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Des bruits suspects dans la cure : une histoire de revenant en 1692


jeudi 9 février 2012, par Thierry Sabot

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Étrange histoire que cette mésaventure survenue au curé de la paroisse de Léaz dans l’Ain. Est-il victime de son imagination ou d’une blague de petits plaisantins ? Nul ne le sait et lui même n’écarte aucune hypothèse.

Ainsi au début de son récit, il suggère que ces phénomènes étranges seraient une manifestation du mécontentement de l’esprit de son défunt père. En effet, trop occupé par une surcharge de travail dans l’exercice de son ministère, notre curé aurait négligé ses prières pour le repos de l’âme de son paternel. Mais, à la fin de son texte, notre curé émet un doute sur le caractère surnaturel de ces bruits dérangeants. Ainsi, il envisage clairement la présence d’une personne cachée sous les combles de la cure. Pour ma part, je laisse le lecteur se faire sa propre opinion sur cette étrange histoire.

L’orthographe d’origine est respectée, par contre la disposition du texte est aérée pour faciliter la lecture.

Le 27 février mil six cent nonante deux, je soubsigné confesse et atteste quayant ensepulturé h[onora]ble Benoist Brunet, mon père, bourgeois de Montréal [1], le 5 may 1691, ayant satisfaict à tous les devoirs funéraux, mais comme il est morts beaucoup de personnes pendant la p[rese]nte année, et que ayant vouleu satisfaire à la dévotion des parents des defuncts, soit aux messes de fonda[ti]on, je nay peu appliquer tous mes sacrifices, d[on]t pour le repos de lame de mon père.

Cependant six semaines on a oüi un grand bruit dans lad[i]te cure presque toute les nuict et si vray que mes nepveux nosant couché seuls appelloient les voisins p[ou]r couché de compagnie avec eux qui ont eu part de la peur causée par le bruit et moy certifiant estant dans le lict, je me sentis roulé de part et dautre dans led[i]t lict comme lors quon excite un dormant p[ou]r leveillere.

Je criat : qui est la

Une voix me respond en langue vulgaire [2] : Il est jour

Je leve mon rideau et je respond : il n’est pas vray

Après quoy jentent un bruit tout le long de ma chambre comme si un avoit trainé un plain sac de bled. Je me leva promptement, je chercha partout, je ne trouve personne et cestoit laube du jour. A linstant jalla dire la s[ain]te messe p[ou]r mon d[i]t pere et comme mad[a]me Buffet vient a mourir, je feu occupé pendant une neufvaine de messes [3] p[ou]r elle. Et les bruits de lad[i]te cure saugmentoit led[i]t soir 27 dud[i]t fevrier.

Un mercredy des quattres temps [4] a neuf heures du soir pendant un temps de pluyes sans fins, venant de veoir un malade, le s[ieu]r Buffet de Lyon, p[ou]r la confession, estant entré dans mon d[i]t presbitaire et ayant fermé la porte a la clef par derriere et allumé la lampe p[ou]r faire ma priere, jentent un grand coup sur la planchié d’en haut en la chambre du dessus le pressoir, ou meme jentra, et soudain voyla un bruit si viollent que douze batteurs de bled nen auroient pas faict davantage. Le granie [5] me tomboit dessus de tout coté comme la grele.

Je crie : qui est la haut

Point de reponse. Je sort et passe par la grande chambre et entre dans la petite ou je couche. Led[i]t bruit continue.

Jecria plusieurs fois : qui est lâ haut, respondé, que voulé vous

Et il neut aucune responce. Je le presse et luy dict : respondé de la part de Dieu, que voulé vous

Et p[ou]r lors jent[end]ois une voix qui me respond d’un ton pitoyable : et dalent [6], hoy.

Je luy demande p[ou]r une seconde fois : est vous en peine

Il me respond p[ou]r la 2[de] fois : hoy

et pour la 3[iè]me : je vous promet pere que je prieray Dieu demain p[ou]r vous

Il me respond p[ou]r la derniere fois : hoy

et fit en mesme temps encor un bruit en se trainant par le dessus de la chambre. Et de peur que je ne feut trompé par quelqu’un, jalla moy mesme au galata [7] soit par dessus toute les chambres avec ma lampe allumée que je n’avois point quitté et chercha par tous les coins. Je ne trouva rien.

Tout le conteneu cy dessus est véritable sans adjout ny diminuer. C’est un homme de cinquante ans qui parle, p[re]tre et curé quine vouldroit pas conté des fables, et le lendemain, j’envoya prendre les p[re]tres du voysinage p[ou]r prier p[ou]r le respot de lame de mon d[i]t pere. Ensuite de quoy nous n’avons oüi aucun bruit. Je certifie par foy et serment quil est véritable, ce 29 février 1692. Brunet curé.

- Registre paroissial de Léaz (Ain), sépulture 1681-1697, vues 15, 16, 17, 18/24.

Note : Cette mention insolite est la seule rédigée par le curé Brunet dans les registres paroissiaux. Pour lui, en dehors de la rédaction des actes, la démarche d’écriture n’était pas donc d’un usage régulier. Sans doute est-il trop occupé par sa charge de travail. Mais il est évident que cette unique expression écrite a été dictée par la nature des faits et la stupéfaction éprouvées en de telles circonstances. On image sans peine son émoi en pareille situation.

Cet ouvrage, étude inédite, se propose de vous faire découvrir quelques-unes de ces mentions insolites et de vous en montrer la richesse historique et généalogique. Il répond à bien des questions au sujet de ces textes insolites qui parsèment les registres paroissiaux : Pourquoi certains curés notent des mentions insolites ? Que nous apprennent-elles sur la vie quotidienne de nos ancêtres ? Comment repérer, déchiffrer, transcrire et commenter ces témoignages du passé ? Comment les utiliser pour compléter notre généalogie et l’histoire de notre famille ou de notre village ?

Notes

[1Montréal-la-Cluse dans le département de l’Ain.

[2Dans un mélange de patois et de français.

[3C’est une période de neuf jours consécutifs pendant lesquels les fidèles font des actes de dévotion.

[4C’est la première semaine de Carême

[5Mot non identifié mais sans doute le grain

[6Quelle est la signification de cette expression ?

[7Le galetas est un logement situé sous les combles.

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30 Messages

  • Des bruits suspects dans la cure : une histoire de revenant en 1692 10 février 2012 12:20, par Michel Lebossé

    Nos ancêtres croyaient aux apparitions de revenants. Voici ce qu’a noté dans son journal un de mes ancêtres qui vivait en Normandie :

    APPARITIONS DE MORTS.

    Marie Levesque soeur de Charles Levesque dit mereliére, après avoir tourmenté pendant plusieurs jours sa niéce, Marie Le genissel fille de jean Le genissel demeurant à Meslay en St Fraimbault, lui apparut et lui parla peu de jours après sa mort et lui dit de faire des priéres pour elle, qu’elle lui marqua et qu’elle alloit en paradis ou elle prioit Dieu pour elle. Cette Marie Levesque avoit été grabataire pendant douze ans à la justiciére. Elle apparut l’an 1752.

    René Le terrier qui demeuroit à la besnardais après avoir tourmenté aussi Jean Le tissier son voisin à la maison blanche, pendant plusieurs jours jusqu’a ce qu’il eut été à confesse, puis un mardi matin cela le suivit en allant à Passais, sous la forme d’un pigeon blanc depuis la besnardais jusqu’a la croix d’épinard, viron un quart de lieue, puis il se transforma en sa propre forme et figure, lui disant, ne craignez point Jean Letissier, c’est moi René Terrier, je vous prie de me faire dire deux messes, une de privilége, et l’autre devant notre Dame de pitié, et de faire un tel voiage pour moi, puis cela disparut. Ce fut l’an 1753 ou viron en St Fraimbault.

    François Drault Drandais apparut et parla à la fille de son fils Drandais au petit memantel en St Fraimbault, après l’avoir bien importuné et tourmenté jusqu’à ce qu’il eut approché des sacremens.

    Marie Roger premiere femme de Guillaume Courteille fermier à la faverie en St Fraimbault, apparut et parla à Marie Martel servante de René Meslay a la faverie aussi, et lui dit qu’on lui fit dire deux messes devant l’autel de la Se Vierge et des paires de sept psaumes, et qu’elle s"en alloit en paradis car après plusieurs opportunitez et frequentations des sacremens, elle lui apparut et parla le 11 juin 1759 au dit lieu de la faverie en priant Dieu. Il y avait trois ans qu’elle etoit morte.

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    • Des bruits suspects dans la cure : une histoire de revenant en 1692 11 février 2012 19:04, par Colette Boulard

      M. Lebossé, pourriez-vous préciser dans quelle(s) communes ou paroisses de quel(s) département(s) se situent ces différentes situations ? certains noms me semblent bien familiers... En savoir un peu plus m’intéresse. Merci d’avance.
      C. Boulard

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      • Des bruits suspects dans la cure : une histoire de revenant en 1692 11 février 2012 22:08, par Michel Lebossé

        Cher Monsieur
        Ces faits sont relatés dans le journal d’un ancêtre direct Gabriel Lebossé (1677-1763) qui vivait à St Fraimbault dans l’Orne, à cette époque St Fraimbault sur Pisse.
        A votre disposition. M. Lebossé

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        • Des bruits suspects dans la cure : une histoire de revenant en 1692 12 février 2012 10:49, par Colette Boulard

          donc limite Mayenne / Orne, comme mes aïeux paternels, mais pour moi plus près de Carrouges. Je me demandais si vous n’évoquiez pas St Fraimbault des prières. Vous avez de la chance que votre aïeul ait pu écrire ses mémoires. Un lettré, à l’époque ce n’est pas le plus fréquent.Quelle était son statut social, son métier ? Votre arbre est sur Généanet ? Vous avez transcrit ses mémoires ? publié ?
          Je n’ai pas encore mis sur Généanet mon arbre, mais celui d’un ami, Daniel Pichereau, dont la famille est du pays de Pail. Sa maman est une Lebossé.
          cordialement,

          C.Boulard

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          • Des bruits suspects dans la cure : une histoire de revenant en 1692 12 février 2012 14:47, par Michel Lebossé

            Cet ancêtre Lebossé (Lebocé) avait fait ses études au collége de Ceaucé, jusqu’à la troisième. On le retrouve en 1700, précepteur des enfants de François AVRIL, seigneur de Pignerolles, Ecuyer du Roi en l’académie d’Angers.
            Puis,en 1702, suite à une épidémie de dysentrie, sa mère, sa soeur et son petit frère décédent. Il revient prendre la ferme familiale en tant que « Sieur de la Juliardère » et épouse Marie Julienne de HAREL avec laquelle il eut au moins 4 enfants.
            En dehors de manuscrits de ses livres de cours, de contrats, je n’ai qu’un fascicule de son « journal » entre 1755 et 1759 où il évoque la météorologie, et quelques faits concernant son village. Mon arbre est sur Généanet, mais je ne l’ai pas tenu à jour. Cordialement.

            Répondre à ce message

            • Mémoire de votre ancêtre Lebocé 2 juin 2012 10:43, par Paulmier Thomas

              Bonjour Monsieur Lebossé,

              Je suis un historien caennais qui étudie les évènements historiques de Normandie (démographie, société et climatiques). Pouvez-vous m’envoyer une copie des mémoires de votre ancêtre afin d’enrichir ma base de données afin de les étudier.

              D’avance merci,
              Thomas Paulmier

              Répondre à ce message

              • contact 9 avril 2013 07:17, par Artemisia Solo

                Bonjour Monsieur,

                je viens de voir votre post ( qui date maintenant de près d’un an !) sur histoire-genealogie, dans lequel vous dites que vous recherchez des informations sur la météorologie entre autres. J’ai des sources pour vous, merci de me contacter !

                Répondre à ce message

    • C’est génial d’avoir les écrits de votre ancêtre ! Peu de généalogistes peuvent se vanter d’en avoir autant...
      Je crois aux esprits, comme je crois à la vie après la mort. Souvent, les esprits tourmentés par leurs péchés, qui ont des choses à se reprocher, ou que les vivants éplorés et inconsolables retiennent sur terre, ne veulent pas aller vers la lumière et restent dans les lieux qui leur sont familiers... Mais, comme je crois en Dieu et donc au diable, il arrive aussi que ce soit des manifestations diaboliques. Mais ce curé a compris que c’était son père car il n’avait pas la conscience tranquille. Quelle expérience fabuleuse ! J’ai également entendu parler de morts qui apparaissaient aux vivants pour les réconforter.
      Quoi qu’il en soit, je suis très friande de ces histoires fantastiques !

      Répondre à ce message

  • Bonjour Thierry
    Histoire fantastique s’il en fut...
    par contre il y a une petite inversion dans le texte du curé (faute de frappe) vous avez écrit 1961 au lieu de 1691... ;o))
    Mes amitiés
    Mado

    Répondre à ce message

  • Vraiment très intrigant ce témoignage ! Je suis d’une nature scientifique mais le texte de ce prêtre transpire la sincérité, aucun doute sur le fait qu’il n’affabule pas.
    Seule explication rationnelle, une mauvaise farce ?
    Merci pour ce post qui laisse perplexe.

    Bruno Trichet

    Répondre à ce message

  • Granié : ne serait-ce pas du grain qui lui est tombé dessus ? « comme de la grêle »
    mais que veut dire « et dalent » ? = ai talent (j’ai faim en occitan, mais on est dans l’AIN).

    Répondre à ce message

    • Bonjour, je présume qu’il s’agit de « dolent » de dolor en latin, douleur, qui exprime la souffrance. A mon avis ce genre de témoignage n’est pas du tout réservé à cette époque ; encore aujourd’hui il y a de telles histoires, plus ou moins agitées ou bruyantes... d’âmes en peine qui se manifestent et réclament qu’on se préoccupe de leur salut. Curieusement, le curé relate le « bruit » de grain qui tombe, mais non la réalité du désordre que cela aurait dû occasionner.

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  • Très étrange en effet. Ce curé était manifestement très culpabilisé, ce qui le perturbait beaucoup...
    le granie (le granié) = le grenier, où l’on serre le grain (le blé)
    et dalent hoy = est dolent oui= il souffre oui

    merci pour cette anecdote très intéressante

    Alain BRET

    Répondre à ce message

  • bonjour Thierry,

    Curieuse histoire que celle de ce pauvre curé qui devait être terrorisé et de plus histoire non résolue.
    mais il est vrai que dans les campagnes il y a de nombreuses années les histoires de revenants allaient bon train.
    Intéressant
    Micheline Pasquet

    Répondre à ce message

    • Bien sûr que le pauvre curé devait être terrorisé, croyant peut-être lui-même aux revenants. Ces histoires ne sont en fait que de vilaines farces faites aux pauvres vieux. Je vais vous conter une histoire vraie que je tiens de ma mère née en 1911. Avec sa soeur, elles étaient chez leurs grands parents nés dans les années 1850. Elles étaient jeunes filles et, deux jeunes garçons du village venaient veiller, car il n’était pas d’usage d’aller trainer dehors avec les garçons. La lumière éclairant la pièce - nous sommes en 1925 - n’était qu’une lampe à pétrole éclairant tout juste les assiettes. Les garçons savaient que les « pauvres vieux » croyaient aux revenants. Ils décidèrent donc de faire une farce. Ils avaient apporté de la ficelle qu’ils attachèrent au pied de la table, et la déroulèrent en s’en allant. Quand tout fût éteint, ils tirèrent doucement la table qui fit entendre un drôle de bruit, surtout avec les casseroles restées dessus.Les jeunes filles ne savaient rien et tous étaient terrorisés et cacher sous l’édredon. Ils ne découvrirent la cause du bruit que le lendemain en voyant la ficelle, mais ils eurent bien peur !

      Répondre à ce message

  • le mot inconnu (5) ne serait-il pas pour exprimer la faim ?

    anne

    Répondre à ce message

  • Bonjour Thierry
    Vos découvertes dans des archives sont toujours super interessantes.
    Ce qui attire mon attention cette fois çi, c´est que bien sûr le français employé est ancien, mais je ne savais pas que jadis il était employé nonante ou septente pour 90 ou 70. Je pensais que ce n´était employé que par les belges et les suisses ! Quelqu´un a une idée de quand ces mots ont été abandonnés.
    Merci Thierry pour vos histoires
    Michelle

    Répondre à ce message

    • Dans les actes de baptême, mariage religieux et inhumation de certaints de mes ancêtres, le prêtre utilise les « settante » et « nonente ». Ces actes datent de la deuxième moitié du XV ème siècle et se situent dans la Marne.

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    • Des bruits suspects dans la cure : une histoire de revenant en 1692 14 février 2012 06:11, par Roger Saumitou

      Septante, nonante. Ces nombres se retrouvent dans des actes du 18e siecle en Agenais. En occitan ils sont toujours employés, même huitante pour 80. De ce que j’ai retenu de mes études (primaires) et de mes nombreuses lectures, il semblerait que ce soit Louis XIV qui ait instauré les formules habituelles : soixante dix, quatrevingt, quatrevingt dix. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué.
      Notre ami Thierry n’a plus qu’à rechercher si cela est vrai.
      Généalogiquement, R.S

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      • à propos de septante et soixante-dix 17 mars 2012 06:38, par Bleizmor

        I) Système décimal (« base 10 ») issu du latin : trente, quarante, cinquante, soixante, septante, octante, nonante (tel qu’utilisé en Belgique et Suisse francophones, dans les « langues soeurs » que sont l’italien et l’espagnol, en Acadie, et encore dans le parler local de certaines régions françaises)

        II) Système vicésimal (« base 20 ») issu probablement du celte : 30 = vingts et dix, 40 = deux-vingts, 50 = deux-vingts et dix , 60 = trois-vingts ... etc. - voir « l’hôpital des Quinze-vingts ». Il nous en reste actuellement le 80 = quatre-vingt.

        III) Système mixte - le « parler français » actuel où l’on mélange allègrement les deux systèmes de base. Ce qui nous fait dire : soixante (et non trois-vingt) , mais quatre-vingt-dix (et non nonante)
        C’est absurde.

        En toute logique nous devrions bien dire : septante, octante et nonante pour 70, 80 et 90.

        Et j’aime beaucoup Philippe Meyer, dans son émission « Je vous le chanterai » sur France Inter, qui utilise régulièrement cette manière - encore une fois absolument logique - de compter.

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  • Le récit de ce pauvre curé est étonnant. On voit qu’il est très inquiet.
    En dehors de actes ,c’est aussi le genre d’article que l’on aimerai découvrir en étudiant les registre paroissiaux.
    Merci de nous en faire profiter.
    Patrice Beroud

    Répondre à ce message

  • Merci à Thierry Sabot pour ce récit très intéressant. Quand nous dépouillons les registres paroissiaux et notariés, nous nous transportons dans le temps de nos ancêtres. Avec de tels récits, nous y sommes vraiment, nous sommes au milieu d’eux.
    De tels faits ne sont pas étonnants mais courants. Il y a bien une autre vie, un autre monde et des âmes qui se manifestent avec plus ou moins de bonnes intentions (voir l’exorcisme du Pape Léon XIII).

    Merci à Michel Lebossé dont je suis les travaux avec grand intérêt sur Généanet pour ce récit d’un fait qui s’est déroulé dans notre région.

    Et bien sûr, merci à Généanet.

    Alain Ruault du Plessis Vaidière, originaire de la Vaidière en Saint Mars d’Egrenne (61).

    Répondre à ce message

  • Des bruits suspects dans la cure : une histoire de revenant en 1692 13 octobre 2012 20:37, par Cédric Mottier

    Bonsoir à toutes et tous,

    Je prends connaissance seulement aujourd’hui de la communication de T. Sabot ; il se trouve que j’étudie la famille Brunet depuis un certain temps et que, précisément, je me suis intéressé à ce curé de Léaz, Claude-Anthoine Brunet ; j’avais eu connaissance de sa « mésaventure » grâce à un ouvrage consacré à Léaz, publié au début années 1970 par un lointain successuer de Brunet à la cure de Léaz, le père Laubépin. Il résulte de mon étude un article qui paraîtra sous peu (de l’ordre de quelques semaines) dans la revue Les Nouvelles Annales de l’Ain, publiée par la société d’Emulation :

    http://nobilitas-quid-est.com/mes_p...

    + autres articles déjà parus sur cette famille Brunet toujours riche de découverte :

    http://www.nobilitas-quid-est.com/o...

    Ce que je peux dire, de mon point de vue d’historien, c’est que le contexte des années 1690 est nettement mortifère (épidémies) ; son état de prêtre (meilleures conditions matérielles) permet probablement à Claude-Anthoine Brunet de survivre et vivre longtemps, ce qui n’est pas le cas de la plupart de ses frères, soeurs, nièces ..., issus d’un milieu modeste et frappés tôt par la maladie. Cette hantise : forme de culpabilité ? Celle d’avoir survécu ? Socialement et biologiquement ?

    Toutefois, ces faits allaient de soi et étaient en tous cas admis par les voisins, qui vinrent coucher avec les neveux de Brunet à la cure, et les prêtres du voisinage qui vinrent finalement à son invitation, prier pour le repos de l’âme de son père ; enfin, Brunet les a relaté dans le registre paroissial, seul registre officiel d’etat civil alors, contrôlé par les autorités judiciaires royales !

    Sans pouvoir me prononcer sur la nature de ces faits, Brunet, son entourage et les habitants de Léaz semblent en tout cas bien les avoir vécu !

    Cordialement

    Cédric Mottier,
    historien-chercheur

    Voir en ligne : http://www-nobilitas-quid-est.com

    Répondre à ce message

  • j’ai vécu et travaillé longtemps en Savoie et hte Savoie et je peux vous dire que le galetas est en patois le grenier, c’est le même nom utilisé dans cette région de l’Ain.

    très belle histoire, merci de l’avoir transcrite sur ce site.

    cordialement, Claude

    Répondre à ce message

  • Le granié. Je pense qu’il s’agit de la balle des grains de blé ou d’autres céréales. La balle étant l’enveloppe de ces grains. Elle est séparée lors du vannage ou du battage.
    Lors de la restauration d’une ancienne fermette, en Normandie, j’ai trouvé une épaisseur de balle de 20 cm environ, utilisée en qualité d’isolant, entre le plafond des pièces du rez de chaussée et le plancher du grenier.

    Répondre à ce message

  • L’interprétation de« et dalent » comme étant
    « est dolent » :il souffre, est très convaincante.

    Répondre à ce message

  • Bonjour,
    Dans le dictionnaire Godefroy (micmap.org/dicfro/aller-page/dictionnaire-godefroy/ - Dictionnaire de l’ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècles), « Dalent » pas de réponse. On trouve « Dales », préposition, à côté de, le long de… « Ci dales », ici près. Vol. 3, p. 3. ; « Granie », petit grain Vol. 4, p. 336. « Hoy », aujourd’hui en Espagnol.
    Cordialement,
    DN

    Répondre à ce message

  • Utilisation des septante, octante et nonante 17 mars 2013 12:23, par bernardmicheld

    Pour l’utilisation des septante, octante et nonante je puis dire que dans les années 59/60, j’ai travaillé au P.M.U. à Lyon.Nous centralisions les comptes d’une Zône correspondant à la région Rhône -Alpes, jusqu’à la frontière suisse. Nous recevions les chiffres de tous les bureaux et avions très peu de temps pour les transmettre à Paris pour le calcul des des rapports.Et tout se faisait à la main !

    On n’épelait pas des soixante dix etc... mais utilisions les septante octante nonante car le temps de dire un chiffre, celui qui prenait la dictée avait déjà mis un six pour les soixante dix etc... d’où rature, perte de temps, et perte de lisibilité.

    C’est là que j’ai appris que pour compter vite et sûr, la fantaisie était à proscrire : pas de 5 d’épiciers ce s peu sinueux, les 3 trop^fermé que l’on peut prendre pour des 8 etc... Et nous avions des champions : je me souviens d’une fille qui battait à plate couture toutes les secrétaires avec leur machine : elle additionnait deux colonnes à la fois !

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