Nos poilus
Aux Boucles de la Seille : en visite aux villages ruinés de Lorraine (de mi-février à fin mai 1916), 5e épisode par Françoise et Pierre Férole, Michel Guironnet
Mi-février 1916, la 129e Division arrive dans la région de Rambervillers. La rive droite de la Seille marquait depuis l’annexion de 1871 la frontière avec l’Allemagne. C’est un secteur calme, les Allemands concentrant alors tous leurs efforts sur Verdun.
Les soldats au repos en profitent pour aller « visiter » les villages détruits de Lorraine, villages libérés par les troupes françaises lors de l’offensive de 1914.
Auguste Férole réalise alors de très nombreux clichés : Chasseurs aux travaux de retranchement ou à la corvée de vaisselle, vues des ruines des villages, rencontre avec les habitants...
Les Boucles de la Seille

- Le secteur des Boucles de la Seille
- Carte réalisée par Pierre Férole.
15 février 1916
À la mi-Février la Division est relevée par un temps affreux, mêlant tempête, pluie et neige alternées. Le 114e, dont le Cdt Desoffy de Czernek prend le commandement, compte alors 1200 combattants, répartis en 6 compagnies plus 2 compagnies de mitrailleuses.

- Autrey 23-02-16 passage du 121e BCA
Sous 10 cm de neige le bataillon cantonne à Aumontzey, puis à Autrey le 23 où il gèle fort, à Nossoncourt et Bazien le 24, Moyemont, St Genest et Romont le 25 , Clayeures le 27 (sud- sud ouest de Lunéville), Blainville le 28 , Vandœuvre les 4 et 5 Mars, Dommartemont, St Max et Malzeville le 6 , Lay St Christophe et Eulmont le 10, Sivry et Bratte le 12.

- Autrey- Docteur Vinay 23-02-1916
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- Anglemont en ruines 24-2-16 Auguste
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- Eulmont 10-03-16
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- Eulmont-Mourenas et deux fillettes-Début mars 16
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Nos poilus
Les décorations du Commandant Marmion, par Etienne Jacquet et Michel Guironnet
Etienne Jacquet m’écrit fin mai dernier, suite à la publication en novembre 2008 de mon article « Février 1916 : décoration du Commandant Marmion ».
Je suis tombé sur cet article passionnant et bouleversant en effectuant une recherche « large » sur internet dans le but d’écrire une histoire militaire de mon aïeul le Général Guillaume Alphonse MARMION.
Il était le cousin de ma grand-mère paternelle Jane BEAUMONT épouse JACQUET.
J’ai vu ces deux photos inédites, et je suis en mesure d’apporter quelques précisions et renseignements.
Il s’agit bien de Guillaume Alphonse MARMION, né le 18 juillet 1874 à Deneuille-Les-Chantelles (Allier), issu de l’Ecole Polytechnique, décédé le 09 mai 1963 à Bourges (Cher), et inhumé au cimetière communal de Deneuille.

- Elève à l’Ecole Polytechnique en 1894
Une première fille, Madeleine, décède à l’âge de 20 ans. Sa deuxième fille Germaine MARMION, qui était ma marraine, est décédée le 13 novembre 1971, et repose elle aussi au cimetière de Deneuille.
La branche des MARMION de DENEUILLE est éteinte avec la mort de Germaine, qui avait fait don de la propriété du Général à l’Association Bourbonnaise pour l’Accueil des Handicapés à Deneuille.
Cette remise de décoration est celle de Chevalier de la Légion d’Honneur, décernée le 11 janvier 1916.

- Lieutenant au 7e Régiment du Génie à Avignon en 1899
D’après le JMO du Génie de la 69e DI pour 1916 (qui a d’ailleurs été paraphé le 31 décembre par le Cdt MARMION lui-même), la remise de la croix de chevalier de la Légion d’Honneur a eu lieu le 30 janvier 1916 (et non le 20 février).
Il sera fait Officier de la Légion d’Honneur le 8 juillet 1928.
En février 1916, il est chef de bataillon (nommé le 20 février 1915), commandant le Génie de la 69e Division d’Infanterie. La division est ensuite partie pour le Mort-Homme (avec PC du Génie divisionnaire au fort de Bois Bourru)
Auparavant, comme Capitaine, il commandait la Cie 1/13 du 3e Génie, compagnie divisionnaire de la 51e Division d’Infanterie. Il terminera la guerre comme chef d’état-major du Génie de la 2e Armée. Il était titulaire de 3 citations.
Mon aïeul était également titulaire de la Croix de Guerre avec une étoile d’argent et deux étoiles de vermeil.

- Le Commandant en 1915 (après la remise de sa croix de guerre).
- Photo prise à Deneuille lors d’une permission en 1915 (après sa 1re citation du 7 janvier 1915 à l’ordre de la 51e DI, car il arbore déjà sa Croix de Guerre) en compagnie de son épouse née VANNETEL Marie Louise Rosa
Il était par ailleurs un brillant mathématicien.
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Les citations d’Antoine Theureau du G.B.D 45, par Paul Moutardier et Michel Guironnet
En hommage aux brancardiers de la Grande Guerre
« Il fait tout à fait nuit maintenant. Des voix montent de l’entonnoir. Des voix gémissantes, qui pleurent, se plaignent, appellent, supplient, se révoltent... Les voix gémissent toujours ; les cris montent et tremblent dans la nuit, tous les cris autrefois entendus : « Brancardiers ! Les brancardiers ! »... il fait très froid, une froidure d’après la pluie, terrible aux pauvres chairs lacérées. Ils crient, maintenant ; ils clament la souffrance de leur corps... Oh ! vous n’vous figurez pas, répète Petitbru. Faut que j’crie, que j’crie... Les brancardiers ! Les brancardiers !... Que j’crie encore, bon Dieu !... Petibru recommence toujours... Mais soudain, de toutes ses forces, Petitbru se met à hurler : « Je n’peux pas ! Je n’peux pas ! Brancardiers ! Oh ! mon pied ! Brancardiers ! Les brancardiers ! » Sa voix s’étrangle. Il scande, hors de lui, jetant les syllabes à coups de mâchoire enragés : « Bran-car-diers !... Bran-car-diers ! » Maurice Genevoix, Les Eparges dans Ceux de 14.

- Carte envoyé par Paul Joblot
Paul Moutardier, époux de Gisèle Theureau, la petite fille d’Antoine Theureau, a écrit pour nous ces quelques lignes en hommage à ce brancardier de la Grande Guerre.
Comme il me le précise, c’est grâce aux souvenirs racontés par Adrienne Joblot, l’épouse de Louis Theureau, fils d’Antoine le brancardier, qu’il a pu rédiger cet article.
"Sans elle, je n’aurai pu vous donner que les documents officiels. Ses souvenirs qu’elle m’a racontés et que j’ai transcrits sont très appréciés par ses petits-enfants et arrière petits-enfants".
J’ai simplement ajouté à son texte quelques développements destinés à mieux comprendre les lieux et les circonstances des faits racontés.
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Vient de paraître
Fusillés, enquête sur les crimes de la justice militaire, par Jean-Yves Le Naour
Présentation par l’éditeur : Là-bas, aux abords de Souain, en mars par un froid matin, ils ont assassiné mon papa... écrit la petite Jeannette, dont le père, le caporal Maupas, est fusillé le 17 mars 1915.
Fusillé aussi, François-Marie Laurent, pour ne connaître que le breton et n’avoir pas compris les ordres qu’on lui donnait en français. Fusillé, Jean Jaeglé, pour avoir porté presque le même nom qu’un espion allemand. Fusillés, les soldats de Verdun accusés par un médecin trop zélé de mutilations volontaires...
De 1914 à 1918, plus de 2 300 soldats français ont été condamnés à mort, et 600 environ effectivement exécutés. Le plus souvent, dans un seul but : galvaniser l’énergie des troupes. Dans la plupart des cas, l’effet produit fut exactement inverse, l’écœurement et l’indignation de leurs camarades éclatant au grand jour devant des condamnations aussi arbitraires.
Alertées, informées et encouragées par les récits de ces compagnons d’infortune, parfois bien postérieurs aux faits, les familles ont cherché, dans l’entre-deux-guerres, malgré la honte qu’elles ressentaient et les pesanteurs administratives, à réhabiliter ces hommes morts pour rien.
À travers archives et témoignages, cet ouvrage poignant de Jean-Yves Le Naour, historien reconnu de la Première Guerre mondiale, est un monument à la mémoire de cinquante victimes d’une machine militaire devenue inhumaine.
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Plus d’infos sur le site de l’éditeur
La semaine prochaine : La Normandie américaine
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Jouons un peu...
Citation
Qui est l’auteur de cette citation ? (Réponse la semaine prochaine)

« Les plus courtes erreurs sont toujours les meilleures. »
La réponse à la citation de la semaine dernière :
« On prend les bœufs par les cornes et les hommes par les paroles. »
Il s’agissait de Antoine Loisel (1536 - 1617), in Institutes coutumières.
Personnage mystère
Qui est ce personnage ?
Fille d’un officier français de religion luthérienne, elle se lie d’amitié dans son enfance avec la princesse Dorothée de Wurtemberg, dont la famille tenait sa cour à Montbéliard. Elle a tenu un journal intime dont elle a tiré à la fin de sa vie des Mémoires fort attachants et d’une grande précision, qui ont été édités en 1853 par son petit-fils, le comte de Montbrison.
Alors de qui s’agit-il ? (Réponse la semaine prochaine)
La réponse au personnage mystère de la semaine dernière : Né sur les bords de la Seine, cet homme de théâtre, romancier, critique littéraire, pratique volontiers le genre du songe. Son chef-d’œuvre, unique en son genre, nous permet de découvrir les nuits du Paris populaire de la fin du XVIIIe siècle. C’est un témoignage engagé et un travail d’historien et de sociologue. Il s’agissait de Louis-Sébastien Mercier (1740 - 1814).
Toutes les réponses aux questions seront données la semaine prochaine sur cette page (merci de ne pas m’envoyer vos réponses par mail ni de répondre par le formulaire au bas de cette page).
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Sur la Toile
Connaissez-vous l’église Saint-Pierre d’Aulnay ?
Il est rare de trouver sur wikipédia une page aussi bien documentée et très développée sur un sujet. Celle sur l’église de Saint-Pierre d’Aulnay est remarquable et mérite le détour.

- La visite de l’édifice s’effectue pierre par pierre, image par image.
L’église Saint-Pierre (officiellement Saint-Pierre de la Tour) est la principale église paroissiale de la commune d’Aulnay, un chef-lieu de canton dans le nord-est du département de la Charente-Maritime.
Édifiée sans doute au cours des années 1120-1140 à la demande des chanoines de Poitiers, elle s’élève sur un site occupé à l’époque gallo-romaine par un temple païen, puis par au moins un sanctuaire chrétien.
Durant une partie du Moyen Âge, elle est une étape pour les pèlerins en partance vers Saint-Jacques-de-Compostelle, avant de sombrer dans une certaine léthargie au cours des siècles suivants. Redécouverte au cours du XIXe siècle, elle est parmi les premiers édifices français à obtenir un classement aux Monuments historiques en 1840.
Étape remarquable sur la route des Trésors de Saintonge, elle est avant tout l’un des quatre sites du département à être inscrits au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France.
Située aux confins des diocèses de Saintes et de Poitiers, Saint-Pierre d’Aulnay tient à la fois de l’art roman poitevin et saintongeais, et doit sa réputation à la richesse de son décor sculpté et à l’équilibre de ses proportions.
Me signaler un site ou un article intéressants publiés sur le web
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Sur votre agenda
Versailles photographié 1850-2010
Hommage à Versailles et à la photographie, 26 janvier - 25 avril 2010, Galerie de pierre haute.
Le château de Versailles renouvelle son rendez-vous avec la photographie. Versailles photographié rassemble environ 150 clichés de photographes reconnus qui ont, depuis les débuts de cette technique, porté leur regard sur le Château pour en saisir la beauté et les multiples facettes.

Fort du succès des expositions Versailles à l’ombre du soleil et La guerre sans dentelles, le château de Versailles renouvelle son rendez-vous avec la photographie. Versailles photographié rassemble environ 150 clichés de photographes reconnus qui ont, depuis les débuts de cette technique, porté leur regard sur le Château pour en saisir la beauté et les multiples facettes.
La galerie de pierre haute devient ainsi une véritable galerie de photographie accueillant les clichés de grands artistes ayant marqué l’histoire de leur discipline tels qu’Eugène Atget, Man Ray, Brassaï, André Kertész, Jacques-Henri Lartigue, Dora Maar, Robert Doisneau, Henri Cartier-Bresson... ainsi que des grands noms de la photographie contemporaine : Robert Polidori, Raymond Depardon, Jean-Loup Sieff, Michael Kenna, Jun Shiraoka, ou encore Luigi Ghirri.
L’Exposition propose, autour de quatre grands thèmes, une réflexion sur l’image du lieu à travers le temps. « Versailles au coeur de l’histoire » montre le Château en tant que théâtre de grands événements historiques. « De pierre, de marbre et de soie » s’attache à mettre en valeur la magnificence de l’architecture des bâtiments, tout en évoquant les appartements plus intimes, contrastant avec l’aspect monumental du lieu. « La nature maîtrisée » présente tour à tour une vision onirique, poétique, stricte ou austère du parc. Enfin, « Rêver Versailles » rend hommage aux visiteurs et aux différentes mises en scène qu’inspirent ces lieux exceptionnels. Le parcours de l’exposition est aussi bien un hommage au Château qu’à la photographie.













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