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Gilbert Godard, un personnage hors du commun qui n’ira pas au bout de ses ambitions (3e épisode)


jeudi 22 octobre 2015, par Danièle Godard-Livet

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Lorsque j’ai commencé mes recherches, je savais simplement que M. le maire des Salles s’appelait Godard mais j’ignorais que nous avions des ancêtres communs et je suis arrivée trop tard pour rencontrer le mari de ma cousine. Et quel ancêtre que ce Gilbert Godard qui a laissé 1 000 pages de procédures en tous genres qui m’ont été confiées par mes cousins ! Un personnage, sans aucun doute ! Mais qui a quitté Coubanouze à la fin de sa vie, pour rejoindre ses enfants, de nouveau fermiers à St Jean la Vêtre où la famille Godard restera pendant deux générations. C’est Marie Roiret, une femme de la trempe de Gilbert, une lointaine cousine d’un séminariste martyr de la révolution guillotiné à Lyon en 1794 (Mathieu Roiret), épouse d’un petit-fils de Gilbert ramènera ses enfants à Coubanouze.

Gilbert Godard règle les affaires de Jeanne

Gilbert Godard apporte avec lui des relations et une connaissance des procédures et des mondes judiciaires et commerciaux qu’il va mettre au service des affaires embrouillées de Jeanne en commençant par un solide contrat de mariage qui s’efforce de garantir la transmission de l’héritage de Jeanne, la terre de Coubanouze si durement acquise.

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Contrat de mariage entre Gilbert Godard et Jeanne Cohas
Gilbert Godard est dit marchand demeurant au lieu de Landrevie paroisse de St Priest la Vêtre et Jeanne Cohas est dite veuve de Pierre Maréchal aussi marchand et demeurante à Coubanouze.

Le contrat de mariage de Jeanne et Gilbert Cohas

Dans le contrat de mariage de Jeanne et Gilbert Godard, Gilbert renonce pour 1800 livres aux droits sur l’héritage de ses parents et de son frère Mathieu décédé, au profit de son frère Jacques marchand à landrevie et s’engage à payer la dot qu’il apporte en lits, couvertures et armoire en frêne fermant à clé (600 livres). Jeanne s’engage à payer 357 livres à sa sœur Toussainte et à son mari pour qu’elle renonce à ses droits sur l’héritage de leurs parents et de leur frère et sœur décédés. Sa sœur et son beau-frère conservent des droits sur un frêne et un cerisier. Le contrat de mariage comporte également un long paragraphe sur la transmission de l’héritage de Jeanne Cohas :

« au surplus convenu entre les futurs conjoints qu’un des enfants qui naitront du présent Mariage sera l’héritier universel de ladite Jeanne Cohas aux charges de la legitime de droit des autres enfants et d’hérédité et dans le cas où ladite jeanne Cohas vint à décéder intestat et sans faire le choix de celuy de leurs enfants qui pourraient naître du présent mariage alors et dans ce cas seulement ce sera l’ainé des enfants mâles et à défaut d’enfant mâle ce sera l’ainé des filles comme encore ladite future épouse viendra à décéder avant son dit futur époux celui ci aura la liberté de nommer celui que bon lui semblera de leurs enfants pour héritier de ladite Cohas sa future épouse. » Source : archive privée Coubanouze 1774.

Gilbert Godard règle progressivement toutes les affaires de Jeanne ; d’abord avec la famille en 1775 avec Claude Cohas, le petit neveu de Chalmette (271 livres) et Mathieu Cohas le grand oncle tisserand de St Romain d’urfé, puis en 1778 Claude Cohas l’oncle oncle charpentier de St germain Laval (….). Mais sans doute n’honore-t-il pas toujours les promesses faites, car 1779, on voit revenir les mêmes affaires avec Romain Rochon, Claude Cohas de Chalmette et Claude Cohas le charpentier de St Germain Laval pour la coquette somme de 799 livres qu’il emprunte à Etienne Godard, son cousin prêtre (fils de Jean qui s’est marié à St Julien la Vêtre), avec promesse de lui rendre annuellement la somme de 39 livres 11 deniers 19 sols.

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La quittance de 799 livres acquittée par le cousin prêtre

les dits mariés godard et cohas s’acquitter envers ledit maître Godard de la susdite somme de 784 livres et dix huit sols laquelle jointe à celle 75 livres à eux présentement porté par ledit maître godard forme la totale de 799 livres dix huit sols feront avec la même solidité que de plein gré et consentir au dit maitre Godard la rente annuelle et constituée de 39 livres dix neuf sols onze deniers dont le premier paiement commencera ce jourd’huy en un an et ainsi continuera annuellement ainsi que lesdits mariés godard et cohas s’y obligent toujours avec solidité jusqu’au remboursement du capital et paiement des arrérages lors échus coûts du présent acte et juste frais ainsi voulu expectivement accepté et promis observé à peine de dépens par promesse serments, obligation soumission renonciation et clauze plus requise fait et passé au bourg de Champoly après midi le 29 février 1779 ont les dits maître godard, ledit claude cohas de chalmette et ledit gilbert godard signé et non les autres parties qui ont déclaré ne savoir signer de ce enquis et sommés sur la minute ont signé godard prêtre godard cohas delestra notaire royal et grangeneuve notaire royal, controllé à Cervièresle 18 février 1779 reçu 6 livres 6 sols et signé delavalette commis pour expédition guernard notaire royal légataire des minutes de grangeneuve. Source : archive privée Coubanouze 1799.

Les affaires de Jeanne semblent réglées, mais Gilbert n’est sans doute pas bon payeur et semble préférer vivre à crédit plutôt que d’honorer ses dettes. Aussi certaines affaires reviennent-elles au fil du temps, non réglées, augmentées des intérêts et de frais de procédures. Gilbert aime les procédures, sait s’en arranger, les faire durer à son avantage, que ce soit à son profit ou pour toute la famille.

On retrouve dans ses papiers (toutes archives privées de Coubanouze) :

  • Les contrats de Mariage de sa belle-sœur françoise avec Vachon (1779), de sa belle-sœur Marguerite avec Begon (1784).
  • Le procès qui oppose les héritiers de Girodié prêtre (allié à ses sœurs et demie sœur Marie et Jeanne Georges mariées avec des Gros de Noirétable, du hameau de la Fressinie ) vers 1800.
  • Et toutes les affaires que nous allons rapidement évoquer. Mais il nous faut auparavant évoquer Coubanouze.

Parlons un peu de Coubanouze, si cher à mes ancêtres [1]

Coubanouze est un hameau anciennement peuplé de la paroisse des Salles ; le nom apparaît plusieurs fois au XIVe siècle dans les chartes du Forez. Il semble s’agir du nom d’une famille Descombanosa comptée parmi les principaux tenanciers de la Chatellenie de Cervières dans le terrier des droits de garde de Cervières daté de 1311 [2].

Un document daté de 1610 conservé dans les archives privées des Godard de Coubanouze fait état une rente noble d’une certaine Peronnelle Coubanouze, veuve de Jacques Payen (ou Pain) qui a fait don d’une parcelle à la Confrérie du St Esprit des Salles... et nous apprend le nom des propriétaires voisins : Dulac (Antoine en 1515, Claude en 1602), Mathieu Vassoge, Jean Meunier, Jean Goutangre, Hugues Rochon, les mineurs Girard, un couple Beal-Bruyère... des patronymes que nous retrouvons parmi les voisins de Gilbert Godard [3]. Le non-paiement des loyers à la Confrérie attirera bien des rappels à l’ordre de mes aïeux Cohas et Godard.

Coubanouze est un endroit très agréable, en hauteur et bien drainé, dans une paroisse assez largement marécageuse, bien pourvue en étangs et en tourbières [4]. On y domine l’étang et le château de la Goutte et on y aperçoit au loin les fortifications de Cervières.

C’est aussi un lieu paisible ; le château de Cervières (construit en 1181) a été rasé en 1634 comme bien d’autres (bien que le Comte de Forez rendît déjà hommage au roi de France), c’est devenu la place du marché ; et la bataille de la plaine des Bataillouses (1567), opposant catholiques et protestants est bien loin.

A l’époque qui nous occupe, c’est un lieu de commerce (les foires de Cervières), d’artisanat (cuir et bonneterie et chapellerie, puis viendront les granedières, brodeuses d’uniformes militaires) et d’industrie ( la fonderie de plomb qui exploite le minerai des mines de Poyet se trouve au pied de la digue de l’étang de Coubanouze et les fours à chaux de champoly qui traitent le filon calcaire ne sont pas loin). La féodalité y a aussi perdu de sa superbe et de sa rudesse :

  • Étienne François Kair de Blumestein (1712-1799), seigneur de la Goutte est un Inspecteur des mines d’origine allemande, établi en 1730 à la Goutte et habitant le (modeste) château depuis 1753. Son fils Jean Baptiste, ingénieur des Ponts et Chaussées prendra sa succession et sera le premier maire des Salles ;
  • Le dernier seigneur du Bost, Edmée du Bost de Chaussecourte, est un curieux personnage dont l’histoire est racontée par A. Compigne dans son « Histoire documentaire du pays de Noirétable » publiée en 1913 et accessible sur Gallica. Célibataire endurci, il n’épouse qu’en 1788 sa maîtresse, la roturière Catherine Jothie, dont il a quatre enfants (dont trois épouseront des neveux de Gilbert Godard) ;
  • L’histoire des seigneurs de la Merlée (toujours selon le même A. Compigne) est encore plus triste et la famille ne se relève pas du crime de la Merlée (en 1591, le seigneur et son fils sont assassinés et le château pillé, le neveu est accusé d’avoir laissé périr son oncle et meurt sous la torture (légale) en 1598).

l’activité procédurière de Gilbert Godard

Parmi tous les documents conservés chez les Godard des Salles, peu sont complets et ils ne permettent pas de reconstituer les affaires jusqu’à leur terme. Il me semble pourtant intéressant de citer la diversité des adversaires que Gilbert Godard s’est trouvé et les motifs de leurs différends.
Un procès en 1777 contre Etienne Faye, ouvrier aux mines de plomb (contestation des termes d’un bail), en 1779 contre Mathieu Font Bonne et Jean Peurière, en 1780 contre Marie Pontadit sa belle-sœur veuve, en 1781 contre julien Girodié l’héritier de Jean Girodié, en 1782 contre Bonnet Pailler, marguerite Planche et les Choffriasse et Jean Peurière (la paille et les cartons de blés non rendus à Jeanne après la mort de son tuteur), en 1782 contre Jean Béal son voisin pour une histoire de paille vendue trop cher (cette affaire donnera lieu à beaucoup d’écritures, d’audience repoussées et d’enquête auprès de témoins : Barthélémy Coppéré, Claude Girard, Jean Choffriasse, Mathieu Fontbonne, Antoine Griffon). En 1783 contre Jean Béal, son voisin fermier d’Hugues Rochon de Villechaize pour une histoire d’arbre indûment ébranché, contre Jeanne Villeneuve (fille de la tante Claudine mariée à Chalmette), contre Jean Cohas (fils de Claude Cohas de St Germain Laval), contre Jean Forest de St Marcel d’Urfé, contre Antoine Duroux...

La mort de Jeanne Cohas, la révolution, le remariage de Gilbert avec sa belle-sœur et de nouveaux procès

Jeanne meurt en 1784 ; en 1781, elle avait perdu le premier fils qu’elle avait eu de Pierre Maréchal, elle n’a pas 40 ans mais ne meurt pas en couches ; son acte de décès ne dit rien. Gilbert n’est même pas présent à l’enterrement, mais cela ne semble pas mettre un frein à l’acharnement procédurier de Gilbert Godard. Gilbert est une personnalité d’une certaine importance, sans doute plus ou moins contestée, qui aime la reconnaissance et les affaires ; on ne sait pas s’il sait lire et écrire mais il sait signer (et sans doute lire, sinon il ne conserverait pas une telle quantité de papiers) :

  • il a participé à la rédaction du cahier de doléances des Salles, en mars 1789 parmi la vingtaine de laboureurs (paysans propriétaires) appelés à élire les députés du tiers état, mais il n’a pas été élu député (pour les Salles, les deux députés sont Julien Girodié et Laur Girard Fialin) ;
  • il devient un temps officier public après la révolution.

Il a des relations et sans doute des appuis :

  • le bon cousin prêteur Etienne Godard est maintenant vicaire des Salles ; et son frère Claude Godard, autre cousin est l’un des deux députés du tiers état de St Julien la Vêtre ;
  • son neveu et deux de ses nièces ont épousé à St Jean la Vêtre des descendants du seigneur du Bost, Edmée de Chaussecourte.
    En 1793 Gilbert Godard épousera sa belle-sœur Françoise devenue veuve, elle aussi. Ils auront ensemble une fille née la même année. Les procès et les quittances impayées se succèdent.

Après la mort de Jeanne, sa demi-sœur Antoinette Cohas (fille de Claude Cohas et Claudine Parisis) épouse de Jean Villeneuve demande sa part des biens et des produits depuis la mort de son père.

Mathieu Fontbonne veuf d’Antoinette Rochon, fille du premier mariage de Claudine Parisis (avec Claude Rochon) s’estime lésé en tant qu’ époux de l’héritière de terres indivises entre Claudine Parisis et Jean Peurière. Lesquelles terres ont été louées puis achetées à Jean Peurière par Pierre Cohas (l’oncle tuteur de Jeanne).Dans cette affaire, on fera Intervenir de Jean Desconches, scieur de long installé dans le Loir et Cher et fils de Marguerite Planche (ensuite épouse de Pierre Cohas) et de son premier mari.

On trouve dans ces archives beaucoup de quittances impayées suite à des prêts venant de Claude Cohas de Chalmette, de Grosellier, Liveton, Duroux, Poncet, Gilbert Peurière, Duroux, Bourganel, Guenard notaire de St just en chevalet, Jérôme Mathevon prébendier des salles, Jean cohas cordonnier de st Germain Laval, Rivaux, Françoise Girard. Mais également des impôts impayés (taille et vingtième ) et cens et servis (Confrérie du st Esprit).

Les Godard quittent Coubanouze pour St Jean la Vêtre pour deux générations

Les relations avec les voisins deviennent-elles trop compliquées (il semble y avoir eu quelques coups échangés ; on retrouve deux procès verbaux accusant les godard de maltraitances sur des voisins : Gilbert et Antoine Godard contre Antoine Cohas de la Rourie, Gilbert Godard contre Jacques Fontbonne du 11e régiment de cavalerie), les saisies sont-elles trop importantes ? Rien ne le précise mais Gilbert Godard a vieilli et il n’a sans doute plus la même énergie pour se battre.
Et les Godard quittent Coubanouze et règlent même certaines vielles dettes en vendant de la terre.

Douze pieds carrés de terre vendus en 1819 à Gilbert Peurière (pour acquitter une dette antérieure à 1803 ?).

« Nous soussigné Gilbert Godard propriétaire demeurant au lieu des Hutes paroisse de St Jean la Vêtre et Gilbert Peurière propriétaire demeurant au lieu de la Rourie paroisse des Salles sommes convenus ce qui suit…… un coin de terrain situé audit village de la rourie de grandeur de douze pieds carré environ avec le peuplier qu’il y a dedans joignant de matin la grange de Jean Peurière et de midi et de soir le batiment de Pierre Treille, et de bise le chemin qui traverse le village par son millieu confinés avec icelui coin de terrain ses entrées, appartenances et dépendances moyennnant le prix et la somme de vingt francs, laquelle somme de vingt francs le dit Peurière promet et s’oblige à payer le 20 août prochain…. » Source : archive privée Coubanouze 1819.

Jacques Godard, le fils aîné de Gilbert, et Marie Philippon mariés en 1797 quittent les Salles avec leurs enfants pour St Jean la vêtre où ils seront fermiers de Monsieur Coste en son domaine des utes.

L’autre Jacques Godard, fils de Gilbert marié à Marie Grange en 1807 quitte aussi les Salles pour St Jean la Vêtre, où on perd sa trace.

Ne reste à Coubanouze qu’Antoine Godard, le troisième fils et sa femme Antoinette Berthon. Leur unique fils ne restera pas à Coubanouze après son mariage, il partira à Cleppé dans la vallée de la Loire où il est dit garde puis homme d’affaires. Plusieurs de leurs enfants se marient à Chazelles mais on perd leur trace.

Gilbert Godard lui-même mourra en 1820 à St Jean La Vêtre chez ses enfants.
Malgré tous ces procès qu’il a intentés, tous les contrats de mariages qu’il a gardés, toutes les procédures conservées dans ses papiers, on ne sait pas qui était Gilbert Godard. Quel était son véritable métier, agriculteur ou marchand ? Honnête ou malhonnête ? Apprécié ou détesté ?

Deux générations éloignées de Coubanouze mais qui ont appris la prudence des aventures judiciaires de leur père et grand-père.

Les descendants de Jacques et Marie Philippon ne reviendront à Coubanouze qu’en 1856, deux générations après le départ de Gilbert Godard et de ses enfants.

Jacques l’aîné, fils de Gilbert

Jacques l’aîné, fils de Gilbert, perd sa femme Marie Philippon en 1818, puis sa fille Marguerite en 1819. Il loue les terres de Coubanouze, en achète aussi et en hérite enfin (de sa tante Marguerite Cohas de Coubanouze). Il paye ses dettes et n’ a pas le tempérament procédurier de son père comme le montrent les papiers qu’il a laissés. Il n’aura qu’un garçon Gilbert et de nombreuses filles, peu de main d’œuvre pour l’aider ;

Gilbert, fils de Jacques, petit fils de Gilbert

Gilbert, petit fils de Gilbert, épousera une femme de caractère (Marie Roiret, une fille Janvier par sa mère) sera très prudent avec les droits de ses tantes et réglera pour chacune la contrepartie des avantages qui lui viennent de l’héritage promis par son père lors de leur mariage, documents précieusement gardés qui attribuent 3000F à Anne, épouse Vial, 3000F à Marie, épouse Faye et 4000 F à Françoise épouse Massacrier.

Marie Roiret appartient à cette grande famille Roiret qui a un pied à Noirétable (Vérines, le mas, la bitortie, la gibernie, théolier...) et un pied à St Jean La vêtre, famille apparentée aux Janvier et aux Bertrand. Famille qui compte un martyr de la révolution, Mathieu Roiret, séminariste décapité à Lyon en 1794, un lointain cousin de Marie (leur arrière-grand-père était commun) et un soldat de Napoléon Jean Roiret, oncle de Marie qui a fait partie de la garde impériale de 1799 à 1808 et a épousé une fille de la demi-sœur du premier Gilbert Godard, Pironne Gros, fille de Jeanne george Godard et Gilbert Gros.

Gilbert achète des terres à Coubanouze : le pré Ste Foy (1ha 28 pour 1700 F) et le pré de l’heurt partagé entre plusieurs héritiers pour 900F ainsi que la maison chez Riboulot et un jardin pour 100F et le pré de la loge à St Jean la Vêtre pour 330 F. On imagine un couple déterminé à accroître son patrimoine et sans doute à se réinstaller à Coubanouze. Mais Gilbert, fils de Jacques l’aîné, petit fils de Gilbert, mourra avant soixante ans et ne verra qu’à peine le retour à Coubanouze.

Antoine, fils de Marie Roiret

C’est Antoine, arrière petit fils de Gilbert qui revient à Coubanouze avec sa mère Marie Roiret qui reste chef de famille comme en témoignent les documents des recensements. Elle a déjà cinquante ans, marié ses deux filles aînées et vient s’installer à Coubanouze avec ses six enfants célibataires (4 garçons et 2 filles). Gilbert son époux mourra peu après le retour à Coubanouze et Marie ne laissera pas ses fils se marier facilement :

  • Antoine, son aîné ne se mariera qu’en 1868, lorsqu’elle aura atteint 64 ans et lui 38 ans).
  • Jean Marie ne se mariera qu’en 1870 à une Coudour (à 33 ans en ayant recours à un acte respectueux) pour partir créer avec sa femme un hôtel à Sail sous Couzan où l’on a découvert des eaux thermales qu’on commence à embouteiller et où une activité de station thermale se développe. Ils n’auront pas d’enfants et leurs neveux seront les héritiers désignés.
  • Jean Antoine mourra célibataire à 42 ans.
  • Jean ne se mariera jamais (en 1906, il apparaît toujours dans les états du recensement comme le frère célibataire du chef de famille.

Si Gilbert a réglé les promesses de son père faites aux mariages de ses tantes, Antoine va demander renonciation aux droits successifs à ses neveux issus du mariage de ses tantes, et la cession des droits successifs de ses sœurs et de son frère marié. La volonté de se protéger de querelles de succession est claire.

Le souci de trouver pour ses fils, des épouses ayant du patrimoine est très clair aussi, puisqu’on trouve dans les papiers d’Antoine le relevé de la matrice cadastral des biens de Jean Brière, époux Treille.

En effet, Antoine Godard et Marie Curtil, les tard-mariés n’auront que deux fils (et perdront deux enfants à la naissance) qu’ils marieront à deux sœurs Brière, Treille par leur mère et héritières de bois. Mais c’est une autre histoire que nous apprendront avec celles des sœurs Brière.

Pour lire la suite...

  • Pour visiter le site de l’auteur : A partir de ce que vous me racontez de votre arbre généalogique ou de vos albums-photos, j’écris pour vous l’histoire de votre famille.

Notes

[1Je ne peux parler de tous ces lieux sans mentionner les travaux de Paul Châtelain, géographe amoureux de la région et installé à Cervières jusqu’à son décès, dont son complice Fredo Dayné maintient le souvenir et diffuse les œuvres : « Si Cervières m’était conté » et « traces et tracés » (disponibles à l’auberge du col de St Thomas).

[2Ces éléments m’ont été confiés par Jean François Faye qui les a publiés dans « le colporteur des bois noirs » n°11 2014.

[3J’ai recherché la descendance de ces voisins en établissant leur généalogie et en la connectant aux effectifs présents dans le dénombrement de 1841 et les suivants. Tout cela se trouve dans mon arbre.

[4Charles Jacquet aujourd’hui décédé a beaucoup écrit sur ces lieux dans le bulletin des Salles. Il fait en particulier une analyse détaillée du cahier de doléances de la paroisse. La rudesse du pays et le mauvais état des routes qui entravent le commerce prennent bien plus de place dans de cahier de doléances que la nécessaire baisse des impôts.

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