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Qui est le père de cet enfant illégitime ?


jeudi 20 juin 2013, par Thierry Sabot

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Au grand émoi du curé, voici la mention d’une naissance illégitime trouvée dans le registre paroissial d’un village du Dauphiné. Comme souvent en présence d’un tel acte, une question se pose : qui est le père de cet enfant ? Est-ce le maître de la domestique ou un marchand itinérant comme le suggère le déclarant, peut-être trop content et trop pressé de porter les soupçons sur un autre, un inconnu absent de la paroisse ?

Le neuvième avril mille sept cent soixante dix, Pierre Bernard est venu à 8 heures du matin à la cure pour me dire qu’Anne Jallifier sa servante avait accouché d’un fils. Epouvanté de cette nouvelle scandaleuse, je lui ay demandé tout de suite qui en était le père. Pourquoi il ne m’avait pas donné connaissance de cette grossesse et si la malheureuse avait fait une déclaration, lequel m’a répondu en présence de Marie Fay et de Dominique Bouchet demeurantes dans la maison curiale qu’il croyait qu’il appartenait à un vendeur d’orvietan (voir ci-dessous) qu’il ne s’était pas aperçu qu’elle fut enceinte et qu’elle n’avait point fait de déclaration. Il m’ajouta que l’enfant était dangereux de mourir, en conséquence demi heure après Magdelaine Maillet femme de Jacques Fanjat qui a été témoin de l’accouchement, la femme de Barthélémy Durand qui a fait fonction de femme sage au baptème [1] et la femme de Pierre Bernard ont apporté l’enfant pour le baptiser et m’ont tenu le même langage que dessus. Attendu le péril de mort j’ai donné l’eau et ensuite supplée les cérémonies de baptême à Antoine né depuis six heures et demie du même matin, fils je ne scay de qui et par conséquent illégitime ainsi qu’il résulte du verbal ci-dessus. Et d’Anne Jallifier servante dudit Pierre Bernard. Son parrain a été Antoine Bernard fils aud Pierre, sa marraine Magdelaine Maillet femme de Jacques Fanjat. Ont été présents Jacques Fanjat, Joseph Chan (?), Claude Chapaix fils à Jean et Joseph Durand domestiques tous habitants cette paroisse témoins requis et illitérés ainsi le certifie.
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Un vendeur d’orvietan
Selon Wikipédia, "l’orviétan est un faux antidote des XVIIe et XVIIIe siècles. Médicament de rencontre resté fameux dans les fastes du charlatanisme médical, l’orviétan était dû, dit-on, à l’imagination d’un certain Jérôme Ferrante, natif d’Orvieto, d’où il tira son nom, et depuis son origine jusque vers la fin du xviiie siècle, il fut apporté en France en 1647 par un autre natif d’Orvieto du nom de Christoforo Contugi, qui se fit d’abord appeler Lorvietano, puis Lorviétan ou l’Orviétan. L’apothicaire Pierre Pomel écrit en 1694 dans son Histoire des drogues : « L’orviétan étoit commun à Rome depuis longtemps, et c’est de là que le faisoient venir les épiciers avant que le sieur Contugi eût obtenu du Roi la permission de le débiter publiquement. » (merci à Pierre Boiton pour la transcription de ce passage difficile à lire et à interpréter).

La naissance de cet enfant est suivie quelques jours après par la déclaration de son décès :

Le 16 avril 1770 j’ai ensevely Antoine fils illégitime d’Anne Jallifier et d’un père inconnu lequel est décédé le jour précédant âgé de six jours en présence d’Antoine Bernard fils à Pierre et de Pierre Gautier lequel a signé avec nous non le dit Bernard pouvant ne scavoir.

Source : Registre paroissial de Pariset/Pariset, baptêmes, mariages,sépultures. Coll. départementale, 9NUM/5E486/31737-1792, vues 94-95/143.

Notes : Selon les historiens (cf. A. Burguière et P. Ariès) l’enfant illégitime [2] est plutôt rare sous l’Ancien régime, mais nous pouvons évaluer sa présence à travers les déclarations de grossesse (voir ci-dessous) et les actes de baptême des registres paroissiaux ou, en signe de réprobation, les curés notaient parfois ces actes à l’envers dans le registre.

C’est par l’édit de février 1556 que la législation royale recommande aux femmes célibataires « ayant conçu enfants par moyens déshonnêtes » de déclarer leur état afin d’échapper ultérieurement aux présomptions d’infanticide ou d’abandon d’enfant (voir l’encadré ci-dessous).

Qui étaient les déclarantes ? Le plus souvent, il s’agissait de filles célibataires, mineures, analphabètes, parfois de jeunes orphelines ou de jeunes veuves, de milieux sociaux très modestes, souvent employées comme ouvrières ou comme domestiques, déracinées et placées loin de leur famille et de leur paroisse d’origine. Selon François Lebrun, il s’agit « généralement d’une fille bernée par un homme qui lui a promis le mariage pour arriver à ses fins et l’a abandonnée ensuite ».

Mais à qui devaient-elles faire leur déclaration ? La loi reste floue sur cette question, aussi, selon les régions et les époques, les femmes enceintes s’adressaient, selon les situations, aux curés, aux lieutenants des baillis ou sénéchaux, aux notaires, aux procureurs fiscaux, aux greffiers, aux consuls ou échevins...

Qui étaient les pères putatifs de ces enfants ? Il peut s’agir de notables de la paroisse (nobles, bourgeois, maîtres négociants ou manufacturiers...), souvent du chef de famille qui emploie la future mère ou d’un compagnon de travail du même milieu social, notamment un domestique homme employé dans la même maison (En ville, à Nantes, entre 1726 et 1766, sur 200 domestiques hommes mis en cause par une déclaration, 158 le sont par une fille elle-même domestique).

Repères chronologiques :

La législation royale sur les naissances illégitimes

En 1556, l’infanticide et l’avortement sont assimilés à un homicide et un édit déclare coupable et passible de la peine de mort la mère célibataire qui n’aurait pas antérieurement déclaré sa grossesse ou son accouchement au curé ou à un juge. De simples témoignages suffiront pour condamner la fautive. Son enfant sera privé du baptême et de la sépulture chrétienne. Un autre but de l’édit est de permettre l’identification du père afin qu’il puisse assumer sa charge. Cet édit est lu quatre fois l’an au prône de la messe paroissiale (cf. les déclarations de grossesses dans les séries B et U des AD) (cf. 1586). Un autre édit de 1556 déshérite et met hors la loi les enfants de la haute noblesse qui se marient sans le consentement de leurs parents (mariages clandestins). Puis, en 1557, une ordonnance condamne à mort les coupables de «  rapt de séduction  ». Enfin, les hommes âgés de moins de 30 ans et les femmes âgées de moins de 25 ans qui auraient contracté des unions clandestines peuvent être déshérités.

En 1586, l’édit de 1556 sur les déclarations de grossesses est renouvelé (cf. les déclarations de grossesses dans les séries B et U des AD).

En 1708, le roi rappelle l’obligation de déclaration de grossesse pour les filles non mariées ou veuves. À cette occasion, l’édit de 1556 est à nouveau lu au prône de la messe paroissiale (cf. 1740).

En mai 1740, l’édit de 1556 est à nouveau lu au prône de la messe paroissiale (cf. 1708). Ces multiples lectures de l’édit montrent que son application était peu suivie dans le Royaume.

En 1750, l’article 1 d’un Projet de règlement pour éviter qu’on n’expose, dans la ville et juridiction d’Agen, aucuns enfants, bâtards ni légitimes concerne les femmes enceintes : « ...Toute fille ou veuve enceinte sera tenue, aux termes portés par les ordonnances, d’aller devant les juges de police de son domicile faire sa déclaration de grossesse et donner en même temps auxdits juges le nom, qualité et demeure de celui qu’elle accusera de sa grossesse, laquelle déclaration, affirmée par serment, sera inscrite sur le champ, par ledit juge, dans un registre particulier et d’elle signé, si elle sait, sinon en sera fait mention... ».

En 1772, un décret prescrit la tenue de registres des déclarations de grossesses (série B des AD).

D’après Contexte :
- Thierry Sabot, Contexte, guide chrono-thématique, Editions Thisa, 2012.

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Notes

[1Jugeant le nouveau-né en danger de mort, la sage-femme l’a ondoyé : elle a pratiqué un baptême en urgence en lui versant de l’eau sur la tête et en prononçant la formule consacrée du baptême. Puis, l’enfant étant encore vivant, elle et les autres témoins ont porté le nouveau-né à l’église afin que le curé complète la cérémonie.

[2Un enfant conçu dans le cadre d’une relation adultérine, en dehors des liens du mariage.

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22 Messages

  • Qui est le père de cet enfant illégitime ? 21 juin 2013 10:40, par le coat

    Bonjour,
    se pourrait-il qu’« orietan » soit un terme générique utilisé pour désigner un marchand ambulant suivant l’idée que l’on peut se faire en lisant cet extrait :
    ....les passans Orietan est une viHe où abordent un grand nombre de Marchands de plusieurs endroits des Inde & même de la Chine & du Japon Elle est la Capitale d une des douze Provinces dont le Roi établit le.....

    d’après le lien ci-dessous

    Histoire universelle, depuis le commencement du monde jusqu’à présent - Volume 19 - Page 170 - Résultats Google Recherche de Livres
    books.google.fr/books ?id=6ydKAAAAcAAJ
    1762

    cordialement

    Répondre à ce message

  • Qui est le père de cet enfant illégitime ? 21 juin 2013 11:09, par Pierre BOITON

    Marchand d’orvietan
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Orvi%C...

    L’orviétan est un faux antidote des xviie et xviiie siècles.
    Médicament de rencontre resté fameux dans les fastes du charlatanisme médical, l’orviétan était dû, dit-on, à l’imagination d’un certain Jérôme Ferrante, natif d’Orvieto, d’où il tira son nom, et depuis son origine jusque vers la fin du xviiie siècle, il fut apporté en France en 1647 par un autre natif d’Orvieto du nom de Christoforo Contugi, qui se fit d’abord appeler Lorvietano, puis Lorviétan ou l’Orviétan. L’apothicaire Pierre Pomel écrit en 1694 dans son Histoire des drogues : « L’orviétan étoit commun à Rome depuis longtemps, et c’est de là que le faisoient venir les épiciers avant que le sieur Contugi eût obtenu du Roi la permission de le débiter publiquement. »

    De passage et vaguement dealer ! tout pour plaire le père suggéré ou supposé...

    A t elle eu d’autres enfants naturels cette jeune femme ?

    Bonnes recherches

    Pierre BOITON

    Répondre à ce message

    • Qui est le père de cet enfant illégitime ? 21 juin 2013 11:23, par Thierry Sabot

      Bonjour et merci Pierre pour la transcription de ce mot. Je n’avais jamais entendu parler de ce fameux « médicament ». Je vais ajouter l’extrait de Wikipédia sous la photo.

      En fait, je n’ai pas cherché d’autres enfants à cette femme. Mais il est vrai que sa destinée serait sans doute intéressante à suivre...

      Amicalement,

      TS

      Répondre à ce message

      • Qui est le père de cet enfant illégitime ? 22 juin 2013 07:44, par Pierre BOITON

        Anne JALLIFIER redevient peut être honnête trois mois plus tard....


        Contrat de mariage de BUISS0N Antoine et JALLIFER Anne 1e 15-07-1770 chez JULLIEN Jacques GREN0BLE


        Fi1iation époux : fs Etienne (+) x ARNAUD Anne (+)
        0rigine époux : Grenob1e
        Fi1iation épouse : fa Jean (+) x BERARD Louise (+)
        0rigine épouse : Sassenage

        0bservations :

        3E 1105/2 n°299, veuf Jeanne BERENGER.

        *** Source : re1evés informatisés du Centre Généa1ogique du Dauphiné ***
        *** Internet : http:\\www.cgdauphine.org


        Mariage de BUISS0N Antoine et JALLIFIER Anne 1e 17-07-1770 à GREN0BLE St Joseph XVIIIe


        Fi1iation époux : fs Etienne (+) x ARNAUD Anne (+)
        Fi1iation épouse : fa Jean (+) x BERARD Louise (+)

        0bservations :

        Veuf Jeanne BRUN

        *** Source : re1evés informatisés du Centre Généa1ogique du Dauphiné ***
        *** Internet : http:\\www.cgdauphine.org

        Le mariage religieux (vue 15 collection dépatementale) ne donne pas d’infos particulières. Il faudrait pouvoir jeter un oeil au CM (profession et domicile de Anne JALLIFIER).

        Bonne fin de semaine

        Pierre BOITON

        Répondre à ce message

  • Qui est le père de cet enfant illégitime ? 21 juin 2013 16:03, par Hélène LEBOEUF

    L’enfant a reçu, à son baptême, le même prénom que celui de son parrain, Antoine. Le parrain, Antoine Bernard, était le fils de Pierre Bernard, qui était le patron de la mère du petit Antoine. Antoine, fils de Pierre Bernard, était d’âge à être parrain, peut-être qu’il était AUSSI D’ÂGE à en être le père. Pourquoi pas n’était-il pas le père de l’enfant ? Et sa façon, à lui, de le reconnaître, ne pouvant faire plus, (pressions familiales peut-être) ça été d’être son parrain et qu’il soit baptisé de son prénom.

    Répondre à ce message

    • Qui est le père de cet enfant illégitime ? 2 juillet 2013 16:18, par Georges CHAVAGNAC

      Bonjour,

      Je suis tout à fait de votre avis. C’est souvent le substitut, ici le parrain qui donne son prénom et c’est une indication très pertinente, car dans le cas contraire, souvent la domestique était renvoyée ayant jeté l’opprobre sur la maisonnée. On ne peut être vraiment affirmatif,le doute subsiste,mais il y a des présomptions très fortes puisque malgré le « déshonneur » ils gardent la domestique.
      Georges

      Répondre à ce message

  • Qui est le père de cet enfant illégitime ? 21 juin 2013 18:38, par marie-edmee dugourd

    j’ai maintenant presque 19000 personnes dans mon arbre qui a comme regions:cantal,rhone,provence(marseille,avignon)la vendée et loire -atlantique,charent-maritime,charente,et les naissances illegitimes n’etaient pas si rares !et quasi aucun des curé que j’ai lu n’en paraissaient « epouvantés »,ce qui m’a surprise et agreablement !et assez souvent,c’etait le père de la fautive qui cherchait le bapteme ou plus tard declarait la naissance en donnant son propre patronyme !il y donc de grandes diversités de traitement de ce type de naissance,mais j’ai assez souvent vu la mention de la declaration de grossesse !

    Répondre à ce message

    • Qui est le père de cet enfant illégitime ? 22 juin 2013 12:39, par Michèle BEAURAIN

      Je suis tout à fait d’accord avec le message de Marie-Edmée. Je n’ai pas étudié les mêmes régions et moi non plus je n’ai pratiquement jamais rencontré de curé « épouvanté » à part, peur-être, en Bretagne ou quelques-uns n’écrivent pas « enfant illégitime » mais « bâtard ». En Flandre, l’enfant illégitime est presque toujours reconnu par son père et il n’est pas rare qu’il soit élevé dans la famille de celui-ci. Un cas m’a particulièrement intéressé. C’est celui d’un couple marié depuis 12 ans et sans enfant. En 1753, le mari, chirurgien, reconnait l’enfant né d’une jeune fille célibataire. Cet enfant sera élevé par le couple (cela se remarque par les témoins au moment du mariage de cet enfant, et du décès du couple) et ce couple n’aura pas d’autre enfant. Faut-il y voir une adoption déguisée ou une mère porteuse avant l’heure ? Si l’on ajoute que la femme avait un cousin curé dans un village voisin et que l’enfant, une fille, épousera le neveu de sa belle-mère, on peut tout imaginer. Nos ancêtres n’avaient donc pas l’esprit aussi étroit qu’on semble souvent le penser, même les curés !

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  • Qui est le père de cet enfant illégitime ? 22 juin 2013 09:18, par Daniel Panier

    Avoir comme père un charlatan, n’est pas valorisant.
    La sage femme a eu la bonne idée d’administrer le baptême
    à cet enfants.

    Répondre à ce message

  • Qui est le père de cet enfant illégitime ? 22 juin 2013 10:39, par Le Comte Guy

    Et si le père était Antoine Buisson. Il serait peut-être intéressant de voir depuis quand il est veuf et ensuite évidemment de voir si le mariage Buisson- Jallifer a eu d’autres enfants...

    Les enfants illégitimes pas si rares en Suisse romande portent souvent le prénom de leur père

    Répondre à ce message

  • Qui est le père de cet enfant illégitime ? 22 juin 2013 11:16, par CAPALDI

    Un enfant né en 1687 non Mariés Regularisation en 1688 ?
    http://www.geneanet.org/forum/index...

    j’ai à peu prés la même histoire sauf que le curé connait le responsable « pour ses oeuvres » et reconnait le pére au décés ;je n’ai pas retrouvé de mariage ou de regularisation .
    Il y a eu un autre enfant du même couple je n’ai rien trouvé (changement de commune ?).
    si vous avez une idée ?

    Répondre à ce message

  • Qui est le père de cet enfant illégitime ? 22 juin 2013 21:44, par Seyral Fossard

    Je suis dans la même situation Mon GP paternel et né de
    Jeanne Seyral en 1867 Labachellerie 24 baptise en 1867 à
    Montignac 24 Parrain Antoine Lachaud et de Pere inconnu
    Je cherche qui pourrait etre ce Pere

    Répondre à ce message

  • Qui est le père de cet enfant illégitime ? 23 juin 2013 10:04, par Françoise GUILLAUME

    J’ai trouvé un « MARIAGE IMPOSE » le 4.7.1768 à Maure de Bretagne :
    "Jean Baptiste Constantin surnommé L’Eveillé nègre du pays de Coueda en Afrique, esclave d’écuyer François Marie Constantin Henry Charles Le Meunier Des Graviers, baptisé a l’église de la paroisse du Port St-Père, diocèse de Nantes l’onzième may mil sept cens quarante un, demeurant à la maison du Bois Bastet chez madame Dumoulin son nègre, majeur de vingt cinq ans* d’une part
    et Jeanne Orain fille de Joseph Orain et Jeanne Giquel de Cambaras d’autre part
    après une injonction à nous faite par le Parlement de Rennes de procéder à la célébration de leur mariage telle qu’elle est référée dans l’acte de fiançailles et attachée au registre..."

    * il a plutôt 47 ans car son baptème en 1741 indique « environ 20 ans ».
    La jeune épousée qui a 27 ans (née le 6.3.1741), accouche quelques semaines plus tard, le 25.8.1768.
    Contactez-moi sur fguillaume@club-internet.fr si vous voulez en savoir plus.

    Répondre à ce message

    • Qui est le père de cet enfant illégitime ? 7 septembre 2013 23:13, par Jean-François FONCIN

      « majeur de vingt cinq ans » ne signifie pas qu’il est majeur et qu’il a vingt cinq ans, mais que son âge est de plus (majeur avec le sens du latin major = plus grand) de vingt cinq ans. Cet âge était, sous l’Ancien Régime et aussi sous le Code Napoléon, celui de la majorité matrimoniale, après lequel l’autorisation paternelle n’était plus nécessaire pour se marier, d’où cette mention dans l’acte de mariage. Dans l’usage actuel, « majeur » est une ellipse pour « majeur de 18 ans ».

      Répondre à ce message

  • Qui est le père de cet enfant illégitime ? 24 juin 2013 22:57, par Solange JACQUES

    Bonsoir,
    Comme Marie-Edmée et Michèle je ne suis pas tout à fait d’accord avec un certain nombre de conclusions de cet article. Je suis « plongée » dans les registres paroissiaux de la Gironde et du Lot et Garonne depuis pas mal d’années...et les enfants illégitimes sont présents partout, régulièrement et les curés ne semblent pas du tout « épouvantés » ! ... En ce qui concerne mes recherches, il s’agit essentiellement du monde rural... C’est un phénomène qui m’intéresse puisque bien évidemment j’ai 3 aïeux issus de cette « illégitimité ».
    Et il est vrai que les cas de figures sont trés divers... Le cas le plus extrême que j’ai trouvé : c’est l’union en )1791, à Meilhan (47) d’un couple qui en profite pour reconnaître leurs ...5 enfants !
    Pour ce qui est de mes aïeules : une a eu 2 garçons nés de « père inconnu » et vivait avec ses parents. Une autre a eu 3 enfants illégitimes. Elle vivait également avec ses parents, puis est restée avec une de ses filles lors du mariage de cette dernière.
    Quant à la 3e aïeule, le blocage est total puisqu’elle est une « enfant trouvée » déposée à l’hospice.
    En tout état de cause j’ai remarqué qu’il était fréquent que les « filles-mères » aient plusieurs enfants, et restaient dans le village... Finalement...mais je me garde bien d’en faire une généralité... la « tolérance » existait !

    Répondre à ce message

    • Qui est le père de cet enfant illégitime ? 20 juillet 2013 11:49, par STRUCK

      plus près de nous, mon AGPpaternel s’est marié en 1890 en reconnaissant ses 5 premiers enfants et en a eu encore 3 après.

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    • Qui est le père de cet enfant illégitime ? 31 août 2013 19:23, par Yves Garraud

      Bonjour,
      Pour Solange Jacques
      Vous parlez de Meilhan est ce St Sauveur de Meilhan ?
      Il se trouve que j’ai aussi une Aïeule Jeanne COUZINET née en 1800 fille de Jean COUZINET cultivateur né en 1776 et mère de Marguerite née le 27/04/1828 à St Sauveur de Meilhan de père inconnu.
      Avez vous des infos sur cette commune ?
      J’ai par ailleurs d’autres aïeux qui ont reconnu lors de leur mariage des enfants nés de père inconnu, la maman était servante et le papa fils de l’employeur, mais là cela s’est bien terminé ( commune Gajac, 33)
      Cet article, comme beaucoup d’autres, est très intéressant ainsi que les commentaires de vous tous !!
      Merci
      Yves

      Répondre à ce message

  • Qui est le père de cet enfant illégitime ? 16 août 2013 20:38, par doos elisabeth

    Je suis en ce moment en train de faire les relevés des actes d’état civil d’une commune du bocage ornais (Normandie dep. 61) à la fin du 17e siècle. Il n’est pas rare que je rencontre des naissances illégitimes. Un cérémonial particulier est organisé pour ces naissances.C’est la sage-femme qui se présente « à la grande porte de l’église » avec l’enfant et qui demande le baptême pour l’enfant qu’elle a ondoyé parce qu’il était en danger de mort. Après cette présentation, le prêtre procède au baptême. L’acte est très circonstancié pour savoir qui est le père et qui aura la charge de l’enfant. Souvent plusieurs paroissiens sont présents en plus des parains et marraines. Ces actes ne sont pas toujours faciles à lire malheureusement. J’en ai même rencontré un dont le nom de l’enfant et une partie du texte sont illisibles parce qu’écrit avec une encre très diluée.

    Répondre à ce message

  • Qui est le père de cet enfant illégitime ? 21 août 2013 15:19, par Marie Malergue

    Il ne faut pas oublier les viols. Les filles orphelines étaient particulièrement vulnérables et également victimes de mariages forcés (pour celles qui avaient des biens) dés l’âge de 13 ans.
    En auvergne, on rencontre des cas très différents, des enfants illégitimes avec ou sans le nom du père, régularisés ou nom par mariage des parents mais c’est assez fréquent. J’ai remarqué que peu survivaient... des études ont été publiées par un médecin du 18e.
    Cet article et les commentaires sont très intéréssant

    Répondre à ce message

  • Qui est le père de cet enfant illégitime ? 22 janvier 17:06, par KERGUEN

    Bonjour,

    Mon grand père est né de père inconnu, ce n’est pas sa mère qui l’a élevé. Il a apparemment été confié à d’autres membres de la famille et on a plus jamais entendu parlé de la mère. Pourtant, un nom revient régulièrement (un noble). Cela s’est passé en Bretagne en 1905. Malheureusement, je n’arrive pas à en savoir plus, toutes les personnes qui auraient pu me donner des infos sont disparues.

    Répondre à ce message

  • Qui est le père de cet enfant illégitime ? 27 février 19:38, par Loïc Pilven le Sévellec

    en dépouillant les registres des naissances du Puy pendant la Révolution, à la recherche de prénoms républicains, j’ai très souvent trouvé mention d’enfants « nés des œuvres de plusieurs volontaires de la République », enfants de paysannes des environs ; a priori, servir la République avait des à-côtés agréables ; j’ai été particulièrement impressionné par le prénom imposé à cet enfant par sa mère : Phélonie, qui prouve que cette paysanne maîtrisait le français, ce qui devait être assez rare à l’époque

    Répondre à ce message

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