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Un témoignage sur les exhumations de Sainte Bernadette Soubirous : le corps était-il intact ou pas ?


jeudi 5 décembre 2013, par Jean Rémi Plard

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Dans son édition web du 22 novembre 2013, le Journal du Centre publie, dans la rubrique « Mon Nevers secret », un article, dont voici un extrait :

Le corps de Sainte Bernadette « intact ».
…Celui-ci est retrouvé dans un état de conservation extraordinaire. Ce qui suscite encore aujourd’hui de nombreuses interrogations.
En 1925, la nivernaise Sœur Marie Véronique, était présente lors de l’exhumation du corps de Sainte Bernadette. Sa sœur aînée faisait partie du groupe de jeunes filles qui vivaient à Saint Gildard à Nevers. Petite, elle s’y rendait souvent pour les vacances. Elle assistera à la sortie du tombeau de Sainte Bernadette. « Au moment où on l’a sorti de son tombeau, il y avait des évêque, il y avait la police, il y avait des docteurs. Donc là, nous étions séparés, nous étions en haut et nous avons assisté à tout ça. Et le soir, on nous a donné la permission de voir le corps de Sainte Bernadette (…) j’ai pu baisé son pied. »
Sainte-Bernadette est béatifiée le 14 juin 1925. Son corps est placé par la suite dans une châsse de verre et de bronze, dans la chapelle Saint-Gildard à Nevers, visible encore aujourd’hui des visiteurs et des pèlerins.

Une autre histoire :

Il existe une autre histoire de ces exhumations [1], un récit que je tiens de ma famille, mais je n’ai pas été un témoin direct, puisque je suis né en 1945 :

Ma famille a vécu à Nevers, rue de la Chaussade, dans une petite maison construite par mon arrière-arrière grand père vers 1860, et que ma famille occupait encore au moment des exhumations [2].

Tous étaient de fervents catholiques, y compris, dans un premier temps mon grand père qui, après avoir envisagé le séminaire, deviendra socialiste et anticléricaliste et terminera député maire d’une grande ville de l’Est.

Alors qu’il était assigné à résidence dans cette même maison par les allemands, Il fréquenta en secret Patrice Flynn, 110e évêque de Nevers, de 1932 à 1963. Fréquemment, mes parents présents voyaient arriver un homme en costume civil et chapeau, qui s’enfermait longuement avec mon grand père dans la seconde pièce de cette petite maison. Que se disaient-ils ? Personne ne le sait, mais on entendait de grands et fréquents éclats de rire.
Les témoins étaient en grande partie de fervents catholiques.
Voila pour relativiser le parti-pris qu’on pourrait me reprocher dans ce récit.

Mais revenons aux exhumations :

Il y avait dans le quartier de la rue de la Chaussade, qui s’appelait autrefois rue du carrefour, un brave homme qui faisait du terrassement au cimetière. Il me semble qu’on l’appelait « le père Martin », mais ma mémoire n’est pas fidèle sur ce point.

C’est lui qui avait été l’homme de service lors de ces exhumations. Il le racontait à qui voulait l’entendre, et témoignait bien volontiers, que la dépouille de Bernadette Soubirou était en parfait état de conservation lors de la première exhumation. A Nevers, ce n’est pas une surprise, puisque c’était un problème lors de certains transferts en fosse commune depuis le 19e siècle [3].

Mais le bonhomme était formel : ce n’était pas le cas les autres fois. Aussi les sœurs lui avaient intimé l’ordre de se taire. Il aurait alors répliqué : « je dirais ce que j’ai vu, elle avait l’œil pitou », ce qui signifierait putréfié, en patois. Et il le racontait, parait-il, à qui voulait l’entendre.

Cette version me fut racontée de nombreuses fois, sans jamais avoir été mise en cause par les plus catholiques des proches de ma famille [4].

Alors, intacte ou reconstruite, cette dépouille, en partie dépecée ? Il y aurait bien un moyen pour le savoir et lever « les nombreuses interrogations » : une expertise indépendante. Mais c’est une autre affaire…

Voir en ligne : [Mon Nevers secret] Soeur Marie Véronique raconte l’exhumation du corps de Sainte Bernadette

Notes

[1Il y aurait eu 3 exhumations.

[2Elle ne sera vendue par mon père qu’en 1958.

[3Les archives municipales possèdent un fond sur le sujet : le corps de Bernadette était en bon état de conservation lors de la 1re exhumation. Mais j’ai trouvé aux archives municipales des articles qui parlaient des problèmes de corps peu décomposés lors des exhumations pour mettre en fosse commune.

[4Et Dieu sait si certains l’étaient profondément ! Et pourtant…

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12 Messages

  • Salut Jean Rémi,

    Heureux de te retrouver sur le site de Thierry Sabot pour soulever cette question sur les exhumations successives de Bernadette Soubirou. Les propos du « Père Martin » me semblent tout à fait vraissemblables.

    Merci de nous avoir fait partager cette interrogation anecdotique. Bien amicalement.

    André

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    • Bonjour André, heureux aussi de te retrouver.
      Comme je le dis, aucun de ceux qui ont connu le père Martin n’ont jamais mis en cause cette version que j’ai entendu à de nombreuses reprises, sans anticléricalisme, au contraire, puisque certains de ces témoins catholiques s’offusquaient même que l’église ait pu mentir !
      Mais il faut considérer que Bernadette est une ressource non négligeable pour l’église et le commerce local.
      Si une reconstitution fut faite en secret, ce fut sans doute lors de la seconde exhumation, celle à l’œil « pitou ».
      Et quel âge avait alors la « sœur témoin » de la 3e exhumation ? Celui où l’on croit encore au père Noël ?
      avec toute mon amitié
      Jean Rémi

      Répondre à ce message

  • Bel exemple d’une personne soit disante issue d’une famille « très catholique » et dont on apprends que l’un de ses ançêtres est devenu anticlérical et socialiste (?). Celà ressemble assez à de la haine envers la religion ! Je ne vois pas ce que nous apporte ce témoignage aussi peu fiable, l’auteur étant né en 1945 ! Les secrets soit disant de famille sont souvent des rumeurs infondées ; J’en ai fait l’expérience personnelle. Quoi qu’il en soit Bernadette était sincère dans sa Foi. C’est effrayant de voir ou va se nicher la bêtise.

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    • Bonjour Monsieur ou Madame,

      Je connais bien Jean Rémi et je suis assez surpris du ton de votre commentaire. Ce témoignage soulève beaucoup d’interrogations, mais il est à peu près certain qu’au bout de la seconde ou la 3e exhumation de la dépouille de Bernadette, le corps ne devait pas être en très bon état. je ne vois là en aucune façon la haine envers la religion, à aucun moment il n’a mis en doute la foi de Bernadette.
      Bien cordialement.

      André Vessot

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      • Merci André pour ton soutien.
        J’ai moi-même fourni des armes à ce « preux » défenseur, sachant bien que ce genre de réaction ne tarderait pas, fort courtoise d’ailleurs, comme il fallait s’y attendre...
        La mise en doute de ce « miracle » n’a pas attendu mon témoignage. J’ai eu l’occasion d’en discuter longuement, il y a 50 ans, avec un médecin membre du bureau des constatations de Lourdes, qui m’avait reçu chez lui, dossiers sur la table.
        Ce fut autrement constructif que ce « petit » commentaire.
        Une éventuelle expertise indépendante ? chiche !
        Bien amicalement

        Répondre à ce message

  • La non-décomposition des corps n’est pas nécessairement un miracle. A Bordeaux, dans la tour de l’église St Michel, on pouvait voir une vingtaine de corps non decomposés exhumés lors de fouilles et vieux d’au moins deux siècles. Je les ai vus vers 1955, je ne sais pas si on peut les voir encore. Ils étaient entiers, couverts de leur peau,certains avaient des cheveux.
    Monique McDonald

    Répondre à ce message

    • A ma connaissance, les corps qui étaient visibles dans le caveau de l’église St. Michel ont été déposés il y à une trentaine d’années et inhumés dans un cimetière local. Il existe un superbe texte de Victor Hugo relatant sa visite des lieux. Mais pour qui est à l’affut de ce genre d’émotions, les catacombes « Cappuccini » de PALERME, si elles se visitent encore, laisseront un souvenir impérissable. Et le visage apaisé de cette petite fille qui semble dormir, visage qui apparaît dans le cadre vitré qui a été découpé dans son cercueil restera à jamais gravé dans la mémoire.
      RJ

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  • En plus de la décomposition et de la déssication, il existe des possibilités de saponification

    Répondre à ce message

  • A titre de PS :
    il existe une série de 6 cartes postales des « momies » du caveau de l’église St. Michel, cartes des anées 1905 / 1910
    RJ

    Répondre à ce message

  • Bonjour
    Si notre Bernadette était intacte lors de la première exhumation pourquoi ne pas avoir protégé son corps dès ce moment en la recouvrant d’une mince couche de cire et en la mettant tout de suite dans une châsse sous vide ? C’est incroyable qu’après l’avoir exhumée intacte on l’ait purement et simplement remise en bière et enterrée ??? Je suis un peu méfiante car Thérèse de Lisieux dont il ne restait rien, sinon quelques ossements, est elle aussi présentée dans une châsse aux visiteurs auxquels les bonnes soeurs font croire que c’est réellement son corps. Je suis très croyante et j’avoue que je trouve ces tromperies dommageables pour l’Eglise car le croyant n’a pas besoin de « miracles » pour vivre pleinement sa Foi et si les miracles le réconfortent ils ne doivent jouer aucun rôle ni intervenir de quelque façon que ce soit dans notre avancée spirituelle vers Dieu. Nourrissons-nous plutôt des témoignages des Saints et des Saintes qui ont pratiqué l’humilité et l’obéissance toute leur Vie dans ce que notre Petite Thérèse appelait « la toute petitesse » c’est à dire dans l’ordinaire, le quotidien, le prosaïque sans rien d’extraordinaire ni de surnaturel.

    Répondre à ce message

  • bonjour,

    très intéressant ce témoignage, et réactions que cela suscite, merci beaucoup.

    Mais ce qui révolte dans cette histoire, c’est qu’après la très grande misère que Bernadette connut de son vivant + harcèlement médiatique après ses visions (qui l’obligea à se réfugier dans ce couvent aux murs plus hauts que ceux d’une prison et à des km de sa famille) + maladie et souffrances physiques + dureté et harcèlement moral de sa supérieure au couvent (par jalousie ? et /ou histoire de lui rabattre un peu son caquet de pauvresse )+ fric énorme sur son dos après sa mort, on ait éprouvé le besoin de l’exhumer trois fois !
    Et tout ça pour vérifier quoi, pour satisfaire quelle curiosité ? Même pas tranquille ..

    La 1ére fois sans doute, elle était très bien conservée, (comme d’autres corps dans ce même quartier de Nevers d’après ce que vous dites). Mais ensuite évidemment,son corps était à chaque fois re exposé à l’air, oxydation, triturations et manipulations ...

    Alors par respect / pitié pour elle, n’osons pas réclamer une nième expertise, soit-disant indépendante cette fois.
    Un peu de coeur tout de même,

    Qu’on la laisse reposer en paix !

    Cordialement,

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