Armand Gatti, né le même jour que moi (le 24 Janvier 1926), entré en résistance la même année (1943), poète, homme de lettres, auteur de nombreuses pièces de théâtre et journaliste, a écrit ces quelques lignes qui, pour moi, sont la plus authentique entrée en matière qui soit : « Raconter la même histoire, en vérité la même histoire, mais toujours différente, car chacun en porte la version dont il est le témoin unique. »
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J’étais Déborah, de la 2105e compagnie de marche F.T.P.
Armand Gatti, né le même jour que moi (le 24 Janvier 1926), entré en résistance la même année (1943), poète, homme de lettres, auteur de nombreuses pièces de théâtre et journaliste, a écrit ces quelques lignes qui, pour moi, sont la plus authentique entrée en matière qui soit : « Raconter la même histoire, en vérité la même histoire, mais toujours différente, car chacun en porte la version dont il est le témoin unique. »
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J’étais Déborah, de la 2105e compagnie de marche F.T.P. (1re partie)
17 mars 2011, par Loty Margulies † -
J’étais Déborah, de la 2105e compagnie de marche F.T.P. (2e partie)
24 mars 2011, par Loty Margulies †L’Allemagne venait d’envahir la Pologne. La France et l’Angleterre, liées par un traité d’alliance avec ce pays, se trouvèrent entraînées dans ce conflit. Le premier septembre 1939 : déclaration de guerre. Inutile de dire que mes parents se sentaient directement concernés, car toute leur famille habitait la Pologne. La plupart de nos amis déclarés apatrides étaient, en fait, des Polonais qui refusaient la nationalité polonaise par suite de l’antisémitisme de ce pays.
La Société Des Nations avait accepté que les Juifs polonais se déclarent apatrides pour échapper à une éventuelle mobilisation dans l’armée polonaise. Tous ces gens se trouvaient dans la même angoisse que mes parents. -
J’étais Déborah, de la 2105e compagnie de marche F.T.P. (3e partie)
31 mars 2011, par Loty Margulies †Le premier mois de l’occupation commença par le rationnement de la nourriture et la distribution de cartes d’alimentation. Au début, notre ration journalière de pain était de 150 gr. par personne. Dans la population courait le bruit que la farine avait été arrosée de pétrole par l’Intendance militaire française de manière à ce que cette farine ne puisse servir aux Allemands. Il a même été dit qu’une épidémie de gale en avait résulté, ce qui est improbable.
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J’étais Déborah, de la 2105e compagnie de marche F.T.P. (4e partie)
7 avril 2011, par Loty Margulies †Nous avons affronté un hiver encore plus rigoureux que le précédent, avec de moins en moins de possibilités de se protéger contre lui. Nous avons écouté le discours de Hitler début 1942, après la conférence de Wansee, où les chefs nazis condamnèrent tous les juifs des pays occupés par l’Allemagne à la destruction totale, soit la « Solution Finale ». Que faire ? Nous étions pris dans une souricière et ne savions pas comment nous en évader. Mon père prit la décision du départ de mes deux frères vers la zone libre. Le temps de matérialiser ce projet dangereux et d’espérer un redoux (la température était à moins dix degrés), le malheur était arrivé.
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J’étais Déborah, de la 2105e compagnie de marche F.T.P. (5e partie)
14 avril 2011, par Loty Margulies †À Belfort, les juifs adultes étrangers avaient été arrêtés par la police française, les enfants jetés à la rue et les appartements mis sous scellés. Il m’était insupportable de penser à mes petites sœurs passant la nuit sur le trottoir. Aussi je pris la direction de la gare de Perrache le soir même et décidai de retourner à Belfort pour sauver mes sœurs. J’achetai un billet de chemin de fer et, dépitée, j’appris que le prochain train en partance était à 5 heures du matin.
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J’étais Déborah, de la 2105e compagnie de marche F.T.P. (6e partie)
21 avril 2011, par Loty Margulies †Juillet 1942. Évidemment, il n’est pas question de rester à Lyon où, bien qu’en zone libre, les arrestations de Juifs se font à cadence accélérée. Je pars en éclaireur en direction de Boussac (Creuse) où je vais retrouver mon frère Simon. Je dois trouver une possibilité de nous loger. Le train, parti de Perrache, arrive 12 heures après à Montluçon. Les trains sont rares. La majeure partie du voyage se passe debout.
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J’étais Déborah, de la 2105e compagnie de marche F.T.P. (7e partie)
12 mai 2011, par Loty Margulies †Arriva le printemps 1943, où le maquis commença à s’organiser dans le village de Toulx Sainte-Croix, dans un endroit magnifique et sauvage situé à 7 Kilomètres de mon village. C’était un point d’observation idéal, l’emplacement d’un ancien oppidum romain qui surplombait les départements de l’Allier, de la Vienne, du Cher, de l’Indre, du Puy-de-Dôme et de la Corrèze.
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J’étais Déborah, de la 2105e compagnie de marche F.T.P. (8e partie)
19 mai 2011, par Loty Margulies †L’armée américaine, clouée sur les plages, subit de lourdes pertes en vies humaines. Les Allemands leur opposaient une très forte résistance grâce au « mur de l’Atlantique », véritable barrage de béton. Ce mur, hérissé de centaines de batteries de canons, tout au long des côtes, aurait dû leur permettre de repousser un éventuel débarquement.
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J’étais Déborah, de la 2105e compagnie de marche F.T.P. (9e partie)
26 mai 2011, par Loty Margulies †Je ne revis aucun de mes camarades. Considérant que la guerre allait bientôt se terminer, mon père, fou d’impatience, prit la décision de partir fin octobre dans l’espoir d’avoir des informations concernant mon frère déporté.
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J’étais Déborah, de la 2105e compagnie de marche F.T.P. (10e partie)
2 juin 2011, par Loty Margulies †Mon frère Simon, qui avait été mobilisé dans la 2e D.B. et versé dans une unité du Génie en tant que pontonnier, se trouvait déjà sur le sol allemand. C’est par ses lettres qu’ ;il nous fit comprendre toute l’horreur des camps d’extermination que les armées alliées rencontraient au fur et à mesure de leur avancée. Il avait été témoin de l’indicible, et l’on avait le sentiment, en lisant ses missives, qu’il n’avait pu trouver les mots pour l’exprimer… ces mots n’existant pas. J’ ;imagine son émotion en découvrant ces horreurs. J’ai compris le sentiment de culpabilité qui l’habite encore de nos jours. Il avait échappé à la mort atroce que son aîné avait subi.