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Naître ou ne pas naître

Cliché d’Antoine Carcenac


jeudi 6 novembre 2014, par Michel Carcenac

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Cette jolie fille avec Antoine, nous l’avions déjà vue plusieurs fois sur des photos en compagnie de mon père, et leurs regards, leur attitude, en disaient long sur l’estime mutuelle qu’ils se manifestaient.

Ici, la noce se fait photographier dans un bois, mais tous les bois se ressemblent. Nous avons eu beau chercher, torturer la mémoire des plus âgés, impossible de découvrir le lieu. Les personnages ? tous inconnus, sauf Antoine. Il a cadré le cliché, avec davantage d’espace au-dessus des têtes que sous les pieds, s’est assuré que les branches ne faisaient pas d’ombres importunes. Il a donné l’ordre de ne plus bouger, a libéré le déclencheur automatique et s’est précipité pour retrouver sa place... un instant trop tard.

Si ses souliers sont bien ancrés, sa main gauche bouge et plus encore son visage qui est flou, plus exactement, dédoublé. Les yeux mi-clos, la bouche fermée, il n’a pas eu le temps de prendre la pose. Entre sa cavalière et lui, en retrait, son autre visage ricane d’une façon inquiétante.

Prenant le bras de la mariée, un jeune homme tient son chapeau avec des doigts si longs qu’on les prend pour des pinces de crabe.

La mariée, un bouquet de fleurs d’oranger piqué dans les cheveux, s’appuie nonchalamment sur son ombrelle. Elle est fière de sa taille de guêpe, mise en valeur par une robe simple et élégante. Mais, que de volants pour les autres.

L’équilibre du tableau est donné par les deux grands messieurs qui entourent la mariée. De chaque côté, les tailles sont plus petites.

Toutes les dames sont coiffées à la mode, un rouleau débordant sur le front, surmonté d’un chignon. On retrouve cette même coiffure pour une noce à l’hôtel de France en 1908.

Les questions : où ? quand ? qui ? étaient restées en suspens jusqu’à la réception en octobre 2002 de la lettre d’un instituteur retraité, M. Serge Coste. Celui-ci venait d’acquérir, dans une petite librairie, un des derniers exemplaires du Périgord d’Antoine Carcenac. Quelle ne fut pas sa surprise de reconnaître dans cet ouvrage la photo (la nôtre) du mariage de ses grands-parents maternels, Omer Gardeau et Jeanne Chavier, le 4 septembre 1906. Tous deux, enfants d’instituteurs, étaient eux-mêmes instituteurs à Monbazillac, conditions éminemment favorables à une idylle.

Monsieur Coste, lui-même enseignant par hérédité, m’a nommé les personnages et m’a raconté leur vie.

Les parents du marié sont à sa droite, en particulier ses deux sœurs, Berthe, et Agnès, bien embarrassée par son éventail.

Sur la gauche de la mariée, la famille de Jeanne Chavier. Sa sœur Marguerite vivait chez ses parents à Monbazillac. C’est la cavalière d’Antoine ; elle avait seize ans et lui vingt-deux et ils étaient très amoureux l’un de l’autre, mais le destin veillait.

Après ce mariage, Pierre Landesque, conducteur des Ponts et Chaussées, arriva un jour de Béziers et eut le coup de foudre pour Marguerite. Ce bel homme, grand et fort, sut trouver les mots pour la séduire.

Ils se marièrent en 1908, elle avait dix-huit ans, lui vingt-cinq. Ils partirent pour la Tunisie, où elle attrapa les « fièvres » et en mourut à vingt-quatre ans. Si elle était restée en Périgord... Leur fille habite au Maroc, leur petite fille à Béziers. J’ai une pensée reconnaissante pour Pierre Landesque, le don Juan, je lui dois la vie.

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11 Messages

  • Naître ou ne pas naître 7 novembre 2014 14:25

    Bonjour
    J’ai souri quand j’ai lu l’anecdote de la prise de la photo.
    Dans les années 50/60 combien de photos ont vu le dos de mon père courir prendre sa place dans notre groupe et arriver trop tard...Clic/clac merci Kodak..
    J’ai moi aussi découvert dans une librairie d’Asnières (92) mon grd père paternel en photo, assis sur un gros tonneau dans la cour d’une caserne. (je pense la caserne Charras à Courbevoie 92 ) Il devait faire partie (je l’ai vérifié sans connaitre véritablement le lieu)de l’intendance aux armées, réformé car un peu trop d’embonpoint !! Il est entouré de 5 autres soldats dont le col de l’un d’entre eux est marqué du nombre « 22 »..
    Sur une des bases du tonneau on voit 1914/19 ?? Donc cela confirme que c’est bien en temps de guerre.
    Cette photo a fait la couverture d’un livre " mémoire en Images de Courbevoie J’ai appelé l’éditeur Mr Claude Bourgeois. Bien que m’ayant bien reçue il n’a pu malheureusement pas me dire qui était à l’origine de cette photo et qui l’avait détenue.
    Je reste persuadée que c’est mon grd père, en comparaison aux photos que je détiens. mais j’aurais souhaité une confirmation.
    Si j’ai le courage et si j’y arrive, je la publierai peut-être un jour sur le site.
    Mais découvrir la photo de mon grd père dans une librairie m’a fait un choc !!

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  • Naître ou ne pas naître 7 novembre 2014 23:33, par Jean Gaida

    Merci pour cette belle histoire.
    Croyez-vous qu’en 2122 nous pourrons raconter la même avec nos photos numériques stockées dans le « cloud » ?
    Cordialement.
    Jean Gaida Thonon les Bains

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    • Naître ou ne pas naître 9 novembre 2014 09:05, par PAUL

      Bonjour

      C’est pour cela Jean, que depuis que mes petits enfants sont nés, (3 qui ont actuellement 18, 16 et 13 ans) je leur ai confectionné au fur et à mesure des évènements, sur des cahiers d’écoliers, l’histoire de leur vécu (heureuse ou malheureuse) agrémentée de photos.
      Pour l’ainé 12 cahiers tout plein de souvenirs qui m’ont d’ailleurs servis dernièrement à « concocter » un petit discours lors de la fête donnée à l’occasion de ses 18 ans.
      Tous les 3 aiment feuilleter leurs souvenirs. ) Les gênes peut-être ? ou une énorme contamination de ma part !!!
      J’arrête pour eux 3 mes écrits à leurs 18 ans, sauf évènements exceptionnels, et/ou marquants.
      Et je me suis à moi même donné beaucoup de bonheur
      Cordialement
      Evelyne PAUL

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      • Naître ou ne pas naître 9 novembre 2014 10:44, par GAIDA

        Bonjour Evelyne,
        Sage précaution, à la maison c’est mon épouse qui confectionne ces ouvrages. Un pour ma fille unique jusqu’au jour de son mariage et maintenant pour nos deux petites filles.
        De mon coté je m’occupe de la généalogie.
        Cordialement
        Jean

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      • Ma chère Evelyne, c’est une idée géniale que je n’ai pas eue en temps utile ! Octogénaire , c’est un peu tard ! Mais des contaminations de ce type sont heureuses et j’espère qu’elle seront tenaces . vous leurs préparez une voie que leurs descendants apprécieront. Ma grand’mère maternelle avait commencé son journal interrompu par un cancer quand ma mère avait 12 ans .

        Sa découverte (lontemps après) fut le point de départ de mon implication dans la généalogie.
        Bravo !

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        • Merci Bernard
          Votre message me touche beaucoup.
          J’ai moi même un peu souffert (et j’en souffre encore) d’avoir certains vides familiaux.
          En parallèle à ces cahiers , j’ai pour chacun de mes petits enfants, édité toutes mes démarches généalogiques (documents et résultats) et bien évidement retracé ma vie personnelle.
          Je leur enlève peut-être la joie de faire à l’identique ce que je leur laisse...Mais ils sont rattachés à d’autres branches familiales...ils ont de quoi faire.
          Bernard je vous souhaite encore de longues années pour laisser ( en autre chose) le plus de souvenirs derrière vous. (écrits et/ou parlés)
          Vous semblez être une personne un peu hors du commun
          Très cordialement et aussi « Bravo » à vous
          Evelyne PAUL

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  • Naître ou ne pas naître 10 novembre 2014 09:04, par Sonia Fritsch

    Bonjour à tous
    Le paradoxe de la question de Jean est délicieux. Nous ne savons pas ce qu’il deviendra des photos déposée dans un « cloud ». Mais ce qui est certain, c’est que c’est grâce à une technique approchante qu’aujourd’hui, des milliers de personnes en restant chez eux vont pouvoir visionner et commenter cette photo de mariage.Omer et Jeanne ne l’auraient jamais,imaginé, n’est-ce pas ? Peut-être en 2122 , nos photos seront partageables par simple pensées ? Disponibles pour le monde entier ? Et même,l’informatique aidant, peut-être trouverais-je quelqu’un pour me dire qui est qui sur telle ou telle photo désormais « illisible » pour moi, car plus aucun descendant pour me parler du groupe de jeunes filles photographiées en 1900... un rêve , non ?

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  • Quelle jolie histoire 12 novembre 2014 17:12, par églantine31

    Merci de nous avoir partagé cette si jolie histoire. A quels hasards tient une vie, parfois ! C’est l’illustration d’une des règles absolues en généalogie : il faut fouiner partout, partout, et parfois, une piste s’ouvre devant nous. J’ai ainsi retrouvé un arrière-grand-oncle dont personne dans la famille n’avait jamais parlé, grâce à l’inscription d’un nom (approchant) et d’un prénom dans un livre de prix, dans une bibliothèque étrangère à ma famille. Il m’a fallu plusieurs années pour découvrir ce qui lui était arrivé, et j’ai pu finalement retracer sa courte vie. Il était mort à quinze ans, et, curieusement, avait disparu de la mémoire familiale. Mais quelle satisfaction et quel bonheur de les faire revivre, comme pour vos grands-parents.
    Malheureusement, j’ai, moi aussi, beaucoup de photos muettes !

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    • Quelle jolie histoire 1er décembre 2014 05:46

      Bonjour Eglantine31
      Votre histoire est conforme à la mienne (et je ne pense pas que nous soyons les seules)
      Grâce au zèle d’un employé de mairie auquel je demandais un acte de naissance d’un de mes oncles (il y a 35 ans cela se faisait par écrit !!) j’ai pris connaissance d’un autre oncle « oublié » volontairement par la famille.
      Mon arrière grand’mère avant son mariage, avait eu (d’un autre homme) un enfant dès son arrivée à Paris alors qu’elle avait tout juste 18 ans . J’ai dû interrompre mes recherches à cause du temps réglementaire pour avoir accès à d’autres documents. QQ année plus tard, j’ai repris mes recherches, afin de retracer la vie de « ce tonton ».. Triste sort.. Ses années de jeunesse ont été très dures et à 18 ans suite à une dépression et tentative de suicide il s’est retrouvé à l’hôpital Saint-Anne. A l’époque les personnes jugées non dangereuses, pouvant payer leur séjour par de menus services qu’elles rendaient à l’hospice. Lui était serrurier. Il a exercé en tant que tel.
      J’ai également appris en lisant qq documents aux archives de Paris, que, bien que n’ayant pas été reconnu par mon arrière grd père, il avait adopté de lui même son nom de famille qu’il donnait aux différentes autorités. (donc 2 noms de famille apparaissent sur les documents)
      J’ai retrouvé également sa tombe au cimetière parisien de Thiais, 6 mois avant sa destruction (cela ne s’invente pas).
      Certes, j’ai été tenace dans mes recherches, car « ce tonton » (fils de mon arrière grd mère) m’intriguais , mais j’ai eu la chance de rencontrer (en me déplaçant) des personnes d’une grande gentillesse qui m’ont beaucoup aidée dans mes recherches.
      Quant à mon père (petit neveu de ce tonton) j’ai eu le bonheur de lui apprendre peu de temps avant son décès, l’existence de cet homme décédé à 92 ans.
      Une énigme pour lui qui s’éclaircissait, car étant enfant, il avait en mémoire des repas de famille, où certaines discussions « un peu embarrassantes et dites tout bas » l’avaient toujours intriguées.
      Même une fois adulte, il n’en a jamais rien su jusqu’à ma découverte.
      En regardant les divers documents (lieu, témoin, et autres) je pense connaitre a priori le père de mon grand oncle.. reste cette énigme.

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