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« Les pères de nos aïeux » : La parentèle de just et les communautés familiales (épisode 35)


jeudi 21 novembre 2013, par Danièle Treuil

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- Pour lire les épisodes précédents...

Parmi les actes transmis en 2004 aux archives de St-Étienne, par la voie du notaire de St-Just-en-Chevalet, plusieurs nous parlaient des sœurs de Just, les Claudine, et de leurs descendants. Quant au lot transmis par la famille, les premiers documents concernaient Estienne Pra Oblette et son épouse Denyse Sagnollonge, ceux que j’ai pris longtemps pour mes ancêtres directs. Ces textes permettent d’approcher certains aspects de leur vie quotidienne et la place que tenaient les communautés familiales, dans l’univers de l’époque. Je prends donc à nouveau un chemin de traverse pour vous en parler.

J’ai déjà évoqué les sœurs de just, puisque c’est chez sa sœur aînée claudine mariée à estienne oblette qu’il a trouvé refuge après la mort de ses parents et qu’il a vécu « à même pot et même feu » jusqu’à son mariage en 1645 avec nicolle carré. C’est donc grâce aux actes trouvés aux archives que j’en ai appris un peu plus à leur sujet, sur leur activité (le moulin d’Oblette), et sur la parentèle, avec même – cerise sur le gâteau – une information précieuse sur leur père anthoine, que j’ai évoquée dans l’épisode le concernant.

J’ai déjà parlé aussi d’estienne et denyse sagnollonge, pour vous dire que c’est la première trace des Pras qui apparaît dans les archives familiales et qu’estienne est le « demi-frère » de just. Que nous apprennent maintenant les deux actes qui nous ont été transmis ?

Tourne, tourne petit Moulin…

Des moulins chez les oblette

La parenté de just nous amène, avec ses deux sœurs claudine, à une histoire de moulin, “le Moulin d’Oblette”. Dans un acte intitulé « assance du molin d’oblette » daté d’octobre 1679, nous apprenons en effet que sa sœur aînée, claudine (épouse donc d’estienne oblette) possédait en communauté avec des oblette un moulin, scitué audict village d’Oblette, où la famille résidait et dont plusieurs avaient hérité.

Quand elle meurt en 1670, ses enfants anthoine et thomase deviennent propriétaires du moulin, en partage avec la parenté oblette ; Ils sont tous associés. Ce fait nous conforte dans l’idée que la famille oblette, même si elle avait des terres, s’occupait de moulins. Nous avons indiqué en effet que l’ancêtre le plus lointain, retrouvé dans la branche oblette, anthoine oblette est “dict du Moulin chérier”, lieu appelé aussi les moulins. Un fait nous a intrigués que j’ai déjà signalé : anthoine et thomase, qui héritent du moulin, bien qu’enfants d’estienne oblette sont nommés à plusieurs reprises dans les actes “pra oblette” et non “oblette”, patronyme du père. Est-ce à dire que, par l’aïeule marguerite oblette, les pra avaient participé sur une ou deux générations à la gestion de ce moulin et que les noms des deux familles étaient associés ? On voit, à cette occasion, combien les patronymes ne sont pas encore parfaitement fixés et, comme je l’ai déjà évoqué, que la confusion règne quand il s’agit de communautés familiales.

Parmi les propriétaires, les enfants de Claudine Pra aisnée (sœur de just) (ca 1612-1670) mariée à Estienne Oblette

“l’assance du molin d’oblet” [1]

En 1679, la tribu oblette décide de concert de louer le moulin et de s’en partager les revenus ! Ainsi le 22 octobre, le moulin est donné en location “assance du molin d’Oblette” (Me Jullien), pour un prix de vingt-cinq livres, à un dénommé « annet coste, meunier, demeurant à présent au village d’Oblette (…) pour une année entière… qui prendra son commencement au jour et fête de la st Crespin prochain venan (correspond au 25/10), et a tel et semblable jour finissant. Coste promet payer avec pierre arthaud, boucher et cabaretier de St Just (…) de trois mois en trois mois » et s’engage à gérer le moulin « en bon père de famille, pour qu’il soit rendu l’année expirée en bon et dub estat de mouldre, comme il est à présan ». De leur côté, les bailleurs « s’engagent à faire les réparations dans l’écluse dudit mollin ». Ils se réservent « de pouvoir déposséder iceux preneurs dans la première signification quy leur sera faitte, sans aultres formalitté, ny figure de procès », s’ils viennent à manquer à leurs paiements. Ils pourront aussi semble-t-il prendre le « bled » nécessaire à leur besoin ?

Les petits moulins de la montagne

Autrefois, le moulin ne comportait qu’une seule et même meule de grès, souvent à usages multiples, qu’il fallait régulièrement “repiquée” au burin, pour lui conserver son mordant. Elle était verticale et tournait autour d’un axe central sur une large dalle à rebords circulaires. Précédée de raclettes chargées de ramener sans cesse au milieu du circuit la matière première, la meule écrasait indifféremment selon les saisons, graines, amandes ou fruits.
Le meunier, enfariné de la tête aux pieds, travaillait à façon. Il se faisait payer en nature. Avec son âne, il assurait la prise en charge et la livraison à domicile pour ceux qui le lui demandaient ; Il travaillait à longueur d’année. Même en période de sécheresse, les ruisseaux roulaient suffisamment d’eau pour qu’une réserve accumulée dans l’écluse la nuit, lui permît de tourner le jour. Et puis si l’eau venait à manquer “l’avocat du meunier”, le pivert, était là avec son “pleu, pleu, pleu” pour l’inviter à la patience et lui faire espérer une pluie prochaine.
Renseignements tirés de : industries mortes et métiers perdus.- X Duparc, sd (env. 1970). L’illustration est tirée d’un livre sur les fables de la Fontaine : le meunier et son âne. Dessin de Benjamin Rabier Ed curial 1942.

A la recherche du “molin”

• Une piste grâce à d’anciens chasseurs et la confirmation…

Nous ne retrouvons pas trace de ce moulin sur les cartes Cassini, mais par tradition orale (des chasseurs), nous apprenons qu’il existait bien un moulin à eau, sur des communaux d’Oblette, alimenté par une petite écluse, qui devait retenir l’eau du Ban, un gros ruisseau qui se jette toujours dans la rivière d’Aix [2]. Un peu plus tard, un de mes lointains cousins Gérard Pras apprend l’existence d’une étude de Jean Canard, historien local souvent cité, sur les “500 moulins entre Bresbe et Loire” et grâce à internet il a pu en retrouver un exemplaire. Voici ce que nous apprenons :

Le ban
« Malgré sa petite apparence tant en ce qui concerne sa longueur et son débit, le Ban a eu suffisamment d’énergie pour faire tourner jadis une douzaine d’installations hydrauliques... » 
« En moins de 12 km, le Ban descend de 1020 m à 580 m d’altitude, soit une pente moyenne de 4 cm par mètre, qui suffit à expliquer le nombre de chutes d’eau établies par les anciens sur son cours. 
Le premier, à ma connaissance, se trouvait à 930 m d’altitude, un peu en amont du pont sur lequel passe la route de Chérier à La Tuilière, par Les Pras. Elle faisait marcher le moulin Oblette, du nom d’un hameau situé à 1 kilomètre Sud-Ouest (jadis : Les Voblettes) [3]. Peut-être était-il une copropriété des habitants. En tout cas, il ne marchait plus au début du XVIIIe siècle. Le 6 mai 1721, nous apprennent les archives du presbytère de St-Just, Claude Oblette, du village Oblette, a vendu à Mathieu Grand, du village Plasson, un pré appelé La Sagny qui était situé ‘’aux environ des mazures du moulin Oblette, du village Oblette’’. Le pré sur lequel on remarque l’excavation laissée par la construction, s’appelle de nos jours ‘’le pré du moulin’’. »

Le dernier Moulin sur le Ban, au hameau du Maillet

Ensuite Jean Canard cite, dans l’ordre, les moulins suivants qui fonctionnent sur le Ban après celui d’Oblette : Baudot, d’Eust, Maillerie, Freydurier, Roffat, Forest, et le dernier, le moulin du Maillet représenté ci-dessous. On constate l’importance qu’avaient les moulins à l’époque, où l’eau était abondante.

Une expédition

Avec la carte d’État major de Gérard Pras, qui portait le signe (minuscule) d’un petit moulin sur le Ban près d’Oblette, et en suivant les explications de Jean Canard, nous sommes partis en expédition en septembre 2011, pour retrouver trace des ruines de ce fameux “Moulin d’Oblette”. Hélas plus de ruines apparentes, mais d’après les recoupements et investigations, nous étions vraiment sur le site ! Ainsi nos recherches généalogiques nous permettent d’explorer des lieux, familiers à nos ancêtres et de faire courir notre imagination.

Une transaction qui a mal tourné

C’est une histoire qui met en scène une nouvelle fois les descendants proches de nos ancêtres jehan pra oblette et marguerite, plus exactement leurs petits-enfants et arrière-petits-enfants. Plusieurs transactions ont lieu entre ces derniers au fil des années (1649, 1670) et l’affaire se termine en 1689 par un procès, alors que thomase n’habite plus Oblette depuis un an (archives de Maître Benoit- extrait des actes du greffe de SJC du 22/10/1689). On retrouve plusieurs des protagonistes de l’histoire précédente. L’origine des transactions remonte donc à 1649, peu de temps après le mariage de just.

• 1649 : Les deux sœurs claudine de just, l’aînée – encore elle - et la jeune, ont consenti le 1er octobre une vente, au profit de leur oncle par alliance jehan rymoz (cf. tableau ci-après), de biens qu’elles avaient acquis, par moitié chacune, de l’héritage de leur père anthoine, qu’il tenait lui-même de feu son père jehan (C’est l’information « précieuse » concernant anthoine, notée dans l’épisode 33) ; cela, pour un prix de 427 livres plus 296 livres. Jehan rimoz est pourtant marchand, mais posséder des terres, qu’on peut mettre en fermage, constitue un revenu supplémentaire. Le bien était constitué “ de maison haute et basse couverte de thuille, cour, place et aisances et dépendances, une partie de la grange couverte a thuille …” et de plusieurs terres, nommées avec leur contenance, environnées de toutes parts de terres appartenant aux Oblette, le tout situé au village d’Oblette (on note que le moulin n’est pas concerné). Si je comprends l’acte, très compliqué à suivre à cause de la formulation de l’époque, la somme devait être payée par tempérament, sous forme d’un loyer, ce qui est souvent l’usage. “le louage du susd fond passé par led rymos et son gendre coudour, pour le tems et terme de quatre ans ausd claudine et claudine pra soeurs, moyennant le prix et somme de vingt-cinq livres par chacun an et acquitter les cens servis et tailles imposés pour raison dud fond des sud biens”.

On remarque puisqu’il est question de cens et servis que la terre, bien qu’ils en soient successivement propriétaires au sein de la famille, relevait d’une seigneurie. Nous aborderons dans un autre épisode le problème complexe des liens qui unissait un individu à une terre.

• 1670 : Jean rymoz (l’oncle des claudine) et sa femme, sœur d’anthoine, sont décédés. C’est leur gendre, philippe coudour, marié avec leur fille depuis le 8 novembre 1637, qui a hérité. En août 1670, soit vingt et un ans après la première transaction, ce dernier “s’est départy et désisté de la propriété et jouissance des fonds et héritage, vendus par le contrat susdatté”, moyennant la somme de neuf cents livres en faveur de ses petits-cousins par alliance, anthoine et thomase, ceux du moulin (cf. tableau ci-dessus), qui viennent de se marier. C’est une sorte de retour à l’envoyeur. Les biens hérités du grand-père restent ainsi dans la famille. Coudour est marchand et n’a peut-être plus besoin de ces terres, acquises par son beau-père. Il vient à mourir. Il semble qu’anthoine et thomase ne paient pas aux échéances prévues, car un procès éclate dix-neuf ans plus tard, après qu’une transaction en 1686 n’est pas aboutie, qui sera gagné par la veuve de Philippe Coudour.

• 1689 : La veuve de philippe coudour porte plainte. Thomase, qui a quitté oblette après son remariage l’année précédente, avec pascal tachon et son départ à Arcon n’est plus concernée. Par contre, son frère anthoine, dit pra oblette dans l’acte, (au lieu d’oblette) est toujours là. Il a beau se défendre en arguant qu’il a donné les biens à sa fille (encore une claudine) à l’occasion de son contrat de mariage en 1687 avec anthoine travard, la veuve coudour tient bon. Elle déclare que « faute de satisfaire dans le temps (à sa réclamation) il sera permi a lad rymos (son nom de jeune-fille) de se mettre en possession des héritages sur lesquels elle a des privilèges et hipothèque… et que son cousin soit demy de ses biens… faute de payement ».
Anthoine est finalement condamné à “payer a lad demanderesse en deniers ou quittances valables la somme de sept cent vingt livres, restant de plus grande partie de lad transaction, les intérêts d’icelle … et une somme de cent livres avec les intérets… à compter du jour de la signification de notre presente sentence”.

On le constate, on signe des ventes entre parents proches, concernant des terres héritées des parents, avec des arrangements pour le paiement. Le temps passe, les clauses ne sont pas respectées et c’est le procès entre les descendants.

L’oncle estienne pra oblette et sa femme denyse sagnollonge 1627-1713 [4]

Estienne est donc le demi-frère de just. Né en novembre 1627, il est issu du second mariage de leur père anthoine, avec une jeune veuve, thomine combres. A peine un second fils venu au monde en 1629, anthoine meurt. C’est donc thomine, veuve pour la seconde fois, qui élève toute la tribu. Just, notre ancêtre, a quatorze ans et peut commencer à aider. Quand elle décède à son tour, à moins de quarante ans (avant 1638), ses enfants sont encore jeunes, par contre ses “beaux-enfants” sont adultes : les deux claudine sont mariées et just, qui a une vingtaine d’années, vit en communauté chez sa sœur aînée mariée à estienne oblette.

Pour rappel :

L’histoire recommence

Comme nous le savons, just et son épouse nicolle carré meurent à leur tour prématurément. Leur fils estienne, notre ancêtre, a une douzaine d’années, à peine plus qu’avait son père quand il s’est trouvé orphelin ! Il est recueilli à son tour, cette fois par le demi-frère de son père, estienne, qui s’est marié entre-temps, vers la trentaine, avec denyse sagnollonge. La roue tourne… on se serre les coudes, de génération en génération, pour faire face aux coups du sort.

Avec estienne, premières traces des Pras dans le lot des archives familiales

Nous détenons deux documents concernant l’oncle estienne et sa femme denyse, l’un de février 1661, l’autre de 1677. Nous avons la certitude que cet estienne est bien le fils d’anthoine, même s’il est appelé dans les actes que nous avons trouvés “estienne pra roche” ; il était bien en effet “pra oblette”, (comme son cadet Just) quand il apparaît sur les actes de baptême de plusieurs de ses enfants. (en l657- 59-62 ...). Nous vérifions de nouveau avec lui les évolutions du patronyme. Il s’appelle « pra » tout au long de sa vie, mais il est passé du village d’Oblette à celui de Roche, du fait de son mariage, et son patronyme s’en trouve modifié dans les actes. Les liens avec les « pra montloup » restent toujours très présents à cette génération. En 1662, “Claude pra de Montloux” est parrain de leur fils Claude.

Sa femme denyse (née aux environ de l634) était, quant à elle, fille de pierre sagnollonge du village Roche et de justa oblette. Elle avait au moins un frère anthoine et quatre soeurs. On retrouve une fois de plus les liens avec la famille Oblette. Tous ces villages sont proches les uns des autres.

Estienne et denyse ont eu au moins huit enfants, nés entre janvier 1657 et novembre 1673, avec un écart de deux ou trois ans maximum. L’aîné, encore un Just (à ce titre, c’est lui qui héritera). Le frère cadet, encore un estienne. On voit la répétition des prénoms, liée aux parrainages croisés au sein des familles. Nous connaissons la descendance de just (qui nous mène à une famille Pras partie en Argentine en 1890) et aussi celle d’estienne.

L’acte du 10 février 1661 : une élection d’amy [5]

Le premier acte, celui de 1661, passé devant Maître Mathe, nous apprend les batailles qu’il fallait mener pour préserver ses droits. Estienne et denyse sont mariés depuis quatre ans environ. Le procès les oppose à une famille roche alliée aux sagnollonge. Ils habitaient les mêmes hameaux, se mariaient entre eux, s’associaient (en 1615, un certain Jehan roche avait pour associé un just sagnollonge, qui était l’oncle de denyse ; il est cité dans le texte ainsi que son père, pierre). Le document montre, ce que nous constaterons en permanence, combien à une époque où les banques n’existaient pas, les mouvements d’argent se faisaient entre particuliers, au sein en général d’un même réseau de parenté et des alliances nouées. Mais justement si le réseau permettait des arrangements, ceux-là devenaient parfois avec le temps, source de conflits. Il suffisait que l’une des parties ne puisse honorer dans les délais une obligation, qu’une ou deux générations passent distendant les liens, que parfois la vie en communauté engendre avec le temps des inimitiés, pour que des conflits éclatent et qu’on en vienne au procès. C’est le cas ici, comme dans l’histoire rapportée ci-avant, entre les descendants de la sœur de just, claudine ainée, et les cousins.

Le texte est presque illisible, comme il arrive quelquefois quand il est recopié à plusieurs reprises pour les différentes parties ! Je l’aurais même laissé le côté s’il n’avait été le premier de nos documents Pras transmis par la famille. Il met en scène : d’une part, estienne et denyse sagnollonge, les défendeurs ; d’autre part, des descendants de just roche aîné, alors décédé. La tribu roche considère qu’elle doit conserver “fonds de pré, jardin, terres et communaux” qui appartenaient à leur père. Or just roche – pour acheter ce bien - avait obtenu un prêt d’un certain alexandre deboy, en échange d’une rente, garantie par hypothèque sur lesdits biens, ce qui était d’un usage courant.

La pratique des emprunts garantis par une rente versée au prêteur
« La dette ,conclue, enregistrée, non remboursée, était fréquemment consolidée sous la forme d’une rente constituée. Les archives anciennes sont encombrées de documents relatifs à ces créances transformées en rentes perpétuelles attachées à un bien immeuble et garanties par une hypothèque générale sur les biens. La formule permettait de conclure un véritable prêt, dont l’intérêt était représenté par la rente. Mille abus se glissaient dans la conclusion même du contrat. Le débiteur, poussé par la nécessité, acceptait de s’engager pour une somme (et donc une rente) supérieure à ce qu’il avait effectivement reçu. Les arrérages s’accumulaient souvent, ne laissant d’autre issue qu’un nouvel emprunt, la vente volontaire d’une parcelle ou la saisie suivie d’une adjudication » [6].

Ici, l’affaire se complique, car alexandre deboy, le bénéficiaire, n’est qu’un intermédiaire. Il a cédé ses droits acquis sur just roche, par « élection d’amy », en faveur d’estienne et de denyse, ou plutôt en faveur du grand-père et de l’oncle de denyse, just et pierre sagnollonge, décédés eux-aussi au moment de l’exposé des faits.

Cette procédure “d’élection d’amy” était semble-t-il amiable, d’où son nom ; elle permettait à quelqu’un, lors d’une négociation, d’avoir pour des raisons diverses une personne “écran” entre lui et l’autre partie : quelqu’un mieux placé - par son âge, son rang ou ses compétences - pour mener à bien l’affaire envisagée [7].

A cette époque (en 1661), estienne et denyse, sont jeunes : estienne a trente-quatre ans ; denyse, vingt-huit ans. Elle n’a qu’un seul frère, sans doute beaucoup plus jeune. Ils ont vécu peut-être jusque-là, en communauté « à même pot et même feu » avec les parents sagnolonge à Roche.

A la mort de ses parents, denyse a donc hérité – du moins pour partie - des droits acquis par les sagnollonge, via alexandre deboy, en garantie du prêt consenti dès 1644, date semble-t-il de la première transaction. La rente n’a pas dû être assurée, tout au moins régulièrement, par les descendants roche. Etienne et denyse entendent alors reprendre en garantie les biens vendus par leurs parents, tout au moins en partie. Les roche ne sont pas d’accord, ils attaquent en justice. La somme en jeu ne figure pas dans le texte. Comment le juge va-t-il trancher ? Nous ne le saurons jamais, pas plus que nous ne connaîtrons les liens qui unissaient deboy aux sagnollonge, pour que ces derniers aient bénéficié de sa part d’une “élection en amy". En tout cas, le différend n’a pas empêché, notre ancêtre estienne, qui avait cinq ans au moment des faits d’épouser une quinzaine d’années après une claudine roche !

Le document de 1677 : entraide entre parsonniers

Un autre document, en date du 12 octobre 1677, passé devant maître Rozier, notaire royal nous parle d’estienne et denyse sagnollonge. Il s’agit d’une quittance de vingt-sept livres tournois contre estienne pra roche et sa femme denyse, tous deux associés à thomine feugère, au profit de jean fratif. Cette fois, estienne est établi au hameau Roche. Le patronyme s’est transformé de “pra-oblette” en “pra roche”.
Thomine feugère est nommée “parsonnière”. Elle est en fait la nièce de denyse sagnollonge, née le 9 octobre 1651 du mariage de la soeur de cette dernière, Claudine, avec Antoine Feugère. Elle a vingt-six ans. Son mari, jehan fratif, ne fait pas partie semble-t-il de la communauté, puisqu’il a prêté une somme de vingt-sept livres tournois pour aider à payer les dettes. Les liens sont étroits entre eux tous, thomine est marraine de sa cousine thomase et jehan fratif, parrain de jehan (tous deux enfants d’estienne et de denyse). Les trois parsonniers viennent de rembourser leur dette à l’époux de thomine et ils en reçoivent quittance. Ce remboursement ne doit pas entrer en ligne de compte pour le paiement de la dot de thomine.

Vivre en communauté

La vie était dure pour nos ancêtres paysans, particulièrement dans ce pays de montagne où le froid sévissait une grande parte de l’année, où les terres étaient pentues, difficiles à travailler. L’entraide était indispensable pour survivre. Elle s’exerçait le plus souvent au niveau familial, au sein de la famille proche, mais aussi élargie. On vivait “à même pot, même sel et même feu”. Les communautés étaient plus ou moins importantes, selon l’activité de ses membres, appelées aussi selon les régions « compagnies » ou « fraternités » Dans les villages de nos ancêtres, où le travail était essentiellement consacré à la culture de plantes vivrières et à l’élevage et où le terroir était très morcelé, il s’agissait la plupart du temps de petites communautés. Dans d’autres régions, elles pouvaient être importantes, surtout s’il s’agissait d’activités artisanales.
La communauté familiale était inscrite dans le cadre plus large de la communauté villageoise, regroupée autour de la paroisse, le meilleur rempart contre les excès du pouvoir seigneurial.

Vivre à « même pot, même sel et même feu » : les « parsonniers »

A plusieurs reprises chez mes ancêtres et dans leur parentèle, il est question à cette époque de “parsonniers » ou « personniers », tels qu’on les nomme en Forez dans ces temps et aussi en Auvergne toute proche. Beaucoup de familles paysannes dans ces régions vivaient en effet en communauté. La coutume se serait constituée par tradition et par économie. Vers le Xe et XIe siècle en effet, quand le servage était rigoureux, c’était une façon d’échapper au « droit de main morte », qui voulait que le seigneur récupère les terres de tout tenancier qui n’avait pas d’héritier mâle. Se mettre en communauté pour prendre un bien en mainmorte permettait de se succéder entre familles proches, à défaut de descendance directe. On peut penser que les seigneurs avaient fait cette concession, au moment où la main-d’œuvre était rare (guerres, famines, épidémies), il fallait la retenir sur les terres.

Le droit de “main morte”
L’objectif était d’éviter que les biens du seigneur passent à une personne extérieure à son domaine. La main étant considérée comme l’organe de transmission, la “mainmorte”, c’était ne pouvoir transmettre, même à ses enfants, ni par testament, ni par legs ! Dès le XIIe siècle, cette pratique s’allégea. Le Seigneur se contentait de prendre un seul bien ; il fut admis aussi que les membres de la famille puissent hériter, à condition qu’ils soient serfs comme le défunt et qu’ils aient vécu avec lui en communauté de biens… On pouvait se libérer enfin en rachetant le droit de mainmorte. Au 17e siècle ce droit avait pratiquement disparu. Il fut officiellement aboli par un décret Louis XVI en 1790. D’après le dictionnaire et des articles sur web.

La communauté renforçait aussi l’économie familiale (même s’il s’agissait de propriétaires libres) : à plusieurs, il était plus facile de produire sur des terrains arides ou difficiles, notamment en montagne. On s’entraidait, on empruntait ensemble, on partageait les ressources.

Il y a bien longtemps, plus de mille ans

Annet Quittard (dernier maître d’une communauté importante d’Auvergne qui a subsisté jusqu’au 20e siècle) explique, dans les notes qu’il a laissées, la naissance de sa communauté, telle que la légende la rapportait et telle qu’elle était transmise, selon la coutume, à chaque nouvelle élection du “maître” sous le grand chêne du coudeire (espace pelousé) où se tenaient les parsonniers.

Notes d’Annet Quittard
Il y a bien longtemps, plus de mille ans, qu’un homme, père d’une nombreuse famille,
conseilla à ses enfants de ne point se séparer, afin que leurs biens ne se séparassent pas ; qu’ils seraient plus forts, plus riches si, au lieu de prendre l’un un brin d’herbe, l’autre un fagot, ils mangeaient ensemble leur herbe et brûlaient ensemble leurs fagots. Ils donnèrent leur foi d’obéir pour eux et leurs enfants à ses vœux et de leur répéter les conseils qu’il leur donnait. Le père étant mort, ils élurent pour le remplacer et lui obéir leur frère aîné et les enfants de leurs enfants ayant suivi leur exemple, réuni leurs bras pour se défendre et travailler leurs herbes dans le même grenier, leurs gerbes dans la même grange, leur bois sous le même hangar, ont été forts, hospitaliers, ont bien vécu et iront en paradis
Cité dans l’ouvrage paru en 1900 “la basse Auvergne”, p 172 par Henri Donioll [8]

Les sœurs claudine de just comme leur oncle et tante, estienne et denyse, vivaient donc en communauté comme l’avaient fait leur père et grand-père pra à Oblette. D’autres, parmi des branches maternelles, avaient déjà choisi cette forme d’organisation, comme nous l’avons constaté notamment dans plusieurs documents Roche. Il s’agissait de communauté avec la famille rapprochée, frères, sœurs, leurs époux et souvent des cousins germains.

Un coup très dur porté aux petites communautés…

L’ordonnance de février 1566, dite ordonnance de Moulins, porta un coup très dur aux plus petites communautés, car elle exigeait que toute association dont la valeur était supérieure à cent livres rédige un contrat écrit devant notaire et témoins. Jusque-là les communautés coutumières se passaient de convention écrite et on les qualifiait d’ailleurs de « taisibles », c’est-à-dire tacites, ce qui explique sans doute que nous n’avons aucun document concernant le fonctionnement de la communauté entre les pra et thomine. De petites communautés disparurent, d’autres continuèrent, dans la clandestinité. C’est dans le centre de la France qu’elles persistèrent le plus longtemps, puisque certaines près de Thiers (distant de 30 kms de St Just) ont survécu jusqu’au début du XXe siècle, comme celle des Quittard-Pinon, que je viens d’évoquer [9]

Trace des communautés dans la toponymie

On reconnaît l’existence des communautés anciennes dans la toponymie, notamment quand le nom du hameau est précédé de l’expression « chez » ou « les ». Le cas est très fréquent dans la région qui nous intéresse : les Pras, chez Roche, chez Plasson, chez Epinat, pour parler des lieux connus de nous. Dans ce dernier village très proche, existait une communauté importante, connue par tradition, mais dont je n’ai trouvé aucune trace écrite. J’ai simplement remarqué que des ancêtres de ce côté, savaient déjà signer au début du 17e siècle.

La communauté villageoise

Les communautés familiales étaient donc insérées dans le réseau plus large de la communauté villageoise, qui constituait un « corps » reconnu par le droit coutumier et par le droit monarchique. Elle avait vu consolider son existence légale depuis la guerre de Cent Ans. Confondue souvent avec un terroir, elle pouvait regrouper plusieurs hameaux.

Des prérogatives étendues

C’est elle qui réglait avec les seigneuries concernées la vie des champs (faisant respecter les règles du glanage, organisant la garde des récoltes... ) et qui se battait pour obtenir des droits et privilèges comme le droit de prendre du bois, mort ou vif, de cueillir des fruits sauvages, de mener pâturer les bêtes sur les terres du seigneur ; elle entretenait les chemins et la place publique du village, appelée dans la région « la place des aizances » ; elle assurait aussi la responsabilité d’un certain nombre de biens publics, la fontaine ou le puits, le lavoir, le four commun. Par ailleurs, la communauté déchargeait l’état d’une partie de l’administration fiscale, car elle était souvent chargée d’organiser la collecte de la taille.

La taille
Il faut distinguer deux sortes de tailles : la taille seigneuriale qui apparaît dans la deuxième moitié du XIe siècle. Elle a pour but de faire contribuer les communautés villageoises aux charges de la seigneurie, en compensation de la protection accordée. Très vite cependant, elle perd toute justification, ce qui entraîne de nombreux différends entre seigneurs et redevables ; la taille royale est instituée en 1439 pendant la guerre de Cent Ans, pour financer l’effort de guerre. Les nobles en sont partiellement exemptés. Il faut attendre la Révolution, pour qu’elle soit supprimée.
Le recouvrement est assuré par des hommes désignés dans la population de la paroisse. Ils sont responsables sur leurs biens.
A l’origine, le mot taille désigne une baguette de bois fendue, permettant de conserver la trace des valeurs chiffrées, système de comptabilité accessible aux personnes ne sachant ni lire ni écrire, employé d’abord pour les paiements à crédit, puis appliqué à la fiscalité. Source : articles sur internet.

Enfin, la communauté était presque toujours liée à l’institution paroissiale. Elle devait loger le curé, mettre à sa disposition la fourniture nécessaire aux offices, donnait même parfois son mot sur le service du culte. Elle était composée par la réunion des chefs de famille, qui se tenait un dimanche « à issue de grand-messe », après annonce par le desservant au prône. Estienne, comme ses descendants plus tard, y prenait-il part ?

Des ressources fluctuantes

Pour accomplir ses tâches multiples, la communauté disposait de ressources ordinaires, très différentes d’un village à l’autre, mais presque toujours insuffisantes : loyers en argent ou en grains de quelques parcelles de pré détenues en mainmorte, et que ses représentants affermaient régulièrement ; nombreuses rentes, léguées ou achetées, mais toujours minuscules ; elle multipliait les ressources secondaires : « louait » la vaisselle de l’église pour les repas de noces ou cédait, moyennant quelque argent, le droit envié d’être inhumé sous le pavement de l’église. Quand une dépense extraordinaire survenait, il fallait lever la somme sur les habitants au prorata de la taille. Mais avec l’accumulation des charges, dues notamment aux guerres et aux prélèvements de l’état, les communautés n’arrivèrent plus à faire face et s’endettèrent. Sous l’impulsion de Colbert, une grande remise en ordre fut entreprise. La déclaration d’avril l683 fit « très expresses inhibitions et défenses aux habitants… de ne plus faire aucun emprunt, vente, ni aliénation de leurs biens communaux, sous quelque prétexte que ce puisse être ... »

Des survivances, encore au début du 20e siècle
Même si son rôle ne fut plus jamais ce qu’il était, elle demeura un élément solide et quotidien de l’univers paysan et le réseau des communes se coula, plus tard, tout naturellement à leur place ; il faut noter même que la gestion de certains biens publics est restée jusqu’au début du XXe siècle sous la responsabilité de la communauté traditionnelle et n’a pas été transmise à la commune républicaine, je veux parler de la place d’aizances du village, dont j’ai déjà parlé, une place à disposition des habitants pour prendre l’eau, parquer momentanément du bétail ou stocker du bois (c’est là qu’Antoine, l’arrière-grand-père de mon père se fit voler ses moutons !). Il était d’autant plus vital, dans les temps de malheur, que les villageois puissent s’appuyer sur la solidarité du groupe. Estienne et denyse avaient dû traverser, comme just, nicole et toute leur fratrie, les guerres et les disettes, en particulier pour eux en 1651-1652.

En conclusion
On peut dire que la parentèle - aussi bien pour just, que déjà pour son père anthoine, orphelins de leurs deux parents de bonne heure - a joué un rôle essentiel, en les accueillant jusqu’à leur mariage et même peut-être au-delà. Ils ont survécu grâce à cette entraide familiale, organisée au sein de communautés, malgré les circonstances catastrophiques de l’époque, notamment les famines. Il est possible aussi que les deux fils du second lit d’antoine avec thomine combres, qui s’étaient trouvés eux aussi orphelins de leurs deux parents à moins de dix ans (l’histoire se répète), aient été recueillis par la famille, mais peut-être cette fois du côté maternel. Nous n’en avons aucune trace du côté pra.

On aura remarqué dans ces épisodes combien la répétition des mêmes prénoms, - notamment ici des claudine, des estienne, des anthoine, just… - répétition à laquelle nous sommes tous souvent confrontés, peut être source d’erreurs, d’autant plus qu’on relève des confusions entre les patronymes ! On en a presque le tournis ! On se rend compte de la nécessité d’être vigilant et de pouvoir croiser les sources d’information quelles qu’elles soient. Je trouve notamment que les mentions concernant les témoins et les parrains-marraines sont très précieuses et qu’il ne faut pas négliger les ratures des prêtres… et les versions parfois différentes pour la même famille d’un registre à l’autre.

Pour lire la suite : Estienne Pra Oblette et Claudine Roche. Ils ont traversé le règne de Louis XIV

Notes

[1Assance du moulin d’Oblette, archives Me Benoist, cote 5E 52/8. ce texte comme les textes relatifs au procès de 1648-1670 ont été « traduits » par Madame Virginie Joathon, membre de l’antenne parisienne de « Ceux du Roannais ». Ils étaient difficiles à déchiffrer.

[2Le Moulin d’Oblette : information donnée en janvier 2009 à Cyrille Pras, un lointain cousin, par Jean Michel Chatre, matelassier de St Just, qui la tenait d’anciens chasseurs.

[3A propos de la graphie ’’Les Voblettes’’, un répertoire des lieux-dits avec l’historique de leurs mentions dans les textes existe aux archives de la Loire et confirme l’hypothèse que nous avions faite quant à l’origine du mot, dérivée du latin, qui signifie donc bien ”lieu humide”

[41627-1713 : naissance d’estienne, décès de denyse

[5Acte de 1661, déchiffré en grande partie par Gérard Panisset, généalogiste professionnel déjà cité, qui m’a aidée aussi à l’interpréter.

[6La pratique des emprunts : Histoire de la France rurale de 1340 à 1789, sous la direction de Duby, Ed. Seuil, p 241.

[7Source : Gérard Panisset, généalogiste professionnel, déjà cité.

[8Texte transmis par un lointain cousin généalogiste, Daniel de St André.

[9Communauté Quittard, à côté de Thiers, ville proche de St Just-en-Chevalet. Cf. aussi le Thema de Thierry Sabot : “Familles et ménages de nos ancêtres” ed. Thisa. Juin 2013

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2 Messages

  • Bonsoir Danièle,

    Cet épisode présente toujours autant d’intérêt, vous allez au fonds des choses en utilisant toutes les sources qui permettent d’éclairer la vie de vos ancêtres. J’ai beaucoup aimé la recherche du moulin, une aventure passionnante. Moi-même j’ai essayé de retrouver les lieux où avaient vécu mes ancêtres dans les monts de la Madeleine, notamment dans 2 hameaux, tout proches, dont l’un était sur la paroisse de St Bonnet des Quarts, l’autre sur celle d’Arfeuilles (dans l’Allier). Votre photo de 1905, quelle chance quand on peut retrouver de tels documents photographiques.

    Une petite surprise pour vous, nous avons effectivement des ancêtres Oblette communs, mais je vous en dirai plus long par mail. Cela confirme, s’il en était encore besoin, tout l’intérêt du site de Thierry Sabot.

    Encore bravo pour l’épisode n° 35 de votre chronique. Bien amicalement.

    André Vessot

    Répondre à ce message

  • Danièle,

    On ne saurait trop vous remercier et vous féliciter pour le travail remarquable que vous nous présentez depuis 35 épisodes, plus fourni à chaque nouveau chapître.

    Les références à notre histoire quotidienne, celles que l’on ne trouve pas dans les livres d’histoire, vos anecdotes familiales, nous plongent dans les siècles passés avec une curiosité grandissante. C’est plus plaisant que les feuilletons TV parce que c’est « votre » histoire et qu’elle nous rapproche tous de nos propres ancêtres qui furent de chair et d’os.

    Bravo et encore merci de nous le faire partager.
    Cat

    Répondre à ce message

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