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Jeanne Clerec, la grand-mère de Sylvester Stallone : un destin Américain


jeudi 6 octobre 2011, par Jean Claude Bourgeois

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Cet article est publié avec l’aimable autorisation de l’auteur et du Centre Généalogique du Finistère (voir la présentation de l’association à la fin de l’article).

La Brestoise Jeanne CLEREC est la grand-mère de l’acteur américain Sylvester STALLONE.

Voici son histoire...

Le 29 juillet 1901 à 3 heures 45, au 67 de la rue de la mairie à Brest, Marie Pauline RODRIGUE, âgée de 23 ans accouche d’une petite fille, Jeanne Victoria Anne, fille de Louis Victor CLEREC, alors commis à la mairie de Brest.

Le papy ravi, Victor, ancien maréchal des logis chef dans la gendarmerie maritime, soldat héroïque qui a gagné sa médaille militaire, accompagne son fils pour faire la déclaration (AD 29 - Acte 990 - 1E226- vue 56/232)

Ses parents s’étaient mariés à Dinan, Côtes du Nord, le 12 mai 1900 (AD 22 - Acte 27 image : 110 / 172.).

Louis Victor CLEREC, alors archiviste à la mairie de Brest, né à Brest le 1er Avril 1877, fils de Victor et Marie CALONEC, a épousé, Marie Pauline RODRIGUE, née à Brest le 26 février 1878, et résidant à Dinan, chez ses parents, Jean Edouard Jacques RODRIGUE, gendarme maritime, né de père et mère inconnus, originaire de St Vaast dans la Manche, et Anne Marie CAVALAN son épouse, originaire de Pontrieux.

Le 19 janvier 1906, Jeanne a un petit frère, Victor Louis (AD 29 - Acte 84 - 1E235- vue 22/2).

Hélas, le 23 septembre 1918, Jeanne et son frère se retrouvent orphelins. Leur père, Victor Louis décède à Brest, laissant une famille modeste, pratiquement sans ressources. Il était encore jeune, 41 ans, s’était hissé au poste de chef de bureau à la Mairie, et habitait au 13 rue Diderot. Il ne semble pas être décédé des suites du conflit auquel il n’a pas participé. Alors ? Une des premières victimes de la grippe Espagnole ?

En cette fin du conflit de 14/18, s’était installé tout prés de chez eux, un gigantesque camp militaire américain à Pontanézen, à Lambézellec.

De Novembre 1917 à Novembre 1919 : 800 000 soldats ont débarqué à BREST.

Épidémie de 1918-1919 : Apparue en février 1918 en Chine (Canton), puis dans les camps militaires aux U.S.A, elle suivit l’armée américaine en Europe.

L’introduction en Europe par l’armée américaine a eu lieu à Bordeaux en avril 1918.

La 1° phase (été 1918) clouait le malade au lit 3 jours.

L’introduction de la 2e vague en Europe a eu lieu à Brest. Elle était caractérisée par un virus tuant 10 fois plus de personnes que la première vague et elle s’est rapidement étendue à l’Europe.

La 2° phase (automne 1918) et la 3° (janvier 1919) tuaient en 3 jours.

Au devant de ce flot kaki, il n’y pas que les « marchands » qui sont attirés. On note le développement considérable de la prostitution. En mai 1918, un arrêté municipal décide que toute femme surprise à rôder autour du camp sera considérée comme « femme de mauvaise vie et de mœurs ». (Source : WIki-Brest).

C’est donc à l’âge de 17 ans, que Jeanne perd son père, et reste seule au foyer, avec sa mère et son jeune frère, Victor Louis qui n’a que 12 ans.

Dans la France dévastée de l’après guerre, sans ressources, avec peu d’espoirs de trouver un mari rapidement (ils ont été décimés sur le front), elle rencontre un bel américain, de 25 ans, John Paul LABOFISH, qui présente bien, lieutenant de 1re classe dans la marine, alors sténotypiste au Navy Yard, au Ministère de la Guerre à Washington, qui passait par là alors qu’il ne l’avait pas voulu (voir sa fiche de recrutement)...

Comment se sont ils rencontrés ? Il a le coup de foudre, elle est belle, lui est un peu coincé chez sa mère, toujours est-il qu’ils se fiancent rapidement car il doit rentrer aux US.

Les biographies officielles des Stallone, décrivent Jeanne comme une « Parisian Socialite » c’est-à-dire une « femme du monde Parisienne ».

Les trois membres survivants de la famille CLEREC, décident alors de tenter la grande aventure aux Amériques et demandent leur passeport qui leur sera délivré début avril 1920 par le préfet.

Avec leurs économies, ils achètent 3 allers simples pour New York.

On les retrouve quelques jours plus tard à bord du paquebot La Touraine qui part du Havre et arrive à New York le 19 avril 1920. Elles ont 40 $ en poche.

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Paquebot Le Touraine
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Elis Island, l’arrivée des migrants

Jeanne déclare sur le manifeste comme « correspondant » en Amérique, John P. LABAFISH, fiancé, résident au 802 Kennedy Street à Washington.

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Jeanne CLEREC et John LABOFISH
Photo tirée de sa demande de passeport en 1923.

Sans tarder, ils se marient dès le lendemain, le 20 avril 1920 à Manhattan, New York, et rejoignent Washington où John va présenter sa famille à sa nouvelle épouse (ou l’inverse...).

Et là... C’est le CHOC ! Le troisième en un mois. Après celui de tout quitter pour partir, celui de la découverte de New York, et enfin celui de la découverte de la famille LABOFISH à Washington...

Cette famille juive originaire de Russie a fui les pogroms d’Odessa de 1886.

Les registres des recensements de 1900, 1910, 1920 et 1930 permettent de reconstituer son histoire. Elle est arrivée aux USA en 1888.

Charles Shashan LABOFITZ, né en avril 1861, probablement vers Odessa, y avait épousé en 1884, Rose RABINOVITCH (ou LEMLIC selon les sources).

En arrivant, ils avaient déjà deux jeunes enfants, William Harry, né le 20 décembre 1885 et Louis Willard né le 20 Novembre 1887 à Llinovitz au bord de la mer noire.

En Amérique, sont nés Lillian Ethel le 8 septembre 1895 et le petit dernier, John Paul, le 15 janvier 1896.

Installé à Washington, Charles ouvre une boutique de bicyclettes, puis de machines à écrire. Bon bricoleur, il perfectionne les machines et dépose des brevets qui lui assureront une certaine fortune, et écrit même un ouvrage « comment faire fortune en inventant » et se proclame « avocat ».

Vers 1917, il délaisse sa famille et épousera une jeune femme de 30 ans sa cadette, Mary Zimmerman.

Au recensement de 1920, juste avant l’arrivée de Jeanne CLEREC, Rose, 53 ans, se déclare « veuve » et vit avec 3 de ses enfants. Son fils aîné, déjà marié, vit dans la maison mitoyenne (Note : de plus longs développements sur la famille sont visibles sur le site du Forum CGF29, sous la rubrique « Généalogie Stallone »).

Rose accueille alors sa belle fille, mais elle ne parle que Yiddish, et sans doute quelques mots d’américain. La pauvre Jeanne s’installe dans la maison avec son nouveau mari John et cohabite avec la fratrie Labofish.

Le 29 novembre 1921, Jeanne donne le jour à sa première fille Jacqueline France LABOFISH (qui sera la mère de Sylvester Stallone), puis le 2 décembre 1922 à Madeleine Renée « Madely » Labofish.

Pendant ce temps là, à Brest, la grand-mère, Marie Perrine CALLONEC est décédée 6 mois après le départ de sa fille et ses petits enfants, le 24 octobre 1920, et le grand père, Victor, ce « héros » décoré, décède le 18 mai 1922.

Jeanne craque, ne supporte plus sa belle famille, et le 22 juin 1923, elle se rend au département d’État afin de demander un passeport pour revenir en France.

Elle déclare en toutes lettres, au bas de sa demande, comme motif du voyage : « To visit relatives and friends and perhaps to stay for several years. » ( Pour visiter la famille et les amis et peut être pour y rester plusieurs années.).

Elle embarque le 7 juillet 1923 de New York sur le paquebot President Roosevelt avec ses deux très jeunes filles, âgées de 18 mois et 8 mois.

À Brest, elle retrouve sa mère et son jeune frère, qui sont juste rentrés après près de 3 ans passés à Washington. Marie Pauline RODRIGUE avait épousé à Washington, Alexandre DELCOURT, originaire de Mons, en Belgique, qui avait aussi émigré aux USA en 1912, à l’âge de 51 ans, professeur de musique, et devenu 1er violon de l’orchestre de Washington.

Mais à Brest, sur un coup de tête, Jeanne, avec ses deux filles, décide finalement de rentrer le 23 octobre à New-York sur le même bateau, pour rejoindre le 1106 Jefferson Street à Washington où l’attend John.

Alors, après quelques temps de vie commune, Jeanne de nouveau plaque tout. Elle quitte sa belle famille, son mari et délaisse cette fois ses deux filles.

Au recensement de 1930, on retrouve John, célibataire, qui vit seul avec sa mère. Les deux petites, âgées de 7 et 8 ans, sont pensionnaires à l’Institution Méthodiste de Columbia.

Jeanne refera sa vie avec Clarence Winnerton HYER, né le 19 novembre 1908 et décédé en janvier 1975 à Keansburg, Monmouth, New Jersey, fils de William Renson et Mary Elysabeth OSTRANDER. Ils auront 6 enfants et une vingtaine de petits enfants.

Jeanne décédera le 4 février 1974 et sera enterrée à Keansburg avec son époux.

Son petit frère, Louis Victor CLEREC, né à Brest le 19 janvier 1906 et émigré aux États-Unis en 1920 avec sa sœur, est revenu en Europe avec sa mère.
Il épousera à Mons, en Belgique, Fernande Martha Paula COUWENBERG, le 12 août 1933, cousine de son nouveau beau-père. Entré aux Dames de France de Brest comme commis, il finira Directeur de magasins. Héroïque pendant le conflit de 39/45, couvert de décorations, il décédera au soleil de Nîmes dans le Gard, le 3 février 1984.

La suite de l’histoire, en particulier les pérégrinations de sa fille, Jacqueline LABOFISH-STALLONE, à Brest et en Russie est consultable sur le Forum des Généalogistes du Finistère, sous le sujet « Généalogie de Sylvester Stallone ».

Avis de recherche

De Novembre 1917 à Novembre 1919 : 800.000 soldats ont débarqué à BREST. Au 1er Novembre 1919 : 1.200.000 ont été rapatriés depuis l’armistice.
Il transitaient et séjournaient au camp de Pontanézen.
De nombreuses jeunes filles venaient travailler au camp, ou bien tourner autour de ces beaux militaires.
500 à 600 ont finit par convoler et sont parties vers l’Amérique, dont la grand mère de Stallone.
Philippe ABALAN tourne actuellement un documentaire sur ces américains et leurs conquêtes.
J’ai besoin de photos et témoignages sur ces émigrées.
Merci de me contacter (assez urgent) ....
Jean Claude BOURGEOIS
JCBO sur Génanet.

Sources :

- NMD Brest, Dinan et autres.
- Recensements du gouvernement US.
- Fiches Militaires US
- Index Sécurité Sociale US.
- Famille HYER, Famille CLEREC.
- Département d’État Washington.
- Manifestes des passagers débarquant à Ellis Island NY.
- Nombreux participants et animateurs du Forum.
- Hervé Baudy pour les recherches documentaires sur Brest.

Cet article est paru initialement dans la revue du Centre Généalogique du Finistère, Le Lien N° 113 de mars 2010.

Le Centre Généalogique du Finistère (CGF) a été créé en 1979.

Il est réparti en trois antennes (Brest, Morlaix et Quimper) avec des salles annexes au Relecq Kerhuon, Crozon et Moëlan sur Mer (voir Geneawiki pour les adresses et n° de tel éventuellement).

Avec ses 5807 en octobre 2001, le CGF est l’association généalogique la plus importante de France et même du monde francophone.

Nos bases :

- RECIF : Relevés Etat CIvil Finistérien. Elle dépasse les 7.300.000 relevés d’actes et va progresser en novembre prochain pour dépasser le seuil des 7.500.000 relevés. A noter, que nos relevés sont généralement très complets avec indication des mentions marginales, des parrains et marraines, parfois des témoins etc. Cette base est accessible par le système Généabank

- Base BAGAD : Base des Généalogies des Adhérents. Nous recevons les Gedcom des adhérents et les déposons dans cette base. Permet de détecter des cousinages. Base accessible uniquement par nos adhérents.

- Base HORSEC : Hors Etat Civil. Elle concerne des relevés faits par nos membres en dehors de l’état civil. On y trouve celle des bagnards de Brest, ou les relevés de toutes les victimes civiles et finistériennes des derniers conflits.
Base accessible uniquement par nos adhérents.

- Base des sabotiers de Bretagne : On y dépose tous les actes concernant des sabotiers sur la Bretagne. Cette base est accessible à tous, sans mot de passe.

-  Base des papetiers de Bretagne : idem à la précédente, mais concernant les papetiers. Base accessible uniquement par nos adhérents.

- Base des tutelles, curatelles, émancipation et décrets de mariage : Elle a démarré il y a un an environ et contient environ 8.000 relevés d’actes judiciaires.

Notre revue : Le Lien  : Elle est trimestrielle sur 80 pages en général, 60 pages d’articles et 20 pages dans un fascicule à part dénommé Cahier Bleu consacré à la vie de l’association. Elle est éditée sur papier couché (sauf le Cahier Bleu) et avec photos couleur. Nous essayons dans la mesure du possible pour tout article concernant un personnage d’y joindre sa généalogie.

Les 100 premiers numéros de la revue sont consultables sur Internet, avec recherche par mot. Très pratique pour retrouver des généalogies ou des articles anciens. Cette possibilité n’est offerte qu’à nos adhérents.

Forum : Le CGF a créé un forum qui est très actif, avec 5.000 membres.
Ce forum est scindé en diverses rubriques pour éviter les mélanges et se retrouver plus facilement.

Notre philosophie : Chez nous, à part le coût de l’adhésion annuelle, tout est gratuit. Nous ne vendons aucun relevé.

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