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Les curieux débuts dans la vie d’Alexandrine Raphaël Dancel

Née de père et mère inconnus et néanmoins reconnue

Le jeudi 26 février 2015, par Martine Hautot

Des enfants naturels, nés de pères inconnus et ensuite légitimés lors du mariage de leur mère, quiconque feuillette les registres d’état-civil en a rencontré. Mais des enfants, nés de père et mère inconnus et ensuite légitimés, j’ai cru longtemps que c’était impossible. Pourtant cela peut arriver et en voici la preuve.

Contexte familial

Je m’intéresse depuis un moment aux origines et à l’histoire de la famille de mon père, les Quilan, venus des abords de la Picardie, avant la révolution,f aire souche, en Normandie, dans la région de Dieppe, d’abord dans le petit village du Thil puis dans le bourg d’Offranville où ils exercent le plus souvent le métier de boulanger. C’est ainsi que je fais connaissance de la famille Dancel. Mon arrière-grand-pére Romain Quilan, charcutier, âgé de 24 ans épouse, en effet, à Offranville, le 24 Avril 1877, Marie Dancel, couturière âgée de 22 ans. Le même jour, dans la même mairie, le frère de Romain, Alphonse, boulanger, âgé de 22 ans épouse la jeune sœur de Marie, Adeline, 20 ans, également couturière. Les deux jeunes femmes sont les filles de Vincent Dancel, maître maçon et d’Antoinette Alexandrine Batel. Heureux parents qui doivent être soulagés car ils ont une ribambelle de filles à marier et à doter . Doublement liée à la famille Dancel, je me dois de poursuivre mes recherches dans cette voie.

Un acte de mariage plein de surprises

Je retrouve aisément l’acte de mariage des parents Dancel : Antoinette et Vincent se sont unis une vingtaine d’années auparavant, le 8 Novembre 1853, dans cette même commune d’Offranville. Mais la lecture de leur acte de mariage me réserve quelques surprises. Après la présentation habituelle des mariés, le rappel de la publication des bans, de la liste des pièces d’état civil et militaire produites et des textes régissant le mariage, on en vient à la déclaration des futurs époux :

Les comparants ont déclaré que la dite Demoiselle Batel Antoinette Alexandrine est accouchée à Dieppe le six novembre mil huit cent quarante-neuf chez la dame Marie Anne Virginie Pinel épouse de Pierre Charles Romain sage-femme, demeurant au dit lieu rue de la Barre numéro trente-six d’un enfant du sexe féminin.

La suite est plus étonnante :

Que cette enfant a été déclarée à l’état-civil de Dieppe par la dite dame Romain le même jour six novembre mille huit cent quarante-neuf, comme étant nés de parents inconnus, et enregistrée sous les prénoms d’Alexandrine Raphaël ainsi que le tout est constaté par son acte de naissance qui nous est représenté.

Des noms attribués à un enfant abandonné

Tout cela est en effet confirmé par l’acte de naissance retrouvé dans les registres d’état civil de Dieppe où l’enfant apparaît sous les seuls prénoms d’Alexandrine Raphaël, suivant la pratique recommandée par l’instruction générale du Comte de Corbières en 1823 concernant l’administration et la comptabilité des hospices, des bureaux de bienfaisance et des enfants trouvés : le deuxième prénom tenant lieu de nom.

Les noms donnés à chaque enfant doivent être tels que, s’il n’y en a que deux, le premier soit considéré comme nom de baptême, et l’autre devienne, pour l’enfant qui le reçoit, un nom de famille transmissible à ses propres descendants.

Nous pouvons dès lors faire quelques remarques : l’enfant porte l’un des prénoms de celle qui sera reconnue sa mère lors de ce mariage, est-ce d’après une indication donnée par la mère à la sage-femme pour permettre une reconnaissance ultérieure ou un simple hasard ? Difficile de trancher, c’est en effet un prénom courant.

La sage-femme déclarante

La deuxième question qui se pose concerne la déclaration de naissance par la sage-femme. Était-ce l’habitude ? La règle (article 55 et 56 du code civil de 1804) est en effet, que la naissance est déclarée par le père de l’enfant, puis en l’absence du père par la sage-femme, le médecin ou l’officier de santé ou encore la personne chez qui la femme a accouché, le déclarant étant accompagné de deux témoins. La femme Romain est ainsi doublement habilitée à faire la déclaration pour la naissance d’Alexandrine Raphaël, en tant que sage-femme et parce que la mère a accouché chez elle. En pratique les sages-femmes (et plus rarement les médecins) interviennent dans trois cas : père absent en raison de son travail, enfant posthume né après la mort du père, et surtout enfants naturels de père inconnu. Pour cette même année 1849, c’est le cas à Dieppe pour l’enfant d’un employé de chemin de fer et pour celui d’un marin, pour quelques enfants posthumes et pour un nombre important d’enfants naturels. C’est ainsi qu’on retrouve régulièrement le nom et la signature de plusieurs sages-femmes dans les registres d’état-civil de la Ville. Ce sont généralement des femmes d’expérience. Elles habitent différents quartiers de Dieppe, au Pollet, quartier populaire s’il en est, mais aussi dans le centre-ville comme cette dame Romain qui accueille Alexandrine Raphael et habite rue de la Barre, une des rues les plus connues de Dieppe. Je n’ai pas trouvé d’autres enfants déclarés, par une sage-femme, de père et mère inconnus, cette année-là à Dieppe mais une enfant Marie Catherine Gaillard déposée à l’hospice, paraissant nouvellement née et déclarée par le portier de cette institution. Officiellement le tour qui permettait la dépose des enfants, en toute discrétion, avait été fermé deux ans plus tôt (certains lui reprochaient d’encourager les abandons quand d’autres soutenaient qu’il évitait des infanticides.). Mais peut-être continuait-il à fonctionner officieusement. Ces enfants-là avaient peu de chance de survivre. La petite fille meurt deux mois plus tard dans ce même hospice. Alexandrine Raphaël, comme nous l’apprend la suite de l’acte de mariage des époux Dancel a un sort plus heureux.

Qu’elle a été mise à l’hospice civil de Dieppe par la dame Romain le sept novembre mil huit cent quarante-neuf et que le huit juin mil huit cent cinquante-trois elle a été confiée par cette administration aux bons soins du sieur Dancel père du futur.

Fraude ou administration conciliante ?

Le dépôt à l’hospice n’a rien de surprenant, les religieuses y prennent soin des enfants abandonnés. Plus étonnant est la remise de l’enfant, âgée de bientôt quatre ans au père de Vincent Dancel, quelques mois avant que ce dernier ne se marie. Plusieurs explications possibles. Il semble qu’il ait existé certaines fraudes à l’abandon au XIX siècle : des familles démunies abandonnent un enfant puis se débrouillent (Dieu sait comment !) pour accueillir ou faire accueillir l’enfant dans une famille proche qui perçoit une rétribution de l’administration : les liens avec l’enfant sont alors maintenus sans avoir le souci d’une bouche supplémentaire à nourrir (cf. : Yannick Marec dans Vers une république sociale ? Du tour à l’accouchement sous X. La question de l’abandon en Normandie et à Rouen 1800-1945.) À moins que l’administration ne se soit montré conciliante connaissant les bonnes intentions du jeune couple. Peut-être existe-t-il quelque document conservé dans les archives communales de Dieppe et provenant de l’hospice susceptible de nous éclairer sur ce sujet. Cette recherche reste à faire.

Alexandrine Raphaël devient Alexandrine Raphaël Dancel

Toujours est-il que l’heure de la reconnaissance est venue. La déclaration des futurs époux se continue ainsi :

Que cette enfant provient des œuvres du dit sieur Dancel Vincent Albert avec la demoiselle Batel Antoinette Alexandrine et que tous ces faits sont à la connaissance du père du futur des pères et mères de la future et des témoins présents. Pourquoi le sieur Dancel Vincent Albert et la demoiselle Batel Antoinette Alexandrine agissant librement, reconnaissent par le présent et prétendent légitimer l’enfant dont il s’agit, comme leur appartenant, et afin qu’elle jouisse à l’avenir des droits accordés par la loi aux enfants légitimes. Ils entendent en outre que cette enfant portera le nom de famille Dancel comme étant celui de son père.

La fillette est ensuite présentée et la célébration du mariage peut se poursuivre comme à l’accoutumée. Désormais dans les recensements d’Offranville Alexandrine apparaîtra comme l’enfant de Vincent et Antoinette Dancel et rien ne la distinguera de ses sœurs, nés après le mariage, si ce n’est son lieu de naissance : née à Dieppe alors que les autres enfants sont nées à Offranville. Curieusement cette légitimation n’est pas portée en mention marginale dans son acte de naissance. Mais c’est bien une Alexandrine Raphaël Dancel qui décède à Offranville, le 14 Décembre1927.

Toujours étonnée par ce parcours insolite, je serais bien heureuse de savoir si vous avez rencontré d’autres cas analogues au cours de vos recherches.

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15 Messages

  • Les curieux débuts dans la vie d’Alexandrine Raphaël Dancel 28 mai 2015 14:22, par HAUCHARD DIDIER

    Martine ,
    bonjour ,
    J’ai lu très récemment avec intérêt votre article sur Alexandrine Raphaël DANCEL .
    Auparavant , j’avais déjà vu les actes de naissance des DANCEL , donc je connaissais les débuts de vie d’Alexandrine.
    Votre analyse est très pertinente et vos remarques judicieuses
    Dans un message du 27 février vous dites que Alexandrine ne s’est pas mariée !
    En fait elle s’est mariée le 21 septembre 1880 à Offranville ( acte n° 111 ) avec QUESNEL Pierre Hippolyte maréchal ferrant né le 8 janvier 1853 à Offranville ( décédé le 7 août 1901 à Offranville )
    Pierre et Alexandrine ont eu ( au moins ) deux enfants :

    • Albert Pierre Célestin en 1881 marié à Julienne ROCQ en 1906 , leur fils Julien Albert Pierre est né en 1907 et s’est marié en 1930 à Offranville avec LACOINTE Hélène Ernestine Henriette
    • Eugène Robert Alexandre en 1882 , décédé en 1890

    Voilà quelques infos qui pourront vous intéresser
    Encore félicitations pour votre travail
    bien cordialement
    Didier HAUCHARD

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  • Votre histoire et les témoignages décrits dans les commentaires sont vraiment très intéressants. Merci de les partager.

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    • oui ,les commentaires m’ont appris que le cas que je relate n’était pas unique .Le sort de ces enfants mérite d’être objet de recherche et les découvertes sont souvent émouvantes .
      Merci de votre passage.
      M.H

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      • Les curieux débuts dans la vie d’Alexandrine Raphaël Dancel 14 mars 2015 14:33, par Ilse Schmidt (ischmidt3)

        J’ai beaucoup apprécié l’histoire d’Alexandrine.
        J’ai également découvert le sort peu banal d’une petite Toulousaine, Pauline Marchand, déclarée de parents inconnus le 28/3/1813 : Elle a été reconnue 5 ans plus tard par sa jeune mère célibataire, Françoise Elizabeth Marchand, couturière, le 13 mars 1819. Les recensements de la ville ont montré que la mère et la fille ont ensuite habité chez la grand-mère, Thérèse Marchand, pas mariée non plus, aveugle et propriétaire d’une modeste maison, jusqu’au décès de cette dernière le 18/02/1825.
        Ensuite, plus aucune trace de Pauline, jusqu’à deux actes de la police d’immigration de la ville d’Anvers datés de 1853 et 1859 concernant sa fille et son fils. Ils nous ont permis de découvrir que Pauline a épousé François De Beche un industriel installé à Cuba, d’origine anversoise, frère et fils d’aubergistes de cette ville. Isabelle, la fille de Pauline épousera le fils d’un officier des forces navales belges installé à Cuba. Ensemble ils fonderont une dynastie qui produira de nombreuses figures marquant la vie cubaine avant et après Fidel Castro...

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  • Les curieux débuts dans la vie d’Alexandrine Raphaël Dancel 28 février 2015 11:04, par Michelle PENAS

    Je vais vous raconter une histoire assez rocambolesque et qui est le fruit d’une tres longue recherche et qui concerne mon arriere-arriere grand mere Aglaé LAMPIS.
    Voici son acte de naissance à Arras :
    L’an 1834 le 29 janvier devant Louis Benjamin ESNAULT adjoint au maire officier d’état civil d’Arras est comparu Louis GAUTHIER employé de l’hospice 36 ans, lequel a déclaré que Constantine LAMPIS journalière 25 ans née à Festubert (Pas de Calais) demeurant à Arras rue St Nicolas, est accouchée avant hier d’un enfant de sexe féminin qu’il nous présente et auquel il donne le prénom d’Aglaé, cet enfant ayant été délaissé par sa mère, nous avons ordonné qu’il soit remis à l’administration des hospices, de tant (?) quoi nous avons dressé l’acte en présence d’Augustin HOLBEE infirmier 36 ans et Pierre BILLOT commissionnaire de l’hopital 23 ans , tous 2 demeurant à Arras, lesquels ont signés le présent acte après lecture faite.
    Il n’y a pas de Constantine Lampis née à Festubert Pas de Calais ainsi que dans les fiches de recensement d’Arras que j’ai examiné feuille par feuille.
    Par contre il existe une Constantine LEMPISE, agée de 18ans dans les tables de recensement de 1831 à Festubert, servante chez Louis LECOCQ et Rose CAPELLE dont un fils, Jean Baptiste LECOCQ agé de 21ans.
    Sur les tables de recensement de 1836 de Festubert, nous retrouvons un Augustin LEMPISSE agé d’environ 2 ans chez le couple LECOCQ X CAPELLE. probablement le fils naturel de Jean Baptiste LECOCQ,
    Augustin LEMPICE a été déclaré le 9/3/1834 à Violaines fils naturel de Constantine LEMPISSE et reconnu par Jean Baptiste LECOCQ lors de son mariage avec celle-ci le 29/4/1840 aussi à Violaines.
    Nous les retrouvons sur les fiches de recensement, établis à Festubert en 1841.
    Le seul probleme existant est que Augustin LEMPISSE-LECOCQ né le 8/3/1834 à Violaines, 5 semaines plus tard qu’ Aglaé LAMPIS.
    Elle n’a pas pu avoir 2 enfants de la meme année .
    Etant donné l’acte de naissance d’Aglaé il est pratiquement certain que Constantine LEMPISE soit sa mère.
    Le fait de dire qu’elle etait DE Festubert, semble avoir été une confusion de la part du déclarant qui a cru qu’elle y etait née. LE LIEN DE FESTUBERT DANS LA NAISSANCE D’AGLAE FAIT DIRE QU’IL S’AGIT DE LA MEME CONSTANTINE.
    Il y a eu probablement echange d’enfant et il est possible que Constantine LEMPISSE soit partie mettre au monde sa fille qu’elle a abandonnée parce que c’était une fille, et qu’elle soit revenue à Festubert avec un garçon, en jouant sur la corde sensible de son "beau-père" qui a perdu un fils, justement appelé Auguste le 26/4/1822 à Festubert, agé de 38 jours.
    Augustin meurt avant sa mere, sans descendance. Tous les autres enfants de ce couple sont des filles.
    Elle meurt le 2/9/1905 à 91ans, rentiere, alors qu’à 6 ans elle etait dejà journaliere. L’echange d’enfant est donc bien un stratageme de survie pour Constantine.-de servante chez les Lecocq, elle termine sa vie, vivant de la fortune des LECOCQ.

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  • Les curieux débuts dans la vie d’Alexandrine Raphaël Dancel 27 février 2015 18:48, par Pierrick Chuto

    Bonjour et bravo pour votre article.
    Je n’ai pas été étonné, ayant beaucoup travaillé sur les enfants trouvés pour écrire Les exposés de Creac’h-Euzen. Les enfants trouvés de l’hospice de Quimper au XIXesiècle.
    Sur les 3800 enfants que j’ai retrouvés, certains ont été remis gratuitement à leur mère et moins souvent reconnus officiellement, soit lors du mariage des parents, soit à la suite d’un remariage ou d’une meilleure situation financière de la femme ou du couple.
    Quelques exemples extraits du livre :
    BALAIN Isidore (exposé le 22 mars 1842) : il est reconnu dès le 17 mai par ses parents, Yves-François-Marie Taridec, 21 ans, couvreur en ardoises, et Marguerite Le Chat, tailleuse d’habits, suite à leur mariage à Quimper.
    ACESTE Marie-Zénaïde ( exposée le 17 octobre 1843) : elle est reconnue le 21 mars 1844 par ses parents, Denis-René Barouille, 22 ans, ferblantier, et Marie-Françoise Le Moing, sans profession, mariés à Quimper et demeurant à Concarneau. L’acte précise que l’enfant est né de leurs œuvres.
    BOAS Henri (exposé le 15 juin 1844) : il est reconnu par sa mère le 29 mars 1873. Marie-Louise Lozach, née à Kergloff et domiciliée à Quimper, est alors âgée de 60 ans.
    il était temps

    FLORIS Jean-Marie (exposé le 25 mai 1848) : il est reconnu par sa mère, Jeanne-Louise Deniel, journalière domiciliée à Quimper, par acte du 6 janvier 1869.
    FRODALD Marie-Françoise (exposée le4 août 1848) : elle est reconnue par ses parents, Nicolas-Marie Tanniou, militaire retraité, et Jeanne-Marie Le Séhédic, servante, domiciliés tous les deux à Concarneau, suite à leur mariage, le 4 janvier 1864 dans cette ville.

    Vous évoquez aussi l’entente entre la mère et les parents nourriciers.
    Pour lutter contre cette pratique, le gouvernement a décidé dans les années 1830 de changer tous les enfants de département.
    Le Conseil général du Finistère s’y est opposé et les a changés seulement d’arrondissement (ainsi ceux de l’hospice de Quimper sont partis à Brest, Morlaix ou Quimperlé) .
    Cette pratique inhumaine a duré 4 ans .
    Le tour de Quimper n’a été fermé qu’en mai 1861 et celui de Brest en janvier 1864, pour faire place à un bureau d’admission.
    C’est la fin de l’abandon anonyme.
    Il y aurait encore beaucoup à dire sur ce sujet passionnant et fort peu connu.
    Pour trouver plus de détails sur votre ancêtre, consultez la série 3 X aux archives départementales.
    Pierrick Chuto
    http://www.chuto.fr/

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    • Bonjour
      Je vous remercie de toutes ses précisions .Je vois que vous avez effectué un très important travail sur ce sujet très intéressant et émouvant à la fois , travail qui pourrait être prolongé dans d’autres régions et qui donnerait sans doute des résultats proches .Ainsi le cas n’est pas unique ,même si les reconnaissances s’effectuent dans des délais très différents :lorsqu’elles sont proches de la naissance ,on peut penser que les parents ont simplement attendu des jours meilleurs et que l’abandon dans leur esprit n’était pas définitif,un palliatif en quelque sorte .Lorsque la reconnaissance est très tardive , j’aurais tendance à considérer que ce sont les considérations d’héritage qui l’emportent .

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      • Les curieux débuts dans la vie d’Alexandrine Raphaël Dancel 28 février 2015 11:51, par Gisèle Lameth

        Bonjour,

        Je connais une personne qui elle aussi est née de parents inconnus à l’état civil parce que les parents étaient très jeune et que les circonstances auraient fait scandale. Ce sont les parents qui se sont longtemps opposés à leur mariage, la mère mise dans un couvent etc. Elle a récupérée l’enfant, mariage, reconnaissance, divorce.

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        • Les curieux débuts dans la vie d’Alexandrine Raphaël Dancel 28 février 2015 13:04, par Martine Hautot

          Bonjour
          Merci de votre commentaire qui confirme mon hypothèse .
          Début d’histoire semblable mais pour Alexandrine ,les familles semblent s’être mises d’accord assez vite .Par contre je ne sais pas où était la jeune maman entre la naissance de son enfant à Dieppe et son mariage à Offranville.Il faudrait que je consulte les recensements de 1851 à Offranville et Dieppe pour peut-être le savoir .
          Martine Hautot

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  • Bonjour
    Effectivement, curieuse façon de procéder. (Je n’ai pas vu l’âge de la mère à la naissance...)

    Voici une autre reconnaissance (paternelle) étonnante par son "retard".

    Les parents de Irma Delannay se marient en 11/1870, après le décès de la 1re femme de Félix Dumont. Leur fille Irma Delannay, née en 1835, mariée en 1863 à Gustave Gaillard, est légitimée par les 2 parents en 1870 et change son nom en Dumont, avec l’accord de son mari (qui est témoin au mariage de ses beaux-parents). Le jeune couple a déjà au moins un enfant.

    D’après l’acte de mariage de nov 1870, elle a été reconnue (à 15 ans) par sa mère "en cette commune, le 24 juin 1850". Mais pas trace de cette reconnaissance ni à Tourville-les-Ifs, ni à Mentheville, ni aux Loges. L’acte de mariage de Irma en 1863 au Havre, est corrigé à props de cette reconnaissance.

    Remarques : En 1835, Félix Dumont est célibataire. Il se marie ’seulement’ en 1842, avec une autre que la mère de sa fille. Et, Nicolas Delannay, père de Désirée Delannay et qui signe l’acte de naissance en 1835 semble bien être le maire de Tourville en 1850.

    Dumont x Delannay M Tourville-les-Ifs 1870-11-23 nmd1869-70 p37
    Dumont x Dumesnil M Les Loges 1842-10-25 nmd-1842 p51
    Gaillard x Delannay M Le Havre 1863-09-15 m-08à12-1863 p65

    L’ensemble se passe en Seine-Maritime.

    Cordialement

    Répondre à ce message

    • Bonjour
      Antoinette Batel n’avait que 17 ans lors de la naissance de sa fille et 21 ans lors de son mariage et de la reconnaissance par les deux parents de l’enfant.Son jeune âge et le manque de moyens sont sans doute les principales causes de l’abandon .La situatioon s’améliorant ,Alexandrine a pu rejoindre la cellule familiale et grandir parmi ses jeunes soeurs .Est-ce parce qu’elle a été élevée comme l’aînée de la famille qu’elle ne s’est pas mariée ?
      Martine Hautot

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  • Les curieux débuts dans la vie d’Alexandrine Raphaël Dancel 27 février 2015 16:29, par Isabelle K

    Cette histoire me rappelle celle d’une de mes arrière arrière grands-mères. A la naissance,vers 1858,elle est déclarée de père et de mère inconnus. Ce sera le cas également pour une soeur et un frère nés après elle. Mais en 1870, le père reconnaît seul ses 3 enfants. Ainsi, sur leurs actes de mariage respectifs, on trouve la mention "fille (ou fils) de Monsieur X ... et de mère inconnue" J’ai compris le fin mot de l’histoire en retrouvant celle des parents : la mère avait été mariée une première fois mais son mari avait disparu. Quand elle a fait la connaissance de son nouveau compagnon, elle n’a pas pu l’épouser puisqu’elle était censée être encore mariée. Et quand elle s’est retrouvée enceinte, elle n’a pas pu reconnaître un enfant qui, selon la loi, ne pouvait être que celui du mari. Sinon, peut-être aurait-elle été accusée d’adultère. Les différents enfants n’ont donc pas été reconnus mais ils ont bien été élevés par leurs parents. Le père a par la suite décidé de les reconnaître pour les protéger en cas de problème. Quelques années plus tard,après confirmation du décès du 1er mari, le couple a pu se marier et reconnaître ensemble un 4e enfant qui malheureusement n’a pas survécu longtemps.

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    • Merci de ce témoignage. L’existence des enfants nés de mère inconnue s’explique assez souvent par le fait que la mère étant par ailleurs mariée ,elle ne pouvait reconnaître l’enfant d’une liaison adultère sans que son mari s’en voit attribuer automatiquement la paternité . Dans le cas que vous exposez ,le mari a disparu mais le mariage n’est pas dissous :C’est une situation difficile que les femmes ont pu connaître dans les périodes de guerre mais pas uniquement .J’ai connu des enfants qui portaient dans ce cas le nom du mari de leur mère parti sans laisser d’adresse depuis des années .

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