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Cybergénéalogie : Les associations face à Internet


jeudi 4 juin 2009, par Christian Duic

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Depuis l’an 2000, la généalogie connaît une croissance exponentielle grâce à Internet, troisième étape majeure de son développement. La première étape avait été la création des premières associations type loi de 1901 dans les années 1950, la seconde la médiatisation dans la presse et à la radio vers 1980. Les raisons de ce succès peuvent se regrouper en trois catégories. D’abord des raisons classiques : repères face à l’évolution rapide de la société, retour aux racines face à l’urbanisation, simple curiosité, etc… Ensuite des raisons techniques : rapidité des connexions à haut débit, augmentation des capacités de stockage des données, facilité de numérisation des documents, convivialité des traitements de textes et des logiciels de généalogie, rapidité des moyens de communication (messagerie électronique, forums, blogs…), tout cela pour des prix de plus en plus abordables, avec une vulgarisation et une démocratisation des outils informatiques. L’attraction de l’offre est le troisième facteur important : bases de données, relevés d’actes en ligne, documents numérisés, rédactions de biographies familiales, outils de recherches, forums d’entraide… le tout souvent gratuitement.

Face à un tel déferlement d’offres, certains acteurs classiques de la généalogie, notamment les associations, craignent pour leur survie. Avant de vérifier si ces associations ont raison de s’inquiéter, il serait intéressant de rappeler leurs principes fondateurs, comment elles ont fonctionné et évolué jusqu’à présent. Je prendrai l’exemple de l’une d’entre-elle, dont je suis co-fondateur, le Cercle Généalogique de Sud Bretagne (CGSB) dans le Morbihan [1].

Ensuite, nous verrons comment les associations peuvent profiter des nouvelles technologies, comment elles peuvent aller plus loin…

Au début, il y avait…

Lorsqu’en 1986, avec quelques collègues, nous avons fondé notre cercle généalogique, nous souhaitions avant tout mettre en relation les généalogistes, afin que chacun profite de l’expérience et des recherches des anciens. Des réunions régulières au siège de l’association permettaient d’atteindre rapidement les objectifs, avec des cycles de formation, des échanges. Des sorties étaient proposées, notamment aux Archives départementales, et des salons permettaient de nous faire connaître au grand public. Une bibliothèque était également créée. Tout ceci fonctionne encore très bien aujourd’hui.

Nous avons aussi pensé à la grande majorité des adhérents, qui ne sont pas domiciliés à proximité, et qui pourtant font vivre l’association. Pour eux, le bulletin trimestriel, né début 1987, est l’outil primordial pour communiquer. Les adhérents publient leurs listes patronymiques ou leurs quartiers, posent des questions ou y répondent, et lisent des articles d’intérêt général (dès le numéro 1) sur les fonds d’archives, les méthodes de recherches, les résultats auxquels ils peuvent espérer parvenir, avec les spécificités locales jamais décrites dans un guide général de généalogie. Au fil du temps, le nombre de pages a augmenté, le tirage sur papier glacé s’est généralisé, des photographies noir et blanc puis en couleurs sont apparues. La publication de généalogies de célébrité a toujours été assez rare, et celles des tableaux de cousinages et des quartiers tendent à diminuer au profit des articles de fonds, toujours plus nombreux. Dissocié de la cotisation, le bulletin peut être vendu à l’unité à quiconque, mais son prix est beaucoup plus avantageux avec un abonnement lié à la cotisation, et inversement la cotisation est plus intéressante avec l’abonnement.

Très utiles également, des annuaires patronymiques furent publiés dès 1989. Un annuaire régional fut même publié à l’occasion du Congrès national à Brest en 1999. Mais ce fut le dernier avant l’avènement d’Internet, déjà accessible sur le site du congrès par des ordinateurs mis à disposition du public gracieusement. Dans les Côtes-d’Armor, le CG22 continue par contre l’édition d’un annuaire, mais sur CD-ROM. Celui de 2008, contient 300.000 noms.

Assez rapidement, des bénévoles se sont attaqués au dépouillement des registres paroissiaux, en commençant par les mariages, puis les naissances et les décès. Les tables, non filiatives à l’origine, le deviennent progressivement depuis. Ces tables et relevés imprimés sont vendus aux adhérents uniquement, et sont accessibles aux bibliothèques lors des permanences. Mais ils sont également déposés aux Archives départementales, et dans certaines mairies. Depuis peu, le cercle n’imprime plus à l’avance pour éviter un stock, mais uniquement à la demande, en flux tendu.

Et Internet fut…

Le cercle a plutôt bien suivi l’évolution des nouvelles technologies. Dès 2000, il créait son site, grâce à des bénévoles s’intéressant à l’informatique, sans être nécessairement informaticiens de métier, ni très jeunes.

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Le site du CGSB

Outre les coordonnées et le bulletin d’adhésion, dès le début, apparaissent les rendez-vous du cercle, le sommaire de tous les bulletins, l’inventaire de la bibliothèque, l’état des relevés, des informations sur le département. Depuis 2004, les relevés sont informatisés dans la base ARMOR, et sont mis à disposition des adhérents, moyennant un système de points comme Généabank. Même si l’état civil n’est pas entièrement dépouillé pour tout le département, d’autres données sont proposées, comme des décrets de justice, des dispenses de consanguinité, des inventaires et rôles de marins… Les releveurs sont récompensés par un bonus de points.

Néanmoins, un certain nombre d’adhérents, souvent âgés, ne disposent toujours pas d’Internet. Les services actuels proposés par les associations, notamment les relevés imprimés ou la rubrique questions-réponses des bulletins, sont donc toujours utiles, mais jusqu’à quand ? Sans doute encore une dizaine d’années, quand nos seniors actuels auront disparu. Les associations devraient toujours connaitre la même proportion d’actifs et de retraités. Les seniors d’aujourd’hui seront simplement remplacés par d’autres demain, mais plus experts en nouvelles technologies. Déjà nombre d’entre eux sont connectés à la toile et se débrouillent en informatique.

Aujourd’hui Internet est un formidable outil de communication, concurrençant directement les associations dont l’objectif premier était mettre en relation les généalogistes. Il faut toutefois que ces généalogistes publient le résultat de leurs recherches, soit sur leurs propres sites, soit sur des sites contributifs comme Généanet ou FranceGenWEB, soit sur les sites des associations (base GEDMOR pour le CGSB), soit encore sur des sites commerciaux (Généalogie.com). Certains publient même sur plusieurs sites (mon cas). Les associations ne peuvent rien à ce phénomène, et doivent l’accepter, tout au moins proposer une possibilité de publication sur leur site. Etant gratuit et à caractère national, voire international, Généanet connaît un vif succès avec ses Arbres en ligne.

Pour l’entraide, le généalogiste dispose aujourd’hui de certains sites spécifiques (comme le Fil d’Ariane),

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Le Fil d’Ariane

et surtout de forums, souvent bien plus efficaces et rapides que la rubrique questions-réponses des bulletins. Là encore, les associations ne peuvent pas lutter. Tout au moins, elles peuvent proposer la même chose sur leur site, ce qui est encore le cas du CSGB avec ses forums réservés à ses adhérents, mais qui ne rencontrent pas le même succès que les forums ouverts à tous (Yahoo-GEN56 pour le département du Morbihan).

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Gen56

Internet est aussi une formidable bibliothèque mondiale, s’enrichissant de seconde en seconde. Des articles de fonds sont proposés par des particuliers sur leurs propres sites personnels (mon cas) ou sur des sites spécifiques (notamment histoire-généalogie.com). Les associations doivent-elles aussi faire de même ? Il semble qu’elles doivent quand même réserver la primeur de leurs bulletins à leurs adhérents ! Pour des articles anciens, dont il n’existe plus d’imprimés, et avec l’autorisation des auteurs, une publication sur Internet est ensuite envisageable, mais certains préfèrent l’édition d’un numéro spécial ou la création d’un CD-ROM. Par ailleurs, certaines associations profitent de la messagerie électronique pour adresser leur bulletin au format pdf à leurs adhérents qui le souhaitent, moyennant une réduction importante de l’abonnement, puisque pas de frais d’impression ni de frais postaux. Cette solution n’est toutefois pas supportable pour les bulletins les plus volumineux, les messages bloquant souvent au delà d’une certaine taille. Des téléchargements sont par contre possible, mais il faut dans ce cas en limiter l’accès aux adhérents, qui doivent respecter une certaine éthique pour ne pas rediffuser. Enfin, les articles assez longs ne sont pas toujours faciles à lire à l’écran. Ils peuvent certes être imprimés au cas par cas, mais le coût unitaire d’une page, notamment en couleur, est quand même supérieur à un travail professionnel. A terme, les bulletins devraient proposer plus d’articles de fonds, tandis que la rubrique questions-réponses disparaîtra au profit des forums, l’actualité du cercle au profit d’une page sur le site WEB… Les revues nationales de généalogie (RFG, Ge-magazine, Votre Généalogie…) sont encore plus en danger que les bulletins régionaux. Elles doivent enrichir leurs sujets, proposer des maquettes attrayantes, s’adresser à la fois à des néophytes et à des experts… Le lecteur ne s’intéressent pas à tous les articles. Par contre, avec Internet, il peut en cibler un directement avec un moteur de recherche. Il faudrait sans doute recadrer les sujets sur l’actualité, pour permettre de comprendre celle-ci à la lumière de l’Histoire. De ce fait, les revues et bulletins devraient se rapprocher plus de l’Histoire que de la généalogie. La collaboration avec des historiens, bien souvent déjà amorcée, devrait être de plus en plus importante, faisant fi des anciennes querelles sur la rigueur des généalogistes.

Des institutions se sont aussi lancées dans la numérisation d’ouvrages parfois rares (site Gallica de la Bibliothèque nationale), et des journaux (idem, ainsi que sites d’archives départementales, de bibliothèques municipales…), institutions concurrencées par un mastodonte de l’informatique (l’américain Google pour ne pas le citer). A priori, les bibliothèques des associations possèdent encore beaucoup d’ouvrages spécifiques, certains trop récents pour être numérisés en raison des droits d’auteur, d’autres très rares car manuscrits déposés par des adhérents ou des donateurs. Elles peuvent donc très bien résister à la concurrence. Tout au plus, l’offre du WEB est complémentaire. La publication des catalogues sur un site est par contre un excellent moyen de communication vers des adhérents potentiels, et vers les adhérents actuels qui peuvent préparer leurs recherches.

La formation n’a jamais été l’apanage des associations. Des services d’archives en proposent, mais le plus souvent axée sur la paléographie. Par contre, c’est un domaine qu’Internet n’a pas encore envahi, sans doute parce que les sites d’information et les forums répondent déjà un certain besoin, et que les outils performants et bon marché sont encore peu nombreux. La visioconférence existe pourtant dans les entreprises pour des réunions de travail, mais aussi à l’école. En Australie notamment, la solution webcam est employée pour des cours particuliers adressés à des élèves très éloignés géographiquement, et en petit nombre… A Cuba, les élèves suivent des cours à la télévision, mais un enseignant reste présent en salle de classe pour répondre aux questions éventuelles. Internet pourrait aussi proposer des séances d’auto-formation, qui font leurs preuves pour des cours d’anglais par exemple, mais questions impossibles en cas d’incompréhension... En fait, le formateur présent physiquement peut adapter son rythme en fonction de l’état et du niveau des participants face à lui. Les programmes doivent également tenir compte des spécificités régionales, où les associations peuvent rester très compétitives.

Les salons peuvent aujourd’hui être remis en question, surtout ceux en dehors de certaines limites régionales ou de grandes agglomérations. Il est toujours agréable de rencontrer des adhérents potentiels et des adhérents éloignés, des confrères sur les stands voisins, mais la rentabilité n’est pas toujours élevée. Bien des visiteurs profitent des bases de données disponibles sur les stands, sans aucune intention d’adhérer. Un site Internet, bien bâti, peut très largement suppléé à la plupart de ces salons, surtout s’il s’agit de faire des économies.

Relevés, numérisations et indexations

Le travail des relevés ne date pas des associations. Bien avant elles, certains particuliers s’y sont attelés, et des particuliers indépendants continuent encore aujourd’hui et continueront demain. Les associations jouent surtout un rôle de coordination, cherchent à fédérer toutes les bonnes volontés, proposent des conseils, des normes, des outils, et des moyens de diffusion, car la finalité est bien le partage des informations, sinon quel intérêt ? Beaucoup d’associations profitent d’Internet (ou du Minitel auparavant) pour élargir les diffusions via des bases de données sur des sites spécifiques (par exemple Généabank ou Bigenet), mutualisant les ressources informatiques pour ceux qui n’en ont pas, ou sur leurs propres sites (cas du CGSB) pour mieux maîtriser leurs données. Si certaines veulent faire des bénéfices, ou diffuser gratuitement (comme le CG22), c’est leur choix. Mais aujourd’hui, avec Internet, les particuliers ou groupes de particuliers indépendants peuvent aussi diffuser facilement leurs relevés, via un site personnel, ce qui peut poser un problème de pérennité, ou mieux via un site communautaire. En effet, ils ont constaté, comme les associations classiques, qu’une coordination s’avérait nécessaire pour ne pas recommencer deux fois le même travail. Ils se sont retrouvés d’abord sur des forums. Dans l’Aveyron, 2300 abonnés au forum ont dépouillés 1,2 millions d’actes. Dans le Cher, 330 bénévoles du forum Registres18 ont dépouillés 1,3 millions d’actes. Puis certains ont préféré créer une association, type loi de 1901, dont le but affiché est clairement le dépouillement d’archives, et la diffusion gratuite sur Internet (ou tout autre support à venir). Grâce à ce statut, ils ont pu conclure un partenariat avec les Archives départementales pour la numérisation préalable ou pour des locaux. Mais ils restent très ouverts à tous les généalogistes, adhérents ou non, l’essentiel étant l’inscription à leur forum. Et contre toute attente, ces associations d’un nouveau genre, ces cyber-associations, semblent plutôt bien fonctionner. Fondée en 2004, A.R.B.R.E (sites marne-archive.com et meuse-archive.com) revendique environ 500 bénévoles, dont la moitié d’adhérents, et environ un quart de registres dépouillés. Fondée en 2006 en Haute-Loire, GENDEP 43 (site GENEAL43) dénombre 900 membres, et a numérisé la totalité des tables décennales (1,4 millions de nom). En Charente Maritime, Généalogie17 a également effectué un travail important, mais limite l’accès à ses données.

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Meuse-Archive

Ces relevés sont grandement facilités par la numérisation des documents mis à disposition par les services d’archives d’abord sur CD-ROM, puis sur Internet (Archives départementales de la Mayenne en 2003). Les chercheurs peuvent ainsi travailler chez eux et à n’importe quelle heure. Les tables décennales sont au minimum proposées, puis les registres paroissiaux, les registres d’état civil, le cadastre, les recensements, et parfois les registres de conscrits, les répertoires de notaires, les tables de déclarations de décès… Mais comme le répétait récemment un conservateur des Archives nationales, les fonds ne seront jamais numérisés en totalité, ou en tout cas pas avant des décennies, car cela représente un travail colossal, un coût pharaonique, et un stockage de données très volumineux. Les documents numérisés aujourd’hui sont ceux qui étaient les plus demandés, donc l’opération était rentable, car il faut bien parler de rentabilité de nos jours ! L’objectif des numérisations est bien sûr la conservation des documents, mais pour les pouvoirs publics qui financent de tels projets, c’est aussi et surtout la réduction des coûts de fonctionnement et d’une masse salariale, qui n’est plus entièrement justifiée lorsqu’une salle de lecture devient quasi-déserte. Pour les autres fonds (notaires, juridictions, etc…), les associations pourraient jouer un rôle, mais les particuliers ou groupes de particulier aussi, grâce aux appareils photos numériques dont le rapport qualité-prix devient excellent. Déjà, sur Internet (site Généanet notamment) sont proposées les pages numérisées de registres ou de liasses entières. Or, bien que la loi les protège en partie, il ne faudrait pas que les services d’archives se fassent déposséder de leur rôle, ou alors elles doivent déléguer à qui de droit, notamment à une association qui pourrait effectuer des numérisations. Des partenariats ont déjà eu lieu, notamment avec des cyber-associations. A l’heure d’Internet, l’impatience de certains chercheurs est compréhensible, mais comme pour les relevés, il faut un minimum de concertation, pour ne pas se retrouver dans une jungle, ou l’exhaustivité des données et leur véracité seraient floues. Déjà, les internautes constatent des pages manquantes dans des lots de numérisations confiés à des sociétés sous-traitantes pourtant sous la responsabilité des services d’archives. Le pire est à craindre, si les opérations sont confiées à n’importe qui.

Suite logique, des services d’archives proposent ou proposeront prochainement des outils d’indexation des pages numérisées, permettant l’accès direct aux documents. Certains effectuent eux-mêmes l’indexation, par exemple le Service historique de la Défense pour les matricules des combattants de 14-18 sur le site Mémoire des hommes dès 2003.

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Mémoire des hommes

Plus récemment, le Centre des Archives d’Outre-Mer a numérisé et indexé l’état-civil de l’Algérie de 1830 à 1904, mis en ligne début 2009. Il se prépare à faire de même pour les DOM-TOM. D’autres services, notamment les archives départementales, comptent sur le bénévolat des internautes, adhérents ou non d’une association, et se dégagent de toute responsabilité en cas d’erreur. Les Archives municipales de Rennes sont les premières à tenter une expérience exemplaire depuis 2005. L’internaute s’inscrit d’abord sur le site. Il se voit alors attribuer automatiquement un lot de 40 vues, correspondant en moyenne à 250 actes, qu’il s’engage à indexer en quatre semaines maximum. L’indexation ne concerne ici que le nom de l’intéressé. En six mois, 102856 noms ont ainsi été indexés par 75 internautes de toute la planète pour les naissances de 1807 à 1880. Après une période d’observation, les décès sont actuellement en cours. Une indexation peut aller plus loin, avec le nom des parents, du conjoint, des témoins, des lieux-dits… L’expérience est en cours aux Archives départementales des Yvelines sur une petite période de 1850 à 1860, mais l’internaute travaille comme bon lui semble, sans lot d’attribution, ce qui risque à terme d’être une anarchie la plus complète.

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AD 78
Aux Archives départementales des Yvelines, une indexation très détaillée des actes est prévue.

Les associations classiques ou nouvelles pourraient donc encore avoir un rôle de coordination, via un partenariat. Une double vérification ne serait pas non plus inutile, la lecture des noms propres étant parfois difficile. L’opération ne doit pas non plus s’éterniser, des objectifs réalistes de date de fin doivent être fixés.

Si ces indexations sont plus détaillées que les relevés existants des associations, ceux-ci risquent de devenir caduques. Or, il semble bien que c’est ce qu’envisage un certain nombre d’Archives départementales (notamment le Morbihan). Sinon, l’intérêt d’une base de données est de pouvoir effectuer des recherches multicritères, aussi bien sur les conjoints, les témoins, ou encore les parents pour retrouver tous leurs enfants communs. C’est le plus que les associations peuvent proposer à leurs adhérents, pour accélérer encore leurs recherches. Par exemple, les relevés du CG22 (5 millions d’actes) sont consultables à la fois sur le site des Archives départementales, gratuitement sous le nom de Généarmor, et sur leur propre site sous le nom de Corail-net, moyennant une adhésion. Mais Corail-net est beaucoup plus performant au niveau rapidité et critères de recherches, alors que Genearmor n’offre pas l’avantage d’un accès direct aux actes, malgré un hébergement sur le site des Archives départementales. De même Généanet, propose moyennant l’adhésion à son club Privilège, un outil de recherche beaucoup plus performant dans sa base d’indexation des GEDCOM [2].

Poursuivre des relevés de l’état civil n’est peut-être pas utile, si des outils d’indexation sont proposés. Et les relevés d’autres documents ? Là encore, il faut s’entendre d’abord sur les projets de numérisation avec les services d’archives, car l’indexation doit être privilégiée.

En capitalisant leurs compétences, les associations doivent donc jouer un rôle majeur en incitant et participant aux futures numérisations et indexations, en partenariat avec les services d’archives, mettant gratuitement à disposition du public les résultats. Les cyber-associations sont déjà bien engagées. Par contre le bénéfice pour une association classique peut paraître incertain, mais son dynamisme, en participant à de tels projets, peut au contraire attirer des adhérents, comme au CG22. Les associations pourraient aussi participer à un projet encore plus important sur Internet avec l’Arbre généalogique universel, comme il sera vu plus loin.

La gratuité

Pour parvenir à ses objectifs, le généalogiste du futur n’agira pas autrement que par le passé. Il cherchera tous les moyens et outils mis à sa disposition, avec une escalade, où il aura toujours le choix d’abandonner ou de poursuivre, selon ses moyens financiers et son temps disponible.

1 - Il ira d’abord vers les outils gratuits, de plus en plus nombreux grâce à Internet, lui permettant de limiter frais de déplacement, d’hébergement, de courrier postal. Toutefois, comme par le passé, l’internaute sera un jour bloqué : lacunes, difficultés de lecture d’un acte, incohérence de données, site d’entraide saturé, indisponibilité prolongée ou disparition de sites… Bien sûr, il pourra patiemment feuilleter les pages d’un registre numérisé et non indexé, mais il évoluera beaucoup plus vite avec une base de données… Et il n’ira jamais ou presque dans un service d’archives…

2 - Il pourra ensuite interroger les données payantes d’un site commercial, qui risque au final de lui coûter assez cher. Pour survivre, ces sociétés devront enrichir leurs bases, baisser leurs tarifs, car la concurrence sera de plus en plus rude entre le gratuit et les associations. Certaines ont déjà diversifié leurs offres avec succès courant 2008.

3 - Pour une cotisation finalement assez minime, il s’engagera ensuite dans une association, qui devra être à la hauteur de ses espérances, avec un large panel de services (bases de données, forums, bulletin, formation, projets…), qui doit les différencier de groupes de particuliers, dont la pérennité, l’exhaustivité ou la présentation des données peuvent parfois être remises en cause.

4 - Dans les cas extrêmes, ou par manque de temps, il s’adressera à un professionnel, un généalogiste familial, qui arrivant plutôt en fin d’escalade, risque le plus de pâtir d’Internet.

Si Internet draine un nombre toujours croissant de généalogistes, les associations classiques devraient en capter une certaine part, qui leur permettrait de se stabiliser, voire de croître pour les plus dynamiques. Celles qui n’ont pas su s’adapter, aussi bien les petites que les grandes, sont appelées à disparaître. Pour les plus petites, un manque de moyens peut expliquer leur immobilisme. Une mutualisation de ces moyens (bulletin, site WEB…) pourrait les sauver, sans nécessairement parvenir à une fusion avec une autre association. Leur existence peut en effet être très légitime géographiquement et historiquement, et peut être un atout pour certains projets à assise locale, avec une bonne connaissance du terroir.

L’adhésion à une cyber-association est souvent symbolique, voir gratuite, mais les donations sont toujours les bienvenues. Les coûts de fonctionnement ne sont plus les mêmes qu’une association classique, pas d’édition imprimée de bulletin ou de tables représentant souvent plus de la moitié du budget, pas de local de permanence (loyers, assurances, EDF), pas de bibliothèque… De nombreux frais sont pris en charge par les adhérents eux-mêmes, leurs déplacements, le matériel informatique, les logiciels, les connexions Internet, les CD-ROM... Les frais minimum communs à tous concernent en fait l’hébergement du site, à moins que celui-ci soit pris en charge par une collectivité territoriale ou un service d’archives. Il n’est donc pas étonnant de voir une cyber-association limiter volontairement dans ses statuts son budget à 1500 €, somme correspondant parfois aux honoraires d’un expert-comptable de grandes associations…

Face à la quasi-gratuité d’Internet, les associations classiques doivent se battre et se justifier. Même s’il est probable que leurs sources de revenus diminuent, elles pourraient réduire le montant de leurs cotisations. Grâce aux outils modernes, comme vu plus haut, elles peuvent en effet faire des économies sur leurs charges en frais postaux, publications coûteuses de tables et de bulletins, locaux de stockage, salons… Comme dans toute crise, elles peuvent également sacrifier l’emploi de salariés, certaines tâches disparaissant avec l’informatique... Doivent-elles pour autant se transformer en cyber-association ? Ce serait un peu dommage, même s’il est vrai qu’une partie du budget, notamment la bibliothèque, profite directement à une minorité d’adhérents à proximité. Peut-être faudrait-il moduler la cotisation en fonction d’options de services, comme le bulletin, la formation, la bibliothèque, l’accès à la base de données ?

Le généanaute doit quand même comprendre qu’une association a besoin à la fois de bénévoles et de ressources financières, et que les projets entrepris sont pour le bénéfice de tous, y compris lui-même. Le site WEB doit à ce sujet le convaincre, le rassurer sur la rentabilité d’une adhésion. Il doit être une vitrine, plusieurs associations l’ont déjà compris. Généanet a bâti son succès sur la gratuité, mais propose des services supplémentaires payants. Les associations pourraient se rapprocher de ce modèle, avec des services ouverts à tous, d’autres réservés exclusivement aux adhérents. Certaines le font déjà, mais devraient mieux communiquer sur le sujet… en page d’accueil ! D’abord, les forums et indexations des bases devraient être ouverts à tous. Ensuite, les bases devraient être ouvertes à tous ceux qui y participent, adhérents ou non, après contrôle et validation des données. Pour les GEDCOM, le CG22 accorde déjà un accès illimité à leur base Granite-net aux internautes qui l’enrichissent. Pour les relevés de registres, un peu comme au CGSB, un accès aux bases via un bonus de points annuels devrait aussi récompenser ceux qui hésitent de travailler pour une association.

Mais réellement, les cotisations ne sont pas si excessives, vis-à-vis des économies gagnées par l’adhérent en frais de déplacements et d’hébergements. C’est surtout la multiplication des adhésions, pour ceux qui recherchent sur plusieurs régions, qui est problématique, alors qu’Internet n’a pas de frontières. Un généalogiste s’inscrivant à une association fédérée, devrait pouvoir bénéficier gratuitement ou à tarif préférentiel des services proposés par d’autres associations fédérées. Cela existe plus ou moins. Certaines associations ont déjà mutualisé leurs bases l’adhésion à l’une d’entre elles, permettant l’accès aux données des autres. Ainsi environ 70 associations travaillent sur Généabank avec 47 millions d’actes, 45 sur Bigenet avec 23 millions d’actes, et d’autres encore sur la base commerciale de Généalogie.com avec 60 millions d’actes [3]. Le chercheur peut s’inscrire à l’association où ses recherches sont les plus importantes, à celle près de chez lui, où il peut bénéficier de services de proximité, à celle distribuant le plus de points (pour Généabank), ou encore à celle la moins chère de France… Des dérives sont possibles. Mais harmoniser les montants des cotisations est difficile, car chaque association, en fonction de ses activités, a des coûts de fonctionnement différents. En raison de la répartition géographique inégale de la population, certaines associations pourraient devenir gigantesques, notamment celles parisiennes. Toutefois, le constat actuel est plutôt un attachement à sa région d’origine, peut-être aussi pour bénéficier du bulletin. Une de mes connaissances avoue ainsi adhérer à près de 40 associations généalogiques et/ou historiques pour leur bulletin principalement ! Mais à 30 ou 40 euros la cotisation, tout le monde n’a pas les moyens.
Cependant, plusieurs associations, même fédérées, ne mutualisent pas leurs bases. Un tarif préférentiel pourrait alors être envisageable à partir de la deuxième cotisation. Pour vérifier s’il peut être accordé, l’association interrogerait une base centralisée, idéalement gérée par la Fédération Française de Généalogie (FFG), à qui tout nouvel adhérent serait déclaré.

Toutes ses considérations deviendraient nulles, si les Mormons concrétisaient un ambitieux projet. En effet, en mai 2007, ils ont annoncé la numérisation et l’indexation de leurs millions de microfilms. Devant l’ampleur de la tâche, des bénévoles sont toujours recherchés, et la mise à disposition gratuite sur Internet ne s’effectue que très lentement. Grâce à des accords avec le diocèse de Coutance, des registres de BMS du 19e siècle sont en cours d’indexation. Les accords de 1987 avec les Archives de France ne s’entendent jusqu’à présent que sur le microfilmage, pas sur la diffusion des actes sur Internet (qui n’existait pas encore).

Le projet ultime : l’arbre universel

Internet n’apporte pas que des avantages. Plutôt égoïste, individualiste, avec parfois de la mauvaise volonté, et pire, un manque d’éthique, le généanaute est confronté à bien des problèmes souvent relayés par les forums et les blogs : diffusion des données récentes, pillage des données, diffusion d’informations fausses ou contradictoires, manque de vérifications et de sources, pas de correction systématique d’autres généalogistes, mails sans réponse ou sans remerciement…

Et pourtant, nous sommes tous frères !.. Pourquoi donc ne pas enrichir un arbre généalogique unique, partagé par tous, au niveau mondial, au lieu d’enrichir chacun dans son coin son propre arbre. Chacun y gagnerait un temps appréciable, inutile de chercher sur des quantités de sites et de comparer, inutile de refouiller dans les archives, détection plus simple des cousinages… Bien sûr, il serait possible de rapatrier une sélection de données en local sur son PC (avec les pièces jointes, contrairement aux GEDCOM actuels) ou d’éditer directement des arbres, des fiches familiales, des tableaux de cousinages, des états particuliers… Que d’énergies perdues aujourd’hui ! L’arbre universel devrait être l’aboutissement ultime de la Généalogie.

Techniquement, aujourd’hui, avec Internet, tout est possible, des outils de partage existent, un peu dispersés, mais qu’il faudrait rassembler. J’ai déjà exposé ma vision il y a trois ans dans divers médias [4], ainsi que dans un courrier au président de la FFG. Hélas, quasiment aucune répercussion, sinon quelques rares messages de soutien. Sans le savoir à l’époque, je n’avais pourtant rien inventé. Des bases avaient déjà été créées par les Mormons avec Ancestral File, par des diverses associations canadiennes, par des Américains en 2001 avec OneGreatFamily (site commercial), par un Ukrainien en 2004 avec Rodovid, et par un Tchèque en 2005 avec WikiTree.

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Rodovid

Ces projets sont pratiquement tous des échecs, pour les raisons que nous allons voir, et ont très peu été médiatisés. Trois points sont plus particulièrement critiques pour une réussite : l’unicité des individus, la fiabilité des données, et l’organisation, dont les associations pourraient tenir un rôle majeur.

Dans la base de données universelle, un individu ne doit apparaître qu’une seule fois. Face à une quantité phénoménale, les Mormons n’ont pas su détecter les doublons dans Ancestral File, base qu’ils ont remplacé depuis 2001 par Pedegree File, où un même individu peut à nouveau apparaître plusieurs fois. Quant aux associations canadiennes, elles n’ont pas réussi à s’entendre sur des périmètres géographiques, d’où des duplications d’individus dans plusieurs bases. Le site français généalogie.com, propose aussi des arbres partagés, mais à côté d’arbres individuels, où les doublons ne sont pas exclus. L’arbre universel pourrait démarrer par une « feuille blanche », où chaque individu serait saisi. Mais cela n’est pas réaliste, vu l’existence de bases de données qui pourraient être ré-exploitées, et qui sont principalement de deux types : les GEDCOM et les relevés systématiques.

Issus des logiciels, les fichiers GEDCOM seraient téléchargés vers l’arbre universel par les internautes, puis les doublons seraient détectés et fusionnés. Le rapprochement de doublons est toutefois un travail énorme. Il est difficile de l’automatiser informatiquement en raison de la variation de l’écriture d’un nom ou d’une mauvaise saisie de date par exemple. Une intervention humaine est nécessaire pour une validation en cas de divergence, ce qui est cas très fréquent. Chez OneGreatFamily, une importante équipe est dédiée à ce travail, et justifie à elle seule le paiement des clients. Disposant de très nombreux GEDCOM dans sa base, Généanet détecte automatiquement chaque semaine les doublons potentiels, les signale aux déposants (membres privilège payants), mais n’offre aucune possibilité de fusion. Les raisons sont a priori plus techniques que commerciales. L’abonné découvre en tout cas un cousin facilement, mais doit comparer et ressaisir si nécessaire les données complémentaires sur son propre arbre. Depuis l’été 2007, le CG22 propose le même service avec sa base Granit-Net, alimentée par les GEDCOM de ses adhérents ou non (selon sa politique d’ouverture). Pas de fusion automatique des doublons, non plus.

Les bases de relevés systématiques de l’état civil peuvent provenir des associations, des particuliers, de sociétés commerciales, et depuis peu des services d’archives avec leurs indexations détaillées. A partir de ces bases, un programme serait capable de reconstituer les filiations. L’unicité de l’individu serait mieux assurée, mais pas certaine en raison encore une fois des variations d’écriture du patronyme, voire de l’usage de prénoms multiples (différences entre les actes de naissance, mariage, et/ou décès). De plus, de nombreuses filiations n’apparaissent pas dans certains actes, notamment les mariages les plus anciens, ou peuvent être erronées. Dans les cas extrêmes, les curés confondaient ou inversaient les noms des personnes. De ce fait, de nombreuses filiations risquent de se limiter à deux générations, celles parents-enfants des actes de baptêmes. Certains particuliers ont déjà tenté de telles reconstitutions pour une commune donnée, en saisissant chaque acte, donc sans passer par un programme de reconstitution. Dans le Morbihan, des exemples sont en ligne pour l’île de Groix et pour Belle-Ile-en-Mer. Toutefois, manifestement, des doublons restent à fusionner, tandis que certaines fusions ont été trop rapides.

Que ce soit via un GEDCOM ou via des relevés, les données ne sont donc pas fiables à 100%. L’avantage des relevés est d’avoir un recensement exhaustif, hors lacunes, pour un territoire bien circonscrit, et d’avoir déjà la référence de la source. L’avantage du GEDCOM, c’est le bénéfice du long travail intellectuel du généalogiste, qui complète les filiations et les lacunes via l’observation minutieuse et méthodique des parrains, des marraines, des témoins, ou des hameaux des registres paroissiaux, ou via des sources complémentaires (notaires, décrets de justice…), dont la référence ne doit pas être oubliée. L’idéal serait peut-être de constituer d’abord une trame avec les relevés, en fusionnant un maximum de doublons. Les internautes pourraient ensuite intervenir pour compléter les filiations manquantes, notamment celles directes jusqu’à eux. Certes, pour certains d’eux, ce serait un travail à refaire par rapport à leur GEDCOM, mais un travail à refaire une bonne fois pour toute, et pour tous.

Pour ajouter des filiations et des données, l’internaute doit à chaque fois apporter la preuve, c’est le second point critique. Or pratiquement tous les sites et logiciels de généalogie pêchent aujourd’hui pas une mauvaise gestion des évènements et des sources, pourtant nécessaire pour valider avec sûreté des données. Au moins deux évènements concernent un individu : sa naissance et sa mort. Ensuite, entre les deux, il peut y avoir un baptême, un mariage, un divorce, un parrainage, un témoignage dans un acte, un diplôme, une embauche, une acquisition immobilière... bref tout ce qui peut être datable. Ces évènements sont de catégories différentes (famille, formation, carrière, biens…), mais devraient être gérés de manière homogène. A un évènement peut correspondre une ou plusieurs sources. Cette source peut être un texte intégral ou résumé, un document numérisé, un enregistrement sonore, une photographie, une vidéo. A une source peut correspondre plusieurs évènements concernant un ou plusieurs individus, par exemple, un baptême concerne l’enfant, le père, la mère, le parrain, la marraine, un acte de vente concerne l’acquéreur, le vendeur, les cautions, les témoins... La source doit être unique, au même titre que l’individu. Le rôle de l’internaute serait d’établir des liens évènements entre cette source et un ou plusieurs individus. Une base des sources est donc à créer. Elle serait alimentée par les internautes déposant des documents sur le site spécifique, ou créant des liens vers des documents en ligne du services d’archives.

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Pour toute personne de sa généalogie figurant dans le cadre Identité, il est possible de rechercher sur Internet, selon les critères figurant dans le cadre Service +, des sources pouvant correspondre, ici 87 dans le cadre Résultats. Quelques détails sur la source apparaissent dans le cadre en bas à droite. Certains actes sont payants.

Depuis septembre 2006, Généanet propose de créer des liens entre sa base Acte en Lignes et des arbres, mais pour des arbres individuels… Encore plus avancés, Planète Généalogie et Hérédis proposent la création d’évènements dans une généalogie personnelle, à partir de sources gratuites ou payantes trouvées sur Internet.

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Les événements sont particulièrement bien gérés dans Planète Généalogie.

Plusieurs applications généalogiques de technologie WEB 2.0 apparues courant 2007, tels que Geni, présentent aussi particulièrement bien les évènements (formation, carrière professionnelle…), mais manquent de fonctions de base comme les éditions.

Pour les périodes récentes, l’internaute cherchant à se rattacher à des ancêtres devrait prouver sa filiation par des documents, que lui seul peut obtenir en raison des délais légaux de consultation. Il ne pourrait donc établir les filiations de ses collatéraux proches, sans le consentement de ceux-ci, ou du moins, les filiations ne seraient jamais validées sans preuve dans l’arbre universel. Poussant la logique, cette base pourrait devenir le référentiel du cyber état civil, moyennant des accords avec les pouvoirs publics. Néanmoins, cette idée paraît encore très utopique…

Une preuve suffit-elle ? Pas vraiment, puisque certains ne s’embarrassent pas avec des homonymes, par exemple à partir du moment où un acte de baptême est trouvé, alors que la naissance se situe en fait dans une période lacunaire. Ceci est particulièrement vrai pour un GEDCOM, non exempt d’erreurs, alors que des relevés systématiques seraient un peu plus fiables. Un contrôle, une validation est donc nécessaire, et pour cela, toute une organisation est à prévoir. N’importe quel internaute ne peut pas faire n’importe quoi anonymement. Il doit d’abord s’inscrire au projet. Toutes ses actions seront ensuite temporaires et nécessiteront une validation de la part de plusieurs modérateurs (ou cantonnier pour reprendre le terme d’une cyber-association). Qui seraient les modérateurs ? D’autres internautes inscrits aux pouvoirs étendus sur un périmètre limité de la base, un groupe de travail, par exemple sur une commune, un canton, une période, un patronyme… Ils pourraient se déclarer volontaires, mais pour éviter tout abus, une autorité supérieure, un régulateur, serait nécessaire. C’est là que les associations pourraient intervenir. Elles pourraient accorder leur confiance non seulement à ses adhérents, mais à d’autres internautes. Un modérateur devra avant tout être très motivé, avoir de l’expérience, et ne pourra pas valider à lui seul les données d’un internaute, ou ses propres données. Le régulateur devra définir le nombre de modérateur nécessaire pour une validation. Par exemple, pour une commune donnée, un groupe de travail pourra comprendre dix modérateurs, dont seuls trois seront nécessaires pour une validation. Un modérateur pourra intervenir sur plusieurs groupes de travail. Il pourra émettre son véto, ou demander à l’internaute des précisions avant la validation. L’internaute sera prévenu par mail de la validation de ses données, ou aura la possibilité de relancer le groupe de travail en cas de retard. D’autres internautes inscrits seront aussi prévenus par mail des validations concernant leurs ascendants selon un rythme journalier, hebdomadaire, ou mensuel selon leur souhait. En cas d’erreur sur une validation, une intervention plus technique pourra être effectuée par le régulateur, qui en tirera des conclusions. Pour un migrant entre communes, cantons, départements ou pays, apparaissant donc sur deux territoires distincts, la fusion de doublons s’effectuerait par l’un ou l’autre des deux groupes de travail concernés.

L’organisation est primordiale pour la réussite du projet. D’un côté, la base de données doit être commune à des millions d’internautes de toute la planète (même si techniquement, elle peut être répartie sur plusieurs serveurs distants de milliers de kilomètres ou en plusieurs sous-bases). D’un autre côté, les petits groupes de travail bien motivés doivent avancer sur des régions délimitées qu’ils connaissent bien. La répartition territoriale des régulateurs doit se faire encore par une autorité supérieure, qui pourrait être la FFG, à moins d’accord naturel entre régulateurs indépendants. Les petites associations locales ont toutes leurs places dans ce dispositif. Il ne faudrait surtout pas que se reproduise les incidents qui eurent lieu entre associations canadiennes. De même, l’échec des bases Rodovid ou WikiTree peut s’expliquer par le manque d’assise locale, de contrôle, et aussi de formation (très peu d’aide en ligne), de sources… De nombreux généalogistes seraient prêts à adhérer à un tel projet, même le « copilleur », qui n’adhère pas à une association et ne va jamais aux archives, mais est prêt à s’investir chez lui grâce à Internet, sur un projet précis et dans un temps limité, comme le démontre les opérations actuelles dans tous les sens.

Bien que souhaitable, l’accès gratuit à l’arbre universel paraît difficile. D’une part, des coûts sont à prévoir pour les infrastructures informatiques, le développement de programmes, la mise en route, la maintenance… D’autre part, certains ne voudraient sûrement pas se faire déposséder sans contrepartie de leurs bases de données. L’adhésion à une association serait donc obligatoire, et des royalties devraient être reversées aux sociétés commerciales. Avant de démarrer un projet d’une telle ampleur, l’engagement sans faille de tous les acteurs propriétaires de base est absolument nécessaire. Ayant une bonne représentativité nationale, la FFG devrait être le coordinateur, avec le soutien de l’Etat.

Il est bien probable que certains ne voudraient jamais voir naître un tel projet, et serait prêt à le saborder, se décourageant face aux difficultés inhérentes de mise en place, craignant pour leurs intérêts financiers, ou encore se remémorant de vieilles querelles de voisinage. Pourtant, chacun pourrait y trouver son compte, les particuliers bien sûr, mais aussi les associations, les archivistes, les historiens, les collectivités territoriales, et même les sociétés commerciales. Il faudrait en fait canaliser toutes les énergies, aller tous ensemble vers un objectif bien précis… un accès unique et fiable à des données, pour un prix modique. Et que les associations inquiètes se remémorent leurs principes fondateurs…

Notes

[1Les opinions exprimées ici n’engagent que moi-même, et en aucun cas le CGSB.

[2Le GEDCOM est une norme d’échange de données entre logiciels de généalogie.

[3Chiffres à fin 2008.

[4Site histoire-généalogie.com (en mars 2006), La Chaloupe (n°78 du 2e trimestre 2006), revue nationale Votre Généalogie (n°14 de août-septembre 2006).

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11 Messages

  • Cybergénéalogie : Les associations face à Internet 4 juin 2009 15:11, par Pascal Duchamps

    Bonjour,

    Merci pour votre article. Passionné de généalogie, j’ai découvert un site FamilyBy.com qui permet de construire son arbre généalogique et d’inviter sa famille à nous rejoindre pour construire l’arbre ensemble.
    On peut de cette manière découvrir de nouveaux membres de sa famille ajoutés par un cousin par exemple.
    Je trouve que c’est très pratique et facile à utiliser. Je vous recommandeé FamilyBy.com. En plus, c’est gratuit.

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  • Cybergénéalogie : Les associations face à Internet 5 juin 2009 07:34, par Jean-Louis MOREL

    Bonjour à Tous,

    Christian,
    Ton article est très intéressant, mais ...

    Concernant l’arbre unique « universel », tu oublies de mentionner le projet Roglo qui existe depuis plus de 10 ans et qui est bien un arbre unique sans doublon et gratuit. Ici encore, c’est un projet qui ne connait pas la « publicité » qu’il devrait connaître. Pourtant... si tous les généalogiste du monde... patati patata...

    Merci encore pour cet article.

    Répondre à ce message

  • Cybergénéalogie : Les associations face à Internet 5 juin 2009 10:40, par François Lerebourg

    Bonjour Christian,

    Votre article est très détaillée sur les expériences Associations, Internet et Généalogie.
    Je voulais vous faire part du service gratuit du CDIP (Editeur du Logiciel Généatique) qui est assez récent avec le site mes-arbres.net
    En effet, nous sommes persuadés que les clubs de généalogie ont un rôle à jouer sur Internet. C’est pour cela que nous avons créé un espace spécial pour les associations de généalogie. Cela leur permet de publier facilement les généalogies de leurs adhérents. Au niveau de l’association, la recherche de personnes dans la base de donnée peut-être restreinte aux généalogies déposées par l’association qui gère le compte. Par ailleurs, la cyber association peut mettre à disposition de ses adhérents des relevés d’acte ou des bases de données généalogiques. Le site va encore évoluer dans cette direction.
    Nous communiquerons prochainement plus en détails sur ce sujet.
    Bien cordialement
    François Lerebourg, CDIP

    Voir en ligne : Mes-arbres.net pour la gestion des cyber-associations de généalogie

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  • Cybergénéalogie : Les associations face à Internet 6 juin 2009 07:50, par Jean Walraet

    Félicitations Christian pour votre article.

    Parmi les points critiques, vous avez signalé la fiabilité des données. Vous avez raison. La prolifération des erreurs est amplifiée par les nouvelles technologies. Que faire ? Insistez sur l’importance des sources ne suffit pas. Nous connaissons tous des erreurs que l’on retrouve sur de nombreuses généalogies. Un auteur tient compte de vos remarques mais entre temps trois autres ont recopié l’information erronée en signalant comme source le premier auteur. A titre individuel, donc sans effet, j’ai créé un champs « divergence » dans ma base, qui signale les contradictions entre deux sources. Je trouverais intéressant que les concepteurs de logiciel de généalogie prévoient ce genre de champs, que des bases comme Geneanet puissent proposer une indexation d’individu sur les « divergences », que les fichiers Gedcom aient un marqueur « divergence ». Je crois vraiment que la fiabilité des données est le point le plus critique du développement exponentiel de la généalogie.

    Félicitations encore pour votre article.

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  • Cybergénéalogie : Les associations face à Internet 6 juin 2009 10:15, par GILBERT LEROI

    Félicitations à MR Christian DUIC pour cet article. Cependant, il est fait référence aux archives départementales de la MAYENNE. Je suis amené pour des recherches familiales à consulter ces archives sur Internet. Il y a un GROS SOUCI ; en effet les actes d’état-civil ne peuvent étre consultés qu’au delà de 150 ANS !!! Ceci est très pénalisant quand en plus il nous est retournée toute demande faite par courrier auprès des COMMUNES de ce département, qui nous orientent systématiquement vers ....Les Archives Départementales.

    Répondre à ce message

  • Belle étude de l’évolution de la généalogie. Ce qui doit se faire va se faire.
    Je suis persuadé que l’arbre universel est en route. Les hommes et les femmes ayant existé dans le passé n’appartiennent ni à leurs descendants, ni aux généalogistes quand bien même ils aient dépensé du temps et/ou de l’argent pour les trouver, ni aux associations, ni aux sites commerciaux... Chaque individu ayant existé dans le passé est unique. Il devrait effectivement pouvoir disposer d’une fiche d’identité post-mortem qui rendrait unique son identité.
    Je fais de la généalogie depuis trente ans. Je peux témoigner qu’il y a l’avant et l’après Internet. Grâce à Internet, c’est tout le travail des milliers de petites fourmis que nous sommes qui est mis en commun, échangé, valorisé, consolidé. Tous les généanautes parviennent relativement facilement à leur aïeux ayant vécu au XVII siècle. C’est-à-dire à leurs aïeux de leur douzième génération (disons à plus ou moins deux générations). Pour chacun d’entre nous cela représente un nombre d’aïeux de l’ordre de 2000 personnes. Pour imager la perspective inévitable d’un arbre universel, je vous propose la réflexion suivante : la France est composée de 36000 communes. Si dans chaque commune il se trouve un seul généanaute pour vouloir échanger ses données (celles qui lui sont le plus personnelles c’est-à-dire les aïeux de sa propre ascendance), potentiellement cela remplirait une base de données de 72 millions de personnes. Comme la France ne comptait qu’une vingtaine de millions de personnes à cette époque, on voit bien là la redondance des infos. Trouver un seul généanaute par commune ne me semble pas du domaine de l’utopie. Ce n’est qu’une question de temps. Trouver tous nos ascendants de la douzième génération n’est pas non plus impossible : cette étape est atteinte par beaucoup d’entre nous.
    La société avance, les outils se modernisent. Je suis convaincu que l’arbre universel, gratuit ou payant, c’est-à-dire la base de données qui réunira les fiches d’identité de nos aïeux est en marche. Ce n’est plus un problème technique - les serveurs existent qui peuvent héberger des millions d’infos - c’est un problème de déontologie, comme le sont les réflexions sur toutes les évolutions de la société (clonage, piratage Internet etc…). Ceux qui veulent protéger leurs données, qui râlent contre les pilleurs, qui freinent les échanges, sont dépassés. Personne ne pourra résister à la poussée incontrôlable, inévitable de la soif de connaissance. Il y a trop de curiosité, d’affectivité dans la recherche de ses racines. Les gens veulent savoir d’où ils viennent.
    Nous avons chez nous en France la chance de posséder des enregistrements fiables de l’identité de nos ancêtres. Quel autre pays au monde pourrait présenter le recensement exhaustif de sa population disons quatre siècles plus tôt ? Alors allons-y. Que celui qui a le talent de fédérer tout cela, se lance. Personnellement je le soutiens.

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  • Bonjour,

    Je tiens à dire que votre article est excellent et très lucide et que je partage totalement votre vision sur le but ultime de la généalogie, à savoir créer l’arbre généalogique et pas des arbres généalogiques.

    Cela fait environ un an et demi qu’avec trois puis quatre et actuellement huit « cousins » nous avons commencé à travailler en commun sur un arbre communautaire en ligne sur une zone d’environ trois cantons. Nous avons au début fixé les règles : nous sommes parti de 0, avons rentré les événements un à un en faisant les éventuels recoupements et liaisons entre nos données en partant du postulat de base que nous ne rentrerions que ce que nous avions vérifié nous même.
    Aujourd’hui cette base contient environ 33 000 individus et je crois que son niveau de fiabilité est élevé.
    Nous utilisons pour travailler le programme PhpGedView que vous ne citez pas dans votre article.

    Autre règle fixée au départ, nous avons décidé de garder dans un premier temps ce travail confidentiel et de recruter les participants par cooptation, en effet le plus difficile dans une action de ce genre est de
    faire travailler les gens ensemble, il faut pour cela se connaitre et être peu nombreux.

    Je ne l’ai jamais fait mais je sais qu’il est possible de faire des liens pour un individu vers un autre site PhpGedView ce qui permettrait de faire des passerelles entre zones géographiques couvertes sans doublons.

    Répondre à ce message

  • Cybergénéalogie : Les associations face à Internet 6 juin 2009 23:32, par Marc TUDEAU

    Bravo pour cet article
    Vous y passez en revue les moyens et les outils et les perspectives d’ unification de données à laquelle tout généalogiste rêve.

    Je soulignerais deux points :
    -à qui appartient la donnée de base et que recouvre la donnée de base : nom, prénom(s) dates, lieux, métier, évènement.....
    on voit très vite -en France - que pendant des siècles ces données ont été élaborées et conservées par les membres des clergés, des auxilliaires de justice puis que presque les mêmes tâches ont été effectuées par un service public. Un baptème catholique un baptème protestant, une naissance dans notre état-civil ne comprennent pas les mêmes informations.
    Le seul fait qu’ un clergé, quel qu’il soit, ait saisi et conservé des données personnelles mène tout droit aux pires excès, la période de la collaboration n’ est pas si lointaine... et la mise en place révée par un pouvoir centralisateur d’ un méga (et meta) fichier (EDVIGE) et de nos données les plus personnelles (notre ADN) a un côté Big Brother qui doit nous faire réflechir. J’ ai récemment reçu des USA une offre de service généalogique via un prèlevement de mon ADN.

    -qu’ est-ce qu’un arbre généalogique et pourquoi en bâtissons nous ?
    c’est avant tout une base de données, qu sens informatique du terme - construite sur un format a peu près universel (GED) encore que les usages locaux concernant la codification des lieux, le « middle name » et d’ autres champs rendent difficile la fusion de bases issues de pays différents.
    Qui dit base de données dit gestion de base de données. Nos logiciels sont de bien faibles outils au regard des SGBD utilisés en gestion d’ entreprise (absence de langage de requete type SQL, d’outils de construction détats etc...Mais la micro-informatique et Internet sont des outils dont les possibilités croissent exponentiellement, et le Net est un formidable espace de communication. La technique d’ enregistrement de consultation, d’ échange existe et se perfectionne de jour en jour.
    Notre arbre, auquel nous avons consacré des années de recherche, de travail, qui nous a coûté en frais de déplacements, d’ abonnements, de consultation, pourquoi et pourqui le construisons nous ? Sans doute pour répondre à deux besoins : savoir d’ où nous venons et transmettre cette connaissance. En avons nous la pleine propriété, est-ce une oeuvre protégeable par un droit ? Je crois au contraire aux vertus de l’ échange et du don. Du contact d’ autrui naissent des corrections mutuelles et des enrichissements. Evidemment ce n’ est pas une raison pour publier n’importe quoi. La loi de Juillet 2008 sur les délais de communicabilité des archives s’ impose à nous et la CNIL permet à chacun de rectifier les données le concernant.
    Alors oui, les associations ont un rôle à jouer, un rôle d’ éducation, de rappel des bonnes pratiques, et je rajouterai un rôle d’ interpellation des hébergeurs (sont-ils responsables du contenu qu’ils hébergent ?) Elles sont aussi, tant sous leur forme traditionnelle que sous leur forme dématérialisée que sont les groupes de discussion un lieu d’ échanges irremplaçable.
    Encore merci pour cet excellent article
    Marc TUDEAU

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  • Cybergénéalogie : Les associations face à Internet 8 juin 2009 17:49, par Françoise Talandier

    Bonjour

    J’ai beaucoup aprécié cet article car il pose les bonnes questions sur l’avenir des associations et celle de la généalogie.

    L’analyse de la situation actuelle de la recherche telle qu’elle est pratiquée par les généalogistes actuellement, et le défi qu’Internet impose aux associations sont très documentés et très intéressants.

    Cependant je n’adhère pas à l’idée d’un arbre unique (je suis naturellement non jacobine) et encore moins à un état-civil unique mondial (là, j’ai des frissons !).
    Je crois qu’effectivement les associations doivent se fédérer pour fournir un travail plus conséquent, en raison des moyens mis en oeuvre, mais , pour moi, le principal intérêt de la généalogie (pour un particulier) n’est pas d’aligner des ancêtres mais de chercher des pistes (parfois comme une énigme policière)et d’échanger avec d’autres généanautes qu’on n’a aucune autre raison de connaitre.
    Mon principal plaisir est de découvrir des anecdotes cachées entre 2 actes d’un registre (c’est plus facile depuis qu’ils sont en ligne) quand on recherche un acte particulièrement difficile à trouver. J’ai peur qu’avec ce systême on suprime (pour les généalogistes futurs) toute envie de faire ... de la généalogie.

    Il serait souhaitable que ce très bon article puisse lancer le débat : que souhaite le généalogiste et qu’attend-il des associations ?
    Françoise

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  • Cybergénéalogie : Les associations face à Internet 9 juin 2009 14:32, par Jean-Marie

    Bonjour,
    Votre article est remarquable car il énonce le résultat d’une analyse sérieuse et lucide de la situation actuelle.
    Les Associations généalogiques sont à un tournant de leur histoire. Elles doivent prendre ce virage avec sérénité mais aussi avec courage car les données d’aujourd’hui sont complètement différentes de celles d’hier et demeurent malgré tout en pleine évolution.
    Bien d’accord avec l’important travail qu’elles doivent fournir pour présenter des sites agréables et représentatif de leurs activités. Parmi celles-ci, le devoir de fédérer les énergies et concentrer les efforts pour en éviter la dispersion (dépouillements d’actes recommencés indéfiniment)
    J’aimerais aussi relever une lacune, les Associations ont aussi un devoir de mémoire.
    Elles ont souvent à la tête de données uniques et fragiles qui risquent de disparaître avec elles. Elles ont le devoir de les pérenniser. Elles sont aussi en mesure d’inciter et d’aider leurs adhérents à publier (écriture d’articles ou édition de plaquettes ou de livres) ou à sauvegarder leurs travaux (en les déposant par exemple auprès des Archives départementales - quitte à les accompagner d’un délai de consultation si le déposant estime que certaines données sont contemporainement sensibles).
    L’arbre universel me semble une idée intéressante qui mérite d’être bien étudiée en réfléchissant à toutes les incidences qu’il pourrait avoir sur le plan éthique ou déontologique. Il est évident que l’histoire des familles transcrite par les généalogistes est d’une importance exceptionnelle. L’historien de demain aura un matériau irremplaçable et d’une richesse incomparable pour analyser les facettes infinies de l’histoire.
    Faciliter les recherches qui serviront à reconstituer les squelettes familiaux à base de dates et d’évènements est certe très important, mais pour en tirer la substantifique moelle il faut absolument lui mettre de la chair autour des os comme l’a dit un jour mon ami Reynold de Serresin qui fut à l’origine (voilà plus d’une tentaine d’année)de cette expression qui a fait depuis ses choux gras !
    Merci encore pour cet article et pour les réflexions qu’ils ne manque pas de susciter.
    Jean Marie

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