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Accueil » Articles » La vie militaire » Les conscrits de 1870 à 1914 » Les étapes de l’appel des classes : troisième étape, le conseil de révision

Les étapes de l’appel des classes : troisième étape, le conseil de révision

Le jeudi 7 mai 2015, par Michel Guironnet

"Bons absents", "ajournés", "dispensés", "exemptés", "réformés", "versés dans les services auxiliaires"... Ces catégories, décidées au cours du Conseil de Révision, n’entrainent pas, pour les conscrits, les mêmes conséquences.

Qu’est le Conseil de révision ?

Conseil de Révision. Hier ont eu lieu, à Alençon, les opérations du Conseil de révision pour les jeunes gens de la classe 1912 et des ajournés de 1911 appartenant au canton Est d’Alençon.
Ces opérations étaient présidées par M Robert Leneveu, préfet de l’Orne, assisté de M le général Gillet, de M. Gervais, secrétaire général de la préfecture, de M. le Sous-intendant militaire et de MM. le docteur Hommey, conseiller général du canton de Sées et d’Andigné, conseiller d’arrondissement du canton de Carrouges.

Quatre-vingt-sept conscrits de la classe 1912 étaient inscrits ; sur ce nombre un a été rayé, quatre ont été ajournés, huit sont des engagés volontaires, quatre ont été déclarés "bons absents", 53 ont été reconnue bons, six ont été versés dans les services auxiliaires, huit ont été réformés, trois ont été ajournés au 30 mai.
Huit ajournés de la classe 1911 ont également repassé sous la toise : deux d’entre eux ont été reconnus bons, Quatre ont été versés dans les services auxiliaires, un a été réformé, un a été ajourné au 30 mai (pour cause de maladie actuelle).

Dans l’ensemble, et de l’avis des personnes présentes à la révision, le contingent de conscrits de 1912 est meilleur que celui des années précédentes ; il y a un progrès réel et marqué au point de vue de la force physique.
Cinq jeunes gens ont manifesté sur-le-champ l’intention de s’engager dans la cavalerie.
L’Ouest-Eclair du 12 mars 1913

Le conseil de révision se réunit, souvent de bonne heure, afin de pouvoir « visiter sans précipitation » les jeunes gens sur leurs aptitudes physiques, examiner leurs réclamations et statuer en connaissance de cause.

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Tout nus sous la toise
Cette gravure est tirée de "En Tournée de révision, conte humoristique" signé Carlochristi publié en 1902. Disponible sur Gallica, nous en conseillons fortement la lecture !

C’est l’occasion, pour les appelés, de « passer tout nus sous la toise ». Ceux qui ont fait des demandes de dispenses doivent alors produire les pièces justificatives.

Le Conseil de révision se transporte dans les différents cantons.
Les jeunes gens reçoivent à domicile, au moins 8 jours d’avance, leurs ordres individuels de convocation avec le jour, l’heure et le lieu de réunion. La presse locale publie également l’itinéraire du Conseil de révision.

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Itinéraire du conseil de révision
pour l’arrondissement de Tournon
"Journal d’Annonay" du 24 mars 1883

Le Conseil de révision est composé :

  • Du Préfet, président, d’un conseiller de préfecture.
  • D’un conseiller général, d’un conseiller d’arrondissement.
  • D’un officier général, d’un membre de l’intendance.
  • Du commandant de recrutement, d’un médecin civil ou militaire.

Les maires n’en font pas partie, mais doivent y assister. On peut leur demander des renseignements sur les jeunes gens appelés, leurs infirmités réelles ou simulées.

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Visite des jeunes gens
Extrait de "Manuel des conseils de révision :
nouvelle législation du recrutement de l’armée"
par un capitaine de recrutement (1878)

Liste du recrutement cantonal

A l’issue des opérations du Conseil de révision, la liste du recrutement cantonal est établie, comprenant tous les hommes du même canton, ayant concouru au même tirage, et n’ayant pas été exemptés.

Cette liste est divisée en cinq parties :

  • 1° Par ordre de numéros de tirage, tous les jeunes gens déclarés propres au service actif.
  • 2° Ceux qui sont dispensés du service dans l’armée active.
  • 3° Les jeunes gens déjà liés au service, les inscrits maritimes et les dispensés conditionnels .
  • 4° Les jeunes gens dispensés du service dans l’armée active, mais reconnus aptes à l’un des services auxiliaires de l’armée (bureaux, administration, etc.).
  • 5° Les ajournés, c’est-à-dire les jeunes gens qui, au moment des opérations du Conseil, n’ont pas la taille minimum de 1 m 54 ou sont reconnus trop faibles pour un service armé. Ils sont renvoyés à l’année suivante et seront de nouveau examinés par le Conseil de révision.

Les ajournés ne sont soumis à aucune obligation militaire jusqu’à ce que le Conseil de Révision se soit prononcé définitivement sur leur aptitude physique. Ils ne sont définitivement exemptés ou classés dans les services auxiliaires que si, après la deuxième année, ils sont déclarés "impropres" au service actif.

Les cas d’exemption sont limités aux cas d’infirmités rendant absolument inapte au service actif ou auxiliaire. Celui qui s’en est rendu coupable en cas de blessure ou mutilation volontaire, dans le but d’être exempté, est puni d’un mois à un an d’emprisonnement.

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Etre réformé, cela tient à un cheveu !
"Journal d’Annonay" du 8 mars 1903

Cas de dispense du service

Il y a trois catégories de dispenses :

  • 1° Dispenses du service actif en temps de paix.
  • 2° Dispenses en tout temps, à titre conditionnel.
  • 3° Dispenses à titre provisoire.

Sont dispensés du service actif en temps de paix :

  • A. Le frère aîné d’orphelins du père et de mère.
  • B. Le fils unique, ou l’aîné des fils, à défaut de fils, le petit-fils unique ou l’aîné des petits-fils d’une femme actuellement veuve, ou d’un père aveugle ou entré dans sa 70éme année.
  • C. Le plus âgé de deux frères appelés à faire partie du même tirage, si le plus jeune est reconnu propre au service.
  • D. Celui ayant un frère dans l’armée active.
  • E. Celui dont un frère est mort en service, ou bien est réformé ou admis à la retraite pour blessures reçues en service commandé ou des infirmités contractées dans les armées.

Sont dispensés du service militaire en tout temps, à titre conditionnel :

  • A. Les membres de l’instruction publique qui s’engagent à se vouer pendant dix ans à la carrière de l’enseignement, engagement décennal accepté par le recteur de l’Académie avant le tirage au sort.
  • B. Les professeurs des institutions nationales des sourds-muets, ou des jeunes aveugles.
  • C. Les grands prix de l’Institut
  • D. Les élèves de l’École des Langues orientales vivantes, ou de l’École des Chartes, nommés après examens, à la condition de passer dix ans dans les dites écoles ou dans un service public.
  • E. Les élèves ecclésiastiques désignés par les évêques et archevêques, ou les jeunes gens qui étudient pour se vouer au ministère dans un culte salarié par l’État.

Sont dispensés du service actifs titre provisoire :

  • Les jeunes gens soutiens de famille. La liste est dressée par les conseils municipaux.
  • Les dispenses provisoires cessent dès que l’homme ne remplit plus ses devoirs de soutien de famille.
  • Les dispensés des première et troisième catégories sont appelés en temps de guerre.
Aucune exception !
Attention, la loi du 15 juillet 1889 dit que tout homme valide est soldat de 20 à 45 ans. Il doit faire trois ans dans l’armée active. Les dispensés eux-mêmes qui, jusqu’à présent, étaient laissés dans leurs foyers, devront, avant de bénéficier de la dispense en temps de paix, accomplir au moins une année de service actif.

Les jeunes gens « de la première partie des listes de recrutement cantonal » peuvent obtenir des sursis d’appel. Ils doivent en justifier la nécessité : par exemple apprentissage d’études, direction d’une exploitation agricole, industrielle ou commerciale ; pour leur compte ou celui de leurs parents.
Ce sursis d’appel peut être accordé pour un an et renouvelé une deuxième année. A son expiration, on fait le temps de service complet de son numéro de tirage.

Les "Bons absents" sont incorporés d’office

Devant le nombre, croissant chaque année, des jeunes gens qui se soustraient aux opérations des conseils de révision, le ministre de la guerre a décidé que les « bons absents » seraient désormais appelés à l’activité à la date du 1er octobre.
Cette mesure permettra de se rendre compte des aptitudes physiques des intéressés, de procéder, s’il y a lieu, à des enquêtes sur les infirmités qu’ils peuvent invoquer et de les déférer, le cas échéant, aux commissions de réforme.
Ceux qui seront maintenus au corps seront ainsi en mesure de commencer leur instruction en même temps que les recrues appelées normalement.

"Répertoire administratif des maires et des conseillers municipaux" (1910).

Conformément aux instructions du ministre de la guerre ; les hommes du contingent de 1912 formé des jeunes gens de la classe 1911, des ajournés de la classe 1910 et des hommes en sursis rappelés sous les drapeaux, seront mis en route du 1er au 10 octobre dans les conditions suivantes :

1° le 1er octobre, les « bons absents », c’est-à-dire les jeunes gens qui ont négligé de se présenter devant le conseil de révision, ainsi que les hommes affectés aux troupes à cheval
Le Moniteur Viennois du 27 août 1912

Pour lire la suite : Nous allons prendre des mesures... La taille des conscrits entre 1810 et 1914

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21 Messages

  • Bonjour,
    J’ai besoin d’un conseil pour retrouver la fiche matricule de mon grand-père N°122 de la classe 1898 à Avesnes (59). il se trouve dans le regitre des exempté dit "Quesnoy-Est" non numérisé aux AD du Nord.
    Savez-vous où trouver ce registre et peut-on trouvver également les délibarations du conseil de revision de cette période.
    Je suis loin du Nord en ce moment.
    Amicalement.
    Luc Thebaud

    Répondre à ce message

    • Bonsoir,

      Normalement, tout ce qui concerne le recrutement (dont les conseils de révision) se trouve en série R : affaires militaires.

      Puisque vous avez toutes ces indications sur la fiche matricule de votre grand-père (d’ailleurs comment s’appelle t’il ?), il doit vous être facile de vous adresser directement aux archives du Nord en leur expliquant votre recherche.

      Cordialement.
      Michel Guironnet

      Répondre à ce message

  • Bonjour.
    Je désirerais des informations concernant les jeunes gens qui "devançaient l’appel". En effet, un arrière grand oncle, né le 27 mars 1896 a devancé l’appel. Il était originaire du Nord de la France. D’après des témoignages, il était très jeune lorsqu’il a fait cette démarche (il était orphelin de père et de mère). A cette époque quel était l’âge minimum autorisé pour devancer l’appel ? En effet, je le recherche sur tous les registres matricule de recrutement militaire mais sans succès.
    Je vous remercie pour votre réponse.
    Bien cordialement.
    Anne Guillaud

    Répondre à ce message

    • Bonsoir Anne,

      Comment s’appelait votre arrière grand oncle et quel est son lieu de naissance ?
      En général, les jeunes garçons qui voulaient devancer l’appel faisaient la démarche en mairie.
      Souvent, il faut consulter les dossiers du recrutement en série R aux archives départementales concernées.

      Cordialement.
      Michel Guironnet

      Répondre à ce message

      • Ma réponse à vos dernières informations ci-dessous :

        Bonsoir Michel et merci pour cette réponse hyper rapide 🙂👍

        Mon arrière grand oncle : GUILMIN Henri Félix né le 27 mars 1896 à Roubaix de GUILMIN Charles et HONORÉ Marguerite

        Je vais essayer de faire les recherches sur les registres de recrutement en série R. Merci pour ce conseil.

        Bien cordialement. Anne Guillaud


        Bonsoir,

        Henri Félix Guilmin dont vous donnez la date de naissance est mort à 5 mois et quelques jours à Roubaix le 14 septembre 1896 !
        Si c’est bien votre arrière grand oncle, il n’a donc jamais pu devancer l’appel.
        Erreur sur la personne ? Légende familiale et fausse ?

        A suivre.
        Michel Guironnet

        Répondre à ce message

  • Bonjour
    J’ai trouvé le feuillet matricule de mon arrière grand père sur lequel est inscrit :
    "inscrit sous le n°105 de la liste du canton de Saulxures sur Moselotte"
    "classé dans la 5e partie de la liste en 1908 (faiblesse)".
    Il est de la classe 1907,il n’y a pas d’autres précisions. Cela veut-il dire qu’il n’a pas fait du tout son service militaire ? Sachant que sur les documents militaires, son matricule est inchangé. A noter qu’il est décédé lors de la bataille de Steinbach en janvier 1915.
    Merci pour votre attention.
    J’ai trouvé vos documents très intéressants, ceux-ci m’ayant permis de comprendre toutes les subtilités des feuillets matricules.
    Sandrine LOEW

    Répondre à ce message

    • Bonjour,

      Comme je l’explique dans l’article :
      à l’issue des opérations du Conseil de révision, la liste du recrutement cantonal est établie...Cette liste est divisée en cinq parties...
      5° Les ajournés, c’est-à-dire les jeunes gens qui, au moment des opérations du Conseil, n’ont pas la taille minimum de 1 m 54 ou sont reconnus trop faibles pour un service armé. Ils sont renvoyés à l’année suivante et seront de nouveau examinés par le Conseil de révision.
      Les ajournés ne sont soumis à aucune obligation militaire jusqu’à ce que le Conseil de Révision se soit prononcé définitivement sur leur aptitude physique. Ils ne sont définitivement exemptés ou classés dans les services auxiliaires que si, après la deuxième année, ils sont déclarés "impropres" au service actif.

      Et voilà ! Pour en savoir plus, il faut vous rendre dans les archives départementales concernées et consulter les registres du conseil de révision de ce canton en 1908.

      Par contre, bien des "ajournés" ont combattu durant la Grande Guerre. Les pertes humaines étant considérables, l’Armée était, malheureusement, beaucoup moins exigeante sur les conditions physiques des soldats.

      Cordialement.
      Michel Guironnet

      Répondre à ce message

      • Merci beaucoup pour ces informations !

        Répondre à ce message

        • Vos informations sont exactes pour l’essentiel mais il y a quelques points pour la 3e étape le conseil de révision sur lesquels on lit parfois sur les sites de communes des informations différentes.
          Par exemple, il semble que pendant un certain temps, les familles des conscrits pouvaient assister à la séance qui était donc vraiment publique et même après que des instructions aient été publiées pour rendre la visite privée, cad uniquement devant les membres du conseil, de nombreux préfets ou sous préfets toléraient la présence de spectateurs ou spectatrices.
          Il est aussi indiqué pour une commune des Alpes de Haute Provence que tous les conseillers municipaux étaient invités à assister à la séance et il est ajouté avec malice que les dames du conseil acceptaient par conscience professionnelle de venir assister au défilé des jeunes gens entièrement nus. Vrai ou faux ?
          La composition du conseil de révision semble aussi varier beaucoup d’un chef lieu de canton à un autre même s’il faut distinguer les membres qui ont voix délibérative et les autres qui participent pas au vote sur l’aptitude du conscrit.
          Les textes qui fixaient la composition des conseils de révision ont peut être modifié celle-ci à plusieurs reprises. Il était courant qu’il y ait beaucoup plus que 5 membres.

          Répondre à ce message

          • Bonsoir,

            Vos remarques sont très intéressantes. Pour démêler le vrai du faux, le mieux serait de comparer pour une même séance du conseil de révision ce qu’en dit la presse locale avec le compte rendu officiel de ce conseil (conservé aux archives départementales)
            Il est vrai que selon les endroits, la tolérance devait être plus ou moins grande en fonction de la législation en cours...et des habitudes (bonnes ou mauvaises) prises par les participant-e-s les années précédentes.
            Un beau sujet d’article que vous pourriez nous faire partager :’-))
            Cordialement.
            Michel Guironnet

            Répondre à ce message

            • en vous relisant, je remarque pour les membres du conseil de révision, vous indiquez un médecin civil ou militaire.
              avez vous trouvé dans vos recherches des exemples de conseils de révision où il n’y avait pas de médecin militaire mais un médecin civil, cela m’étonne un peu et je n’avais jamais entendu parler avant de conseils de révision où un médecin civil remplissait le rôle du médecin militaire pour l’examen des conscrits.

              Je suppose que ce médecin si cela est confirmé devait être choisi sur une liste pré établie par les services de la préfecture pour éviter toute méprise comme la venue d’un médecin civil féminin même si à l’époque il y en avait beaucoup moins qu’aujourd’hui.

              Répondre à ce message

              • Bonsoir,

                Merci pour votre lecture attentive.

                La loi de 1872 sur le recrutement précise bien pour la composition du conseil de révision : "un médecin militaire, ou, à défaut, un médecin civil désigné par l’autorité militaire"

                Il est vrai que le cas ne devait pas être très courant. Personnellement, n’ayant "travaillé" que sur un petit coin de France, ce n’est pas représentatif.

                Bien évidemment, si toutefois ce remplacement s’imposait, cela restait "entre hommes" !

                Cordialement.
                Michel Guironnet

                Répondre à ce message

                • votre réponse éclaire mieux le caractère sûrement exceptionnel du recours à un médecin civil de sexe masculin en cas de nécessité faute de médecin militaire et uniquement en ce cas.

                  Il me semble qu’il aurait d’ailleurs été plus logique que les textes aient prévu la présence d’un médecin militaire assisté d’un médecin civil choisi sur une liste par le préfet dans tous les cas, même si celui-ci aurait été là uniquement en qualité d’observateur car cela aurait mieux montré le caractère mixte à la fois civil et militaire du conseil de révision compte tenu ce sa composition, du rôle du préfet personnalité civile, et du ou des maires des communes concernées par la séance qui y siègent.
                  Pour illustrer le lien armée-nation, cette double présence médicale aurait eu un sens, et le médecin civil sans intervenir directement aurait pu défendre les intérêts d’un conscrit éventuellement lésés par le refus du médecin militaire de prendre en compte un certificat sur un problème médical établi par un médecin civil pouvant justifier d’une décision d’inaptitude mais non reconnu comme valable par le médecin militaire, cela aurait été une garantie de plus grande équité.

                  Un autre point n’est pas très clair, c’est la présence de tous les maires des communes du canton où vivent des conscrits qui vont être examinés.
                  Je ne sais pas si cette règle pratique a été appliquée jusqu’à la suppression du conseil de révision en 1967.

                  Moi qui l’ai passé en 1965, je ne me rappelle pas de la présence d’autres maires que celui de la commune centre alors que j’habitais dans une commune de banlieue qui avait son propre maire.
                  Peut-être cela ne s’appliquait déjà plus que dans les cantons ruraux sur les années de l’après seconde guerre mondiale.

                  Cette présence des maires des communes était d’ailleurs un peu contraire aux textes disant que la séance n’était pas publique.

                  A mon avis dans les faits il y avait une marge d’interprétation assez grande laissée au préfet et au maire de la commune chef lieu sur le déroulement de chaque séance ( présence des maires, ou des conseillers municipaux de la commune chef lieu, voire présence de membres de la famille des conscrits sur un banc au fond de la salle, tenue du conscrit nu pour attendre dans le couloir en groupe important dans le couloir ou uniquement en groupe plus restreint dans la salle, et à partir de 1963 date à laquelle le port du slip est autorisé mais sans beaucoup de précision, nudité tout de même dans la salle ou uniquement à l’appel de son nom pour l’examen ou plus tard pendant l’examen uniquement quand c’est vraiment nécessaire ?) .

                  Déjà, dans mon cas il y avait plus de membres présents derrière le grand bureau avec le préfet au milieu et le maire à côté de lui que les 7 membres (non compris le médecin qui était debout pour l’examen) indiqués pour la composition du conseil dans les textes officiels que vous avez mentionnés, c’était plutôt proche de 1o,voire 12 ( peut-être des conseillers municipaux ou d’autres officiers ?)

                  On lit des textes sur les sites de communes où il est indiqué que tous les membres du conseil municipal siégeaient.

                  Je note que les textes ne disent pas ce qu’on faisait si une femme était maire d’une commune ou conseillère d’arrondissement, pouvait-on la remplacer par un homme membre du conseil municipal ou un collègue homme conseiller d’arrondissement, car c’était un peu "spécial" de faire défiler des conscris nus comme un ver ( au moins jusqu’en 1963 date à laquelle en principe les conscrits pouvaient garder leur slip mais là aussi avec des interprétations de la consigne très différentes selon les communes puisque moi même en 1965, j’ai passé dans la salle le conseil de révision nu comme un ver comme avant, le port du slip n’étant pour cette séance valable que pour l’attente en dehors de la salle) devant une assemblée où siégeait une femme ?
                  ou bien elles siégeaient normalement après avoir été convoquées à la séance comme les hommes membres du conseil de par leur fonction et tant pis pour la pudeur des conscrits ?

                  il n’y avait pas encore beaucoup de femmes maires de communes entre 1945 et 1966 -1967 mais tout de même quelques unes et de plus en plus dans les années 60 ( si le conseil avait été maintenu au delà jusque dans les années 80, on aurait été presque sûr d’avoir au moins une femme maire siégeant au conseil )

                  Aujourd’hui compte tenu de la sensibilité des mouvements féministes à la non discrimination par genre, si le service militaire et le conseil de révision avait été maintenus il aurait été impossible de les remplacer uniquement parce que c’étaient des femmes, et de même puisque les femmes médecins militaires sont de plus en plus nombreuses dans l’armée, il y aurait eu des médecins militaires femmes pour examiner les conscrits comme il y en a dans les centres de recrutement pour les engagés.

                  Mais à l’époque je suppose que comme il n’y avait pas encore la même sensibilité aux questions de non discrimination par genre, on aurait pu les remplacer sans que la presse n’en fasse une polémique.
                  D’un autre côté comme on ne se préoccupait pas de la pudeur des conscrits ( un jeune homme de 18 ans était considéré comme un "gamin " ) il n’est pas sûr qu’on ait cherché à les remplacer...

                  Je crois que dans les mémoires de Jean François Deniau celui ci explique qu’au quai d’Orsay où il était en fonction ( cela devait être dans les années 60 ou 70), il y avait eu un problème soulevé par un consulat à l’étranger, il fallait organiser au consulat pour les jeunes français de 18 ans domiciliés dans ce pays une séance de conseil de révision avec visite médicale sur le modèle de celles organisées en métropole avec un médecin militaire et quelques membres présents pour composer un conseil présidé par le consul, seulement le consul était une femme, que faire ?
                  Le quai d’Orsay interrogé sur ce qu’il fallait faire avait interrogé pour avis le conseil d’Etat qui avait répondu que le consul -homme ou femme- devait exercer toutes les compétences attachées à la fonction, y compris celle de présider un conseil de révision. On ne sait pas si les conscrits se sont présentés devant madame le consul en slip ou entièrement nus ? C’est sans doute le médecin militaire qui en avait décidé.
                  Par ailleurs est ce qu’il n’y a pas eu une classe celle de 1945 ou 1946 qui a été entièrement dispensée de service militaire dans la phase de reconstruction de l’armée française ?(c’est ce que m’avait un cousin ayant eu 18 ans en 1944 ou 1945 et ne l’ayant pas eu à le faire )

                  Répondre à ce message

                  • Bonjour,

                    Merci pour toutes vos considérations.
                    Elles dépassent largement le cadre de cet article.
                    Comme je l’écris dans mon introduction à cette série d’articles : "Pour comprendre, de façon simple et claire, comment nos ancêtres, entre 1870 et 1914, ont vécu leur période militaire, j’ai rédigé une série de fiches sur la vie de ces conscrits"

                    Cordialement.
                    Michel Guironnet

                    Répondre à ce message

  • Bonjour,

    mon arrière grand père à été exonéré dans la case "décision après la clôture de la liste du contingent cantonal" par le conseil de révision. Mais dans la case "observation" il est marqué "le 21 mai 1867 Délivré un certificat d’inscription dans le contingent".

    Mon arrière grand père a t’il été exempté de faire son service ? mais a t’il été appeler pour faire la guerre de 1870 ?

    Cordialement.

    Joseph Schielé

    Répondre à ce message

  • Bonjour

    Très intéressant. Cependant, vous faites état seulement de 5 parties ; or, j’ai sous les yeux la fiche matricule de mon ancêtre de la classe 1902 ayant été versé dans la 6e partie (celle des services auxiliaires) que vous mettez vous en 4e partie, et certains font état même d’une 7e partie.

    Pourquoi ces différences ,

    Avec mes remerciements

    Alain

    Répondre à ce message

  • dans la généalogie (LOCHON) du coté de mon mari il y a un ancetre dont je ne retrouve pas de matricule de régiment il s’agit de LOCHON jean françois o le 27/10/1847 a COULONGES les sablons 61 il a éffectuer une période d’une dizaine d’années dans un séminaire puis il s’est marié le 24/07/1888 a COUDRECEAU 28 peut etre avez vous une réponse

    cordialement j.LOCHON

    Répondre à ce message

  • Bonjour
    Merci pour cet exposé, j’ai enfin compris pourquoi un grand oncle n’avait pas fait la première guerre mondiale alors qu’un de ses frères y était tué et un second (mon grand père) grièvement blessé ; ce grand oncle était en effet dans l’enseignement (il deviendra directeur d’école).

    Répondre à ce message

  • Bonjour,Michel
    Exposé très clair qui nous permet de mieux nous repérer à la lecture des fiches matricules .
    Un grand merci
    Martine

    Répondre à ce message

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