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L’insolite cause de décès d’un ancêtre ou comment « mourir de nostalgie »...


jeudi 7 février 2013, par Olivier Sabot

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Il y a des notions qui évoluent avec le temps. Souvent d’ailleurs, les années rendent les choses plus douces et plus anodines. C’est le cas de la nostalgie. De nos jours, il s’agit d’un état où l’on pense en rêvant à un passé heureux, mais il y a 200 ans, c’était une maladie mortelle...

En ce qui me concerne, le XIXe siècle rime pour moi avec la grande période du romantisme. Les noms de Chopin, Liszt, Flaubert, de Nerval, Lamartine, etc. me viennent spontanément à l’esprit à l’évocation de cette période.

Pour la plupart des gens, le romantique du XIXe siècle est cet homme capable de mourir d’amour car son aimée est partie ou cette femme tombant en pâmoison devant les déclamations enflammées de son jeune amant.

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Mais derrière cette image d’Épinal se cache une réalité souvent plus terrible car on parle bien de mort.


1) Mourir de Nostalgie

Cette semaine, j’errais sur les registres d’état-civil de la commune de Beauvais pour tenter (en vain pour le moment) d’y retrouver les traces d’une de mes ancêtres, Victoire Comedé, décédée en cette commune sous la Révolution. et puis je suis tombé sur ça :

Du vingt-deux janvier mil huit cent treize

Copie d’un acte de décès transmis par monsieur l’Économe de l’Hôpital Militaire de la ville de Calais au Maire de Beauvais

Commune de Calais
Hôpital militaire de Calais

Du Registre des décès dudit hôpital a été extrait ce qui suit :
Le sieur Crespin Eugène, fusilier à la deuxième Compagnie de la Quarante-septième Cohorte du Premier ban de la Garde Nationale, âgé de vingt-deux ans, natif de Beauvais, département de la Seine Inférieure, est entré audit hôpital le treize du mois de Novembre l’an mil huit cent douze et y est décédé le six du mois de Janvier mil huit cent treize par suite de Nostalgie.
Je soussigné, Économe dudit Hôpital, certifie le présent extrait véritable et conforme aux registres des décès dudit hôpital.
Fait à Calais le six du mois de janvier mil huit cent treize signé Jandau

Nous Commissaire des Guerres, chargé de la police de l’hôpital militaire de Calais certifiions que la signature ci-dessus est celle de Monsieur Jandau, Économe et que foi doit y être ajouté (...)

J’ai cru halluciner : ce jeune homme, Eugène Crespin, était mort le 6 janvier 1812 ... de Nostalgie !

Passé mon étonnement, j’ai voulu en savoir plus car, en généalogie, la curiosité est un bon défaut ...

Commençons par le commencement.

2) Où ce jeune homme était-il affecté ?
Dans l’acte il est écrit qu’Eugène Crespin était affecté comme Fusilier à la 2e Compagnie de la 47e Cohorte du Premier Ban de la Garde Nationale à Calais.

J’avais oublié à quel point l’Empire s’inspirait des termes militaires Romains ...

Un peu d’histoire :

Le décret du 12 novembre 1806 a rétabli les Gardes Nationales. Tous les Français valides de 20 à 60 ans sont susceptibles d’être appelés pour le service de la Garde Nationale.

Les soldats du Premier Ban ne doivent pas sortir du territoire et celui-ci est exclusivement destiné à la garde des frontières, à la police intérieure et à la conservation des grands dépôts maritimes, arsenaux et places fortes.

Une Cohorte était composée de 10 Compagnies de 100 Gardes Nationaux.

Dans le cas d’Eugène Crespin, il est donc logique qu’il soit à Calais, qui était un arsenal important sous l’Empire. Son grade de Fusilier montre qu’il était un soldat de base, sans expérience particulière.
Par ailleurs, le fait qu’il soit dans le Premier Ban devait lui permettre de rester sur le territoire Français. Peut-être que cette affectation avait été dictée par un état psychologique fragile ?

3) La Nostalgie n’est plus ce qu’elle était ...
Il y a ensuite les causes de sa mort.

Au début du XIXe siècle les connaissances en psychiatrie étaient relativement succinctes mais cependant, on arrivait à donner des noms à certains comportements sortant de l’ordinaire.

Une étude canadienne donne à ce titre une information très intéressante :

« La nostalgie est classée parmi les névroses cérébrales : c’est une sorte de monomanie qui est commune chez les soldats et les marins nouvellement incorporés. Les habitants de la Suisse, de la Bretagne, de tout l’ouest de la France, des rives du Rhin, en sont souvent affectés, tandis qu’elle est plus rare chez les Savoyards et les Auvergnats. Cette maladie, que la certitude seule de pouvoir bientôt retourner au pays a souvent guérie instantanément, peut quelquefois cependant entraîner la mort ; son traitement est tout moral : on prescrit au malade de l’exercice, de l’occupation, des distractions de tout genre ; en cas d’insuccès, le seul remède vraiment efficace, le retour au foyer natal. Un ordre ministériel a prescrit récemment aux chefs de corps d’accorder des congés à tous les militaires atteints de nostalgie. » (M.-N. Bouillet, Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts..., Paris, Librairie de L. Hachette et Cie, 1857)

Ainsi il s’agit d’une maladie qui était très prise au sérieux par les militaires.

Dans le cas d’Eugène Crespin, qu’est ce qui a pu causer cette Nostalgie ? Le fait de quitter un être cher ? Était-ce un homme fragile psychologiquement qui n’était pas prêt à quitter sa famille ?

Il faut dire que nous sommes en 1812-1813. Même si les personnes de cette époque ne le savent pas encore, la fin de l’Empire est proche et en tout cas la conscription est de plus en plus mal vécue. Des informations arrivent donnant des nouvelles terribles sur ces batailles rangées où des milliers d’hommes meurent sous le feu ennemi.

L’Empire est enlisé en Espagne et la Campagne de Russie qui est en cours se passe mal.

On peut donc imaginer un jeune homme qui vient d’atteindre l’âge de la conscription mais qui ne veut pas partir car il sait que le service dure des années et il sait sans doute aussi que les guerres sont de plus en plus meurtrières. Il est toutefois trop pauvre pour pouvoir se faire remplacer. Il doit donc partir mais rapidement, il a le mal du pays et il est alors frappé de Nostalgie.

Son mal dure un peu moins de 2 mois et le 6 janvier 1813 il meurt. Est-il mort de tristesse ? S’est-il suicidé ? Nous n’en savons pas plus, mais une chose est sûre, sa vie s’est achevée là où, a priori, il ne risquait rien...

Et vous, avez-vous rencontré des cas aussi étranges dans vos recherches ?

Voir en ligne : Mourir de nostalgie

P.-S.

Ces découvertes faites au hasard des recherches nous montrent que dans le passé, les hommes étaient fragiles et sensibles, même si ce qu’il nous reste d’eux ne se résume souvent qu’à quelques actes d’état-civil ...

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35 Messages

  • Merci Olivier de nous faire partager cette découverte faite aux archives communales de Beauvais. C’est d’autant plus intéressant que l’on parle rarement des maladies mentales, qui sont pourtant une triste réalité, aujourd’hui comme hier. Vous avez su situer cette cause de décès dans la grande histoire.
    Bravo donc.
    Bien cordialement.

    André Vessot

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  • Ma grand-mère méridionale née en 1875 enployait ce terme « mourir de nostalgie » ou « mourir de langueur » pour ce qui équivaudrait de nos jour à la tuberculose...

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  • j’ai aussi un décès par nostalgie, en 1843 à l’hopital des hommes de Buenos Aires, marin déserteur, décédé de nostalgie (ou dépression) 9 ans après sa désertion après être devenu cocher
    (acte en argentin)(NB origine cauchoise, marin au commerce du Havre)
    cordialement
    P Vigan

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  • Bonjour,
    Lors de mes errances dans les registres paroissiaux, j’ai croisé au 18e, me semble-t-il,une toute jeune fille morte de mélancolie. Ici aussi derrière cette si jolie appellation se cache la douleur morale ayant entrainé la mort. Contrairement à ce que l’on croit, autrefois les hommes n’étaient pas infaillibles, la dépression existait, elle était reconnue et les suicides pas si rares que cela.
    Je suis très touchée par votre récit. J’aime énormément votre façon de jouer avec les mots et de nous plonger dans votre voyage généalogique, pour, un instant, nous faire prendre conscience du mal être de ces jeunes soldats à travers le destin tragique d’Eugène Crespin.
    Cordialement
    Béatrice

    Répondre à ce message

    • Bonjour,
      Dans le temps, on parlait aussi beaucoup de mort par consomption. La dépression s’accompagne souvent de perte d’appétit. Il faudrait l’avis d’un médecin. Voici une définition de la dépression trouvée sur le site http://www.hopital.fr/Hopitaux/Vos-...

      « La dépression se manifeste par une tristesse de l’humeur, une perte d’intérêt pour toute activité et une baisse de l’énergie. Les autres symptômes sont une diminution de l’estime de soi et de la confiance en soi, une culpabilité injustifiée, des idées de mort et de suicide, des difficultés à se concentrer, des troubles du sommeil et une perte d’appétit. La dépression peut aussi s’accompagner de symptômes somatiques. » (Organisation mondiale de la Santé, 2001).

      Répondre à ce message

      • Bonjour,
        Dans le cas de cette jeune fille décédée de mélancolie, je ne sais plus si c’était au 17e ou au 18e siècle, le curé précisait dans l’acte de décès qu’elle s’était laissé mourir de tristesse, d’autres détails étaient indiqués mais je ne les ai plus en tête ayant lu cet acte il y a plus de 10 ans ; votre description de la dépression peut très bien convenir à cette jeune fille. Qu’elles étaient les raisons de cette tristesse ? Je l’ignore. La mort d’un proche probablement, cette famille avait été durement touchée, il y avait eu le mariage de sa sœur jumelle puis le décès de cette dernière en couche quelques mois auparavant.
        Cordialement
        Béatrice

        Répondre à ce message

  • Bonjour,

    Mourir de nostalgie ou de langueur n’était sans doute pas si rare que cela, même dans les années 1960 cela arrivait encore. Pour un soldat le retour à la vie civile après une guerre était et est encore quelque chose de difficile ; le décès d’un être cher, mari, enfant, le « mal-être » que certaines personnes vivent en permanence ne sont pas des maladies de notre temps. Elles ont toujours existées mais la psychiatrie qui est une science récente et les médicaments aident au moins les gens à vivre avec.

    Solange Degand-Saint

    Voir en ligne : http://www.geneanet.org

    Répondre à ce message

  • J’ai, moi aussi, rencontré plusieurs fois des actes de décès indiquant que les personnes sont mortes « de nostalgie ». Il s’agissait toujours de militaires basés sur le territoire français ou en Autriche, pendant les batailles napoléoniennes.

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  • Nicolas BOUVIER dans « Routes et déroutes » indique que Jean HOFER fit une thèse « Dissertatio medica de nostalgia, oder Heimweh » en 1688. [Heimweh se traduit aujourd’hui par nostalgie, mal du pays.]

    Après avoir été formé à l’université de Bâle, Jean HOFER (1669-1752) fut médecin à Mulhouse qui était alors une république libre, alliée avec les cantons suisses. Beaucoup de jeunes Suisses étaient envoyés comme mercenaires sur les champs de bataille, notamment au service de la France suite à la signature du traité de Paix Perpétuelle à Fribourg le 29 novembre 1516.
    Parmi les hommes qui revenaient des champs de bataille, certains étaient marqués par ce qu’on appelle aujourd’hui un trouble de stress post-traumatique.

    Cordialement.

    Odile Nguyen

    Répondre à ce message

    • Bonjour,
      Votre message est très intéressant. Je ne suis souvent fait cette réflexion. On parle beaucoup de stress post-traumatique pour les soldats des conflits contemporains mais c’est une notion peu appliquée à la guerre de 39/40 et encore moins pour les guerres et conflits précédents pourtant le traumatisme devait être tout aussi important et destructeur ! Votre message apporte de l’eau à mon moulin. C’est vraiment très intéressant. Merci
      Cordialement
      Béatrice

      Répondre à ce message

  • Merci de nous avoir fait partager cette histoire très intéressante

    Répondre à ce message

  • La nostalgie était aussi « la langueur »,et la langueur pouvait aussi tuer. Une de mes tantes en est morte. Naissance difficile, abandon du géniteur, engueulades paternelles... bref, plus trop envie de vivre ou de guérir.....24 ans.....

    Voir en ligne : http://http://gw1.geneanet.org/hour...

    Répondre à ce message

  • Je n’ai pas croisé cette expression dans mes recherches mais deux décés qui semble-t-il étaient des suicides. L’un est mort noyé « d’accident où de désespoir » et l’autre est un inconnu, sans famille aux alentours, dit « mort étranglé » alors qu’il a été trouvé pendu à un arbre avec une corde...
    Dans les deux cas, il pouvait s’agir de meurtres mais les actes semblent évoquer des suicides.
    Vers 1870, j’ai aussi trouvé un militaire décédé dans la maison de ses parents lors d’une permission, mais rien n’était précisé sur les causes du décès.
    J’ai gardé le souvenir que pour les anciens, le suicide était un acte honteux pour la famille. L’interdiction du suicide et le refus d’obsèques religieux par les prêtres en étaient peut-être une des raisons... la maladie mentale était considérée comme une tare familliale, il n’y a pas a si longtemps...
    Merci pour cet article et les échanges qu’il permet.
    Cordialement,

    Répondre à ce message

    • Bonjour,
      Les suicides n’étaient pas rares quelques soient les époques. J’ai très souvent croisé des procès verbaux et enquêtes suites à des morts suspectes : accidents, meurtres, suicides... La pendaison est je pense la manière que j’ai le plus souvent rencontrée chez les suicidés tant hommes que femmes. Souvent, les familles, même plusieurs siècles après, gardaient ces drames cachés, tabous transformant ces évènements en accidents voire en rayant tout bonnement le suicidé de l’arbre généalogique. La religion rejetait le suicide, la famille éprouvait aussi de la culpabilité et dans pratiquement tous les cas de suicides que j’ai rencontré, il y avait cette phrase assassine : « depuis quelques temps, il n’avait plus toute sa raison ! » mais rarement, on tentait de comprendre les raisons d’un tel geste. Bon, je m’arrête là car je pourrais en parler pendant des heures !
      Cordialement
      Béatrice

      Répondre à ce message

  • Bonjour à tous,

    J’ai trouvé un acte similaire à Capdenac, Lot, que je retranscris :

    "Copie de l’extrait du registre des décès de l’hôpital de Genève
    Le sieur TABOURNEL Géraud, fils de Bernard et de Elisabeth VIDAL, chasseur au 8e régiment d’infanterie légère, 3e bataillon, 4e compagnie, inscrit sous le n° 9892, né le 2/8/1794, natif de Capdenac canton de Figeac, département du Lot, est entré au dit hôpital le 20 du mois de septembre 1813 par suite de la maladie du pays avec nostalgie. Je soussigné administrateur du dit hôpital certifie le présent extrait véritable et conforme au registre des décès du dit hôpital. Fait à Genève le 29 du mois de septembre 1813 Revilliod signé. Le dit extrait certifié par le commissaire de la guerre a été transcrit le 24 octobre 1813.« Même époque qu’Eugène CRESPIN, et cela rejoins l’étude canadienne sur les »victimes" habitant la Suisse

    Cordialement

    Catherine

    Répondre à ce message

  • Quid de l’etymologie ?
    - soit, classiquement : du grec « nostos »= retour + « algos » = douleur,
    - soit : douleur de ne pas être à l’Est (« no » = pas, « Ost » = Est, algie = douleur) pour les personnes déportées à l’Ouest

    Répondre à ce message

  • Cette histoire est peut-être à mettre dans le même chapitre...
    Mon grand père est mort à 90 ans. Il était artisan-commerçant mais avait pris sa retraite depuis longtemps. Il « bricolait » et traînait encore au magasin que mes parents avaient repris. Un matin bon papa a décidé qu’il ne se levait pas... qques jours après il a manifesté un manque d’appétit et ne se nourrissait plus que de laitages. Au bout de peu de jours il avait des difficultés à boire et on a du l’hospitaliser. Il a fait une crise d’urémie et il est mort très vite. Sa « maladie » n’a pas duré 15 jours ! J’ai toujours pensé qu’il était mort d’ennui.

    Répondre à ce message

  • Voila une analyse intéressante.
    Néanmoins, permettez-moi d’y apporter une remarque. Cette maladie est réapparue dès l’été 1962 au lendemain de l’Exode des Pieds-Noirs, Exode qui au fil des mois se transforma en un « Exil à durée indéterminée ». Combien de vieilles personnes sont mortes au cours des six mois qui suivirent ce départ forcé d’autant plus qu’en France l’hiver 62-63 fut terriblement glacial. Ainsi à l’accueil des plus hostiles des métropolitains envers les Pied-noirs et les aléas climatiques renforcèrent à ce phénomène. Dans certains cas, chez les générations « post-indépendance » ce sentiment s’est transmis de génération en génération, non pas par ce que dans ces familles les parents et grands-parents parlaient de l’Algérie avec nostalgie mais parce que dans ces mêmes familles on ne parlait pas du tout du Passé. La rupture était totale. J’appartiens à l’une de ces familles là. J’ai du reconstituer avec acharnement ce passé familial interdit, soit quelques 540 pages rédigées intitulées

    « Mémoire & histoires de la Ville d’Alger, A l’ombre des orangers de la place du Cheval ou La mémoire retrouvée »

    en partie avec les archives familiales ressurgis 10 à 20 ans après le décès des grands-parents, l’état-civil du site des ANOM et autres sources.

    Joachim GUIMET-RUBINI (GROMA1 sur généanet)

    Répondre à ce message

    • Merci pour ce rappel.
      Pour ma part, mes grands parents ont souffert de quelque chose qu’on appelerait maintenant maladie d’Alzheimer, mais qui pourrait fort bien à mon avis avoir sa source dans ce cruel manque du pays. Manque non dit, non assumé, tant qu’à force on en vient à vouloir tout oublier.
      Où trouver votre livre ?

      Répondre à ce message

      • Bonjour,

        Si votre message fait référence à

        « Mémoire & histoires de la Ville d’Alger, A l’ombre des orangers de la place du Cheval ou La mémoire retrouvée »

        en l’état actuel, ce n’est qu’une chronique familiale de 540 pages citant environ 1200 personnes (naissance, mariage, décès), quelques 580 références au patronymes GUIMET et aux 59 aux GUIMET de ma famille ayant vécu en Algérie.
        En ce qui concerne les anecdotes de la ville d’Alger, celles-ci tiennent dans environ 180 pages. Lors d’échanges de courriel avec un Algérien algérois né vers 1965, qui m’a aidé à récupérer un acte de mariage de 1850 auprès des Archives d’Alger (1,bis rue Didouche Mourad = Ex rue Michelet) absent aux ANOM et au Service Central de l’Etat-Civil à Nantes, je lui ai envoyé ces 180 pages. A ma grande surprise, alors que je n’ai jamais mis les pieds à Alger, ces pages li ont permis de redécouvrir l’histoire de sa propre ville.

        Si vous voulez ces 180 pages, contactez moi sur ma page GENEANET, profil GROMA1.

        Joachim GUIMET

        Répondre à ce message

        • Bonjour,
          Déjà merci pour ces chroniques qui sont trés enrichissantes, ici mourir par dépression sentimentale, ou d’avoir quitter sa ville et ses amis, ou de stress post traumatique à cause de la guerre est bien triste, se voit toujours de nos jours malheureusement.
          Je serai curieuse de lire le mémoire cité, vu que j’ai eu moi-même de la famille sur Alger et ses environs...
          encore merci pour ses lectures,
          Muriel

          Répondre à ce message

        • Bonjour,
          J’ai été intéressé par votre participation à l’article cité. Je suis né aussi en Algérie et j’ai un peu de nostalgie du pays que j’ai quitté, à 15 ans, en 1955. Mon cousin germain Germain Jacques est le fils de André Guimet et Renée Gaspard, ma tante maternelle. J’aimerai recevoir ces 180 pages que vous avez écrites sur ma ville natale.
          En vous remerciant par avance,
          GUICHARD

          Répondre à ce message

          • Monsieur GICHARD,

            je vais tacher de vous envoyer ces 180 pages par courriel en 10 morceaux tant le texte au format word est important à moins que vous me communiquiez votre adresse postale (envoie d’un cd-rom). J’attends sous peu de la part d’Alger l’acte de mariage de intégral de 1850 de Pierre-André GUIMET, arrière-grand-père de Germain jacques. Ce document va relancer mes recherches. Son contenu semble étonnant et plus encore la maitrise des archives d’état-civil européennes de la part de l’administration algérienne. La personne œuvrant à cet envoi m’a dit que Pierre-André fut marié 3 fois. Ce que je croyais être le premier mariage n’est en fait que le second. Ils ont même trouvé le dernier mariage de 1861 alors même que je ne leur avais pas donné l’info. Enfin, je viens de reconstituer les pérégrinations de Marie-Anne HAUCK et sa fille Léontine RATEL (grand-mère et arrière-grand-mère de André-Alexandre GUIMET. C’est incroyable : 4 aller-retour en 8 ans entre Surbourg en Alsace et Versailles pour au final, avec l’annexion de l’Alsace-Lorraine, opter pour la nationalité française et choisir l’Exil alsacien en Algérie en 1875. Quelques 87 ans plus tard, leurs descendants connaissaient l’Exil inverse tout en choisissant de garder la nationalité française. Pour ma part, 50 ans après 1962 et 137 ans après leur arrivée à Alger, j’ai rebroussé chemin encore plus loin en m’installant en Allemagne, à Berlin ....... Encore 7 années à attendre pour pouvoir demander la nationalité allemande ......)°-°(

            Joachim

            Répondre à ce message

            • Cher Monsieur
              Je vous prie de bien vouloir excuser mon long silence, mais je viens juste de récupérer mon ordinateur fixe qui avait grillé et que mon fils a eu beaucoup de difficultés à remonter avec des éléments à chaque fois nouveaux ! Ceci étant je mets peu à peu à jour mes courriers d’un mois et demi !

              Je vous remercie de m’avoir envoyer les documents que vous m’avez déja transmis et je comprends que vous souhaitiez m’envoyer un CD, surtout de la taille de votre livre ! Je vous en remercie par avance et serais très heureux de poursuivre la quête des miens par une voie nouvelle pour moi ! Cela fait en effet des sentiments bizarres que de suivre les itinéraires de nos aïeux très proches !

              En vous renouvellant mes remerciements très chaleureux,
              GUICHARD

              Répondre à ce message

  • Bonjour,
    Article très intéressant d’Olivier.
    Je me pose une question : mentionner la cause du décès n’apparaît jamais dans les actes d’état civil que je possède.
    Cela est-il réservé aux décès dans les hôpitaux militaires/civils ou bien existe-t-il des méthodes de recherches lorsque la mort ne semble pas « naturelle » ?
    Ma grand-mère par exemple est décédée en 1925 apparemment de tuberculose(séjour dans un sana avant son décès), mais mon père m’a toujours parlé « d’angine de poitrine » (car tuberculose=maladie honteuse ?).
    Merci de votre explication.
    Cordialement.
    Claude Fitou

    Répondre à ce message

  • Je suis convaincu que cette maladie de « nostalgie » n’est pas cette espèce de langueur mélancolique souvent chantée par les poètes qui peut d’ailleurs mener à la dépression, voire au suicide.
    Mais ici on est bien dans le traumatisme psychologique qui suit d’immenses souffrances, et qui apparait lorsque la tension et le stress se relâchent, bref lorsque la douleur se libère ... enfin. Les soldats du Viet-Nam, les libérés des Goulag savent tous ce que c’est. Cette prise de conscience est assez récente. Mais maintenant on a bien compris que la prise en charge de ces émotions refoulées par des « cellules psychologiques spécialisées » suite à des drames, est indispensable. Elle est d’ailleurs mise en place systématiquement lors des drames collectifs : prises d’otages, accident de car ...

    Répondre à ce message

  • Maintenant nous dirions « dépression » ou « état dépressif » ?
    On peut penser que ce jeune homme aurait été mieux sur le front au contact des combattants (et des risques) car comme disait Schiller, je crois, « la joie de l’âme est dans l’action ».
    Cordialement,
    jfm

    Répondre à ce message

  • Bonjour, J’ai trouvé moi aussi du coté de mon mari, une ancêtre décédée de la maladie de « langueur » sa fille décède de cette même maladie quelques jours plus tard. Cela se passe dans la Manche vers 1850. Je ne sais pas trop ce que cela veut dire.
    Si quelqu’un a une idée....

    Jocelyne

    Répondre à ce message

  • La maladie de langueur 17 février 2013 08:58

    Au XVIIIe on rencontre dans les textes littéraires la maladie de langueur qui affecte les jeunes filles et dont elles meurent. On pense aujourd’hui qu’elles étaient anorexiques.

    Dans certaines circonstance l’anorexie frappe aussi les jeunes gens.

    Répondre à ce message

  • Merci de nous faire partager cette page intéressante de nos ancêtres. C’est déjà vrai que nos parents et grands-parents parlent(parlaient) peu ou pas de la guerre et nous n’en avons des explications que par les reportages télévisuels (cf certaines des réponses postées ici) ; trop de silences tuent les gens.
    En ce qui concerne la dépression, je me souviens dans les années 1970 que le corps médical ne considérait pas ça comme une maladie mais plutôt un banal état psychologique alors que nous sommes tellement nombreux à avoir subi des changements géographiques douloureux, à ne pas le supporter et à en tomber malades.

    Capriscorp

    Répondre à ce message

  • Oui, c’est vraiment très intéressant, cette notion !
    Ce qui est surprenant, c’est qu’il n’y ait pas eu plus de cas, pour tous ces jeunes gens qu’on arrachait à leur vie, leur famille, leurs amis...
    Il y a aussi dans le cadre des guerres des formes de suicides :
    Un de mes ancêtres est rentré en permission et a appris « que sa femme le trompait ; le lendemain de son retour à la guerre (14/18), il s’est fait tuer exprès ».
    C’est ce que nous racontait ma grand-mère quand on regardait ensemble les photos. Elle pleurait toujours son cher oncle.

    Répondre à ce message

  • Bonjour,
    La mélancolie est une dépression très grave mais dont les causes ne sont pas directement identifiables (processus inconscient)
    alors que la « nostalgie » semble plus réactionnelle à une situation douloureuse et à un traumatisme ; si cet état dépressif (neurasthénie) s’aggrave il peut ressembler à un état mélancolique !
    Au total, les dynamiques sont différentes

    RS

    Répondre à ce message

  • Mourir de nostagie à la suite d’une péripneumonie.
    1791 : Vital Layerle déc à 21 ans le 10/8/1812 à l’hopital militaire d’ Alexandrie,chasseur 1er Régt d’infanterie légére,entré à l’ hopital le5/8/ 1812,suite à péripneumonie grave compliquée de nostalgie (!)
    Cordialement
    Xavier Corbin

    Répondre à ce message

  • était est ce une autre façon de dire suicide ?

    Répondre à ce message

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