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Les maladies ont une histoire

(ou les notes médicales du curé Couturier)


samedi 1er mars 2003, par Michel Guironnet

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A sa nomination le 23 juillet 1873, à la cure des Roches de Condrieu Jean Pierre COUTURIER est âgé de 54 ans. C’est un enfant du pays puisqu’il est né dans la paroisse le 13 mars 1819. Ordonné prêtre en 1843 il a été successivement vicaire à Biol, curé à Corbas (alors en Isère) Châteauvillain, Saint Maurice l’Exil (à quelques kilomètres au sud des Roches). Il vient de la cure d’Ecloses.

L’un des premiers actes religieux du nouveau curé est « la sépulture ecclésiastique » donnée le 25 août à Etienne DUTAL, « décédé le 23 à 11 heures du soir, d’une blessure au bras, à l’âge de 75 ans » Etienne DUTAL est mort « muni du sacrement de pénitence et de l’extrême onction ».

Le curé COUTURIER [1] va ainsi, au fil des enterrements, noter sur le registre paroissial de cette petite commune de l’Isère (à 12 Kms au sud de Vienne, au bord du Rhône) les causes ou les circonstances des décès des Rochelois [2]. Ces « notes médicales » laissent penser qu’il a quelques connaissances en médecine.

Le curé COUTURIER va en plus préciser, indication importante, l’attitude des mourants devant la religion catholique. Il est bien sûr évident que ses considérations ne concernent que des agonisants ayant demandé, eux ou leur famille, le secours du prêtre en leurs derniers instants.
Nous aurons l’occasion d’y consacrer un prochain article.


Causes des décès aux Roches

Certains Rochelois meurent subitement, comme Annet SUBERT, 77 ans, le 21 août 1873.

Thomas BARBIER, veuf de Marie Anne CLEMARON, meurt « sans avoir pu recevoir les sacrements ». Il décède à 68 ans, le 28 janvier 1874 « d’une apoplexie foudroyante ».

Le 16 mai 1875 Nicolas PLASSON, 78 ans, veuf de Reine GARAT, est foudroyé à 1 heure de l’après midi « d’une attaque d’apoplexie ».

Le 6 juin de la même année, Madeleine LEVET est victime elle aussi, à 79 ans, d’une apoplexie. Jeanne BOUNET, à 11 heures du matin le 8 novembre 1875, est frappée aussi subitement. Le 10 novembre elle est inhumée aux Roches. Morte à 72 ans « munie des sacrements de pénitence et d’extrême onction », ses funérailles sont « honorées par la présence du Saint Rosaire dont elle faisait partie ».

Les maladies du poumon restent les plus grandes responsables des décès.
Léon MOUCHEROUX « décédé le 7 novembre 1873 à 8 h ½ du matin d’une pleurésie » avait 31 ans et était boulanger. Marie TRANCHAND, 87 ans, meurt « de pleurésie » aussi le 20 septembre 1874. Fin novembre, le 28, Etienne FOUR, 67 ans, meurt « à 2 heures du matin d’une pulmonie ». Il faut probablement comprendre qu’il décède des suites d’une pneumonie.
Le 13 janvier 1874 François TRANCHAND « ancien militaire des Musiques ? » meurt à 33 ans « d’une phtisie pulmonaire ».

Marguerite BENATRU, 79 ans, meurt le 20 avril 1874 « d’une fluxion de poitrine » comme aussi Etienne LENTILLON, décédé à Lyon et transporté aux Roches pour y être inhumé (3 mai 1874). 

Marie GAYET, veuve BAUDRY, est victime elle aussi de la « fluxion de poitrine » à 71 ans le 8 mai 1874 à 8 heures du matin ! Cinq cas recensés aussi en 1875, onze en quatre ans.

« La fièvre muqueuse » emporte à 64 ans Maurice VOIRON (15 octobre 1874) et « les suites d’une fièvre muqueuse » font mourir à 15 ans Anna TINLAN le 23 octobre : ce sont les deux seuls cas.

« L’asthme » aussi fait beaucoup de victimes :

Mathieu MASSARD, 64 ans (22 avril 1874).
Louise GUILLERMET, 79 ans (3 février 1875).
Olympe BIRON, 59 ans (22 février 1875).
Blanche CHAVANNE, 70 ans (28 février 1875).
Catherine FLACHET, 51 ans (29 mars 1875)...
Cinq cas en quatre ans !
 
Cinq personnes décèdent « d’un refroidissement » entre 1873 et 1877 : c’est peu, et vague... Quel organe est il atteint par ces « refroidissements » intervenus en avril 1874, janvier 1875, mars 1875, juillet 1876 ?

Peut être le poumon si l’on pense que les « pleurésie » « pulmonie » « phtisie pulmonaire » et autre « fluxion de poitrine » concernent le poumon.

Mathieu CHAMPIN, 41 ans, meurt aussi « du poumon » le 27 mars 1874. Noël TAVIANT décède à 70 ans pour la même cause le 30 juillet 1874. Dix cas constatés avec cette cause sur quatre ans !

« Le poumon, le poumon ! » comme le dit Diafoirius dans le Malade imaginaire de Molière !

On pense bien sûr au mal du siècle : la tuberculose pulmonaire. Au fil des pages du registre des sépultures, on note pour causes de décès « la consomption » et « consomption finale » Ce terme indique l’amaigrissement et le dépérissement observés dans toute maladie grave et prolongée. La consomption est devenue synonyme de tuberculose pulmonaire, confondant la maladie avec ses conséquences.

Certains ont d’autres pathologies : cœur, cancer de l’estomac, mal d’entrailles.

« Maladie de cœur » pour Hermance Augustine VIOSSAT « , femme SARRE », morte à 28 ans le 27 octobre 1873. Même cause pour Marguerite MILLET, décédée le 13 février 1874 et pour Claudine DUTRIEUX morte le 24 février 1874.

Mathieu SAPIN, « atteint d’une affection organique du cœur » meurt à 92 ans le 25 mai 1874. Le 13 décembre 1875, Joseph Antoine BRESSON meurt du même mal à 78 ans.

Une septuagénaire meurt en juillet 1876 « d’un anévrisme au cœur ».
Entre août 1873 et août 1877, sur quatre ans, Jean Pierre COUTURIER mentionne quinze fois une cause de décès liée au cœur sur 121 actes de sépulture.

Certains sont probablement morts d’un infarctus du myocarde.

Quelques jours plus tard « un cancer de l’épiploon » est la cause du décès, le 4 juin 1875, de Jeannette CLEMENCON à 58 ans. L’épiploon est « le repli du péritoine qui relie entre eux les organes abdominaux » (dict. Robert) Le grand épiploon unit l’estomac et le colon, le petit relie le pancréas et la rate. Comment notre curé sait il cela ?
Le 2 février 1874 Pierre MOUSSET est mort lui « d’un cancer à l’estomac » à 71 ans. Le 6 mars 1877 Louise ROSIER meurt « d’un cancer intestinal » à 64 ans.

Jean MAS, 47 ans, est victime le 19 décembre 1874 « d’une inflammation d’entrailles » Jean Auguste ASTIER, 4 mois, meurt du même mal le 28 avril 1875. En août 1874 une septuagénaire meurt « d’une maladie de foie ».

Madeleine PONCET « femme VINCENT » est décédée le 28 novembre 1875 « d’une péritonite » à l’âge de 60 ans. Est-ce à la suite d’une appendicite ?

Le 2 août 1874 Michel MAS, de Gerbay, meurt « d’hydropisie » a 50 ans.

Le 8 avril 1875 Delphine MARTEL meurt à 36 ans atteinte du même mal.

Les maladies infantiles sont fréquemment la cause du décès de jeunes enfants :

« Marie Louise Antoinette Joséphine OLAGNON, décédée le 21 mai 1875, à 10 heures du matin, de la rougeole » n’a que 10 mois. De petits paroissiens décèdent « d’une mauvaise conformation » : Jean Baptiste ROUX décédé a 25 jours le 7 février 1874, Marie MARTIN un jour le 26 avril 1875.

Souvent la naissance se passe mal : Etienne LARDEAU mort « après avoir reçu l’eau de la femme sage » (c’est-à-dire ondoyé) le 12 mai 1874 était trop fragile pour vivre.

« La suite d’une couche » est la cause du décès de Marie ROUX, épouse de Pierre ROSTAING, décédée à 27 ans le 15 juin 1875 ; Le 15 mai elle avait donné naissance à Catherine Antoinette Céline. La fille du « voiturier par eau » n’avait d’ailleurs été baptisée que le 23 mai : elle était trop faible pour l’être plus tôt.

Des maladies plus rares, certaines d’origine exotique, sont signalées par notre curé :

Le 3 février 1876 Jean PONCET est inhumé à 57 ans. Il est mort le 1er février « d’une maladie de larinx » (larynx, bien sûr) « muni des sacrements, son état ne lui permettant pas de recevoir la Ste Communion ».

Même cas en juillet 1877 pour cet homme de 64 ans mort « d’un chancre contagieux...muni des sacrements de pénitence et de l’Extrême Onction, son état ne lui permettant pas de recevoir la Ste Eucharistie ».

Le 9 avril 1876 est inhumé Jean CHAPAS, 8 ans, fils de Jean CHAPAS et d’Etiennette CHANAL. Il est mort la veille « à 3 heures du soir, d’une fièvre tiphoïde » Le 19 août de la même année, à 40 ans, Julie RIVIER, épouse DELACHAUD, meurt « à minuit de la fièvre tiphoïde ».

Cette maladie infectieuse et contagieuse est elle arrivée aux Roches avec « les mendiants » ou les « marchands ambulants » signalés alors dans la paroisse, ou tout simplement par un manque d’hygiène ?
Quelques causes de décès sont notées, de façon plus hasardeuse, par notre curé :

« prostration », « oppression », « décomposition de sang », « suites de convulsion », « maladie de nerfs », « rétention d’urine ».

Pour terminer, cause de décès fréquente au bord du Rhône, la noyade :
Le 6 juin 1875 est enterré aux Roches « Louis BERGER, natif de Sardieu, garçon boucher à Givors, noyé dans le Rhône le 1er juin, trouvé aux Roches le 5 à 5 heures du soir, décédé à l’âge de 44 ans ».

Le 6 août 1876 Jean Pierre PRIEZ est inhumé à l’âge de 24 ans « natif de Vigneu, canton de La Tour du Pin,noyé dans le Rhône à Lyon, le corps étant arrivé aux Roches le 26 juillet ».

Pour information :

Nous empruntons le titre de cet article au numéro spécial de la revue « l’Histoire » (N°74) dans lequel le lecteur curieux pourra trouver bien des renseignements, notamment sur le typhus et le cancer. Nous renvoyons aussi, pour la période étudiée, à « La France des patriotes » (1851à 1918) par François CARON, au chapitre intitulé « la révolution médicale et l’hygiène publique » pages 323 et suivantes.

Notes

[1Le curé COUTURIER remplace le curé François Charles DORZAT décédé le 6 mai 1873, resté presque quarante ans curé de la paroisse.

[2Le curé COUTURIER note les maladies entre 1873 et 1877. Après août de cette année, les observations se font très rares. Peut être le médecin soignant les Rochelois observe t’il mieux le secret médical, ou un nouveau médecin ne fournit t’il plus d’indications au curé ? Il quitte la cure des Roches le 15 mai 1879 pour la cure de Saint Priest.

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27 Messages

  • > Les maladies ont une histoire 31 mars 2007 23:54, par Albert LEONARD

    Très intéressant, parce que rare, sauf pour les accidents ou suicides, qui étaient sinon décrits, au moins signalés par les registres paroissiaux ou l’état-civil.
    Merci d’avoir fait revivre ce passé !
    Albert Léonard

    Répondre à ce message

  • Les maladies ont une histoire 9 juillet 2011 06:50, par sful

    Un pasteur de Cernier (canton de Neuchatel) avait lui aussi écrit les causes des décès . C’était au XVII ou XVIIIe siècle. Très intéressant à lire.

    Répondre à ce message

    • Les maladies ont une histoire 9 juillet 2011 08:48, par Michel Guironnet

      Bonjour,

      Comment faire pour lire ces annotations du pasteur de Cernier ?

      Peut être pourriez vous nous les faire partager en écrivant un article pour une prochaine Gazette...

      Cordialement.

      Michel Guironnet

      Répondre à ce message

  • Les maladies ont une histoire 9 juillet 2011 07:21, par odette

    très intéressant et curieux. La dénomination de certaines maladies paraît approximative mais je pense que c’était une certaine évolution de chercher et noter la cause du décès.

    Répondre à ce message

  • Les maladies ont une histoire 9 juillet 2011 07:48, par Daniel Panier

    Il y a aussi des maladies héditaires et congénitales inconnues ;ça peut-être l’hypothyroidie,,(mixoédème),ou autres causes inconnues.Par crainte que je décède, ma mère
    me fit baptisé à domicile en janvier 1951 à Bayeux.

    Répondre à ce message

  • Les maladies ont une histoire 9 juillet 2011 09:02

    tres interessant:on pourrait collecter les renseignements medicaux (age de la victime/date/region) de la meme maniere on pourrait collecter les renseignements climatiques ;canicules/secheresse/inondations etc.

    Répondre à ce message

  • Les maladies ont une histoire 9 juillet 2011 12:03, par G.P. ROMAN

    de G.P. ROMAN-les vicaires et curés du Livradois/Forez sont aussi « friands » de ce type de précisions,avant 1789,lors des sépultures,d’autant que cela les change des formulations formatées,et que,souvent,ils se raccrochent par ces détails aux canons de la religion,l’affection ayant un lien direct perturbant souvent le déroulement du « protocole » standard et facturé-(peut on faire payer le portage des saintes huiles,la sonnerie des cloches,les divers interventions des divers sous traitants ?)-lors que les officiers de justice interviennent,avant la mise en terre,faut examiner le cadavre suspectement découvert,et faire état des constatations dans l’acte au registre-

    Répondre à ce message

    • Les maladies ont une histoire 9 juillet 2011 12:48, par Thierry Sabot

      Bonjour, merci pour votre très intéressante réponse. Pouvez-vous m’indiquer les noms des paroisses du Livradois-Forez ? Merci par avance, Cordialement Thierry Sabot

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      • Les maladies ont une histoire 10 juillet 2011 23:34, par G.P. ROMAN

        en 1re réponse à TH Sabot-voici,déjà,un exemple pris sur le vif,d’autant qu’il s’agit d’un défunt,de ce que peut coûter une sépulture,ici très ordinaire,qui permet d’imaginer le sous/tendu du vicaire lorsque celui/ci fait état d’une mort inhabituelle,qui ferait alors mention sur l’acte—
        s’agit ici d’un billet,sans doute remis par le curé officiant à Puycelci(Tarn),haut lieu de la forêt de la Grésigne,crée par Colbert,3 à 4.000 has et ceinte du « mur de Louis XIV »-billet/acte/décès/facture ;billet inséré dans le registre paroissial de Condat lès Montboissier,Auvergne,haut lieu,avec les paroisses environnantes,de l’émigration temporaire de générations de scieurs de long(sur le sujet,voir « Métiers d’Autrefois »,"article signé eric Volat)—
        le 25/4/1779 est DCD à Puycelci louis Manduché cieur(sic) de long époux,âgé 35 ans,enterré cimetière/Puycelci le 26/4-presens 2 autres cieurs de Condat—
        Etat des dépenses faites pour la maladie et pour l’nterrement dudit louis Manduché :
        chez l’aubergiste dit Favarel(patro local) 11, 3
        pour le chirurgien 8
        pour la caisse et une chemise qu’on lui avoit fourni 5 15
        pour cire 1 19
        pour le linceul quil fallut pour lenvellope 1 10
        pour les femmes qui veillesent la la nuit du decès 2
        pour droit denterrement et deux grands messes 2 12
        pour le drap mortuaire 5
        antoine Pissis(un des 2 autres cieurs)a oublié dans l etat des depenses d autre part savoir :
        pour les porteurs du corps 1
        pour le carilloneur 1 10
        pour les pauvres qui portent les chandelles à lenterrement 6 sols
        et pour celui qui a creusé le tombeau 1 10
        Falguière,curé

        ON comprend que,parfois,l’argument d’une mort subite,l’impossibilité de recevoir normalement le saint viatique,l’extrème onction,de se confesser(défaut de la parole),de consommer l’hostie(problème de déglutition,délirium,etc,)sont autant de détails qui justifient l’allègement des procédures tarifées(le transport des saints huiles,le cortège des enfants de choeur,,les chants(le chantre,le chapitre,etc)-l’urgence,en été caniculaire,raccourcit les délais,donc les effets de manche ,les discours,le compte à rebours-à Thiers paroisse St Jean,des paroissiens se font disputer pour avoir amener,par eux mêmes,le corps du défunt,au cimetière(coupant ainsi court à un certain nombre de dépenses)-

        en 2è réponse, à TH Sabot :à partir de 4 patronymes-les 4 parents d’un couple-,j’en suis à + de 10.000 individus,plus de 3.000 patronymes,sur toutes les paroisses et communes de la région Thiernoise,en remontant jusqu’à la frontère avec l’Allier,des excursions sur la Loire,de Cahmpoly/pays d’urfé,le Nétrablais,puis tout le Livradois/Forez jusqu’à Job,Bertignat,la chapelle Agnon-ensuite jusqu’à Ravel,le Cendre,toutes les paroisses autour d’echandelys,enfin rive gauche de la Dore,Orleat,Paslières,PuyGuillaume,Chateldon-
        donc la lecture de milliers de pages de registres,où apparaissent,surtout au 18è,assez fréquemment,des mentions concernant l’état de santé du corps du défunt-c’est aussi vrai losque le DCD est un inconnu,trouvé ailleurs que dans un lit de plume,avec interventions des messieurs de la justice- mais je n’en ai pas fait un recensement exhaustif—

        Répondre à ce message

      • Les maladies ont une histoire 12 juillet 2011 11:23, par G.P. ROMAN

        Marat—10/7/1766:antoine Granet,jean Darrot,andré de la Guillaumie,décédés de mort soudaine au clocher de cette église d’un coup de tonnerre—(sic transit)—

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      • Les maladies ont une histoire 12 juillet 2011 11:59, par G.P. ROMAN

        Marat—5/1/1778:mathieu Tourlonnias,78 ans,décédé d’attaque d’appoplexie (sic)-

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      • Les maladies ont une histoire 12 juillet 2011 13:55, par G.P. ROMAN

        Marat---28/10/1773:messire claude Dubien,68 ans,prètre & communaliste,DCD au bourg,attaque d’appoplexie,muni du sacrement de l’extreme onction (requiescat in pace,note du reporter)-

        Répondre à ce message

      • Les maladies ont une histoire 13 juillet 2011 10:51, par G.P. ROMAN

        Domaize---le curé A Russias apporte sa contribution à l’histoire des décès :
        le treize janvier mil sept cent douze ont estés enterrés
        jean piliere fils a guillaume piliere de la parroisse de Saint Dier agé environ huit ans
        antonia boissier fille a jacques agée environ douze ans de la parroisse de St Flour
        claude boissier fils a antoine de la parroisse de Trezioux agé entour onze ans
        jean dutel agé entour onze ans
        benoite dutel agée environ sept ans
        tous deux de la parroisse de Fayet
        gilberte bonhomme agée de neufs ans du lieu de la batisse parroisse de St Jean dezollieres
        josette bonhomme agée quatorze ans du mesme lieu et parroisse de St jean dezollieres
        ont aussy estes enterrés le mesme jour et an que dessus
        une petite femme fort materielle avec une sienne petite fille agée environ trois ans qu’on disoit estre de la parroisse de Trezioux
        et estienne anglade giraud du lieu du chey parroisse de domeize agé environ onze ans
        lesquels n’ont pûs recevoir aucun sacrement ayant estés tous dix estouffés par une foule de peuple dans une aumosne generale que faisoît madame de domaize le jour precedent douzieme janvier mil sept cent douze
        en prce de leonard puissochet benoit foulioux francois chomel et antoine forestier qui n’ont sceûs signer enquis
        -----------on trouve,dans ce cas,la quintessence des ferments liant la pouvoir seigneurial,le pouvoir ecclésiastique,l’extrème pauvreté des sujets,en provenance,ici vérifiée,de six paroisses au minimum ;l’affection qui aura perturbé les « festivités » aura produit un effet direct sue la procédure canonique de la sépulture-pas de distribution generale du sacrement-le tout,espérons, mais le curé ne le dit pas,aux frais d’enterrements de madame de Domaize—

        Répondre à ce message

      • Les maladies ont une histoire 13 juillet 2011 13:17, par G.P. ROMAN

        toujours dans le mesme registre du salut éternel faisant prime sur la santé,et où l’urgence du « salut » prime,le curé et ses patenôtres,son eau bénite passent avant le barbier/chirurgien(la femme sage ou le chirugien du coin ayant bricolé l’accouchement ,dans la douleur)-
        ---innombrables sont les actes où l’urgence médicale vire à la panique confessionnelle :
        Thiers/St Genès—25/8/1662—« pierre Bodimieux a esté porté dans l’eglise(le baptème ayant lieu plutôt au domicile,souvent le lendemain,le temps de prévenir parrain et marraine lorsqu’ils ne sont pas à coté)pour recevoir les Stes onctions et autres ceremonies ayant esté duëment assuré dans la maison a cause du danger ou il se trouvoit par Me pierre Dessapt qui a été aussi le parrain de l’enfant(il signe,vicaire de garde,sans doute)....et est né ce mesme jour entour 9 heures du matin »---
        et on verra très souvent le curé contester la validité de l’ondoyment(surtout si le nourisson parait en bonne forme !!,si l’on peut reprocher canoniquement les capacités de la femme sage même jurée à dispenser le baptème par procuration-afin d’officier dans les règles et selon les tarifs)-dans ce cas,le parrain officialisé ne devait pas être celui prévu,mais urgence....médicale---

        Répondre à ce message

      • Les maladies ont une histoire 13 juillet 2011 13:35, par G.P. ROMAN

        Interférences entre santé et instrumentalisation de l’évènement « naissance »,dit « baptème »-----
        — -Thiers/St Genès-4/8/1657 :« a esté porté a l’Eglise pierre Fradart lequel avoit esté baptizé a la maison mais comme ce fut un homme Indigne et Incapable(majuscules dans le texte)de ce action et mesme estoit dans le doubte sile St SC(saint sacrement,ndlr)l’avoit baptizé ou non Je l’ay baptizé soubs condition dont son père ; ; ;etc,etc »-
        un cas,parmi d’autres,où la famille voulait faire l’économie des cérémonies,prétextant une urgence ,non urgente ?-

        Répondre à ce message

      • Les maladies ont une histoire 13 juillet 2011 14:36, par G.P. ROMAN

        comme quoi,maladie et exercice de la religion font bon ménage---Thiers/StGenès---4/12/1683—« pierre Bellin Me coustellier,75 ans,sépulturé après receu les sacremens plusieurs fois dans sa maladie qui a duré longtemps »---
        — Thiers/St Genès—30/3/1686—« honeste femme marie Ricornet veuve a sieur genès Vacherias,69 ans,sépulturé par le curé Trincard accompagné de Mrs du Chapitre,après avoir receu dieu mercy(souligné)tous ses(ndlr:Ses)sacrements pendant les 5 ou 6 jours de sa maladie »—
        — Thiers/StGenès---4/4/1686—« les Mrs du chapitre ont solennellement enterré Sr barthelemy Darrot,entour 86,ayant receu tous les sacrements pendant sa maladie,presens Mr le Chastelain avec +sieurs autres »-il semble que plus le personnage est côté/important,plus le scribe m’est l’accent sur l’observance des rites en la matière,ces cas n’étant pas isolés(technique de marketing pro)—

        Répondre à ce message

    • Les maladies ont une histoire 10 juillet 2011 17:35, par michou0126

      Je suis très intéressée par votre article et donc par la cause des morts que je rencontre tout le temps lors de mes recherches généalogiques. Pouvez-vous me dire sur quels documents je peux me renseigner ? Merci pour votre réponse.

      Répondre à ce message

      • Les maladies ont une histoire 10 juillet 2011 18:58, par Michel Guironnet

        Bonsoir,

        Merci pour votre message.

        Pouvez vous me préciser ce que vous souhaiteriez connaitre comme « documents » Le sujet est très vaste et les réponses peuvent donc être très différentes !

        Cordialement.
        Michel Guironnet

        Répondre à ce message

  • Et avant ces années ? 9 juillet 2011 12:23, par gerpier

    Il serait intéressant de savoir si le curé COUTURIER a aussi note les causes de décès dans ses précédentes cures.

    Répondre à ce message

  • Les maladies ont une histoire 9 juillet 2011 16:13, par chatillon

    je suis médecin et j’ai lu avec beaucoup d’attention les notes prises par ce curé de campagne. Comment trouver trace d’ un homme jeune du nom d’Arfan décédé dans l’Isère de la « grippe espagnole »en1917 ? On aimerait qu ’il existe beaucoup de registres paroissiaux si bien documentés !

    Répondre à ce message

  • Les maladies ont une histoire 9 juillet 2011 16:20, par Carmen de Marseille

    Il serait intéressant de noter les causes des décès sur les nouveaux actes de décès actuels, que ce soit en mairie ou à l’église.

    Répondre à ce message

  • Les maladies ont une histoire 9 juillet 2011 18:06

    J’ai reçu un acte de décès en 1922 aux USA, New-Orleans, où la cause du décès est mentionné (insuffisance rénale), et un autre, noyade.C’est bien pratique pour nous, même si ce n’est pas discret !
    Nadine

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  • Les maladies ont une histoire 10 juillet 2011 00:34, par elga52

    Il est vrai que ce serait intéressant pour nous de connaître les causes de décès de nos ancêtres afin de faire de la prévention... C’est aussi souvent frustrant de lire le décès de tel ou tel ancêtre sans en connaître la cause exacte. Mais sans doute veut-on préserver la famille directe qui n’en aurait que plus de chagrin à revivre, par l’intermédiaire des actes de décès, la façon (peut-être horrible ou douloureuse) dont sont morts leurs êtres chers...

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  • Les maladies ont une histoire 10 juillet 2011 10:26, par Jacquotte

    Très intéressant !

    Ma mère naquit en 1907 et sa maman, âgée de 26 ans mourut quelques jours après d’une fièvre puerpérale... Ses grands-parents élevèrent donc Marcelle qui transmit tout le vocabulaire sur ces maladies évoquées dans le texte et qui sont bien celles dont on parlait à la fin du XIXe Siècle... Sans le savoir, nous avons été informés des causes citées ici et nous avons pu rejoindre nos aïeux dans leur contexte médical. Ce qui est bien humain et porteur d’attentions sur leur vie quotidienne...

    Merci donc pour cette attention portée à ceux qui nous ont précédé... On peut lire à travers les lignes !

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  • Les maladies ont une histoire 11 juillet 2011 07:06, par cwelcker

    Bonjour,
    depuis 2 ans et demi, je « rencontre » quotidiennement Abraham de CHAMP-RENAUD, qui était entre 1715 et 1742 pasteur ordinaire de l’Eglise Française Réformée de Neu-Isenburg en Hesse. Il notait de façon très précise les causes des décès, et les cas de femmes qui étaient délivrées d’enfants par les chirurgiens de l’époque,avec des détails souvent assez techniques.
    On y retrouve toutes les maladies mentionnées par le curé COUTURIER, mais sous une dénomination encore plus archaïque. De plus, il semble y avoir eu pas mal de décès par diverses infections parasitaires, e.g. des vers qui étaient expulsés par la bouche ou le nez.
    Pour la traduction allemande, il me faudrait un dictionnaire français des anciens noms de maladies, ou l’aide une personne qui connait bien ce sujet, afin que je puisse comprendre de quelle maladie il s’agit avant de trouver la traduction adaptée. Par internet j’ai obtenu quelques réponses isolées, mais très difficilement. - Merci de votre réponse.

    Cordialement
    Colette Llorca
    www.llorcahome.org
    http://gw.geneanet.org/cwelcker
    http://gw2.geneanet.org/kbw

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