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L’œuvre des saines vacances lyonnaises ou caravane scolaire


jeudi 8 octobre 2009, par André Vessot

C’est sous l’impulsion de l’abbé Edouard Paradis (1881-1915) que naît l’œuvre des Saines Vacances Lyonnaises ou Caravane scolaire. Chaque année un groupe de jeunes Lyonnais partait ainsi à l’aventure sur les sentiers de montagne. Avec d’autres enfants, mon père a fait cette expérience extraordinaire qui a donné un sens à sa vie.


Sur les traces de Bion, pasteur protestant de Zurich, se développe en France le mouvement des colonies de vacances, un mouvement à trois branches : charitable, laïc, catholique. L’église catholique arrive en dernier, s’appuyant sur son puissant réseau d’institutions charitables, en particulier les conférences Saint Vincent de Paul et les patronages de paroisses. Albert de Mun crée l’Association Catholique de la Jeunesse et la première colonie de patronage catholique apparaît à l’initiative de l’abbé de Pitray, responsable du patronage de St-Sulpice.

« L’œuvre des Saines Vacances », fondée en 1899 par M. de Lassuchette, directeur du patronage et du cercle ouvrier de Vaugirard, à Saint-Laurent-sur-mer en Normandie, était ouverte aux enfants des diverses œuvres et écoles parisiennes. Les enfants de la Maison Blanche et de Notre Dame du Travail de Plaisance en étaient alors les colons.

Colonie Notre dame de Bellecombe

C’est justement à Saint- Laurent-sur-Mer, avec de jeunes parisiens, que l’abbé Paradis [1] fit ses débuts dans ce genre d’apostolat. Plus tard, au cours de ses deux années de théologie aux Facultés catholiques de Lyon, il consacre ses loisirs aux enfants d’une paroisse nouvelle et prospère de faubourg, Notre dame de Bellecombe. Tous ses jeudis, avec une régularité sans défaillance, il les passe dans la cour ou dans les salles du patronage ; et, l’été venu, c’est encore lui qui organise, installe et dirige la colonie paroissiale dont il fut le fondateur [2], dans quelques villages des Alpes, Domessin ou Saint Pierre-d’Albigny, en Savoie.

La caravane

L’abbé Paradis ne s’arrêta pas là, tout en appréciant et en utilisant largement ce qui avait été fait avant lui, il sut faire du nouveau : il fonda la caravane. Cette œuvre, qui fut son œuvre de prédilection, avait un recrutement de fortune. Elle s’adressait aux enfants et aux jeunes gens - jeunes étudiants, jeunes employés de préférence - qui, ayant entendu dire qu’elle existait, désiraient en être et se faisait agréer par le directeur. Formalité facile, car on y était admis, comme au festin de la parabole évangélique, sur la seule recommandation de la robe nuptiale, qui était en l’espèce celle de l’honnêteté. Si le candidat était pauvre, des parrains et marraines pourvoyaient à ses besoins.

Ainsi, depuis l’année 1908, s’organisait chaque année, au mois d’août, une communauté originale, ne dépassant pas trente membres, qui s’en allait cheminer quinze jours durant , à travers les Alpes. La petite troupe partait un beau matin, sac au dos, coiffée du béret blanc, les cannes ferrées battant le pavé et le fanion tricolore flottant au vent.

Mon père habitait dans le quartier des Brotteaux, à la limite de la paroisse Saint Joseph, voisine de Notre Dame de Bellecombe. Ses parents avaient entendu parler de l’abbé Paradis et de la caravane. C’est donc tout naturellement que sa mère l’inscrivit pour la Caravane de 1911. Mais je vais laisser le soin à mon père de parler de cette première expérience.

C’est le cœur bien gros, n’ayant jamais quitté mes parents, qu’un matin du mois d’août 1911, je partais pour 15 jours avec une vingtaine de camarades que je ne connaissais pas. Nous étions sous la direction d’un prêtre ardent, qui, quelques semaines plus tôt, était un inconnu pour moi.

Nous devions aller, à pieds, sac à dos, de Chambéry à Grenoble. L’appréhension du début fut bien vite dissipée, un esprit vraiment familial régnant parmi nous. cette quinzaine de vie errante à travers forêts, vallées, glaciers, cols ou sommets, devait laisser en mon âme une impression profonde et me donner pour toujours l’amour de la montagne … [3].

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Bulletin de l’oeuvre des Saines Vacances Lyonnaises

Sources :

Archives familiales :

- Bulletins de la caravane (1912-1955)

- Cartes postales de l’œuvre des saines vacances lyonnaises et photographie provenant de la collection de mon père.

- « L’abbé Edouard Paradis », biographie écrite en 1917 par l’abbé Etienne Bornet, Directeur du petit séminaire St Jean et l’un des animateurs de la caravane.

Notes

[1] Vicaire de la paroisse Saint André à Lyon, aumônier divisionnaire, décoré de la croix de guerre, mort pour la France

[2] en 1904.

[3] Extrait d’une lettre publiée dans le journal de la caravane N° 59 de janvier 1934.

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8 Messages de forum

  • L’oeuvre des saines vacances lyonnaises ou caravane scolaire

    10 octobre 2009 09:21, par Daniel PANIER

    Bonjour
    Il y a bien d’autres colonies, dans les patronnages de paroisse,à Hermeville en Htes Normandie,dirigé par les aumoniers de « la paroisse Ste Cécile » du Havre.
    J’ai un projet d’accompagnateur avec « APF-EVASION » ;
    pour accompagner des handicapés,ce serat maintenant pour 2010 en compagnie d’un délégation de la Seine-Maritime, des
    Paralyses de France. De quoi continuer ma vie associative,
    dans une ambiance familiale.

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    • L’oeuvre des saines vacances lyonnaises ou caravane scolaire 10 octobre 2009 12:31, par André Vessot

      Merci pour votre message et pour votre témoignage. Effectivement cent ans après cette expérience de la Caravane, il y a d’autres projets qui se mettent en route, ce qui est plutôt encourageant. En tout cas bonne chance pour votre projet d’accompagnateur avec « APF-Evasion ».

      Bien amicalement.

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  • L’oeuvre des saines vacances lyonnaises ou caravane scolaire

    10 octobre 2009 09:56, par Claude Galley

    Collectionneur de cartes postales, j’en ai 6 qui s’intitulent « Colonie Lyonnaise à Gex (Ain) 1909 »
    cartes éditées par Eug. Deloche, 1, rue Fénelon, Lyon.
    Les enfants ont tous un énorme béret blanc et sur chaque carte, il y a deux ou trois vues avec des groupes d’enfants de 10-12 ans.

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    • L’oeuvre des saines vacances lyonnaises ou caravane scolaire 10 octobre 2009 12:39, par André Vessot

      Bonjour,

      Je ne sais pas s’il y a un lien entre vos cartes postales et la colonie Notre dame de Bellecombe ou l’Oeuvre des Saines Vacances Lyonnaises. En tout cas ce grand bérêt blanc était porté par les caravanistes, l’était-il par d’autres colonies, j’espère que ce forum permettra d’élucider la question.
      Bien cordialement.

      André

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  • L’œuvre des saines vacances lyonnaises ou caravane scolaire

    20 octobre 2009 19:20, par Fraisse Daniel

    Bonjour, Je suis intrigué par votre article sur la caravane. Je voudrais savoir si la caravane dont s’occupaient Mgr Bornet et le Pére Gellerat à une autre époque est bien celle fondée par le Père Paradis.
    Merci
    Daniel

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    • L’œuvre des saines vacances lyonnaises ou caravane scolaire 20 octobre 2009 23:02, par André Vessot

      Bonjour,

      Effectivement il s’agit bien de la même caravane. Avez-vous quelqu’un de votre famille qui ait participé à la caravane avec Mgr Bornet et le Père Gellerat ? Cordialement.

      André

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      • L’œuvre des saines vacances lyonnaises ou caravane scolaire 21 octobre 2009 09:39, par Fraisse Daniel

        Bonjour,
        Je pensais qu’il s’agissait bien de La Caravane à laquelle j’ai participée une année vers 1953. J’avais alors 14 ans environ. J’ai un souvenir inoubliable et un seul regret j’avais été jugé trop jeune pour faire l’ascension de la Jungfrau.
        En fait j’ai connu Mgr Bornet. Le Père Robert Gellerat était mon grand-oncle, ma mère étant la fille d’Eugéne son frère jumeau.Je consulterais volontiers les bulletins de la Caravane si c’était possible.
        Cdt
        Daniel

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        • L’œuvre des saines vacances lyonnaises ou caravane scolaire 21 octobre 2009 13:02, par André Vessot

          Bonjour,

          C’est assez amusant de retrouver un ancien caravaniste. Je comprends que vous ayez gardé un souvenir inoubliable de votre participation à la caravane, car pour mon père aussi ces deux années à la caravane ont marqué toute sa vie. A tel point qu’étant adulte, en 1934, il fonda avec quelques amis « La Caravane de Montchat ». En 1935 il fait l’ascension du Mont-Blanc avec quelques caravanistes, le bulletin n° 63 de la Caravane relate cette ascension. Il est resté en contact régulier avec le Père Bornet, qui n’était alors pas encore évêque ; c’est d’ailleurs lui qui a marié mes parents en 1926.

          Je crois aussi qu’il y avait à la caravane cet esprit de famille, jusque dans les surnoms des responsables : le Papa, la Maman, la Nounou.

          En feuilletant les anciens bulletins de la caravane, je suis tombé sur le n° 88 de juin 1954 qui décrit le projet d’itinéraire de la caravane de 1954 dans l’Oberland Bernois. Sans-doute est-ce l’année où vous y avez participé.
          Dans le même numéro il y a un article sur le jubilé sacerdotal du Père Gellerat, votre grand-oncle.

          Pas de problème pour consulter les anciens numéros du bulletin, je vous contacterai directement hors forum.

          Bien cordialement.

          André VESSOT

          Répondre à ce message

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