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Jeanne Floch ou l’utilité démontrée de la Généalogie

Le vendredi 14 mai 2021, par Gilles Cardinal

L’utilité de la généalogie aujourd’hui au service des générations futures, ou quand la mémoire familiale trop ancienne, accentuée par une transmission uniquement orale, s’est déformée de génération en génération et altérant l’histoire au point de lui donner une toute autre version.

Ce titre bien trop long, dont je suis plutôt fier mais qui est vraiment trop long, est en quelque sorte la réflexion que je me suis faite un vendredi soir.

Tout commence sur un réseau social, dans un groupe de passionnés consacré à la ville de Brest et à son Histoire. Une femme a fait le déplacement de la Lorraine jusqu’à la pointe du Finistère pour y jeter une bouteille à la mer. Peut-être pense-t-elle que si la terre s’arrête ici, quelque chose d’autre, comme un espoir, commence ? Ce SOS est le cri d’une arrière-petite-fille d’un soldat américain qui connut une femme à Metz en 1945. Elle cherche à savoir qui est son arrière-grand-père et tout ce qu’elle possède, c’est une photo. 

Les Brestois, altruistes et philanthropes, relaient le message. Les associations de mémoire Franco-Américaine sont très actives à Brest, alors pourquoi pas ? L’espoir fait vivre, et cette femme en a visiblement beaucoup, mais à part des témoignages d’encouragement et de soutien, aucune piste. 

C’est alors que René intervient. Lui, c’est une grande-tante qu’il aimerait retrouver, elle est Brestoise et a épousé un marin américain à Brest en 1917. Ils sont partis aux USA après la Première Guerre mondiale, et d’après les recherches infructueuses d’un cousin, la famille aurait vécu à Seattle. Il ne connaît pas son prénom, mais son nom de jeune fille : Floch. Des Floch / Floc’h, dans le pays de Brest, en Finistère et en Bretagne, il y en a des pages entières dans les annuaires. Cette femme était la sœur jumelle du grand-père de son épouse, Charles Floch, né à Lambézellec en 1894, ces informations sont garanties…

Je me propose de chercher, nous entrons en contact, et l’ami René, car désormais nous nous tutoyons, s’empresse de rassembler les archives familiales ; il me confirme ses éléments... Mais cela ne colle pas.
Il y a bien un Charles Floch né à Lambézellec en 1894, il a une sœur jumelle, Marie Isabelle, mais elle disparaît au domicile familial à l’âge d’un mois. René est pourtant certain, la mémoire transmise de génération en génération est formelle, ou presque, car il commence à douter. Il appellerait bien le cousin, mais il est un peu tard. Je regarde du côté des femmes « Floch » mariées entre 1917 et 1921 (date à laquelle les derniers américains ont quitté Brest). J’élimine d’emblée une Jeanne Floch mariée avec un Abgrall (pur produit breton) ; il reste trois hommes ayant des patronymes aux consonances exotiques, en tout cas extra bretonne : un dénommé Mastek, quartier-maître mécanicien dans l’US Navy d’origine autrichienne, mais son épouse est de Plouarzel, j’élimine. Vient le tour d’un Kniat, c’est un Polonais qui n’a aucun rapport avec l’US Navy. Enfin, Jeanne Gabrielle Floch née à Lambézellec, mariée à Clarence Remey (Ramey), chef mécanicien dans l’US Navy, bel et bien Américain, car né dans l’Arkansas. Ce couple s’est marié à Lambézellec en 1920. 

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Jeanne Gabrielle Floch en 1921
Photo de Passeport
National Archives and Records Administration

Depuis toutes ces années, la famille pensait que la grand-tante était la sœur jumelle du grand-père… Alors que cette jumelle n’a pas vécu plus d’un mois, et Jeanne est née cinq ans plus tard. Ils ne se sont pas mariés en 1917 à Brest, mais en 1920 à Lambézellec. Ils n’ont pas vécu à Seattle, mais après des débuts dans l’Oklahoma où leur fille Marcelle Claire arrive au monde, ils prennent la direction de la Californie qu’ils ne quitteront pas.

Voilà, à mon sens, l’utilité de ce qui nous anime, nous passionne, nous maintient éveillé parfois bien trop tard. Que d’heures passées à tourner des pages virtuelles, à s’épuiser les yeux sur les registres de Brest-Recouvrance, où le temps a fait son office d’érosion, tel le vent de Brest soufflant, abrasant et effaçant l’encre sur les pages.

Voilà notre défi de généalogiste, tenter de retrouver la vérité de l’histoire d’une famille, et l’écrire pour ne plus la laisser à la merci de la mémoire humaine qui, malgré les progrès de la médecine, peut un jour s’évaporer du corps de tout un chacun, laissant des femmes et des hommes aux regards étrangement vides, aux souvenirs envolés à tout jamais. 

Ces petites histoires des petites familles, bien souvent aussi intéressantes que l’histoire des grands de ce monde, complètent la grande Histoire, lui donnent du corps, parfois de l’émotion, mais elles restent interdépendantes l’une de l’autre.

Ce texte, je l’ai écrit un vendredi soir d’inspiration de l’année 2020. Le printemps marquait chaque jour un peu plus sa présence, et je m’étais laissé surprendre par l’horloge. J’avais tout à coup l’impression que le temps défilait à une vitesse effrénée, et pourtant les jours commençaient à rallonger, laissant présager d’une belle saison à venir. Un très léger courant d’air frais parcourait soudainement le sol, car la fenêtre était restée basculée, et venait gentiment me caresser les pieds pour me ramener dans le temps présent. Je venais de passer trois heures sur les traces de Jeanne et de Clarence.

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Marcelle Claire Ramey en 1939
Photo d’album scolaire
Herbert Hoover High School - Glendale, California

Il est déjà dix heures du soir. Tout en regardant par la fenêtre la nuit envahir lentement, mais inexorablement la ville d’aujourd’hui, je laisse mon esprit divaguer et imaginer une Brestoise d’environ dix-huit ans et un marin Américain, exactement cent ans plus tôt. De ma fenêtre, la ville que j’observe n’a rien à voir avec celle où se sont rencontrés Jeanne et Clarence. La Seconde Guerre mondiale a ravagé cette cité à jamais perdue dont il ne reste rien. L’après-guerre a tout nivelé et enfoui cette ville disparue sous des tonnes et mètres cubes de remblai et, avec lui, se trouvent prisonnières à tout jamais, comme un coffre-fort inaccessible, les mémoires ensevelies de ses habitants du passé. Il nous reste les archives qui nous révèlent des dates, des noms, des filiations, des lieux, mais elles ne nous diront jamais comment ils se sont rencontrés, ce qu’ils se sont dit. Seul le remblai le sait.

Sur mon écran d’ordinateur, s’effeuillaient huit ou neuf onglets : les archives de Brest, les bases du Centre Généalogique du Finistère, Ancestry, Family Search, et Messenger où René continuait à m’envoyer des messages. J’avais presque décroché de cette concentration que nous connaissons toutes et tous, quand on est « dedans ». René était en train de me raconter des tranches de mémoires familiales, je lui avais peut-être donné l’impression de m’intéresser à sa famille, en quelque sorte oui, mais avant tout ce que nous aimons, c’est chercher. Lorsque l’on sent que l’on est sur la bonne piste, le flair du généalogiste, l’intuition que l’on n’est pas loin, on veut le voir apparaître ce nom ou cette date, si ce n’est pas sur cette page, ce sera sur la suivante, ou dans l’autre registre...

Sortons-nous vraiment indemnes de nos recherches ? J’ai l’impression que l’on rapporte un peu du passé dans notre présent, un peu de ces tranches de vie, qui nous sont bien étrangères, nous habitent ne serait-ce que quelque temps.
Et les autres, ces autres qui ne sont pas généalogistes, qui parfois ne comprennent pas que l’on y passe autant de temps. Tout ce temps à échanger sur des réseaux ou forums, à se refiler des tuyaux, à parler de date de décès, comme on parlerait de recette de cuisine. Comment peuvent-ils comprendre que le mot « décès » puisse nous apporter autant de satisfaction, lorsque l’on trouve une date et un lieu qui nous ouvrent de nouvelles perspectives de recherches ? 

Comment leur expliquer qu’un cimetière, ce n’est pas triste, comment expliquer à son conjoint, en passant devant une grille de cimetière ouverte, que l’on irait bien y faire un tour, juste pour lire les noms sur les très vieilles sépultures.

Les autres doivent certainement nous regarder de travers : ils sont résolument étranges ces généalogistes... 

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35 Messages

  • Bonjour,

    Eh bien, vous avez mis le doigt dessus ! Cette passion généalogique que les autres ne comprennent pas toujours, comme vous dîtes, quand on passe devant un cimetière, on aimerait bien aller lire les noms anciens, tourner les pages des vieux registres, avec leur odeur particulière... C’est vrai, maintenant, les pages sont virtuelles, mais leur accès est tellement meilleur... Se plonger dans la vie d’une famille au point d’oublier de vivre dans l’instant... Oui, chercher...et le bonheur ineffable de trouver, et de ne pas pouvoir partager son émotion... Allez ne soyons pas frustrés,nous avons tant de joies quand nous avons retrouvé LA piste qui nous manquait, et remis un peu d’ordre dans une histoire, comme celle que vous nous contez, qui part un peu « en vrille » à cause de souvenirs détournés.
    Merci pour cette histoire et votre belle réflexion sur notre passion commune. Prenez soin de vous.

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  • Bravo Gilles pour cette belle écriture.
    J’ai aussi, au fil de mes nombreuses recherches, rétabli certains faits qui avaient été enjolivés, voire « romantisés » par la transmission orale dans la famille de ma mère.
    Certains conteurs ne sont plus là, partis avec leurs jolies histoires erronées.
    Ecrire l’histoire de sa famille est un grand travail qui ne finit jamais...
    Pascale

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  • Bonjour,

    Comment ne pas comprendre ce que vous partagez dans cet article ? Je crois que nous tous sommes comme des « chasseurs » lorsque nous sommes sur la piste de l’acte, de la date qui nous aidera à progresser dans notre recherche, à s’enfoncer dans le passé.

    Il m’arrive parfois, lorsque feuilletant un registre après l’autre, d’avoir le sentiment de redonner vie, de faire mémoires à ces noms qui défilent mais qui cachent derrière eux des vies, des êtres humains.

    Bonne continuation à toutes et à tous.

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  • Bonjour Gilles,

    Voici, mis noir sur blanc, tout ce que j’éprouve en me passionnant pour la généalogie (et tout ce que n’éprouvent pas les personnes imperméables à ces sensations) : je me sens un peu moins seule face à mon écran et à mes douleurs lombaires à force de rester assise !!!

    Merci d’avoir partagé et si bien décrit notre passion.

    Bon W.E. à vous tous

    Eveline

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  • Bonjour Gilles,
    Comme je vous rejoins dans cette quête de vérité. Oui pour l’envie de tourner ces pages jaunies, oui pour pousser la grille d’un cimetière, oui pour l’attente de la date recherchée... et cette persévérance qui nous surprend nous mêmes !
    Nous vivons dans un monde du « tout tout de suite », du rentable et du chiffre... La généalogie n’est rien de tout ça fort heureusement, avec d’autres valeurs, d’autres richesses. Sans la généalogie les mystères restent cachés, les belles histoires enfouies, les injustices non dénoncées, les filiations coupés....
    Alors si ces notions qui semblent saugrenues donnent à son heure l’envie à certains de commencer à chercher des trésors cela vaut la peine de passer pour d’étranges généalogistes !
    Merci pour cette réflexion
    Sandrine

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  • Bonjour,

    Article fort plaisant à lire qui embrasse de vastes sujets auxquels beaucoup d’entre nous sont sensibles.

    Bonne journée, bonnes recherches futures,

    Franck Juin

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  • Bonjour,
    Bravo pour l’article, c’est vrai la généalogie permet de remettre les dates à leurs place car nos anciens se racontaient les histoires du passé au coin du feu. Ils n’avaient pas de dates et pas d’écrits, c’était facile de passer une deux générations sans soucis. Évidement cela altère l’histoire, la généalogie rétabli cet ordre.
    Je me régale chaque semaine de ces histoires, continuez.
    Bon courage

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  • j aime l approche elle fait echo a mes sentiments , ma mère a ete eleve par une nounousuite à la mort de sa maman , j ai fait larbre familiale pour les 50 ans et 60ans de mariage et beaucoup d info transmises oralement sont trompées , omises ou pas volontairement , la recher approfondies avec actes comme preuves lévent bien des zones d’ombres et soulagent souvent en apportant plus de transparence et surtout des bases pour chacun d’entrenous sur lesquelles s appuyer pour se comprendre
    merci à vous

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  • Jeanne Floch ou l’utilité démontrée de la Généalogie 14 mai 12:06, par Lydie Montagne-Rivière

    Bonjour,

    Nous avons aussi cette chance de pouvoir réhabiliter la mémoire d’ancêtres jugés et condamnés moralement par la famille.

    C’est le cas de la mère de mon arrière grand père paternel qui a dû abandonner tour à tour ses enfants à l’assistance publique, et dont la famille insinuait qu’elle était de « mauvaise vie ».

    En fait, à l’étude des dossiers de l’assistance, une pauvre ouvrière veuve à 26 ans en 1889 à Paris,victime d’un séducteur qui l’a mise à la porte lorsqu’elle a été enceinte de mon aïeul, avec les enfants qu’elle avait eu de son mari.

    Tellement dans la misère qu’elle a disparu entre 1905 et 1910, sans acte de décès, sans trace dans les registres d’inhumation.
    Probablement retrouvée morte dans la rue, et non identifiée.

    Au moins, sa mémoire est réhabilitée par ces quelques recherches.

    Nous avons une belle mission.

    Bonne journée.

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  • Voir À de Vigny
     » Si j’écris leur histoire ils descendront de moi »
    c’est redonner vie à nos disparus

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  • Très belle reconstruction d’un destin,au début de mes recherches,mes parents et leurs frères et soeurs étant encore en vie,je me suis fiée à l’interrogatoire comme tout novice en sachant que le temps de la mémoire vivante était compté.Je ne me doutais pas que je me heurterais des années plus tard à une énigme sur laquelle je cherche vainement.La mère de mon grand-père paternel,veuve en 1877,a épousé en secondes noces un homme portant le même patronyme qu’elle,ce qui n’a rien d’étonnant dans un village de la Somme où ses porteurs sont très nombreux : première dissimulation,la tradition orale dit qu’ils n’étaient pas cousins,merci internet,c’est faux.De plus grâce à l’aide d’une correspondante j’ai découvert la naissance d’un enfant,j’ai d’abord cru à une homonymie car le prénom de la mère était un peu différent,mais après vérification dans le recensement il est bien réel,je ne trouve pas d’acte de décès de cet enfant,et pourquoi la mémoire familiale l’a-t-elle ignoré ? Si mon père en avait eu connaissance il ne me l’aurait pas caché,cet enfant a disparu,je n’attends plus qu’un hasard comme il s’en produit souvent pour les généalogistes pour connaître son destin.

    Répondre à ce message

    • Bonjour,

      J’ai une histoire un peu similaire dans ma famille. Des cousins germains se sont mariés en 1887 et ils ont eu une petite fille qui est née avec de sérieux soucis de santé, notamment des problèmes de vue. Cette petite fille a survécu et a aussi donné naissance à une petite fille qui elle était sourde. Dans ma famille, on a tout à fait occulté le fait que le handicap de ces personnes était probablement dû à la consanguinité et ce n’est qu’en faisant des recherches généalogiques que j’ai pu établir le lien de parenté des parents. Dans votre cas, l’enfant était peut-être aussi porteur d’un handicap à la naissance, ce qui l’aurait malheureusement fait disparaître de la mémoire familiale...

      Bonnes recherches.

      Sylvie D

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      • Merci,je n’y avais pas pensé,c’est une piste qui sera difficile à vérifier cet enfant n’apparaît que sur son acte de naissance et sur le recensement où il est dit fils de mon arrière-grand-mère et son deuxième mari,et âgé de deux ans,au recensement suivant ils sont absents,le père étant mort et la mère partie pour Paris avec les deux enfants de sa première union,dont mon grand-père,mais plus aucune trace du dernier enfant,ni dans les décès de la somme,ni dans ceux de Paris alors que j’ai la preuve qu’il a vécu au moins deux ans.La recherche est rendue plus difficile à cause de la prédominance du patronyme dans le village d’origine

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      • Bonsoir,

        Merci pour votre message.

        Je suis ravi si vous vous retrouvez dans mes quelques mots.

        Répondre à ce message

    • Bonsoir,

      Merci pour votre retour.

      Ravi que vous vous retrouviez dans cette expérience, ce qui prouve que cette passion nous rapproche.

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    • Cet enfant est né dans les années 1880 .
      Vous pouvez voir les archives diocésaines Baptèmes communions etc ...
      Mais aussi les comptes individuels des archives des tables de succession des parents et des enfants .
      Cet enfant apparaitra peut- être à ce moment et va vous permettre de le situer alors .

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      • Merci,la difficulté c’est que la famille s’est installée à Paris,et là pas de tables décennales et pas de recensement avant 1926,mon arrière-grand-mère est morte en 1905 veuve en deuxièmes noces, et seuls ses deux fils aînés ont déclaré le décès.Mais je n’avais pas pensé à la succession,je vais voir si c’est disponible à Paris puisque je connais l’arrondissement de son décès.

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  • Bonjour,

    Ce que vous décrivez fait écho en moi. Après avoir fait des recherches sur ma famille, j’ai pu rassembler une partie des pièces d’un puzzle de souvenirs épars et incohérents. Et effectivement, la réalité est parfois assez éloignée de la légende familiale.

    Mais ce qui me touche le plus, c’est de « ressusciter » sans le vouloir, au détour d’une recherche, des personnes tombées dans l’oubli parce qu’elles n’avaient pas eu d’enfants pour se souvenir d’elles.

    En les évoquant devant les anciens, des souvenirs perdus reviennent parfois à la surface. « Ah ! oui, c’est vrai, Léontine était une des tantes de ton grand-père. Elle était célibataire et il l’aimait beaucoup parce qu’elle était bricoleuse et pleine de fantaisie. » En faisant des recoupements, j’ai pu déterminer que cette jeune fille sur une vieille photo de famille non identifiée était très probablement Léontine. Un nom, puis un morceau de souvenir, puis un doux visage. Léontine est à nouveau parmi nous. Une bien jolie personne que j’aurais aimé rencontrer et qui méritait qu’on ne l’oublie pas.

    Bonnes recherches à tous.

    Sylvie D

    Répondre à ce message

  • Bonsoir et merci pour ce partage. Pour mon compte, et malheureusement, ça n’arrive plus très souvent avec toutes nos recherches possibles en ligne, ce qui m’émeut le plus dans la recherche généalogique, c’est de trouver la signature d’un ancêtre sur son registre original, sentir le papier qu’il a senti, toucher la papier qu’il a touché, poser ma main sur l’emplacement où il a posé la sienne quelques dizaines d’années auparavant, pour y inscrire sa signature. Il y a probablement laissé quelques traces d’ADN, et peut-être que moi, en posant ma main au même endroit, j’y ai laissé aussi un peu du mien. J’en frissonne encore !

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  • bonjour,
    ah, la mémoire familiale, lien bien ténu quand les enfants sont orphelins très tôt !! Sur une branche de mon arbre, à 2 reprises, j’ai été confrontée à des situations tronquées, déformées ou carrément inexactes
    1- notre lien familial inconnu avec Louise Michel. aucun repère possible chez des orphelins de 10 et 14 ans. Seule transmission, le doux souvenir d’un prénom « Constance » accolé à l’appellation « maman Constance » d’une arrière grand mère, et vite trouvé le lien car elle s’appelait Michel de son nom de jeune fille, et était effectivement petite cousine de notre Louise nationale à Audeloncourt.
    2-une génération plus tard, un grand oncle, militaire, a convolé loin de sa région natale. S’est transmis jusqu’à moi l’expression, avec les a priori de l’époque, « s’est marié avec une indigène au Tonkin ou a Madagascar »
    Grâce à la base Leonore de la légion d’honneur, j’ai pu rétablir qu’il s’était marié à la Martinique avec la fille du bâtonnier de l’ordre des avocats de Saint Pierre, Barreau- Desvergers en 1893, et je suppose qu’elle n’était pas blanche de peau, mais je n’ai pas trouvé de descendance, du moins pas encore....j’étais fière d’avoir rétabli la mémoire et la place de cette jeune femme, dans mon arbre ( sa mère avait péri dans l’éruption volcanique , si meurtrière)
    et mes recherches laissent mon imagination vagabonder : ces 2 belles soeurs que je retrouve régulièrement fin XVIIIe, marraines, étaient elles si populaires ? ou bien avaient elles des positions sociales plus enviables ? l’une avait eu 16 enfants, comment faisait elle ? ou encore, comment soignait on un mal de dent épouvantable à cette époque ?
    je trouve bien plus que des BMS, dans cette plongée dans les temps anciens, et je ne m’en lasserai jamais, je me vois bien continuer, même en EHPAD, le moment venu...
    cordialement
    claude auvray

    Répondre à ce message

  • Bonjour
    Comme vous avez bien décrit notre passion commune !

    Répondre à ce message

  • Bonjour
    En relisant les posts de chacun en réponse au narrateur de la belle histoire du jour sur sa recherche généalogique, je retrouve bien la même communion d’esprit qui m’anime depuis 20 ans déjà .
    Les cimetières insolites à découvrir également où certaines stèles portent outre des dates remontant le temps , des portraits chargés d’histoire avec parfois des textes émouvants. Celles aussi des soldats tombés au champ d’honneur de moins en moins nombreuses et les monuments municipaux qui en retracent les noms de ses combattants .

    Un bon rappel de notre histoire commune surtout quand on y retrouve son patronyme paternel dont on entendait parler aux repas dominicaux par ses grands parents .

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  • Nous sommes d’accord. ce qui est intéressant, outre l’histoire, c’est la découverte d’une partie, au moins, des faits réels tels qu’ils existèrent, et leurs répercussions. Et bien sûr, ce qui nous anime, encore et toujours, c’est cet intense plaisir de la recherche, ce besoin même, qui nous est à tous commun et que vous décrivez si bien.

    Cela m’inspire deux remarques :
    Sur le fond et sur le plan psychologique et peut-être sociologique, quel est et d’où vient, qu’exprime ce goût profondément inscrit en nous pour la recherche familiale ?
    sur le fond, et, plus légèrement quoique pas tant que cela, n’est ce pas agréable et rassurant de constater cette grande convergence de ressentis à propos d’un même domaine d’intérêt ? A une époque où les différences et individualités nous éloignent les uns des autres, ce n’est pas rien.

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