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Nos ancêtres connaissaient-ils leurs parents proches ou lointains ?


jeudi 17 avril 2014, par Thierry Sabot

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Autour d’un ancêtre se dessinent les cercles concentriques d’une parenté plus ou moins large, selon les types de familles, les caractéristiques de l’habitat et les milieux sociaux. Tous ces individus sont solidaires par des liens qui peuvent être tissés d’affection, de traditions ou parfois même d’intérêt… Mais ou situer le seuil de parenté de nos ancêtres, celui au-delà duquel les relations s’estompent ?

La nébuleuse familiale s’étend jusqu’au seuil de la parenté

Dans l’entourage immédiat d’un individu, on distingue plusieurs cercles relationnels :

- la famille proche (paternelle et maternelle) : ce groupe comprend le père et la mère, les frères et les sœurs, les beaux-frères et les belles-sœurs, c’est-à-dire les conjoints des frères et des sœurs, les grands-parents, les tantes et les oncles et les cousins germains. Selon les situations familiales, les circonstances et les aléas de la vie, certains peuvent vivre sous le même toit une partie variable de leur existence. Entre ces parents proches, les liens familiaux sont vivants et bien réels. Ils s’expriment par des fréquentations régulières, des invitations et des réceptions lors d’événements majeurs (baptêmes, noces ou funérailles), des échanges épistolaires lorsqu’ils savent écrire, l’entraide et la solidarité… mais parfois aussi par des relations conflictuelles.

- la famille éloignée ou «  ceux qui sont un peu parents  » : il s’agit des enfants issus de cousins germains que l’on reconnaît encore comme parents, surtout s’ils vivent dans un rapport de voisinage ou une relation de relative proximité géographique ou professionnelle. Si, en général, les liens familiaux sont de plus en plus faibles à mesure que l’on s’éloigne de la famille conjugale et de l’horizon du village ou de celui des paroisses environnantes, cela n’est pas toujours le cas comme le suggère la lecture des souvenirs de Nicolas Rétif de la Bretonne (voir page suivante).

- ceux qui sont sortis de la famille : il s’agit d’individus dont les liens de parenté, trop lointains, sont oubliés. Ce sont eux qui se situent au-delà des limites de la parenté car, comme le souligne Jean-Louis Beaucarnot (Ainsi vivaient nos ancêtres, p. 39), il faut bien qu’il existe «  un seuil de parenté où les relations s’estompent : on cesse, lors des enterrements, de se mêler à la famille, on n’est plus parent. Les rapports redeviennent de simples rapports de voisinage. Les maisons ne se fréquentent plus  ».

Les divers écrits de Nicolas Rétif de la Bretonne (1734-1806) sont de précieux témoignages sur l’intensité des relations familiales sous l’Ancien Régime. Ils nous montrent que l’éloignement géographique n’empêche pas le maintien de relations familiales, marquées notamment par les visites aux parents plus ou moins proches. En voici quelques exemples puisés dans deux ouvrages :

Dans La Vie de mon père (p. 82), le passage suivant suggère qu’un paysan distinguait bien sa parenté dans le cadre de sa paroisse de résidence : «  Nous fûmes joints par un homme qui sortait de sa vigne, son hottereau sur le dos : c’était Jean Pyot, le tisserand, cousin maternel de l’abbé Thomas. Il dit à celui-ci : Bonjeu, mon couhingn. N’an dit qu’vous v’nez d’Pahis ? - Il est vrai, cousin. - Savez-vous que l’couhingn Jean Pyot, fi’ [de] Jean le marêchal, vi’ à vi feu voute granpehe, ôt mort ? - Non, mon cousin.  »

Puis dans Monsieur Nicolas, à plusieurs reprises, Rétif évoque les visites de la parentèle :

D’abord, deux parents dont la nature du lien n’est pas précisée : «  Les deux Restif de Joux, Jean et Bénigne, venaient souvent à la maison [...] Ils racontaient des nouvelles de ce qui se passait à l’orient de mon village  » (c’est-à-dire à Joux, paroisse située à environ 7 kilomètres de Sacy).

Puis, deux cousines dont il fait la connaissance à l’âge de dix ans : «  Un soir, en arrivant de l’école, j’entendis qu’il y avait à la maison deux de mes cousines Gautherin d’Aigremont : c’étaient les filles d’une sœur de la mère de mon père. La blonde Marie, l’aînée, se mariait ; elle venait en prévenir son oncle.  » (Aigremont est à environ 12 kilomètres de Sacy).

Puis, les sœurs germaines de son père, dont Madelon domiciliée à cinq kilomètres de Sacy et qui venait parfois voir ses neveux : «  elle aimait [les enfants] de son frère comme s’ils eussent été les siens ; j’étais surtout l’objet de ses complaisances et de sa tendre et sincère affection ; aussi, dès qu’on me parlait d’aller chez ma tante Madelon, j’étais transporté de joie  ».

Puis, il rattache aussi à sa parenté, la famille par alliance de sa tante, l’une des sœurs de son père : «  J’avais à Nitry un autre bel oncle, mari de ma tante Marie, sœur cadette de mon père, nommé Pierre Leclerc (...). Il avait avec lui un fils, plus âgé que moi d’un an ou deux. Nous fîmes connaissance  ».

Toujours à Nitry, il rencontre d’autres parents dont la belle Edmée Boissart : «  Je vis sortir d’une maison (...) une jeune fille, ou plutôt une nymphe (...) « Edmée ? lui dit ma tante, c’est ton cousin Nicolas de Sacy, et tu ne viens pas l’embrasser ?  »

Enfin, Nicolas évoque deux vieillards, dont le premier est Jean Rétif, avocat à Noyers (à quinze kilomètres de Sacy), cousin germain de son grand-père, et le second est son «  cousin Droin, des villages de la Rivière  », des Rétif domiciliés à Grenoble, bien loin de la Bourgogne natale.

D’après Nicolas Rétif de la Bretonne, Monsieur Nicolas ou Le cœur humain dévoilé, Paris, Isidore Liseux Éditeur, 1883 (d’après l’édition de 1796) et La vie de mon père, op.cit.

Source : Familles & ménages de nos ancêtres, au même pot et au même feu, éditions Thisa, 2013.

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8 Messages

  • La notion de parenté dépend aussi des circonstances. J’ai l’exemple, dans ma famille, de la connaissance de parenté en fonction des nécessités. Mon grand-père s’est mariée avec une cousine qui était une descendante d’un frère à son grand-père. Comme il y avait concomitance de nom l’Eglise voulait qu’il y ait recherche, par contre il a d’autres descendants de la même branche avec qui ce même grand-père a toujours ignoré la parenté bien que portant le même nom : « il s’appelle comme nous, mais on n’est pas parent, disait-il, ou alors ça remonte si loin que ça ne compte pas »

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  • Oui , si j’en crois mes souvenirs d’enfant ou beaucoup de personnes du village disaient Bonjour Cousin à mon Grand père ,certain depuis mes recherches généalogique étaient descendants de frères et soeurs depuis plus de 150/200 ans .Il faut dire que mes ancètres sont sur la commune depuis le debut des actes ( 1598),Ils connaissaient mieux que nous leurs parentèles .

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  • Notre grand-mère nous parlait de « Cousine Lecouturier » à qui elle avait acheté la maison de vacances où enfants nous passions nos étés et qui était également la marraine de mon oncle. Ce dernier à plus de 90 ans nous raconte à son tour ses souvenirs d’enfance dans cette maison. Mais personne ne pouvait me dire qui était cette fameuse « cousine ». J’ai fini par découvrir que l’époux de cette dame décédé avant 1914 était le cousin 3 fois issu-de-germain du père de ma grand-mère !

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  • Jean-Louis Duport né en Prusse en 1794 où son père avait émigré au moment de la révolution, revenu à Paris vers 1810, épouse en 1821 la fille de sa cousine germaine dont la famille n’avait pas quitté la France. Les relations n’ont donc jamais cessé entre le père de Jean-Louis et sa sœur, grand-mère de sa femme malgré l’éloignement géographique.

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  • Au moment de son mariage, mon arrière grand-mère maternelle a quitté son village natal pour s’installer dans une ville à 150km environ.
    Mes arrières grands parents ont eu 2 enfants, ma grand-mère et mon grand-oncle.
    Mon grand-oncle, né en 1897 a eu comme voisines ce que nous appelions « les cousines Duyck ».
    Dans les années ’60, j’ai demandé à ma mère quel était le lien de parenté pour les appeler « cousines » ? Ma mère m’a répondu qu’elle ne savait pas, mais que cela remontait très haut.
    En effectuant mes recherches généalogiques, je me suis aperçue que l’ancêtre commun des 2 familles était né en 1770 !
    La proximité géographique les avait probablement rapprochés. Mais ils se savaient encore cousins !

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  • En dépouillant les registres (depuis 1704)de SALZA (petit village n’ayant jamais eu plus de 200 habitants) je m’attendais naïvement à trouver un nombre important de mariages consanguins…
    En tout et pour tout, je n’en ai trouvé trouvé que 4…
    N.B. : Tous les cas sont connus puisque les dispenses accordées sont règlementairement obligatoires et inscrites dans les actes de mariage sous peine de nullité :
    Nous trouvons donc :
    1712 : Antoine A. (natif de Salza) & Magdeleine S. : Parenté du 3° au 4° degré
    1713 : Louis A. & Jeanne A. (natif de Salza) : Parenté du 4° degré
    1713 François S. & Anne D. : Parenté du 4° degré
    1772 Jean R. & Marie V. (natif de Salza)l : parenté du 3° au 4° degré
    On observera que ces mariages ne se font pas entre natifs du village.
    On est allé chercher son conjoint dans le village voisin, mais toutefois, on n’a pas oublié la parenté, même relativement lointaine (4° degré = issus de cousins issus de germains)
    En résumé, les couples de Salzanais se mariant au village ne sont pas parents ; les mariages « hors Salza » apportent du sang neuf au village, ou sont suivis d’un départ sans que les relations familiales soient rompues pour autant.
    On observera en outre qu’à Salza, 1/3 des habitants recensés porte le même nom : ALQUIE/ER
    Parents ? Point du tout : On y trouve 5 familles sans aucun lien de parenté.
    N.B. : j’observe le même phénomène en Ariège, à SAURAT, où « tout le monde » s’appelle GALY… mais… assorti d’un surnom familial figurant dans tous les actes.
    Les relations sociales étant plus étroites, la solidarité du travail à la terre étant vécue au quotidien, la possession de cette terre faisant parfois l’objet d’âpres discussions, la connaissance de la parenté revêtait un caractère autrement plus important que de nos jours.
    Il était socialement vital de connaitre ses racines.

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  • je crois que les relations familiales sont très diverses selon les lieux, les époques, les personnes.Mon grand père, qui a tres bonne mémoire, fréquente nombre de ses cousins second, mais ils demeurent pas très loin. Il m’avait dit que Renéé Margotet, née Rougier était une cousine..en effet leur ancêtre commun remontait au grand père du grand père de mon propre grand père..il la connaissait mais ne la fréquentait plus. En 1861, Raymond Rougier épouse Margueritte Teilhet. Ils sont parents, les deux familles ont toujours vécu côte à côte, mais ils ne se souviennent plus de leur parenté ( ancetre commun 6 générations plus haut)par contre, 50 ans plus tôt, le grand père de Raymond, Jean Hilaire, apparait comme témoin d’un mariage dans cette famille comme « cousin au 3 ème degré ». J’ai souvent remarqué que pour rapprocher des liens familiaux qui se distendaient, mes ancêtres proches choisissaient des parrains et marraines dans leurs cousins. A contrario, du côté de ma grand mère Bernède, nous avons de très nombreux cousins, germains ou second, habitant laz même commune que nous mais nous ne nous fréquentons pas du tout.C’est donc très variable.

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  • Bonjour,
    Pourriez-vous me dire si vous connaissez l’histoire,le parcours et des anécdotes sur le clan des « Pion » installés entre la Loire et la Montagne Bourbonnaise. D’avance merci.
    Cordialement.

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