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Accueil » Articles » Histoire locale » Orléans, Jeanne d’Arc et sa famille » La « bataille des Harengs » - 13/2/1429 - Rouvray-Saint-Denis

La « bataille des Harengs » - 13/2/1429 - Rouvray-Saint-Denis

Capitaines anglais et anglo-normands ayant participé à l’escorte du convoi et à la bataille en question


lundi 30 avril 2007, par Jean-Pierre Bernard

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Dans le cadre du siège de la ville d’Orléans (12/10/1428 au 7/5/1429). Les anglo-normands qui assiégeaient la cité devaient être ravitaillés en nourriture, munitions et autres. Des capitaines, avec leur troupe, étaient réquisitionnés pour escorter ces convois. Voici l’histoire de celui-ci.

Les troupes anglo-normandes assiégeaient la ville d’Orléans depuis la mi-octobre 1428.

Thomas Montagu, comte de Salisbury, chef suprême de l’armée anglaise, avant qu’il ne soit tué à la bastide du pont d’Orléans (les Tourelles), avait laissé des garnisons dans les principales villes de la Beauce.

Il fallait fréquemment ravitailler les hommes stationnés au siège en vivres, armes, munitions et denrées diverses, ainsi qu’acheminer les sommes pour les soldes.
Ce n’était pas une mince affaire, et cela nécessitait une importante organisation et une forte logistique pour mener à bien ces ravitaillements.

On formait des convois à partir de Paris, et les habitants de cette ville durent souvent se serrer la ceinture pour fournir des marchandises en quantité, qui prendraient le chemin d’Orléans. Une kyrielle de chariots traversaient la Beauce, tirés par des boeufs, remplis des produits et fournitures nécessaires : nourriture et ravitaillements divers, vin, boulets, poudres, traits et flèches... et aussi des porcs et des moutons qui suivaient tant bien que mal les véhicules.

C’étaient 5 ou 600 chariots, lourdement chargés, qui défilaient l’un derrière l’autre, à petite vitesse, s’étirant sur des centaines de mètres, roulant sur des chemins la plupart du temps en mauvais état, et qui mettaient plusieurs jours pour franchir la distance entre Paris et Orléans.

Les troupes françaises et les défenseurs d’Orléans avaient le même souci d’assurer le ravitaillement des défenseurs et bourgeois de la ville.

Le mardi 25 janvier 1429, par la Loire, plusieurs barques de vivres étaient sur le point d’entrer dans la ville d’Orléans, lorsque des habitants du village de Sandillon (rive gauche, côté Sologne et en amont) en avertissent « Glacidas » (William Glasdale, écuyer, bailli d’Alençon pour les Anglais, et que Jehanne la Pucelle nommait ainsi), officier anglais, qui envoya alors des troupes au port de Saint-Loup, qui était alors de ce côté du fleuve, pour s’opposer à leur passage.

Les Orléanais s’étant portés en avant, se firent transporter sur une île qui en était voisine, mais ils donnèrent malheureusement dans une embuscade, et furent obligés de battre en retraite, abandonnant les vivres aux Anglais, qui s’en emparèrent et en prirent possession, en partageant avec les habitants de Sandillon qui les avaient avertis.
Grosse déception et rancoeur des assiégés qui rentrèrent bredouilles dans la ville, ayant subi de plein fouet cette « déculottée » par les Anglais, sans compter quelques pertes d’hommes et de nombreux blessés.

Environ deux semaines plus tard, les Français ont vent qu’un convoi de vivres destiné aux troupes assiégeantes va partir de Paris et, pour se venger, décident d’aller à sa rencontre et de l’attaquer.

Partant d’Orléans, des troupes prennent la route pour intercepter ce convoi. Le combat eut lieu le dimanche 12 février 1429, tout près du village de Rouvray en Beauce (aujourd’hui Rouvray-Saint-Denis, au nord d’Orléans), qu’on appela « Bataille des Harengs » parce que beaucoup de ces chariots étaient chargés de harengs séchés, destinés aux soldats durant le Carême, et que de nombreux barils contenant cette sorte de poisson séché avaient été éventrés durant les assauts.

De nombreux chroniqueurs ont raconté cette bataille. A Rouvray-Saint-Denis, encore de nos jours, un panneau en plein champs, portant l’inscription « Le Camp Ennemi », rappelle l’endroit où se déroula le combat, et il existe une mare, dite « La Mare aux Boeufs » où paraît-il les Anglais firent boire leurs bêtes. une plaque dans l’église du village conserve et perpétue le souvenir de cet évènement.

Les Français furent battus à plate-couture, et beaucoup de seigneurs et de soldats y furent tués. Parmi les blessés figurait Jehan d’Orléans, le fameux Dunois.

Mortification pour les assiégés d’Orléans, encore exacerbée, quelques jours plus tard, le 17 février, lorsque le convoi atteignit enfin la cité. En effet, des soldats anglais qui avaient participé à l’escorte du convoi, se portèrent devant les remparts de la ville pour narguer les français, en criant : « Ah, mes harengs, mes biaux, mes biaux harengs ! », exhibant bien haut de ces poissons. Les Orléanais leur répondirent par quelques coups de canon qui en tuèrent plusieurs et firent taire les autres.

L’escorte du convoi anglais :

Bien évidemment, un convoi de cette taille devait être escorté militairement, tout au long de son transit, pour le protéger de toute attaque éventuelle, comme ce fut d’ailleurs le cas.

L’étude des revues des troupes (on disait des « monstres » = montres, revues militaires) anglo-normandes de cette période, nous permet d’évaluer quelque peu le nombre et la composition des troupes de l’escorte. Des revues eurent lieu à Corbeil, les 7, 8, 9 et 11 février 1429 ; les détachements rejoignent ensuite le convoi, qui dut partir de Paris le 10 ou le 11, pour l’accompagner dans son voyage.

Chaque détachement, passé en revue (pour vérifier le nombre et l’équipement) par deux ou trois « commissaires de montre », recevait sa solde dont la quittance était signée le lendemain ou le surlendemain, et attendait son ordre de départ.
Tentons de détailler ces détachements de troupes :

REVUE DES TROUPES A CORBEIL

7 février 1429.

Détachement n°1 :

Troupe de Nicole BOURDET, chevalier bachelier, conduite par le capitaine lui-même :
26 hommes d’armes et 82 archers, ce qui fait, avec le capitaine, 109 hommes.

Passés en revue par les commissaires Guy Bouteiller, chevalier, et Guillaume Brounyng, secrétaire du roi (anglais).
Quittance à Paris, le 8/2/1429, pour 819 livres 7 sols 6 deniers tournois.

Ces hommes venaient sans doute de Carentan et de Lisieux, villes dont Nicole Bourdet était le capitaine.
La solde ci-dessus était versée pour un mois, dans le cadre du second mois de la « retenue » (contrat d’engagement) de ce capitaine.
Nicole (ou Nicolas) Bourdet et ses hommes ne durent séjourner que quelques jours sur les lieux du siège, et remonter sur Paris ou sur Chartres après cette mission d’escorte.
On ne connaît pas d’autre retenue de ce chevalier sous les murs d’Orléans, et il ne participa sans doute pas aux évènements d’Orléans.

Détachement n°2 :

Troupe de Jehan DAUNOU, écuyer, conduite par le capitaine lui-même :
4 hommes d’armes et 2 archers, ce qui fait, avec le capitaine, 7 hommes.

Passés en revue par les commissaires Guy Bouteiller, chevalier, seigneur de la Rocheguyon, et Guillaume « Brouning », secrétaire du roi.
Quittance à Paris, le 8/2/1429, pour 83 livres 19 sols 2 deniers tournois.

On ne sait pas avec précision de quelles villes de Normandie venaient ces hommes.
La solde ci-dessus est payée pour un mois, du 7/2 au 6/3/1429, dans le cadre d’une endenture (un contrat d’engagement signé avec le roi ou le Régent anglais) du 20 janvier 1429, prévue pour lui, 4 hommes d’armes et 10 archers et arbalétriers à cheval (il est rare que des arbalétriers soient signalés dans les revues anglaises, car on utilisait en majorité des archers).
_C’est donc seulement une partie de la troupe qui participe à cette escorte, les 8 archers ou arbalétriers qui manquent se trouvant probablement en garnison quelque part, à moins qu’ils n’aient été requis pour suivre le Régent Anglais Bedford.

Jehan DAUNOU ne participa sans doute pas directement au siège, à Orléans. Il fut plus tard retenu pour une autre mission de « conduicte des vivres » de 24 jours, du 7 mars à la fin mars, avec 4 hommes d’armes et 3 archers qu’il « montra » à Paris le 12 mars.

Détachement n°3 :

Troupe de Clément OUVERTON, écuyer, conduite par William BATAILLE, écuyer, « homme d’armes et conduiseur desdictes gens » :
W. Bataille, avec un autre homme d’armes et 5 archers, soit 7 hommes.

Passés en revue par Guillaume Mineurs, écuyer, capitaine de Harfleur, et Guillaume Brounyng, secrétaire du roi, commissaires.
Quittance à Paris, le 8/2/1429, de W. Bataille, pour 54 livres 11 sols 8 deniers tournois.

Ces hommes venaient de Montivilliers, dont C. Ouverton était le capitaine.
La solde ci-dessus est pour un mois (février 1429) pour service « audit conduict des vivres et sur les champs. »

Clément Ouverton avait reçu une endenture, datée de Chartres le 12/1/1429, pour 2 hommes d’armes, lui compris, et 6 archers à cheval, soit 8 hommes, qui suivait une autre endenture pour deux mois auparavant.
On a une revue à Chartres, le 12/1/1429, pour lui, 1 homme d’armes et 6 archers, et la quittance pour 13 jours, du 18 janvier à la fin du mois. Il semble qu’il se trouva donc à Chartres avec cet autre détachement.
Mais, pour cette mission d’escorte, il ne figure pas avec ses hommes, laissant son lieutenant W. Bataille mener le détachement. Il ne semble pas qu’il ait reçu d’autres retenues pour les évènements du siège d’Orléans.

Détachement n°4 :

Troupe de Jehan SALVAIN, chevalier bachelier, bailli de Rouen et capitaine de Dieppe, conduite par Henri GREGORI, écuyer : H. Grégori, avec 14 hommes d’armes et 32 archers, soit : 47 hommes.

Passés en revue par Jehan de Saint-Yon, écuyer, et Robert Cottes, aussi écuyer, commissaires.
Quittance « pour ce ycy, de Henry Grégori, escuier, chief de monstres et conduiseur desdictes 15 lances et archiers », faite à Paris, le 8/2/1429, pour 381 livres 17 sols 6 deniers tournois, « ...et le surplus des gens de sadicte retenue estoit audit siège devant Orliens, où ilz ont ou doivent avoir esté paiés par ledit trésorier des guerres pour ledit moys. »

Ces hommes, venus surtout de Rouen, faisaient partie d’une endenture (datée de Chartres le 15/12/1428) pour 21 hommes d’armes, le capitaine compris, et 63 archers.
Une partie fut requise pour cette mission, sous les ordres du lieutenant Grégori, le reste de la troupe séjournant au siège, sous les ordres d’un autre lieutenant, George Snylinkton.
Sans doute, après l’accompagnement du convoi jusqu’à Orléans, les hommes de H. Grégori restèrent-ils sur place au siège avec le reste de la troupe, complétant ainsi l’endenture.

En avril 1429, d’autres hommes de Jehan SALVAIN, provenant de la garnison de Rouen, seront requis pour une autre mission d’escorte de convois de vivres, pour 15 jours, à partir du 4 avril 1429.
Jehan SALVAIN ne vint pas au siège en personne. Il fut le bailli de Rouen qui fit mener Jehanne la Pucelle à l’échafaud, le 31 mai 1431, pour son supplice.

Détachement n°5 :

Troupe de Robert HERLING, chevalier bachelier, conduite par le capitaine lui-même :
R. Herling, avec un autre homme d’armes et 6 archers, soit 8 hommes.

Passés en revue par Thomas de Courcelles, chevalier, conseiller du roi, et Guillaume « Brouning », secrétaire du roi, et Guillaume Mineurs, écuyer, capitaine de Harfleur.
Quittance à Paris, le 8/2/1429, pour 69 livres 11 sols 8 deniers tournois.

Robert HERLING, en 1429, était capitaine de Meulan, Poissy, Montjoie et Saint-Germain. On ne sait pas de laquelle ou lesquelles de ces villes proviennent ces hommes.
La solde ci-dessus est payée pour le mois de février 1429. Auparavant ce capitaine avait été retenu pour deux mois, avec la même troupe, et il est à Chartres le 14 janvier 1429, où il fait une revue, avec quittance le même jour, pour une solde de 16 jours, du 15 au 31/1/1429.
Sans doute participa-t-il à la « pacification » de la Beauce, à partir de Chartres, durant quelque temps.
Il ne semble pas qu’il reçoit d’autres missions dans le cadre du siège, du moins sur Orléans ou les villes de la Loire.

Détachement n°6 :

Troupe de Raoul de NEUFVILLE (Ralph NEVIL), chevalier bachelier, comte de Westmoreland, conduite par le capitaine lui-même : R.NEUFVILLE, avec 13 hommes d’armes et 41 archers, soit 55 hommes.

Passés en revue par Guy Bouteillier, chevalier, et Guillaume Brounyng, secrétaire du roi.
Quittance à Paris, le 8/2/1429, pour 422 livres 1 sol 8 deniers tournois.

Solde versée pour le second mois, dans le cadre d’une endenture reçue à Chartres le 12/1/1429.
Le premier mois (3/1 au 2/2/1429) avait été utilisé également pour des escortes de convois de vivres.
Il recevra d’autres endentures pour ce type de missions, et d’autres, mais ne participe pas directement aux évènements du siège lui-même.

Seigneur Anglais, il était déjà en France en mars 1418, où le roi Henry lui donne, en Normandie, les biens de Guillaume de Molyns et de Robert de Fréville, à la charge de la redevance d’une lance à Bayeux !
En 1449, capitaine de Carentan, lors de la reconquête de la Normandie par les troupes de Charles VII, il se rend aux troupes de François de Bretagne.
Les chroniques du temps précisent ainsi la reddition de la ville de Carentan :

« En après, alla l’avant-garde du duc (François de Bretagne, neveu de Charles VII) devant la ville et le château de Carentan, auquel lieu les suivirent la bataille (le corps principal de l’armée) et l’arrière-garde ; et les approchèrent de si près, que force fut aux Anglois qui étoient dedans de se rendre et de s’en aller le bâton au poing (sic !).
De cette place étoit capitaine pour le roy d’Angleterre, messire Raoul de Neufville, au lieu duquel furent commis, pour la garde d’icelles ville et forteresse, Olivier de Bron et Jehan de Rossigni-Vimeu. » (Mathieu de Coucy, « Chroniques », ch.XXV)

Détachement n°7

Troupe de Guy BOUTEILLIER, chevalier, seigneur de la Roche-Guyon, maître d’hôtel du Régent : 3 hommes d’armes, dont un « conduiseur » et 29 archers, soit 32 hommes.

Passés en revue par Jehan de Saint-Yon et Robert Cottes, écuyers, commissaires.
Quittance à Paris, le 8/2/1429, pour 189 livres 7 sols 6 deniers tournois.

Cette solde est pour un mois, du 3/2 du 2/3/1429, pour leur « service au conduict des vivres. »

Guy BOUTEILLIER avait été nommé en 1428 « capitaine des 150 lances de la Garde du Régent. »
Il reçut diverses autres endentures, et lui et ses troupes participèrent aux escortes du Régent Anglais, le duc de Bedford, pour ses déplacements, ainsi que pour des escortes de convois de vivres. Il était aussi, à l’occasion, commissaire de montres.
Certains de ses hommes (une quinzaine) furent stationnés au siège, durant au moins deux mois (du 3/2 au 2/4/1429).
Encore un exemple de seigneur Français, rallié aux Anglais, et en recevant, outre des marques de confiance du Régent, des terres et des honneurs.

Détachement n°8 :

Troupe de Thomas RAMSTON, chevalier banneret, capitaine d’Argentan, chambellan du Régent : 13 hommes d’armes, dont un « conduiseur », et 31 archers, soit 44 hommes.

Passés en revue devant Jehan de Courcelles, chevalier, conseiller du roi, Guillaume Mineurs et Guillaume Brounyng, commissaires généraux.
Quittance, le 8/2/1429, pour 173 livres 12 sols 11 deniers tournois.

Retenu pour 15 jours, à compter du 1/2/1429, « pour service au conduict des vivres d’icelui siège », cette troupe fut prolongée, à la même date de revue (7/2/1429), pour 15 autres jours, jusqu’à fin février. (Ces quinze autres jours furent payés, pour la même somme, avec quittance seulement au 12 mars).
Ces hommes venaient d’Argentan.

Cette troupe faisait partie d’une endenture avec le Régent, en date du 12/1/1429, prévue au total pour 15 hommes d’armes, lui non compris, et 45 archers.
De la garnison d’Argentan furent extraits 3 archers, conduits par lui-même, pour participer surtout à l’escorte du Régent Bedfort, et ceci du 15/11/1428 au 14/5/1429.

Thomas Rampston laissa une bonne partie de ses hommes à l’un de ses lieutenants, Jehan Affourde, qui fait montre au siège même, le 23/4/1429, de 23 lances et 45 archers.
Ce capitaine anglais est l’un des rares chevaliers « bannerets » ayant participé aux évènements du siège d’Orléans.

8 février 1429.

Détachement n°9 :

Troupe de Richart WIDEVILLE, écuyer, capitaine de Caen, conduite par Thomas KIRTON, écuyer :
T. Kirton, avec 2 autres hommes d’armes et 8 archers, soit 11 hommes.

Passés en revue « pardevant lesdiz commissaires » (probablement G. Mineurs et G. Brounyng).
Quitance « dudit Kirton », à Paris, pour 84 livres 7 sols 6 deniers tournois.

Cette solde représente un troisième mois, à compter du 25/1/1429, pour « service au conduict des vivres dudit siège », dans le cadre d’une endenture, signée le 15/12/1428, mais rétrospectivement, car la date de début est le 25/11/1428.
Cette troupe fut retenue pour un quatrième mois.

Il s’agit là d’une troupe spécialement levée pour ces missions, et non d’une fraction de la garnison de Caen.
Ces hommes ne semblent pas avoir participé directement au siège.
Richart Wideville aura une autre endenture, avec un nombre d’hommes d’armes qui n’est pas connu (sans doute 5 ou 6) et 15 archers à cheval.

Détachement n°10 :

Troupe de Jehan FASTOLF, chevalier, grand maître d’hôtel du Régent, capitaine de Honfleur et d’Alençon :
Ce détachement était mené par l’un de ses lieutenants, dont nous n’avons pas le nom.
39 hommes d’armes et 106 archers, soit 145 hommes (troupe importante).

Passés en revue « pardevant lesdiz commissaires » (probablement G. Mineurs et G. Brounyng).
Jehan Fastolf signera à Paris, le 12/3/1429, une quittance globale pour ce détachement et pour le n°11 qui suit.
Il est probable que ces hommes étaient des Anglais d’Angleterre.

Ce chevalier fut présent au siège, où il sera souvent cité. Au mois de juillet 1428 il avait reçu une endenture pour 20 hommes d’armes et 60 archers, « joings à l’armée par luy (Salisbury) derrenièrement amenée d’Angleterre pour servir le Roy et mondit seigneur le Régent à la conqueste sur la rivière de Loyre et païz d’Orléanois », pour 4 mois, prolongée ensuite pour deux autres mois, et se terminant le 22/1/1429. C’est Robert BRYDE, l’un de ses lieutenants, qui conduisait cette troupe, Fastolf passant beaucoup de temps à suivre le Régent.

Le 12/1/1429, nouvelle endenture pour 50 hommes d’armes, lui non compris, et 150 archers. C’est en grande partie cette troupe qui composera les détachements n° 10 et 11. Des hommes de ses garnisons de Honfleur et d’Alençon (une quinzaine) seront aussi requis pour participer au siège et aux escortes des convois de vivres.

9 février 1429.

Détachement n°11 :

Autre troupe de Jehan FASTOLF (voir détachement n°10)
Deux petites unités :

  • 6 hommes d’armes et 8 archers, soit 14 hommes,
  • 4 hommes d’armes et 9 archers, soit 13 hommes,
    donc 27 hommes, passés en revue « pardevant lesdiz commissaires » (probablement G. Mineurs et G. Brounyng), pour le mois de février 1429, pour leur service « au conduict des vivres d’icellui siège d’Orliens et tenir les champs. »

Les détachements n°10 et 11 représentaient donc 49 hommes d’armes et 123 archers, soit au total 172 hommes, pour lesquels Fastolf signera à Paris, le 12/3/1429, une quittance globale pour 1.349 livres 15 sols 10 deniers tournois.

11 février 1429.

Détachement n°12 :

Troupe de Hue de PREZ, écuyer, bailli de Chartres, conduite par le capitaine lui-même : H. de Prez, avec 9 hommes d’armes et 20 archers, soit 30 hommes.

Passés en revue par J. Fastolf et Guillaume Mineurs.
La quittance ne sera signée que le 10/3/1429, pour 247 livres 18 sols 4 deniers tournois. Cette somme (à 100 sols tournois, soit 5 livres, « pour chascun archier le moys ») représente la solde pour le mois de février 1429, dans le cadre d’une endenture signée le 15/12/1428 à Chartres.

Ces gens venaient de Chartres, dont Hue de Prez était le bailli. Partis de cette ville, ils cheminèrent à travers la Beauce pour rejoindre le convoi avant le village de Rouvray.
Ce capitaine reçut une autre endenture, outre celle-ci, avec un nombre d’hommes identique, qui participèrent aux évènements du siège.

Pour l’anecdote, au sujet de cette seconde troupe, un incident nous montre combien l’armée anglaise était organisée et tatillonne quant à l’équipement des troupes.
Une revue eut lieu au siège le 2/1/1429, par Guillaume Glasdall. Sur cette troupe, on retient sur la solde une somme, en tant que pénalité, pour un mauvais équipement de trois hommes à qui il manquait le casque :

« Quictance à Chartres, le 13 janvier 1429, montans 242 livres 18 solz 4 deniers tournois, en laquelle somme sont comprins 60 solz tournois qui rabatuz luy ont esté par ledit receveur général pour trois desdiz hommes d’armes, défaillans à ladicte monstre de bacinet ou salade à visière (casques) comme par ladite monstre appert, pour chascun d’eulx 20 solz tournois par moys dont ledit receveur faict recepte... »
Ces trois soldats ont dû ressasser leur rancoeur, quand ils perçurent leur solde amputée de 20 % !

Cet ensemble représente donc 522 hommes, qui forment l’escorte militaire du convoi. Sans doute y avait-il aussi quelques autres petites troupes qui ne sont pas signalées ici.
Accompagnaient généralement les troupes « sur les champs » (en campagne), des pages, des « coutilliers » (armuriers, valets d’armes), des hommes de pied et accompagnateurs divers, auxquels il y a lieu d’ajouter les charretiers, les portefaix et autres.

On peut donc sans doute multiplier par quatre le nombre ci-dessus, ce qui porterait à plus de 2.000 le nombre total des hommes formant l’escorte de ce convoi de ravitaillement.

La bataille tournant à l’avantage des Anglais, le convoi put arriver à Orléans pour ravitailler les assiégeants.

Sources :

  • Comptes de la ville d’Orléans.
  • Bull. SAHO - Médiathèque Orléans.

P.-S.

PLAQUE APPOSEE SUR LE MUR DE L’EGLISE DE ROUVRAY-SAINT-DENIS, SUR LA GAUCHE, A L’INTERIEUR, A COTE D’UNE STATUE DE LA PUCELLE :

"Le jeudi 17 février 1429, Jeanne d’Arc révélait à Baudricourt, qu’elle ne connaissait pas, une nouvelle défaite du Roi de France, la bataille dite « des Harengs », livrée et perdue à Rouvray-Saint-Denis au lieu-dit « Le Camp Ennemi », le samedi 12 février 1429.
La nouvelle en fut confirmée à Baudricourt quelques jours plus tard.
D’autre part, Jeanne d’Arc a traversé le territoire de Rouvray-Saint-Denis au-delà de Villaines, sur le chemin de terre qui porte le nom de « Chemin de Jeanne d’Arc ».

SUR LE MUR EN FACE, ON TROUVE, AFFICHEE SUR UN PANNEAU, LA PRECISION :

"Pendant la Guerre de Cent-Ans, la prise de Rouvray-Saint-Denis nous est connue par une lettre de rémission. Là, les Anglais obligèrent « les manants et les habitants retraiz en l’église » de se rendre le 16 décembre 1428."
"Lors de la « Journée des Harengs », qui eut lieu deux mois plus tard, à Rouvray-Saint-Denis, le village était donc soumis aux Anglais."

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2 Messages

  • la plaque dans l’eglise n’est pas une reference il y a incompatibilité dans les dates le tgv n’existant pas a cette epoque . Rien ne prouve que Jeanne d’arc est passée a Rouvray Saint Denis

    Répondre à ce message

    • La « bataille des Harengs » - 13/2/1429 - Rouvray-Saint-Denis 12 août 2009 14:25, par Jean-Pierre BERNARD

      Bonjour,
      Merci pour votre visite sur ce site et pour votre commentaire.
      Mais, vous n’avez sans doute pas bien lu cet article ! En aucun cas il n’est précisé que Jehanne se trouvait à cette bataille.
      Relisez bien !
      Bien sûr qu’il y a incompatibilité....!!
      Jehanne n’est arrivée à Orléans que le 29 avril 1429. Elle ne se trouvait donc pas à la bataille des Harengs !
      Ce sont les français, déjà cantonnés à Orléans, qui sont montés à Rouvray pour affronter les troupes anglo-normandes.
      Maintenant, plus tard, il se peut qu’elle soit passée dans ce village. On n’est bien sûr certains de rien, et la plaque dans l’église, parlant du « chemin de Jeanne d’Arc », ne veut rien dire. Je suis d’accord avec vous.
      Mais, je n’y étais pas... et vous non plus, n’est-ce pas !
      On ne peut donc jurer de rien !
      Quand au TGV... je ne vois pas ce que cela vient faire ?
      Merci en tous cas d’avoir participé à ce débat.
      Cordialement.
      L’auteur.

      Répondre à ce message

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