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Les chirurgiens navigants sur les navires du roi

Dans les batailles navales du XVIIIe siècle


jeudi 18 février 2016, par Philippe de Ladebat

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La batailles des Cardinaux (1759)

Antoine des Tourelles, officier des gardes de la marine à bord du Formidable, pendant la bataille des Cardinaux, dans la baie de Quiberon, le 26 novembre 1759, témoigne :

« À moins de couler bas, on ne peut rien voir d’aussi sanglant et d’aussi meurtrier. Près de 200 hommes tués et 250 blessés, non pas légèrement, mais les bras, cuisses, jambes aux trois quarts, demis ou entièrement coupés, parts de visages emportées, tant officiers que gardes de la marine. Il y a eu nombre de ces derniers tués, plusieurs la jambe coupée, d’autres le bras cassé ou la tête enfoncée ou arrachée. Le chef d’escadre a eu la tête emportée par un boulet et son frère, qui est aussi son second, a été coupé en deux par un autre projectile. Deux officiers de Saintonge tués, deux autres morts de leurs blessures, et un autre le visage arraché prêt à rendre le dernier soupir. 18 coups de canon à tribord, 15 à bâbord au-dessous de la flottaison, 6 pieds d’eau dans la cale. Notre vergue d’artimon, en tombant, a enfoncé le gaillard d’arrière et écrasé trois hommes, la roue, la barre et le gouvernail emportés, les manœuvres et les voiles coupées ou en flammes, presque tous nos haubans hachés, le feu à bord dans des nuages de fumées noires avec les hommes morts dans leur sang en travers du pont. Des gabiers de la mâture, abattus, sont tombés ensanglantés sur les cadavres qui jonchent le pont enfumé. C’était moins un combat naval qu’un massacre d’hommes, une véritable boucherie ».

Pendant ce temps on s’active dans l’infirmerie de l’entrepont où le vacarme du combat ne parvient pas à couvrir les râles et les cris de douleurs des blessés, et les cliquetis des instruments de chirurgie. Entourés de leurs aides les chirurgiens de marine pansent, incisent, extraient des projectiles, ligaturent, posent des garrots, suturent les plaies ouvertes, cautérisent, trépanent, amputent : c’est à eux qu’on s’intéressera ici.

Observations liminaires : Centré sur les chirurgiens de marine opérant en urgence sur des navires de guerre du roi, au cours des combats navals livrés par la France au XVIIIe siècle, cet article ne traitera donc pas :

  • de la situation ni des interventions des chirurgiens embarqués sur les galères, les navires d’exploration ou de commerce, ou les navires corsaires, négriers, pirates, flibustiers, etc.
  • de la médecine navale en général ou des pathologies ou accidents survenant en mer en dehors des combats, ni de l’état sanitaire et de l’hygiène à bord, sujets amplement traités par ailleurs. (On cite ci-dessous, notamment, les précédents articles parus sur le magazine-web Histoire-Généalogie, rubrique L’expérience de la mer, abordant ces sujets).

Cet article a été relu par un docteur en médecine pour nous assurer qu’il n’y avait pas d’erreurs techniques ou de vocabulaire.

Le combat naval au XVIIIe siecle

Archives et œuvres de fiction

Les commentaires français ou étrangers des grandes batailles navales du XVIIIe siècle donnent beaucoup de détails sur les stratégies des escadres ou des navires en présence, ainsi que sur leurs mouvements tactiques en fonction de leurs dimensions et de la nature des armements, des configurations du littoral, des forces et directions des courants, des vents dominants, etc. Si l’on évoque souvent la violence des combats, l’importance des dégâts matériels causés aux œuvres vives et mortes, tout comme les naufrages, considérés eux comme allant de soi, on se borne le plus souvent à ne faire qu’une froide estimation chiffrée des pertes en hommes, sans beaucoup de détails sur les causes des décès, ni sur la nature des blessures et des handicaps qui s’en suivent. Quant au rôle du chirurgien embarqué, il est le plus souvent méconnu.

Les relevés des journaux de bord mentionnent pourtant des chiffres éloquents : par exemple, après notre rude défaite des Cardinaux contre les Anglais et sur la vingtaine de vaisseaux de ligne engagés de part et d’autre, on comptabilise plus de 2500 morts du seul côté français. Avec des écarts considérables : sur deux vaisseaux, le Thésée et le Superbe, on note plus de 90% de victimes et sur trois autres « seulement » 50%.

Quant aux blessés qui survivent provisoirement, brulés, estropiés, défigurés ou grièvement mutilés après les opérations chirurgicales réalisées à bord, on estime que plus du tiers vont mourir rapidement de complications post opératoires : hémorragies ou atteintes infectieuses de toutes sortes en raison de l’absence d’asepsie, de la promiscuité et du manque d’hygiène à bord.

Au total, les chiffres de morts à bord ou des disparus en mer sont bien recensés, mais il est beaucoup plus rare de découvrir des précisions sur les dommages physiques faits aux hommes ainsi que sur le rôle et les opérations conduites en urgence dans les entreponts, pendant et après les combats, par ceux que l’on nomme à l’époque dans la Marine Royale, les chirurgiens « navigants entretenus ».
À la différence des officiers de vaisseaux qui doivent tenir leur livre de bord détaillé, les chirurgiens embarqués de l’époque se bornent à rédiger des relevés succincts de leurs interventions avec les noms de leurs patients qui, eux, lorsqu’ils survivent aux opérations, n’ont guère l’envie ou la compétence de les raconter. Notons cependant le cas particulier de William Beatty, chirurgien de Nelson, qui a décrit avec force détails la fin de l’amiral sur le HMS Victory à Trafalgar dans son livre The death of Nelson. On y découvre notamment les soins qu’il prodigua à son patient puis son agonie de 2 heures 45 minutes et sa mort, ainsi que le détail du mode de conservation du cadavre dans le brandy et son autopsie qui révéla le trajet de la balle de l’épaule gauche au rein droit brisant au passage la sixième vertèbre.

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Le combat de HMS Ambuscade et de la Bayonnaise

Observant le peu d’intérêt porté, en France, aux des chirurgiens navigants dans les relations des combats navals du XVIIIe siècle, le professeur Jean-Pierre Kerneïs qui fut membre de l’Académie de Marine, a parlé d’une « multitude oubliée » dont il faudrait « ressusciter » les noms à partir des rôles d’équipages des navires de l’époque. Aussi bien, si l’on trouve de très nombreuses thèses sur la médecine, la santé navale et l’hygiène à bord, nous n’en avons pas encore trouvées qui soient exclusivement consacrées aux chirurgiens navigants ou/et à la chirurgie d’urgence pendant les batailles navales livrées par les vaisseaux du roi.

Ainsi on dispose de relativement peu de sources historiques sur l’activité des chirurgiens au combat. En dehors de quelques témoignages vécus de chirurgiens, on a du se reporter aussi à des journaux d’officiers de marine ou de gardes de marine, ainsi qu’à des documents conservés dans des hôpitaux maritimes ou utilisés pour l’enseignement spécialisé des chirurgiens navigants dans les écoles d’anatomie et de chirurgie de marine ouvertes à Rochefort, puis à Toulon et à Brest.

Bien sûr les nombreux ouvrages de fiction ont pallié depuis lors les sources historiques. Beaucoup de tableaux de marines des XVIIIe et XIXe siècles, de très nombreux romans d’aventure et des films contemporains, ont représenté ou raconté les combats navals ainsi que les dommages faits aux hommes. On citera pour exemples les quinze tableaux représentant le fameux combat de la Bayonnaise et de l’ HMS Ambuscade (cf. article du magazine-web Histoire-Généalogie N° 1351, Philippe de Ladebat, 01/12/2007) ou les nombreuses marines anglaises illustrant notre défaite de Trafalgar.

En littérature, comme sur mer, nos désormais amis anglais, tiennent une position dominante : on se souviendra bien sûr des voyages du célèbre Gulliver, chirurgien de marine, racontés par Jonathan Swift, mais surtout des 12 romans de C.S. Forester sur le capitaine Horatio Horblower, des 30 ouvrages de Douglas Reeman (Alias Alexander Kent) sur le capitaine Richard Bolitho, ou des 21 volumes de Patfick O’Brian sur le capitaine Jack Aubrey et son officier Stephen Maturin chirurgien de marine, qui ont enthousiasmé beaucoup de jeunes garçons et sans doute suscité des vocations. Citons aussi les bandes dessinées des français François Bourgeon (Les passagers du vent) ou Patrice Pellerin (L’Épervier) remarquables d’exactitude. Enfin, tout près de nous, le très beau film de l’australo-américain Peter Weir « Master and commander », tiré justement d’un roman de Patrick O’Brian, nous a fait vivre sur grand écran la vie à bord d’un vaisseau de l’époque, un combat naval et l’opération d’amputation d’un jeune matelot par le chirurgien de bord.

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Quelques titres de C.S. Forester

Pour en finir avec la fiction citons à titre d’exemple un extrait de Retour à bon port de C.S. Forester : « La pluie de fer balayait les ponts. Il y avait des morts empilés autour des mâts. On descendait les marins blessés dans le faux-pont : entassés pêle-mêle, ils geignaient, sanglotaient, hurlaient, juraient et vomissaient… « Quelle est la note du boucher ? » demanda Horblower au chirurgien. « Trente huit tués et déjà soixante-quinze blessés qui sont là. Clay a été tué ». Horblower approuva de la tête : il se souvenait du corps sans tête de son ami Clay, étendu sur le pont. »

De tout cela et des archives consultées, il ressort que c’était bien « L’enfer sur le pont », selon l’expression d’Adrien Fabré, chirurgien major de la Marine Royale durant les combats de l’Hermione devant New-York en 1780, dans la baie de Cheasapeake et devant Louisbourg en 1781.

La flotte de guerre française et les effectifs de la Marine Royale

À la fin du XVIIIe siècle, la flotte de guerre française compte une cinquantaine de vaisseaux (Principalement des 64, 74 ou 80 canons) et une trentaine de frégates avec des effectifs totaux de 1.200 officiers et 53.000 matelots. À titre d’exemple, sur un 80 canons (65 m de long, 16 m de large, 8 m de creux) comme le Formidable, on compte en moyenne 900 hommes, dont 20 officiers de marine et assimilés, 80 officiers-mariniers, 200 soldats et canonniers des troupes de marine et 600 matelots et mousses.

Angleterre, Espagne, Pays-Bas et France rivalisent sur la mer, s’allient parfois, s’affrontent souvent : en dehors de la guerre de course menée par les corsaires contre les navires de commerce rarement très meurtrière, la flotte française sera engagée dans une soixantaine de combats navals importants de 1702 à 1801 (Guerres de Succession d’Espagne puis d’Autriche, des Sept ans, d’Indépendance américaine, de la Révolution et du Consulat).

On rappelle enfin que la puissance de feu est beaucoup plus importante en mer qu’à terre : les 400 canons engagés à Austerlitz font pâle figure par rapport aux 4.000 canons présents sur les 60 vaisseaux qui se canonnent à Trafalgar.
En raison de la robustesse des coques des navires, les canons tirent à démâter plutôt qu’à couler : les dégâts corporels humains n’en sont que plus importants, avant même les corps à corps qui suivront parfois l’abordage.

Le théâtre des opérations : une tragédie classique

La mer a longtemps été l’espace du péril avec les naufrages comme des faits familiers, inévitables, récurrents et redoutables, mais le combat naval ajoute à l’effroi du naufrage, une fascination macabre qui relève du spectacle, mêlant le bruit et le feu à la fureur des hommes. D’une façon générale, la principale caractéristique des combats navals est ainsi l’extrême concentration du drame et du déchaînement de la violence, aussi bien dans le temps que dans l’espace. C’est sans doute de cette concentration de la violence sur une courte durée et dans un espace réduit, plus encore que du nombre des victimes, que peut naître la terreur et la pitié, voire la sidération, qui rendent palpable toute la démesure du combat en mer.

"Qu’en un lieu, qu’en un jour, un seul fait accompli
Tienne jusqu’à la fin le théâtre rempli."

(L’Art poétique - Boileau, 1674)

Tel une tragédie classique, le combat naval respecte en effet la règle des trois unités : unité de temps, unité de lieu et unité d’action : le combat dure rarement plus d’une journée quand il s’agit de deux escadres et plus de deux heures quand seulement deux navires s’affrontent, dans le décor unique des ponts des navires et ne traite qu’un sujet : le duel à mort. Qu’il s’agisse de duel à distance par armes à feu ou de corps à corps après abordage, la destruction, parfois jusqu’au naufrage, du navire ennemi et la mort d’un maximum d’hommes de l’adversaire, signeront la victoire des uns sur les autres et la fin de la tragédie.
Pendant que le combat se déroule sur le pont, c’est dans l’entrepont que l’on transporte les blessés qui ne peuvent plus se battre mais encore vivants : le chirurgien de marine entre alors en scène.

Généalogie du chirurgien de marine

Le barbier-chirurgien formé sur le tas

Nous ne remonterons pas ici à l’époque préhistorique où, pourtant, des pièces squelettiques attestent déjà l’exécution de gestes chirurgicaux de base comme la trépanation ou l’amputation, sans que l’on sache l’issue des opérations. En France, nos premiers chirurgiens embarqués ne sont mentionnés qu’à partir de 1540 et sur des galères du roi où l’on ne s’embarrassait pas encore beaucoup de précautions opératoires. Ensuite, sur les autres types de navire on ne mentionne la présence de chirurgiens à bord pour les longues traversées qu’à partir du milieu du XVIIe siècle. Dans la Marine Royale on distingue alors les chirurgiens embarqués sur des vaisseaux et ceux affectés aux hôpitaux de la Marine dans les ports, les uns et les autres étant dits « entretenus » c’est-à-dire rémunérés par le roi.

À cette époque on observe que contrairement aux médecins, émules d’Hippocrate et de Gallien, raillés par Molière, formés en plusieurs années dans des facultés, qui consultent, discutent de théories et prescrivent des remèdes en évitant de toucher aux malades, ce sont les barbiers-chirurgiens qui, eux, vont traditionnellement au contact physique des malades et n’hésitent pas à plonger leurs mains dans le sang, les humeurs et les plaies ouvertes pour prodiguer leurs soins.

Au début du XVIIIe siècle les opérations chirurgicales sont ainsi encore assimilées aux activités artisanales des barbiers : après s’être entrainé à raser et à couper les cheveux, l’apprenti chirurgien apprend sur le tas, sous le contrôle de son maitre d’apprentissage et avec des outils rudimentaires, les gestes de « petite chirurgie » : saignées, réduction de fractures ou de luxation, extraction de corps étrangers, dentisterie, sutures et divers pansements de blessures, voire enlèvements d’yeux crevés et, plus rarement, amputations diverses et tentatives de trépanations…
À la place de son « Tour de France » le compagnon barbier-chirurgien, souvent d’extraction plus modeste que le médecin, peut alors embarquer et poursuivre son apprentissage à bord d’un navire quelconque : navire de guerre, d’exploration ou marchand, galère, corsaire, négrier, pirate ou flibustier.

Au total les chirurgiens en général et les chirurgiens embarqués en particulier, avaient donc des connaissances très limitées en anatomie, nulles en physiologie et des pratiques opératoires médiocres, désarmées devant les hémorragies, les souffrances des patients et les infections qui suivaient souvent leurs interventions. Leurs soins parfois mortels faisaient beaucoup hésiter à y recourir, sauf en dernier ressort comme dans les combats navals où l’alternative était souvent la mort immédiate.

Un chirurgien-navigant, G. Mauran, observe dans son essai Avis aux gens de mer sur leur santé – Ouvrage utile aux chirurgiens navigans : « Plusieurs capitaines préfèrent des chirurgiens ignorant dans leur art, pourvu qu’ils aient déjà navigué et puissent aider à la manœuvre ou au combat ; ils n’embarquent un chirurgien que pour leur faire la barbe et au besoin une saignée ».

Un document pédagogique de l’école de Rochefort, faisant de son côté référence à Ambroise Paré, premier chirurgien du roi Charles IX et pionnier de la ligature des artères sur les champs de batailles, cite pour exemple sa modeste devise « Je le pansai, Dieu le guérit » qui montrait les ambitions limitées du plus renommé chirurgien de l’époque.

Pour ce qui concerne les navires du roi, plusieurs Intendants de la marine s’émeuvent bientôt des critiques formulées par les états-majors du fait de la formation très insuffisante des chirurgiens embarqués et de la trop forte mortalité qui règne à bord des vaisseaux de guerre. En 1710 un rapport demande que les jeunes chirurgiens s’instruisent « non seulement sur l’anatomie et les opérations de chirurgie, mais encore des connaissances sur les maladies internes et la composition des remèdes ». Le même rapport précise en effet que les chirurgiens embarqués « seront obligés de servir aussi comme médecins et comme apothicaires ».

On peut imaginer leur dénuement lorsque, sans vraie formation ni grande expérience ni assistance, ils doivent pratiquer seuls en plein combat des opérations mutilantes, sans anesthésie ni asepsie, et administrer des remèdes à l’efficacité douteuse. Enfin en 1712 un médecin de l’hôpital du port de Rochefort, Jean Cochon-Dupuy, accrédite l’idée de créer une école pour former des chirurgiens de la marine « à l’anatomie et aux opérations de chirurgie ». Ainsi va naitre huit ans plus tard la première école de chirurgie et d’anatomie de marine du monde, qui fonctionnera dès 1720, et sera officiellement fondée en 1722.

Naissance et développement des écoles de chirurgie marine

À l’école de Rochefort les élèves étaient admis à partir de 14 ans révolus, sachant lire, écrire et raser. On exigeait qu’ils aient les mains « saines » et « sans difformités » et qu’ils soient catholiques. Suite à la révocation de l’Édit de Nantes (1685), les professions de médecins, sages-femmes, apothicaires et chirurgiens étaient en effet interdites aux protestants. Le règlement en excluait enfin les « licencieux, factieux, jureux, ivrognes ou sujets à d’autres vices scandaleux ». Ces critères, peu spécifiques et subjectifs, étaient heureusement complétés pour les admis par une vraie formation, novatrice dans son contenu et ses méthodes. Privilégiant l’anatomie et la pratique des dissections, l’École était bien servie en cela par la proximité du bagne qui lui procurait des cadavres frais. L’établissement tirait en outre son originalité, et son efficacité, de la pédagogie expérimentale que les élèves recevaient dans l’hôpital militaire du port. Une telle fréquentation des salles de soins était alors très rare en Europe et les chirurgiens de marine rochefortais se distinguèrent rapidement du reste de la corporation.

L’école de Rochefort, un peu sur le modèle de nos CHU d’aujourd’hui, alliant les soins, la formation et la recherche, connaît ainsi un destin florissant au cours du XVIIIe siècle avec des promotions annuelles de plus de 50 chirurgiens navigants dès 1750 et elle aura formé 6572 élèves à sa fermeture en 1964 ; elle va servir de modèle à l’école de Toulon en 1725 puis à l’école de Brest en 1731. Ces écoles allaient permettre que les trois branches de l’art de guérir, médecine, chirurgie et pharmacie, alors en opposition dans le reste du royaume soient pour la première fois enseignées simultanément et pratiquées à bord. Ce n’est pourtant qu’en 1731, lors de la fondation de la première Académie royale de chirurgie, que sera officiellement marquée la séparation définitive entre les chirurgiens et les barbiers.

Les chirurgiens navigants issus de l’école de Rochefort furent employés principalement sur des navires de guerre ou des navires d’expéditions lointaines, parfois aussi sur des navires de la puissante Compagnie des Indes. Les chirurgiens sortant de ces écoles spécialisées sont désignés comme « chirurgiens entretenus » pour les différencier des chirurgiens civils embarqués, dits « de levée ». Sur les navires du roi, le nombre de chirurgiens embarqués est codifié en fonction de l’importance du vaisseau mesurée à son artillerie et donc de l’importance de son équipage. Par exemple pour un vaisseau de 80 canons, soit 900 hommes, on compte trois chirurgiens et deux aides-chirurgiens.

Ce n’est qu’en 1765 cependant que le chirurgien-major d’un bâtiment du roi est reconnu comme membre de l’état-major et, à ce titre, reçu à la table du capitaine. Bientôt après, le chirurgien de la Marine Royale sera doté d’un uniforme particulier : le fameux habit gris d’épine avec la veste, le collet et les parements écarlates ; les boutons dorés étant frappés d’une ancre de marine enlacée du serpent d’Épidaure. Le statut militaire ne leur sera toutefois reconnu qu’en 1835, où ils seront assimilés au corps des officiers de marine.

Le chirurgien navigant pendant le combat : L’enfer sur le pont, le sang et les hurlements dans l’entrepont

Le décor, les instruments et la pharmacopée d’urgence

Le chirurgien loge en général dans l’infirmerie située dans l’entrepont et qui lui sert aussi de lieu de travail pendant le combat. Il est parfois aussi logé dans la Sainte-Barbe, local à l’arrière du vaisseau où sont stockées armes et poudres. L’infirmerie est située au centre du navire, dans un lieu aussi appelé « le théâtre » : c’est là qu’on trouve une ou plusieurs tables d’opérations ainsi que deux ou trois fauteuils avec des sangles. Parfois, faute de place pendant le combat on opère aussi dans la cuisine. Des lampes à pétrole se balancent aux poutres donnant un éclairage mobile et inégal ; les mouvements de la mer et les reculs des canons tout proches, les chocs des boulets qui frappent les mâtures ou le flanc du navire font bouger les tables d’opération, les patients qui y sont fixés tant bien que mal par des sangles et bien sûr les chirurgiens eux-mêmes : leurs gestes opératoires sont alors délicats à réaliser avec précision dans l’instabilité, le vacarme et la foule qui les entoure, et dans la pénombre.

Pour ses interventions le chirurgien a disposé à côté de lui ses « coffres de mer » : un ou deux contenant des instruments de chirurgie de différentes tailles, un ou deux autres contenant des médicaments.

Comme on le voit sur l’image ci-dessous et sans entrer dans les détails techniques de leurs utilisations, on trouve dans les mallettes des chirurgiens embarqués différents bistouris, scalpels, cathéters, ciseaux, tire-balles, spéculums, une panoplie d’aiguilles de toutes formes et tailles, des pinces diverses, plusieurs scies à amputation, des couteaux, des vilebrequins et trépans, ainsi que des instruments à injection : petites et grandes seringues, siphons divers.

La plupart des médicaments quant à eux sont des drogues simples extraites de végétaux (réglisse, camomille, rhubarbe, benjoin, amandes, etc.). D’autres drogues complètent la pharmacopée comme les sels, miels et sirops, huiles, baumes et onguents divers. Enfin, en guise d’anesthésiques à portée de la main, des bouteilles de rhum pour les matelots et les soldats, et des fioles de laudanum de Sydenham pour les officiers.

Branle-bas de combat !

Diversité des blessures selon les phases du combat :

Quand le combat commence c’est d’abord la canonnade à distance : les boulets fracassent les membres, enfoncent les cages thoraciques et décapitent, soit directement soit par la chute de mâtures ou la projection violente d’éclats de bois de la charpente ou du bordé du navire. Ensuite c’est la fusillade quand les navires sont rapprochés, entrainant toutes les sortes de blessures par balles sur toutes les parties du corps. Enfin, en cas d’abordage, c’est le corps à corps ou l’on se tue au pistolet de marine et à l’arme blanche : sabre, épée ou poignard. Alors les coups de sabres taillent, découpent les chairs, les visages et les flancs, provoquant des blessures profondes, des sections d’artères ou de nerfs rapidement mortelles.

Sur le pont les blessés tombent parmi les morts : ils perdent leur sang, agonisent. Ils crient et appellent au secours mais dans le feu de l’action la priorité est au combat et les aides-soignants, quand ils existent, ont la consigne de ne pas gêner les combattants.

Chirurgie d’urgence : simplification et rapidité :

Dans l’entrepont toutes les relations de chirurgie de combat, véritable chirurgie d’urgence, insistent sur deux caractéristiques : simplification et rapidité. Le diagnostic est vite fait et l’opération vite décidée est réalisée sans états d’âme en allant au plus simple. Quant à l’indispensable rapidité d’exécution des chirurgiens, elle est justifiée pour écourter la douleur mais surtout pour traiter le maximum de blessés : chaque minute compte car les hémorragies sont en cours et il faut vite passer aux suivants pour tenter de sauver les plus lourdement atteints. Certains meurent avant les opérations et les blessés les plus vigoureux devront souvent attendre des heures avant de passer sur la table d’opération. Les premiers opérés ont bien plus de chance de survivre que leurs suivants, car chaque opération dure cinq à quinze minutes, et il faut beaucoup moins que cela à un homme pour mourir d’hémorragie à cause d’un membre arraché ou d’une blessure profonde.
On ne peut s’étonner qu’à la suite d’opérations réalisées dans de telles conditions, près d’un tiers des blessés mourront d’hémorragies, d’infections diverses ou de gangrène.

Au total le chirurgien naviguant commence ses interventions souvent dès le début du combat, les poursuit pendant et après le combat, puis fait office de médecin et d’apothicaire pour traiter les suites de ses opérations.

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L’infirmerie en BD

Tableaux sur le vif

Un aide-chirurgien témoigne dans un manuel signé Pierre-Marie Duvigner de la bibliothèque de l’École de Rochefort : « Des bouts de bras et de jambes coupés sont aux pieds du fauteuil et de la table en bois où les chirurgiens, à demi-nus et couverts de sang, opèrent sans discontinuer au milieu des cris et des gémissements. Les blessés sont maintenus par des sangles ou immobilisés par des aides qui ont ouvert aux ciseaux les vestes ou les pantalons imbibés de sang. On leur a fait boire deux verres de rhum. Des blessés s’évanouissent dès la première incision, meurent de choc pendant l’amputation ou à la fin quand on cautérise leur moignon au fer rouge ou en le plongeant dans la poix bouillante. Par manque de charpie ou de linge de pansement on doit souvent récupérer des pansements souillés sur un mort pour panser un opéré… ».

Le chirurgien Exquemelin (Parfois orthographié Oexmelin), à bord du Dauphin, note dans son journal : « Le capitaine avait reçu de graves blessures : un coup de sabre lui avait tranché presque tous les muscles de la nuque. Je les lui recouds avec des boyaux de lamantins et je fixe sa tête et sa poitrine sur une planche ».

Pour sa part, Dame Millet passagère à bord du Triomphant pendant le combat des Saintes en 1782 décrit dans son journal l’entrepont où elle se trouve avec son amie :

« Voyez deux malheureuses femmes dans un lieu horrible par son obscurité et tous les objets dont il est rempli, entourées de chirurgiens les bras retroussés, en chemise et occupés à préparer les instruments de leur état, des liqueurs pour les évanouis, des bandages pour les plaies, attendant à chaque instant d’être occupés, et faisant préparer des matelas pour recevoir les victimes. Voyez à présent nos réflexions aux premiers boulets de l’ennemi dont nous entendions très distinctement le sifflement, oh ! ciel ! disions-nous si nous allions voir apporter quelques-uns de ces messieurs. Notez que nous étions placées très près du sabord, et que rien ne pouvait nous échapper, bientôt nous entendîmes : attrapez du monde, prenez cet homme, et tout à coup nous fûmes entourées de morts et de blessés dangereusement qui par leurs cris nous arrachaient l’âme ; l’aumônier en surplis avait avant le combat donné la bénédiction sur le pont et dans toutes les batteries, il était alors près de nous pour administrer les derniers sacrements aux mourants ; d’un côté nous voyons couper un bras, d’un autre amputer une cuisse, plus loin panser une tête défigurée par une blessure horrible ; entourées de sang et d’images horribles nous détournions les yeux en frémissant ; les uns mourraient dans l’opération, les autres poussaient des cris déchirants, un jeune mousse surtout auquel on désossa le reste du bras à l’épaule, opération qui dura plus d’un quart d’heure et durant laquelle il hurla toujours ».

Les opérations en détail

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Quelques blessures de guerre

Les manuels des écoles de chirurgie marine de l’époque relèvent les différents types de traumatismes observés et traités pendant les combats navals :

= Les traumatismes crâniens avec hématomes.
Ils sont évacués par trépanation plus ou moins étendue et profonde. Malgré son côté spectaculaire la trépanation, geste simple et pratiqué depuis la plus haute antiquité, était semble-t-il bien maîtrisée par les chirurgiens du XVIIIe siècle, mais avec souvent beaucoup de graves séquelles.

= Les membres brisés, arrachés ou écrasés.
Les amputations étaient souvent le seul recours laissant au blessé quelques chances de survie après un membre partiellement perdu ou fracturé. Suivant une expression en cours à l’époque « mieux vaut perdre le membre que l’homme ! ». L’amputation est toujours pratiquée en cas de grosses plaies avec fracas osseux, et plus tard, en cas de début de gangrène ou d’infection. Le blessé est alors solidement sanglé ou tenu par des aides, à moins qu’il ne soit déjà en état de choc ou évanoui. L’amputation est faite sous garrot, sans anesthésie ni antidouleur. Après la section du membre, l’hémostase est assurée par ligature et encore souvent au fer rouge.
La cicatrisation et donc la fermeture du moignon, s’effectuera en deux mois environ, sous réserve de complication infectieuse à bord entraînant toujours la mort.

= Les blessures profondes, la pénétration de corps étrangers et les brulures étendues.
L’opération la plus courante est l’extraction de corps étrangers et la suture des blessures occasionnées par des balles de fusils, de pistolets, d’armes blanches ou par des éclats de projectiles ou de morceaux de bois. Comme le précise un document pédagogique de l’école de Rochefort « Les visages ne sont guère protégés et chaque combat fera nombre de borgnes, d’aveugles ou de sourds. Les mâchoires fracturées ne seront pas la principale attention du chirurgien qui les traitera après le combat… »

Jean-Baptiste Joachim Clémot, célèbre chirurgien de marine embarqué notamment sur La Vaillante observe pour sa part : « On se sert de l’alcool parfois pour laver les plaies, mais bien plus pour calmer le blessé avant de l’amputer. Empêcher la douleur prend du temps et est coûteux en alcool, c’est pourquoi pendant le combat on préfère mettre un morceau de cuir ou de bois entre les dents pour empêcher le blessé de se mordre la langue sous la douleur… ». Ce même Clémot note un peu plus loin : « Je n’aime pas un blessé un peu endormi. Il ne se défend plus. Ce n’est plus de la chirurgie ».
Les premiers anesthésiques n’apparurent en France qu’en 1840 !

La mort, et puis après…

Un officier des gardes de marine déjà cité, blessé et pansé à bord du Formidable, témoigne : « vers 6 heures et demi du soir, après la fin de la canonnade, je remontais sur le pont et y découvris un spectacle dont il est difficile de rendre compte : tous les mâts étaient abattus et un grand nombre des hommes étaient occupés à faire basculer les morts, entassés les uns sur les autres, par-dessus bord. les ponts, couverts de sang, avaient toute l’apparence d’un abattoir de boucher. les palans des canons s’étant libérés roulaient librement d’un bord sur l’autre. plusieurs hommes et des maitres avaient trouvé de l’alcool et s’étaient saoulés. les plaintes et hurlements des blessés, le vacarme et la confusion des survivants, faisaient de cette scène un enfer absolu. »

En l’absence de moyens de conservation des cadavres et pour éviter les risques et nuisances de leur putréfaction, les marins morts en mer étaient traditionnellement jetés à la mer dans des sacs lestés.

Sauf cas particulier, comme l’amiral Nelson à Trafalgar dont le cadavre fut conservé jusqu’à son retour en Angleterre dans un tonneau de brandy, les officiers de marine demandaient toujours à être jetés par-dessus bord, comme leurs hommes. Ainsi le commandant Aristide Aubert du Petit-Thouars, un bras et les deux jambes arrachée sur le Tonnant à Aboukir le 2 aout 1798 qui avait demandé à être planté dans un baquet de son sur la dunette pour continuer à donner ses ordres jusqu’à ce que les hémorragies l’emportent, aurait-il crié en mourant « Qu’on me jette à la mer avec mes hommes » ; ce qui fut fait.

John Barlow (Surgeon on board, HMS Dolphin, 1703), écrit dans son journal : « le mort est vite « enterré », évitant à ses amis toutes les corvées : aller à l’église, sonner la cloche, creuser sa tombe, se rendre au cimetière, acheter du vin et du pain pour le repas des funérailles, etc. en mer on le roule dans un morceau de vieille toile que l’on coud, on lui attache deux ou trois boulets de canons ou de fers aux pieds et on le jette par-dessus bord pour faire lui-même sa fosse, souhaitant le repos à sa pauvre âme, sans un ministre pour lire les prières, sans aucune cérémonie ».

Au-delà de cet humour anglais, il faut noter que les familles n’apprennent les décès qu’au retour des navires au port, ce qui peut prendre plusieurs semaines ; en outre, sans dépouille, l’incertitude demeure longtemps sur la réalité de la mort, comme persiste alors l’espoir de revoir le disparu… Les narrateurs de l’époque notent des pratiques ou des rites particuliers que les familles ont coutume de suivre à terre après l’arrivée des nouvelles, pour « tenter de faire leur deuil » en honorant le souvenir « de corps introuvables, livrés à l’errance des profondeurs, sans la bénédiction de dieu » ou « plongés dans les abymes de la mer », comme le soulignent souvent les actes paroissiaux.

On rappellera à cet égard pour notre part, la pratique des ex-votos marins. (Cf. article du magazine-web Histoire-Généalogie : article N° 1883 sur Les portraits de navires dans les ex-votos marins peints de Notre-Dame de la Garde à Marseille, Philippe de Ladebat).

*******

Les chirurgiens de marine du XVIIIe pratiquaient, certes et avec les moyens du bord, des soins empiriques pour sauver blessés et malades dans des conditions et des situations souvent effroyables. Pour autant, l’histoire nous révèle qu’ils sont à la naissance d’un esprit nouveau qui s’est développé au cours du siècle grâce à de nouvelles écoles et pratiques de formation, et qui fut mis à l’épreuve lors des grandes explorations et voyages scientifiques, mais surtout dans les conflits armés sanglants de la fin du siècle et sous l’Empire. Ces hommes furent souvent des « hommes des lumières », à la fois chirurgiens, philosophes, naturalistes ou botanistes. Après eux on ne se fondera plus comme par le passé sur le respect de théories ou de principes sans fondements scientifiques, mais sur l’observation et l’interprétation de faits concrets et objectifs qui permettront les grandes avancées de la chirurgie et de la médecine du XIXe siècle à nos jours. Comme le souligne le Docteur André Sicard (Société française d’histoire de la médecine) : « Au début du XVIIIe siècle les chirurgiens n’étaient encore que des barbiers. À la fin du siècle, ils sont devenus des anatomistes, des cliniciens, des pathologistes ».

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Le chirurgien de l’Hermione, Adrien Jean-Pierre Fabré, encadré par ses instruments de chirurgie

L’ancienne école de chirurgie et d’anatomie de Rochefort telle qu’elle se présente toujours aux visiteurs avec ses locaux de formation, sa bibliothèque et sa salle de lecture, ses collections pédagogiques d’écorchés, de spécimens de préparations anatomiques et d’instruments chirurgicaux, a reçu ses derniers étudiants en 1964. Aujourd’hui le Service de santé des armées avec son École du Val de Grâce à Paris et son École de Santé des Armées à Lyon, ont pris la relève. Leurs bibliothèques, leurs musée et expositions permanentes illustrent bien les progrès, les réalisations actuelles et les perspectives d’avenir des successeurs de nos chirurgiens navigants du XVIIIe siècle. Les équipes chirurgicales y sont formées et entrainées pour intervenir dans des situations extrêmes d’urgence opérationnelle, au plus près des blessés, sur les théâtres de nos opérations extérieures. Comme l’écrivait déjà Jean Cochon-Dupuy, fondateur de la première école de Rochefort en 1720, ils luttent toujours pour « la conservation des hommes » dans les conflits armés, sur terre et sur mer.

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Aujourd’hui, bloc opératoire sur le Dixmude de la Marine nationale

Bibliographie/Sources  :
= Plusieurs articles du Magazine-web Histoire-Généalogie, dans la rubrique « L’expérience de la mer » ont déjà traité des problèmes sanitaires en mer au XVIIIe siècle :

  • Jean Vincent Morice, chirurgien et négrier sur les navires de la Compagnie des Indes, Jean-Yves le Lan, 28/06/2012
  • Le fabuleux destin de Simon Livo, chirurgien major de Lapérouse, Alain Denizet, 12/09/2009
  • La pharmacie à bord du Massiac en 1761, Jean Yves le Lan, 01/02/2003

= Les vies, carrières et rôles des chirurgiens de la Marine militaire française

  • Dictionnaire des médecins, chirurgiens et pharmaciens de la Marine de 1666 à 1940, B. Brisou et M. Sardet, Service historique de la défense, 2010. Voir en particulier pour le XVIIIe siècle les biographies, portraits et carrières de : Luc Augustin Bacqua, Etienne Chaudron de Courcelles, Jean-Baptiste Joachim Clémot, Alexandre Olivier Exquemelin, J-P Fabré (ou Fabret), Pierre-François Kerauden, Sébastien le Braz, René-Jean Rouillard, Eugène Sue, François Vivez, etc.

= Thèses/Mémoires consultables partiellement sur internet (par ordre chronologique)

  • Les chirurgiens navigants de Lorient et de Nantes au XVIIIe siècle, thèse Nantes, Roger Grolier, 1965
  • Les chirurgiens navigants du port de La Rochelle sous l’ancien régime, thèse Nantes, Jean-Louis Laqueuille, 1970
  • Les chirurgiens navigants à Rochefort dans la deuxième partie du XVIIIe siècle, thèse Nantes, Philippe Bahaud, 1971
  • Le chirurgien à bord des navires de guerre français au XVIIIe siècle, Thèse Bordeaux, D. Bourget, 1978
  • L’École d’anatomie et de chirurgie du port de Rochefort sous l’ancien régime (1722 – 1789), Michel Sardet, mémoire de maîtrise, 1992
  • Le service de santé de la marine royale (1661 – 1793), Jean-Luc Suberchicot, Thèse Paris IV, 1998

= Livres (Par noms d’auteurs) et revues

  • Chirurgien sur la Circé, Gaston Blandin, Ouest Éditions, 1996
  • Histoire de l’École de chirurgie de Rochefort (1722 – 1836), Revue d’histoire des sciences Vol 13, A. Le Bozec, 1960 (Voir aussi : Yannick Romieux, même sujet)
  • Adrien Fabré, chirurgien navigant de l’Hermione, Xavier Garcia, Écrits d’Ouest N°16, 2008
  • Les chirurgiens navigants, Jean-Pierre Kerneis, S d’éditions médicales et scientifiques, 1968
  • Grandeur et misère des gens de mer, Philippe Masson, 1986
  • Revue Olona N° 205, La mort en milieu maritime, Hervé Retureau, 2008
  • Revue Olona N° 209, Les Sablais dans la guerre d’Indépendance américaine : étude de la mortalité à bord de la Royale, Hervé Retureau, 2009
  • Naval surgeon, life and death at sea in the age of sail, J.Worth, Estes, Canton, 1998
  • École de médecine navale de Rochefort, Denis Roland, Musée de la Marine de Rochefort, 2006
  • Rochefort et la mer : la médecine navale aux XVIIIe et XIXe siècles, Université Francophone d’Été, Saintonge-Québec, auteurs divers, 1993
  • Revue Neptunia N°240, Hygiène à bord, décembre 2005
  • Les chirurgiens navigants américains pendant la guerre d’Indépendance, Journals and Diary, Royal Museums Greenwich.

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12 Messages

  • Les chirurgiens navigants sur les navires du roi 19 février 2016 07:21, par Michel Guironnet

    Bonjour Philippe,

    Félicitations pour votre article si documenté. Le témoignage de la Dame Millet sur l’aumonier m’a fait penser que, peut être Fleury Roulet, aumonier sur les Vaisseaux du Roy fut le compagnon d’un de ces chirurgiens.

    Cordialement.
    Michel Guironnet

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    • Les chirurgiens navigants sur les navires du roi 19 février 2016 20:50, par Philippe de Ladebat

      Bonsoir Michel
      Comme vous le souligniez dans votre article sur Fleury Roulet « Aumonier sur les Vaisseaux du Roy », la vie de ce prêtre avant son retour à terre reste un mystère, mais son office a du en effet le faire côtoyer, notamment pendant les combats navals, des chirurgiens navigants.

      Le témoignage de cette « Dame Millet » est extrait du livre de Philippe Masson, Grandeur et misère des gens de mer, et repris par Hervé Retureau dans son article de la revue Olona, N° 209 sur Les Sablais dans la guerre d’Indépendance américaine : étude de la mortalité à bord de la Royale.

      Vous m’aviez donné l’envie quand j’avais lu votre article de m’intéresser à ces courageux aumôniers des Vaisseaux du Roy, mais ce sont là encore des personnages méconnus et sur lesquels on ne trouve pas grand chose si ce n’est des remarques peu spécifiques sur les rituels catholiques administrés à bord.
      Bien cordialement
      Philippe

      Répondre à ce message

  • Les chirurgiens navigants sur les navires du roi 19 février 2016 15:07, par brégéras andré

    Bonjour,
    Belles descriptions des vaisseaux du (des)rois et des batailles qui en découlent !
    Ma curiosité naturelle m’avait amené a me demander comment un navre de guerre en bois du 17° au 19°était construit avec quel « personnels » , quel armement , quel ravitaillement ?

    J’ai cherché et trouvé en 2014 ce qui suit ci-dessous ,qui a comblé ma curiosité ,mais avec une grande admiration pour l’importance de la chose dont j’étais loin de me douter et que vous confirmer dans votre article ;

    = Description générale du vaisseau à trois ponts.
    "Le MONTEBELLO’ par : Achille BOURGOGNE,TOULON,1842. Musée de la marine.
    Détaillé de façon très précise, c’est remarquable !
    Cordialement,ab.

    Répondre à ce message

  • Les chirurgiens navigants sur les navires du roi 19 février 2016 23:56, par jean-pierre LEMOINE

    Bonjour,
    C’est un article extraordinaire que vous publiez,les drames humains sous cet angle de la Marine est juste et effroyable,il est salutaire de les faire connaitre car ce furent avant tout des hommes,des hommes bléssés.
    Merci de cette publication et longue vie à votre journal.
    Bien cordialement
    jean pierre

    Répondre à ce message

  • Les chirurgiens navigants sur les navires du roi 20 février 2016 08:12, par balu

    Bonjour à vous.
    Au musée de l’inquisition à Carthagène des indes, colombie, j’ai photographie l’intérieur d’un gd vaisseau, ( en peinture !!), si cela intéresse le monsieur qui posait des questions sur ce sujet, je peux l’envoyer, mais où et comment. En tout cas superbe article, j’ai vu la ’bataille’ des saintes aussi au fort napoléon des saintes. m.a.balu

    Répondre à ce message

  • Les chirurgiens navigants sur les navires du roi 20 février 2016 08:22, par GONON-GARY

    Merci pour cet article.
    Je comprends mieux ce qu’a été la vie de cet ancêtre :
    Pierre Jean « Egide » MUTRU, le Sosa 40 de mon mari qui était Chirurgien major de la Marine Royale (devenu après son mariage médecin chef des Hospices de Nîmes).

    Merci pour ce document.
    Brigitte Gonon-Gary

    Répondre à ce message

  • Les chirurgiens navigants sur les navires du roi 20 février 2016 10:49, par MOREL

    Bonjour

    merci pour cet excellent travail qui m’a donné des renseignements sur le métier de chirurgien au 18éme.En effet, un de mes ancêtres même s’il n’était pas navigant, était chirurgien, d’origine allemande et caserné à Kaiserberg.Et même si les conditions d’exercice étaient différentes, je pense qu’il y a beaucoup de points communs notamment sur la formation.Je passe beaucoup de temps à essayer de retrouver quelques renseignements plus précis à son sujet mais hélas !!!Peut-être un jour réussirais-je à « dénouer » son histoire.Merci encore

    Répondre à ce message

  • Les chirurgiens navigants sur les navires du roi 20 février 2016 14:00, par jean-claude REY

    Merci pour ce bel article souhaitant de tout coeur qu’il témoigne d’une renaissance du Musée de Rochefort, extraordinaire témoignage sans oublier la bibliothèque.

    J C R, chir orthop & membre SFHM

    Répondre à ce message

  • Les chirurgiens navigants sur les navires du roi 22 février 2016 10:22, par danièle Godard-Livet

    Bonjour,
    Merci pour cet article passionnant. J’avais déjà été sensibilisée au sujet par l’ouvrage de Conan Doyle « au pole nord » racontant son expérience de médecin sur un navire baleinier.
    Mais le vôtre m’a inspiré une petite nouvelle autour du chirurgien de l’Hermione et du voyage de La Fayette vers l’amérique en 1780."J’étais chirurgien sur l’Hermione..." pure fiction pour l’instruction des enfants !
    Bien cordialement
    Danièle Godard-Livet

    Répondre à ce message

  • Les chirurgiens navigants sur les navires du roi 4 juin 2017 12:43, par poudroux

    Bonjour,mon ancêtre Jacques Alexandre VERGOZ était chirurgien
    navigant sur le St geran vaisseau de la compagnie des Indes.
    J’aimerais avoir des informations sur ses campagnes .Merci

    Répondre à ce message

  • Les chirurgiens navigants sur les navires du roi 8 février 2018 13:39, par Balduzzi

    Bonjour

    Faisant le généalogie de mon épouse je découvre qu’un de ses ancêtres était Chirurgien de vaisseau
    Son nom PHILOUZE Francois Leon Marguerite (1768 - 1844)
    En lisant cet article je décide d’en savoir plus sur cet ancêtre pouvez vous me dire ou trouver de la documentation
    Merci par avance de votre aide
    Cordialement F. BALDUZZI

    Répondre à ce message

  • Les chirurgiens navigants sur les navires du roi 13 décembre 2018 12:41, par Dizengremel Anne-Laure

    Pourriezvous SVP me dire ou je peux me renseigner sur un Monsieur Pinté - chirurgien dans la marine Francaise qui serait un de mes aieuls. J’ai un tableau peint a l’huile et son nom de famille - c’est tout... (pas de dates...).

    Répondre à ce message

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