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Une journée au siège d’Orléans

Vendredi 25 mars 1429


lundi 21 mars 2005, par Jean-Pierre Bernard

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Vendredi 25 mars 1429.

Le siège de la ville, par les troupes anglo-normandes, durait depuis plus de cinq mois, parsemés d’évènements heureux et malchanceux.

La ville se réveillait, et les habitants vaquaient à leurs occupations. Des Tourelles de la bastide du pont, les sentinelles anglaises remarquaient une effervescence dans la cité. Près du Châtelet, convergeaient des chariots chargés de tonneaux et de sacs de blé, que l’on alignait soigneusement dans un endroit découvert.
Dans quelques heures, ces marchandises allaient être distribuées aux soldats français stationnés dans la ville.

A la bastide, c’était jour de paie, pour les anglais, du moins pour une bonne partie de la garnison qui occupait cette forteresse.
On allait distribuer la solde des hommes de trois troupes, représentant environ 300 hommes.

Le trésorier et son escorte étaient arrivés la veille, et les trois capitaines concernés avaient perçu chacun la somme le concernant. Il s’agissait, pour le tout, d’une somme importante : 2.656 livres et 10 sols, représentant la solde pour un mois.

Seul le capitaine (ou son mandataire) était payé par le trésorier, selon son « endenture » (contrat d’engagement), et ce sont des clercs, ou des écuyers, qui ensuite faisaient donner à chacun la part qui lui revenait, selon son état, homme d’armes ou archer.

Le chevalier banneret Thomas de SCALES, le chevalier bachelier Rouland STANDISCH, et l’écuyer Henry de LISLE, avaient confié à « leurs procureurs souffisamment fondés » le soin de procéder à cette opération. Ceux-ci avaient installé des tables de fortune dans la cour de la forteresse, et les hommes se présentaient tour à tour pour perçevoir ce qui leur était dû pour leur service du mois, et chacun s’en réjouissait à l’avance.

Dans l’armée anglo-normande, les soldes mensuelles étaient les suivantes :

  • chevalier banneret 44 livres 15 sols 10 deniers tournois
  • chevalier bachelier, et chevalier 24 livres 15 sols 10 deniers tourn.
  • écuyer et hommes d’armes 14 livres 15 sols 10 deniers tourn.
  • archer 5 livres tournois.

Côté français, les soldats avaient aussi raison de se réjouir. On allait leur distribuer du blé, avec lequel ils pourraient faire fabriquer du bon pain, et du vin pour faire un peu la fête.

Pour accompagner cela, sans doute, on allait se débrouiller pour se procurer un peu de viande à rôtir, ou du poisson que l’on pêchait dans la Loire, au pied des remparts.

Mais, si pour ceux de la bastide, toucher la solde procédait d’un déroulement naturel de leur vie de soldat, les défenseurs d’Orléans avaient une autre raison.

Quelques jours auparavant, le jeudi 17 mars 1429, Alain DUBAY (du BEC ou du BEY) était mort. Prévôt de la ville, chéri par ses vertus et l’intégrité de ses jugements. On pensa que les malheurs de sa patrie avaient avancé ses jours. Ce citoyen estimable fut regretté de tous les Orléanais, qui lui firent un service public aux frais de la ville.
Il fallut le remplacer, et c’est Jehan LEPRESTRE qui fut nommé pour le remplacer.

Huit jours plus tard, le nouveau Prévôt organise une grande distribution de vin et de blé, faite à la garnison d’Orléans, du consentement des bourgeois, manants et habitants de la cité.
Jehan LE CAILY (CAILLY), notaire au Châtelet d’Orléans, consigna soigneusement cette distribution sur ses registres. A savoir :

  • Aux Ecossais étant en cette ville : 3 tonneaux 1/2 de vin et 3 muids 1/2 de blé, pour 560 hommes,
  • A monseigneur de GRAVILLE [1] : 1 tonneau 1/2 de vin et 1 muid 1/2 de blé, pour 240 hommes,
  • A MADRE (Guillaume) : 1 traversin de vin et 1/2 muid de blé, pour 160 hommes,
  • A Denis de CHAILLY : 1 tonneau 1/2 de vin et 1 muid 1/2 de blé, pour 180 hommes,
  • A Thibault de TERMES : 1 traversin de vin et 5 mines de blé, pour 80 hommes,
  • A monseigneur de GUTRY (GUITRY) : 1 traversin de vin et 8 mines de blé, pour 80 hommes,
  • A monseigneur de COARAZE : 1 traversin de vin et 5 mines de blé, pour 80 hommes,
  • A messire THIAUDE (Théolde de VALPERGUE) : 1 tonneau 1/2 de vin et 1 muid 1/2 de vin, pour 260 hommes,
  • A messire CERNAY : 1 traversin de vin et 6 mines de blé, pour 24O hommes,
  • A Poton de SAINTRAILLES : 1 tonneau de vin et 10 mines de blé, pour 160 hommes,
  • Aux soldats de SAINTE-SEVERE (le Maréchal) : 2 tonneaux de vin et 2 muids de blé, pour 320 hommes,
  • A monseigneur de VILLARS : 1 tonneau 1/2 de vin et 1 muid 1/2 de blé, pour 240 hommes.

Cela représente :

  • Vin : environ 7.020 litres, soit 2,7 litres par homme en moyenne,
  • Blé : environ 4.450 kilos, soit 1,71 kilo par homme en moyenne.

Le nombre d’hommes se monte à 2.600. Ce sont les défenseurs d’Orléans à cette date, leur nombre étant renforcé par la milice locale, difficile à évaluer.
A remarquer la présence des Ecossais, qui représentaient une part importante de la garnison, et la grande majorité des archers, ces troupes venues en France dans le cadre de la « Auld Alliance », pacte entre les deux pays. Ils détestaient les anglais qui, d’ailleurs, le leur rendaient bien !

A la bastide, côté anglais, les hommes étaient contents, surtout les archers. Depuis le mois de février précédent, leur solde avait été augmentée, à leur demande, pour passer de 100 sols tournois (5 livres) à 6 livres par mois, car cela ne suffisait pas pour subvenir à leurs besoins, vu que tout était très cher à Orléans et dans les environs.
Cette nouvelle solde n’était accordée qu’aux archers stationnés au siège, sur place, et un nouveau paragraphe fut ajouté sur les endentures des capitaines qui y étaient affectés :

« Payé au pris de 6 livres pour archier par moys qui, par l’ordonnance de mondit seigneur le Régent (BEDFORD) et du Conseil, pour aidier à supporter les despenses et vivres qui sont chiers audit siège, au soldoyers estans et résidans en ycelui siège, lesquels n’y povoient bonnement vivre pour leurs gaiges ordinaires, qui sont de 100 solz tournois par moys... »

Voici le détail de la solde versée ce jour-là à ces trois capitaines :

  • Pour Henry de LISLE : 39 hommes d’armes et 126 archers, soit 165 hommes = 1.347 livres 13 sols 4 deniers t.
  • Pour Thomas de SCALES : 19 hommes d’armes et 60 archers, soit 79 hommes = 685 livres 16 sols 8 deniers t.
  • Pour Rouland STANDISCH : 23 hommes d’armes et 43 archers, soit 66 hommes = 623 livres tournois,

soit, 12 deniers valant 1 sol et 20 sols valant 1 livre, cela fait : 2.656 livres et 10 sols tournois.

Les hommes d’armes étaient plus payés que les archers (le double), mais ils avaient à entretenir un équipement plus important, et rétribuer aussi au moins un page et un coutillier qui les accompagnaient, pour aider à les équiper, et pour les protéger lors des batailles.

Parlons un peu de ces trois capitaines :

Henry de LISLE - Ecuyer

Avant de parler d’Henry, disons quelques mots sur son frère, Lancelot, dont il avait repris la troupe.
Lancelot, chevalier bachelier, avait été favorisé par le roi d’Angleterre Henry V, qui avait dépossédé les seigneurs Normands qui ne suivaient pas le parti Anglais, et donné leurs biens à des seigneurs de son choix, souvent pour des redevances ridicules.

Lancelot avait reçu le château de Nonant, élection de Bayeux, en Normandie, pour une redevance risible : « à la charge de payer la redevance d’un glaive, à Caen, le jour de Noël ». De quoi attiser la rage combattive des anciens propriétaires !

Lancelot avait un passé de combattant, et avait commandé des troupes à la bataille de Cravant (31/7/1423) et à celle de Verneuil (17/8/1424), et participé en septembre 1427 au siège de Montargis. Le 26 juin 1428, il est nommé capitaine de Montigny et Nogent-le-Roy, en Bassigny.

En juillet 1428, il est à Paris, puis est retenu dans l’armée que SALISBURY, général en chef, amène d’Angleterre, qui sera jointe à une armée levée en Normandie. Il participe à la prise de Janville, en Beauce, fin août 1428, ville qui sera longtemps l’une des bases importantes du dispositif anglais pour la conquête des villes de la Loire et le siège devant Orléans.

Le 12 octobre 1428, il arrive devant Orléans avec Salisbury, par le faubourg du Portereau, rive gauche, avec l’armée qui allait s’installer pour le siège, jusqu’au 7 mai 1429, date à laquelle Jehanne La PUCELLE allait reprendre la cité.

Mais Lancelot n’eut pas de chance à Orléans : le 29 janvier 1429, un boulet lancé par ceux d’Orléans lui enleva la tête, au moment où il revenait d’une conférence avec le capitaine français Etienne de VIGNOLLES, le fameux LA HIRE.

A ce moment, sa troupe est partagée en deux parties quasi égales : 22 hommes d’armes et 64 archers à la bastide du pont, sous les ordres de son frère Henry, et 18 hommes d’armes et 56 archers qui évoluent entre Orléans et Meung-sur-Loire, et dans les autres bastides et forteresses du siège.

Henry, écuyer, après la mort de son frère, eut le commandement de toute la troupe, ce qui fut confirmé par une endenture (contrat d’engagement) du 13 mars suivant :

« Lesquels hommes d’armes et archiers furent et estoient de la charge et retenue de feu messire Lancelot de Lisle, son frère dessusdit, au jour de son trespas, pour estre audit siège. »

La troupe resta identique. La « montre » (revue militaire pour compter les hommes présents et vérifier les équipements), la montre donc correspondant avec la solde du 25 mars, avait été passée devant Thomas GUERART, écuyer, « mareschal dudit siège », et maître Raoul PARKER, « secrétaire du roy et prévost des mareschaulx », commissaires, pour :

  • lui (Henry)+ 19 hommes d’armes et 62 archers, « à la bastide du bout du pont » (les Tourelles),
  • 20 hommes d’armes et 64 archers, pour le siège, dans d’autres bastides d’Orléans,

soit donc 166 hommes. Il semble qu’Henry de LISLE ait eu, pour le seconder, un nommé William BROCAS.

Henry avait dû suivre son frère sur les champs de bataille, mais sa carrière militaire ne dura plus longtemps.

Du 1er au 10 février 1430, il est capitaine de Longny-au-Perche (Orne), mais il semble ne s’y être même pas rendu, car le 15 mai 1430 il était en garnison à Chartres.

Le 28 avril 1431, il reçoit encore des gages, mais en septembre de la même année il n’a plus aucune charge de gens de guerre.

Thomas de SCALES - Chevalier banneret

Il était chevalier banneret (l’un des rares au siège), le plus haut « grade » de chevalier, et capitaine de Pontorson et de Domfront, en Normandie.

Thomas de SCALES (d’ESCALLES - LESCALE), seigneur de Nucelle, avait des armoiries « de gueules à six coquilles ou écailles » - en anglais : scale - « de Saint-Jacques en argent ».

Il était en particulier aux batailles de Cravant et de Verneuil. En 1424 il était capitaine de Verneuil, aux gages de 1.500 livres tournois ; la même année il assiégea et prit Gaillon ; il commandait alors 200 hommes d’armes et 600 archers (forte troupe pour le temps !).

Au siège du Mont-Saint-Michel (que les Anglais ne réussirent jamais à prendre !) il avait une retenue considérable. En 1429, il est capitaine de Domfront (en outre de Pontorson), avec un grand nombre de combattants, dont une soixantaine le suivront pour le siège d’Orléans. Il l’est encore en 1433.

Trois ans après il commande à Vire. Il est vidame de Chartres (ou du moins en porte le titre) et sénéchal de Normandie en 1443.

Sa retenue pour la garde de Pontorson était de 80 hommes d’armes et 240 archers. De là, il tire la majorité des hommes qu’il commandera au siège. Cette garnison était importante : 320 hommes au total. Il faut dire qu’elle se trouve aux limites de la Normandie anglaise, « en frontière » de la Bretagne.

Le 12 octobre 1428, il arrive lui aussi sous Orléans avec Salisbury. Il y revient le 1er décembre avec Jehan de TALBOT, après avoir été nommé lieutenant du Roy, et enfin, le 30 décembre pour installer ses troupes, une partie aux Tourelles, et le reste à la bastide de Saint-Laurent, à l’ouest d’Orléans.

Après la levée du siège, il se rend à Beaugency. Il est fait prisonnier, le 18 juin 1429, à la bataille de Patay. On le retrouve à Rouen en septembre 1429.

Sa carrière militaire dura encore 30 ans. Il eut encore des capitaineries et des commandements.

En 1460, il périt de mort violente, à la suite de la reddition qu’il fit de la Tour de Londres aux révoltés contre le roi Henry VI d’Angleterre.

Son « endenture pour servir au siège d’Orliens » était prévue pour 50 hommes d’armes et 150 archers. Il n’aligne pas sa retenue entière sous les murs d’Orléans :

  • du 27/12/1428 au 26/1/1429 : lui + 41 hommes d’armes et 99 archers, soit 141 hommes,
  • du 27/1/1429 à fin janvier 1429 : lui + 35 hommes d’armes et 83 archers, soit 119 hommes,
  • février 1429 : lui + 35 hommes d’armes et 83 archers, soit 119 hommes (ici on précise « dont 20 lances, lui compris, et 60 archiers de sa retenue de Pontorson »),
  • mars et avril 1429 : lui + 19 hommes d’armes et 60 archers, soit 80 hommes (ce sont là les hommes de Pontorson).

La paie du 25 mars concerne les hommes venus de la garnison de Pontorson.

De la garnison de Domfront, dont T. de Scales est alors aussi le capitaine, quelques hommes furent requis.

Ils ne participèrent pas directement au siège, mais furent utilisés pour une mission d’escorte des convois de vivres, munitions, finances et divers, sous le commandement d’un lieutenant :

« Gaiges et regars de Thomas STRIEBY, homme d’armes, et 3 archiers à cheval, dudict lieu de Dompfront, pour service au conduict des vivres, de 15 jours, à compter du 9 avril 1429 ».

Montre à Paris, le 9/4/1429, devant Symon MORHIER, prévôt, et Morelet de BETHENCOURT, chevalier du guet de la ville de Paris, commissaires.
Quittance « dudit Strieby » à Paris, le 11/4/1429, pour 14 livres 17 sols 11 deniers tournois.

Ces hommes n’ont dû que brièvement séjourner à Orléans, et repartir en Normandie rapidement, à moins que certains n’aient été réquisitionnés pour rester sur place.

Rouland STANDISCH - Chevalier bachelier

Chevalier bachelier (donc jeune écuyer, postulant pour être chevalier), il reçoit le 25 novembre 1428, à Chartres, une endenture de 4 mois « pour servir au siège d’Orliens ».

Il est retenu comme capitaine de 30 hommes d’armes à cheval, lui compris, et 90 archers, « tous natifs d’Angleterre », venus avec Salisbury.

Il n’avait donc pas de charges ni de fonctions en Normandie à cette époque, et ses hommes étaient Anglais.

Lui non plus n’aligne pas toute sa retenue sous les murs d’Orléans.

Le premier mois, sa troupe est amalgamée avec celle de Edouart WYVRE, un autre chevalier bachelier, qui avait reçu une endenture égale à la sienne, ce qui porte à un total de 240 hommes, eux compris.
Ses montres à Orléans :

  • le 3/2/1429 : lui + 28 hommes d’armes et 64 archers, soit 93 hommes,
  • en mars : lui + 23 hommes d’armes et 43 archers, soit 67 hommes.

C’est la solde pour cette dernière montre que l’on distribue le 25 mars à la bastide.

En raison du paiement qu’ils avaient reçu par avance, au titre de leur ancien corps (celui de Salisbury), ils devaient ne recevoir que la solde mensuelle ordinaire pour quatre périodes de 35 jours, tandis que les autres sont payés au taux habituel.

Rouland Standisch resta en Normandie, du moins durant 5 ou 6 ans.
En effet, le 26 octobre 1429, il est capitaine de Charlemesnil, et en avril 1430 il est au siège de l’imposante forteresse du Château-Gaillard.

En 1434, il sera bailli et capitaine d’Evreux.

nb : il faut multiplier le nombre des hommes de ces troupes par 2,5 ou 3, si l’on compte les pages et les coutilliers qui accompagnaient habituellement les hommes d’armes et chevaliers.

Ce vendredi 25 mars 1429, en d’autres endroits et bastides anglaises autour d’Orléans, des quittances de soldes sont établies :

1) Pour Arnoul MESSEIDEN, homme d’armes, pour le 5e mois de 2 hommes d’armes et 2 archers à cheval, à compter du 15/3/1429, à 6 livres tournois par archer, « montrés » le 18 mars. Hommes de la garnison de Mantes, dont est capitaine Guillaume BOUTON, chevalier bachelier.
Quittance pour 26 livres 15 sols 10 deniers tournois.
nb : la solde versée correspond en fait à 1 homme d’armes (et non deux) et 2 archers.

2) Pour Thomas WELWYK, homme d’armes, pour le 5e mois de lui « et desdits archiers de ladicte garnison du Pont-de-Larche, servant audit siège », à compter du 15/3/1429 (Welwyk et 2 archers), à 6 livres tournois par archer, montrés le 18 mars.Hommes de Jehan BEAUCHAMP, chevalier, capitaine de Pont-de-l’Arche.
Quittance pour 26 livres 15 sols 10 deniers tournois.

3) Pour Jehan DOMMELTON, écuyer, et 3 archers de la garnison de « Gaillart » (Château-Gaillard), capitaine Guillaume BYSCHOPSTON, chevalier, pour le 5e mois au siège, à compter du 15/3/1429, à 6 livres tournois par archer, montrés le 8 mars.
Quittance pour 32 livres 15 sols 6 deniers tournois.

4) Pour Thomas DOBBE (ou DOWE), écuyer, et 3 archers, pour service au siège du mois de mars, à 6 livres tournois par archer, montrés le 21 mars. Hommes de Richart de BEAUCHAMP, comte de WARWICK, capitaine des ville et pont de Rouen.
Quittance pour 32 livres 15 sols 10 deniers tournois.

5) Pour 1 homme d’armes et 14 archers, pour service au siège du 3e et dernier mois de cette endenture, du 3/3 au 2/4/1429, à 6 livres tournois par archer, montrés le 13 mars. Hommes de Guy BOUTEILLIER, chevalier, maître d’hôtel du Régent, seigneur de la Roche-Guyon.
(ces hommes sont provisoirement sous les ordres de Thomas GUERART).
Quittance pour 98 livres 15 sols 10 deniers tournois.

6) Pour Richard STROTHER, chevalier bachelier, pour une partie de sa troupe montrée le 8 février, pour un mois, du 3/3 au 2/4/1429, à 6 livres tournois par archer.
Quittance pour 83 livres 19 sols 2 deniers tournois.

7) Pour Richard STROTHER, chevalier bachelier, pour une autre partie de sa troupe montrée aussi le 8 février, pour service de 24 jours, du 7/3 au 31/3/1429 inclus, à 6 livres tournois par archer.
Quittance pour 163 livres 12 sols 8 deniers tournois.

8) Pour Jehannequin OREIL (ou ORELL), écuyer, pour lui, 37 hommes d’armes et 101 archers à cheval, pour un mois au siège, du 7/3 au 6/4/1429, à 6 livres tournois par archer, montrés le 8 mars.
Quittance pour 1.168 livres 1 sol 8 deniers tournois.

9) Pour George SNYLINKTON, écuyer, lieutenant de Jehan SALVAIN, chevalier, bailli de Rouen, « pour gaiges et regars de l’escuier et des gens de toute sadicte retenue » (G. Snylinkton, 19 hommes d’armes et 60 archers), pour 3 jours « restans jusqu’à fin janvier » (du 28/1 à fin janvier 1429), montrés au siège le 28 ou le 29 janvier 1429.
Quittance pour 59 livres 11 sols 8 deniers tournois.
« Et pour le moys de février ensuivant, a esté paié par ledit trésorier des guerres en France, selon ses monstres sur ce faictes ».

10) Pour Jehan MAYNWARYN, chevalier bachelier, pour lui, 12 hommes d’armes et 31 archers à cheval, pour le 3e et dernier mois de l’endenture en cours, du 7/3 au 6/4/1429, à 6 livres tournois par archer, montrés le 10 mars.
Quittance pour 388 livres 6 sols 10 deniers tournois.

11) Pour Edouart WYWRE, chevalier bachelier, pour lui, 24 hommes d’armes à cheval et 58 archers, pour service au siège du mois de mars, à 6 livres tournois par archer, montrés le 8 mars.
Quittance pour 727 livres 5 sols (ce devrait être plutôt 15) et 10 deniers tournois.

12) Pour 3 hommes d’armes et 2 archers, de la garnison de Falaise (capitaine Jehan de TALBOT, chevalier banneret), « estans audit siège », pour le 4e mois, du 23/2 au 22/3/1429, à 6 livres tournois par archer, montrés le 18 mars.
Quittance pour 56 livres 7 sols 6 deniers tournois.

Journée donc bien remplie pour ce jour, à Orléans, aussi bien du côté assiégeant que de celui des défenseurs de la cité.

Prenons encore un peu de temps pour examiner la retranscription de trois documents de base de l’armée anglaise (qui était très organisée) : une ENDENTURE, une MONTRE et une QUITTANCE de solde.

DOCUMENT 1 :

Endenture du 13 mars 1429 pour Henry de LISLE.

Stipulations particulières de l’endenture faite par Henry de Lisle, succédant à son frère Lancelot, pour 43 hommes d’armes et 129 archers, pour servir au siège d’Orléans.

Le terme de l’endenture de Lancelot n’étant pas arrivé, puisqu’elle était pour la durée du siège, c’est la mort du chef qui en nécessite le renouvellement.

« Ceste endenture faicte entre le Régent et Henry de Lisle, escuier... à la charge de quarante-trois hommes d’armes, sa personne en ce comprinse, et de six-vings et neuf archiers...
Lesquelz hommes d’armes et archiers furent et estoient de la charge et retenue de feu mons. Lancelot de Lisle, en son vivant chevalier, frère dudit escuier, au jour de son trespassement, pour estre au siège d’Orliens.

Parmy ce que, pour lesdiz hommes d’armes et archiers, ledit escuier aura et prandra gaiges, c’est assavoir :

  • pour hommes d’armes, 12 deniers esterlins le jour, monnoye d’Angleterre, avecques les regars accoustumez, en prenant le noble d’Angleterre pour 6 solz et 8 deniers esterlins de la dicte monnoye, ou autre monnoye de France à la valeur,
  • et pour chascun archier, 6 francs (livres) par chascun moys,

dont paiemens sera faict audit escuier, de moys en moys, au commencement d’un chascun moy, selon les monstres ou reveues que ledit escuier a faicte et fera desdiz hommes d’armes et archiers, des finances du païs de France ou du duchié de Normendie, par l’ordonnance et commandement des trésoriers et généraulx gouverneurs desdictes finances, et par la main du trésorier des guerres dudit païs de France ou du receveur général dudit duchié de Normendie.

Iceux gaiges et regars commençans incontinent que le terme pour lequel ledit feu mess. Lancelot de Lisle a esté derrenièrement paié pour luy et les hommes d’armes et archiers de sa retenue, fut finy et accomply ; et de là en avant de moys en moys, durant ledit siège.

Donné à Paris, le 13e jour de mars, l’an de grâce 1428 (en fait : 1429 - Voir ci-après).

Signé : Bradshawe ».

Pour le temps, l’année débutant à Pâques, on est encore en 1428. Mais pour notre calendrier actuel, c’est en fait le 13 mars 1429.

nb :
1) L’endenture est rédigée en monnaie esterlin anglaise, mais les soldes sont versées en monnaie tournois.

2) On ne sait pas au juste ce que sont les « regards ». On utilise toujours cette mention lorsqu’il s’agit d’hommes d’armes, mais jamais lorsqu’il s’agit uniquement d’archers.

DOCUMENT 2 :

Exemple de montre (revue militaire).

Voici un exemple de montre, en l’occurence du 4 avril 1429, à Vernon, pour un détachement conduit par l’écuyer Jehan de CARREL, chef de montre des nobles des Vicomtés d’Argentan et de Domfront, requis pour 15 jours, afin de participer aux escortes des convois de vivres, munitions et autres, à destination du siège d’Orléans, pour l’armée anglo-normande.

« C’est la monstre des nobles de la viconté de Argenten et Donfront, qui passez ont esté à Vernon sur Saine, le 4e jour d’avril 1429 après Pasques, par devant nous Jehan POPHAM et Guy Le BOUTEILLIER, chevaliers, conseilliers du Roy nostres., et commissaires ordonnez de par ledit seigneur à prandre et recevoir toutes les monstres des nobles du duchié de Normendie et païs de conqueste, mandez audit lieu de Vernon venir faire leurs monstres et prandre les gaiges d’icelui seigneur pour le conduict (des vivres) de l’armée du siège estans à présent devant Orliens.

Lesquelx nobles nous avons recheus (reçus) et passez aux monstres, par diverses manières selon leur abillemens (équipement) ; c’est assavoir : les uns pour prandre gaiges de lance à cheval, les aultres pour prandre demi-gaiges, et les aultres pour prandre gaiges d’archier, par la fourme (forme) et manière qui s’ensuit.

Hommes passez à gaiges de lance à cheval :

Jehan DECARREL, escuier, chief de monstre - Jehan GREVE, escuier - Thomas OUARDE, escuier - Jehan HEUDE, escuier - Richart DECERCEAU, escuier.

Archiers passez à gaiges :

Jehan BRIDON - Thomas CHATTOLK - Jehan ALLY - Jehan LUCAS - Nicolas CHEROUDE - Thomas CENEST - Jehan SAULEY - Thomas KRAY - Richart QUELLE - Robin MOULLEREY.

Lesquelles lances montans cinq, et dix archiers, sont montez et armez souffisamment.
Tesmoing nos saings cy mis, l’an et jour dessusdit.

Signé : Popham - G. Le Bouteillier ».

nb : Deux jours plus tard, toujours à Vernon, l’écuyer signera une quittance de solde pour 61 livres 19 sols et 6 deniers tournois. Ils ne sont donc partis pour Orléans que ce jour-là certainement.

DOCUMENT 3 :

Exemple de quittance de solde.

Quittance concernant William GLASDALL, autre capitaine qui séjourna aux Tourelles d’Orléans, l’un des chefs du siège.

Quittance pour 30 hommes d’armes (y compris Glasdall - que la Pucelle appelait : Glacidas) et 80 archers à cheval (du nombre des 400 lances nouvellement retenues)
2 Décembre 1428.

« Saichent tuit (tous) que je, Guillaume Glasdal, escuier, bailly d’Alençon et cappitaine de 30 lances et les archiers, du nombre des 400 lances de nouvel retenus par Mons. le Régent de France, duc de Bedfort, pour estre avec luy et servir le Roy nostres. au siège devant Orliens et ailleurs où il luy plaira.

Confessons avoir eu et receu de Pierre Surreau, receveur général de Normendie, la somme de huit cens quarante-trois livres quinze solz tournois en prest en payement des gaiges et regars de moy, 29 aultres hommes d’armes et 80 archiers à cheval, de madicte retenue, pour leur service d’ung moys à la bastide et tour du bout du pont d’Orliens, pour ung moys commençans le 19è jour de novembre derrenier passé, et dont j’ay faict monstres aujourduy, à la dicte bastide, pardevant Thomas Dirthile et Richart Fortescu, escuiers, à ce commis par mess. de Suffork (le comte de Suffolk), de Talbot et d’Escalles.

Et paiemens à moy faict, par vertu des lectres du Roy nostre seigneur, données à Chartres, le..(?) jour dudit moys de novembre.

De laquelle somme de 843 livres 15 solz tournois dessus dicte, je me tiens pour contens et bien paié, et en quicte le Roy nostre seigneur, ledit receveur général et tous aultres.
En tesmoing de ce, j’ay scellé ceste présente quictance de mon seel (sceau), à la dicte bastide, le second jour de décembre l’an 1428 ».

Sources : essentiellement d’après les bulletins de la S.A.H.O. (série ancienne) - Médiathèque d’Orléans et recherches personnelles.

Pour les sceaux, bannières, pennons et signatures des chevaliers et écuyers cités, on pourra se reporter à la Revue Moyen-Age, numéros 40 et 41, qui a consacré ces deux numéros au siège d’Orléans en 1429.
Bien que ces pièces soient pour la plupart dans des archives publiques (donc qui devraient être sans réserves utilisées par tout le monde), on a préféré de pas les reproduire dans cet article, ne sachant pas s’il y avait copyright.

Notes

[1Le sire de GRAVILLE était maître des arbalétriers.

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6 Messages

  • > Une journée au siège d’Orléans 16 mars 2007 23:29, par Alain Poullet

    J’habite à 500 mètres des ruines du château de CHARLEMESNIL dont Rouland STANDISCH

    était capitaine . Je fais des recherches sur l’histoire de ce château et je serai intéressé d’avoir plus de

    détails sur vos sources au sujet de Rouland STANDISCH (bulletins de la S H A O ? ) .

    Je connais le Ms 1482 n°73 de la BNF Nouvelles acquisitions françaises .

    Merci pour ces découvertes Alain Poullet

    Répondre à ce message

    • > Une journée au siège d’Orléans 17 mars 2007 22:10, par Jean-Pierre Bernard

      Ce sont les bulletins de la Société Historique et Archéologique de l’Orléanais, ancienne série, à la Médiathèque d’Orléans, dans laquelle j’ai puisé petit-à-petit ces renseignements au fil des pages, concernant les chevaliers anglais et anglo-normands ayant participé peu ou prou au siège d’Orléans en 1428-1429.
      Je vous livre ici les seuls renseignements que j’ai collationné au sujet du chevalier bachelier Rouland STANDISCH, venu d’Angleterre avec le corps expéditionnaire de Salisbury. Il restera en France au moins jusqu’en 1434.

      Rouland STANDISCH - Chevalier bachelier.
      Capitaine de 30 hommes d’armes à cheval, lui compris, et 90 archers, « tous natifs d’Angleterre », venus avec Salisbury.
      Endenture (contrat d’engagement) de 4 mois, le 25/11/1428, à Chartres, « pour servir au siège d’Orliens... »

      Pour le premier mois, sa troupe est mêlée à celle d’Edouard WIVRE (WYVRE), et la montre (revue militaire) des deux troupes se fait ensemble, ainsi que la quittance de solde :
      « Gaiges et regars » de lui, avec Edouard WYVRE, et 58 lances et 180 archers, pour un mois (troupe importante pour l’époque).
      Revue le 20/12/1428, devant mons. de Courcelles, chevalier, Guillaume Mineurs et Guillaume « Brouning » (Browning), écuyers, commissaires. (probablement à Chartres).
      Quittance faite d’avance, pour les deux, le 26/11/1428, pour 903 livres, 15 sols tournois.

      Pour « gaiges et regars » de :

      • 14 hommes d’armes et 45 archers, pour les 11 derniers jours de janvier, soit : 158 livres 8 sols 7 deniers tournois.
      • 15 hommes d’armes (lui compris) et 45 archers, pour service au siège, de 4 jours restant sur janvier, « pour ce que lesdits 15 hommes d’armes et 45 archiers doivent servir 5 semaines pour un moys », soit 60 livres 18 sols 4 deniers tournois.
        Soit, en tout : 219 livres 6 sols 11 deniers tournois.
        (montre : probablement le 15 janvier).
        Quittance au siège, le 15/01/1429.

      Pour « gaiges et regars » de lui, 28 hommes d’armes et 64 archers à cheval, pour le mois de février 1429.
      A 6 livres tournois par archer le mois.
      (ces 6 livres tournois indiquent que cette troupe était effectivement présente « sur place », sur les lieux du siège ou dans les environs immédiats, les archers alors présents sur ces lieux ayant obtenu une augmentation de leur solde, de 5 à 6 livres, pour cause « de vie chère » sur place).
      Montre le 3/2/1429, devant Thomas Guerart et Philebert de Mollens (probablement au siège).
      Quittance le 6/3/1429, pour 822 livres 19 sols 2 deniers tournois (en fait : erreur, il s’agit de 812 livres et non pas 822.)

      Pour « gaiges et regars » de lui, 23 hommes d’armes et 43 archers à cheval, pour service du mois de mars au siège d’Orléans. A 6 livres tournois par archer le mois.
      Montre devant Richart Waller, écuyer, bailli et capitaine d’Evreux, et maître Raoul Parker, commissaires.
      Quittance au siège, le 25/3/1429, pour 623 livres tournois.

      Pour le tout : 2.567 livres 9 sols tournois.

      Donc :

      • décembre 1428 (2 troupes) : 2 + 58 hommes d’armes + 180 archers, soit 240 hommes.
      • 25/01 à fin 01/1429 : lui + 14 hommes d’armes + 45 archers, soit 60 hommes.
      • février 1429 : lui + 28 hommes d’armes + 64 archers, soit 93 hommes.
      • mars 1429 : lui + 23 hommes d’armes + 43 archers, soit 67 hommes.
        (on n’a pas d’autres renseignements. Sont-ils restés en avril, et jusqu’à la délivrance de la cité le 7/5/1429 ?)

      Rouland Standisch et quelques autres qui servirent avec lui, avaient fait partie de la retenue de Salisbury.
      L’endenture personnelle qu’il signa, le 25/11/1428, comprenant comme effectif de base : 1 bachelier, 29 autres lances et 30 archers, soit près de 120 hommes.
      En raison du paiement qu’ils avaient reçus par avance au titre de leur ancien corps (Salisbury), ils devaient ne reçevoir que la solde mensuelle ordinaire pour quatre périodes de 35 jours, tandis que les autres seraient payés au taux habituel.
      Tous ses hommes ne furent pas résuisitionnés pour le siège. Certains restèrent peut-être à Chartres ou ailleurs. Mais pas à Charlemesnil, comme garnison, car il ne fut Capitaine de cette place qu’en octobre 1429.

      Notice biographique succincte :
      Aussi : Rawland STANDYSSH.

      • 26/10/1429 : endente avec Bedford (le régent en France) comme Capitaine de Charlemesnil.
      • avril et mai 1430 : au siège devant « Gaillart » (Château-Gaillard).
      • 3/4/1431 : retenu pour « une journée secrète » devant Louviers.
      • 1434 : bailli et capitaine d’Evreux.
        (nb : il n’aurait donc été capitaine de Charlemesnil que de fin octobre 1429 à 1434).
        Est-il reparti en Angleterre ?

      Voilà... je n’ai rien d’autre sur ce chevalier bachelier anglais.
      J’espère que cela vous renseignera quelque peu.
      Si vous avez d’autres renseignements sur cet homme, je vous serais très reconnaissant si vous m’en faisiez part, par l’intermédiaire du site.
      Merçi de l’intérêt porté à cet article.
      Cordialement.
      JP.BERNARD

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      • bonjour, Lancelot Delisle est -il d’origne normande ?

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        • > Une journée au siège d’Orléans 21 juin 2007 09:58, par Jean-Pierre Bernard

          Bonjour.
          Etant absent quelques temps, je ne réponds qu’aujourd’hui à votre message.
          Il est plus que probable, en effet, que Lancelot de LISLE ait été un seigneur normand.
          Chevalier bachelier en 1428, il fut tué au siège devant Orléans, le 29/01/1429. C’était un seigneur français rallié aux Anglais.
          Lui et son frère, au siège, se partageaient une troupe importante, pour l’époque, de 169 hommes :

          • Lancelot + 20 lances + 63 archers, soit 84 hommes, à la bastille Saint-Laurent, à l’ouest d’Orléans,
          • Henry (son frère) + 21 lances + 63 archers, soit 85 hommes, à la « bastide du bout du pont » (les Tourelles).
            En 1425, Lancelot participe à l’expédition d’Anjou.
            En 1428, il est retenu pour 40 lances et 120 archers, comme faisant partie des « 200 lances de Normandie », levées par Salisbury.
            Le 12/10/1428, il est devant Orléans.
            Le 29/01/1429, un boulet, sans doute lancé prématurément par les Français (vengeance ?) lui enlève la tête, alors qu’il revenait d’une conférence avec le capitaine français « La Hire » (Etienne de Vignolles).
            A la suite de son décès, c’est son frère Henry qui commande la troupe. Il en est officiellement le titulaire le 13/03/1429, avec les gages payés sûrement sur les finances de Normandie.

          Biographie rapide :
          Lancelot de LISLE, baron de Nonant, qualifié de « faux français ».
          1417 : commande à Lille-sous-Brullon.
          12/07/1418 : Le roi anglais Henry V lui donne le château de Nonant, élection de Bayeux, en Normandie, à charge de payer une redevance ridicule d’un glaive, à Caen, le jour de Noël.
          31/07/1423 : bataille de Cravant.
          17/08/1424 : bataille de Verneuil.
          1427 : retenu par Salisbury - En septembre : siège de Montargis.
          26/06/1428 : capitaine de Montigny et Nogent-le-Roy, en Bassigny.
          28/08/1428 : siège de Janville, en Beauce.
          29/01/1429 : tué à Orléans.
          Armoiries : « d’or au chef d’azur à trois lionceaux d’or rampant ».
          Bailli de Chartres et maréchal d’Angleterre.
          Au siège : maréchal de l’ost, chef de l’administration militaire, fonction spécifique à l’armée anglaise. Assisté d’un prévôt nommé Parker, il rendait la justice, réglait les différents avec les hommes d’armes et traitait les plaintes des marchands.
          Voilà, en quelques mots, la carrière de Lancelot de LISLE, seigneur français, normand, rallié aux anglais.
          Cordialement.
          Jean-Pierre BERNARD

          Répondre à ce message

  • Je vous remercie de vos précieux renseignements .

    J’ai une information supplémentaire tirée du fascicule :

    Société libre d’émulation , du commerce et de l’industrie de la seine inférieure .

    Documents normands conservés a Londres.

    Compte rendu d’une mission au British Museum et au Public Record Office
    par Mlle GUITARD Archiviste-paléographe.

    Rouen Imprimerie Albert LAINE 1934

    _1431 , 2 mars . _ Confirmation par Michel Durant d’une quittance de Rolland Standish à Pierre surreau , de 149 l. 1 s. 3d. ,comme gages de 9 lances et 33 archers à cheval pour quinze jours ,
    le dit Rolland ayant été retenu à Rouen jusqu’à ce que la grande tour du château de Rouen
    , tenu alors par l’ennemi , ait été recouvrée .
    Add.Ch.389-390.

    Nota :L’ année 1431 me semble être une erreur car l’attaque du château de Rouen par le français
    Ricarville se passe en 1432 .

    Salutations Alain Poullet

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