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Maison Rouge, son prieuré et son château


lundi 14 janvier 2013, par Micheline Pasquet

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On commence à trouver des traces d’un Prieuré à Gagny aux environs du XIe siècle, édifié à la demande de la Comtesse Adèle, fille de Raoult II Grand Comte de Crépy et de Valois. Prieur de Saint Fiacre, patron de la Brie.

C’est sous le règne d’Henri IV que la construction d’habitations des prieurs fut entreprise dans les dépendances du prieuré des bénédictins de Saint Fiacre.

Le Prieuré Saint Fiacre bâtit en briques rouges de Bourgogne avec un encadrement de Pierres de taille prit naturellement le nom de MAISON ROUGE. Il se nommera le Prieuré de Saint Fiacre de Maison Rouge.

Le prieuré comme beaucoup d’autres possédait dans ses dépendances des logis de retraite pour les gens du monde, pour y vivre sereinement jusqu’à leur mort.

Autour du Prieuré vinrent s’installer des maisons de vignerons.

Une chapelle fut érigée en 1660 à la demande de Madame de Ferrary et c’est en 1663 que celle-ci sera bénie par l’Archevêque de Paris pour y célébrer la messe du jour de la SAINT FIACRE.

Située face à la maison et à droite du porche s’élevait la chapelle en pignon.
Modeste édifice de quelques mètres carrés, d’aspect assez lourd, coiffé d’un toit de tuiles à quatre pentes. La façade s’agrémentait d’un portail de style ogival à colonnettes encastrées dont le tympan était percé d’une prise de jour trilobée. Au-dessus, s’ouvrait une grande baie ronde entourée d’une moulure à dents de scie.
Cette chapelle tomba en ruines progressivement et sera démolie en 1900.

Le 14 novembre 1675, un état des lieux du domaine prieurial de Maison Rouge sera remis à Montseigneur François-Ignace de Baglion de Saillant (1634-1698), Prieur qui en prit possession.

Il se présentait ainsi : l’auditoire de la justice, la prison et les tourelles ornant les pignons des bergeries.

Le tout en très mauvais état. Il sera restauré et servira à beaucoup de nobles qui souhaitaient finir leurs jours en grande piété…

Vers 1676 la Duchesse de Chevreuse souhaitant finir ses jours dans la piété, y séjournera jusqu’à son décès qui surviendra le 12 aout 1879... Elle sera inhumée dans la Chapelle de la Vierge située dans l’aile méridionale en l’église Saint Germain de Gagny. Cette chapelle de la Vierge a aujourd’hui disparue.

Un marbre noir de 1,95 m par 90 cm est érigé sur lequel sera inscrite l’épitaphe suivant :
« cy-gyst Marie de Rohan Duchesse de Chevreuse, fille d’Hercule de Rohan Duc de Montbazon. Elle avait épousé en premières noces Charles d’Albret, Duc de Luynes pair et connétable de France et, en secondes noces, Claude de Lorraine Duc de Chevreuse.
L’humilité ayant fait mourir depuis longtemps dans son cœur toute la grandeur du siècle, elle défendit que l’on fit revivre à sa mort la moindre marque de cette grandeur, qu’elle voulut achever d’ensevelir sous la simplicité de cette tombe, ayant ordonné qu’on l’enterrast dans la paroisse de Gagny où elle est morte à l’âge de 79 ans le 12 aout 1679
Priez dieu pour son âme
« Timonti domiorum bene erit in extremis
Et in die defunctionis suae benedicetur.”

Mais son repos ne sera pas éternel !!Pendant la révolution l’église sera saccagée et les tombes des têtes couronnées malmenées. Cette pierre tumulaire disparaît dans la tourmente. En 1880, elle est retrouvée à Montfermeil au 45 Grande Rue, servant de seuil à une maison. Beaucoup de pierres de cette église avaient été vendues aux enchères, achetées par des maçons pour des constructions diverses.

Monsieur Rathery, conservateur de la Bibliothèque nationale authentifia la pierre tumulaire et celle-ci fût transportée au Château de Dampierre où elle repose désormais dans la galerie historique du Château.

Ainsi Madame de Chevreuse, redoutable intrigante de son vivant, connut l’agitation même après sa mort.

Le Château de Maison Rouge situé sur la colline (la montagne comme la nommait les Villageois) point dominant du Village de Gagny, surplombe également la vallée de la Marne par des pentes assez abruptes. La colline par la nature de son sous- sol était un réservoir d’eau qui alimentait le Village en contrebas.

C’est en 1845 que Le Duc D’Orléans devient le propriétaire du petit château flanqué d’une tourelle ronde à l’un de ses angles, en fait sa résidence.

Il comportait alors :

Au rez de chaussée : une cuisine avec garde manger, un vestibule, une salle à manger de 7 mètres carrés, un petit salon, une salle de bain et un petit office.

Au premier étage : un salon de 7 mètres au carré, trois chambres et un cabinet de toilette.

Au 2e étage : 4 chambres à coucher avec cabinet de toilettes et lieu d’aisance. Au dessus du 2e étage un immense grenier.

Une ferme, s’élevant au sud, faisait partie des communs. Elle était située vers l’aile sud de la maison des maitres. Elle comprenait de nombreuses étables, une laiterie.

En 1864, c’est le sculpteur Michel-Victor Cruchet qui prit possession du Château et l’embellit pour donner l’apparence d’une construction Louis XIII. Il ajouta une deuxième tourelle qui fût appréciée surtout par les admirateurs de Viollet Le Duc.
Une œuvre du Sculpteur Cruchet (1815-1899) est toujours visible. L’autel en l’Eglise Saint Germain de Gagny exécuté en 1872

En 1894 le domaine est vendu par les héritiers Cruchet à Une congrégation religieuse « les Rédemptoristines de Grenoble » qui désiraient s’installer en Seine et Oise.
Elles transforment le Château, le premier étage en petites cellules et la salle à manger au rez de chaussée en Chapelle.

Les religieuses étaient très populaires à Gagny, ce qui surprenait c’était leur tenue somptueuse. En effet l’habit des filles de Saint Alphonse se composait d’une tunique rouge foncé avec un scapulaire bleu céleste auquel était fixé l’image du sauveur dans un médaillon ovale. Comme coiffure, une guimpe de toile plissée, un bandeau et un voile blanc recouvert d’un voile noir. Un rosaire pendu à la ceinture et, pendant les fonctions liturgiques elles portaient un ample manteau de chœur bleu céleste.
La tunique écarlate des Rédemptoristines les firent appeler « les sœurs rouges » Bien des gens furent persuadés que ce terme harmonisé au nom du château n’était pas le fait du hasard.

Les sœurs BOUE en 1913 acquièrent ce très joli petit Château, le transforme en habitation de luxe et en font un haut lieu de la mode.

A la suite de revers de situation au moment de la dernière guerre mondiale Les Sœurs BOUE se réfugient à New-York.

Le Château ne sera plus entretenu comme il le méritait et se transformera petit à petit en une triste ruine et sera détruit en1955.

Il reste quelques vestiges, des pierres que l’on peut découvrir près des étangs.

Les étangs au nombre de deux, et reliés par un canal, sur lequel naviguait de petites embarcations à la grande époque des sœurs BOUE pour les invités. Ces derniers étaient alimentés par les eaux de l’étang des sept îles.

Nous pouvons toujours apercevoir le pont LOUIS XIII, à l’extrémité du plan d’eau principal.

C’est avec beaucoup de plaisir que je vous fais découvrir l’histoire d un coin de Gagny malheureusement sans son Château disparu, mais les étangs sont toujours visibles sur les hauteurs de Gagny.

Sources : D’après les écrits de l’abbé Lebeuf et de la Société Historique du Raincy + documents personnels et des Archives Communales de Gagny.

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