter
comme sa femme.

Commentaire du texte : Les choses sont claires, les querelles sont toujours bien vivantes ! Il n’est pas question que Marie mette un pied au château. Si la justice emploie la contrainte, c’est Marie qui en pâtira car le seigneur de Leobard lui voue une haine inextinguible (il préfère mourir mille fois que l’aimer et la reprendre pour femme !).

L[...]nonobstant ladite dame ayant persisté
pour le desir quelle [avoit ?] de calmer son mary Et le surmonter
par la patience. Ledit Seigneur de leobard seroit en suite sorti dudit
château avec quelques [autres ?] personnages de la ville de Gourdon, Et
auroit refait (?) de mesmes […] et semblalbles discours envers ladite dame

Commentaire du texte : Marie insiste, s’explique… avec patience, précise le notaire Daussel. Pour quel résultat : cette fois le seigneur de Leobard en personne se présente devant elle et pas tout seul. D’autres personnages de la ville de Gourdon s’en mêlent ! On aimerait savoir qui ; cela nous permettrait de comprendre ce soutien indéfectible au seigneur. Affaire privée, affaire publique ? Comme nous aimerions retrouver trace du procès de Toulouse !
L’affrontement est inégal : une femme, certes de qualité, et ses deux accompagnateurs, face à deux seigneurs, parents et détenteurs de pouvoirs à Gourdon (les seigneurs de Durfort sont depuis longtemps co-seigneurs de cette ville) entourés donc d’autres « personnages » sous leur autorité.

qui neantmoins ne[...] auroit jamais reparti quavec … ?
et priere de la recepv[...]mme sa femme, Luy declairant quelle
souffriroit toutes ses […], dans Lesperance quelle avoit que sa
conscience Luy fair[oit co ?]gnoistre quil ne debvoit, ny pouvoit la
mal traiter et aus[...] sa mesmoire luy fourniroit le souvenir
des promesses quil a[...] fait à ladite cour de parlement, Et à ceux qui
avoient prononcé (?) larrest [...]xpedient que dessus

Commentaire du texte : Marie garde son sang-froid. Elle fait appel à la raison. Elle rappelle à son époux ses devoirs conjugaux, mais aussi la décision de justice à laquelle il a fait promesse de se tenir. Elle fait donc appel à son honneur aussi.

Et ajuste maniere entra dans ledit ch[atea]u. Exposant sa personne pour hazarder Si sa résolution de ses[...]erences (?) pouvint faire Impression sur
L’Esprit de sondit mary [...]Mais avant que dentrer Ledit Seigneur de
Leobard luy fit signer quelques actes quelle ne leu pas
Et ne vouleut luy [per ?]mettre quelle print avec soy sa damoiselle
Et ce fait luy commanda de le suivre avec une parolle de
rigeur et de menace [...], quelle fit par obeissance de femme a son mary.

Commentaire du texte : Marie entre enfin dans le château, mais la négociation n’a pas tourné à son avantage. Sous la menace, son époux lui a fait signer des actes qu’elle n’a pas lus et sa demoiselle de compagnie ne peut pas la suivre. Imprudente Marie ? Insouciante Marie ? Pourquoi ne pouvait-elle pas reculer ? Les enjeux encore une fois nous échappent.

Entrée que f[...] ladite dame dans ledit chasteau, ledit
Seigneur de leobard la fit […] dans un’ antichambre qui ferme à
deux portes au bout […] de salle. Les fenestres dIcelles murées, pour […]
quelle ne peut voir […] lumiere, une des portes de la mesme
antichambre aussy […] et Lautre fermée dun cadenat avec leq[...]
ledit seigneur de leobard [...] ferma luy mesmes et en print les
clefs

Commentaire du texte : Le seigneur séquestre son épouse. Les portes de la pièce où pénètre Marie sont fermées à clé. Les fenêtres murées ne laissent pas passer la lumière.

Et la nuict La[...]mante coucha sur un meschant chevet (?)
de lict Seule Sans [...]ance et(?) meubles ny de vivres pour se
Substanter.

Commentaire du texte : Pour se reposer, pas même un vrai lit, pas de meubles du tout, et de plus, rien à manger !

Le lendem[ain vingt ?]quatriesme dudit mois de Juin dernier
ledit sieur de durfort[...]... ala porte de ceste prison sur lheure de
vespres demanda a[ladite ?]dame si elle voudroit manger et sur sa
reponse quelle ne [seroit ?] en juste etat, il luy repliqua quelle
fairoit grand plaisi[r ...a]udit seigneur de Leobard, Lintention duquel
estoit de la faire per[ir ?] de fain et de misere Et de displaisir, comme
de vray tous les [...dom ?]estiques faisoient à L...my (?) qui la traiteroit
plus mal par des […] quils venoint à toutes heures luy dire
à la porte de ladite pri[son ?] Et la menacer dela mettre dans un’ autre
prison plaine de serp[ents ?] et de crapeaus, aquoy feut adjousté par
un surcroy de displ[...] ..?.. extraordinnaire qu ’on faisoit
faire dans sa prison [...pou]r Lincommoder et une gausse dudit
Seigneur de leobard qui […] la laissoit point en repos.

Le vivre ordinaire deladite dam[e ?...]a este pendant sa prison que le reste
des valets, fors le[...] qui estoit du Blanc. Et les artifices
dudit seigneur de leobar[...]tels que lors quil y ailloit quelques estrangers
en sa compaignie il[...]ayoit des meilleures vivres à ladite dame
Et permettoit aussy quelle feut visitée par fois. La faisant auparavant sortir [de sa pri ?]son, afin que les estrangers ne cogneussent les mau[vais tr ?]aitements dont il ...soit endurer (?) sa femme.

Commentaire du texte : Vous avez bien lu la longue liste des tourments infligés à Marie après qu’elle soit restée abandonnée à son triste sort jusqu’au lendemain soir. Question de son époux : veux-tu manger ? Réponse : Je n’en ai pas le cœur. L’époux : justement, mon intention était de te faire mourir de faim et de désespoir ! Les domestiques sont encouragés à la terroriser ! On la menace de la jeter aux serpents et aux crapauds ! A tout moment son époux vient lui tenir des discours humiliants. On la nourrit des restes de la domesticité, sauf en présence d’étrangers pour sauver les apparences … et échapper à la justice !

Et tout cella [du ?]ra jusques au premier du courant

Commentaire du texte : Au 1er août toutefois l’affaire tourne mal.

que ladite dame ne pe[ut ?] plus respirer manque d’air on […] la fit mettre dans une [cham ?]bre Et en Icelle on fit dresser un lict
pour y prendre de lair[...]espirer plus commodement. Ensuite de
quoy sortant … ?...[...]uise et ayant prins la parolle quelle
avoit perdu dans sad[ite pri ?]son par faulte derespiration elle demanda …
un prêtre pour se con[...] Et ne peut se communier à cause d’un
grand vomissement qui[...]effroit,

Commentaire du texte : Marie est au plus mal, ne peut parler que pour demander un confesseur. C’est bien une chose que son époux ne peut lui refuser ! Toutefois quelques précautions s’imposent.

ce que entendu par ledit seigneur de leobard il la fit p[...]de declairer quelle avoit este par luy bien traitée Et pour y nu[...]ouvoir envoyer chercher le Sieur de freyssinet de St chama[...]et quelques autres de ses amys par
Laquel sieur de freyss[inet e ?]lle feut persuadée d’ainsin le perm[ettre]
Si elle vouloit sortir […] miseres et estre mise en liberté […]
quoy elle auroit de[...] dezlors vouloir consentir pour par ce
moien se redimer [...]son avec cest Intention de revoquer
tout ce quelle sauroit […] se plaindre et tous les mauvais
traitements quelle au[...]...? J...? quelle seroit … ?... de (?)
ce faire, comme e[...]

Commentaire du texte : Le seigneur de Leobard pose ses conditions : Marie doit promettre, devant témoins, semble-t-il, de ne pas dire pas un mot de ce qu’elle vient de vivre. Marie cède mais n’en est pas moins intérieurement résolue à faire répondre à son époux de tous ces mauvais traitements.

Executant ceste sienne Intention ell’a
Juré veritab..? en sa conscience toutes les choses susdites
revoque partant q[...]oing seroit tous actes et … ?...
qui se trouveront p[...] signés contraires à ce dessus Et pour […]
Le mesmes onlan[...]elle.

Commentaire du texte : Ainsi, aujourd’hui, devant Me. Daussel, Marie récuse solennellement tous les écrits signés par elle, ou les témoins qui pourraient contredire ce qu’elle vient d’exposer.

Et aussy pour faire mesme plainte enladite cour de parle[ment de] Thoulouze prendre commission pour Informer sur le tout [...]autrement (?) sur (?) tout ce qui sera convenable[...] pour avoir raison et […], a fait et constitué son procureur (?) s...?

Monsieur “...............................................................”
procureur en ladite cour d[...]ent de tholoze auquel elle donne
plain pouvoir dainsi[...]...? avec promesse delen recou... (?)
Indemne et avoir p[our] agreable tout ce que par luy sera fait
a peine de tous … ?...[...] dommages et Interests deq...?
Et toutes autres choses […] requis actes que luy ay c...?

Commentaire du texte : De plus Marie porte plainte devant le Parlement de Toulouse. Elle délègue, pour défendre tous ses intérêts, un homme de loi dont le nom est laissé en blanc.

Présents Mr. Jean deVille a[dv]ocat en la cour de parlement de bourdeaux
Et guillaume Mais[onn]euve praticien qui ont signé avec ladite dame et moy. »

Commentaire du texte : L’acte est conclu par la signature de la plaignante et mandante, Marie de Brianson, des témoins et du notaire.

Compléments : La cause réelle du différend entre Marie de Brianson et son époux Antoine de Leobard nous échappe. La question de la religion se pose à l’époque. Une partie au moins de la famille Brianson est protestante ; la famille Durfort est protestante. Dans le texte ci-dessus, Marie demande un confesseur et la communion, ce qui semble plutôt conforme aux usages des catholiques. La désunion provient-elle de ces divergences ?

Marie ose acter en justice contre son mari. L’environnement « culturel » du catholicisme semble moins favorable à cette action que celui de la religion réformée qui accorde plus d’importance à l’individu et à son libre arbitre.

Quoiqu’il en soit, Marie de Brianson, à travers cet acte, donne une leçon de courage. Elle ose se lever contre celui à qui elle doit obéissance puisque c’est son époux en ce 17e siècle.

Doit-on voir là les progrès de l’humanisme, philosophie née des réflexions d’Erasme au siècle précédent ?

Le 16e siècle a aussi connu les publications d’un juriste, Seyssel, qui analyse le système monarchique. Les aristocrates sont un des deux contre-pouvoirs (avec les Etats Généraux) qui font barrage à la tyrannie possible d’un roi, c’est à dire l’usage de son pouvoir au-delà de la raison, et même le roi doit se soumettre à « la civilité de la loi » (cf. Histoire et Dictionnaire des guerres de religion).

Peut-on imaginer que ces réflexions n’imprègnent pas les consciences du milieu du 17e siècle ?

Depuis l’Antiquité la révolte devant les abus de pouvoir frappe les esprits. Albert Camus décrit même ce sursaut comme la caractéristique de l’être humain.

Au-delà des analyses qui nous permettent de mieux cerner le personnage de Marie de Brianson, ne boudons pas notre plaisir de voir qu’en 1640 une femme a su dire non.

Sources :

- AD de Dordogne (série 3E, bibliothèque) ;
- les Nobiliaires et Dictionnaires des Familles Anciennes de La Chesnaye-Desbois, Saint-Allais, Chaix d’Est-Ange, de Nadaud (pour le Limousin), d’O’Gilvy (pour la Guyenne) ;
- Armorial du Périgord d’Hubert Lamant ;
- « Histoire généalogique et chronologique de la Maison royal de France, des pairs ... des grands officiers de la couronne » du Père Anselme ;
- « Histoire du Quercy » de Guillaume Lacoste ;
- Bulletins de la Société Historique et Archéologique du Périgord ;
- « Turenne » par Les Amis de Turenne ;
- « Histoire et Dictionnaire des Guerres de Religion » par Arlette Jouanna, Jacqueline Boucher, Dominique Biloghi et Guy Le Thiec.

Notes

[1D’après Chaix d’Est-Ange les BRIANSON (ou BRIANÇON) font partie de l’ancienne noblesse du Périgord où, au début du 15e siècle, cette famille possédait un château de son nom dans la paroisse de Verteillac.

D’après O’Gilvy il pourrait s’agir d’une branche d’une famille de la noblesse du Dauphiné (Briançon) ou d’une famille noble de Bourgogne (Brancion)
On connait 2 branches en Périgord et Quercy : celle de Pierre, seigneur de La Mothe et de St. Martial. Son fils Arnaud, mort en 1638, choisit la religion réformée conservée par ses descendants. La branche cadette est celle qui prend l’orthographe Brianson, et possède des seigneuries en Périgord et en Quercy.

Cette Maison s’est exclusivement consacrée à la carrière des armes, nous précise O’Gilvy.

[2Les seigneurs de Durfort :
La Maison de DURFORT, vieille Maison de la chevalerie, est connue pour avoir eu, dès le 11e siècle, d’immenses possessions dans l’Agenais, le Quercy, et jusqu’à Narbonne. Elle a formé plusieurs branches dont les DURFORT-DURAS et les DURFORT-BOISSIERES. Ces derniers sont établis en Périgord et Quercy. (Armorial du Périgord, Hubert Lamant).

En 1438, Raymond Bernard, 4e du nom, issu des DURFORT-BOISSIERES, épouse Marguerite de Cazeton, héritière de son père, Fontanier, seigneur de Gourdon, Salviac et Léobard.

Un petit-fils, Jacques (époux en 2es noces en 1547 de Jeanne de Gontaut-Biron, sœur d’Armand, 1er maréchal de France), hérite des seigneuries de Gourdon et Salviac, un autre, Guyot son frère, de la seigneurie de Leobard qui se situe à proximité de Gourdon en Quercy, non loin de Sarlat. (Il s’agit en fait du partage, après longues négociations, de l’héritage de leur frère aîné, Brengon, mort au siège de Pavie en 1525).

Les deux seigneurs de Durfort cités dans l’acte pourraient être les petits-fils, l’un de Jacques, l’autre de Guyot.

Il existe en effet, dans la descendance de Guyot, un Antoine de Durfort seigneur de Leobard, maître de camp d’un régiment de cavalerie de son nom, gouverneur de Domme ; époux en 1res noces en 1612, de Catherine d’Albin de Valzergues, fille du sénéchal de Rouergue ; époux en 2es noces en 1629, de Madeleine de Cardaillac, fille de François Gilbert et de Madeleine de Bourbon-Malauze ; veuf en 1637.

Cependant, ni La Chesnaye-Desbois, ni Chaix d’Est-Ange n’indiquent, dans leur dictionnaire de la Noblesse, un 3e mariage.

Le descendant de Jacques, donc peut-être le seigneur de Gourdon de l’acte, pourrait être soit Jacques, 2e du nom, marié en 1600 à Jacqueline de Gimel, soit plus probablement le fils de celui-ci, Armand, marié en 1641 à Charlotte de Pompadour, puis en 1645 à Marie Silvestre de Cruci-Marcillac.

Sous Henri II, les DURFORT ont choisi la religion réformée.
D’après Nadaud (Nobiliaire du Limousin) Durfort est un fief mouvant de la vicomté de Turenne. Les seigneurs de Durfort sont proches du vicomte de Turenne.

Le vicomte de Turenne, Henri de La Tour d’Auvergne, ami et lieutenant du futur Henri IV, se convertit à la Réforme en 1574 ; Turenne devient une place forte réformée. Son fils Frédéric complote contre Richelieu et Louis XIII. Son second fils Henri de Turenne est le premier maréchal de France protestant ; il se convertit au catholicisme en 1668 ; brillant homme de guerre, il est pleuré à sa mort par Louis XIV. (cf. « Turenne », publié par Les Amis de Turenne à Brive).
Les DURFORT sont aussi très proches du futur Henri IV. L’épouse d’un DURFORT est dame de compagnie, et de confiance, de Marguerite de Valois, l’épouse du futur roi. Les DURFORT ne prennent pas part au complot de 1605 réunissant les amis du duc de Bouillon, vicomte de Turenne, contre Henri IV.
Les DURFORT reviennent au catholicisme en 1668.

Rappelons que la vicomté de Turenne s’étendait en partie sur le Limousin, le Périgord et le Quercy et que les terres nobles d’un seigneur n’étaient pas toujours, voire rarement, contigües en raison du jeu des apports en dot des femmes et des héritages des enfants. Un seigneur peut donc rendre hommage à un certain seigneur pour une terre et à un autre pour une autre terre … et voir des seigneurs lui rendre hommage pour d’autres terres encore. Cette organisation était si parfaitement claire pour tout le monde à l’époque, qu’on trouve des procès de contestation d’hommage : un seigneur déclare, pour une terre, que l’hommage doit lui être rendu à lui et non à cet autre qui le reçoit indûment depuis un certain temps. Je passe sur le fait que certaines terres du Haut-Quercy, d’abord rattachées à la juridiction du Parlement de Bordeaux puis à celle du Parlement de Toulouse, ont permis à leurs seigneurs quelques manœuvres juridiques dilatoires.

Pour brouiller encore notre perception des comportements des gentilshommes provinciaux entre eux, suivant, cette fois, leur appartenance religieuse, il faut savoir que : « ...les réseaux de parenté, d’amitié et de solidarité résistent souvent, surtout dans la France méridionale, à la déchirure religieuse … En 1580, par exemple, un lieutenant du roi de Navarre, Jean de Gontaut-Biron, baron de Salignac, fait tout ce qu’il peut pour protéger les biens de son parent l’évêque de Cahors lors de la prise de cette ville par l’armée huguenote. » (Histoire et dictionnaire des guerres de religion, d’Arlette Jouanna et autres).
Sachez que les GONTAUT-BIRON sont apparentés (par plusieurs mariages) aux DURFORT et qu’un DURFORT ( un Raymond Bernard) a plusieurs fois tenté de s’emparer de la ville de Cahors aux cours des affrontements entre Calvinistes et Catholiques de la fin du 16e siècle.

[3Le château de Leobard à côté de Gourdon. D’après M. Deslongchamps, responsable des archives à la mairie de Gourdon (46), M. Max Aussel, historiographe, Mme Annie Charnay, chartiste, tous passionnés entre autre par la région et l’histoire de Gourdon, le château de Leobard, n’existe plus. Il est fait mention dans certaines archives plutôt d’une maison forte que d’un château, qui se situait en face de l’église Ste. Magdelaine Leobard même.

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1 Message

  • 1640 à Sarlat, une femme se révolte 22 octobre 2011 23:59, par resneau suzanne

    j’ai dépouille les archives notariales de JOSNES 41 (fief protestant)déposées aux AD d’Orléans années 1612-1621 y figurent une trentaine d’actes de« foy et hommage » de Pierre de BEAUSNE sieur de la Nauze procureur recepteur de Jacques de DUREFORT chevalier et marquis de Duras seigneur chatelain veuf de Marie MONGOMMERY chatelaine de Lorges (41) pour leur fils Aldonce de DUREFORT

    Répondre à ce message

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