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Henri G… abandonné en 1889 dans une rue de Quimper


jeudi 5 décembre 2013, par Pierrick Chuto

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En novembre 1857, un enfant de sexe féminin, de père et mère inconnus, est exposé au tour de l’hospice de Quimper. En juin 1889, un autre enfant de sexe masculin, de père et mère connus, âgé de deux ans et demi, est remis au même hospice. Quel lien y a-t-il entre ces deux abandons à près de 32 ans d’intervalle ? L’histoire vraie qui suit n’a rien d’un conte de fées. Chacun pourra en tirer une morale.

Le 20 mars 1861, le baron Richard, préfet du Finistère, publie un arrêté qui, à compter du 1er mai, remplace le tour [1] de l’hospice de Quimper par un bureau d’admission. Malgré l’opposition du Conseil général et des notables de la Commission hospitalière qui craignent que cette mesure lourde de conséquences n’entraine un accroissement des infanticides, le représentant de l’État juge que la situation est devenue intenable.

En 1860, cent dix enfants de père et mère inconnus ont été exposés (déposés) dans le tour de l’hospice civil situé sur une hauteur de la ville de Quimper, appelée Creac’h-Euzen. L’entretien de tous ces enfants obère les finances publiques et de nombreuses villes ont déjà fermé leur tour [2].

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Hospice civil de Quimper, ancien grand séminaire avant la Révolution, puis hôpital militaire jusqu’en 1801.

À Quimper, l’hospice civil croule sous les dettes et doit vendre un par un ses biens affermés dans quelques communes. Les vieux lits vermoulus du dortoir des garçons ne sont pas encore remplacés par des lits en fer et, malgré les efforts des dames blanches de la communauté du Saint-Esprit, les enfants doivent dormir sur des matelas durs et infects dont un usage perpétuel a pourri la laine. Soixante-dix garcons et filles sont encore pensionnaires à Creac’h-Euzen, malgré les appels à l’aide du préfet à tous les maires :

On trouvera dans les hospices des filles saines et bien constituées et des garçons adultes qui, quoique d’une faible constitution, peuvent rendre des services à l’agriculture. Les filles sont singulièrement propres au travail manuel, au travail des champs.

Mais les paysans et les artisans sont peu enclins à prendre en charge ces enfants souvent infirmes ou au tempérament rebelle et insoumis. Les garçons trompent leur ennui en travaillant dans la ferme de l’hospice pendant que les filles sont employées à des travaux de couture et aux cuisines.

Le 24 avril 1861, un garçon agé d’environ dix jours est le dernier enfant trouvé, exposé au tour de l’hospice de Quimper. Avant qu’il ne parte chez des parents nourriciers, le patronyme de Léon-Marie Tazu [3] lui est attribué.

À compter du 1er mai, l’anonymat est désormais interdit et la mère, qui souhaite abandonner son enfant, doit expliquer les raisons de son geste. Palud, inspecteur des enfants assistés, en phase avec le Pouvoir, juge qu’il est préférable d’octroyer à la mère un secours temporaire de 6 francs par mois pendant trois ans pour élever son enfant. L’État fera des économies substantielles [4] et les chances de survie seront augmentées.

Les opposants argumentent que ce n’est pas avec cette aumône ridicule que la mère repentante et le plus souvent seule pourra s’occuper dignement de son enfant. La fille-mère préfére confier le fruit de sa chair à l’hospice qui lui offre un toit et des repas quotidiens. Malgré les directives préfectorales, elle obtient facilement de la part du maire de sa commune un certificat d’indigence, et l’enfant vient grossir le nombre des enfants mis en nourrice dans près de soixante communes de Cornouaille.

L’inspecteur constate avec regret que dans ce département l’on répugne aux idées nouvelles et qu’il faut ménager les préjugés du pays.

Peu à peu cependant, le nombre d’enfants admis à l’hospice diminue tandis que les secours temporaires augmentent au grand dam des bien-pensants qui jugent qu’il est choquant d’octroyer de l’argent à la fille-mère qui accepte d’élever son enfant alors que la femme honnête ne profite d’aucune aide pour s’occuper de son enfant légitime.

En 1872, le département doit donner asile à neuf enfants et sur les quatre premiers mois de 1873, onze petits sont déjà secourus. L’inspecteur écrit au préfet qu’il est temps de prendre des mesures devant une telle contagion qui scandalise les populations honnêtes des campagnes.

En 1874, Théophile Roussel, médecin, député et président de la Société protectrice de l’enfance, est l’initiateur d’une loi qui réglemente enfin « l’industrie nourricière ». Les enfants assistés ont désormais droit à tous les égards et ceux qui étaient rejetés il y a peu sont mieux protégés que les enfants légitimes. En ménageant la santé de ces bâtards, la Troisième République espère compenser la baisse de la natalité et puiser plus tard dans le vivier de ces jeunes qui serviront les intérêts de l’État, en remerciement de tous les bienfaits qui leur auront été prodigués.

En 1889, l’admission à l’hospice est devenu une exception, le secours accordé aux femmes qui gardent leur enfant étant devenu la règle. Et pourtant,cette année-là, des enfants sont encore abandonnés dans les rues de Quimper ou d’ailleurs.

L’histoire qui suit en est la preuve :

François Gilier, contremaître de l’usine à gaz, est de service dans la nuit du 25 au 26 mai 1889. En compagnie d’un employé, il doit s’assurer du bon fonctionnement des becs d’éclairage installés dans les rues de Quimper. Il est un peu plus de deux heures et demie, lorsque, rue du Chapeau Rouge, à deux pas de l’école communale, Gilier est intrigué par le manège d’un homme qui s’approche avec un paquet encombrant qu’il pose précipitamment sur le trottoir avant d’aller se cacher quelques mètres plus loin.

Le contremaître et son second accourent et découvrent, recroquevillé dans un panier à poissons, un garçonnet d’environ deux ans qui, entre deux sanglots, ânonne quelques mots en breton. Gilier tente en vain d’extraire du panier le gamin qui semble n’avoir aucune force dans les jambes, car il retombe lourdement. Les sabots qu’il a aux pieds sont aussi beaucoup trop petits pour lui.

L’homme apporte le précieux colis à son épouse qui constate l’état de grande saleté de l’enfant. La paille sur laquelle il est couché est souillée et, malgré les deux gâteaux qui se trouvent dans le panier, le petit, affamé, dévore la bouillie préparée par madame Gilier. Un billet attaché à sa chemise porte l’indication : Henri= G Batisé 2 Ans.

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Billet trouvé sur l’enfant

À l’hospice où l’enfant est conduit, le médecin examine le petit Henri avant l’arrivée au petit jour du commissaire de police. En breton, l’enfant raconte qu’il couche habituellement dans ce panier et que sa mère le battait souvent. Comme sa mise paraît indiquer qu’il vient de Douarnenez ou des environs, les recherches s’orientent vers ce secteur.

Quelle est l’origine des deux gâteaux qui, par leur forme et leur texture, peuvent venir du pays de Douarnenez, du Cap-Sizun ou de Pont-L’Abbé ? Dès le 29 mai, la police découvre qu’ils sont fabriqués à Pont-Croix par Jean Jézéquel, qui les place en dépôt dans de nombreuses épiceries. Des revendeuses sont interrogées, comme Marguerite Quéré, veuve Cabellic, marchande de gâteaux à Poullan, mais aucune ne peut fournir aux enquêteurs la liste des acheteurs.

L’affaire commence à prendre corps, lorsque le maréchal des logis Hamayon, gendarme à cheval à la résidence de Pont-Croix, apprend qu’un enfant, dont la mère est morte il y a peu, a disparu de la commune de Meilars. En effet, Anne-Marie Pavec, domestique à Meilars, est décédée le 25 mars 1889. Née de père et mère inconnus, elle a été exposée le 29 novembre 1857 au tour de l’hospice de Quimper où il lui a été attribué le patronyme de Paver [5]. Mariée à Guillaume Gloaguen, elle vivait séparée de cet homme, domestique à Cléden-Cap-Sizun, peu recommandable sous tous les rapports et qui passe pour être un peu toqué.

L’homme ne s’est jamais occupé de ce fils que la mère élève tant bien que mal avec le secours des voisins. À la mort d’Anne-Marie, Gloaguen vend le petit mobilier et laisse l’enfant à la charge des époux Ollier, cultivateurs à Kerhoanton en Meilars. Comme il refuse de reprendre l’enfant au bout d’un mois et qu’il ne paie pas de pension aux époux Ollier, ceux-ci conduisent le petit garçon chez son oncle Daniel Gloaguen, charron au hameau de Keridreuff en Plouhinec.

Veuf depuis peu, l’homme ne sait que faire de ce fardeau et il le confie provisoirement à Jean-Guillaume Brénéol, parent éloigné qui habite au village de Kéréval en Plouhinec. Daniel Gloaguen a fait une demande d’admission à l’hospice, mais comme la réponse se fait attendre, il décide d’abandonner l’enfant dans une rue de Quimper. Pour la somme de dix francs, payable quand il aura fait la besogne, le nommé Marc-Dominique Guyader, chiffonnier de son état, accepte la sinistre mission après avoir obtenu deux francs supplémentaires pour le déplacement. Le lundi 25 mai, il quitte Plouhinec vers onze heures du soir après que Gloaguen lui a recommandé de déposer le garçonnet sur un trottoir afin qu’il ne lui soit fait aucun mal.

Arrivé vers deux heures et demie du matin à Quimper, Guyader laisse son char à bancs route de Douarnenez, dépose le panier et l’enfant qui pleure dans la première rue venue. Puis, il va voir si son cheval est toujours bien attaché, revient sur le lieu de son forfait et s’embusque près de la maison David, rue du Chapeau-Rouge, d’où il surveille le panier jusqu’à ce que deux individus s’en approchent.

La police n’a aucun mal à faire avouer les deux coupables. Le père de l’enfant n’est pas inquiété, car l’enquête établit qu’il n’a pris aucune part dans l’abandon. Le 13 juin 1889, pour avoir exposé et délaissé un enfant au-dessous de l’âge de sept ans accomplis, les sieurs Gloaguen et Guyader, cupides et à peu près illettrés au dire des témoins, sont condamnés à trois mois de prison, et le premier écope en plus de deux cents francs d’amende.

Henri Gloaguen, deux ans et demi, enfant assisté, après avoir été enregistré sous le patronyme d’Henri Philippe, va suivre le même parcours que sa mère, enfant trouvée, exposée à l’hospice trente-deux ans plus tôt. Les appellations changent, mais le mal est bien loin d’être éradiqué.

Cet article est écrit d’après quelques passages de mon livre :

Les exposés de Crea’ch-Euzen - Les enfants trouvés de l’hospice de Quimper au XIXe siècle.

Tous les détails : préfaces, introduction, carte des communes nourricières sur le site de l’auteur : http://www.chuto.fr/

Notes

[1C’est une sorte de boîte pivotante installée dans le mur de l’hospice et dans laquelle une personne dépose anonymement un enfant avant d’actionner une cloche et de s’enfuir au plus vite. Un décret impérial de 1811 rend le tour obligatoire dans chaque hospice dépositaire.

[2Angers et Saumur ont fermé en 1853, Vannes en 1859. Les tours de Nantes et des Côtes-du-Nord ne furent supprimés que le 1er janvier 1862, et Brest le 1er août 1864.

[3Depuis 1843, l’hospice de Quimper a choisi d’appliquer une nouvelle méthode. Tous les patronymes donnés aux enfants commencent par la lettre A, en 1844 par la lettre B et ainsi de suite jusqu’à la lettre T en 1861.

[4Entre les 6 francs mensuels à donner aux parents nourriciers pendant 12 ans et la même somme à octroyer à la mère pendant seulement 3 ans, le calcul est vite fait.

[5Paver est devenu Pavec, soit par la négligence d’un secrétaire de mairie, soit par la volonté délibérée de modifier ce patronyme venu de nulle part en un nom à la consonance bretonne.

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31 Messages

  • Henri G… abandonné en 1889 dans une rue de Quimper 5 décembre 2013 17:43, par André Vessot

    Bonsoir Pierrick,

    La vie n’était pas facile pour les filles-mères et les enfants trouvés de l’hospice de Quimper au 19e siècle. Vous avez fait là un travail remarquable.

    J’ai aussi dans mes ancêtres plusieurs enfants trouvés, recueillis par l’hôpital de la charité de Lyon, mais à mon grand tort, sans doute, je n’ai pas poussé plus loin ma recherche, bien que les registres des enfants trouvés soient en ligne aux archives municipales de Lyon.

    Encore bravo pour cet article qui donne envie de lire votre livre. Bien amicalement.

    André Vessot

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  • Henri G… abandonné en 1889 dans une rue de Quimper 11 décembre 2013 10:12, par DELERIS SERGE

    ALBERT FRÉDÉRIC abandonné devant l église ST SERNIN a NIMES en 1864 je n arrive pas a trouver ses origines il est mort a payzac en 1941 ( ou trouver les archives le concernant )

    Répondre à ce message

    • Henri G… abandonné en 1889 dans une rue de Quimper 11 décembre 2013 13:29, par Franck

      Bonjour Serge,

      Orientez vos recherches dans les archives hospitalières (peut-être déposées aux archives départementales du Gard) et aussi dans la série X des archives départementales qui concerne en général l’assistance publique (et peut-être y trouverez-vous un sous-dossier concernant les enfants abandonnés et placés).

      En tout état de cause, renseignez-vous auprès du personnel des archives qui est là pour vous aider/aiguiller (pensez à vous munir de toutes les infos que vous avez concernant votre ancêtre, cela peut toujours être utile !).

      Cordialement,

      Franck

      Répondre à ce message

    • Henri G… abandonné en 1889 dans une rue de Quimper 11 décembre 2013 15:49, par Pierrick Chuto

      Bonjour
      Il vous faut d’abord savoir si le tour de l’hospice existait encore à cette époque.
      C’est moins « romantique » mais à cette époque si le tour existait, il y avait peu d’abandons sous le porche de l’église, du moins en Bretagne.
      Il existe aussi aux archives départementales une série H dépôt, intéressante pour les enfants assistés.
      Dans la série 3X ,vous devriez trouver la liste trimestrielle des parents nourriciers (par commune) et des enfants qui leur sont confiés.
      Si vous voulez savoir comment vivaient ces enfants, je ne peux que vous conseiller la lecture de mon livre. Quelque soit la région, leur vie était semblable.
      Bon courage pour vos recherches

      Répondre à ce message

  • Henri G… abandonné en 1889 dans une rue de Quimper 11 décembre 2013 14:42, par THOUROUDE

    Bonjour,

    J’effectue des recherches concernant la famille Bénévent.
    En fait,c’est le vrai nom de Noél ROQUEVERT !
    J’ai trouvé l’acte de naissance de Reine Bénévent le 7 septembre 1855 à Saint Brieuc.Enfant abandonnée devant l’hospice civil de Saint Brieuc.
    J’ai tout lieu de penser que cette personne était issue de
    la troupe Bénévent(théâte ambulant) qui circulait à l^époque dans le grand ouest.Reine a eu un fils naturel Paul né à Saint Brieuc en 1883.Il ressemblait énormément à Noél Roquevert.

    Répondre à ce message

    • Reine Bénévent 28 décembre 2014 19:54, par marie-dominique bénévent

      Bonjour,
      Je suis la petite fille de Paul Bénévent et donc l’arrière petite fille de Reine Bénévent. Qui est Thouroude ?

      Répondre à ce message

    • Henri G… abandonné en 1889 dans une rue de Quimper 28 avril 2018 11:01, par Philippe Escallier

      Bonjour,

      La filiation agnatique (par les pères) de Noel Roquevert est une vallée des Hautes-Alpes, le Champsaur. Notre association (les familles Escallier) travaille sur cette vallée dont nous sommes originaires. Pierre Castelli, notre maître en généalogie, a tracé sa filiation que nous tenons à votre disposition.

      Bien cordialement
      Philippe Escallier

      Répondre à ce message

  • Henri G… abandonné en 1889 dans une rue de Quimper 11 décembre 2013 16:42, par plichard

    Mon arrière grand-père était un enfant exposé ainsi que son frère jumeau au tour d’abandon de l’hospice de Valenciennes en 1834, un patronyme leur a été donné,quelq’un pourrait il me dire comment été « choisi » ce patronyme ? D’avance merci
    Cordialement

    Répondre à ce message

    • Henri G… abandonné en 1889 dans une rue de Quimper 12 décembre 2013 19:00, par J.-F. Foncin

      La circulaire ministérielle du 30 janvier 1812 stipule que le nom de l’enfant trouvé (de père et mère inconnus) est choisi par l’officier d’état civil, si l’enfant lui est porté directement, ou par l’administration de l’hospice dans lequel il a été placé. Ce nom est choisi librement, mais ne doit pas être celui d’une famille existante, ni être ridicule ou rappeler « l’irrégularité » de l’origine de l’enfant. Ces restrictions n’existaient pas en Italie, où l’on trouve beaucoup de patronymes ESPOSITO (exposé, abandonné) ou, plus rarement, PROIETTO (rejeté). J’y ai vu aussi que l’officier d’état civil, sachant que le père de l’enfant de la « serva » était le « padrone », donnait à l’enfant « trouvé » à la porte de celui-ci son patronyme, probablement avec l’accord du dit padrone, « légitimant » ainsi un enfant adultérin, comme le fit Louis XIV.

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    • Henri G… abandonné en 1889 dans une rue de Quimper 13 décembre 2013 17:33, par Pierrick Chuto

      A l’hospice de Quimper, sujet de mon livre,
      La mère supérieure de l’hospice civil établissait une liste de patronymes et de prénoms et le commis aux entrées de l’hospice piochait dans le tas.
      Avant 1812, les enfants « héritaient » de trois ou quatre prénoms, le dernier servant de patronyme.
      Ensuite la loi est venue théoriquement réglementer l’attribution de patronyme, mais les sœurs, férues de culture grecque ou romaine donnaient aux enfants trouvés des noms de combattants grecs, d’écrivains ou de philosophes romains. (exemple : Aristote, Sextus, Labio, Pacus, Pappus, Capiton , Fulvie), des noms empruntés à la géographie, à l’alphabet grec, à la faune et à la flore (Actinie, camarine, nitella, Argas.)
      A partir de 1843, Quimper a choisi la facilité et a donné à tous les enfants trouvés un nom commençant par A, en 1844, par B et ainsi de suite jusqu’en 1861, date de fermeture du tour et en conséquence arrêt de l’abandon anonyme .
      J’ai été un peu long mais c’est une histoire qui me passionne. Elle est totalement méconnue, même par les nombreux descendants de ces enfants trouvés, exposés.

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      • Henri G… abandonné en 1889 dans une rue de Quimper 14 juillet 2014 20:58, par Marie-Laure MOAL

        La Bretagne et ses légendes...
        Fin 80. Mon père décide d’entreprendre des recherches sur sa famille. Il veut percer le secret de la légende familiale qui veut qu’ « un jour de tempête un navire marchand grec s’échoue sur une plage du Cap-Sizun ». Suite à ce naufrage, un enfant est trouvé.
        Mon père dépositaire de ce « secret », me l’a confié lors de ces recherches auxquelles il m’a fait participer.
        Décédé en 2008, il ne saura donc jamais (tant mieux)ce que j’ai découvert depuis peu. Cet enfant trouvé (qui était en fait son arrière grand-père) n’a jamais eu de Grec que le nom. Que ce petit, abandonné à 15 mois, a été remis à l’hospice de Quimper. Et que le nom EPICRATE, qui nous a fait rêver et interroger des générations durant, il le doit à une de « ses sœurs férue de culture grecque ».

        J’ai commandé votre livre pour en savoir encore plus sur mes origines. Merci pour votre travail.

        Répondre à ce message

  • Henri G… abandonné en 1889 dans une rue de Quimper 11 décembre 2013 18:40, par Pohu Pierre

    Une de mes arrière grand mère a été exposé dans le tour de l’hôpital de Dijon (Cote d’Or) le 14 septembre 1856. Un procès verbal d’exposition établi le 26 septembre 1856 précise qu’elle était âgée d’environs 9 mois et que le nom de Laure ANCE lui a été attribué. Je la retrouve ensuite le 16 septembre 1882 lors de son mariage à Villepreux (Yvelines)
    J’aimerai pouvoir reconstituer son parcours entre ces deux périodes.
    Ou peut on trouver ce type d’information informations ?
    D’avance merci pour une aide.
    Article intéressant et surtout très instructif .

    Pierre Pohu

    Répondre à ce message

    • Henri G… abandonné en 1889 dans une rue de Quimper 13 décembre 2013 17:37, par Pierrick Chuto

      Comme je l’ai déjà précisé plus haut, il faut fouiller aux archives départementales.
      Série 3 X (hospitalière) et dans la série H dépôt.
      et s’armer de patience.
      Merci pour vos compliments pour l’article qui n’est qu’une des très nombreuses histoires que je raconte dans le livre.

      Répondre à ce message

  • Henri G… abandonné en 1889 dans une rue de Quimper 11 décembre 2013 19:45, par Françoise Huguet

    Bonjour,

    Un ancêtre de ma belle fille est né le 5/8/1861 à Plogastel St Germain, sa mère s’appelant soit-disant Jeanne Marie CASIS.
    Pas de trace de ce nom dans les recensements de Plogastel.

    Lors de son mariage en 1887, il s’appelle LASIS et il est dit qu’il a été abandonné à l’hospice de Quimper le 8/8/1861(donc après le 1er mai...)

    Ni CASIS, ni LASIS ne sont des noms bretons ce qui fait penser à des noms inventés.

    Une personne a fait, pour moi, des recherches dans les archives de l’hospice sans trouver son dossier.

    Sa fiche militaire ne donne rien de plus. J’aurais aimé savoir où il avait vécu entre sa naissance et son mariage.

    Cordialement
    Françoise

    Répondre à ce message

    • Henri G… abandonné en 1889 dans une rue de Quimper 18 décembre 2013 10:16, par Pierrick Chuto

      Quelle énigme !
      Après la fermeture du tour, si l’enfant avait au moins une mère, le nom de celle-ci était gardé à l’enfant qu’il soit mis en nourrice ou gardé (secours temporaire) par la mère.
      Pas de nom ressemblant à Lasis parmi les 3816 que j’ai référencés..
      La lettre L désignait les enfants nés en 1853.
      Il est possible qu’il ait été abandonné dans un autre hospice.
      A Brest le tour n’a été fermé qu’en 1864.
      Désolé de ne pouvoir vous en dire plus
      Pierrick Chuto

      Répondre à ce message

  • Henri G… abandonné en 1889 dans une rue de Quimper 14 décembre 2013 08:35, par Hervé

    Très bel article. Bravo.
    Il se trouve curieusement que je retiendrai en priorité le point concernant la notation concernant la pâtisserie dans le cap Sizun qui est un sujet sur lequel je travaille.
    Merci

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    • Henri G… abandonné en 1889 dans une rue de Quimper 15 décembre 2013 18:52, par Pierrick Chuto

      Merci Hervé
      Je ne pensais pas que ce sujet intéresserait pour ses gâteaux...
      encore un détail que j’ai occulté dans mon article et dans le livre :
      Jean Jezéquel avait des dépôts partout.
      Il vendait aussi à Marie Marrec, 49 ans, épicière et revendeuse de gâteaux, mais malheureusement lors de mes recherches je n’ai pas noté dans quelle commune du Cap Sizun.
      Aie...
      Bonne recherche.

      Répondre à ce message

  • Henri G… abandonné en 1889 dans une rue de Quimper 14 décembre 2013 15:09, par BOURIANT Chantale

    Bonjour,

    J’aimerais savoir si des enfants nés en 1937 à Brest auraient pu également être placés en familles nourricières après abandon (définitif ou temporaire) par leur mère, et où trouver la trace administrative des placements.

    Il semblerait que ce soit le cas du père (aujourd’hui disparu) de mon époux, dont la nourrice était payée tous les mois par les services du préfet.

    Je note cependant qu’on lui avait laissé son patronyme de naissance.

    Merci d’avance pour vos suggestions et éclaircissements.

    Chantale BOURIANT

    Répondre à ce message

    • Henri G… abandonné en 1889 dans une rue de Quimper 15 décembre 2013 07:18, par Thérèse

      Bonjour
      Vous pouvez consulter son dossier individuel, avoir des copies, le photographier, il faut vous renseigner à la DDASS de votre département. Je crois qu’il y a un nombre d’année à respecter , peut être pas pour les descendants directs. Moi dans mon département j’ai pu consulter le dossier de ma mère née en 1912 ainsi que de ses frères et sœurs avec leurs parcours de vie et toutes les adresses de leurs placements et beaucoup d’autres infomations.
      Amicalement
      Thérèse

      Répondre à ce message

  • Henri G… abandonné en 1889 dans une rue de Quimper 16 décembre 2013 09:55, par PBrunswick

    Bonjour,
    Remarquable article qui nous révèle la misère sociale d’une frange de la population au 19e siècle. Ce texte me touche d’autant plus que j’ai, moi-aussi dans mes ascendants, une aïeule qui fut une enfant abandonnée.

    Voilà ce que est mentionné sur son acte de naissance, trouvé dans les archives en ligne de la ville de Quimperlé (1839 acte n°68) :
    « L’an mille huit cent trente neuf, le quatre juin… a comparu Joseph Le Query, âgé de cinquante deux ans (profession indéchiffrable), domicilié à Quimperlé qui nous à déclaré que hier à onze heures du soir, étant seul, il a trouvé exposé à la porte de l’hospice, un enfant et qu’il nous le présenté vêtu d’une chemise de coton, une camisole de laine tricotée, un bonnet d’indienne bleu, un morceau de linge. Après avoir visité l’enfant, avons reconnu qu’il était de sexe féminin, qu’il paraissait âgé d’environ deux mois. De suite avons inscrit l’enfant sous les nom et prénom de Marie-Anne Prémontré et nous avons ordonné qu’il fut remis à l’hospice. De quoi avons dressé acte… »

    Le nom qui lui a été attribué fait probablement référence à l’ordre des Prémontrés mais je n’ai pas trouvé de trace reliant cet ordre à l’hospice de Quimperlé (qui est peut être aujourd’hui l’ancien hôpital Frémeur). Le texte semble indiquer que l’établissement ne possédait pas de tour.

    En 1868, Marie-Anne à épousé à Levallois-Perret, un ouvrier terrassier d’origine belge, il est mentionné sur l’acte de mariage que l’épouse n’a pu signé car elle ne le savoir (écrire). Elle n’avait donc reçu aucune éducation.

    Cordialement,
    Pascal Brunswick

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    • Henri G… abandonné en 1889 dans une rue de Quimper 16 décembre 2013 23:22, par Pierrick Chuto

      Merci pour votre appréciation. J’ai essayé dans mon livre de dépeindre au plus juste la vie quotidienne au XIX siècle à l’hospice et dans les campagnes.
      Quimperlé était un des 4 hospices dépositaires du Finistère. Il avait donc l’obligation d ’avoir un tour d’exposition depuis le décret impérial de 1811..
      En 1839, l’échange inhumain des enfants entre les hospices venait de se terminer après 4 années d’expérimentation laborieuse.
      Autrement votre aïeul aurait été échangé à Locronan et serait parti soit à Quimper, Brest ou Morlaix. Je dépeins dans le livre une vraie foire aux bestiaux.En présence d’un gendarme, les femmes se battaient pour avoir un nouveau nourrisson et 5 francs par mois de pension.
      Pour le nom de l’enfant je ne peux malheureusement vous ren seigner. J’avais déjà fort à faire avec les 3816 enfants exposés à Quimper.
      Je regarderai demain l’acte pour essayer de déchiffrer la profession du nommé Le Quéry
      Cordialement
      Pierrick

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    • Henri G… abandonné en 1889 dans une rue de Quimper 17 décembre 2013 10:31, par Pierrick Chuto

      Comme promis ,j’ai regardé l’état civil.
      Vous avez noté : « L’an mille huit cent trente neuf, le quatre juin… a comparu Joseph Le Query, âgé de cinquante deux ans (profession indéchiffrable), domicilié à Quimperlé qui nous à déclaré que hier à onze heures du soir, étant seul, il a trouvé exposé à la porte de l’hospice, un enfant et qu’il nous le présenté vêtu d’une chemise de coton, une camisole de laine tricotée, un bonnet d’indienne bleu, un morceau de linge.

      La profession de Joseph Le Query que vous n’avez pu déchiffrer : infirmier (de l’hospice).
      Dans ses vêtements il est noté "un morceau de linge".
      Il ’agit de ce que l’on appelait un drapeau (aujourd’hui une couche).
      En espérant vous avoir quelque peu renseigné.

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      • Henri G… abandonné en 1889 dans une rue de Quimper 20 décembre 2013 20:10, par PBrunswick

        Merci d’avoir consacré du temps à me répondre avec précision. Notre dialogue m’a donné l’envie d’en savoir plus et j’ai donc commencé un dénombrement des enfants exposés à l’hospice, ils semblent assez peu nombreux.
        Voici ou j’en suis pour l’instant :
        4 enfants en 1834, 4 en 1835, 1 en 1836, 2 en 1837, 11 en 1838, 8 en 1839, 4 en 1840, 8 en 1841, 6 en 1842, 8 en 1843.
        J’ai aussi parcouru l’année 1860 qui est la dernière année ou je relève des enfants exposés, ils étaient 4.

        La lecture de ces actes révèlent parfois des surprises. Le 30 octobre 1843, à 1h30 du matin (actes 273 et 274) sont recueillis, par Joseph Le Query, deux nouveaux nés, probablement jumeaux, ils seront baptisés Dax Louise et Hostens Marie Victoire !

        De façon générale, le choix des patronymes ne semble pas suivre de logique discernable, certains semblent créés de toutes pièces : Sebaste, Oculi, Klou... D’autres font référence à l’histoire ancienne ou à la mythologie : Juvenal, Honorius, Nérée et même Polycarpe (le saint ?)... D’autres étant étant allusifs : Nemoura, De La Rue, Ducoeur...
        N’ayant pas trouvé trace d’un dénombrement des enfants exposés pour l’hospice de Quimperlé, je vais essayer de continuer mes recherches sur les registres en lignes dans les semaines à venir.
        Cordialement

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        • Henri G… abandonné en 1889 dans une rue de Quimper 23 décembre 2013 13:55, par Pierrick Chuto

          Dans mon livre, je raconte comment étaient créés les patronymes, quelles étaient les directives gouvernementales et comment la supérieure de l’hospice les détournait parfois !

          Les jumeaux étaient le plus souvent séparés, non seulement dans les communes nourricières mais aussi chez les nourriciers.

          Vous avez relevé 4 enfants exposés en 1860 à Quimperlé.
          il y en avait 110 cette même année à Quimper..
          Bonnes recherches
          Pierrick Chuto

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    • à l’adresse ci dessous un article de mon blog ou je parle de l’"exposition"

      http://www.jardindesdelices.org/50-categorie-722207.html

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  • voilà une autre adresse ou j’ai expliqué dans mon blog les droles de noms que les curés mettaient aux enfants trouvés...

    http://www.jardindesdelices.org/40-categorie-722207.html

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  • Henri G… abandonné en 1889 dans une rue de Quimper 5 janvier 2014 18:10, par GUILLAUMIN

    très intéressée par cet extrait de livre aimerais poser une
    question d’ordre général.
    L’ épouse d’un de mes ancêtre en Allier a épousé une jeune
    femme dénommée Marie INCONNU date de naissance ni lieu
    précisés sur acte de décès en décembre 1848 à Moulins de
    cette ancetre ?.Est-t-il possible d’avoir des info sur cette femme ?INCONNU comme patronyme Est-ce la preuve que l’enfant a été abandonné à la naissance ? Merci d’avance pour votre réponse

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