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L’utilisation des documents d’archives

3 questions à Jean-Claude L’Huillier


mardi 24 août 2004

Répondre à cet article

Question n° 1 : Au cours de vos recherches historiques, quels types de documents consultez-vous habituellement ? Selon vous, quel est l’intérêt de ces documents ?

Les recherches historiques sont le résultat de la curiosité, puis de l’intérêt que l’on porte à un sujet qui a attiré notre attention. Pour ma part, la généalogie a été le point de départ de recherches sur le terrain. Monsieur Matthieu ancien habitant de la Vallée des Charbonniers avait relaté quelques anecdotes du village de St Maurice sur Moselle au pied du Ballon d’Alsace où figurait le patronyme de ma mère. En effet en 1603, « le lundy vingt septième d’octobre, lendemain du festin de leurs nopces et vigile de feste Sainct Simon et Saint Jude apostres, au mépris et contravention des ordonnances de son Altesses et de l’Eglise .... » mes ancêtres Bazin après avoir festoyé pour le mariage de leurs deux fils, avec les deux filles Hermant de Rupt sur Moselle, mais pour ne pas « gâcher les restes » ils pensaient bon de finir les reliquats des repas le lendemain fête des apôtres St Simon et St Jude, jour habituellement jeûné.

Et voici notre sujet d’intérêt trouvé. Le document se trouve actuellement aux Archives départementales de Meurthe et Moselle à Nancy sous la côte B 2535, dans les documents de la Prévôté d’Arches stocké depuis bientôt 400ans au siège du Duché de Lorraine. La condamnation fut une amende de vingt cinq francs de l’époque et d’aller se faire absoudre par Monseigneur de Toul ou de son pénitencier.

De là, depuis cinq ans, je fouille les comptes de gruerie, comptes des mines, les rôles d’impôts de ban de Ramonchamps, les archives notariales, sans compter les coutumiers, les cahiers du Grand Sonrier des chanoinesse de Remiremont.

Tous ces documents ouvrent l’esprit du lecteur sur la vie de nos ancêtres, leurs coutumes, leurs soucis. L’organisation des « communautés » autour de leur curé, qui déléguait auprès du Châtollier et du Marguillier la gestion de la paroisse est un modèle de liberté. L’élection du régent d’école, de la sage femme, avec les avantages en nature que pouvaient apporter leur fonction par une non imposition pour service rendu à la communauté sont touchants, comparés aux tracasseries administratives et à l’anonymat qui nous entourent.

Si l’Histoire de France était enseignée dans nos écoles comme une matière vivante et concrète en commençant par l’histoire locale puis régionale, nos enfants connaîtraient la vie de leurs ancêtres et seraient plus attachés ou même rattachés à eux.

Question n° 2 : Pouvez-vous nous décrire votre façon d’exploiter ces documents, notamment par la photographie ?

Je dis toujours que je suis paresseux, je devrais dire plutôt économe, tout au moins pour l’énergie et le temps qu’il faut pour bien traiter un sujet.
Tout d’abord il faut de la rigueur. J’entends par là, avoir des preuves sur ce que l’on avance.

Des pavés dans une forêt n’indique pas toujours la présence d’une voie romaine.
Ensuite il faut de l’ordre puis de la méthode. La concrétisation du travail vient ensuite, mais il ne faut surtout pas se donner un délai dans le temps, car il est rarement tenu.

Le travail commence par la collecte des côtes d’archives en mairie et aux Archives Départementales. Suivant le lieu, il faudra tenir compte de l’histoire globale car des documents peuvent être dispersés dans plusieurs départements. Il ne faudra surtout pas s’étonner de voir se créer une certaine dispersion dans les recherches car il est tellement facile de s’égarer dans des voies annexes mais tout aussi intéressantes que la voie principale.

Il faut ensuite faire un choix au moment du dépouillement des documents. Les difficultés arrivent rapidement suivant l’époque recherchée, notamment par l’écriture du rédacteur de l’acte.

Afin de ne pas passer mon temps à transcrire des documents aux archives que je serais obligé de recopier une seconde fois au moment de la rédaction finale de la publication, je photographie tous les documents avec un appareil photo numérique de bonne définition (2,5 à 3,3 millions de pixels). Une fois au domicile, j’engrange dans l’ordinateur dans des dossiers correspondants au lieu et à la côte d’archive toutes ces photos. Régulièrement quand la taille de l’ensemble de ces dossiers avoisine 600 Mo, je les grave sur un CD rom, support de sauvegarde que l’on peut encore doubler pour plus de sécurité de vol et d’incendie.

Chaque photo est traitée en recadrage et en correction automatique de luminosité, ce qui donne ainsi un moyen d’intégrer la photo directement dans un document texte du type Word. Le second avantage est le dépouillement du document pour la transcription. Vous pouvez lire et agrandir la photo avec votre logiciel d’image dont la taille sera réglée dans la moitié supérieure de l’écran, tandis que la partie inférieure servira au logiciel de traitement de texte sur lequel sera transcrit le document photographié. Par le moyen des touches « ALT et TAB » enfoncées successivement, vous pourrez passer d’un logiciel à l’autre.

Un moyen pratique et rapide pour photographier de grandes quantités de documents est d’avoir une table-support appareil photo. Certaines Archives départementales en possèdent mais attention, elles vous demanderont peut-être de signer un document vous engageant à mentionner les sources en cas de publication. Même si cela paraît logique il faut le savoir.

Question n° 3 : Actuellement, faites-vous des recherches historiques et/ou généalogiques sur un sujet particulier ?

Sur le plan généalogique j’ai tenu à faire un document original qui change du traditionnel arbre ou de la liste de noms accompagnés des dates. La photographie de toutes les signatures de mes ancêtres avec les évènements les plus marquants de leur vie ainsi que les enfants sont notés par générations. Je reprends chaque enfant de la ligne directe avec leurs enfants pour chaque génération, jusqu’à mes enfants qui ont apposé leur signature.

Sur le plan historique, j’ai la chance d’avoir des documents anciens de notre famille qui donnent le départ à un sujet précis. Je citerai : un congé militaire sous Louis XV, une médaille de Ste Hélène, un ancêtre meunier qui m’a fait découvrir les techniques et les lois de la meunerie avant la révolution. L’histoire communale de St Maurice sur Moselle avec les chaumes, la route du sel, les scieries, a été commencée par mon arrière grand-père mais restée à l’état de manuscrit est actuellement en cours de refonte avec les documents d’archives à l’appui. L’évolution de la vallée de la Haute-Moselle vu par la cartographie des origines à nos jours est aussi en cours. Une histoire du petit chemin de fer reliant Bussang à Fellering en Alsace est déjà terminée ainsi que les souvenirs de gendarme et des guerres de 14-18 et 39-45 au jour le jour.

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