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La famille de Jehanne la Pucelle - La maison où habitèrent les « du LYS », rue des Africains, à Orléans, près de St.Pierre-le-Puellier, prise à bail du chapitre de Saint-Euverte

1re partie - Le bail de la maison, en 1452


vendredi 18 mai 2007, par Jean-Pierre Bernard

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On sait que certains membres de la famille de Jehanne la Pucelle, vinrent résider à Orléans, particulièrement sa mère, Isabelle de Vouthon, dite « Romée », et son fils Pierre d’Arc qui se fit ensuite appeler « du Lys ». Pierre prit à bail une maison dans un vieux quartier d’Orléans, près de la Collégiale de Saint-Pierre-le-Puellier. Etude d’un acte de 1452.

  • 1440 : en juillet, Isabelle de Vouthon, dite « Romée », arrive à Orléans avec une partie de sa famille. La ville les loge dans la rue des Pastoureaux.
  • 1441 : Pierre du LYS obtient à bail du chapitre cathédral, la métairie de Bagnaulx, à Sandillon, dans la banlieue d’Orléans, rive gauche de la Loire.
  • 1442 : Le duc d’Orléans accorde à Pierre du LYS et à son fils, Jehan du LYS, l’usufruit de l’Ile-aux-Boeufs, située sur la Loire.
  • 1452 : le chapitre de Saint-Euverte accorde à bail, à Pierre du LYS, une maison près de la Collégiale Saint-Pierre-le-Puellier, à Orléans, où résidera Isabelle « Romée » et, plus tard, sans doute son petit-fils Jehan.

Avant de détailler l’acte, précisons autant que possible la signification de " le Puellier .

Le mot vient du latin : puella/puellae, qui signifie : une jeune fille non mariée, une demoiselle. Le mot « pucelle », qui en découle, signifie de nos jours une jeune fille vierge, sans doute parce que l’on considérait qu’une fille devait l’être tant qu’elle n’était pas mariée. Pour le mot « vierge », le latin a un autre mot : virgo.
En fait, on pourrait traduire puella, ou pucelle, par : demoiselle.

« Puellier » en est l’équivalent masculin, qu’on pourrait traduire par : jeune homme (et non par puceau). Pour l’église en question, on pourrait peut-être dire : Saint-Pierre-le-Jeune.

Contrairement à ce que pensent beaucoup d’Orléanais, les d’ARC/du LYS n’ont pas toujours habité dans cette maison. Ils étaient là depuis presque douze ans quand Pierre obtient ce bail, le 8 mai 1452 (date symbolique, anniversaire du jour de la délivrance d’Orléans), probablement pour avoir un « pied à terre » dans la cité.

Voulant sans doute honorer la famille de la libératrice, le chapitre de Saint-Euverte accorde à Pierre des conditions plus qu’avantageuses. Voici ce bail :

« A tous ceulx qui ces présentes lectres verront, nous, frère Adam, humble abbé de l’abbaye et église de monseigneur Sainct-Euverte d’Orliens, et tout le couvent d’icelluy lieu, salut en Nostre-Seigneur.

 »Scavoir faisons que nous, pour le bien, utilité et prouffit de nous et de nostre dicte église et abbaye, pour ce aujourd’huy assemblez en nostre chapitre, par le somp (le son) de la cloiche, en la manière acoustumée, et tous d’un accord et assentement, congnoissons et confessons que nous avons baillé et baillons à rente, ferme ou pencion, du jour de la Nativité Sainct-Jehan-Baptiste prouchaine venant jusques à cinquante-neuf ans prouchains venans et ensuivans, à noble homme messire Pierre du Liz, chevalier, demourant à présent en la parroisse Sainct-Aignan de Sandillon, près Orliens, pour luy, pour ses hoirs (héritiers) et pour ceulx qui auront cause de luy ."

C’est net : il habitait alors à Sandillon. Sans doute Isabelle devait souvent y venir, et rester quelques temps sur place, surtout les mois d’été, mais sa résidence principale devait être sur Orléans, dans la rue des Pastoureaux. Pierre voulait aussi que sa mère ait vraiment une maison à elle, en ville, et la fit déménager pour s’installer dans celle-ci.
Le bail établi pour 59 ans n’est pas une rareté. On pratiquait souvent ainsi.

« Une maison en ruyne que nous avons assise à Orliens, en la parroisse Sainct-Père-Pulier (sic), sur la rue et faisant le coing de la rue qui va de ladicte rue de Sainct-Flou à l’église dudit Sainct-Père-Publier (sic), et tenant à ... (un blanc), à tenir et exploicter ladicte maison en ruyne par ledit messire Pierre du Liz, preneur, et par ceulx qui auront cause de luy, et en faire les loyers, yssues, prouffitz et revenues siens, durant ledit temps ; pour le pris et somme de trente-deux solz parisis, monnoye vallant sept livres tournois, marc d’argent, de rente, ferme ou pencion, chascun an, durant ledit temps, à nous rendre et payer chascun an, aux termes de Sainct-Jehan et de Noël . »

La maison avait beaucoup souffert, durant les combats et bombardements du siège, et on précise à deux reprises, ci-dessus, qu’elle était en ruines.

Le loyer de 32 sols parisis, sans être excessif, laisse penser qu’elle était tout de même assez grande. Il était sans doute possible de la remettre en état sans trop de difficultés, et, pour ce faire, le chapitre accorde à Pierre les conditions suivantes :

" Sauf et excepté que ledit messire Pierre, preneur, ne (ni) ceulx qui auront cause de luy ne seront tenuz paiez aulcune chose de ladicte rente pour les deux premières années qui finiront à Noël mil quatre cens cinquante trois. Et commencera le premier terme à la Nativité Sainct-Jehan-Baptiste qui sera l’an mil quatre cens cinquante quatre.

« Auquel premier terme ledit messire Pierre du Liz ne paiera que douze solz parisis jusques à quatre ans ensuivans, qui finiront à Noël mil quatre cens cinquante et sept.

 » Et de là en avant, ledit messire Pierre du Liz, preneur, ou ceulx qui auront cause de luy, seront tenuz paier par chascun an, durant ledit temps, trente-deux solz parisis de rente par an, ausdictz termes, à chascun terme seize solz parisis, le premier terme commençans à la Nativité Sainct-Jehan qui sera l’an mil quatre cens cinquante et huit ."

Deux années gratuites, 12 sols durant les 4 années qui suivront, avant de payer le loyer annuel dans sa totalité, sont des conditions plutôt avantageuses.
En contrepartie, Pierre doit s’engager à retaper la maison :

«  Et par ce contrault (contrat, bail) faisant, ledit messire Pierre du Liz, preneur, sera tenu mectre ladite maison en bon estat et convenable, dedens du jourduy en six ans prouchains venans, tant de couverture comme de murailles, planchers et aultres choses ; et icelle mise, la maintenir durant ledit temps ; et en la ffin d’icelluy temps la laisser en bon estat et convenable, et couverte toute en thuille ; »

Pierre devra évidemment payer les impôts et taxes, sauf le cens qui restera à la charge du chapitre. Il payera aussi les frais éventuels de transfert de bail :

« et paier toutes tailles d’église, de ville, puis (puits), pavés et aultres choses qui seront imposées sur ladicte maison (c’est l’équivalent des impôts locaux qui existent de nos jours), durant ledit temps ; sans riens rabatre de ladicte rente, sauf ledit cens que nous paierons en nostre main ; et à chascune mutaccion qui se fera de ladicte maison, durant ledit temps, du cousté dudit preneur, soit par mort, transport ou autrement, celluy ou ceulx qui tiendront ladicte maison seront tenuz eulx venir obligez envers nous, dedens ung an après ladicte mutaccion ; »

Et l’acte poursuit :

« Si promectons en bonny foy et soubz l’obligacion de nous, de noz successeurs et de tous noz biens et des biens de nostre dicte église et abbaye, que jamais par nous ne par aultres, encontre le bail et choses dessus dictes ne viendrons, ne assérons à venir ; ainçois (ainsi ?), les ons (ont) et aurons, tendrons et garderons fermement et loyaulment, sans jamais venir contre ; et ladicte maison par nous ainsi baillée à rente, ferme ou pencion, comme dict est, garentirons, délivrons et deffendrons, durant ledit temps, audict preneur, et à ceulx qui auront cause de luy, de tous empeschemens, vers tous et contre tous, en jugement et dehors, aux us et coustumes du païs. »

Ces formules nous semblent un peu compliquées. Comprenons-nous absolument tout - de nos jours - de ce qui figure sur les actes de nos actuels notaires ?
Et l’acte se termine ainsi :

« Et si, rendrons et paierons tous coustemens et dommaiges qui faiz seront par deffault de garentie, de délivrance ou de deffence. Et renonçons en cest faict à tout et généralement que dire et proposer pourrions contre ces lectres ou la teneur d’icelles ;
En tesmoing de laquelle chose nous avons seelé
(scellé) ces présentes de noz séaulx ; qui furent faictes et données en nostre dit Chappitre le lundy huityesme jour de may, l’an mil quatre cens cinquante et deux. »

La famille fut longtemps locataire de cette maison, de 1452 et probablement jusqu’au décès de Jehan du Lys, en 1501, soit 49 années.
C’était donc véritablement « la maison des du LYS ».
Quand Jehan décède, le bail n’était pas terminé, les 59 ans prévus n’arrivant qu’en 1511.

Marguerite du LYS, cousine et héritière de Jehan, et son mari, Antoine de BRUNET, ne semblent pas avoir repris cette maison. Peut-être ne les intéressait-elle pas.

Elle sera reprise en 1505 par le chapitre de Saint-Euverte, dans la manière et les conditions qu’on va découvrir ci-après.

Lire la suite : Reprise de cette maison par le chapitre, en 1505.

Sources :

  • Archives du Loiret, série H, fonds de Saint-Euverte ; liasses des paroisses. Une pièce formée de trois feuilles de parchemin cousues ensemble. Ancienne cote 225.
  • Bull. SAHO - Médiathèque Orléans.

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