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La tragédie du paquebot « Afrique »


lundi 5 mai 2008, par Jean-Yves Le Lan

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La présentation par l’éditeur : Le 10 janvier 1920, au petit matin, le paquebot Afrique de la Compagnie des Chargeurs Réunis débouche du chenal de la Gironde avec 602 personnes à bord (équipage et passagers). Il se dirige sur Dakar et les autres ports de la Côte Occidentale Française, sa ligne habituelle. C’est son 58e voyage. Ce sera le dernier... Le navire n’atteindra jamais sa destination, il sombre aux premières heures de la journée du 12 janvier 1920 aux abords Nord-Est du plateau de Rochebonne, à moins de 23 milles (42 km) des Sables d’Olonne.

Du fait des conditions apocalyptiques, de nuit, par gros temps épouvantable, aucun enfant, aucune femme ne pourra être sauvé. Un seul passager civil en réchappera. Il n’y aura que 34 rescapés, 568 personnes périront.

L’ouvrage relate les causes, les circonstances et les suites de ce sinistre maritime que, malgré tout ce qu’ont pu faire le capitaine Le Dû et son équipage, ne put être évité. Cette tragédie de la mer survenue peu après la Grande Guerre (dans l’ombre de celle-ci) et pendant une période électorale, paraissait bien oubliée aux familles de victimes...

Présentation par l’auteur : Le naufrage du paquebot Afrique et le plateau de Rochebonne sont indissociables dans la mémoire des marins vendéens et charentais et l’on ne peut parler du haut-fond mythique sans évoquer le navire disparu.

J’étais captivé, impressionné, effrayé même, quand dans mon enfance l’on racontait en ma présence le drame de l’Afrique d’autant que cette histoire ressurgissait généralement les soirs de violente tempête en hiver.

J’ai souvenance, qu’étant mousse, la narration de cette tragédie revenait de temps à autre dans le poste d’équipage, avec des variantes, des hypothèses émises ; les récits étaient souvent anecdotiques, macabres aussi, comme la relation des circonstances dans lesquelles les corps avaient été retrouvés, dans la drague (le chalut) ou à la côte, avec des descriptions appuyées qui m’horrifiaient et me levaient le coeur. Peut-être insistait-on sur ces aspects macabres, me sachant zirou [1].

(...)

Avec un regard que je crois encore marin, j’ai étudié la masse des documents officiels et tout un fatras de documents divers, des correspondances, les écrits déjà réalisés, différents journaux de l’époque, les rapports de mer des officiers rescapés, les comptes rendus d’enquêtes nautiques, la météorologie, les marées, toute la documentation sur le plateau que j’ai pu réunir. Je me suis aussi intéressé aux suites de l’affaire comme les interpellations à l’Assemblée nationale ; j’ai pris connaissance et étudié les différents jugements des actions intentées par les familles de victimes à l’encontre de la Compagnie des Chargeurs Réunis (12 ans de procédure).

Je me suis intéressé à la découverte et à l’identification des corps, au courrier des familles de disparus et de l’administration ainsi qu’au comportement des employés de la compagnie des Chargeurs Réunis. J’ai aussi utilisé mes souvenirs personnels, les récits entendus dans mes jeunes années.

La famille du capitaine au long cours Antoine Le Dû, qui commandait l’Afrique, a mis gentiment à ma disposition les documents qu’elle possédait relatifs à l’affaire. J’ai fait parler de vieux marins, interrogé longuement des plongeurs ayant visité l’épave de l’Afrique.

J’ai pu renseigner des familles de victimes qui m’ont contacté ou que j’ai pu retrouver ; je les ai aussi interrogées, ces personnes m’ont remis des doubles de documents en leur possession.

Bref, j’ai procédé, en quelque sorte, comme si on m’avait demandé d’enquêter sur cette meurtrière fortune de mer et d’en faire un compte rendu des plus exhaustifs...

L’auteur : Roland Mornet est né aux Sables d’Olonne. Mousse à 14 ans, il devient capitaine à 24 ans d’un navire océanographique basé en Côte d’ivoire. II fera alors l’essentiel de sa carrière comme capitaine sur les navires de différents organismes de recherche scientifique, de l’ORSTOM (RD maintenant) à IFREMER. Chevalier du Mérite Maritime.

Un avis : La catastrophe de l’Afrique est oubliée dans les mémoires et il était important qu’un ouvrage, sur ce drame, existe comme témoignage.

C’est le travail qu’a effectué, Roland Mornet, sur cette tragédie. L’auteur a su parfaitement la retracer et on sent, en lui, l’homme de la mer, l’homme d’expérience à travers ce récit historique. Il s’est non seulement intéressé aux conditions du drame mais aussi à ses conséquences : la tristesse des inhumations, la découverte des cadavres sur les côtes françaises pendant de longues semaines et les implications judiciaires du naufrage.

L’auteur essaie aussi d’analyser la cause initiale de la voie d’eau qui a entraîné la perte du navire et évoque l’hypothèse d’une déchirure de la coque de l’Afrique par une épave non signalée.

La lecture de ce livre, pour celui qui s’intéresse aux navires et à leurs naufrages, est passionnante. Pour ceux ou celles qui ont eu un ancêtre qui a vécu ce drame, l’ouvrage est une mine d’informations sur la catastrophe.

Nous regrettons toutefois le manque de table des matières, de références précises pour les sources et la bibliographie ainsi qu’un index alphabétique permettant de retrouver facilement une information sur un personnage dans l’ouvrage de 360 pages.

Appel à témoins

Auteurs de films documentaires dont « Nom de code : Poilus d’Alaska », récemment diffusé sur Arte, Michael Pitiot et Daniel Duhand préparent un 52’ sur le naufrage du paquebot Afrique. Ce bateau, qui avait quitté Bordeaux pour rejoindre le Sénégal, a coulé dans le nuit du 12 au 13 janvier 1920 entre l’île de Ré et Les Sables d’Olonne. Sur les 599 personnes à bord, seules 36 ont survécu. Les auteurs recherchent les descendants des familles des naufragés, ainsi que des témoignages ou des documents sur cette tragédie. La liste de l’équipage et des passagers est consultable sur www.memoiresdelafrique.fr

contact@memoiresdelafrique.fr

Voir en ligne : Commander le livre sur le site de l’éditeur

P.-S.

Roland Mornet, La tragédie du paquebot « Afrique », La Crèche, Geste Editions, 2006.

Notes

[1Zirou : qui a le coeur délicat, vomit facilement ; « avoir le coeur tout aziré » (parler chaumois)

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