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La filiation paternelle inconnue : un obstacle insurmontable ?


mercredi 1er novembre 2000, par Olivier Point

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Le poids social et religieux sous l’Ancien Régime était tel que les filles-mères subissaient le déshonneur et étaient bien souvent obligées d’aller accoucher dans un village éloigné de leur habitation.

La jeune fille que son amant laissait dans son triste état, à l’opprobre des villageois, après lui avoir fait miroiter le mariage pour obtenir ses faveurs, pouvait se sentir justement flouée. L’envie de « faire passer » son enfant ou de ne pas s’en occuper convenablement après sa naissance devait nécessairement lui passer par la tête. Devant la fréquence des infanticides, Henri II fait publier en février 1556 un édit tentant de remédier à cette tentation. L’édit déclare « que toute femme qui se trouvera deüment atteinte et convaincüe d’avoir celé & occulté, tant sa grossesse que son enfantement sans avoir déclaré l’un ou l’autre, & avoir pris de l’un ou l’autre témoignage suffisant, mesme de la vie ou mort de son enfant lors de l’issue de son ventre, et aprés se trouve l’enfant avoir esté privé, tant du saint sacrement de baptesme que sépulture publique et accoütumée, soit telle femme tenüe & réputée d’avoir homicidé son enfant, & pour réparation punie de mort et dernier supplice ». Bien que les termes de l’édit soient durs, il s’agit probablement moins d’une obligation faite à la fille-mère de déclarer sa grossesse, que de la possibilité qui lui est offerte d’échapper ultérieurement à la présomption d’infanticide.

L’édit de février 1556 sera renouvelé en 1586 et en 1708. Visiblement, aucun de ces textes ne désigne l’instance à laquelle la déclaration devra être faite. C’est pourquoi les usages varient d’une province à l’autre : lieutenants des baillis ou sénéchaux, procureurs fiscaux, notaires, greffiers, consuls dans les villes etc.

Un autre but de l’édit de 1556 est de permettre l’identification du père, afin que l’enfant illégitime et sa mère ne soient plus à la charge de la communauté, mais bien à celle du géniteur et amant. Malheureusement, bien souvent, celui-ci jouit d’une position sociale supérieure à celle de la pauvre fille qu’il a abusée, ce qui lui permet souvent de garder l’anonymat. F. Lebrun signale [1] qu’une « étude de 1100 déclarations faites devant les sénéchaussées d’Angers et Châteaugontier au XVIIIe siècle fait ressortir la totale subordination, sociale, juridique, culturelle des déclarantes par rapport à leur séducteur. Il s’agit pour 80% de domestiques dont la moitié séduites par leur maître ».

Le 25 mai 1776, mon ancêtre, Marie Agrafeuil, fait une déclaration de grossesse illégitime devant le juge de la juridiction de Saint-Mayme-de-Péreyrol. Le texte de l’acte qui suit nous apprend qu’effectivement, Marie Agrafeuil était placée chez Gabriel ROCHE, le forgeron du hameau où elle habitait (un acte judiciaire de la même année nous apprend que Gabriel ROCHE était veuf et en charge de deux petites filles).

Comme le dit J.-L. Flandrin [2], « le plus souvent, les filles attendaient le huitième ou le neuvième mois, car la déclaration était la sanction légale de leur infamie. Lorsqu’une grossesse était enregistrée, c’est que la fille n’avait plus d’espoir d’échapper au déshonneur par le mariage ou l’avortement ». Nous allons voir qu’en la circonstance, au moment de la déclaration, Marie AGRAFEUIL est enceinte « d’environ huit mois » (en réalité, un peu moins). Elle n’avait effectivement aucun espoir de régulariser sa situation, le père de son enfant étant décédé !

Cejourdhuy vingt cinquieme may mil sept cens soixante seize au bourg et jurisd(icti)on de S(ain)t Mayme de Pereyrols et dans la chambre ou s’espedie la justice pardevant nous m(aîtr)e Louis Beleyme no(tai)re royal et juge de la presante jurisd(icti)on a comparu Jean Agrafeuil hab(itan)t du village de Casteignol presante pa(roi)sse part lequel a eté dit que Marie Agrafeuil sa fille eut le malheur de devenir enceinte et comme elle nous doit donner sa declaration qu’elle ne peut point se transporter au presant bourg led(it) Dagrafeuil requis que nous ayons a nous transporter aud(it) village de Casteignol p(ou)r recevoir la declaration de sad(ite) fille sur quoy nous juge susd(it) et soussigné nous sommes [sur] le champs transportes avec notre greffier en compagnie dud(it) procureur d’office [personnellement] aud(it) village de Casteignol et maison dud(it) Agrafeuil [où] etant avons trouvé lad(ite) Marie Dagrafeuil a laquelle nous avons fait connoitre le sujet de notre transport et l’avons interpellee de nous dire et declarer sy elle et reellement enceinte laquelle nous a repondu que ouy interogee des oeuvres de qui elle et enceinte repond qu’elle et enceinte des oeuvres de feu Gabriel Roche en son vivans faure et hab(itan)t du presant vilage interogee depuis quel temps elle croit d’etre enceinte repond que c’et depuis environ la S(aint) Michel derniere Interogee sy il l’a connue plusieurs fois repond que ouy et que comme elle etoit louee chez led(it) Roche depuis environ un an avant lad(ite) S(ain)t Michel led(it) Roche fut la trouver au lit et la connue lors charnellement dont elle croit etre venue enceinte et qu’ensuitte il la connue aussy plusieurs fois tantot d’un cotte tantot de l’autre Interogee sy lorsque led(it) Roche la recherchoit il luy promettoit de l’epouser Repond quil luy disoit que cy sa petite ne luy faisoit pas de payne ils l’epouseroit dont et du tout quoy lad(ite) Dagrafeuil nous donne sa declaration a telles fins que de droit et ayant mandé a Jeanne Bordas hab(itan)te du village de Boutin (?) paroisse de Saint Jean de Vergt laquelle s’etans rendues et mise a part avec lad(ite) Dagrafeuil p(ou)r en faire la visitte elle nous a declaré moyenant son serment lad(ite) Dagrafeuil etre enceinte d’environ huit mois de laquelle susd(it)e declaration nous f[aisons ?] acte pour servir a telles fins que de raisons et p(ou)r la conservation du fruit dont lad(ite) Dagrafeuil et enceinte nous l’avons sequestrees du consentem(en)t (?) dud(it) S(ieu)r procureur d’office de la presante jurisd(icti)on entre les mains dud(it) Dagrafeuil et d’Anne Bordas ses peres et meres ausquels avons enjoins d’en avoir tous les soins possibles et de veiller a la conservation de son fruit ce qu’il nous ont promis faire fait au susd(it) village de Casteignol le susd(it) jour vingt cinquieme may. Lafayette procureur d’office, Beleymes juge, Grellety greffier.

La fin de l’acte insiste lourdement, à travers son vocabulaire et ses tournures juridiques, sur l’importance de préserver la vie de l’enfant à naître. On appréciera comment il rend bien, à ce titre, l’esprit de l’édit d’Henri II.

Le 28 juillet 1776 est baptisée en l’église de Saint-Mayme-de-Péreyrol Anne AGRAFEUIL, fille de Marguerite Agrafeuil du hameau de Castagnol. Son parrain est Jean Sartre, journalier et sa marraine Anne Castagnet. Après avoir eu cette petite fille illégitime, Anne, du forgeron chez qui elle était placée, Marie se mariera avec mon ancêtre Pierre Nardou, clerc du hameau des Captus, de la même paroisse : le 26 octobre 1780, la bénédiction nuptiale leur est accordée en l’église de Saint-Mayme-de-Péreyrol. Dans leur contrat de mariage (Me DUMONTEILH, notaire à Vergt - Min.3E6148), il est précisé que l’époux donne à l’épouse 200 livres et deux linceuls « pour les bons et agreables services qu’il a reçeu et qu’il espere de recevoir de lad(it)e Agrafeuil future ». On voit que Marie AGRAFEUIL a également été la servante de Pierre NARDOU. L’histoire ne dit pas si Pierre NARDOU a également profité de sa supériorité sociale pour obtenir les faveurs de Marie. En tout état de cause, force est de constater que, cette fois-la, elle aura réussi à l’épouser.

Au-delà de l’intérêt historique de l’acte judiciaire, on notera l’importance qu’il représente pour les généalogistes, fréquemment confrontés au cas de la filiation paternelle inconnue : il est tout à fait possible d’envisager l’existence d’une pièce officielle relatant l’identité du père, quand les registres paroissiaux restent muets à ce sujet. Il faut imaginer ma grande surprise quand, dépouillant les archives judiciaires de ce village, berceau de ma famille maternelle, j’ai découvert cet acte qui me révélait l’identité du père de la fille illégitime que mon ancêtre avait eue avant de se marier. Une porte s’est alors ouverte, que je croyais définitivement close. Voici un exemple d’une avancée significative dans la découverte de la vie de nos ancêtres … ou comment sauter un obstacle a priori infranchissable.

Sources :
- Archives judiciaires de la juridiction de Saint-Mayme-de-Péreyrol, Année 1776 (IIB376 - Archives Départementales de Dordogne). Orthographe et ponctuation respectées. Seules la casse et les apostrophes sont rectifiées selon la coutume moderne, afin d’améliorer la lisibilité et la compréhension du texte.
- La vie conjugale sous l’Ancien Régime - François LEBRUN - Ed. Armand Colin, 1993 (Coll. Histoire moderne).
- Les amours paysannes, XVIe-XIXe siècle - Jean-Louis FLANDRIN - Ed. Gallimard / Julliard, 1975, 1993 (Coll. Folio / Histoire).

P.-S.

Ce texte a été initialement publié par Olivier Point sur son site, aujourd’hui fermé. Il est publié ici dans l’attente d’une réouverture prochaine de son site personnel.

Notes

[1La vie conjugale sous l’Ancien Régime - François LEBRUN - Ed. Armand Colin, 1993 (Coll. Histoire moderne).

[2Les amours paysannes, XVIe-XIXe siècle - Jean-Louis FLANDRIN - Ed. Gallimard / Julliard, 1975, 1993 (Coll. Folio / Histoire).

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42 Messages

  • ma trisaïeule paternelle,celle qui m’a donné son et mon patronyme,a fait + de 600 kms, entre carpentras/vaucluse et clermont-ferrand/puy de dôme pour accoucher en 1839,sans autres témoins que 2 voisins de la praticienne ;sans autre détails que native/habitante de Carp.célibataire et agée de 24 ans.aucune trace dans le PDD depuis , dito en vaucluse.aucune certitude vers 1814 sur Carp.la tradition verbale familiale : c’est l’évèque..allez chercher une filiation paternelle....

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  • Bonjour, la filiation inconnue, tout le monde y est confronté un jour ou l’autre.Comment consulter les déclarations de grossesse ? sont-elles accessibles facilement ?

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    • Mon aïeul est né le 3 octobre 1839 fils naturel et illégitime, de père inconnu. Peut-on me dire quelle est la différence entre enfant naturel et enfant illégitime ? Une déclaration de grossesse était-elle toujours obligatoire à cette date et où pouvait(devait)-elle être faite ? La déclaration de naissance a été faite par l’accoucheuse.

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  • La filiation paternelle inconnue : un obstacle insurmontable ? 30 avril 2011 07:24, par Jean Rémi Plard

    bonjour, et merci pour cette info.
    j’ai plusieurs fois rencontré dans des actes paroissiaux - je cite de mémoire - un acte de naissance ou baptême d’enfant non reconnu de père et que la mère déclarait « donner » à un homme qui était nommé.
    Je pensais que la formule dénonçait le père naturel. Est-ce le cas ? faut-il rapprocher cette mention de l’obligation de déclaration ?
    cordialement,

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  • Je crois que même au XX° siècle,on vit encore au Moyen-âge, ou dans l’Ancien Régime. Beaucoup profitent de la naiveté
    de pauvres filles pour en abuser et les laissent tomber,
    après un début de grossesse.Les vilains séducteurs proposent
    l’avortement à leur conquête de passage.
    On voit aussi l’exemple dans "Les Miserables, avec la pauvre
    Fantine,mère de Cosette".

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  • bonjour ma grand mère VANON Marie est née a St Etienne en 1909 de parents inconnus mais sur une acte de bapteme que j ai trouvé à l évéché il y apparait le nom je suppose de se mère Alphonsine Vanon !! ma grand mere etait pupille de l assistance Publique , j ai parcouru les papiers !! la sage femme l a déclaré parents inconnus ??? Mais apres trouvé cet acte de bapteme caché au fond de registre de bapteme !!!!! donc j ai parcouru le Rhone et le beaujolais , je ne trouve aucune trace de Alphonsine Vanon !!!! ma grand mère etait tres typée !!!! donc depuis 2007 je ne trouve rien même que le nom !! j ai trouve d autres Vanon des parents inconnus dans le Var !!!! pour le père de Marie ????? encore une grande question !!!

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    • bonjour
      je suis un peu dans la même situation que vous mon grand père maternel est né en 1913 à limoges et j’ai quand même eu l’identité de sa mère par son acte de naissance. il était pupille de l’assistance publique aussi sa mère venait de saone et loire.
      sur l’acte de naissance de votre grand mère il n’y a rien (pas d’age ou de lieu d’habitation de sa mère).
      est ce que votre grand mère s’est mariée, parce qu’a ce moment là vous pouvez avoir son acte de mariage. en tant que petite fille, il faut justifier de votre filiation avec elle (livret de famille)
      j’essaie d’avoir de nouvelles pistes pour trouver le nom du père, comment avez vous fait pour consulter les registres de baptème à l’évêché ? je me dis que je peux trouver quelque chose !!!!
      merci d’avance et bon courage dans vos recherches
      isabelle

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      • les registre de baptème de l’Eveché:dits « registres de catolicité »,tenus en « doublure » de l’Etat civil,si l’on peut dire-ils sont ,au moins pour le P.D.D(63)déposés aux A.D.,inventaire fait,en ligne,mais pour le moment seulement consultables en salle de lecture-faut donc se renseigner aux A.D. qui vous intéressent-

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      • bsr !!! à vrai dire en fouillant dans les registres de l éveché !! j étais heureuse de trouver cet acte de naissance !!! mais je me demande comment le curé a mis le nom de la maman !! tout devait rester cacher !!! ma grand mère Marie a été mise en nourrice à 2 jours , a la campagne !! cette nounou MMe Laprune epouse Perrin est restée la mémé pour tous les enfants de Marie !!!!! pour le carnet de l assistance puplique .... j ai écrit a LA DDASS de stEtienne loire et j ai pris rendez vous avec une responsable !!! j ai lu et relu et relu le dossier !!!! fait des photocopies !!! mais rien ne m a permis d aller plus loin !
        sauf que Marie avait un strapisme dont 2 cousines ont hérité !! Marie a porté des lunettes toute petite !!
        je voulais avoir accès aux papiers du maire qui s occupait des paiements de lAssistance publique et du linge !! mais la mairie ne veut pas me donner accès a ce registre !!!
        je ne perds pas espoir !!! je ne laisse pas tommber !! je m attaque aux casernes de militaires et fermes assez riches dans la plaine du forez entre 1900/1909 !!! courage

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  • Bonjour,
    En Picardie, dans les familles de tisseurs où l’on travaillait dans les caves (à cause de l’humidité : les fibres se travaillaient mieux) la durée de fécondité était très court.
    De plus on se mariait assez tard à cause de la dureté de vie et avoir des enfants tenait presque du miracle. Aussi l’arrivée d’un enfant était bien accueillie quel qu’en soit l’origine. C’est le cas de mon trisaïeule qui set né de père inconnu
    J Lafferrere

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  • Article fort interessant et cultivant !
    Mon arrière/arriere grand père maternel né en 1826 et déposé à l’hospice de Bordeaux, de père inconnu mais la mère est identifiée sur l’acte de dépôt... comment éffectuer des recherches alors sur la mère qui a pu venir de loin ?
    Merci pour l’aide à venir
    Pelican28
    naejjgm@wanadoo.fr

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  • Est-il possible de retrouver une filiation pour une naissance de père inconnu dans la période post révolutionnaire et plus précisément au XIXe siècle ?

    Merci d’avance à une éventuelle réponse..

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  • J’ai un cas identique en Correze,fin XIXe siècle et la croyance familiale disait « c’est le maire »,sans préciser le maire de quelle ville ! Cette femme était probablement placée mais chez qui ? Dans quelles documents chercher pour trouver son employeur et (ou) sa déclaration de grossesse ? Merci

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  • voici 2 exemples,auvergnats,sans plus ,car répétitifs ailleurs---en 1834 à Thiers,sur 403 déclarations de naissance,il y a 43 « trouvés »,dont 17 seulement,affublés,outre la description de leurs nippes et guenilles,qui ne valent pas « mention distinctive »,ou « mention particulière »-sur ces 43,1 seul porte nom et prénom de "claudine Maillard,née à Lorme(Nièvre),épouse de claude Coutodier soldat au 2è Léger,détenue(la mère ?) à la maison d’arret de cette ville(Lorme ?,Thiers ?)---1 seul a été reconnu,10 ans après(né en mars,appelé Mars)—1 minette baptisée Carnaval Délire(en rapport avec son accoutrement ?),a bénéficié d’une rectification de son identité 20 ans après,au moment de son mariage—13 ont un prénom pour nom—la veille de Toussaint,le patronyme est Toussaint—Froidure,pour le 20/12—8 gagnent le nom d’une commune du Puy de Dome—Paque,la veille de Pâques— Janvier,le 10/1—le pompon revient ,cette année-là,à :Thomas Acquin,Anne Conne,Michel Ange,Rosalis Transfiguré—le registre ne dit pas qui décide,la mère supérieure de l’Hospice,soeur Marie Thérèse de Beaudeloup,ou l’officier de l’E.C.---
    àClermont Ferrand:janvier 1839—28 enfants sans père sur 81 naissances enregistrées-dont 14 à l’Hopital,14 en ville chez accoucheuses,dont il semblerait une certaine spécialisation-sur ces 28,18 mères laissent leur identité,10 enfants sont abandonnés ,sans père ni mère-je répète:il ne s’agit pas de produits du terroir réservés au terroir auvergnat-

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  • à propos du contrat cité ,avec don de 2 linceuls:si,en bon français,le terme de linceul s’applique uniquement au drap mortuaire,j’en profite pour indiquer qu’en occitan (d’Auvergne),un drap ne s’appelle pas autrement qu’un lanceau,pour tous les plumards(lit de plume)de la maison-dans un contrat de mariage,17,18è siècle,le drap(de lit) est quasiment toujours un élément principal,avec la couverte(couverture)de Catalogne,y compris conservé précieusement dans le coffre nuptial jusqu’au jour où il servira enfin de linceul,sans retour pour rupture du contrat-

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  • mon arrière arrière grand père est un enfant trouveè je ne connais ni le nom du père ni celui de la mère il est nèe en 1787 par contre j/ai trouvèe le document de baptème qui me renseigne pas sur les nom de ses parents ou dois je continuer ? ANNE P ;S ; VOTRE ARTICLE EST très interrèssant merçi

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    • La filiation paternelle inconnue : un obstacle insurmontable ? 2 mai 2011 19:21, par Biget Jean Pierre

      J’ai eu la bonne surprise à Besançon de retrouver le nom de la mère de mon ancêtre Nicolas dans le registre de l’Hôpital du Saint Esprit où il fut abandonné , alors que cette information ne figurait pas dans les registres paroissiaux de la ville(1784).Dans ce registre L’Hôpital avait soigneusement noté toutes les nourrices et familles « d’accueil » jusqu’à ses 14 ans. Conclusion ne pas se satisfaire d’un acte de baptème ou de naissance sans vérifer dans quel établissement l’enfant a été abandonné ! Bon courage, cordialement.
      NB : je continue à rechercher le nom du père depuis 5 ans !

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  • La filiation paternelle inconnue : un obstacle insurmontable ? 1er mai 2011 11:09, par Stéphanie Guillot

    Ce témoignage est très intéressant et j’espère un jour trouver ces déclarations de grossesse pour les nombreuses naissances illégétimes de mes ancêtres (j’en suis une aussi et j’espère terminer cette longue lignée).
    J’ai 1 cas particulièremnt sérieux dans chacune de mes 2 branches. En Alsace au XIXè, un père douanier a 4 filles et 1 garçon. Chacune des filles à eu au moins un enfant illégitime, mon ancêtre s’est finalement mariée 20 ans plus tard. Toujours au départ d’Alsace, une fille déjà illégitime a abandonné 3 enfants puis s’est mariée dans les Yvelines en gardant secret les abondons (je les ai retrouvé il y a peu). Les femmes sont les seules à subir les infidélités mais nous avons probablement dans nos familles des hommes qui ont eux-mêmes fautés et qui ont contribués à ces naissances naturelles. Eux ont pu garder le secret. J’aimerais aussi retrouver leur descendance cachée.
    Stéphanie

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  • Bonjour,

    Dans un registre paroissial de l’Ardèche, du côté des Vans, je me souviens bien d’avoir lu sur un acte de baptême la mention suivante : « ... de père prétendument inconnu ... » qui montre que le curé du village n’a pas osé écrire ce que toute la paroisse devait savoir !

    Sincèrement désolé, mais je n’ai pas noté les références de l’acte.

    Jacques (« jhblcm » dans GeneaNet)

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    • Bonjour.
      J’ai aussi le même problème sur l’une de mes branche dans le « Gers » concernant : Pierre, Augustin OMER. Ce patronyme OMER à été donné par le curé de la paroisse, en disant que l’enfant avait été trouvé à Nogaro (32) le 13 Aout 1810.
      Nous n’avons jamais retrouvé le nom du père et de la mère, l’enfant ayant été placé dans une famille pour l’élever. Nous avons malgré tout une information qui nous dit que le père inconnu avait acheté une propriété à Liac pour ce fils illégitime, et ce père serait un noble qui aurait eu un enfant avec une jeune domestique. Pour nous ils est impossible de remonter cette branche familiale, ou bien il faudrait savoir si toutefois il existe un registre annexe paroissial, vu qu’il existait des doubles à cette époque.
      J’ai recherché aussi sur les bijoux des familles , car "Pierre Augustin OMER, portait une croix particulière autour de son cou quand il fut trouvé, mais ici aussi il faudrait savoir si les bijoux étaitent répertoriés... Une sacrée enquête en conclusion...

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  • Je viens de lire cet article fort intéressant. Dans la filiation de mon épouse je butte sur le même problème : son ancêtre au paternel entre 1775 et 1783 a donné naissance à quatre enfants « ex illicito » comme indiqué dans leurs actes de naissance. J’ai cherché aux archives départementales les archives de Justice mais elles sont incomplètes, je n’ai pas trouvé les déclarations de grossesse. J’ai aussi fait des recherches d’actes de décès et j’ai trouvé le décès de trois de ses enfants en bas âge, dont deux sur les registres de l’hôpital de sa ville. Le seul ayant survécu est l’ancêtre de mon épouse qui au moment de son mariage obtint une ordonnance déclarant sa mère sans domicile connu et n’ayant pas donné nouvelles depuis plus de 20 ans. Je n’ai pas trouvé dans les archives les traces de cette ordonnance. En fait elle était déjà décédée audit hôpital hospice. A la naissance de ses enfants son fils leur donna un nom modifié. Je n’ai rien trou
    vé pour en justifier. J’envisage de m’adresser aux archives épiscopales. Qu’en pensez vous ?

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  • Bonjour ,
    Mon AGP maternel(1860- Yves Briand de Lanmérin- 22) est né d’une filandière et de père inconnu , ainsi que ses 2 frères.
    Peut-on considérer que le déclarant ( le même pour l’un de frères et lui), sans lien avec la mère, puisse être le père naturel ?
    Merci d’avance

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    • en dragant large,mais en restant sur des apparentés à mes lignées d’ancètres(auvergnats),j’ai 2 cas,très nets,de déclarant qui s’avère,ne serait que par le convol qui intervient plus tard ,mais aussi par actes de reconnaissance,qu’il était le « bon » père-dans un cas,c’était le beauf de s/bellesoeur veuve,dans,l’autre c’est le maitre(tout petit) de sa servante-

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  • toujours de la même veine,voici ce que l’on peut lire sur le registre paroissial de Marat(aux A.D./PDD,6E206/1,relatif à une période(élastique) de 1574 à 1747):en conclusion de l’année 1738 :« nous soussigne curé de Marat declarons avoir publié aux prones des messes paroissiales la susd année l’Edit du Roy henri Second du mois de fevrier 1556 qui etablit la peine de mort contre les femmes qui ayant caché leur grossesse et leur accouchement laissent perir leurs enfants sans recevoir le bapteme ce trente unieme decembre mil sept cent trante huit J Croizet curé de Marat »---
    et tac,pour ceux(sic) et celles(resic) qui n’auraient pas assimilé les avantages de l’ondoyment ou du baptème-depuis,la justice des hommes .....

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  • Arrêtons de penser, de dire et d’écrire que « le poids social et religieux sous l’ancien régime était tel que... ».
    Je suis de ceux qui pensent qu’il n’y a pas d’ancien et de nouveau régime mais qu’il y a l’histoire de France tout court avec ses évolutions.
    Sur ce sujet des filles-mères, ainsi qu’elles étaient appelées, le problème était toujours identique au 20e siècle. Cela n’a donc rien à voir avec un quelconque régime politique mais appartient à une culture et une sociologie qui les transcendent.

    Quant aux avortements, ils existaient aussi sous ce dit « ancien régime » avec malheureusement des risques considérables pour la vie de ces personnes. Leur décès ne mentionnait quasiment jamais leur pourquoi, et pour cause.
    Nous n’avions pas encore, sans aucune arrière pensée, développé le côté industriel de la chose.

    Je ne suis pas certain qu’aujourd’hui encore « la fille mère » soit toujours accueillie à bras ouvert et qu’on lui manifeste le minimum de respect dû à toute personne.

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    • sauf que,depuis un bon demi siècle,le statut de fille/mère,mère célibataire,mères chargées d’enfants de plusieurs pères,mère qui s’est faire un bébé toute seule,co/mères adoptives militantes,l’enfant sans père est devenu une institution républicaine,duëment considéré(l’enfant),le statut,comme une statue statufiée-avec le choix du patronyme de la mère en sus de celui du père ou en substitution,la généalogie serait-elle en passe(sic) de devenir la religion du 21 è ?-

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    • Bonjour.

      BRAVO HAMMC, ce que vous dites est vrai, sous cette république la pression de normalisation sociale aurait toujours tendance à diaboliser l’ancien régime pour les esprits faibles, comme si cette révolution de 1789 aurait changé les mentalités des français. Au-delà du caractère purement politique, qui au fond n’était pas pire que la torture psychologique pratiquée de nos jours qui conduit au suicide, et qui remplace la torture physique d’autrefois, on peut s’interroger si ce n’est pas plus grave aujourd’hui...
      Les filles mères ont une étiquette encore pire, car la société leur reproche de ne pas prendre leurs précautions, alors qu’il existe des moyens plus confortables pour éviter qu’elles soient enceintes. Autrefois ces moyens existaient, ils étaitent différents, par des plantes, et tout autres solutions radicales. Mais le déshonneur reste toujours le même, qu’il y a plusieurs siècles. La politique d’un pays peut changer, mais l’esprit humain reste le mème...

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    • J’approuve tout à fait votre approche ! Il est indéniable que la fille mère a et est toujours victime du qu’en dira t’on ! Les parents d’aujourd’hui sont même parfois encore plus intransigeants qu’aux siècles précédants. Je connais plusieurs cas de parents capables de mettre à la porte leur enfant pour ne pas subir je ne sais quelle honte. C’est eux qui devraient avoir honte. Merci à chacun d’avoir éclairé d’un jour nouveau une manière de retrouver l’ancêtre X même si la plupart du temps on ne peut que supputer. J’attire toutefois l’attention du généalogiste sur le fait que la femme reste le seul ancètre dont on soit certain. Il faudra un jour cesser de penser que la femme n’a pas vocation à reconnaître seule son enfant. Surtout que mettre au monde sera toujours plus difficile que générer une vie. Amitiés à toutes et tous. GG

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    • Au nombre de personnes réagissant sur ce thème et des recherches incroyables que déclenchent les « pères inconnus », on se rend bien compte que l’importance de la filiation n’est pas QUE sociale.
      Il s’agit non seulement de savoir d’où l’on vient mais aussi comment, pourquoi, etc.

      J’ajouterais qu’il n’y a pas non plus QUE l’histoire de France ; il y a l’histoire de l’humanité : toutes les sociétés sont confrontées aux mêmes problèmes (toutes les femmes aussi) ; le fond reste le même, seule la forme change.
      Aujourd’hui, on veut banaliser les « parents isolés », les « familles recomposées » ; les médias nous proposent des caricatures angéliques ou drôles... La réalité l’est moins. La banalité du divorce n’atténue pas la souffrance des enfants de divorcés. L’inceste comme le harcèlement et le viol se vivent toujours majoritairement en secret.

      L’adulte continue à porter en lui l’enfant qu’il a été, et le transmet à sa descendance.

      De leur côté, les régimes politiques favorisent une sociologie en accord avec leur objectif : a-t-on besoin de plus de bras ? de plus de consommateurs ? Favorisons les naissances, quelles qu’elles soient... Luttons contre les abandons qui entraînent trop de pertes.

      L’Église (ou son avatar laïque) passera ensuite derrière pour légitimer la structure sociale du temps.

      Il y avait un « père inconnu » dans ma lignée. J’ai choisi de réhabiliter la justesse de sa décision au moment où il l’a prise tout en reconnaissant les souffrances consécutives. Depuis, ce « blanc » généalogique n’a plus d’importance.

      Neuf français sur dix descendent de Charlemagne nous dit Jean-Louis Beaucarnot. Cet « inconnu », nous le retrouverons sûrement à travers ses ancêtres dans une autre branche de notre généalogie...

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  • Très bon article comme beaucoup sur le site !
    Et que dire de cette situation : mon ancêtre Magdeleine née en 1857 en Dordogne a eu 5 enfants (entre 1882 et 1894) tous de père inconnu !
    Et rien sur les actes pour donner une piste. Le seul renseignement est qu’elle était agricultrice.
    Même père pour les 5 enfants ? différends pères ????
    Où chercher ?
    Merci de vos aides

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  • Merci pour cet article très détaillé et intéressant.
    Plus concrètement : aux AD comment s’y prendre pour trouver l’acte judiciaire de déclaration de grossesse.

    par exemple :
    ACTE DE NAISSANCE de Joseph Désiré Julia né à Toulon le vingt quatre à l’hospice civil à six heures du soir
    fils de Joséphine Julia née à Brignoles (Var) domestique, domiciliée à Toulon quartier Brunet chez M. Bourilly, âgée de vingt-trois ans et de père inconnu. il a été vérifié que l’enfant à moi présenté est du sexe masculin
    Sur la déclaration à moi faite par la dame Marie paquet, sage-femme, âgée de trente sept ans, ayant procédé à l’accouchement.
    1er témoin Pierre Augier 76 ans garçon de bureau dom à Toulon
    2e témoin Jean Blanc 58 ans garçon de bureau dom. à Toulon

    à noter que comme bon nombre de ces enfants abandonnés, celui-ci mourut en très bas âge. Je doute que l’on s’occupait bien d’eux. Pour bcp de nourrices, ils ne devaient être qu’une source de revenus.

    ACTE DE DECES de Julia Joseph Désiré célibataire décédé à Sigales le vingt huit juillet à quatre heures du soir, profession de néant
    âgé de deux ans, né à sans renseignement
    département de.... domicilié à... ;
    fils de l’assistance publique du département du Var

    Sur la déclaration à moi faite par ALIEZARY Elisabeth femme Bertraux âgée de trente six ans, profession de cultivateur domiciliée à Sigale qui a dit être non parenté du défunt et par Astrid LAVIGNE veuve ALZIARY âgée de soixante ans, profession de cultivateur domiciliée à Sigale qui dit être la nourrice du défunt

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  • Le grand père paternel de ma grand-mère maternelle est déclaré enfant naturel dans l’acte de naissance des AD de Tours. A l’adresse (à Tours) de sa mère (profession lingère), le premier recensement indique 6 années plus tard qu’y habitaient un baron, sa famille et quelques domestiques.
    Etait-ce le cas au moment de la naissance ?
    Le baron est-il le père ? ou bien est-ce quelque galant rencontré dans le quartier ?
    Le mystère reste entier et je perds la trace de cette aïeule....

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  • Bonjour,
    ce sujet sur les pères inconnus, émaille à mon avis bien des généalogies.
    Pour ma part je suis confronté à une drôle de situation, mon A-A-G-P paternel a eu une fille ; Adèle, qui a vécu avec lui et chez lui jusqu’à l’âge de 25 ans environ.
    Adèle a eu en 10 ans ; 6 enfants de pères inconnus .....
    Or un évènement soudain est venu jeter le trouble sur ces pères inconnus.
    Six mois, à peine, après qu’Adèle eut accouché de sa sixième fille, son père qui était veuf se voit devenir père à son tour avec une femme de 50 ans de moins que lui qui a 73 ans. Deux semaines plus tard, Adèle se rend en mairie pour déclarer qu’elle est bien la mère de ses 6 filles. Pourquoi avoir attendu ce moment là ?
    Trois ans passent et Adèle qui a 29 ans, accouche de deux jumelles au domicile de son père et toujours de père inconnu.
    Il me semble que ces évènements et reconnaissances soudains, peuvent laisser penser que les pères inconnus pourraient être un seul homme : le propre père d’Adèle, qui peut-être vexée à voulu « s’approprier » ses propres filles !
    Ah j’oubliais, Adèle a reconnu ses deux dernières filles 12 ans plus tard et toujours de père inconnu, nous sommes en 1882.
    Que pensez-vous, de cette hypothèse ?

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  • Bonsoir

    Je suis enfant naturel et ma mère (83 ans) refuse encore et toujours de me révéler le nom de mon géniteur (c’est par une tante que j’ai pu obtenir l’info qui n’est toujours pas officielle). Ma gd mère (née en 1897)est enfant illégitime de même que mon gd père (né en 1899) mais un bruit court dans la famille que ce dernier était le fils du sabotier, un certain « Donias ».

    L’acte de naissance d’une de mes ancêtres est rédigé ainsi :

    « L’an de grace 1719, 26e jour d’octobre environ 1h après midy fut batisée par moy recteur soussigné dans l’église paroissiale de Plaudren Julienne Guillemette fille naturelle de Bily Caudal fils de Jean Caudal et de Marie Le Penven et de Magdeleine Le Chevalier fille de Lorent Le Chevalier et de Catherine Malo de la paroisse de Plumelec lesdits Bily Caudal et Magdeleine Le Chevalier point mariés et ledit Bily m’ayant déclaré à moi et à Monsieur Jouas mon curé que ledit enfant était de luy. Ledit enfant né d’hier après midy parrain a été Julien Le Taixier de cette paroisse et marraine Guillemette Le Penven aussy de cette paroisse qui ne savent signer. »

    Quelquefois, nous pouvons avoir de bonnes surprises : non seulement nous avons le nom du père mais, sur un même acte paroissial, le nom des 4 gds parents... En revanche, je n’ai aucun autre acte concernant ces personnes hormis le mariage non filiatif de Guillemette Caudal à Questembert et les décès, à Plaudren, de Guillemette Caudal et de Marie Le Penven qui ne prouvent pas la filiation de façon certaine.

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