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L’écriture d’une trilogie familiale (1re Partie)

« Des vies & des guerres (1888-1962) »


jeudi 17 mars 2011, par Alexandre Dumont-Castells

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Premier article sur « Comment écrire une histoire de famille ? »

Au moment où tout le monde est noyé sous le flot de la médiatisation et de l’information à outrance ; il devient très difficile de ne pas être influencé par la vague mondialiste qui nous baigne au sein même de la mare « planète village ». À moins d’appartenir à une congrégation religieuse recluse, de mener une vie monacale ou s’y rapprochant (tels des exilés du Larzac ou d’ailleurs). Si tout nous paraît à porter de main, « pratique » (devrai-je plutôt dire : à porter de « clic de souris ? »), pour nous informer ; la standardisation et la banalisation de nos existences - par ce vecteur qu’est le net - poussent la plupart des plus exigeants à vouloir s’extraire, à comprendre, à se marginaliser, et à se resituer dans ce monde en perpétuelle mouvance, presque « uniforme » et « aseptisé ».

Peut-être inconsciemment, est-ce aussi la raison pour laquelle ces nombreuses personnes s’intéressent à la généalogie et cherchent aujourd’hui à retrouver leurs origines et leurs racines ? En manque d’identité personnelle, leurs interrogations deviennent tout autant légitimes.

Bref, notre subconscient essaie désespérément de briser ce modèle de normalisation imposée par nos sociétés, afin que nous affichions aux yeux de tous, librement, une différence distincte et reconnue (...)

Si à l’origine notre diversité est une règle naturelle et fondamentale de l’humanité, des règnes animal et végétal. Nul n’a besoin d’être plus explicite, car cette règle se retrouve par de nombreux exemples dans notre environnement direct.

Le phénomène « tatouage » en est une des plus belles expressions. Autrefois, si celui-ci traduisait une différence marquée, volontaire, de l’individu ; elle aboutissait à sa marginalisation forcée par une société très codifiée ; aujourd’hui, cette modification corporelle est entrée dans les mœurs, car « banalisée ». Elle s’y est intégrée, car elle est devenue un moyen de matérialisation de la pensée, des états d’âme ou du cœur de l’individu en quête d’identité. L’afficher, c’est montrer à tous sa façon différente d’être. De sorte que si l’engouement pour le tatouage n’a de cesse d’augmenter ; ceux et celles qui n’ont jamais été marginalisés le deviendront par le fait de ne pas être « stylé » ou « branché » par cette modification physique ; qui, quoi qu’elle en soit - se standardise et se démocratise. Devenant à son tour ainsi l’objet d’une mode normative... Mais, avez-vous constaté aussi le nombre impressionnant de jeunes individus se promenant dans les rues de nos villes et qui porte sur le nez - en guise de mode... « Uniforme » - une nouvelle « vieille » paire de lunettes remise au goût du jour, de marque R.. B.. (Comme les « Raies » du soleil, mais écrit « AY », et comme « Bang » avec le « G » final prononcé en moins) ? À les voir être influencés par le diktat des médias de la mode, cette originalité qui se voulait novatrice les verse déjà dans un futur moule standardisé - et éphémère - de société.

Cet exemple de standardisation n’est pas unique ; bientôt, ils rouleront aussi avec le même vieux modèle – ou un prototype « néorétro » - de « Ford Gran Torino » (Bien que j’apprécie aussi cette voiture) parce que ce sera « tendance », et parce qu’une carrosserie blanche est un ton qui est moins onéreux à l’achat qu’une couleur quelconque de peinture. Ce qui répond tout à fait au syndrome de restriction budgétaire qui se standardise tout autant et qui affecte tout le monde et toutes les sociétés de la « planète-village ». Vous allez me dire pourquoi alors un tel discours introductif pour évoquer l’écriture d’une trilogie familiale ? Je vous répondrai qu’eh bien, justement... Ce travail de labeur, fastidieux donnera peut-être l’envie à beaucoup d’en faire de même, mais qu’il gardera toute son originalité par la somme conséquente de recherches préparatoires, d’objectivité, et l’exercice de style produit qu’il demandera à chacun. Certes les biographies détaillées déjà publiées sont nombreuses. Mais en éditer plusieurs en considérant une seule et même famille sur plusieurs générations et à travers les guerres contemporaines européennes... C’est beaucoup plus exceptionnel.

Mais revenons plutôt à la généalogie, domaine que je connais un petit peu mieux pour la pratiquer au quotidien. Quelles que soient les années passées à chercher, un constat demeurera toujours le même : « Une vie sera toujours bien trop courte pour parvenir jusqu’à ses fins ». Je ne vise pas à décourager les nouveaux chercheurs, surtout retraités (généralement c’est pendant la retraite que l’on peut s’y consacrer), dans ce vaste champ de recherche ; mais plutôt à les inciter à se rapprocher de groupes, d’associations et autres (sur internet ou non) pour progresser en commun, partager ses données et... gagner du temps pour atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés dès le départ. Car le problème est bien là. Il faut, à courte échéance, se donner une ou des problématiques sur son histoire familiale pour la réaliser. Tout d’abord, on pourra se demander : « Qui sont nos parents ? Suis-je issu de la même famille souche DUMONT que la famille DUMONT installée en Normandie à Rouen depuis le début du XXe siècle, etc. ».

L’écriture d’une histoire de famille et sa généalogie commence par celles de ses proches ascendants (parents, grands-parents et arrière-grands-parents). Ils sont le tronc et les premières branches solides du corps de l’arbre généalogique. Les branches montantes seraient plutôt leurs ancêtres et les vôtres. Les racines seraient celles de votre descendance et celle de votre fratrie. En fonction des descendances, l’arbre familial [1] s’ancre fermement au sol permettant aux plus hautes branches de survivre à travers le temps. À l’inverse, les racines meurent alors, c’est un arbre qui meurt et malheureusement... il s’effondre. Écrire leurs biographies en recueillant leurs témoignages et en retranscrivant vos propres souvenirs est la première des étapes, celle de sauvegarder la Mémoire familiale. Elle est très fragile et éphémère.

La quête de l’ascension généalogique n’est plus pressée. Elle a déjà souffert de la disparition de ses propres Mémoires familiales, et ce, avant même nos propres naissances. Elle peut encore attendre quelques décennies ; elle sera toujours étudiée, et peut-être même au moment où cette feuille est écrite quelqu’un œuvre déjà pour vous sans que vous en sachiez quelque chose. Le résultat publié (sur un site internet) sera forcément la clé de vos attentes et la réponse à vos interrogations.

Beaucoup d’articles ont été écrits par des confrères et des consœurs pour justifier de l’évidence de nos recherches et pour conclure sur ce que La Bruyère savait déjà à son époque : « On descend tous d’un roi et d’un pendu ». Je le confirme ; moi - qui entre le XVIIe et le XXe siècle - suis issu « fièrement » (comme beaucoup) de la roture ; je valide et je prouve aussi, qu’avant le XVIIe siècle, par des sources objectives (en dehors de nombreux faux nobiliaires) avoir du sang noble tout comme nos têtes couronnées ou prétendantes en Europe. Comment expliquer cela ? Par le phénomène même des implexes en généalogie. Ils vous concerneront à un moment donné, lors de vos travaux, et vous vous apercevrez alors que si vous êtes issu ethniquement parlant de la vieille Europe - ou si du moins, par le jeu des métissages familiaux, vous avez au moins un ancêtre européen - ; vous aurez tout autant de chance de descendre de Charlemagne et encore plus de Marc-Antoine et de Cléopâtre... La finalité d’une de vos origines côté paternel ou maternel (voire les deux) sera certainement celle-ci. La maxime de La Bruyère se révélera exacte.

Ayant essentiellement répondu aux problématiques que je me suis fixé à moyen terme en généalogie ; grâce à cet outil de recherche, j’ai pu retracer le fil conducteur menant vers mes origines. L’histoire de mes ancêtres illustres ayant été généralement écrite dans les manuels scolaires et les encyclopédies ; nul besoin de m’attarder sur leur biographie. Bien que la rédaction de ceux issus de la petite noblesse médiévale provinciale soit des plus délicates à écrire... faute de témoignage recueilli de leur vivant. Mais que voulez-vous, l’Homme n’a pas encore inventé la machine à remonter le temps ; il faudra bien se contenter uniquement des informations collectées sur leur vie à travers les minutes notariales (et oublier celles issues de la tradition orale qui auraient pu être transmises de génération en génération jusqu’à moi). Ce qui est déjà pas mal. Pour les plus modestes de nos aïeuls (souvent issus du monde agricole), il faudra se borner à un nom et un prénom voire une profession.

Avec le XIXe siècle, les archives parlent beaucoup plus et regorgent de renseignements et de détails. La rigueur est de règle comme aujourd’hui d’ailleurs. Mais un problème demeure : celui d’enrichir sa généalogie à partir des souvenirs et des témoignages oraux de nos aïeuls. Si cela devient possible à dater de nos arrière-grands-parents (faut-il encore avoir la chance de les avoir questionnés bien assez tôt sur leur vie et sur leurs souvenirs ou que les générations suivantes soient suffisamment objectives pour le faire à leur place en cas de décès prématuré). Généralement, on s’aperçoit alors que si la généalogie peut être une interrogation majeure pour les familles ; en revanche, elle n’est pas le fait principal ; elle serait tout au plus complémentaire et un outil secondaire pour la restitution de la Mémoire familiale proche. C’est-à-dire, celle de nos plus proches parents. Cette Mémoire suscite d’autant plus d’intérêt que souvent des questionnements émergent lorsque les générations précédentes ont été confrontées à un événement particulier et/ou général. C’est notamment le cas à travers les derniers conflits ; d’ailleurs à ce sujet, il n’y a qu’à constater le nombre phénoménal d’ouvrages, de biographies et de témoignages relatif à la Première Guerre mondiale et à la Seconde. Alors qu’ils sont beaucoup plus relatifs pour la période de la guerre française liée à l’Algérie (1954-1962). Les vétérans sont pour la plupart encore en vie ; de même que ceux de l’Indochine et si un de vos parents ou grands-parents les ont vécus alors... tous à vos enregistreurs, car outre la Mémoire familiale ; ils intéressent aussi la Mémoire collective !

I - Comment ai-je rédigé mon histoire familiale et à partir de quelle trame ?

Elle succède déjà à la prise de conscience personnelle et à la volonté objective de vouloir rédiger un travail fastidieux d’Historien, de vrai détective, et ce, quelle que fût l’existence de nos aïeuls (en bien ou en mal). Malheureusement, j’ai eu une prise de conscience assez tardive (vers 1995) au moment où ne subsistait plus que la génération de mes grands-parents paternels et maternels et celle de mes parents. La priorité était de recueillir les témoignages directs des intéressés. Sachant qu’il fallait le faire promptement et convaincre, car la Mémoire familiale est fragile et éphémère.

Mais avant de lancer cet immense chantier, j’ai essayé tout d’abord de structurer mes propres souvenirs d’enfance en période chronologique et par génération d’anciens. Ce qui en est principalement ressorti est que parents, grands-parents et arrière-grands-parents m’ont transmis de brefs souvenirs et anecdotes des moments forts de leur propre existence qui avaient pour dénominateur commun le thème de la guerre. Ce qui sous-tendait qu’aussi bien du côté des femmes que de leur époux ancien militaire sur les nombreux fronts (1914-1918, 1936-1939, 1939-1945, 1954-1962), il y avait une masse de données à recueillir.

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Généalogie des Combattants (1870-1962)
Arbre généalogique des Combattants avec légende

Pour lire la suite : L’écriture d’une trilogie familiale (2e Partie) : « DES VIES & DES GUERRES (1888-1962) »

Voir en ligne : « Des Vies & des guerres (1888-1919) - Les colombes ne sont pas toutes innocentes »

Notes

[1C’est ainsi que je me le représente.

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