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Les Oubliés de l’île St Paul


jeudi 16 février 2017, par Ramon Bruneliere

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Les Oubliés de l’Île St Paul sont un groupe de six hommes et une femme enceinte qui furent abandonnés en 1930 sur l’île St Paul dans le sud de l’Océan Indien alors qu’ils étaient chargés de garder l’île et ses installations pour le compte de leur employeur, La Langouste Française.

L’île St Paul est une île française située dans le sud de l’océan Indien entre le 30e et le 45e parallèle Elle forme avec l’île Amsterdam 85 kms plus au nord l’un des cinq districts des Terres Australes, les autres étant Crozet, Kerguelen, Terre Adélie et les îles Eparses.

Elle fut aperçue en 1659 par un navigateur hollandais Harwick Claez de Hilgeom qui semble t-il donna une position erronée de l’île. Elle est redécouverte à nouveau en 1696.

Elle est abordée ou visitée à plusieurs reprises par des bateaux de plusieurs nations au cours des siècles, car elle se trouve sur la voie maritime qui va du Cap de Bonne Espérance, à l’Australie et au Cap Horn.

En 1793 l’équipage d’un navire anglais débarque sur l’île et y découvre un marin brestois abandonné là par un baleinier américain. Déjà !

En 1842 l’île est redécouverte par un navigateur polonais détenteur d’un passeport français qui se rend ensuite à La Réunion pour proposer au gouverneur de l’époque la prise de possession par la France de ces îles désertes que sont l’île St Paul et l’île d’Amsterdam.

Cette prise de possession est bien sûr contestée par le Royaume Uni, qui ne donne pourtant pas suite. Diverses expéditions scientifiques autrichiennes, et françaises séjournent ensuite sur l’île pour observer le passage de Vénus devant le soleil.

En 1871 un navire britannique transporteur de troupes vers l’Afrique du sud s’échoue sur l’île St Paul. Les quatre cents personnes qui se trouvaient à bord vont y séjourner trois mois avant d’être récupérées.

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Île St Paul : pierre gravée sans doute du nom de précédents naufragés

Enfin l’aviso français La Bourdonnais prend définitivement possession de l’île pour la France et en 1924 elle est rattachée avec l’île Amsterdam à Madagascar colonie française à l’époque.

Au cours du 20e siècle et aussi au 21e l’île sera souvent frôlée en raison de sa position au milieu des 40e rugissants par de nombreux navigateurs en course autour du monde, notamment ceux des différents Vendée Globe.

Le drame de St Paul

Cette île a été oubliée pendant des décennies suscitant pourtant la convoitise des Anglais et des Australiens car située sur un vaste plateau rocheux à la faune très riche. En 1893 la France s’est décidée enfin à affirmer sa souveraineté sur les îles Kerguelen, St Paul et Amsterdam. La même année, les frères Bossières fils d’un armateur baleinier du Havre obtiennent la concession de l’île en plus de l’île Kerguelen. Ces deux cailloux volcaniques n’encouragent guère à une implantation humaine car ils ne possèdent pas de points d’eau et peu de végétation. Il a été question pourtant d’y implanter un pénitencier. Par contre leurs abords sont bien pourvus en richesses maritimes, baleines phoques, poissons divers et surtout des langoustes.

En 1928 les frères Bossières décident d’exploiter les richesses maritimes de ces îles. Ils fondent « La Langouste française ». Ils recrutent dans la région de Concarneau des pêcheurs expérimentés à la pêche des langoustes. Ces pêcheurs sont transportés sur l’île et installés tant bien que mal. Les résultats sont encourageants. Pendant des semaines 20 000 langoustes par jour seront pêchées, et mises en conserve. Puis l’usine est fermée jusqu’au mois de mars suivant.

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L’usine à l’époque du drame 1929-1930
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Un groupe de travailleurs de l’île St Paul de l’époque du drame 1929-1930

En mars 1929, la première équipe est rapatriée. Les marins bretons rentrent chez eux convenablement rémunérés du fruit de leur travail lointain. Ceci encourage une deuxième équipe recrutée également dans la région de Pont Aven à s’expatrier à son tour dans l’hémisphère austral, répondant ainsi à l’invitation des frères Bossière qui n’ont aucun mal à constituer cette deuxième équipe. Celle là comprendra quelques épouses et quatre vingt dix travailleurs malgaches.

En octobre 1929, l’usine fermée depuis le printemps est rouverte. La pêche à la langouste est toujours aussi abondante. Une centaine de personnes travaillent d’arrache-pied sur la petite bande de terre à l’entrée du lagon. En février 1930 la deuxième campagne d’été austral s’achève. Le personnel va être rapatrié à Madagascar et en Bretagne.

Le Directeur Délégué de la société « La Langouste Française » demande des volontaires pour assurer le gardiennage et l’entretien des installations. Sept personnes six Bretons et un Malgache acceptent de rester sur l’île, jusqu’à la prochaine campagne qui débutera en octobre 1930.

Les réserves de vivres étant insuffisantes pour une longue durée, le magasin de vivres ayant subi des dommages suite à un incendie, on leur garantit la venue d’un bateau de ravitaillement dans un délai de deux ou trois mois.

Restent donc sur l’île :

- Victor Brunou, 28 ans de Concarneau, et son épouse Louise née Le Meur, enceinte

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Victor et Louise Le Brunou le jour de leur mariage

- Julien le Huludut, 26 ans de Concarneau

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Julien Le Huludut l’un des rescapés

- Pierre Quillivic, 18 ans de Concarneau

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Pierre Quillivic à droite

- Louis Herlédan, 18 ans de Riec sur Belon

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Louis Herlédan disparu en mer

- Emmanuel Pulloc’h, 26 ans de Trégunc
- François Ramazoni jeune Malgache de 18 ans

Début mars, le bateau ayant disparu à l’horizon, ils se retrouvent seuls sur cet espace restreint et mal abrité des intempéries avec pour seules provisions des conserves de viande. Ils prennent alors conscience de leur solitude livrés à eux même sur ce caillou désert perdu au milieu de l’Océan Indien à des milliers de milles de toute terre. Ils ont un émetteur radio mais l’opérateur radio est parti et personne ne sait faire fonctionner l’appareil. Impossible donc de communiquer et d’appeler au secours en cas de problème.

A notre époque il nous est facile d’imaginer leurs conditions de vie durant l’hiver austral avec les images en direct qui nous parviennent de ces régions, filmées par les navigateurs du Vendée Globe. Des vents violents et glacés de 100 km/h et parfois plus. Des vagues géantes se lançant à l’assaut de la bande étroite de terre où ils sont réfugiés. Et ce pendant la pire période, les mois de l’hiver austral juillet aout septembre qui correspondent à notre été. en France.

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Le lieu du séjour sur l’étroite bande de terre à droite de la passe.

Abandon et désespoir

Quelques semaines après le départ du bateau, le 26 mars la petite Paule nait dans cet univers sinistre. Elle ne survivra pas au-delà de deux mois. Une caisse en bois ayant contenu des conserves lui servira de cercueil. Ses parents ne pourront même pas mettre de fleurs sur sa tombe, l’île en étant dépourvue.

Avril, mai, juin passent. Le bateau ravitailleur promis ne vient pas… Mal abrités sur leur étroite bande de terre à l’entrée du lagon, battue par les vents et les tempêtes de l’hiver austral, les sept « naufragés » gagnés par le mal du pays se désespèrent.

Le 15 juillet Emanuel Puloc’h tombe malade. Ses chevilles sont enflées et de couleur violacée. Puis ce sont ses jambes qui enflent à leur tour pleines d’un liquide jaunâtre que ses camarades tentent d’éliminer en incisant et bientôt ce sera le reste du corps. Le malade est incapable de s’alimenter. Il a une énorme envie de boire mais ne peut uriner… Ses camarades de misère, grâce un livre de médecine qui leur a été laissé, arrivent enfin à identifier le mal. C’est le scorbut. La seule façon d’y échapper est de réduire la consommation de viande en conserve et de consommer des fruits et des légumes frais. Mais il n’y a rien de tel sur l’île où rien ne pousse. Fin juillet Emmanuel Puloc’h meurt dans d’atroces souffrances après deux semaines d’agonie. Le malheur s’est abattu sur l’île abandonnée.

François Ramamonzi, le jeune Malgache est atteint à son tour du même mal. Il meurt fin août. Puis c’est Victor Brunou qui se plaint à son tour d’enflures aux jambes. Il quitte ce monde le 1er septembre 1930.

Louise sa veuve, ressent à son tour les mêmes effets dus à la viande en conserve consommée depuis des mois. Les quatre survivants décident alors de ne manger que des œufs d’albatros, de manchots, et un peu de poisson ce qui les sauvera.

« Dans cette île où il n’y a rien, il y a un cimetière ! » écrit Louis Hérlédant dans son journal.

Fin octobre un nouveau drame survient. Pierre Quillivic parti en mer à bord d’un petit canot, par très mauvais temps, sans doute pour pêcher, ne réapparaitra pas…

Octobre et l’été austral arrivent, six mois se sont écoulés. Les quatre survivants sont toujours sans nouvelles du monde extérieur. En France personne ne se doute du sort des Bretons restés sur l’île. Pire ! Des changements au sein de la Société des frères Bossière font que la relève pour une nouvelle campagne est retardée. Peu à peu les pauvres gens sont oubliés sauf dans leur pays natal où l’on commence à s’inquiéter. Les « naufragés » ont été oubliés mais pas la langouste car une nouvelle campagne de pêche se prépare.

Enfin sauvés !

Ce n’est que le 6 Décembre soit dix mois plus tard que les survivants verront enfin apparaitre au large de leur prison désertique le navire de la relève. Ils ne sont plus que trois : Louise Brunou, Julien le Huludut et Louis Herlédan.

C’est dans le courant du mois de décembre que la nouvelle des décès arrive en Bretagne. Elle aura un grand retentissement en métropole. Le journal l’Humanité dénoncera le scandale dans un article à charge contre les frères Bossière intitulé : « Les esclaves de l’île morte ».

L’histoire ne s’arrête pas là. Le bateau qui arrive devant St Paul au mois de décembre 1930 amène une nouvelle équipe composée d’une centaine de Malgaches et de vingt deux Bretons.

Louis Herlédan repart avec le bateau, mais Julien Le Huludut et Louise Brunou décident d’effectuer une nouvelle campagne d’été jusqu’en mars 1931. Cette dernière retrouve sa fille ainée envoyée par sa famille rejoindre ses parents sur l’île… La raison de cette prolongation de séjour dans cette île si inhospitalière est que la vie est dure en Bretagne. On est en pleine crise de 1930, le chômage et les salaires bas vont influencer ces deux rescapés.

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Louise Le Brunou avec sa fille Maria née d’un premier mariage se recueillant sur la tombe de Victor Le Brunou ur l’ile St Paul

Nouveau drame

L’exploitation de la langouste a repris. 6 000 langoustes sont pêchées chaque jour et mises en conserve. Mais une épidémie foudroyante de béribéri se déclare chez les Malgaches en mars 1931 causée par une consommation presque exclusive de riz blanc, modifié industriellement. Le béribéri est une maladie causée par un déficit en vitamine B1 qui provoque une insuffisance cardiaque et des troubles neurologiques. Quarante quatre Malgaches vont mourir avant que la décision soit prise enfin de rapatrier tout le monde. La pêcherie est fermée et son exploitation sera abandonnée.

L’île St Paul, île maudite sera définitivement inhabitable. Seules quelques expéditions scientifiques y feront désormais escale pour quelques heures.

Epilogue de cette dramatique histoire

Les frères Bossières sont ruinés. Un procès qui va durer six ans contre la société « La Langouste française » rend la société responsable de ce terrible drame, et la condamne à verser des indemnités aux victimes encore en vie, ainsi qu’aux familles de ceux qui ont péri. Ces indemnités ne seront jamais versées…. Car la société a fait faillite.

Autre conséquence de ce drame. Manuel Puloc’h le premier décédé, travaillait avant son départ pour l’hémisphère Austral, comme journalier dans une ferme de Pont Aven. Son épouse s’occupait des travaux ménagers et culinaires pour les propriétaires de cette ferme. Manuel Puloc’h ne revenant pas, au bout de quelques mois, son épouse fut mise à la porte avec ses enfants… Usée par le chagrin et la maladie elle survécut malgré tout onze années à son mari et s’est éteinte à l’âge de 35 ans le 19 janvier 1942. Le plus vieux de ses enfants n’avait que 16 ans.

Le 30 Novembre 2015, 85 ans après sa mort, la fille de Julien Le Huludut, l’un des Oubliés de l’île St Paul fut amenée sur l’île par le Marion Dufresne le bateau des Terres Australes. Une plaque gravée à leur nom fut scellée. Ceux que l’on a appelé les Oubliés de St Paul allaient enfin avoir leur nom sur les lieux de leur martyr.

La même plaque a été apposée dans un square de Concarneau, lequel porte désormais le nom de « Square des Oubliés de St Paul ».

30 Novembre 2015, commémoration Île Saint-Paul

L’Île avait revêtu son habit de deuil.

Le 30 Novembre 2015 c’est avec beaucoup d’émotion que Maryvonne Tatéossian Le Huludut se prépara à descendre, 85 ans après son Père, sur l’Île Saint-Paul.

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L’île St Paul, ce qui reste de l’usine en 2015

Depuis 4 heures le matin elle était sur le pont du Marion-Dufresne à attendre. Puis à l’Aube, enfin elle vit, se détachant dans la brume matinale, le morceau de terre qui fut le théâtre de la tragédie. Enfin, les noms de ceux que tout le monde appelait les « Oubliés de l’Île Saint-Paul » allaient être inscrits sur les lieux. « Ils » allaient retrouver Leurs noms. La petite Paule, dont l’existence était uniquement connue par l’histoire (elle ne fut jamais déclarée en naissance ou en décès) allait finalement exister quelque part. Manuel, François, Pierre, Victor, Paule allaient avoir une trace de leurs courtes existences sur les lieux où ils furent enterrés. Une première commémoration très belle, les oubliés de Saint-Paul méritaient cela. Sans vouloir revenir sur le passé, nous ne pouvons que dire qu’enfin un peu de justice était rendue à ces pauvres gens qui étaient retombés dans l’oubli, ces pionniers des Kerguelen, dont certains ne revirent jamais leur Bretagne Natale.

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L’équipe du Marion Dufresne descendue sur l’île St Paule pour le scellement de la plaque le 20 novembre 2015
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Maryvonne Tateossian fille de Julien Le Huludut avec la Préfète des Terres Australes sur l’île St paul le 20 novembre 2015 pour le dépôt de la plaque commémorative
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Frédérique, la petite nièce de Victor, avait confié à Maryvonne une petite croix en argent afin de l’enterrer sur l’île.
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L’Austral devant l’île de Saint-Paul dans la brume a le même nom que le langoustinier qui déposa les Concarnois sur l’île, en 1929.
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Dominique Virlouvet devant la tombe de Julien Le Huludut qui repose au cimetière central de Concarneau

A noter :

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Un timbre a été émis par la Poste en 2004 à la demande des Terres Australes.

Sources :

- Wikipédia
- Le site du Télégramme de Brest
- Le site de l’Association créée à Rosporden Finistère pour maintenir la mémoire des oubliés de St Paul

Une association comprenant entre autres la fille de Julien Le Huludut et des descendants des Oubliés, à été créée à Rosporden Finistère pour maintenir la mémoire des oubliés de St Paul http://oubliesdesaintpaul.e-monsite.com/

Association « Faire vivre le souvenir des oubliés de l’île Saint-Paul », 12 Rue d’Eliant 29140 Rosporden - Tel:02.98.59.92.50 - Mail : oubliesdesaintpaul@live.fr

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9 Messages

  • Les Oubliés de l’île St Paul 16 février 09:34, par André Vessot

    Merci Ramon et bravo pour cet excellent article qui nous fait revivre l’abominable tragédie de l’île St Paul.

    Le voyage de Maryvonne pour cette commémoration en 2015 a dû être un moment très émouvant, que l’on ressent à travers votre article.

    Cordialement.

    André VESSOT

    Répondre à ce message

  • Les Oubliés de l’île St Paul 16 février 10:06, par m hautot

    Terrible histoire ,pas si loin de nous !
    Martine

    Répondre à ce message

  • Les Oubliés de l’île St Paul 16 février 22:06, par Pierre Streicher

    Un article émouvant qui soulève bien des questions.
    Par quelle inconséquence et impréparation personne, parmi les gens laissés durant l’hivernage, n’était en mesure de faire fonctionner la radio ?
    Dans l’équipe de campagne, n’y avait-il pas de médecin qui aurait pu donner des conseils de nourriture, évitant alors la mort de quarante malgaches ?
    On peut penser que l’exploitation de la langouste était organisée comme une campagne de Terre-Neuvas qui restaient 6 mois en mer.
    Certes l’épouse de Manuel Lepuloc’h ignorait qu’elle était veuve et pouvait peut-être espérer une belle paie au retour de son mari, mais comment ses patrons ont-ils pu se comporter avec elle de la sorte ? Quels ont pu être leurs raisons et arguments pour se débarrasser ainsi d’elle ?

    Répondre à ce message

    • Les Oubliés de l’île St Paul 17 février 11:35, par Ramon Brunelière

      Bonjour ! Auteur du récit sur les Oubliés de St Paul je vais essayer de répondre à vos questions.
      La radio ? A l’époque toutes les transmissions sur longues distances se faisaient en morse. Or si le fonctionnement d’un émetteur récepteur radio ne demandait que quelques heures d’instruction, l’apprentissage du morse demandait lui plusieurs semaines. Le titulaire du poste n’ayant sans doute pas voulu rester, plus personne ne savait utiliser ce langage morse après son départ ce qui aurait été très utile pour donner l’alerte.
      Le médecin ? Y avait-il seulement un médecin sur le bateau et pour la colonie ? J’en doute fortement ! Pas plus que quelques mois plus tard quand les employés malgaches sont morts du béri béri. Personne n’a du les avertir à temps du danger de consommer en quantité du riz raffiné… Un médecin dès les premiers symptômes l’aurait fait
      La veuve Pulloc’h : Ignominieusement mise dehors par ses employeurs a-t-elle touché les arriérés de salaires qui lui étaient dus par les frères Boissière ? Sans doute que non puisqu’ils n’ont pas versé non plus les dommages et intérêts dus aux rescapés et descendants pour cause de faillite. Un de ses enfants est encore de ce monde et lui pourrait vous répondre.(Voir le site des Oubliés)
      Nous vivons ultra protégés, dans une société ou existe le Principe de précaution, et c’est tant mieux, ce qui explique vos questions. Mais il faut imaginer les conditions de vie de cette époque pas si lointaine (87 ans seulement). L’être humain était alors considéré comme de la main d’œuvre taillable et corvéable à merci (comme les serfs au Moyen âge) qu’on jetait sans scrupule aucun quand il était usé ou défaillant, Ou bien dont on oubliait vite l’existence comme pour les Oubliés laissés sur l’île St Paul
      Ramon Brunelière

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      • Les Oubliés de l’île St Paul 17 février 13:51, par Pierre Streicher

        Merci Monsieur pour votre réponse
        Ce que vous dites à propos de la radio qui ne se pratiquait qu’en morse et exigeait un savoir-faire m’ouvre les yeux.
        Concernant la présence d’un médecin, je lis par ailleurs (http://www.utl-landerneau.com/asset...) que sur les Terre-Neuvas, il y avait un chirurgien à bord pour 30 pêcheurs.
        Cordialement

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        • Les Oubliés de l’île St Paul 17 février 17:58, par Ramon Brunelière

          La fille de l’un des survivants vient de me confirmer. Il n’y avait pas de médecin ni sur l’île, ni sur le bateau pour des raisons d’économies... Ci après sa réponse.
          L’économie des Frères Bossière est faite sur la santé de leurs ouvriers par un odieux comptage :
          - moins de trente ouvriers français pour ne pas embaucher médecin ou infirmier
          - les Malgaches valent 3 blancs ....

          Répondre à ce message

  • Les Oubliés de l’île St Paul 17 février 09:34, par Jean-Marc BERNARD

    Si cela vous intéresse : Pour en savoir plus. Un livre portant le même titre a été publié par Daniel FLOCH aux éditions Ouest-France (220 pages-dépôt légal juin 1982) - I.S.B.N.2 85882.463.0 - N°editeur741.01.06.06.82 - dépôt légal imprimeur : 11837)

    Répondre à ce message

  • Les Oubliés de l’île St Paul 17 février 10:58, par PESQUER

    Cela rappelle une autre tragédie, celle de l’île Tromelin :
    http://www.tromelin2014.com/lhistoi...

    Répondre à ce message

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