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Itinéraire d’un enfant trouvé, de l’hospice de Creac’h-Euzen à la Maison centrale de Fontevrault

Une tentative d’escroquerie chèrement payée


jeudi 11 avril 2019, par Pierrick Chuto

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Retravaillant, grâce à des archives jamais exploitées, mon livre "Les exposés de Creac’h-Euzen", je découvre de nombreuses histoires qui témoignent de la dureté de ce XIXe siècle, où il ne faisait pas bon faire partie des modestes. La nouvelle version de l’ouvrage sera encore plus complète que celle parue en 2013 et épuisée aujourd’hui.

Mauvaise graine

Quimper, lundi 24 septembre 1821, trois heures du matin.
Sous un mince croissant de lune, il est difficile de discerner si la personne qui monte péniblement la rue de l’hospice est un homme ou une femme. Suite au juron lancé après une première chute dans la boue, le doute est levé. Le portefaix, qui a accepté en échange de quelques sous d’apporter à bon port un colis encombrant, maugrée contre l’état du chemin, un bourbier infect. La municipalité refuse de le paver, car à quoi bon gaspiller les deniers publics pour une voie qui mène à un bâtiment hors d’âge où s’entassent ceux dont personne ne veut plus !

Arrivé devant l’hospice, l’homme met quelque temps à trouver l’endroit où il doit déposer son fardeau. Il déniche enfin dans le haut mur qui entoure l’établissement la boîte pivotante que l’on appelle « tour ». Ne tenant aucun compte des hurlements de « la chose », il l’y dépose sans ménagement, puis actionne la cloche qui se trouve à côté et s’enfuit, abandonnant un nourrisson à son triste sort.

Réveillée par le tintement, une religieuse accourt, fait tourner la boîte et recueille l’enfant, le trente-septième depuis le début de l’année. Avec tendresse, cette sœur de la congrégation des Hospitalières de Sainte-Catherine observe le garçon que la Providence vient de lui confier. À voir les vieux vêtements dont il est attifé, sa mère n’est pas d’un milieu aisé. D’une écriture malhabile, elle (ou une autre personne) a griffonné sur un billet épinglé à la vieille chemise que l’enfant, né le 19 septembre, est baptisé. Le délai entre la naissance et l’exposition interpelle la religieuse. La mère est peut-être morte des suites de couches et le père n’a pas eu d’autre solution que d’abandonner le nourrisson. Comment l’habiller ? L’hospice y pourvoira ! Alors, on a trouvé à la hâte de vieux vêtements ; usés, élimés, râpés, le maillot, le gilet et le drapeau [1] ont déjà servi maintes et maintes fois. Seuls la coiffe et le bonnet paraissent neufs. Les mères attachent une grande importance à protéger la tête du nourrisson qu’elles abandonnent, la mort dans l’âme.

Au matin, l’enfant est examiné rapidement par le médecin de l’hospice, puis enregistré sur le grand livre de Claude Zens, commis aux entrées qui, accompagné du concierge et d’une nourrice sèche [2] s’empresse d’aller le déclarer à l’hôtel de ville de Quimper sous le patronyme d’Hallour Hervé. Pourquoi ce nom emprunté à saint Alour, évêque de Quimper au Ve siècle ? Pour les enfants exposés, nés de père et mère inconnus, la Supérieure de l’hospice civil a l’obligation de trouver des noms qui ne sont pas déjà portés par d’honnêtes familles. En 1821, elle a affublé les enfants dits trouvés de noms de villes ou de pays comme Gand, Canada, Palma. S’ils parviennent à l’âge adulte, ils porteront comme un boulet ce curieux patronyme qui indiquera à la société bien-pensante qu’ils ne sont que mauvaises graines corrompues dès l’origine.

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Hospice civil de Creac’h-Euzen
À gauche, la chapelle du Saint-Esprit.
Sur cette photo du début du XX siècle, les hauts murs ont disparu.

Déjà baptisé, Hervé est cependant conduit à la chapelle du Saint-Esprit où l’aumônier le bénit à nouveau. Il faut ensuite lui trouver rapidement des parents nourriciers, car l’hospice est saturé. Construit sur la colline de Creac’h-Euzen, cet ancien manoir, devenu grand séminaire, puis hôpital militaire à la Révolution, n’est pas adapté pour recevoir tant de pensionnaires. Il n’est pas rare de voir dans le même lit un vieillard et un malade contagieux. L’établissement accueille également des soldats et des marins blessés ou convalescents, et certains d’entre eux s’intéressent de trop près aux fillettes qui errent dans la cour, dans l’attente d’un nourricier ou d’un maître d’apprentissage. Si l’on ajoute les aliénés parqués dans des baraques en bois, il ne manque plus que les flammes pour que Creac’h-Euzen ressemble à l’Enfer.

Sœur Éven de Sainte-Anastasie, la mère Supérieure, aidée par une vingtaine de religieuses, deux ou trois infirmiers, un charretier, un commissionnaire, deux buandières et une cuisinière, s’en remet à Claude Zens, le commis aux entrées, pour placer au mieux les enfants. Malheureusement, l’homme, épuisé par la tâche et des ennuis conjugaux [3], ne remplit pas avec tout le sérieux requis l’état trimestriel des nourrices. Aux archives hospitalières, certaines listes ont également disparu, si bien qu’il est impossible de retracer le parcours d’Hervé Hallour jusqu’en 1835 où, à quatorze ans, il est placé comme apprenti chez le sieur Le Franc, cloutier à Quimper. A-t-il ensuite d’autres employeurs ou est-il las de taper toute la journée sur des morceaux de fer ? Il est inscrit comme cultivateur lorsque, le 13 septembre 1840, après accord de l’hospice, il s’engage dans l’armée pour une durée de sept ans. En 1842, on le retrouve sous le matricule 10069, soldat au 5e régiment d’infanterie légère, cantonné à Tours.

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Certificat de présence d’Hervé Hallour sous les drapeaux. 16 mars 1842
Archives municipales de Quimper

Hardes et haillons

Libéré le 13 septembre 1847, il retrouve la vie active et, domicilié à Pleuven, devient chiffonnier, métier peu reluisant convenant à des hommes qui, au gré de leur humeur vagabonde, vont de ferme en ferme afin d’y récupérer hardes et haillons. Est-ce au cours d’une de ses pérégrinations dans le bourg voisin de Clohars-Fouesnant qu’il rencontre Marie-Anne Louval, vingt-sept ans, aide-cultivatrice ? Le père est maréchal-ferrant et la mère est décédée. Hervé, le visage mangé par les séquelles de la petite vérole, une cicatrice au front, a pour lui des yeux roux et un nez bien fait. Marie-Anne, désespérant de trouver un époux, ne se pose pas trop de questions sur les origines de son promis et l’union est célébrée simplement, le 10 novembre 1850, à Clohars-Fouesnant. Les quatre témoins et les nouveaux époux ne savent signer.

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Le Pays fouesnantais

C’est dans un modeste pen-ty du hameau de Penvoarina , dans la campagne de Gouesnach, que Yves-Hervé vient au monde, le 9 mars 1852. Onze jours plus tard, il le quitte déjà. La mère pleure, tandis que le père ramasse de moins en moins les vieux chiffons. Il préfère fréquenter assidûment le cabaret de Jean Le Cornec au Moulin du Pont en Pleuven. Là, il retrouve parfois Guillaume Louval, son beau-frère, maréchal-ferrant à Quimper. L’homme change régulièrement d’employeur, mais il jouit d’une bonne réputation. On ne peut en dire autant d’Hervé qui cherche par tous les moyens à rapporter quelque argent au logis.

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Le lieu-dit Moulin du Pont (Pleuven)

La monnaie de sa pièce

Trois semaines avant Pâques 1853, il confie une pièce de deux francs à son voisin, Guillaume Le Gallic, avec mission d’aller acheter du beurre. L’homme sait-il qu’il n’a en fait dans la main qu’une pièce en cuivre d’un sou (cinq centimes), blanchie de façon rudimentaire à l’aide d’un produit appelé vif-argent (mercure) ? Les deux monnaies, qui ont en commun l’effigie de Charles X, ont encore cours sous Napoléon III. Le Gallic, complice ou non, achète du beurre pour un franc et cinquante centimes et se fait remettre la monnaie, soit cinquante centimes. Dans un autre rapport, le gendarme chargé de l’enquête, change de version et indique que la proposition n’a pas eu son exécution. Il ajoute : Plus tard, il a cherché à en avoir la monnaie, mais il n’a pu encore la faire passer. De qui parle-t-il, de Le Gallic ou d’Hervé Hallour qu’il nomme Charles Nalour ?

Le 27 mars 1853, dimanche de Pâques, Hallour blanchit une nouvelle pièce devant sa femme et se rend ensuite au cabaret de Jean Le Cornec, où il se retrouve à boire avec Guillaume Louval, son beau-frère. Une fois encore, Hallour, n’osant pas accomplir son forfait, utilise un comparse, donne le sou falsifié à Louval et le charge de demander au cabaretier la monnaie d’une pièce de deux francs. Celui-ci va immédiatement à son armoire et s’exécute. Comment peut-on se laisser abuser de telle façon ? Certes, les deux pièces sont de poids et de dimension semblables [4], mais la comparaison s’arrête là. Quelques jours plus tard, le commerçant naïf se rend compte qu’il a été berné et dit à Hallour : Rends-moi la somme de deux francs, sinon je porte plainte contre toi.

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Comment peut-on être abusé ?
En haut, la pièce de 2 francs
En bas, celle de 5 centimes (1 sou)

La clameur publique

Prenant peur, Hallour obtempère, mais le mal est fait et la clameur publique arrive aux oreilles du gendarme Le Lay. Interrogé, Hallour reconnaît les faits et, le 26 mai 1853, il comparaît devant les juges du tribunal de première instance de Quimper, en compagnie de Guillaume Lonval (Louval). Le président Voyer et le substitut du procureur mettent rapidement Louval hors de cause. Assisté d’un interprète de la langue bretonne, Hallour ne cherche pas à se disculper, mais plaide la misère qui l’a réduit à une telle extrémité.

Le tribunal ne reconnaît pas le crime de fausse monnaie, mais condamne le prévenu à quinze mois de prison pour délit d’escroquerie, prévu par l’article 405 du Code pénal. Le fautif a usé de manœuvres frauduleuses pour persuader de l’existence d’un crédit imaginaire. Dans la marge de l’extrait des minutes du greffe, on peut lire : Enfant naturel, élevé à l’hospice de Quimper. Catholique. Un enfant.

Enceinte du deuxième, Marie-Anne rend visite à son mari à la maison de justice de Quimper [5] avant qu’il ne soit incarcéré le 11 juillet à la maison centrale de Fontevrault [6]. Dans cette ancienne abbaye, saccagée à la Révolution, les prisonniers ont l’obligation de travailler en silence. Vêtus d’un uniforme de bure marron, le béret vissé sur le côté, les sabots aux pieds, ils doivent parcourir journellement vingt-cinq kilomètres au pas cadencé. En raison des souffrances et des privations endurées, un condamné sur sept y perd la vie au bout de quelques mois. Le dossier d’Hervé Hallour, conservé aux archives du Maine-et-Loire, est fort mince. Il n’y est pas fait mention d’un passage au cachot ou à la salle de correction, punition fréquente dans cette manufacture carcérale, la plus importante après celle de Clairvaux. Hervé, employé comme tailleur à l’atelier de confection d’habits, apprend-il la naissance de François, né à Clohars-Fouesnant le 27 décembre ?

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Maison centrale de Fontevrault
Un dortoir
http://www.cite-ideale.fr/vivre-a-labbaye-royale/

Il ne verra jamais cet enfant, car le prisonnier, matricule 24103 486, décède salle Saint-Pierre à midi, le 26 avril 1854. Celui qui n’a pas connu l’amour d’une mère quitte ce bas monde à l’âge de trente-deux ans. S’il est monté au ciel, a-t-il été blanchi de ses péchés, comme les quelques sous en cuivre qu’il a, pour son malheur, frottés avec du vif-argent ?

Épilogue

Le 12 novembre 1855, Marie-Anne, ne parvenant sans doute plus à élever son fils, l’expose dans le tour de l’hospice de Quimper, dans la même boîte pivotante qui, le 24 septembre 1821, a déjà reçu un petit garçon, appelé Hervé Hallour. Cette fois, les sœurs choisissent le patronyme de Nova René. C’est l’année des N [7] . L’enfant est mis en nourrice chez Anne Goardet à Clohars-Fouesnant, et la mère continue sans doute à le voir. En mai 1861, elle se remarie avec Corentin Le Ster, veuf, batelier au Perguet (Bénodet), mais la police s’intéresse à elle. En décembre, l’enfant qu’elle a exposé lui est rendu, car le nouveau couple peut l’entretenir. Redevenu François, il décède en février 1870 à l’hôpital de Rochefort, alors qu’il est novice aux équipages de la Flotte.
En mars 1863, Marie-Anne accouche de Jean-Alexandre Le Ster, mais son époux, Corentin, est veuf dès juillet 1867. Guillaume Louval, forgeron, beau-frère et comparse d’Hervé Hallour, meurt en juillet 1862 à Crozon.

Merci à Annick Le Douget, Bernard Roudaut
et à Michel Guironnet pour son aide technique.

Les ouvrages de Pierrick Chuto :

Auguste, un Blanc contre les diables Rouges , IIIe République et Taolennoù, Cléricaux contre laïcs en Basse-Bretagne et Du Reuz en Bigoudénie

Tous les détails sur le site de l’auteur : http://www.chuto.fr/

Notes

[1nom donné à la couche, souvent découpée dans un vieil habit.

[2femme ayant passé l’âge d’enfanter, et qui, pour payer sa pension à l’hospice, rendait de menus services.

[3son épouse est admise à vie à l’hospice. Son inconduite ne lui permet pas de vaquer aux soins du ménage (quatre enfants).

[4Poids : 10 grammes. Diamètre : 27 millimètres

[5Dans ce lieu, on emprisonnait les malfaiteurs en attente de leur procès et ceux qui, lourdement condamnés, allaient partir purger leur peine ailleurs

[6aujourd’hui Fontevraud

[7À partir de 1843, l’administration impose aux religieuses de donner un nom commençant par la même lettre. Ainsi, en 1843, par A (ex : Abaff, Abec, Abran, Abren, etc...), en 1844, par B, et ainsi de suite. La lettre K est sautée et, en 1861, année de la fermeture définitive du tour, les patronymes débutent par la lettre T (ex : Tabec, Tabrat, Tabren, Taburin, etc...)

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16 Messages

  • Quelle tristesse ! Et tout cela, sûrement, pour n’avoir pas connu l’Amour d’une Mère ! Toutes ces vies gâchées.

    Répondre à ce message

    • Bonjour Michel
      Pour avoir beaucoup étudié les affaires criminelles en série U des archives départementales, je peux vous dire que les enfants de l’hospice n’avaient plus maille à partir avec la justice que ceux qui avaient connu leur mère.
      Les enfants trouvés bénéficiaient parfois de bons parents nourriciers qui s’engageaient à les garder jusqu’à leurs 12 ans, puis jusqu’à leur majorité.
      D’autres, par contre, accueillaient les enfants pour l’appât du gain (bien faible pourtant) et les faisaient travailler, ou pire, mendier sur les chemins. C’était ce que l’on appelait l’industrie nourricière (horrible nom).
      Des parents regrettant l’abandon d le leur enfant le réclamaient, parfois quelques jours après l’exposition au tour de l’hospice, parfois lorsque leur enfant avait l’âge de travaille et pouvait leur venir en aide, parfois aussi lorsque la mère se mariait avec un homme qui acceptait de prendre l’enfant.
      Il y a encore beaucoup d’autres cas...
      Pierrick

      Répondre à ce message

  • Excellent roman à la Zola...quelle tristesse !
    Une question cependant : l’imposition des noms par ordre alpha numérique s’est elle poursuivie plus tard et si oui jusqu’à quand ?
    Merci de votre réponse et encore bravo pour ce triste roman....
    Christian

    Répondre à ce message

    • Merci pour le compliment ,mais ce n’est pas un roman. Seulement une histoire vraie comme il y en a eu tant.
      Pour la méthode choisie dès 1843 à Quimper avec les patronymes commençant par la lettre A, elle s’est arrêtée en 1861, lorsque le tour a fermé et avec lui l’abandon anonyme. A Brest et Morlaix, autres hospices finistériens, cette méthode ne fut pas appliquée, pas plus que dans les Côtes du Nord.
      il y a si peu de livres très documentés sur le sujet que je n’en sais pas plus.
      Peut-être un lecteur de la Gazette pourra nous en dire plus.
      Pierrick

      Répondre à ce message

  • Bonjour Pierrick Chuto,
    Merci de nous avoir décrit la triste destinée de cet homme voué, dès la naissance, à une vie de misère. On reconnait là, l’avenir tout tracé de ces enfants dits « trouvés » faute de moyens pour les élever. C’est à partir du 18e siècle que l’abandon d’enfant a pris un essor effroyable et pas toujours pour des raisons financières mais, tout simplement, parce-qu’ils gênaient. Un grand philosophe des lumières, responsable de 5 abandons d’enfants dit en 1751 (Source Persée) : Je sais que ces enfants ne sont pas élevés délicatement et tant mieux pour eux, il en deviennent plus robustes ; on ne leur donne rien de superflu mais ils ont le nécessaire ; on en fait pas des messieurs mais des paysans ou des ouvriers. Je ne vois rien, dans cette manière de les élever, dont je ne fisse choix pour les miens....par la rustice éducation qu’on leur donne, ils seront plus heureux que leur père. Voici donc un raisonnement qui témoigne d’une profonde naïveté ou d’un tragique cynisme...Il a fallut attendre le milieu du 20e siècle pour que les mentalités changent. Cordialement

    Répondre à ce message

  • J’ai également effectué une étude sur les enfants trouvés de l’Hospice de Marmande de 1817 à 1834. Je retrouve là bien des aspects de ce que j’ai découvert en Lot et Garonne.
    Je me suis attachée à découvrir ce qu’il arrivait aux descendants de ces enfants trouvés qui survivaient. Beaucoup de destins tragiques.... comme si ces « noms » attribués ne devaient pas survivre ! La recherche aussi pour « effacer » cette disgrâce... Oui, les « noms » donnés permettaient vraiment de les montrer du doigt (tout comme le collier scellé qu’ils portaient autour du cou...) , eux et leurs descendants.... finalement pour les filles c’était plus simple.... il leur suffisait de se marier !
    De toute façon, pour la bonne société, ils n’étaient que graines de voyous.... et l’enrôlement dans l’armée un juste retour des choses... ou chez les pompiers. Je pense d’ailleurs qu’il s’agissait surtout d’une punition pour ceux qui tentaient de fuguer !

    Il me tarde que votre livre soit publié de nouveau pour l’acquérir.

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    • Merci Solange
      le livre paraitra en octobre.
      Oui, les enfants trouvés avaient un collier avec leur numéro.
      Vu l’hygiène , le cordon de soie se durcit et blesse les enfants.
      note d’un rapport de l’inspecteur Duchatellier : la propreté, déjà difficile et si rare chez nos paysans, devient presque impossible avec le cordon.
      C’est pourquoi à une époque on l’a remplacé par une boucle d’oreille ...
      Pierrick

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      • Bonjour,
        Concernant justement la boucle d’oreille, savez-vous à quel moment elle fut adoptée... si elle a été adoptée ? J’avais effectivement trouvé un document faisant état de l’éventuel passage du collier à la boucle d’oreille, mais ensuite rien n’est venu le confirmer. Le motif étant que la boucle d’oreille serait moins falsifiable que le collier.... donc en réalité pour lutter contre la fraude des nourrices qui, par exemple, lors du décès d’un enfant trouvé qu’on leur avait confié, conservait le collier pour le mettre à l’un de leurs enfants afin de continuer à percevoir la pension.

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        • Bonjour
          extrait de mon livre Les exposés de Creac’h-Euzen
          au sujet des boucles d’oreille :
          Un ultime grief du ministre mérite également une réponse argumentée : s’il est vrai que les enfants, à leur départ en terre nourricière, ne portent pas toujours de collier, le ministre ignore-t-il que l’administration elle-même vient de remplacer ces rubans de soie qui blessent les enfants par des boucles d’oreilles numérotées ? Quimper en a commandé trois cent quarante paires et s’engage à les distribuer dès réception aux enfants de moins de six ans qui ne peuvent pas dire comment ils se nomment. Cette nouvelle dépense va encore grever les comptes, même si leur coût est retiré aux nourrices qui ne rapportent pas les boucles quand l’enfant n’en a plus besoin ou qu’il est décédé.

          Je vais étudier le sujet pour la seconde mouture du livre.
          Pierrick

          Répondre à ce message

  • Bonjour Pierrick

    Une triste histoire relatant les difficiles conditions des « petites gens » de l’époque.

    Mais que cette histoire est bien écrite comme à l’ habitude.
    Quel plaisir de la lire !

    J’ai essayé ce matin d’aller acheter ma baguette avec une pièce de 20 cts maquillée en 1 euro, ça n’a pas marché... Le boulanger a refusé de me rendre la monnaie. Espérons que je ne finisse pas dans une geôle de Touraine ! ;-)

    Amicalement
    Franck

    Répondre à ce message

  • Bonjour Pierrick,

    Merci pour cet article passionnant. La courte vie des pauvres gens n’était pas facile à cette époque, vous savez très bien nous la raconter.

    Je vous souhaite un bon dimanche. Bien amicalement.

    André

    Répondre à ce message

  • Bonjour Pierrick, et merci pour ce récit. Ainsi, Hervé Hallur passe de l’hospice à une famille nourricière puis, à l’âge de 14 ans, est placé comme apprenti chez un artisan cloutier. Il y avait-il alors un âge précis pour être ainsi orienté ?
    J’ignorais ce collier de soie mis aux enfants recueillis, et aussi bien sûr la ou les boucles d’oreilles. Il y a quelques décades de cela, porter une boucle d’oreille, pour un homme, faisait mauvais genre. Serait-ce par assimilation devenue avec le temps inconsciente à ces enfants trouvés, enfants perdus ?
    Très bonne semaine à vous,

    Répondre à ce message

    • Merci Colette
      L’enfant exposé dans le tour était très rapidement confié à une famille nourricière jusqu’à ses 12 ans.
      Il était ensuite soit gardé à titre gratuit soit rendu à l’hospice qui lui trouvait d’autres places jusqu’à sa majorité.
      Je résume car le sujet (passionnant) est bien plus complexe et je ne peux que vous engager à lire la nouvelle version des Exposés de Creac’h-Euzen à sa parution, cet automne :-)
      Pour les boucles d’oreille, je ne pense pas qu’il y ait le moindre rapport !
      Bien cordialement
      Pierrick

      Répondre à ce message

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