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Partir où et pour quoi faire ?

Réflexions sur les migrations des ouvriers et artisans originaires du Massif Central


dimanche 1er avril 2001, par Jean Monange †

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A partir du XIX° siècle, avec le développement de l’industrie, l’horizon de nos ancêtres ne se limite plus à l’espace du village ou du « pays ». Pour des raisons diverses, les migrations se font plus nombreuses. Jean Monange nous livre ses réflexions sur le sujet. 

Les chemins migratoires sont liés aux métiers et à l’époque.

De la révolution jusqu’à 1860 ils suivent trois axes un nord-est, un sud-ouest et un sud. De 1860 à 1960 l’apparition progressive du chemin de fer va bouleverser les métiers et les destinations. Bien avant 1789 on trouve trace de migrants originaires d’Auvergne et du Limousin se sont surtout les métiers du bois qui émigrent vers le nord-est.

Beaucoup de scieurs de long et de sabotiers, ballot sur le dos, prennent la route en direction du nord. A raison de 40 à 50 kms par jour ils vont cheminer par groupes jusqu’aux lieux d’embauche, massifs montagneux du Morvan, Jura, Vosges, Ardennes et plateaux de la Haute-Saône, de la Haute-Marne, de Lorraine et de Langres, d’autres moins nombreux vers l’ouest du bassin Parisien et la Touraine. « Aller à la scie » constitue une pratique ancestrale.

Les sabotiers du Forez et du Livradois partaient via le Beaujolais vers le Jura sur des routes identiques à l’assaut des noyers et bouleaux des grandes futaies. D’autres venaient les rejoindre du Cantal et de Corrèze via le Puy de Dôme et l’Allier. Ils étaient recrutés en septembre-octobre après les travaux d’été par un ancêtre chef de chantier qui avait fait construire des « loges » dans les bois en fonction du nombre d’ouvriers attendu.

Le travail était harassant -il durait seize heures par journée- mais relativement bien payé : une paire de scieurs de long gagnait par jour environ 2300 de nos francs dans sa journée, ce qui déduction faite des frais de nourriture et de voyage procurait un pécule d’environ 60.000 f par personne au retour de campagne ; de quoi désintéresser les frères et sœurs de leur part d’héritage. Un sabotier devait faire 30 paires par jour pour gagner sa vie soit environ 1.140 f par jour. La pénibilité du travail était telle que seuls les plus jeunes continuaient. Les plus âgés forts de leur connaissances des milieux visités se reconvertissaient vers des professions moins pénibles, chiffonniers, chineurs et autres colporteurs.

Du sabot au soulier il n’y a qu’un pas à franchir nos cordonniers Corréziens et Cantaliens vont le franchir et devenir cordonniers ambulants, pour diversifier le métier et agrandir la zone de chalandage il vont y ajouter le commerce du parapluie dont Aurillac était la capitale. J’ai suivi la trace du parcours de certains, on peut dresser la route suivante : départ Cantal ou Tulle—> Mauriac—>Neuvic—> Bort—>Champeix—>Vic-le-Comte—>Thiers—>Roanne—>Tarare—>Mâcon—>Bourg—>Lons ou Saint-Claude—> Arbois—>Quingey—>Besançon—>Gray—>Vesoul—>Saint-Dié et les Vosges.

Ces étapes seront mises à profit pour chalander autour, souvent un « pays » d’une autre profession (Etameur ou Chaudronnier) déjà sédentarisé assurera le gîte et le couvert. Les colporteurs font souvent crédit, la tournée assurera les nouvelles commandes et le paiement des dettes antérieures des clients. Puis la tournée reprendra jusqu’à l’étape suivante. Ce modèle est identique pour les chaudronniers et les étameurs ambulants.

Un autre courant migratoire existe vers le sud-ouest, toujours dans les métiers du bois, les gabarriers descendent le bois par la Dordogne vers Libourne et Bordeaux. A bord des gabarres : des merrains destinés à la fabrication des tonneaux, des scieurs de long descendant vers les Landes et aussi quelques passagers candidats à l’émigration vers les Caraïbes, le continent Américain et l’Afrique. Bordeaux est un port de départ important vers ces lointaines contrées, les listes de passagers en témoignent, dès 1750 et jusqu’à 1800 pas moins de 300 migrants du Massif Central embarqueront à Bordeaux pour les Antilles petites et grandes, la Louisiane et l’Acadie, le Sénégal où à Saint-Louis et Gorée ils participeront à la traite des esclaves, Le Cap, et l’Argentine où de nombreux Aveyronnais se fixeront.

Vers l’Espagne, la route de Compostelle a suscité bien des vocations marchandes, par le chemin de Saint-Jacques de nombreux Cantaliens vont initier nos voisins au goût du pain français et ouvrir des boulanges en terre Catalane. Le patois si proche de l’espagnol va faciliter les choses et les boulangers vont bientôt s’établir jusqu’à Madrid. Les minotiers vont suivre et introduire en sus le commerce des mulets et développer l’hydro-force-motrice, puis par la suite l’hydroélectricité.

Les marchands de toile d’Espinchal vont aussi s’engouffrer dans la brèche. Avant l’arrivée des rapatriés d’Algérie on compte environ vingt mille Français dans la province d’Alicante et 17000 en Catalogne.


L’arrivée du Chemin de Fer

La construction des bâtiments va mobiliser les maçons principalement de la Creuse, la demande énorme de traverses pour les voies crée une formidable activité des scieurs de long et des rouliers pour emmener les matériaux à pied-d’oeuvre.

Les facilités offertes par le transport ferroviaire vont bouleverser les flux migratoires. Le temps gagné lors du déplacement, la suppression des frais d’hébergement durant le transport vont compenser largement les frais du transport et ouvrir des possibilités d’atteindre des lieux nouveaux. La voie du nord est ouverte vers la région parisienne, le nord, la Belgique et via les ports la Grande Bretagne.

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