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Le torpillage du croiseur auxiliaire Provence II


jeudi 27 janvier 2011, par Monique Auffret

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Le 26 février 1916, alors qu’il se rend à Salonique avec à son bord un contingent de 2 000 militaires dont un important détachement du IIIe Régiment d’Infanterie Coloniale, 400 hommes d’équipage et environ 200 chevaux et mulets de l’armée, le croiseur auxiliaire Provence II est torpillé à tribord au large du cap Matapan (Grèce), en Méditerranée, par le sous-marin allemand U 35. Seuls 870 hommes ont survécu à ce naufrage.

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Alexandre Gautier

J’ai la chance d’avoir retrouvé dans les archives de ma famille quelques lettres intéressantes ; je ne regrette pas d’avoir partagé celle de l’écolier de 1909. L’auteur de celle-ci est son beau frère, Alexandre Gautier du 3e colonial. Le style est un peu pompeux mais je pense que c’est un bon témoignage (l’orthographe du document est respectée).

Ile de Mitylène, le 6 mars 1916

Mon cher Frère

Tu as du apprendre le torpillage du croiseur auxiliaire La Provence. J’étais avec 2 200 camarades comme passager a bord de ce beau bateau de 3 000 tonnes, 191 m de long pour un premier voyage.

J’avais bien choisi le hasard à voulu que je n’y reste pas c’est bien le hasard car beaucoup de malheureux qui savaient nager ont péri, et moi qui étais blessé ne sachant pas nager du tout je me suis sauvé.

Au moment du torpillage (le Samedi 26 Février - 3 h du soir ) j’étais couché dans mon hamac, nous marchions à petite allure 12 nœuds alors qu’on aurait pu marcher 20 nœuds ce qui nous aurait sauvé car le navire a été atteint tout à fait à l’arrière. Je lisais tranquillement tout à coup une explosion sourde le bateau tresaille. Je n’ai pas mis longtemps à me sortir de la cale et grimper sur le pont. Je vais sur le pont avant ; tout le monde était déjà sur pied. Je cours à l’emplacement des ceintures de sauvetage ; il n’y en avais plus a ce moment les officiers passaient parmi nous et disaient que ce n’était qu’un coup de canon, l’espoir nous venais le bateau marchait toujours.

Je me penche hors du bastingage et je vois l’arrière qui s’enfonçais peu à peu. Un nègre qui était à côté de moi quitte sa ceinture de sauvetage et s’en va disant « c’est rien, c’est rien ». Je t’assure que je n’ai pas mis dix seconde a bondir dessus et à monter sur le pont supérieur de l’avant, dans ma précipitation à la mettre je la casse je l’ai réparée, tant bien que mal et j’ai attendu ; sur le pont avant supérieur c’est à dire à l’extrémité du bateau nous étions 200 massés la j’étais assez calme, je cherchais un moyen de sauter dans un des canots qu’on mettait à la mer hélas ces canots qui pouvaient contenir 80 personnes étaient charger du triple ; te décrire les scènes d’ horreur qui se sont passées est impossible. les canots a l’eau chaviraient les autres canots qui arrivaient écrasaient la plupart des malheureux qui étaient à l’eau et puis le bateau s’enfonçait toujours avec plus de rapidité.

Alors l’explosion des machines qui a tué encore quelque centaines d’hommes. le bateau était tout debout, tu vois la position que j’occupais cramponé à l’avant. Je me suis laissé engloutir avec le bateau, le remous de l’eau m’a envoyé au moins a 10m au fond. Aussitôt j’ai remonté a la surface, je commençais a respirer maintenu par ma ceinture, mais aussitôt je reçois un coup sur la tête et aller encore un voyage au fond. Je me croyais bien perdu heureusement que je suis remonté encore sans m’évanouir, et le hasard a voulu que je me trouve à portée d’un radeau, la j’ai pu respirer j’ai regardé l’endroit ou dix minutes avant flottait un des plus beaux bateaux de notre marine, ce n’était plus que des débris de planches, des bottes de foin, des casseroles etc… etc… la mer avais repris son calme les survivants a la nage se bataient vers les radeaux et les barques. j’avais avec moi 22 compagnons.

Jusque la nous étions a peu près sauf mais si la mer devenais mauvaise nous étions perdus ; car tu sais 23 sur ce machin en bois ! et puis a 350 km du port … (je continue sur l’autre feuille) le plus proche ; si le marin de la T.S.F. n’avait pu envoyer le signal de détresse, nous étions condamnés à mourir de soif de faim ou de froid, car la pluspart d’entre nous étaient complétement nu. J’avais juste ma chemise et mon caleçon ; mais ce brave marin avais fait son devoir, (il est mort d’ailleurs a son poste) et le matin un contre torpilleur Français, venais nous receuillir. Quel cri de joie nous avons poussé en l’apercevant ; tu sais toute la nuit balayé par les vagues nous en avions assez .

Nous sommes en ce moment a l’Ile de Mitylène (Grèce) pour nous reposer pendant quelque temps après on nous enverra à Salonique. J’avais pu sauver quelque billets dans une ceinture de flanelle qu’Alice m’avait faite C’est heureux car j’ai pu acheter ici quelques objets indispensable, et tu sais les Grecs nous font payer le prix. Tu seras bien aimable de me faire réponse aussitôt donne moi des nouvelles de Alice car peut être aurai je ta lettre avant la sienne, raconte moi ce qu’on a dit en France de l’accident, tout ce tu sauras en un mot de l’A… (? mot illisible) aussi – car ici on est complètement séparé de France pas de communiqués rien.

Je t’embrasse cordialement, Ton beau Frere, GAUTIER

Alexandre Gautier 3° colonial. 2° Cie
Ile de Mitylène - Secteur 506

Je suis avec deux bons camarades de Bourcefranc : Musereau Roumegousse

Note : Alexandre Gautier avait 25 ans à peine, né le 25 décembre 1890 à Soubise. Il travaillait chez son père négociant-commerçant. Il a divorcé d’avec Alice ne pouvant avoir d’enfant avec elle. Je sais qu’il s’est remarié et qu’il a eu une descendance. Je serais heureuse de faire connaître cette lettre à ses descendants.

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Alexandre et Alice

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28 Messages

  • Le torpillage du croiseur auxiliaire Provence II 28 janvier 2011 10:50, par hubert.Michea@wanadoo.fr

    Ci après le texte de la rubrique de ce navire tel qu’il apparaît dans ma nouvelle rédaction du répertoire des naavires de guerre français :
    la Provence II - Croiseur auxiliaire, paquebot ; 19.160 tx ; CGT ; 4.660 tdw. 190,67 m x 19,78 m ; 2 mach. 3ex. 30.000 cv. 2 hél. 21,5 nds.. 4 dynamos à turbines De Laval de 75 V. ( Cf. Le Yacht1906, p. 259.) 442,132, 808 pass= 1.382 + 446 h, (Saint-Nazaire 1903-1905-1916) Réquisitionné en 1914. Croiseur auxiliaire, puis transport de troupes.
    1916, capitaine CF:Vesco, torpillé le 26 février par U-35, avec 2.000 hommes dont 500 furent sauvés. Disparaît aussi le CV. Reveille (MJV) qui allait prendre le commandement du croiseur Bruix.
    Cf. lettre de Alexandre Gautier 3° colonial. 2° Cie 
Ile de Mitylène - Secteur 506 qui raconte .( http://www.histoire-genealogie.com/... )
    Cf. BOM n°145 (Circ. 25 avril 1922) t.i, p. 720 et s. Bénéfice « double en sus », 2 août 1914-25 février 1916. Q. Cf. Plaquette CGT 1906, Bibl. MnM. R. 3498.
    Cf. Barbance, (Marthe) Histoire. Icon. Photos civiles et militaires. Portrait du CF:Vesco. Affiche montrant une coupe du navire. Modèle MnM. 7 MM 6.
    Cf. Ex-votos de N-D de la Garde, p.44-45, inv n°662.
    Cf. Le Yacht1906, p. 62, 197, 259, 290, photo.

    Voir en ligne : http://perso.wanadoo.fr/hubert.michea/

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  • Le torpillage du croiseur auxiliaire Provence II 28 janvier 2011 14:29, par Histoire de Bouhet

    Bonjour,

    vous trouverez en cliquant sur le lien ci-dessous l’article très détaillé que j’ai écris sur mon site d’histoire locale « Mille ans a Bouhet » au sujet du torpillage du Croiseur « Provence II » après avoir dépouillé l’ensemble des documents d’origine relatifs à cette catastrophe disponibles au SHD du fort de Vincennes.

    Voir en ligne : Naufrage du Croiseur Provence II

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  • Le torpillage du croiseur auxiliaire Provence II 29 janvier 2011 15:15, par villechenoux Françoise

    Je suis très heureuse de trouver des documents sur cette tragédie car mon grand-père y était mais n’a pas eu la même chance. J’ai trouvé quelques renseignements sur le net sur le bateau, sur Arnaud Périère qui l’a coulé et sur L’U35.J’ai les lettres écrites par ma grand-mère au consul de Grande Bretagne,au consul de France à Malte car des rescapés étaient à Malte,du ministre de la marine ainsi qu’un courrier d’une amie qui raconte sa visite au ministère.Il était du 3è régiment d’infanterie coloniale, 12è compagnie, n°matricule 5824.J’aimerais connaître dans quelles conditions il est décédé,où il se trouvait. Je suis à votre disposition si vous souhaitez les lire.

    Voir en ligne : site dédié à la mémoire du Provence II

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  • Le torpillage du croiseur auxiliaire Provence II 29 janvier 2011 18:24, par Thérèse Mangeret

    Bonjour
    Mon grand-père Jean-Louis Moreau était dans le navire qui suivait, et la famille l’avait cru mort, ignorant dans lequel il était.
    Merci de ce témoignage .
    Th Mangeret

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    • Le torpillage du croiseur auxiliaire Provence II 29 janvier 2011 21:48, par Michelle Schott

      Poignant !
      Incroyable témoignage racontant les dernières minutes du naufrage de ce bateau.
      Cela rend vivant un événement qui resterait assez inaperçu sans cette lettre.
      J´imagine l´émotion de ceux qui avait un ascendant sur ce navire.
      Michelle Schott

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    • Le torpillage du croiseur auxiliaire Provence II 8 novembre 2014 15:53, par Bouroux

      Bonjour, 08 XI 2014

      Je prends seulement connaissance de votre message.
      Mon Grand-père David Paul BOUROUX devait partir avec ce navire mais il a pris le suivant comme votre Grand-père.

      Connaissez-vous le nom du navire suivant ?
      Bien cordialement
      Pierre

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  • Le torpillage du croiseur auxiliaire Provence II 30 janvier 2011 18:12, par Lucie Géva

    J’ai lu avec beaucoup d’interêt l’article sur le ProvenceII. Lors d’une cérémonie du 11 novembre,j’avais suggéré que les enfants de notre conseil municipal enfants lisent les 72 noms qui sont inscrits sur notre monument aux morts.
    Voulant savoir « qui étaient ces jeunes morts au combat » j’ai fait des recherches et établi une fiche pour chacun d’eux.
    Un jeune soldat de notre commune était décédé sur le Pronvence II. C’est ainsi que j’avais appris cette tragédie au large de Toulon.
    J’avais trouvé des articles très émouvants sur internet.
    Merci pour votre contribution

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    • Le torpillage du croiseur auxiliaire Provence II 31 janvier 2011 12:08, par Histoire de Bouhet

      Bonjour,
      pour faire suite à mon message précédent...
      @ Pour Monique Auffret et Françoise Villechenoux...
      Je serais vivement intéressée par des scans de vos lettres concernant la catastrophe du ProvenceII,afin d’enrichir mon article publié sur « Mille ans à Bouhet » avec d’autres documents que les témoignages fournis au ministère de la Marine et les articles de journaux.
      Je peux vous envoyer en retour toute une série d’articles fort intéressants publiés à l’époque, avec des listes de rescapés.
      Vous pouvez me contacter à l’adresse figurant en bas de la page du lien ci-dessous
      PS : des cartes postales du paquebot au temps de sa splendeur sont disponibles sur mon site en cliquant sur le petit appareil photo.

      Voir en ligne : Dernier voyage sur la Provence II

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      • Le torpillage du croiseur auxiliaire Provence II 5 février 2011 10:45, par lndenice

        Bonjour,
        Je serais très intéressée par la liste des survivants car il semble que mon oncle en fasse partie : Gabriel « Marcel » GAULTIER né le 26/06/1893 à Tournon St Martin (37). Il aurait nagé et été sauvé et soigné par des marins grecs avant de revenir en France à la fin du conflit.
        Merci de votre aide éventuelle.
        lndenice

        Répondre à ce message

        • Le torpillage du croiseur auxiliaire Provence II 6 février 2011 12:55, par Histoire.de.bouhet

          @réponse au message d’INDENICE...

          Bonjour,
          après vérification dans les articles au sujet de la disparition de la Provence II publiés en mars 1916 dans le Figaro, l’Humanité, l’illustration, Le Matin, Ouest-Eclair, le Petit parisien et Le Temps, je n’ai pas trouvé de trace de votre oncle Gabriel Gaultier dans les listes de rescapés. Il y a bien deux Gauthier mais prénommés Frédéric et Alexandre. Cependant vu la complexité du sauvetage par des navires de multiples nationalités, plus les difffcultés de communication de l’époque, c’était matériellement impossible de répertorier dans la presse tous les rescapés au nombre d’à peu près 1050 !
          Je signale par ailleurs que dans les documents des archives de la Marine consacrés à la catastrophe du ProvenceII on ne trouve pas de liste des passagers disparus.En revanche il y a des documents concernant l’équipage du navire. (SHD, microfilm SSG7, dossier 1069)

          Répondre à ce message

          • Le torpillage du croiseur auxiliaire Provence II 10 octobre 2011 16:38, par michel Dupont

            Mon grand-père Cyril Dupont doit faire partie des rescapés du Provence II. Je cherche des preuves. Il ne figure pas sur la seule liste de rescapés dont je dispose. Il s’agit de la liste publiée dans Ouest-Eclair du 4 mars 1916.
            Dans cette liste je trouve par contre le nom de son compagnon d’infortune :le matelot César le Coarrer.
            J’ai en main une déclaration de sa fille Marguerite le Coarer (on remarque une petite différence d’orthographe) qui dit notamment :

            « A la suite de ce naufrage, quatre marins se sont accrochés à des planches qui leur ont servi de radeau : César Le Coarer et Cyril Dupont (de Bréhal) ainsi que 2 autres marins dont on ne connaît pas le nom »

            J’aimerais savoir si le nom de Cyril Dupont figure sur d’autres listes de rescapés

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            • Le torpillage du croiseur auxiliaire Provence II 8 décembre 2015 01:45, par Laurie-Ann Nelso

              Hello do you have the statement of this, Cesar Augusto Lecoarer is my great grandfather, I would like to have a copy of this information. Thank you

              Répondre à ce message

              • Le torpillage du croiseur auxiliaire Provence II 8 décembre 2015 15:07, par Michel Dupont

                A propos de mon grand-père et du naufrage du Provence II.
                Ce navire était le plus grand paquebot de l’époque qui avait été transformé en navire de guerre par l’adjonction de quelques canons afin de transporter des troupes vers le front des Dardanelles. Il a été torpillé le 26 février 1916 par un sous-marin allemand au sud de la Grèce qu’il devait contourner pour se rendre à Salonique. Il était parti trois jours plus tôt de Toulon avec à son bord 2156 hommes. Environ la moitié (1100 hommes) ont péri dans le naufrage.
                Mon grand-père ne m’a jamais parlé explicitement de ce naufrage. Il était à bord du navire avec un ami de Bricqueville-Sur-Mer nommé César Lecoarec et ils sont restés ensemble pendant le naufrage. La fille de celui-ci, Marguerite Lecoarec (épouse Delallée) nous a laissé un témoignage d’après ce que lui a dit son père. Elle écrit « quatre marins se sont accrochés à des planches qui leur ont servi de radeau ; César Lecoarer, Cyrille Dupont et deux autres marins dont on ne connaît pas les noms. Ce radeau ne pouvait contenir que trois hommes. Chacun prenait un quart en restant dans l’eau. Cyrille Dupont a témoigné qu’il avait été sauvé par Lecoarer car Dupont demandait qu’on le laisse mourir ne pouvant pas assurer son quart dans l’eau. César a assuré le quart de Dupont à chaque fois que c’était son tour ».
                Il y a tout lieu de croire ce témoignage. Mon grand-père et César Lecoarer sont restés amis. Mon grand-père a probablement signé un témoignage pour que l’acte soit reconnu par la hiérarchie militaire au profit de son ami. J’espère pouvoir récupérer des traces de cela auprès des affaires maritimes. Il est également possible qu’il n’est fait ce témoignage qu’à titre privé pour la famille de son ami.
                Mon grand-père a exercé ensuite le métier de marin pécheur. Il m’est arrivé d’évoquer avec lui la question des naufrages qui étaient fréquents sur les bateaux de pêche qui allaient sur les bancs de Terre-Neuve. Il y avait encore 42 voiliers armés pour cette pêche à Granville en 1902. Il me répondait de manière évasive et imagée. Je ne comprenais pas qu’il évoquait son propre naufrage. Il parlait du « radeau de la Méduse » et il évoquait une chansonnette que vous connaissez certainement. Les paroles étaient à peu près « Il était un petit navire (bis) qui n’avait ja-ja-jamais navigué Oh Eh Oh Eh… » et à un moment on chantait « On tira z’a la courte paille (bis) pour savoir qui sera mangé ». Je crois que sur leur radeau les quatre marins ont pensé qu’ils n’allaient pas survivre mais ils se sont aussi demandé à un moment lequel allait mourir en premier pour que les trois autres restent sur le radeau.

                Répondre à ce message

                • Le torpillage du croiseur auxiliaire Provence II 18 juin 10:49, par Barbara BOUSCAUD

                  Bonjour,
                  Je suis une des petites filles de César LE COARER, fille de Simone.
                  Je découvre, aujourd’hui, avec émotion, l’histoire de mon grand-père (que je n’ai pas connu) et de ses compagnons.
                  Ma merveilleuse maman, décédée en 2008, ne connaissait probablement pas cette histoire....Merci de l’avoir partagé...
                  Nous sommes maintenant liés par l’Histoire !
                  Bonne journée à vous, Amicalement, Barbara.

                  Répondre à ce message

              • Le torpillage du croiseur auxiliaire Provence II 18 juin 11:08, par Barbara BOUSCAUD

                Hi Laurie-Ann, I have just discovered your message about Cesar Auguste Lecoarer, who was your great grandfandfather....He was my grand father. So, we are member of the same family ! Do you live in Canada ? Is Jacques LECOARER your grand father ? My mum, Simone, was her sister....I know your post is old (2015) but I really hope you will receive this message and would love to hear from you, if ok with you, of course ! Yours sincerely, Barbara

                Répondre à ce message

                • Le torpillage du croiseur auxiliaire Provence II 7 juillet 17:02, par Michel Dupont

                  Bonjour,

                  J’ai bien reçu les photos et vous en remercie.

                  Votre grand-mère est très belle sur la photo de mariage. Le photographe étant de Belfort, je suppose que le couple était, comme vous me l’avez dit, installé dans cette ville et qu’ils ont fait le voyage jusqu’à Annoville pour le mariage. Cela, à cette époque, ne devait pas être une mince affaire.

                  Je trouve admirable le parcours de ces « petites gens » qui ont une belle réussite. Leur descendance est nombreuse et d’un niveau sociaux-culturel élevé au regard des conditions qu’ils avaient pour démarrer dans la vie. Vous disiez de votre mère que le Brevet qu’elle avait en poche valait bien le bac d’aujourd’hui. Je pense pour ma part que cela valait bien le bac pour ma génération et la licence pour la génération actuelle.

                  Je ne vous direz ici que quelques mots à propos de mon grand-père et je reviendrai sur le sujet dans un prochain mail. Il ne m’a guère parlé de lui. Je pense que c’était une attitude, faite de pudeur et de modestie, assez commune chez les personnes de sa génération. De plus, il ne voulait pas se plaindre de son sort. Je crois aussi que cela ne lui paraissait pas convenable. Or, il n’aurait pas pu parler de sa jeunesse sans évoquer quelques moments douloureux : une enfance difficile et probablement un traumatisme pendant la guerre 14-18 puisqu’il était un rescapé du naufrage du Provence II.

                  Ce navire était le plus grand paquebot de l’époque qui avait été transformé en navire de guerre par l’adjonction de quelques canons afin de transporter des troupes vers le front des Dardanelles. Il a été torpillé le 26 février 1916 par un sous-marin allemand au sud de la Grèce qu’il devait contourner pour se rendre à Salonique. Il était parti trois jours plus tôt de Toulon avec à son bord 2156 hommes. Environ la moitié (1100 hommes) ont péri dans le naufrage.

                  Mon grand-père ne m’a jamais parlé explicitement de ce naufrage. Il était à bord du navire avec un ami de Bricqueville-Sur-Mer nommé César Lecoarec et ils sont restés ensemble pendant le naufrage. La fille de celui-ci, Marguerite Lecoarec (épouse Delallée) nous a laissé un témoignage d’après ce que lui a dit son père. Elle écrit « quatre marins se sont accrochés à des planches qui leur ont servi de radeau ; César Lecoarer, Cyrille Dupont et deux autres marins dont on ne connaît pas les noms. Ce radeau ne pouvait contenir que trois hommes. Chacun prenait un quart en restant dans l’eau. Cyrille Dupont a témoigné qu’il avait été sauvé par Lecoarer car Dupont demandait qu’on le laisse mourir ne pouvant pas assurer son quart dans l’eau. César a assuré le quart de Dupont à chaque fois que c’était son tour ».

                  Il y a tout lieu de croire ce témoignage. Mon grand-père et César Lecoarer sont restés amis. Mon grand-père a probablement signé un témoignage pour que l’acte soit reconnu par la hiérarchie militaire au profit de son ami. J’espère pouvoir récupérer des traces de cela auprès des affaires maritimes.

                  Mon grand-père a exercé ensuite le métier de marin pécheur. Il m’est arrivé d’évoquer avec lui la question des naufrages qui étaient fréquents sur les bateaux de pêche qui allaient sur les bancs de Terre-Neuve. Il y avait encore 42 voiliers armés pour cette pêche à Granville en 1902. Il me répondait de manière évasive et imagée. Je ne comprenais pas qu’il évoquait son propre naufrage. Il parlait du « radeau de la Méduse » et il évoquait une chansonnette que vous connaissez certainement. Les paroles étaient à peu près « Il était un petit navire (bis) qui n’avait ja-ja-jamais navigué Oh Eh Oh Eh… » et à un moment on chantait « On tira z’a la courte paille (bis) pour savoir qui sera mangé ». Je crois que sur leur radeau les quatre marins ont pensé qu’ils n’allaient pas survivre mais ils se sont aussi demandé à un moment lequel allait mourir en premier pour que les trois autres restent sur le radeau.

                  Je crois que ce naufrage a eu des conséquences notamment dans ses relations avec son frère. Ils ne s’entendaient pas bien entre eux.

                  Je m’excuse de procéder ainsi mais je crains de devoir écrire un livre si je veux donner toutes les nuances qui sont nécessaires et il fallait bien que je parle de cet événement. Je vais donc procéder par étapes. Je reviendrai sur les relations de Cyrille et François dans un prochain mail.

                  Bien cordialement.

                  MD

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      • Le torpillage du croiseur auxiliaire Provence II 6 février 2011 18:05, par françoise Villechenoux

        Ce sont des lettres en rapport avec mon grand-père mais je veux bien vous les adresser par contre encore faut-il que je sache comment faire, scanner oui mais donnez-moi votre adresse ou votre mail ce sera peut-être plus facile. Je suis à votre disposition.
        FV
        MOn grand-père s’appelait Maximien Malaureille

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        • Le torpillage du croiseur auxiliaire Provence II 6 février 2011 22:09, par histoire.de.bouhet

          Pour les personnes qui voudraient bien avoir la gentillesse de m’envoyer des scans de documents contenant des témoignages d’époque sur cette catastrophe,vous pouvez me contacter à l’adresse suivante : histoire.de.bouhet@orange.fr

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    • Le torpillage du croiseur auxiliaire Provence II 3 février 2011 09:06, par Courtin Colette

      Bonjour,
      Le grand oncle de mon mari fait parti des naufrages du Provence II.Vous dites dans votre article avoir fait une fiche sur chacun des disparus.Pourrais-je avoir une photocopie de ce document ?Il s’agit de COURTIN Emile né le 06/07/1878.
      Avec mes remerciements
      Colette Courtin

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  • Le torpillage du croiseur auxiliaire Provence II 31 janvier 2011 10:29, par pierre FROMENT

    Parmi les matelots du Provence 2 il y eu quelques rescapés dont mon oncle Alphonse Marie Louis FROMENT âgé de 22 ans,ces matelots qui étaient 11 ont ensuite été rapatriés sur Marseille,et ont posé pour une photo souvenir chez le photographe OUVIERE, si un lecteur en possède un exemplaire je serais heureux d’en avoir une copie.Avec mes remerciements,
    Pierre FROMENT
    pierreac.froment@free.fr

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  • Le torpillage du croiseur auxiliaire Provence II 6 février 2011 10:53, par francosmont

    Cher Monsieur
    Moi aussi j’ai retrouvé une lettre d’un arrière grand ’oncle relatant le naufrage du PROVENCE II,
    c’est un récit quasiment semblable,où mon ancêtre est resté accroché 18 heures à une chaloupe
    retournée avant d’être secouru par les navires de sauvetage le lendemain , certains de ses compagnons sont devenus fous, je sais qu’il est allé ensuite a Salonique et s’est fait photographier avec un compagnon de naufrage, car ils avaient du s’entraider mutuellement
    Mais je n’ai pas retrouvé la photo, peut être qu’un jour ....
    Merci pour cet article
    Bien Cordialement
    Francosmont

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  • Votre article m’a beaucoup intéressé.Mon grand-père Henry GERBY né à Alger en 1890 a survécu au naufrage en s’accrochant à une botte de foin.
    J’aimerais en savoir plus.Avec mes remerciements.

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  • Le torpillage du croiseur auxiliaire Provence II 12 juillet 2014 11:10, par DUBREUIL Jocelyne

    Bonjour,
    je fais partie d’une association s’intéressant à l’histoire et au patrimoine de la commune de St Denis de Pile (33910).
    Nous voulons éditer un fascicule mentionnant tous les dionysiens morts pendant la guerre de 14/18.
    Deux d’entre figurant sur le monument aux morts, faisaient partie du 3° RIC, disparus lors du naufrage du Provence II : Laujay Jean et Châtaignon Jean.
    Nous avons retrouvé des documents concernant Jean Laujay mais pas Châtaignon Jean.
    Où pourrais-je consulter la liste des disparus ?
    Je remercie, par avance, ceux qui pourront m’aider.
    Cordialement,
    Jocelyne DUBREUIL

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  • Le torpillage du croiseur auxiliaire Provence II 6 février 2015 16:30, par NAUD Elisabeth

    Un frère de ma grand-mère, Constant LABARCHE, matricule recrutement à La Rochelle n° 201, Marsouin musicien au 3e Régiment d’Infanterie Coloniale, a péri dans ce naufrage de la Provence II le 26 Février 1916.

    Je crois que certains cadavres rejetés par la mer ont été enterrés à la côte. Je ne sais pas si une liste existe.

    Je me demande aussi si des fouilles sous-marines ont eu lieu, ou s’il est prévu d’en faire un jour.

    Merci à quiconque pourrait m’aider dans cette recherche.

    Amicalement.
    Elisabeth.

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  • Le torpillage du croiseur auxiliaire Provence II 24 février 2015 11:35, par CHEVALIER NAUD Elisabeth

    Je suis descendante d’une des victimes de ce naufrage (LABARCHE Constant). J’aimerais savoir si des fouilles du bateau ont eu lieu, ou auront lieu. Savoir aussi s’il y a quelque part une liste des corps qui ont été rejetés par la mer et enterrés sur place et identifiés peut-être grâce à leur matricule. J’aimerais connaître tout ce qu’on peut consulter sur ce drame en général et sur Constant LABARCHE en particulier.
    Avec mes remerciements et mes meileurs sentiments.
    Elisabeth NAUD.

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  • Le torpillage du croiseur auxiliaire Provence II 9 mars 2015 17:12, par danièle

    mon grand-père a eu moins de chance car il est porté disparu dans ce naufrage

    http://cahier.f.mallet.voila.net/f_...

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  • Le torpillage du croiseur auxiliaire Provence II 25 février 2016 11:33, par TALLEC Yvon

    dans la chapelle St-Gonven en PLOUEZOC’H (29) je viens de
    découvrir un ex-voto , la maquette du PROVENCE II .Tradition
    bretonne,sans doute faite par un rescapé .Couverte de poussière, je vais la restaurer .Je recherche son auteur et ses motivations .

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  • Le torpillage du croiseur auxiliaire Provence II 29 février 2016 16:16, par Bousquet

    J’ai lu avec attention ce témoignage d’autant plus, que dans notre village, nous avons une victime de ce naufrage hélas ! son nom, ne figure pas sur le monument des morts pour la France ? il s’agit, De MARTIN Pierre, Antoine du 3e régiment d’Infanterie Coloniale .
    Déclaré décédé sous le N°555 dans la liste des morts de ce naufrage par le tribunal de CHERBOURG audience du trois Août mil neuf cent dix sept.
    marié le 24 12 1912 avec PONCET Antoinette qui est décédée a MARSEILLE le 12 Novembre 1968.

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