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Toutes ces étapes de nos ancêtres nous conduisent... (1re partie)

Le jeudi 29 septembre 2011, par Jean-Pierre Brochard

À ma mère

Ma quête de traditions orales ne remontant pas au-delà du XIXe siècle, n’ayant pas eu accès aux minutes notariales de mes aïeux, je m’en suis tenu à satisfaire mon désir d’aligner des noms, des dates et à dresser, dans cet ensemble de notes, une esquisse de leur environnement… Cet article ne fait que poser les questions d’une première enquête sociale…

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Ma mère Jane Signoret

« Au pied de mon arbre, lorsque je lève les yeux, je veux découvrir mille choses. Aucune feuille ne ressemble à l’autre. Chacune a ses particularités, sa vie, sa personnalité propre.

C’est d’un arbre généalogique que je parle, et dans chaque feuille y figure un ancêtre, un cousin, un grand-oncle, plus ou moins inconnu et qu’il reste à découvrir.

La motivation de la recherche n’est souvent au départ qu’un simple désir d’aligner des noms et des dates, mais les trouvailles quotidiennes lui donnent rapidement une autre direction.

La vie transparaît vite derrière un nom. Une vie faite de joies et de peines, parfois de mystère, d’autre fois d’aventures extraordinaires.

Tel ancêtre semble nous tendre des pièges à plaisir au fur et à mesure que l’enquête avance, comme s’il voulait échapper à notre collecte, rester dans l’oubli. Tel cousin chaque fois que nous croyons le retrouver, nous glisse entre les mains comme une anguille... » Jean Louis Beaucarnot (Extrait de Drôles d’ancêtres)

Toutes ces étapes de nos ancêtres nous conduisent vers la forêt de Tronçais…

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Carte des migrations de la famille

En parcourant la carte, je me suis rendu compte que Nocq (Chambérat), La Chapelaude, Saujat (St Victor), Vaux, Givarlais, Louroux Hodement, Hérisson, toutes ces étapes de nos ancêtres nous conduisent vers la forêt de Tronçais [1].

En 1861 mon arrière-grand-père, Maur, venait au monde au domaine de « Foulun » sur la commune de Nocq.

«  Extrait de Mariage : Département de l’Allier, commune d’Huriel du 16 juin 1883, mariage entre BROCHARD Maur, né le 5 octobre 1861 à Nocq arrondissement de Montluçon… profession : cultivateur, domicilié à Foulun Cne de Nocq, fils de, André et feu Vincent Marguerite et JACQUINET Catherine, née le 27 novembre 1864 à Nocq … »

En 1827 le père André [2] naissait au domaine des « Bisais » sur la commune de la Chapelaude.

«  Acte N° 27 : L’an 1827 le 16 août, à 5 heures du soir, par-devant nous, Devuex, adjoint de la commune de la Chapelaude, remplissant les fonctions d’état civil du dit lieu, canton d’Huriel département de l’Allier est comparu BROCHARD André, âgé de 36 ans, cultivateur, domicilié au domaine des Bisais, lequel nous a présenté un enfant de sexe masculin, né hier, au même lieu, à 9 heures du soir, fils légitime de BROCHARD André et de DURIN Jeanne, auquel il a été donné le prénom, d’André, les dites déclarations et présentations faites en présence de Jacques DURIN 39 ans, cultivateur, oncle maternel de l’enfant et de Jean BROCHARD 30 ans, cultivateur, oncle paternel de l’enfant, tous deux domiciliés aux Bisais, de quoi nous avons dressé acte dont nous avons donné lecture aux parties comparantes qui ont déclaré ne savoir signer. »

En 1768, avant la révolution Française, Marien BROCHARD habitait à Hérisson pour le mariage de Claire.

«  Extrait des BMS de LOUROUX – HODEMENT : 27 juin 1768, mariage d’Antoine MATHONIERE vigneron, veuf de Marie JAMET et Claire BROCHARD, fille majeure de Marien BROCHARD, demeurant à Hérisson et défunte, Marguerite ROBIN. »

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Extrait des feuilles N° 11 & 12 de la carte de CASSINI ou de l’Académie à l’échelle de 1 ligne pour 100 toises - 1/86 400. Ces cartes établies de 1683 à 1774 par Jean-Dominique Cassini, furent achevées en 1789 par Jacques-Dominique son arrière-petit-fils.

Métayer ou fermier ?

Les défrichements se sont poursuivis jusqu’à la révolution. À la fin du XVIIIe siècle, un cinquième du territoire du Bourbonnais est en bois, un autre en près et vignobles, deux cinquièmes seulement sont à classer en terres arables et le dernier cinquième consiste en marais, étangs, friches, landes ou rochers. Les domaines ou métairies sont de grandes superficies : cent vingt ou cent cinquante hectares, ce qui s’explique par le faible rendement des terres.

Les propriétaires de ces grands et pauvres domaines couvrant le Bourbonnais n’appartenaient pas tous à la même classe sociale. Des petits propriétaires exploitaient eux-mêmes la terre qu’ils avaient reçue en héritage ou acquise récemment. Lorsque ces petits propriétaires étaient des artisans, ils affermaient leurs biens. C’était la seule classe sociale ayant des fermiers. Les autres propriétaires, bourgeois, gens d’église ou nobles, n’affermaient pas leurs terres, lorsqu’ils étaient « résidents ». Ils préféraient le métayage, le mode de faire-valoir le plus courant en Bourbonnais [3].

Dans l’hypothèse où - comme la plupart des paysans Bourbonnais - Marien [4] et les siens ont habité une métairie, qui était le « Maître » de la « maisonnée » [5] ?

Camille Gagnon s’est trouvé, par sa mère, de très lointains ancêtres, la communauté taisible des Godignons dont un hameau de Givarlais perpétue encore le nom porté dans la région Montluçonnaise.

Aucun des registres paroissiaux que j’ai consulté ne souligne, pour le patronyme BROCHARD du Val de Cher, les mots « maître et chef de sa communauté », « personniers », « commung », « frères commung » ou après énumération de tous les témoins « tous de la même communauté ».

N’ayant trouvé aucune trace de communauté, il semble plus vraisemblable que Marien et sa famille aient habité une locaterie [6] et que, comme le fut plus tard son fils Antoine, Marien ait été fermier pour le compte d’un petit propriétaire.

Métayer ou fermier, ce statut reste à confirmer en consultant les actes notariés. Ce dont je suis certain, c’est que Marien était laboureur, cette profession est rapportée dans l’acte de naissance de son fils Antoine en 1745.

Légendes et croyances...

Je n’avais pas encore trouvé les dates et lieu de naissance de Marien que je connais la composition de sa famille , le nom de ses enfants et de ses descendants :

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Extrait de ma fiche de recherche sur Marien BROCHARD

En cette fin Juillet 1744, Marguerite ROBIN observe la lune... Quand une femme a déjà eu un autre enfant, elle peut deviner le sexe de l’enfant suivant en observant la lune. Si elle a changé dans les neuf premiers jours de la grossesse, l’enfant n’aura pas le même sexe que le précédent. Comme il est d’usage en Bourbonnais, les parents n’ont pas pressenti le parrain et la marraine du futur bouinat [7], Cela porte malheur ! C’est pourquoi, Marguerite ne sait pas que son garçon s’appellera Antoine, comme son parrain AINAUD...

Le 29 Avril 1745, Marien et Marguerite baptisaient leur fils en l’église Saint Jean Baptiste de Louroux-Hodement.

D’après l’abbé Moret, les habitants de Louroux-Hodement étaient autrefois très superstitieux. Le rapport d’un curé, en 1840, constate que l’on est persuadé que le son des cloches éloigne l’orage, que les gens sont très entêtés à sonner malgré la défense de l’autorité civile. On se sert des cloches bénites pour se livrer à des superstitions. Lorsque l’on se coupe ou se brûle, on va trouver certaines gens qui disent des prières, et "aussitôt, on est guéri".

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L’église de Givarlais

Antoine se maria le 10 novembre 1778 à l’église de Givarlais, au "pays" de sa femme Marie GORBINET, cadette d’une famille de 8 enfants.

Vigneron, comme son beau-père, Antoine s’installa aux Crozardais, sur la commune de Saujat.

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Le hameau des Crozardais
Du hameau des Crozardais, Il ne reste que quelques ruines de maisons anciennes.

Les vins Friands...

En 1569, Nicolas de Nicolay donne une idée de l’étendue des vignobles en Bourbonnais... : « les coteaux où sont les vignobles produisent quantité merveilleuse de très bons vins, vermeils, clairets et blancs, dont les exquis et meilleurs sont ceux qui croissent autour de Moulin, ceux des grands vignobles de Saint-Pourçain... et Montluçon qui fournit la plupart du Limousin et les vins friands de Hérisson et de Saint-Amand... » Henriette Dussourd cite également les vins blancs de Chateloy près d’Hérisson, Vallon, Saint-Victor, Louroux-Hodement, Givarlais, Huriel, etc.

En 1788, écrit C. Varenne, en raison de mauvaises conditions climatiques, la production fut très inférieure à la demande : le curé de Buxières note que depuis 1709, personne ne se souvient d’avoir eu aussi froid qu’au cours de l’hiver 1788-1789 : les vignes gelèrent, le foin fut rare, la grêle ravagea les campagnes...

Les vignobles d’Antoine ont certainement souffert du gel de ce terrible hiver. Est-ce pour cette raison que dès l’automne suivant, il déclarait être laboureur ? Ce n’est pourtant qu’à partir de 1877 que l’oïdium d’abord, puis le mildiou ensuite vinrent détruire les parcelles aménagées. Antoine n’aurait peut-être pas délaissé en partie sa vigne pour la culture s’il n’y avait eu la Grande Peur, une panique collective commune à toute la France et dont l’origine est mal connue. Elle commença en août 1789 et fut aggravée par la crainte de la disette, un phénomène dont aujourd’hui on mesure mal l’influence.

« En cette fin d’août, les jours sont encore longs... Ce matin, vers six heures, coiffé de son chapeau à la “cocherelle” [8] il chargea son ariau [9] sur le lourd traîneau de bois. Antoine passa devant ses bêtes et s’engagea dans le vieux chemin encaissé et à l’abri de ronces épaisses. “Ce vieux chemin pouvait être la voie antique, d’origine Celtique, sur la rive gauche du cher. Elle se retrouve surtout au point culminant du plateau, à la borne Saint-George, mais son tracé reste difficile à suivre dans l’imbroglio des chemins du XIXe siècle. Sans doute aussi, nous dit M. Piboule, devait-elle se tenir hors de la zone inondable.” Arrivé sur le plateau de Peyreguines aux vues dégagées, Antoine entra dans le champ des landes pour une nouvelle “attelée” [10]. Son araire, tiré par deux percherons, ouvrit des sillons parfaitement réguliers, droits, luisants et beaux... Songeur, Antoine imagina le jour où le petit Gilbert, son premier “p’tit gars” âgé d’un peu moins de 3 ans, labourerait à planches bombées séparées par des fonds dans lesquels s’écouleraient les eaux de pluie ...

Le terrain est plat, Gilbert, il faut rapprocher les fonds, pas plus de quatre tours d’ariau par planche !

Antoine, l’ancien, savait qu’ici l’eau risque de stagner... »

Pour lire la suite...


Voir en ligne : Arbre Généalogique Jean Pierre BROCHARD


[1Sources : Maurice PIBOULE, « Mémoire des communes Bourbonnaises » , Archives départementales de l’Allier

[2C’est le père André dont nous parlais cousine Marie, bru de mon arrière grand oncle paternel Michel BROCHARD (frère de mon arrière grand père Maur BROCHARD).

[3Source : Henriette Dussourd « Bourbonnais » et « Au même pot et au même feu... »

[4De 1739 à 1745 Marien BROCHARD habitait la commune de Louroux-Hodement, il a été porté décédé lors du mariage de son fils Antoine à Givarlais en 1778.

[5« Comment vivaient ces métayers groupés en maisonnée rassemblant de vingt à trente personnes ? Pour échapper au droit de main morte », dit Henriette Dussourd « ils partageaient la même vie, les mêmes travaux, les mêmes profits et les mêmes pertes, à condition de n’avoir qu’un feu et d’être dirigé par un seul maître. »

[6La locaterie est le plus souvent bâtie au bord d’une route. Elle était cultivée par un propriétaire ou un fermier, mais la faible superficie des terres ne permet pas le métayage. Un seul toit abrite l’étable, la grange, la chambre et la cuisine. Côté étable, le poulailler et l’écurie de porc sont abrités sous des appentis. Côté cuisine, le four à pain forme une excroissance.

[7Source : Marcel BONIN "Dictionnaire général des patois Bourbonnais"

[8Du nom du champignon, la coulemelle, c’était un chapeau de feutre atteignant cinquante à soixante centimètres de diamètre.

[9La charrue primitive en Bourbonnais était l’ariau. réalisée en bois, elle ne comportait qu’un seul manche et le métal ne se rencontrait qu’avec la reille armature d’acier renforçant le cul d’ariau triangulaire et une boucle de fer pour attacher l’attelage.

[10Chaque séance de labour était appelée une attelée. Avec les jours courts on ne pouvait en faire qu’une, mais d’avril à novembre, on pouvait en faire deux : l’attelée du matin de six à onze heures et l’attelée du soir de quatorze à dix-neuf heures.

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9 Messages

  • Bravo, nous aussi nous apprécions ton travail, très interessant et ok bien-sûr pour la publication des écrits de Marie.
    Les Chalais

    Répondre à ce message

  • Bonjour Jean-Pierre,

    Bravo pour cet article, j’aime beaucoup ce genre de généalogie historique avec ce travail de détective et de chercheur pour essayer d’en savoir un peu plus sur vos ancêtres, sur leurs métiers, leurs croyances, leurs conditions de vie ... Excellente idée aussi que cette carte des migrations familiales.

    Je suis sensible à votre article parce qu’en même temps c’est une région que j’aime beaucoup, notamment la magnifique forêt du Tronçais où j’ai eu l’occasion de me rendre en maintes occasions.

    Bien sûr j’attends la suite. Je vous conseille fortement de consulter les archives notariales, si elles ont été versées aux archives départementales, elles vous permettront d’approfondir la vie de vos ancêtres.

    Bien cordialement.

    André VESSOT

    Répondre à ce message

    • Toutes ces étapes de nos ancêtres nous conduisent... (1re partie) 2 octobre 2011 13:11, par BROCHARD Jean Pierre

      Bonjour André,

      Merci pour vos encouragements et conseils....Vous avez raison de préciser - en parlant des archives notariales - si elles ont été versées aux archives départementales, car en ce qui concerne mes ancêtres, du moins ceux d’une période relativement récente, le notaire les a stocké dans son grenier, dans lequel il ne veut aller au lieu de les verser aux archives départementales. Peut-être son successeur le ferat-il ou l’a-t-il déjà fait car mes recherches datent d’une quinzaine d’années... Rien n’est encore perdu !

      J’ai eu beaucoup plus de chances du côté maternel - la famille SIGNORET dont j’avais rédigé un article sur l’évolution du nom - car maman avait conservé presque tous les actes et contrats familiaux.
      La seconde partie de "toutes ces étapes..." est à l’évaluation.

      Cordialement,

      Jean Pierre BROCHARD

      Répondre à ce message

  • J’attend la suite avec impatience, c’est tellement vivant. Malgré les siècles écoulés, on éprouve le sentiment d’être aux côtés de ces laboueurs et leur famille.

    Bravo

    Andrée

    Répondre à ce message

  • Toutes ces étapes de nos ancêtres nous conduisent... (1re partie) 1er octobre 2011 14:42, par patricia danse le bec

    Bravo, c’est comme ça que j’imagine la généalogie, rattacher sa famille à l’histoire, petite ou grande. Connaître les lieux où ils ont vécu, y aller, prendre des photos. Connaître leurs métiers, leurs façons de vivre.
    La généalogie ne devrait pas être aligner des noms, des dates, des actes, il faut aller plus loin pour qu’elle soit passionnante.

    Répondre à ce message

    • Toutes ces étapes de nos ancêtres nous conduisent... (1re partie) 2 octobre 2011 13:24, par BROCHARD Jean Pierre

      Bonjour Patricia,

      Vous avez raison, la généalogie n’est pas uniquement aligner des noms, des dates et des actes. C’est beaucoup plus interessant de situer nos anciens dans leur contexte, encore faudrait-il pouvoir trouver les contrats et autres archives notariales les concernant. Certains notaires n’ont toujours pas versé leurs documents aux archives départementales.

      Mais la généalogie est beaucoup plus, c’est un échange entre passionnés qui permet de se trouver des cousins, quelque fois très, très éloignés... Et, permet aussi de lier des amitiés.

      Très cordialement

      Jean Pierre BROCHARD

      Répondre à ce message

      • Je viens, moi aussi, vous féliciter pour la direction de vos recherches, effectivement, aligner des dates et encore des dates serait creux, sans chercher à imaginer, ne serait-ce qu’un tant soit peu, la vie de ces personnes disparues qui ont constitué nos familles. L’amour de la généalogie inclut une part de rêve, nos recherches sur le microcosme de nos ancêtres nous aident à rêver un peu mieux leur vie...
        Encore bravo,
        Armelle

        Répondre à ce message

      • J’ai habité à Huriel dans les vignes qui rejoignent Domérat(Château de La Pérelle)et je retrouve en vous lisant l’hitoire et la vie de mon ex-beau père maintenant décédé)votre récit est très précis car il y a eu des recherches sur une église maintenant disparue sous un pont sur la route de Chambérat.C’est passionant et ceci rejoint les romans de Georges Sand( les maîtres sonneur)

        Répondre à ce message

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