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Le mât de cocagne et la grotte de la place d’Armes


jeudi 24 avril 2014, par Michel Carcenac

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La place d’Armes à Belvès présente trois points forts : la halle, le beffroi et l’arbre de la Liberté.

Devant l’épicerie Bouyssonnet, Zéphyrin et Elina sont dans la Darracq 230 B et devant eux cinq garçons courent vers le photographe.

Derrière les tilleuls, le café Brousse est encore là, il ne cèdera la place à la pharmacie Laporte qu’en 1906. Aucune trace d’éclairage électrique, sur la droite un réverbère à pétrole, nous sommes avant 1904.

Sur la face sud du beffroi, on a installé un pigeonnier, comme si les pigeons ne venaient pas tout seuls coloniser les clochers. A moins que ce ne soit pour attraper plus facilement les jeunes et les manger.

Le beffroi est lézardé de haut en bas, ce n’est pas grave, il a tenu neuf cents ans et il tiendra bien un siècle de plus.

L’ormeau de la place d’Armes a été planté en 1848, comme tous les arbres de la Liberté. Mais les Belvésois n’avaient pas attendu cette date pour planter leur arbre de la Liberté, au même endroit. En feuilletant les archives municipales, mon ami Henri Delluc avait découvert que le 1er germinal de l’an II de la République une et indivisible, la municipalité avait décidé de planter un « arbre de la Régénération… avec ses racines. »

A une heure de l’après-midi, la municipalité, à laquelle s’était joints les membres du comité de subsistance et les juges de paix, s’est rendue au comité révolutionnaire précédée de la garde nationale et des volontaires en chantant des couplets patriotiques. « Enfin, toutes les autorités se sont rendues, en se tenant deux à deux par le bras, sur la place où l’arbre a été planté. Plusieurs discours y ont été prononcés, dépeignant avec énergie la haine des tyrans et de l’esclavage, l’amour de la liberté et de l’égalité. Exécration aux prêtres, aux nobles et aux aristocrates, a-t-il été répété plusieurs fois. »

Pour terminer, « toutes les autorités se sont données le baiser fraternel et le peuple s’est mêlé à leurs embrassements. Il a été pris le serment qu’on périrait tous ensemble autour de l’arbre qu’on venait de planter, plutôt que de le laisser souiller par des esclaves. »

A la plantation, cet arbre s’appelle donc : arbre de la Régénération, expression difficile à prononcer. Il deviendra très vite : arbre de la Liberté.

Malgré les nombreuses lettres de dénonciation arrivant à la mairie, la vermine n’avait pas été complètement extirpée. Il y avait des opposants à Belvès, des terroristes, disait-on, puisque, un an plus tard, l’assemblée siégeant toujours en permanence, constate « l’abattement et le brûlement de l’arbre de la Liberté », ainsi que des désordres commis à Belvès et les menaces faites à la municipalité, à tel point que l’on fait venir trente gendarmes de Monpazier, qu’il faut nourrir, ainsi que leurs chevaux. Le procureur syndic a pesé le foin entreposé dans la ci-devant église des Jacobins et en a délivré au lieutenant de gendarmerie Chansard cinq quintaux huit livres et pour les hommes quarante-six livres et demie de pain.

En 1907, un effondrement causé par une charrette permet de redécouvrir “ la grotte ” de Belvès. Antoine habitant juste en face est un des premiers à y descendre pour faire cette photographie :

Dans cette cave, la plus spacieuse, on remarque les restes d’un pressoir à huile. Posée sur l’évier, une cruche du XVIIe siècle présente un bec pincé et un début de céramique au plomb sur sa partie antérieure.

Un « calel » (ancienne lampe à huile du sud ouest) est suspendu au-dessus de l’évier. Cet évier n’a aucune alimentation évidente en eau mais, par temps de pluie, l’eau qui sourd à travers le plafond devait être recueillie par une gouttière.

Ces caves ont été creusées par l’eau il y des millions d’année. Les hommes les ont aménagées au XIIIe siècle, semble-t-il. Elles servaient d’abris à de pauvres gens, surtout ouvriers vignerons, d’après les indices retrouvés.

Le mât de cocagne est dressé sur la place d’Armes à l’occasion de la fête de septembre.

Il est soigneusement enduit de suif et il est difficile de l’escalader pour décrocher le linge fixé sur le cercle

Ce ne sont pas les petits garçons en col marin et canotier qui vont tenter l’escalade. Ils risqueraient une sévère correction !

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