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L’exode de la tribu Brochard Wallez

D’après les souvenirs de Maurice Brochard


vendredi 15 mai 2020, par Catherine Henry

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Voici la transcription du journal tenu par mon arrière grand père pendant “son” exode d’un mois à travers la France, du 13 juin au 11 juillet 1940 avec une partie de sa famille.

(Départ de Villemomble Seine (devenue Seine Saint-Denis le 1er janvier 1968). L’orthographe du texte original a été respectée)

Membres de la famille cités :

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Pierre et Madeleine Wallez, Louise et Maurice Brochard enfants Wallez

Maurice Brochard (1876-1966) et sa femme Louise Gueux (1878-1959).

Leur fille : Madeleine Brochard épouse Wallez (1903-1989) ; son mari Pierre Wallez (1902-1985) replié à Angers (service des ACM à la SNCF).

Leurs enfants : Monique, ma mère (1925), Colette (1926-2009), les jumeaux Jean-Jacques (1928-1971) et Jean-Pierre (1928-20112), Bernard (1929-2013) et Françoise (1939).

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Les enfants
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Francoise et ses sœurs

Les parents de Pierre : Désiré Wallez (1870-1940), sa femme Marguerite Botz (1872-1946) dite Mémère Guitte (ou Dinn : coquille).

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Marguerite et Desire WALLEZ

JEUDI 13 IUIN
Arrivés à 2 h 30 du matin à Corbeilles (en Gâtinais). Toute la journée, colonne de réfugiés, à pied, en camion et troupes refluant - spectacle démoralisant. Dans l’après-midi, Madeleine prend une leçon de conduite avec Mademoiselle Lelièvre, aidée d’un monsieur.

VENDREDI 14 IUIN
Continuation de l’exode des réfugiés et des militaires. Nous envisageons de partir aussi. Dans l’après-midi, Madeleine prend une deuxième leçon de conduite avec un monsieur dont la voiture était arrêtée, faute d’essence. On demande au garagiste de graisser la voiture, il remet au lendemain. A 23h le tambour bat, donnant l’ordre d’évacuation aux enfants de moins de 13 ans et aux hommes mobilisables.

SAMEDI 15 JUIN
Nous nous levons à 4h30, quittons Madame Basset et allons chez le cousin Lalot. On commence les préparatifs de départ dans la pensée que Madeleine pourra assurer la conduite de la voiture. Nous menons cette dernière, avec Madeleine au volant, chez le garagiste pour un graissage. Le garagiste refuse, il s’en va aussi. On ramène la voiture devant la porte du cousin Lalot.

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La fameuse voiture

Peu de temps après, arrivent dans la cour du cousin, deux soldats qui demandent si la voiture qui est dehors est à nous, ils se disent dépanneurs et chargés de récupérer les voitures abandonnées. Après avoir causé avec eux, il est entendu que l’un d’eux conduira la voiture et que nous pourrons monter dans leur camion en direction de Gien.

Grand-père Désiré ayant eu une mine décolorée la veille à la pensée d’être avec les Allemands et tous les habitants de Corbeilles s’en allant, nous avons fait prévenir Grand-père Désiré et Grand-mère qu’on pourrait les emmener. Ils sont arrivés peu après et Désiré s’est installé dans la voiture. Les Lalot étaient partis vers 6 h dans la voiture du frère, après avoir tué leur chienne.

Les deux soldats sont venus dire qu’ils allaient casser la croûte. Il était à cette heure-là 8h30. Une heure après, ils n’étaient pas revenus, malgré le pourboire que je leur avais donné. Ont-ils trouvé que nous étions trop ou que nous voulions trop emporter ? Par acquit de conscience, j’ai fait tous les chemins de Corbeilles jusqu’à la gare - pas trace de militaires.

Supposant que nous avions voulu trop emporter, Madeleine a retiré de la voiture ce qui était dedans, et a laissé à Corbeilles bien des choses utiles. On a rechargé ensuite la Citroën. A 11h et quart, sur la place de Corbeilles, j’avise une Compagnie du Train qui venait d’arriver et qui stationnait le temps de restaurer les hommes. J’implore un sous-lieutenant pour qu’on nous prenne dans un des camions bien que ces derniers soient déjà très chargés, et pour qu’on fasse conduire notre voiture par un des soldats. Le sous-lieutenant finit par accepter. Nous partons donc en direction d’Orléans, Grand-père Désiré ravi de quitter Corbeilles. Nous ne prenons avec nous dans le camion que quelques bagages à main et le reste est dans la voiture.
Nous roulons tout l’après-midi, dépassant toutes les colonnes de réfugiés circulant sur deux files et en fin de soirée, nous arrivons dans une allée boisée où, en principe, nous devions passer la nuit. Des avions allemands circulent au-dessus de nous et mitraillent.

Un peu moins de deux heures après, nous repartons en contournant Orléans et nous passons la Loire à Jargeau, nous passons une partie de la nuit dans le camion auprès d’un étang.

Vers le matin, nous repartons cette fois avec Tours comme point de direction. Nous traversons le parc de Chambord. Notre colonne de camions s’était séparée à ce moment en deux tronçons et nous étions tout à fait en fin de colonne. Un peu après être passés devant le château de Chambord, nous apercevons la voiture arrêtée sur le côté droit de la route, le conducteur (le brigadier P.) revenant vivement à la voiture comme pour la mettre en marche. Grand-père Désiré, qui nous a vus, nous fait signe de la main.

Nous continuons à filer à vive allure et nous ne nous arrêtons que 6 ou 7 km plus loin à la sortie du bois, côté Bracieux. Là, il semble qu’on va faire une pause assez longue, nous guettons toutes les voitures qui arrivent et croyons chaque fois que c’est la nôtre.

Après un certain temps, je commence à m’inquiéter. Je demande au sous-lieutenant qui nous avait recueilli de mettre si possible à ma disposition, pour aller à l’endroit où nous avions vu la voiture en panne, une voiture légère. Il accepte, désigne un maréchal des logis qui me dit qu’il va venir me prendre. Le sous-lieutenant dit qu’il suppose que le brigadier P. a dû prendre la route directe pour Tours se croyant très en retard. Pendant ce temps, le coup de sifflet du départ retentit. Madeleine et sa mère tardent à monter en camion, je leur crie de se dépêcher et je reste, attendant la voiture promise.

Après un certain temps, comme rien ne vient, je me décide à partir à pied. Il est à ce moment midi ; à différentes reprises, je dois marcher en sous-bois à cause des avions qui mitraillent. Je retourne à 500 mètres du château - plus rien -. Je reviens le plus vite que je peux, ayant fait une douzaine de km en 1 h et demie et trouve à l’endroit où la colonne s’était arrêtée, toute notre famille qui avait été débarquée manu militari du camion, les bagages jetés sur la route, tout cela parce que Madeleine et sa mère étaient un peu en retard. Le chapeau de Monique est resté dans le camion.

Nous nous restaurons un peu et, allons jusqu’au village de Bracieux. Nous y trouvons des colonnes de réfugiés et de camions ; on accepte de nous prendre dans un camion très chargé qui allait soi-disant à Tours où nous espérions retrouver le grand-père Désiré et je donne 100 francs au conducteur.

Après avoir roulé un certain temps, on nous dit que le point d’arrivée est non pas Tours, mais Châtellerault. On nous descend à Saint-Aignan à côté de la gare. Nous espérons y trouver dans la soirée un train pour Tours. Plus aucun train ne circule.
Nous allons au village à 2 km de là et on nous accepte à l’hôtel de la Plage situé avant le pont sur le Cher, où on nous laisse espérer qu’on nous donnera à dîner le soir. Grand-mère Marguerite se rend à la croisée du chemin conduisant à Tours, elle espère que quelqu’un pourra la prendre, mais personne ne l’accepte. Elle rentre avec nous à l’hôtel de la Plage.

La patronne de l’hôtel a pitié de notre détresse et nous autorise à coucher dans sa salle, sur le plancher et sur les bancs. Elle nous prête une petite paillasse pour Françoise et quelques couvertures. Madeleine va à la gendarmerie pour demander qu’on s’inquiète du sort de Désiré. On lui dit que le téléphone ne fonctionne plus. Accès de somnambulisme de Jean Jacques.

LUNDI 17 JUIN
Grand-mère Marguerite repart de bonne heure sur la route, espérant trouver mieux cette fois. Elle a la chance d’être acceptée, mais à Tours, après avoir visité les hôpitaux, les centres d’accueil et le commissariat de police, elle ne peut obtenir aucun renseignement sur le départ de Désiré et de la voiture qui contenait à peu près tout ce que nous possédions : papiers de famille, titres de propriété, valeurs mobilières, bijoux, timbres, diplômes de Pierre, vêtements, linge, provisions, appareils de photo, fourrures, etc. ...argent liquide de Madeleine (sauf celui de La Ferrière que Madeleine avait mis dans un sachet sur sa poitrine, avec l’engagement d’achat). Grand-mère Marguerite espérait téléphoner, ou faire téléphoner, pour prévenir Pierre de la gare de Tours : gare fermée. Elle a la chance de trouver une autre occasion pour venir nous rejoindre à Saint-Aignan. Le soir, j’écris à Pierre pour le mettre au courant, j’écris également au capitaine commandant la 203e Cie du 24e escadron du Train pour le mettre au courant de la situation et le prier de questionner le brigadier P. qui conduisait la Citroën pour lui demander où pouvaient se trouver Désiré et la voiture. J’écris en outre au brigadier P. Malheureusement, il est à craindre que mes lettres soient restées dans la boîte aux lettres. Nous passons une 2e nuit sur les planches.

MARDI 18 JUIN
Depuis dimanche, le passage des troupes en retraite s’accentuait de plus en plus, ainsi que celui des réfugiés. A la gare où je suis allé : toujours pas de train. Dans la journée, nous voyons les patrons de l’hôtel de la Plage commencer à déménager. Nous allons avec grand-mère Louise dans le pays demander à différentes personnes si on pourrait nous loger ; on nous offre un grenier ouvert. Pas moyen de mettre Françoise et les enfants là-dedans. On nous conseille d’aller à la mairie. Là, on nous accueille et on nous trouve un logement chez Mademoiselle Bareau, 15 rue de la Pêcherie. Nous avons quelques difficultés à faire la cuisine, mais nous couchons dans des lits.

MERCREDI 19 JUIN
Le matin, je vais à la gendarmerie, où je sais qu’il existe une carte à grande échelle de la région. Pas de pays important avant Loches : 40 km. Dans la journée, nous voyons défiler à grande vitesse les derniers éléments de l’armée française en retraite. Le préfet du Loir-et-Cher conseille à haute voix aux évacués de ne pas aller plus loin et leur dit qu’ils risquent de mourir de faim sur la route. Je demande au Préfet s’il y a danger à ce que les enfants restent, il me répond carrément : « non, restez ici".

En ville, on dit que l’armistice est en train de se débattre. Vers 14 h 30, le bruit des premières mitraillades commence à se faire entendre. Nous nous réfugions tous dans une cave voûtée de la maison ; nous y passons la nuit, Françoise étant installée sur des tonneaux. Cependant, de minuit à 5 h, une accalmie s’étant produite, nous retournons dans notre lit. Nous entendons de plus en plus le bruit des mitrailleuses, puis celui des canons, en particulier celui des canons allemands qui tirent sur la ville.

JEUDI 20 JUIN
Vers 15 h 30 - 16 h, nous sommes prévenus par un voisin que les Allemands sont arrivés, que le Préfet qui est resté là a dit que les habitants pouvaient sortir de chez eux. En effet, nous sortons en ville avec les enfants et nous voyons des Allemands. Des maisons sont démolies, l’une d’elles brûle, l’église et le château ont beaucoup souffert. Le pont sur le Cher a sauté.

Le soir, première ordonnance du commandant allemand ordonnant aux habitants de ne pas sortir de chez eux de 22 h à 6 h, et exceptionnellement ce jour-là de 23 h à 6 h.

Cette ordonnance est aggravée peu après par un nouvel horaire : 2l h-7 h. Puis, défense de commenter les événements actuels, ordre de rester neutres, tout cela sous peine de mort, comme le fait aussi de cacher des soldats français chez soi. En outre, l’ordonnance prévient que des pièces d’artillerie sont braquées sur la ville et plusieurs maisons sont minées, en cas de révolte de la part des habitants.
2e ordonnance : pour l’ouverture à certaines heures seulement des débits de boisson.

3e ordonnance : pour le nettoyage des rues par les habitants : balayage de la demi-rue et enlèvement de l’herbe entre les pavés.

VENDREDI 21 JUIN
Toute la journée, nous voyons défiler l’armée allemande. Jusqu’à présent, les Allemands ont été très corrects, se rendant dans les magasins pour y faire des achats, en particulièrement des colifichets pour leur femme.
Monique reste la journée au lit. Elle a dû prendre froid à la cave et elle a de la fièvre, cela semble aller mieux dans la soirée. Françoise va aussi bien que possible, on a de la difficulté à l’alimenter, le lait se faisant rare, on lui donne de la Blédine.

SAMEDI 22 JUIN
L’armée allemande continue de passer. Un pont de bateaux a été établi sur le Cher et ils sont en train de réparer le pont de pierre. Dans la matinée, ordonnance disant que sur la demande du maire, le commandant autorise les réfugiés à rentrer chez eux s’ils le désirent.
Monique va mieux.
Les provisions commencent à se raréfier en ville, en raison du grand nombre de soldats allemands et des réfugiés qui s’y trouvent. Aucune nouvelle de ce qui se passe en dehors de la zone occupée.

DIMANCHE 23 JUIN
Les troupes allemandes passent toujours. Dans l’après-midi, visite à la boîte aux lettres où ont été mises lundi dernier les trois lettres pour Pierre, pour le capitaine de la 203e Cie et pour le brigadier P. Rien n’est changé aux indications qui y figuraient lundi dernier. En ville, la poste est toujours fermée.

LUNDI 24 JUIN
Course à la gare. Une draisine est passée dans la matinée disant de se tenir prêts à reprendre le service des trains, mais le chef pense qu’il s’agit, de trains militaires allemands. Il est toujours isolé de tout. Je lui ai demandé si, aux dernières nouvelles, avant l’évacuation, il savait si les services des A.C.M. qui étaient à Angers, avaient été éloignés. I1 n’a reçu aucun renseignement.

La boîte aux lettres près du pont est toujours dans le même état et le bureau de poste est toujours évacué.

Deux belges évacués, dont les voitures ont été réquisitionnées par l’autorité militaire française, ont l’intention d’aller à la préfecture de Blois pour demander comment ils seront indemnisés. Ils acceptent de remettre une demande de renseignements pour ce qui nous concerne et pourront peut-être m’emmener. Ils doivent aller à Blois dans la voiture du pharmacien de Saint-Aignan. Françoise à un peu de diarrhée.

MARDI 25 JUIN
Je rédige ma note pour la Préfecture. Les Belges que j’ai vus le soir, ne parlent plus d’aller à Blois. Ordonnance concernant le cours forcé du mark : 1 reichsmark = 20 francs. Françoise a encore de la diarrhée.

MERCREDI 26 IUIN
Course à la gare avec les cinq. Le chef ne sait rien, il n’a reçu aucun renseignement. Ordonnance interdisant aux commerçants de vendre des produits d’alimentation aux militaires. Démarche à la Mairie, on n’y sait rien. Les Belges reparlent d’aller à Blois. On met Françoise à la diète.

JEUDI 27 JUIN
Dès le matin, je me suis mis en quête des Belges. Ils ont trouvé un compatriote qui va les emmener à Blois. Ils ne peuvent pas m’emmener, étant six dans une vieille auto. Ils m’ont promis de remettre ma note au Préfet et ils vont tenter de ramener les renseignements que j’ai demandés. Les Belges ont été déçus par le 1er secrétaire général de la Préfecture. Ce dernier leur a dit que la Préfecture était actuellement isolée de tout, qu’elle avait actuellement un monceau de demandes de renseignements remises à la Préfecture, auxquelles il lui était impossible de donner suite puisque ni poste, ni téléphone, ni télégraphe ne fonctionnent. Il a rendu ma note aux Belges en conseillant que je la représente dans quelque temps, quand les communications seront rétablies ; autrement elle risquerait d’être enfouie dans le monceau de demandes actuelles et risquerait de ne pas en sortir.

Un avis affiché l’après-midi à la mairie, dit que deux trains sont rétablis à partir d’aujourd’hui pour le transport des réfugiés. L’un vers Vierzon à 7 h 58, l’autre vers Tours à 15 h 27. Par Tours, le transport vers Paris est assuré. Transport gratuit des voyageurs et des bagages.

Nous allons laisser passer 3 ou 4 jours avant de chercher à partir pour que le plus fort de la foule se soit écoulé. Françoise va mieux.

VENDREDI 28 JUIN
Course à la gare. Le train le plus pratique serait celui par Vierzon. Il n’y aurait pas de transbordement, tandis que par Tours, il faut faire cinq km à pied, un pont étant coupé. Ce matin, le train était très chargé et on m’a conseillé d’attendre trois - quatre jours.

SAMEDI 29 IUIN
Nouvelle ordonnance de la Commandantur, affichée à 11 h à la Mairie : il est interdit de traverser le pont aujourd’hui. On ignore à quelle heure on pourra le traverser demain dimanche. Il est donc impossible de prendre le train. La Mairie ignore si des trains pour les réfugiés seront mis en service à partir de demain. Il n’existe pas d’essence dans la région et on ne sait pas quand sera fait le réapprovisionnement. De ce fait, des centaines de voitures sont en panne à Saint-Aignan, parmi lesquelles j’ai vainement cherché la nôtre.

DIMANCHE 30 JUIN
Les voitures commencent à partir et Saint-Aignan est ainsi un peu décongestionné. Notre voiture n’est toujours pas parmi celles qui défilent et nous n’avons vu aucune figure de connaissance.

LUNDI 1er JUILLET
Nouvel arrêt des voitures, les piétons eux-mêmes ne passent plus. J’ai suivi la foule de voitures pendant plusieurs km. Pas trace de la nôtre et pas de figures dc connaissance. Au retour, j’ai compté 450 voitures. Revenant près du pont, j’ai profité d’un moment où la circulation des piétons était autorisée pour aller jusqu’à la gare. Là, aucun renseignement, sauf en ce qui concerne les départs de Saint-Aignan. On ne sait rien pour ce qui est des transbordements à Tours et à Orléans.

MARDI 2 JUILLET
Un avis affiché à la poste ce matin dit que les lettres missives ordinaires partiront chaque jour à 16 h, heure limite. Un courrier d’arrivée parviendra entre 14 h et 16 h. Pour l’instant, pas de timbre d’affranchissement.

J’écris à Pierre à Angers, Paris et Villemomble. Une de ces lettres lui parviendra peut-être. J’écris aussi une lettre de confirmation au brigadier P. et à son capitaine.

Un avis affiché à la Mairie, informe que l’armée allemande interdisant le passage sur le pont du Cher, les réfugiés ne peuvent partir, jusqu’à nouvel ordre, vers les directions au nord de Saint-Aignan. Le maire de Saint-Aignan n’a rien pu obtenir de précis sur le jour et l’heure où la circulation pourra reprendre. Aucun sauf-conduit n’est nécessaire pour les réfugiés qui rentrent chez eux. Pas d’essence. Il n’existe toujours pas de train pour les réfugiés. Par autorisation spéciale, nous avons pu traverser le pont avec Monique, pour aller voir si la levée de la boîte aux lettres où nous avions mis nos lettres il y a quinze jours avait été faite. La levée a en effet été faite aujourd’hui. Pendant que nous attendions notre tour pour causer au lieutenant allemand, un réfugié lui a demandé d’aller à la gare se renseigner sur les heures des trains. Le lieutenant lui a répondu sur un ton rogue qu’il n’y avait pas de train pour les réfugiés et que les trains étaient réservés à leurs transports de troupes.

MERCREDI 3 JUILLET
Lettres aux chefs de gare de Maisons-Alfort et de Lorcy pour tâcher de retrouver la voiture de Françoise. Je leur demande de répondre à Pierre rue de Château-Landon.
Grosse émotion à la fin de la matinée. Tous les réfugiés doivent quitter Saint-Aignan en direction du sud et y attendre l’arrivée des instructions de la Commission d’Armistice. La ligne de démarcation est formée par le Cher. Toutefois la ville de Saint-Aignan y est encore comprise. Les entrées de la ville sont gardées. Cette mesure ne semble concerner que les réfugiés qui y sont arrivés depuis deux ou trois jours et qui ne peuvent passer le Cher pour se diriger vers Blois et Paris, l’accès du pont étant interdit par les Allemands. Nous allons donc rester où nous sommes en nous faisant petits pour qu’on ne nous remarque pas.

Dans l’après-midi, visite à M. Magnon, notaire à Saint-Aignan pour lui demander conseil en ce qui concerne la maison de La Ferrière. Il est d’avis que Madeleine écrive au notaire de Marseille pour lui dire que leurs dispositions n’avaient pas changé. D’ailleurs, à son avis, tous les délais seront prorogés de droit.

JEUDI 4 JUILLET
Dans la matinée, une nouvelle ordonnance de la Commandantur prescrit à tous les réfugiés quels qu’ils soient de quitter Saint-Aignan dans la journée. Des visites domiciliaires seront faites demain et les réfugiés qui seraient trouvés seraient refoulés vers le sud. L’accès du pont du Cher est autorisé jusqu’à minuit pour les départs vers le nord. Nous décidons de tenter de partir en direction de Paris et, après des adieux émouvants, comblés de cadeaux pour Françoise par Madame Plat-Bareau, nous nous acheminons vers la gare. Là, le sous-chef de service me communique une dépêche reçue le matin même de la préfecture d’Indre-et-Loire disant que les voyageurs prenant le train de l’après-midi pour Tours (le seul dans la journée) seraient refoulés vers le sud. La même mesure n’existant pas pour la direction de Vierzon, nous décidons d’attendre le train du lendemain matin. Une lettre nous ayant été remise avant notre départ par Madame Plat pour Madame Mercadet qui habite en gros près de la gare de Saint-Aignan et qui conserve à sa disposition une voiture d’enfant qu’elle nous avait prêtée pour véhiculer Françoise, nous nous y rendons et cette dame veut bien nous abriter pour une nuit dans une chambre.

Entre temps, mémère Dinn qui était restée près du passage à niveau, entend des gens discuter avec un homme du pays qui leur offrait de les emmener à Blois dans une camionnette ; il leur disait que leur nombre (quatre) n’était pas suffisant. Elle prend part à la conversation, j’arrive sur les entrefaites et nous nous entendons avec les intéressés (600 F au total dont 400 F pour nous).

À Blois, très abîmé aux environs du pont sur la Loire, nous traversons à pied le pont et nous nous rendons à la gare. Pas de train dans la soirée pour Paris, mais seulement le lendemain vendredi à 10 h. Nous cherchons à passer la nuit à l’abri et nous trouvons un Centre d’accueil installé dans une école à 100 mètres de la gare, avec des matelas où nous pourrons passer la nuit.

Vers 18 h, Madeleine me suggère d’aller à l’hôpital. Malgré l’heure tardive j’y vais, j’y trouve une jeune infirmière qui croit reconnaître un des malades dans le nom de Désiré que je lui indique. Nous montons ensemble dans une salle et j’ai le bonheur d’y trouver notre pauvre ami, affaibli certes, mais très conscient. Je retourne au Centre d’accueil et je ramène par deux fois, successivement, toute la famille. Inutile de décrire la sensation produite quand j’ai dit avoir retrouvé Désiré, et notre joie à tous de le revoir.

Maman Marguerite décide alors de rester à Blois jusqu’à ce que Désiré soit en état de rentrer à Villemomble, l’infirmière-major nous ayant affirmé qu’il allait aussi bien que possible et qu’il supporterait le voyage.

D’après ce qu’il a pu nous dire, le brigadier P. serait reparti avec un adjudant-chef venu le rechercher et Désiré serait resté seul pendant trois jours dans la voiture, se serait évanoui et aurait été recueilli par les Allemands. Il aurait ensuite été dans un hôtel (hôtel d’Ormesson ?) et amené par le patron de l’hôtel à l’Hôtel- Dieu. Sa fiche de l’hôpital indique qu’il y est entré le 27 juin.

Le soir, au Centre d’accueil, un soldat français ayant dit qu’il prendrait le train de 10 h demain pour Paris et qu’il se rendait rue de la Grange-aux-Belles, je lui ai remis une lettre pour Pierre rue de Chateau-Landon, espérant qu’elle lui parviendra.

VENDREDI 5 JUILLET
Démarche le matin à la Commandantur de Blois pour demander si on y a des traces de notre voiture et si on sait dans quelles conditions Désiré a été conduit à l’Hôtel-Dieu. Aucun renseignement, on nous renvoie à l’Hôtel de ville où on nous fait la même réponse. De là, nous nous rendons chez les personnes de Blois rencontrées à Saint-Aignan, qui sont rentrées ici avec un taxi de Blois, pour qu’ils nous accompagnent chez ce chauffeur et voir s’il pourrait nous emmener à Chambord et Bracieux y faire des recherches pour la voiture. Impossible, il n’y a pas d’essence.
Au retour, démarche à l’Hôtel-Dieu pour tâcher de savoir comment Désiré y a été amené. Pas de résultat. Je vais voir Désiré auprès duquel se trouve grand-mère Guite. Cela ne va pas. Malgré les bonnes paroles d’espoir qu’on nous a prodiguées hier soir, nous apprenons que Désiré n’a pas mangé depuis deux jours. Nous sommes très inquiets.

Au cours de l’après-midi, nous allons à la gare avec Madeleine demander si l’on sait ce qu’est devenu le service de Pierre qui se trouvait à Angers - aucun renseignement. A 19 h, grand-mère Guite rentre de l’hôpital. Désiré ne va pas mieux, il a été administré cet après-midi, d’office, par l’aumônier.

Au cours de l’après-midi, Madeleine a lié conversation avec une dame de Vineuil où habite la sœur de Madeleine Chertemps. La famille Chertemps a évacué et la maison est occupée par un état-major allemand.

SAMEDI 6 JUILLET
Nous décidons avec Madeleine d’aller à pied à Chambord et sans doute à Bracieux. Nous partons à 9h. Au passage, dans les villages traversés, nous demandons dans les hôtels si l’un ou l’autre n’aurait pas hébergé Désiré. A Vineuil, Madeleine entre chez Madame Benoist : personne, que des Allemands. Nous déjeunons à Huisseau. Enfin, à Chambord, à l’hôtel en face du château, on nous dit que c’est bien là que Désiré a séjourné et qu’une femme du pays, madame Lopez Casimir, l’avait recueilli. Nous nous rendons chez cette personne. Elle a vu Désiré sur le chemin, à peu de distance du village, lui a demandé ce qu’il faisait là et comme personne d’autre à Chambord ne voulait s’occuper de lui, elle l’a pris chez elle. Étant donné son état, il a demandé qu’on fasse venir un médecin. Celui de Bracieux, prévenu, n’a pu se déranger n’ayant plus ni voiture, ni vélo. Enfin, madame Lopez a fini par demander au maire de le faire transporter à l’hôpital de Blois. Le maire, lui-même, l’a demandé à des officiers allemands qui logeaient chez lui (il est en même temps propriétaire de l’hôtel de Chambord) et le 27 juin après-midi, deux officiers l’ont pris dans leur voiture et l’ont emmené à Blois, à l’Hôtel-Dieu. Désiré est donc resté dans la voiture jusqu’au mardi.

Nous avons voulu aller ensuite sur la route de Bracieux voir si la voiture s’y trouvait encore et à l’extrémité du village, Madeleine, avisant une femme (Mme C.) qui se trouvait devant sa maison avec sa fille et son bébé, lui a demandé si elle ne pourrait pas fournir un renseignement à ce sujet. Elle a répondu négativement mais à ce moment, j’ai remarqué que les deux femmes échangeaient des regards ironiques et j’ai dit à Madeleine de se méfier. Madeleine est alors rentrée dans le jardin de la femme en question et a trouvé dans la voiture du bébé l’oreiller de Françoise et sur l’enfant lui-même, une des chemises des jumeaux. La femme a prétendu que ces linges avaient été achetés par elle à Blois. Elle dit savoir que la voiture contenait des titres et que les fils du cafetier Bray et le maire pourraient sans doute nous renseigner. Les fils Bray questionnés ne savent rien.

Nous sommes alors retournés vers le village dans le but de demander l’intervention du maire. Au passage, près de la maison de madame Lopez, cette dernière nous a arrêtés pour nous faire part de ce que venait de lui dire sa fille : la voiture, emmenée derrière un cheval, est à Malines (Maslives), village voisin, à 4 km et la femme C., qui a nié si énergiquement avoir notre linge, se l’est au contraire approprié.

Nous allons voir le maire qui ne tient aucunement à se déranger et qui se contente de nous demander de lui envoyer la femme C.

Nous décidons alors d’aller à Malines (Maslives) ; nous y trouvons un maire énergique qui nous dit avoir vu la voiture. Il nous fait monter dans la sienne et nous conduit dans un hameau assez éloigné du centre, chez un jeune homme nommé Raymond G., fiancé, paraît-il de la fille C. de Chambord. Nous y trouvons la voiture un peu détériorée. La mère du jeune homme nous remet outre des masques à gaz, un cageot rempli de papiers, trois ou quatre pièces de vêtements ramassés paraît-il dans le fossé du bois près de la voiture. Le maire fait avouer au jeune homme que la femme C. a notre linge. Il rédige aussitôt un rapport qu’il fait signer à Raymond G., à Madeleine, à moi et qu’il signe lui-même. II nous remmène ensuite chez lui et nous lui demandons s’il ne pourrait pas trouver à Malines (Maslives) quelqu’un de sérieux qui serait disposé à remiser notre voiture jusqu’à ce que nous puissions la reprendre. Il nous promet de s’en occuper.
Nous reprenons aussitôt le chemin de Chambord, notre sac de papiers de 25 à 30 kg sur le dos, et nous allons chez le maire de Chambord pour lui demander de faire comme son collègue de Malines (Maslives) et de nous accompagner chez les C. Après avoir insisté et même menacé de nous plaindre à la Préfecture, il s’est décidé à venir.

Arrivés chez les C, ces derniers ont prétendu qu’ils avaient répondu négativement l’après-midi parce qu’ils ne nous connaissaient pas. Ils ont alors dit qu’en effet, ils avaient du linge à nous et, montrant un paquet assez modeste préparé avant notre arrivée, elle nous a dit que c’était là tout ce qu’elle avait. A la porte de la maison, dans les balayures, j’ai trouvé un certain nombre de timbres. La femme C. n’a fait aucune difficulté pour reconnaître que ces timbres étaient bien à nous, elle a dit que les enfants s’étaient amusés avec. Enfin, dans la pièce d’entrée de la maison, nous avons vu par terre un biberon Pyrex qui devait être celui de Françoise. L’enfant de la femme C. avait en effet comme biberon une petite bouteille graduée.

Monsieur C. m’a emmené ensuite à l’endroit où la voiture a été retrouvée, à 100 mètres environ de l’extrémité du village. Madeleine est venue ensuite me retrouver. Nous y avons trouvé encore quelques timbres et quelques papiers portant notre nom.

En quittant les C., Madeleine a donné à la femme un lange de laine usagé, mais cette dernière ne lui a pas offert de lui rendre l’oreiller de Françoise, pas plus que la chemise portée par son enfant.

Prenant le paquet de linge sur notre dos, nous sommes allés chez madame Lopez. Sur la route, monsieur C. nous a rattrapés nous disant qu’il espérait bien, puisque nous avions notre linge, qu’on ne leur réclamerait désormais plus rien. Nous avons répondu affirmativement et il est entré au café Bray. Il était à ce moment 19 h et il pleuvait. Nous demandons à Monsieur et Madame Lopez s’ils pouvaient nous donner l’hospitalité, ils acceptent. Pendant qu’ils préparent le dîner, nous faisons un tri de ce que nous avons trouvé et nous mettons ce que nous ne pouvons emporter dans un sac que Madame Lopez s’offre de garder.

Madame Lopez nous dit qu’elle n’est aucunement étonnée que nous ayons trouvé un paquet tout préparé chez les C. Sa jeune fille a vu en effet la sœur de Raymond G. venir à Chambord pour les prévenir de ce qui s’était passé à Malines (Maslives). Elle nous prévient que la femme C. s’est vantée d’avoir six draps nous appartenant alors qu’elle n’en a restitué que deux. Dès ce moment, nous avons décidé avec Madeleine de poursuivre l’affaire devant la Commandantur.
Nous nous couchons dans un lit très dur.

DIMANCHE 7 JUILLET
Nous reprenons la route de Malines (Maslives) après avoir récompensé les Lopez pour l’hospitalité donnée à Désiré.

A Malines (Maslives), le maire nous conduit chez un de ses cousins qui pourra remiser la voiture, puis le maire nous trouve un voisin complaisant qui nous emmène avec sa charrette la chercher chez Raymond G. Le cousin du maire n’accepte rien pour l’occupation d’une partie de sa grange, bien que cette occupation soit susceptible de durer.

Nous rentrons ensuite à pied à Blois où nous arrivons à 13 h 30 au Centre d’accueil.
L’après-midi, visite à l’hôpital. Désiré va de plus en plus mal. Le soir, nous allons manger la soupe à la cantine des réfugiés. Monique fait la moue mais y va quand même.

LUNDI 8 JUILLET
Nous dressons avec Madeleine une liste de ce que contenait la voiture et je rédige une demande d’enquête à la Commandantur. Nous y allons avec Madeleine à 16 h et, d’après ce que nous laisse entendre la personne qui nous a reçus, l’affaire ne va sans doute pas traîner. Nous allons le soir à la cantine manger la soupe.
Désiré, état stationnaire sans amélioration, au contraire. Visite à l’hôpital le soir à 21h avec Madame Wallez. La fin approche.

MARDI 9 JUILLET
À 9h, les infirmières de l’hôpital qui logent ici viennent prévenir que Désiré est décédé cette nuit vers minuit. Peu après, madame Wallez rentre de l’hôpital et nous dit que le décès a eu lieu hier à 23 h. Elie repart, emportant son livret de famille. Par deux fois, je lui offre de l’accompagner pour le cas où il y aurait des démarches à faire, elle me dit que ce n’est pas la peine. Elle m’emmène l’après-midi au bureau des Pompes funèbres et de là, nous allons à la Mairie demander des bulletins de décès.
Soupe le soir, à la cantine des réfugiés.

MERCREDI 10 JUILLET
Dernière visite à Désiré à 11 h avec Madame Wallez, Louise et Madeleine. A 16 h, obsèques à la chapelle de l’Hôtel-Dieu, nous allons tenter de partir demain.
Le soir, soupe à la cantine.

JEUDI 11 IUILLET
Nous sommes à 10 h à la gare de Blois et n’en partons qu’à 12 h pour être à Orléans à 14 h 40. Là, 4 heures d’attente et nous arrivons à Paris à 20 h 30. Coucher à l’hôtel.

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5 Messages

  • L’exode de la tribu Brochard Wallez 15 mai 07:58, par De-passage

    Bonjour,

    une micro précision :

    Départ de Villemomble Seine, devenue Seine Saint-Denis à une date inconnue

    La Seine-Saint-Denis a été créé le 1er janvier 1968.

    Ce qui ne retire rien à l’intérêt du récit de ce périple !

    Répondre à ce message

  • L’exode de la tribu Brochard Wallez 15 mai 09:30, par c henry

    Bonjour. J’aurais du écrire : départ à une date inconnue de Villemonble....!! Cordialement.

    Répondre à ce message

  • L’exode de la tribu Brochard Wallez 15 mai 10:25, par Bernard Charon

    Je suis sensible à ce récit. J’ai vécu un exode identique. En réalité 3.
    Mai 40 : Boulogne-sur-Mer - Le Tréport
    Au passage, le bombardement d’Abbeville : 2500 morts. Pour faire simple : je suis un rescapé.
    Juin 40 : Le Tréport - Dieppe - Rouen - Melrand (Morbihan).
    fin mars à début septembre : habitant au Tréport, zone côtière interdite, nous avons été contraints de Partir.
    Nous avons été hébergés à Ouerre, en Eure-et-Loir, à 10 km au sud-sud-et de Dreux.
    Mon père, né à Briosne (devenue Briosne-lès-Sables) en 1591,
    après avoir fait 14-18, n’a connu aucun de ces 3 exodes. Cheminot, plus précisément aiguilleur, il a été mobilisé sur place (Boulogne) ou contraint de rester (Le Tréport).
    Il a participé à la Résistance... après avoir été un mutin du chemin des Dames.
    Marqué par cette 2nde guerre mondiale, j’écris des livres d’histoire locale... pour que l’on n’oublie jamais cette période noire.

    Répondre à ce message

  • L’exode de la tribu Brochard Wallez 17 mai 16:23, par MAIGNAN Monique

    Merci pour avoir publié ce récit émouvant.
    J’ai eu la sensation pendant toute ma lecture de vivre en direct ce qu’à dû vivre ma famille à la même époque mais malheureusement je n’en ai aucune trace écrite et tous les miens sont décédés...

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  • L’exode de la tribu Brochard Wallez 19 mai 15:58, par Bancelin

    Bravo bravo pour cette retranscription d’un périple à rebondissements en cas de guerre. Le récit m’a intéressée, il met en lumière le choc qu’a pu représenter la fuite du jour au lendemain. J’ai moi-même retranscrit le « petit carnet gris » de mon beau-père, récit de son exode avec sa mère en juin de Paris à Évreux. Quant à mon père, il m’a si souvent parlé de son départ précipité pour l’île d’Oléron en vélo depuis Tours avec sa mère (tandis que son père, déjà d’un certain âge et malade, avait pu prendre une voiture avec son frère aîné) que cela me donne l’idée de l’écrire avant que mon père ne soit plus là pour me redonner les détails. Ce Christ en ivoire de près d’un mètre (qui est maintenant chez moi) que sa mère lui a fait transporter sur le porte-bagages, aller et retour, et qui pesait « comme un âne mort » ! Se demandant pourquoi, puisque sa mère n’était pas baptisée (mais je pense que ce devait être un souvenir de sa mère plus croyante). Très cordialement

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