7 avril 1789, Gilles préside l’assemblée, au banc d’œuvre, convoquée après vêpres au son de la cloche : le général de la paroisse. Un général exceptionnel, puisqu’il s’agit de dire, entendre et écrire, les plaintes et doléances des habitants de Vezin.
— Dites ! Maît’Gilles… J’y comprends pas grand-chose à tout c’remue ménage. Pourquoi don qu’not’bon roi Louis, qu’a tant d’connaissances et n’a qu’faire de l’opinion d’un pauvre hère comme moi, veut-y absolument nous faire parler ?
— Parce que le royaume croule sous les dettes, Jacques, et toutes les tentatives de réformes du gouvernement ont échoué jusqu’à présent.
— C’est qu’c’est nous qu’on renflouera les caisses ?
— Mais non, grand Jacques ! n’aies de craintes ! Au contraire, il vaudrait mieux répartir les charges et faire payer les plus riches. C’est bien pourquoi, les privilégiés qui ont tout à perdre dans les changements font tout pour les empêcher.
— C’est qui ces privilégiés qu’empêchent le roi à c’point ?
— Vous souhaitez répondre, monsieur le curé ?
La réponse du recteur Pierre Ruault, complétée par Gilles Morinays, syndic de la paroisse, extrait de « Laboureurs d’espoirs » lu par l’auteur :
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