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La Révolution Française : La naissance du patriotisme (1er chapitre)


jeudi 29 janvier 2015, par Henri-Claude Martinet

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Être confronté dans sa généalogie à un ancêtre « Déserteur étranger à Valmy », rien de tel pour aiguiser la curiosité et provoquer des recherches sur cette période aux multiples facettes qui toutes auront pour point de départ la bataille de Valmy, cette fois-ci la naissance du patriotisme, origine d’une France aux caractéristiques modernes, certaines déclarations ou décisions étant encore d’une surprenante actualité.

« En 10 mois, octobre 1793 à juillet 1794, la dictature du Gouvernement révolutionnaire s’établit, combat, triomphe et succombe : une période courte au point de vue du temps écoulé, mais longue si on l’évalue d’après les faits accomplis [1] ».

Première partie : De la victoire à la déroute

1792 – 1794 : années de tous les contrastes
Quelques dates marquantes :

  • 20 septembre 1792 : Bataille de Valmy... Une victoire ambigüe
  • Juillet 1793 : les désastres de toute espèce accablent la France :
    La France semble perdue !
  • 10 juillet 1793 : Robespierre entre au Comité de Salut public rejoint par Carnot, Lindet et Prieur le 14 août.
  • 10 octobre 1793 : Création du Gouvernement révolutionnaire provisoire
    Instauration de la Terreur
    Implication de toute la population pour sauver la Nation.
    Naissance plus ou moins volontaire du patriotisme.
  • 18 juillet 1794 : Première grande victoire :
    La France est sauvée !
  • 27 juillet 1794 : Chute de Robespierre – Fin de la Terreur.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il faudra garder présent à l’esprit que tous les événements relatés se produisent durant un laps de temps très court sous l’autorité de la Convention, mais surtout du Comité de Salut public et du Gouvernement révolutionnaire provisoire qui instaura la Terreur à l’instigation de Robespierre l’incorruptible, entré le 27 juillet 1793 au Comité de salut public et guillotiné le 28 juillet 1794, et sans qui tout ce qui va suivre aurait probablement été impossible !
Loin de moi de vouloir magnifier les méthodes expéditives et définitives d’un gouvernement dictatorial, cependant elles ont, comme nous allons le voir, mis un terme à un système chaotique né d’un « délire révolutionnaire » où chacun, au nom de la liberté, s’arrogeait le droit d’imposer sa volonté aux autres.
« Le gouvernement révolutionnaire avait résolu d’imposer à la population en délire, une volonté plus forte encore que la folie à laquelle elle était en proie. (…) L’action régulière de la guillotine constitua un système de torture appliqué à la Nation pour la forcer à l’obéissance [2] ».
Cependant, ces méthodes vont avoir une double fonction : mettre sur pied les rudiments d’une industrie moderne et imposer, de gré ou de force, l’implication de tous les citoyens dans le seul but de sauver la patrie en péril. Et ainsi sont nés l’idée de nation et le sentiment de patriotisme qui vont être partagés par quasiment tous les citoyens.

Pour appréhender un tant soit peu l’atmosphère ambiante à Paris durant ces deux années, il suffit de se reporter au chapitre « La fête du salpêtre » extrait de « Causeries. Les pompiers, guérison de la rage, la peste, la fête du salpêtre » paru dans les années 1880. C’est-à-dire que, près d’un siècle plus tard, Albert Lévy tente, en rappelant les événements historiques de restituer le climat qui régnait alors pour sauver la patrie en danger à une partie de la population qui n’avait que peu accès à la culture, d’où son ton quelque peu paternaliste.

« L’année 1793 fut une année terrible. La France semblait perdue : elle n’avait plus d’armées, elle n’avait plus ni fusils ni canons, elle n’avait plus de poudre. (…)
Il faut des soldats !
Le 16 août, le Comité décrète la levée en masse ; le 25 août, le Comité décrète la réquisition permanente. (…)
Le résultat ne se fit pas attendre. En février 1794 nous avions 200 000 soldats ; 18 mois après, nous en comptions un million.
Il faut des armes !
Une manufacture générale d’armes fut établie sur l’esplanade des Invalides, dans le jardin du Luxembourg et sur d’autres emplacements ; 258 forges y fonctionnaient, dirigées par les plus habiles ouvriers de Paris ; elles produisaient 1 000 canons de fusil par jour. (…)
Tous les savants se mettent à l’œuvre et s’ingénient à trouver des procédés rapides pour la confection des armes. Les communes ont été autorisées à convertir leurs cloches en canons. (…)
Il faut de la poudre !
La poudre manquait, les arsenaux étaient vides. Pour fabriquer la poudre il fallait du salpêtre et ce salpêtre avait été jusque-là tiré de l’Inde : or la mer était fermée. Il y avait bien en France des salpêtriers qui avaient depuis de longues années le privilège de fouiller les caves, les étables et auxquels on réservait les vieux murs. (…) En 1793, le Comité de Salut public invita tous les citoyens à lessiver eux-mêmes leurs plâtras. (…)
Après avoir travaillé tout le jour, les citoyens allaient entendre le soir au théâtre des pièces patriotiques. L’une d’elles s’appelait les Salpêtriers républicains. (…)

Pour répandre partout l’art nouveau du raffinage du salpêtre en même temps que pour apprendre à mouler, fondre et forer les canons, on appela à Paris un certain nombre de canonniers. (…) La fin des cours fut un jour de fête où toutes les sections de Paris se réunirent aux élèves pour venir à la barre de la Convention présenter les produits obtenus. (…) Cette fête, dans laquelle on chanta l’Hymne au Salpêtre, fut au dire de Monge, une des plus belles de celles qui ont eu lieu pendant la Révolution. (...)
A la fin de 1793, il y avait à Paris plus de 60 ateliers, fournissant au total 5 000 livres de salpêtre par décade. On comptait plus de 6 000 ateliers dans toute la République ; on raffinait alors 50 milliers (de livres) de salpêtre par jour.
Les efforts du Comité de Salut public furent couronnés de succès : Lyon et Toulon sont repris ; la Vendée vaincue ; Dunkerque, Maubeuge et Landau débloqués ; nos positions du Nord et de l’Est dégagées. 
La mémorable campagne de 1794 va commencer.
La France était sauvée ! [3] »

Ces extraits d’un récit aux envolées lyriques magnifiant un enthousiasme patriotique généralisé, mais qui occultent la contrainte, l’intimidation et la peur nées avec la Terreur, sont tout à la fois réels quant aux événements, mais aussi dignes d’une opérette dans laquelle vie quotidienne et chants se mêlent intimement et où, après une rude journée de labeur, les révolutionnaires et sans-culottes passent la soirée au théâtre … soucieux de leur culture !
Jacobinisme oblige, tout se déroule à Paris, au cœur même de Paris, siège du pouvoir central. Mais ce rapport idyllique et magnifié de la vie parisienne à cette époque n’est que la pointe apparente d’un iceberg, car l’énorme partie immergée que représente le peuple jusque dans les plus petites communes est aux prises avec une réalité bien différente : avec peu de moyens, il devra, lui aussi, répondre aux mêmes sollicitations du pouvoir : « Il faut des soldats ! Il faut des armes ! Il faut de la poudre ! »

Comment se fait-il qu’environ un siècle plus tard, cet élan patriotique reste symbolique des efforts de tout un peuple pour sauver une nation au bord du gouffre ?

C’est grâce à l’action du peuple et à lui seul. Il répondra aux appels de la Convention pour accomplir son devoir patriotique, certes avec plus ou moins d’enthousiasme, mais assurément avec beaucoup moins de soirées au théâtre, toutes patriotiques qu’elles soient.
Cependant, la fabrication de ce salpêtre salvateur sera bien à l’origine de fêtes populaires avec force fanfares, musique et chants à Paris certes, mais aussi dans de nombreuses communes, car elles avaient un but politique très précis : provoquer parmi la population un élan en faveur de la Nation et ainsi impliquer chaque citoyen, du plus jeune au plus vieux, autour d’une cause commune : la production du « salpêtre révolutionnaire » destiné à vaincre un ennemi qui, parfois, pouvait lui paraître très éloigné. En mobilisant ainsi chacun, naissait le sentiment d’appartenir à un peuple fier de défendre sa devise : Liberté, Égalité, Fraternité.

Patriotisme magnifié par le lyrisme débordant de Bertrand Barère devenu rapporteur du Comité de Salut public [4] : « Voilà les sentiments de tout Français, parce qu’il sait qu’il appartient à une nation révolutionnaire comme la nature, puissante comme la liberté, et ardente comme le salpêtre qu’elle vient d’arracher aux entrailles de la terre.  [5]  ».

Cette implication de toute la nation dans le but ultime de chasser l’ennemi hors de France, peut, avec du recul, être considérée d’une étonnante modernité, car elle sera à l’origine de nombreux progrès scientifiques et de la création d’une véritable industrie, centralisée certes, et soumise à un pouvoir extrêmement autoritaire, mais avec une finalité très précise : produire de plus et plus rapidement armes et munitions pour les mettre à disposition d’une armée restructurée et disciplinée qui allait bientôt reprendre le chemin des victoires.

Le vocabulaire utilisé est symbolique de ce bouleversement : Il y aura bien toujours ces envolées grandiloquentes de la part de révolutionnaires attachés aux idéaux politiques du début de la Révolution, mais conjointement va apparaître tout un vocabulaire plus concret, plus accessible aux citoyens aux prises avec les difficultés du quotidien. Et ainsi, plus aucun discours, plus aucune déclaration ou pétition ne seront rédigées sans des termes comme République, nation, patrie, patriotisme, martyr, esclave, d’une part et malveillant, suspect, aristocrate, tyran, d’autre part, ceci n’étant qu’un faible aperçu d’un florilège extrêmement riche qui donnera une perspective plus réaliste à leur engagement. Mais, ce sont les termes patrie et patriotisme qui seront les plus fréquents, révélant le caractère militaire du redressement, car ce ne sera que par les combats et les victoires que viendra le salut de la patrie en danger.

Mais reprenons les événements l’un après l’autre et dans l’ordre :

Événement initial : la Bataille de Valmy, le 20 septembre 1792.
Elle donne aux troupes révolutionnaires l’illusion de supériorité.
Des chansons patriotiques, reflet de l’opinion générale, il y en a eues de nombreuses après la victoire de Valmy et la retraite des Prussiens :

Savez-vous la belle histoire
De ces fameux Prussiens ;
Ils marchaient à la victoire
Avec les Autrichiens ;
Au lieu de palmes de gloire,
Ils ont cueilli du raisin.
Le raisin donne la foire
Quand on le mange sans pain ;
Pas plus de pain que de gloire,
C’est le sort du Prussien ;
Il s’en vient chantant victoire,
Il s’en va criant la faim. (…)
N’ayez peur qu’on m’y rattrape,
Dit le héros prussien ;
Je saurai, si j’en réchappe,
Dire au brave Autrichien :
Va tout seul cueillir la grappe
Dans la vigne du voisin.
(Seconde gaieté patriotique)

« Le style de ces plaisanteries est plus propre à peindre l’effet que produisit sur l’opinion publique les succès militaires obtenus par l’armée du Nord, que tout ce que nous pourrions dire sur l’enthousiasme avec lequel on accueillait, dans les cafés et dans les réunions de toute espèce, les nouvelles favorables qui ne cessaient de se succéder depuis un mois. Dès ce moment naquit en France, cet esprit d’audace, cette confiance en soi-même qui rendit au soldat toute entreprise facile, et qui fit qu’on ne douta plus de la victoire. Le peuple à l’avenir ne crut plus au danger, et, lorsque le pouvoir fut de nouveau justement effrayé, lorsqu’il fut obligé de recourir encore une fois à des mesures extraordinaires, il ne partagea point ses craintes, car, après cette épreuve, la France lui paraissait invincible.  [6] » (Extrait du Journal des Assemblées nationales pour octobre 1792).

Invincibilité illusoire qui, en quelques mois, tant à l’intérieur qu’aux frontières, se transforma, sur tous les fronts en déroutes et reculades et provoqua un dur retour à la triste réalité : les troupes révolutionnaires n’étaient pas en mesure d’affronter leurs différents ennemis.

Les défaites qui se succédaient, risquaient, non seulement, de conduire à l’invasion de la France à partir des frontières, mais également, à l’implosion de la nation à l’intérieur. Et ainsi, 1793 devint, pour la Révolution, l’année de tous les dangers au point de remettre en question son existence même, le summum étant atteint avec les « désastres de toute espèce dont la France venait d’être accablée pendant le mois de Juillet ».

Origine de cette situation :

  • Le 21 janvier 1793, Louis XVI est guillotiné.
  • Le 1er février, la Convention déclare la guerre à l’Angleterre.

A partir de ce moment, les événements vont se précipiter.

Aux frontières déjà.

La Première Grande Coalition qui s’est constituée autour de l’Angleterre avec entre autres, la Prusse, l’Autriche, la Russie et « plus de vingt-deux peuples attelés au char du despotisme », soit la quasi-totalité de l’Europe, inflige défaite sur défaite aux troupes françaises.
C’est d’abord en Belgique et Hollande, les Autrichiens occupent Valencienne, puis Condé et menacent Cambrai et Dunkerque. L’Armée du Rhin est à son tour contrainte de reculer face aux armées prussiennes qui vont occuper Mayence, puis entrer en Lorraine et en Alsace. Au sud, Toulon tombe aux mains des Anglais qui, à leur tour, menacent Marseille. Les Piémontais occupent la Savoie, marchent sur Lyon et menacent un temps Nice. Les Espagnols occupent une partie du Roussillon.

A l’intérieur, la situation est tout autant dramatique.

En février, poussé par la famine, le peuple parisien se révolte et pille les dépôts de nourriture. En mars, débute le soulèvement des paysans vendéens. Cette armée de Chouans enregistre des victoires à Fontenay-le-Comte, Saumur, Cholet, puis fait le siège de Nantes, imitée par certains départements normands.
Lyon se soulève contre la Convention montagnarde, pour ne noter que les insurrections les plus marquantes.

La Convention est contrainte de réagir :
La Convention tente de surmonter cette première mise à l’épreuve. Elle crée coup sur coup plusieurs organismes censés redresser une situation de plus en plus alarmante. Le mot qui caractérise le mieux son action durant cette période est l’adjectif « révolutionnaire ».

En janvier 1793, création du Comité de défense générale :
Mais son mode de fonctionnement est incompatible avec sa fonction : ses membres trop nombreux et la publicité des séances s’opposent au minimum de discrétion qu’exigent les préparatifs militaires contre les armées ennemies.

En mars, installation du Tribunal révolutionnaire.
A l’inverse du précédent, lui sera d’une redoutable efficacité et aidera, à sa manière, à l’application des mesures prises. D’avril 1793 à juillet 1794, mort de Robespierre, il ne prononcera pas moins de 2 625 condamnations à mort ! [7]

En avril, création du Comité révolutionnaire de Salut public avec à sa tête Danton.
Puis, le 10 juillet, après son élimination, Robespierre entre au Grand Comité de Salut public de l’An II.
Et, le 10 octobre 1793 (19 Vendémiaire An II), création du Gouvernement révolutionnaire provisoire qui décrète que « La France sera révolutionnaire jusqu’à la paix. »
La Terreur s’installe alors jusque dans les plus petites communes qui créent leurs propres Comités de Salut public. On ne compta pas moins de 20 500 comités sur toute l’étendue du territoire, dont 48 à Paris. Ceux-ci deviennent le bras armé du gouvernement et instaurent la terreur au niveau local.
Pour cela, ils s’appuient sur la loi des suspects promulguée le 17 septembre 1793, loi qui stipule dans son article premier : « Tous les gens suspects qui se trouvent dans le territoire de la république, et qui sont encore en liberté, seront mis en état d’arrestation », ce qui revient à pouvoir éliminer sans autre forme de procès « ceux qui n’ont pris aucune part active dans tout ce qui intéresse la révolution  [8] ». Les Sociétés patriotiques des différentes communes établissent alors elles-mêmes « des listes de suspects » sur lesquelles, de façon totalement arbitraire, elles inscrivent ceux qu’elles regardent comme traitres, ennemis ou espions, car ces termes sont emprunts « d’une telle élasticité qu’on pouvait, sans peine, en faire l’application à tout le monde.  » [9].
Avec ces mesures, la Convention s’est dotée de tout un appareil aux mains des Jacobins qui, non seulement soutiendront mais aussi veilleront à la stricte application des mesures prises pour sauver la « Patrie en danger ».

Pourquoi une armée victorieuse en 1792 devient inopérante en 1793 ?

L’origine de cette situation se trouve dans la Révolution elle-même avec ses idéaux et son romantisme omniprésents, renforcés par l’illusion, certains diront « l’ivresse », née de la victoire à Valmy le 20 septembre 1792, puis de celle de Jemmapes le 6 novembre 1792 pour ne citer que les triomphes les plus éclatants.
La brusque retraite des troupes austro-prussiennes, au début d’octobre 1792, tellement surprises de voir les armées révolutionnaires lui résister, font croire à l’ensemble de la population, mais également aux dirigeants et aux états-majors, à la supériorité des combattants révolutionnaires avec pour conséquence que « le mouvement révolutionnaire imprimé par les Français à l’Europe entière ne laissait plus entrevoir de termes aux conquêtes de la liberté. [10] ».

Lazare Carnot qui va bientôt devenir l’organisateur du redressement de l’armée, est, lui aussi, gagné par l’euphorie générale, comme l’atteste son rapport fait devant la Convention le 9 mars 1793, au lendemain des premiers échecs, rapport que les réalités du terrain ne tarderont pas à contredire :
« Citoyens, la liberté se réveille à la vue du danger, et son réveil est un triomphe. Les victoires qui signaleront cette campagne seront une glorieuse réparation des légers revers que nous venons d’éprouver ; il sera bientôt réparé ce dommage, car la France entière est prête à marcher contre les soldats de la tyrannie. (…) Retournez au-devant des satellites de l’Autriche et de la Prusse, ils sont accoutumés à fuir devant vous ; ne leur laisser pas oublier la honte de leur défaite. [11] »

Mais les défaites des troupes françaises se succédant inexorablement, nombre de conventionnels, plus réalistes, montent à la tribune pour y dénoncer une situation militaire catastrophique tant aux frontières qu’à l’intérieur, pointant en particulier : « les revers de l’armée du Nord qui avaient succédé à la victoire d’Hondschoote. (…) (Certains conventionnels) tentèrent de rejeter sur (le comité) non seulement le désastre de Courtai, mais encore tous les malheurs de la guerre civile et de la guerre étrangère. (…) Briez, l’un des commissaires de la Convention au siège de Valenciennes, (…) annonça que Menin avait été évacué et que l’arrière-garde (de l’armée du Nord) avait beaucoup souffert ; que Dunkerque était menacé de nouveau ; que la défaite du corps d’armée placé près de Cambrai avait livré aux ennemis les campagnes de Hainault, du Cambrésis, de la Flandre et de la Picardie. Il conclut à ce que les mesures les plus promptes fussent prises pour renforcer l’armée du Nord. [12] »
Que l’on était loin, en ce mois de septembre 1793, des propos de Carnot !

Diverses causes expliquent ces incessantes défaites :

Ou quand le mieux devient l’ennemi du bien.

Premiers éléments préjudiciables :
Les armées révolutionnaires elles-mêmes avec leur organisation soumise aux idéaux de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen et en particulier aux principes de démocratie, de liberté et d’égalité sont grandement responsables du fiasco militaire.
Si dans les premières années de la Révolution, « chacun, dans cette armée jusque-là dévouée, savait qu’il s’agissait de la défendre » et qu’il y « régnait l’obéissance volontaire  [13] », rapidement son nouveau mode de fonctionnement et son système de recrutement vont lui être fatals !

Car, dès 1789, la Révolution avait aboli l’habituel mode de recrutement. Les armées de l’Ancien régime considérées comme « un servile instrument du despotisme monarchique et une entrave à la conquête de la liberté  [14] », donc peu fiables, avaient été démantelées pour faire place aux enrôlements volontaires pour combler les vides, base d’une armée révolutionnaire de Volontaires.

Son organisation interne va être déterminée par l’abolition des privilèges et la Déclaration des Droits de l’Homme : « Le peuple Français a reconnu, comme principe immuable de son organisation sociale, 1° que tous les hommes sont égaux en droits ; 2° que tous les citoyens sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois, selon leur capacité », d’où « dans un pays libre, (…) tous les citoyens doivent être soldats, tous les soldats peuvent être officiers ; il faut donc que les soldats choisissent ceux qui seront dignes de les commander [15]  » !

Cependant, devant les manques dans les rangs, le pouvoir est contraint, dès 1791, de constituer des contingents de Volontaires formés avec des citoyens armés enrôlés en qualité de « défenseurs volontaires de la patrie. » Ces bataillons de Volontaires exercent une grande force d’attraction sur l’esprit général de la population. Imbus des sentiments de fraternité universelle, ils ont juré de ne déposer les armes qu’après avoir renversé les despotes et abattu les tyrans. Sur leurs passages, ce ne sont qu’ovations, félicitations et applaudissements. Dans les villes et villages qu’ils traversent, on leur fait des haies d’honneur, on tire le canon, on pavoise. Accueillis à bras ouverts par les patriotes, « les hommes dormaient chez l’habitant où ils avaient ‘place au feu et à la chandelle’ [16]  ».

Autre mesure qui va se révéler funeste : une loi promulguée au moment de Valmy « autorise tous les citoyens à lever des corps armés, et permet à chacun d’aspirer immédiatement à un grade élevé, s’il parvient à réunir le nombre de Volontaires suffisant pour constituer un commandement » [17] avec pour conséquence immédiate la multiplication des demandes pour créer des Bataillons nationaux, ceux-ci se faisant au détriment du recrutement des troupes de ligne !
Des Compagnies franches de Volontaires se constituent ainsi dès que le nombre de 574 hommes issus des recrues du contingent est atteint et vont combattre pour leur propre compte ! Symbolique de l’engouement général, des citoyennes demandent, elles aussi, au nom de l’égalité, à être armées pour combattre les tyrans. A Paris s’organise ainsi le Bataillon d’Amazones !
Cette effervescence du début donne illusion d’une armée nombreuse et forte, illusion entretenue par une agitation désordonnée d’autant que, sous l’impulsion de la Convention, continue à se créer une foule de petits corps armés, sans uniformité, sans discipline et sans confiance dans les chefs que, pourtant, ils se donnent eux-mêmes !

Malgré tous ces engagements, le ministre des guerres reconnaît qu’il manque 50 000 hommes pour que l’armée soit au complet : « Ce déficit provient de ce que le recrutement des troupes de ligne est presque entièrement suspendu, depuis que la classe qui fournissait le plus aux enrôlements se précipite dans les Bataillons de Volontaires. (…) Le moyen qui paraît le plus naturel et le plus prompt pour combler le vide inquiétant qui existe dans l’Armée serait d’astreindre les Bataillons de Volontaires aux règlements des Troupes de Ligne. »

Proposition que les députés rejettent violemment, objectant que « la discipline militaire affaiblira certainement en eux (les volontaires) l’esprit de Liberté et lui substituera une soumission aveugle aux volontés des Chefs » [18], leur intention étant de ne composer l’armée entière qu’à partir des Gardes nationales constituées avec ces volontaires !

Soumise aux deux tendances opposées et voulant respecter les principes démocratiques pour ces citoyens devenus soldats, l’Assemblée Constituante décréta que « la force publique est composée de troupes spécialement destinées au service intérieur, et subsidiairement des citoyens actifs et de leurs enfants en état de porter les armes, inscrits sur le rôle de la garde nationale. » Selon ce principe des « engagements volontaires » [19], furent créées dans chaque département « des gardes nationales de bonne volonté » constituées de « bons citoyens », organisées en bataillons, ceux de Paris étant les plus nombreux, bataillons eux-mêmes divisés en compagnies.
Disposition particulière correspondant à leur état de citoyen-soldat : « Tous les individus composant la compagnie, nommeront leurs officiers et sous-officiers ; l’état-major sera nommé par tout le bataillon » [20], l’élection des officiers des bataillons par les soldats n’étant que l’application à l’armée du « droit de cité », inscrit dans l’article 2 de la Déclaration des Droits de l’Homme, dans la mesure où « le Corps dont il (le soldat) fait partie constitue une corporation » [21].

Démocratie, liberté et égalité, hautement revendiquées par ces citoyens-volontaires, vont être la cause principale de la désorganisation des différents bataillons, car chacun y donnera une interprétation toute personnelle et sans nuance, souvent en ne privilégiant que son propre intérêt ! A l’esprit militaire s’oppose l’insubordination des Volontaires, les obligations de discipline et d’obéissance donnent lieu à des actes de rébellion « de se voir soumis à une discipline qui ne respire que l’esclavage et la tyrannie. » Tous ces débordements n’étant pour l’Assemblée que « de légères erreurs d’un patriotisme qui exagère le sentiment de la Liberté. » [22].

La démocratie symbolisée par l’élection des officiers et sous-officiers est à maintes reprises dénoncée comme source d’incessantes rivalités de personnes et d’intrigues. Ainsi, le général Dubois-Crancé écrit dans sa lettre aux Armées de février 1793 : « J’ai visité nos armées, j’y ai vu, avec douleur, tous les abus de l’ancien régime concourir, avec des exagérations d’idées de liberté, à une désorganisation complète. (…) J’ai vu des jeunes sans talents, sans expérience, souvent sans patriotisme, portés rapidement aux emplois supérieurs. (…) Enfin, il était devenu si facile aux intrigants de traverser toute la hiérarchie militaire » [23], réfutant cependant toute critique de ce système : « on cherche à frapper l’imagination de ces mots : intrigue, indiscipline, désorganisation ».

N’en déplaise à Dubois-Crancé, dès octobre 1792, le comportement des soldats faisait déjà l’objet de nombreuses plaintes : « L’inconduite de nombreux détachements qui se rendaient aux armées, concourait à la perturbation générale. L’ivrognerie, la débauche et des excès de tous genres signalaient leur passage dans les localités où, un an auparavant, on avait fêté l’arrivée des Volontaires de 1791 avec un si cordial enthousiasme. »  [24].

L’amalgame des troupes de ligne et des Volontaires, une solution ?  
La solution envisagée pour ramener ordre et discipline et ainsi pour reconstituer une armée digne de ce nom tout en y conservant le principe démocratique, est le décret du 12 février 1793, avec comme mesure essentielle l’amalgame des troupes de ligne et des Volontaires
Il y est proclamé qu’à partir de cette date, « il n’y aura plus aucune distinction ni différence de régime entre les corps d’infanterie appelés régiments de ligne et les volontaires nationaux. » A un bataillon de régiment de ligne seront adjoints 2 bataillons de Volontaires pour former un même Corps : la demi-brigade, chaque bataillon comptant maintenant 800 hommes. Politiquement, cette nouvelle organisation est censée resserrer les liens de fraternité entre les soldats–citoyens et les volontaires–soldats. « Il donnera aux uns des exemples de civisme et de dévouement ; il apprendra aux autres la discipline ; enfin il est conforme au grand principe de l’Égalité. » [25]. De cette nouvelle organisation devait renaître « l’esprit républicain » qui mènerait immanquablement à la victoire !

L’amalgame avait pour finalité d’intégrer les troupes de ligne, toujours considérées comme peu fiables, au sein d’une armée révolutionnaire renouvelée afin d’y ramener ordre et discipline, c’est-à-dire établir une identité parfaite entre les soldats de ligne et les volontaires afin de composer des Corps homogènes soumis aux mêmes lois. Les rapports établis après la défaite de Valenciennes en mai 1793 ne laissent aucun doute à ce sujet : « Ils avaient dénoncé les troupes de ligne, qui pour la plupart, étaient gangrenées de royalisme : un régiment entier de ces troupes avait passé à l’ennemi ; les commissaires se flattaient cependant que le bon esprit des volontaires ramènerait insensiblement ces soldats aux véritables principes de la liberté. » [26].

Cependant, lorsque des députés veulent, lors de la discussion de ce décret, imposer « le même régime » pour tous les combattants, Barère intervient : « Alors ou vous établirez un régime trop rigide pour les volontaires, ou vous détruirez absolument les corps de troupes qui, par leur discipline et leur instruction sont le noyau de nos armées et qui étant composé d’hommes plus particulièrement dévoués à la profession militaire, doivent être soumis à des règles plus stables et pour la discipline et pour l’avancement dans les grades. » [27].

Ce décret voulant imposer l’uniformisation de l’armée était regardé, comme LA solution pouvant résoudre tous les problèmes, avec cependant une énorme surprise : « c’est que, vu l’attachement des soldats pour leurs anciens corps, il n’en soit pas résulté les plus grands désordres. L’enthousiasme de la patrie et de la liberté a suppléé à tout » ? [28].

Le rapport rédigé à la même époque par le bureau de surveillance de la police de Paris (les Renseignements Généraux de l’époque) abonde en ce sens : les troupes de ligne semblent s’être très bien adaptées à la nouvelle situation : « Ces troupes de ligne en équipage si délabré, qui se rendent dans la Vendée, paraissent fort joyeuses ; elles chantent et se divertissent tout le long de la route » ! [29]

Cependant, ces bataillons qui cohabitaient au sein du même Corps et que l’on voulait unifier, gardaient chacun leurs spécificités, origine de nouvelles confusions : « Les soldats composant les régiments de ligne, étant engagés, sont tenus de remplir leur engagement jusqu’à la paix. Les volontaires ne pourront jamais être liés que par une campagne » [30]. Chaque campagne étant officiellement considérée comme terminée le 1er décembre, ils pouvaient faire défection et rentrer dans leurs foyers, même contre l’avis de leur commandant ou du ministre de la guerre, ne faisant par-là que profiter des dispositions du décret du 3 février 1793 ! Ainsi, le bataillon du Pont-Neuf intégré à l’Armée des Ardennes, ne comptait plus que 257 hommes au lieu des 800 habituels, dont 80 officiers et sous-officiers, à la veille d’engager le combat contre les Autrichiens à Arlon [31]. Phénomène identique : lors de la retraite de Neerwinden, Dumouriez est réduit à l’impuissance : « de toutes parts, les Volontaires font défection pour regagner précipitamment la frontière ; ils abandonnent l’armée et les citadelles, sous le spécieux prétexte d‘aller défendre les foyers menacés » [32].
De plus, le mode d’avancement au sein de ces brigades de volontaires, et uniquement pour elles, continuera à se faire comme auparavant par élection : « Les caporaux seront choisis à la majorité absolue par tous les volontaires du bataillon » [33].
Le seul élément tangible, symbole de l’unification, devait être l’habit : « L’uniforme sera le même pour toute l’infanterie. Il sera aux couleurs nationales. »

Les bataillons de Volontaires caractérisés par leur indiscipline et leur désorganisation :
Finalement, ce système voulu démocratique conduit, du fait des dispositions accordées aux uns et aux autres, à un désordre auquel l’armée ne peut pas résister. Lors de ses inspections sur les différents fronts, Carnot ne peut que constater : « Nous avons, je ne sais combien de corps où il y a trois fois plus d’officiers que de soldats » [34]. En outre, il dénonce, dès le 26 août 1792, l’effet produit par ce système sur les troupes de ligne : « Les malveillants répandent sourdement dans nos armées, pour y jeter l’abattement et le désespoir, dans un instant où elle a si grand besoin de toute son énergie, que la motion (…) tendant à faire réélire tous les officiers par les soldats est adoptée. Ils parviennent par ce moyen à décourager tous les officiers » [35].

Nombre de conventionnels s’opposèrent, dès les premières discussions, au concept d’amalgame : « La veille de la bataille, on verra donc les Compagnies se transformer en corps électoraux ? L’intrigue s’établira, et chaque individu briguera des suffrages où sa seule ambition devrait être la victoire du lendemain. D’ailleurs, l’élection des officiers est contraire aux conditions du succès : l’obéissance passive est impossible de la part d’électeur envers celui qu’il a élu. (…) N’a-t-on pas vu des places vacantes mises à l’enchère dans certains bataillons ? Des nominations indignes n’ont-elles pas prouvé que l’égalité des droits ne donne pas l’égalité des capacités ? » Et d’ajouter : « L’instabilité de l’avancement peut (…) porter les soldats à la licence, énerver la discipline et compromettre l’esprit de subordination » [36].

Outre les intrigues et l’agitation permanente, ce système va de plus conduire à de nombreuses remises en cause de décisions antérieures, lorsque ces soldats-électeurs se jugent lésés dans leur liberté et leurs droits, tel ce « mémoire des officiers du 2° bataillon de volontaires de Seine-et-Oise qui se plaignent de leur lieutenant-colonel et demandent qu’il soit remplacé », ou celui des volontaires de ce même bataillon qui dénoncent « diverses injustices commises à leur égard » [37].

Ces différences de statut entre soldats de ligne et volontaires vont finalement provoquer un véritable cataclysme au sein même de l’armée : car, si les troupes de ligne et leurs officiers n’ont pour ces volontaires « qu’orgueil et dureté (et) sont malmenés par ceux-ci » [38], a contrario, les « citoyens-soldats de la Liberté », habitués aux coutumes désordonnées des Sociétés populaires, ne font que porter dans les camps et les garnisons l’esprit révolutionnaire de délibération, tel qu’il existait dans ces sociétés, et ainsi, ils mettent à mal les traditions du devoir et de la discipline et multiplient les éléments de désorganisation. Et comme si cela n’était pas suffisant, dédaigneux de toute instruction militaire ainsi que de toute subordination, ils se révèlent sur les champs de bataille sans courage ni constance, ce qui va provoquer une dérive aux conséquences funestes et aboutir à une véritable déliquescence au sein des différents corps.

Sur tous les champs de bataille, des récits identiques dénoncent le comportement indigne de ces citoyens-soldats. Sur le chemin vers d’hypothétiques champs de bataille, ces gardes nationaux, auto-proclamés sauveurs de la nation, après avoir juré « de ne rentrer dans leurs foyers que lorsqu’ils auront exterminé le dernier des tyrans » [39], se comportent, en fait, en soudards, pillant, tuant et violant dans les villages qu’ils traversent, ajoutant au spectre de la défaite, celui d’une anarchie où tout semble permis, hors de toute règle, discipline et organisation, avec pour conséquences immédiates lors des combats, des déroutes honteuses qui occasionnent un tel désarroi parmi ceux qui en sont à l’origine qu’ils n’hésitent pas à se retourner contre leurs propres officiers élus considérés comme responsables des débâcles.

Quelques exemples parmi tant d’autres :  
En décembre 1792, lors de l’occupation du Comté de Nice, l’Armée du midi se livre à un pillage généralisé : « Le comté de Nice fut ravagé par les dilapidations, les concussions et les vols (…) que se permirent les officiers et les agents de l’administration militaire, qu’il ne l’eût été par la guerre la plus active. » [40]. La Convention sera contrainte de voter un décret pour indemniser les citoyens « des pertes qu’ils ont éprouvé par l’entrée et le séjour de l’armée française. (…) Il importe de porter la consolation dans l’âme de ces nouveaux Français, de leur faire aimer la République » ! [41].

Carnot, en mission d’inspection à Dunkerque en avril 1793, constate les mêmes débordements commis au nom de la liberté et des droits accordés aux combattants interdisant toute mesure contraignante : « Nous ne dissimulerons pas (…) qu’il y a dans l’armée des pillards qui désolent les villages, que l’insouciance, la lâcheté et l’incivisme de plusieurs corps nous donnent de l’inquiétude. Un fléau détruit nos armées : c’est le troupeau de femmes et de filles qui sont à leur suite ; il faut compter qu’il y en a autant que de soldats ; les casernes et les cantonnements en sont engorgés ; la dissolution des mœurs y est à son comble ; elles énervent les troupes et détruisent, par les maladies qu’elles apportent, dix fois plus de monde que le fer des ennemis. (…) L’abus n’est point facile à détruire ; nous ne le pourrions peut-être pas, sans l’autorité d’une loi très forte et très menaçante. Celle qui existe aujourd’hui est pour eux ; elle prescrit de loger les femmes des soldats mariés ; à les entendre ils le sont tous. A Douai, où nous avons vu (…) la garnison réduite à 350 hommes, il y avait près de 3 000 femmes dans les casernes, au point qu’il n’y avait pas de place vide pour les nouveaux corps qui revenaient de l’armée de Dumouriez. Nous insistons sur ce point, parce que l’armée est perdue si vous n’apportez le plus prompt remède à ce principe de dissolution » [42].

Rapport identique le 1 juin 1793, lors de sa mission toujours auprès de l’Armée du Nord : « Nous avons la douleur de voir ce premier succès (devant Furnes) rendu inutile par le brigandage de plusieurs (soldats), et notre victoire même, non seulement arrêtée dans son cours, mais encore nous devenir funeste dans ses conséquences » [43].
Après chaque combat même litanie de sa part : « Malheureusement nos troupes souillèrent leur victoire par le pillage et renouvelèrent les déplorables excès que nous avons déjà enregistrés lors de l’expédition de Furnes » [44].

Dans son récit de la prise de Tourcoing, le général Houchard constate la même dépravation : « Je comptais rassembler toutes mes colonnes et marcher sur le camp de Menin ; mais les troupes se sont livrées dans le village de Tourcoing à un tel excès de pillage et d’ivrognerie, qu’il m’a été impossible de rien faire et que j’ai été forcé de me retirer sur Mouveaux, dans la crainte que l’ennemi, ne revenant en force, ne me trouvât dans ce désordre épouvantable. » Il tentera bien de rétablir un début de discipline en interdisant « de mettre des malles et des ballots (contenant le butin des pillages) sur des chariots, ces voitures ne sont destinées qu’à porter les effets de campement, (…) aux femmes de soldats de monter sur lesdites voitures, sous peine d’être barbouillées de noir, promenées à la tête du camp et renvoyées, [45] » et quelques autres mesures identiques, mais en vain.
Plus grave, le comportement de ces mêmes soldats face à l’ennemi : « J’ai (le général Houchard) représenté au ministre que les bataillons, surtout ceux de volontaires, n’attachent aucun intérêt à leurs pièces de canon, et qu’ils les abandonnent souvent à l’ennemi sans les défendre. Il faut prendre là-dessus les moyens les plus violents et attacher une marque de déshonneur à tout bataillon qui aurait laissé prendre ses canons par l’ennemi » [46].

Mais, c’est en Vendée que cette situation anarchique atteint des sommets :
« Les réquisitions, l’amour du pillage, le désir de voir terminer la guerre qui ruinait leurs propriétés, faisaient lever des multitudes de campagnards des localités voisines des pays insurgés. Ces masses confuses qui suivaient les armées pendant quelques jours, parfois pendant quelques heures, étaient représentées comme des légions de républicains brûlant d’étouffer la rébellion. Elles concouraient à affamer le pays par leur nombre et à multiplier les défaites par leurs terreurs (…) Je vous déclare, citoyens représentants, si dès l’instant il n’est pas pris des moyens sûrs et prompts de réprimer le brigandage et faire renaître la discipline et l’obéissance, il est impossible de conduire les troupes à la victoire » [47].

Les capacités des troupes après la levée de 300 000 hommes envoyées combattre « les brigands » vendéens confinent à la caricature : « Quarante mille citoyens ont fui devant cinq mille brigands, et la Vendée s’est grossie de cet incroyable succès. » et plus loin : « Il faut dire qu’une partie de nos troupes n’a pas conservé dans sa marche les mœurs que doivent avoir les armées de la République : on a pillé à Torfou en reconnaissant ce poste ; et pendant le pillage les soldats ont été cernés et très fortement maltraités par les brigands. »

Des témoins directs dénoncent la couardise de ces ‘valeureux’ volontaires : « Tu peux penser, mon ami, quel est le désordre de l’armée, quand elle est commandée par des généraux et officiers qui n’aiment pas la révolution : ils autorisent l’indiscipline. (…) Après la honteuse déroute de l’armée qui a fui devant quatre mille brigands, elle s’est repliée en grande partie à Chinon. (…) Eh bien ! Avant-hier, les brigands se sont présentés de ce côté ; nos quinze mille volontaires n’ont pas osé les attendre, et se sont enfuis à Angers. (…) (Le général Declozeau) les a invités à marcher au-devant de l’ennemi. (…) Les volontaires ont refusé, en disant qu’ils n’étaient pas venus de Paris pour se battre. » [48].

Lors de la séance du 2 août aux Jacobins, un officier dresse un bilan identique : « Nos succès dans la Vendée ont été courts et nos pertes réitérées. Pas un de vos généraux n’a la confiance absolue du soldat. Ineptes, débauchés ou traîtres, telles sont leurs qualités dominantes. Les bataillons de Paris (…) n’étaient pas faits par gagner des victoires. Aussi la plupart ont fui lâchement et s’est noyée dans la Loire plutôt que de se battre. Il n’est pas de crimes dont ils ne se rendent coupables. Le vol, le viol, le pillage leur sont familiers ; et c’est chez des patriotes que ces excès se commettent ! » [49].
Les récits de ce genre se multipliant à l’envie et chaque fois, les volontaires pliaient devant « l’impétuosité des assaillants » « qui combattent, le scapulaire et le chapelet à la main, et qui, armés de simples bâtons, se précipitent sur notre artillerie » [50].

Quel a été le rôle des officiers élus dans cette débandade généralisée ?
Comme prévu et maintes fois dénoncées dès les premières discussions du décret sur l’amalgame et de l’élection des gradés, ceux qui se retrouvaient ainsi officiers étaient dans une totale ignorance de la chose militaire et beaucoup ne savaient pas lire. Inaptes et inconscients de leur fonction, ils oubliaient les mots d’ordre, se trompaient du lieu des opérations ou, plus grave, étaient obligés de demander la lecture de tout document écrit !
La conséquence fut que, par exemple, lors de la guerre de Vendée, des troupes furent contraintes à des marches interminables parce que leurs chefs, en consultant les cartes, avaient pris des flèches pour des ponts, des routes pour des rivières et voyaient des montagnes, là où existaient des ravins et des plaines ! [51].

Il faudra attendre le 27 Pluviôse An 2 (15 février 1794) pour que la Convention impose que tout homme gradé sache lire et écrire !

Résigné, dépité ou découragé ? Les propos de Carnot, le 1 juin 1793, ne semble guère encourageant : « Rappelez-vous, soldats, que le premier de vos titres est celui de citoyens ; ne soyons pas pour notre patrie un fléau plus terrible que ne le seraient les ennemis eux-mêmes »  [52].

Et le rôle du pouvoir central dans cette débâcle ?

Les armées révolutionnaires ne sont pas les seules responsables de cette débâcle généralisée, le pouvoir central, lui-même, n’est pas absent de tout reproche.
Son inertie, voire son incurie, ajoutée à une appréciation erronée des forces en présence, aggrave une situation quasi désespérée sur les différents fronts et concourt aux défaites.
Au lieu d’épauler les combattants, le Comité de défense avec à sa tête le ministre de la guerre se réfugie dans un attentisme dévastateur.

Le bilan dressé par Dubois-Crancé sur l’état de l’armée en ce début de l’année 1793 est sans appel : « J’ai vu des bataillons, soit de ligne, soit de volontaires, réduits à moins du quart de leur force, des escadrons isolés, incomplets, mais presque point de régiments effectifs. J’ai vu (…) des bandes d’hommes armés et non des corps organisés. (…) Dans un moment où les efforts parricides des ennemis de la République sont parvenus à coaliser contre nous tous les despotes de l’Europe, à décourager et dissiper toutes nos troupes, de manière, après tant de victoires à livrer nos frontières à l’ennemi, (…) était-il convenable de laisser subsister un ordre de choses, dans lequel il ne se trouve ni harmonie entre les corps, ni justice, ni sagesse dans la répartition des emplois, ni ensemble dans les manœuvres, ni unité, ni clarté dans les administrations ? »  [53]. N’est-ce pas ici une virulente mise en cause de la loi sur l’amalgame ?

Le 4 février 1793, Carnot, alors en mission auprès de l’Armée des Pyrénées, accuse directement Pache, alors ministre de la guerre : « Vous n’avez rien fait pour organiser l’armée des Pyrénées et vous avez tout fait pour la désorganiser », propos corroborés par le commandant de cette armée s’adressant à Carnot : « Mais vous qui savez que nous n’avons aucun canon, que nous n’avons ni cartouches, ni gargousses, ni boulets pour en faire, que nos troupes sont nues, qu’il nous manque 20 000 hommes pour l’absolue défensive ; vous savez que Pache a tout fait pour empêcher l’organisation de cette armée ; non je ne puis le croire. Vous qui savez que nos concitoyens n’ont point d’armes et que Pache aurait pu leur en donner ; vous qui savez que les troupes sont sans souliers, sans chemises ; véritablement je n’ai pu le concevoir » [54].
Et chaque fois, même mise en accusation du Ministre de la guerre :
« Véritablement le ministre paraît vouloir réduire les frontières au désespoir et les fonctionnaires à l’abandon de leurs postes ; car vous sentez qu’il n’est pas possible de rester chef là où le parc est sans canons, les arsenaux sans armes, les magasins sans boulets, l’armée sans chariots, sans caissons, sans chevaux, ni de bât ni de trait, les hommes sans habits, etc. », le ministre se contentant de donner pour toute réponse « qu’il n’y avait pas ce qu’il appelle une armée matérielle ».

En août 1793, le commandant de l’Armée du Midi supposée protégée les Pyrénées se trouve ainsi à la tête d’une armée fictive de 100 000 hommes et les commissaires, avec toujours à leur tête Carnot, trouveront « les arsenaux vides, les armements à renouveler, les approvisionnements nuls », Carnot ne pouvant que dénoncer « publiquement, sans restriction aucune, le déplorable état des choses ; mais rien n’y fut changé. »
Tous ses rapports alarmants n’eurent aucun effet sur le ministre et le pouvoir central.
En réalité, cette armée du Midi se trouvait réduite à un effectif disponible de 20 000 hommes dont 10 000 seulement avaient des fusils. Mais la moitié de ces fusils étaient hors de services, « les uns sans chiens, d’autres sans batterie, un grand nombre sans baïonnette ! » [55]. Je vous laisse imaginer la suite : « une honteuse déroute » !

Plus étonnant est que Carnot, lui-même, devenu membre du Comité de Salut public, tombe dans les mêmes travers que ses prédécesseurs et reste sourd à toute demande. Ainsi, lorsque le chef des armées du Midi demande des renforts, Carnot lui répond « qu’il n’avait rien à envoyer à une armée dont le dernier état portait les forces disponibles à 65 000 hommes et l’effectif à 113 000 ! ». Avait-il oublié à ce point l’époque où commissaire auprès des armées, il envoyait des messages désespérés ?
Comble même, lorsqu’à nouveau, les plaintes dénonçant cette situation se renouvelèrent, « le gouvernement s’en débarrassa en faisant tomber la tête du rapporteur »  [56] ! Se référant fréquemment à l’Antiquité grecque ou romaine, la Convention adopte ici le même procédé qu’à Sparte où le porteur de mauvaises nouvelles était mis à mort !
Avec de telles méthodes, rien d’étonnant à ce que, par la suite, les messages des différents fronts accréditent le sentiment d’une sécurité qui se révélera trompeuse. Voulant garder la tête sur les épaules, nombre de commissaires ne vont plus rédiger que des rapports lénifiants, tels que la Convention les souhaitait, faisant état d’une sécurité assurée par des troupes nombreuses, équipées et suffisantes de sorte que le jour où arriva à Perpignan la nouvelle de la déclaration de guerre à l’Espagne, « ce fut un jour de fête et de danses publiques ! [57]  »

Conséquences prévisibles :
La réalité sera à l’origine d’une profonde désillusion. Le dénuement dans lequel se trouvaient les combattants de l’Armée du Midi vouait d’avance à l’échec toute entreprise, même s’ils étaient encore animés d’un reste d’enthousiasme révolutionnaire. Car, face à eux, se tenait un ennemi organisé, correctement armé et discipliné. Ajoutez à cela que chaque décision de la Convention pouvait être à l’origine d’une aggravation de la désorganisation. Ainsi lorsqu’en décembre 1792, un décret modifia leur solde, « les fragments de bataillons réunis avec tant de peine se dispersèrent et se débandèrent, chaque homme emportant l’arme et les quelques effets qui lui avaient été délivrés » [58]. Certaines compagnies ne comptaient plus alors que 5 hommes et des bataillons n’existaient plus que par leurs états-majors !
Désespéré, le commandant de l’armée des Pyrénées, toujours lui, ne pouvait que déclarer : « Je veux bien mourir des coups de l’ennemi, mais non de chagrin de me trouver à la tête d’une armée dénuée de tout ; mais non de honte ; parce que, avec nos moyens actuels, il nous est impossible de résister aux Espagnols. » [59]. Car qu’avait-il à opposer aux Espagnols ? « Des débris de bataillons sans armes, des bandes d’hommes demi-nus, en proie à la famine et au typhus, qui erraient en quête d’un asile » [60].

Chaque bataille face aux Espagnols se soldait alors par une tragédie, comme ici lors de la première tentative de la prise de la citadelle de Roses : « Tandis que nos deux ailes se repliaient devant l’ennemi, la gauche avec la honte d’une défaite, la droite avec la douleur de n’avoir pu saisir la fortune qui s’offrait à elle, notre centre restait dans une inaction déplorable, et de nouvelles scènes d’anarchie affligeaient le quartier-général de Banyuls-les-Aspres » [61].

La disproportion entre les deux belligérants était le fruit de deux politiques opposées : « Pour faire face à 15 000 fantassins parfaitement équipés que les Espagnols pouvaient déjà mettre en ligne (…), nous en étions donc réduits à 700 soldats de ligne et 8 300 volontaires armés de fusils de tous calibres, la plupart sans baïonnettes. Quant au reste, la disproportion était plus effrayante encore : ainsi, à 4 000 cavaliers d’élite, à une artillerie de 60 pièces de campagne, (…) qu’avions nous à opposer ? 50 dragons sans sabres, 300 gendarmes ou gardes nationaux à cheval, sans organisation ni discipline, et, pour servir une vingtaine de bouches à feu fondues à la hâte et non éprouvées, une quarantaine d’artilleurs sans instruction ! Par surcroît, il y avait profusion de généraux, sans que les rênes du commandement eussent été saisies par une main ferme et respectée » [62].

En inspection auprès de l’Armée du Nord, Carnot dresse un bilan identique : « Dans un mouvement aussi rapide que celui qui est occasionné par les incorporations journalières, il est difficile d’obtenir quelque chose de fixe, et puis l’esprit de brigandage est tel qu’il est moralement impossible de débrouiller le chaos général des affaires. Les quartiers-maîtres font tous des fortunes brillantes en un clin d’œil, les commissaires des guerres sont ignorantissimes, et nous craignons que leur nouvelle composition ne vaille guère mieux que l’ancienne. Les volontaires ne veulent s’assujettir à aucune discipline ; ils sont le fléau de leurs hôtes et désolent nos campagnes. Dispersés dans des cantonnements où ils ne font que boire et courir, ils s’exposent à être dispersés et taillés en pièces, pour peu que l’ennemi fût entreprenant. »

Après l’abandon du siège de Maëstricht, en mars 1793, mêmes constatations, les généraux sont contraints de battre en retraite devant les impériaux « leurs troupes étant composées en majeure partie de Volontaires sans éducation militaire et sans confiance dans leurs officiers, la consternation et le désordre ont été tels que les bagages et une partie du matériel ont été enlevés ou abandonnés. Des bataillons entiers ont repris la route de la frontière » [63].

Plus même, lorsque les Français enregistreront enfin une victoire lors de la bataille du Boulou dans les Pyrénées, ce sera malgré les généraux qui venaient d’être défaits à Trouillas !

Lorsque, décimée par les forces espagnoles, l’armée du Midi qui venait de perdre près de 3 000 combattants, victimes de la fatale obstination et des imprudents dédains du général Dagobert, lui demande l’autorisation de se rendre, « pour réponse à ces indignes Français qui voulaient le rendre complice de leur déshonneur, (celui-ci) les couvre de mitraille. Sa mitraille à ses propres soldats ». A cette retentissante défaite succède, quatre jours plus tard, une glorieuse victoire : l’apparition des piques de quelques centaines de paysans républicains mêlés aux artisans des villes du Midi, « ces bataillons informes », « ces insurgés en guenilles » mettent en fuite ces mêmes forces espagnoles désappointées.
Ce « malheureux concours de circonstances fatales avait achevé de détruire le prestige déjà ébranlé du commandement. A quatre jours de distance, une éclatante victoire qu’on attribuait à l’inspiration d’une foule ignorante ; et une sanglante défaite manifestement subie par l’impéritie de nos généraux, sous la conduite, et, suivant l’opinion d’un grand nombre, par la faute du plus expérimenté d’entre eux : quel rapprochement ! (…) C’en fut fait de l’autorité de nos généraux. »
Un représentant du peuple pouvait alors proclamer : « A quoi bon des généraux ? Les femmes de nos faubourgs en savent autant qu’eux. » Et ainsi, en peu de temps, l’armée tomba dans une anarchie telle, que tout commandement y devint réellement impossible avec pour conséquence une succession ininterrompue de revers [64].

« La France semblait perdue ! »

Notes

[1L’Armée et la Garde nationale, tome 4, Introduction.

[2L’Armée et la Garde nationale, tome 3, p. 112-113.

[3Albert Lévy : Causeries p. 80 à 86.

[4Robespierre l’apprécie : « Barère sait tout, connaît tout, est propre à tout. » Son opinion sur les mesures révolutionnaires : « On ne gouverne pas en temps d’exception selon des méthodes normales. Il faut accepter les moyens révolutionnaires. ».

[5Histoire parlementaire de la Révolution française, tome 33, p. 126.

[6Histoire Parlementaire, tome 20, p.97- 98.

[8Recueil des actes du Comté de Salut public, p. 314.

[9L’Armée et la Garde nationale, tome 3, p. 79.

[10L’Armée et la Garde nationale, tome 2, p. 83.

[11Convention nationale, tome 60, p. 9

[12Histoire Parlementaire tome 29 p. 125 & 127.

[13Histoire parlementaire de la Révolution française, tome 22, p. IX.

[14L’Armée et la Garde nationale, tome 4, p. 478.

[15Décret de la Convention nationale, p18

[16Pierrick Chuto : La terre aux sabots, p.48

[17L’Armée te la Garde nationale, tome 2, p. 11

[18L’Armée et la Garde nationale, tome 1, p. 348-349

[19Les volontaires nationaux de Paris, p. 3-4

[20Les volontaires nationaux de Paris, p. 9-10

[21L’Armée te la Garde nationale, tome 2, p. 162

[22L’Armée te la Garde nationale, tome 1, p. 364

[23Décret de la Convention nationale, p18-19

[24L’Armée et la Garde nationale, tome 2, p. 41

[25L’Armée te la Garde nationale, tome 2, p. 158

[26La Démagogie en 1793 à Paris p. 131.

[27Archives Parlementaire, tome 58, p. 484

[28La démagogie en 1793 à Paris, p. 63

[29La Démagogie en 1793 à Paris p. 193

[30Décret de la Convention nationale, p. 4-5

[31Les volontaires nationaux pendant la Révolution, tome 3, p. 4

[32L’Armée te la Garde nationale, tome 3, p. VII

[33Décret de la Convention nationale, p. 8

[34Correspondance générale de Carnot tome 2, p. 118

[35Correspondance générale de Carnot tome 1, p. 95.

[36L’Armée te la Garde nationale, tome 2, p. 159 et 161

[37Correspondance générale de Carnot tome 2, p. 164

[38Campagnes de la Révolution française dans les Pyrénées-Orientales, p. 223

[39L’Armée et la Garde nationale, tome 2, p. 180

[40Histoire parlementaire tome 21, p.94

[41Archives Parlementaires tome 68, p. 29

[42Correspondance générale de Carnot tome 2, p. 116-117

[43Mémoire historique et militaire sur Carnot, p. 215

[44Correspondance générale de Carnot tome 4, p.143

[45Correspondance générale de Carnot tome 4, p. 62

[46Correspondance générale de Carnot tome 4, p. 65

[47L’Armée et la garde nationale tome 2 p. 496

[48Histoire parlementaire tome 29 p. 207-208

[49Histoire parlementaire tome 28 p. 402-405

[50Histoire parlementaire tome 29 p. 208

[51L’Armée et la Garde nationale, tome 3, p. 124

[52Mémoire historique et militaire sur Carnot, p. 216-217

[53Décret de la Convention nationale, p. 20-21

[54Correspondance générale de Carnot, tome 1, p. 357-358

[55Campagnes de la Révolution française dans les Pyrénées orientales, p. 223

[56Campagnes de la Révolution française dans les Pyrénées orientales, p. 26-27

[57Campagnes de la Révolution française dans les Pyrénées orientales, p. 26-27

[58L’Armée et la Garde nationale, tome 2, p. 142

[59Correspondance générale de Carnot tome 1 p. 359

[60Campagnes de la Révolution française dans les Pyrénées orientales, tome 2, p. 2

[61Campagnes de la Révolution française dans les Pyrénées orientales, p. 201

[62Campagnes de la Révolution française dans les Pyrénées orientales, p. 43

[63L’Armée et la Garde nationale, tome 2, p. 203

[64Campagnes de la Révolution française dans les Pyrénées orientales, tome 1, p. 158, 168-169

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  • Bonjour Henri-Claude,

    Bravo et merci pour cet excellent article qui m’a passionné. Il nous fait revivre une page de l’histoire de notre pays. Vous avez un sacré talent d’historien, vous vous appuyez sur une documentation conséquente et vous analysez assez finement la situation de l’armée « française » pendant cette période.
    Bien cordialement.

    André VESSOT

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