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Quillebeuf et Saint-Aubin (1723-1872)

Un ensemble portuaire des bords de Seine à travers les inhumations dans les registres paroissiaux puis d’état civil


samedi 1er décembre 2007, par Jean-Pierre Derouard

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Les registres dits d’inhumations dans les registres paroissiaux puis de décès dans l’état civil de Quillebeuf et de Saint-Aubin-sur-Quillebeuf, qui forment un même ensemble portuaire sur la Seine proche de son estuaire, ont été systématiquement parcourus de 1723 à 1872, soit pendant un siècle et demi.

Ces registres sont très riches et donnent une image que l’on peut penser véridique, quoique bien sûr partielle. Il est évident qu’ils pourraient être complétés et enrichis par d’autres documents, aussi nombreux que divers. C’est volontairement que nous n’exploiterons pas même ceux dont nous disposons déjà, procédant ainsi comme si cette région nous était totalement étrangère.

Les registres ont été consultés sur la mise en ligne des Archives de l’Eure.
Tout ce qui est en italique est directement cité depuis les documents.

Eléments topographiques

Quillebeuf ne s’explique que par sa situation sur la rivière de Seine (le mot fleuve est alors complètement ignoré). De plus, dans la partie maritime de cette rivière : Quillebeuf est plus souvent sur un rivage que sur une rive ; et plus souvent sur le rivage de la mer que sur le rivage de la Seine.

Le mot canal (2 septembre 1758, 7 juillet 1853) désigne la largeur où lit du fleuve est le plus profond. Peut-être en est-il de même de traverse (23 octobre 1734, 2 décembre 1744). Le mot travers sert à indiquer un certaine tronçon de la Seine lorsqu’il est impossible de donner une plus grande précision de lieu : travers du bout du Hode (18 septembre 1779), travers de Saint-Aubin (même date), travers de ce lieu [Quillebeuf](6 mars 1781), travers de Vieux-Port (9 novembre 1811).

Le rivage, c’est la grève, la plage, le galet ou le rocher.
Les 3 premiers termes évoquent une étendue de pente plutôt modérée, à la granulométrie variée et découverte à marée basse. Le mot grève, rencontré une seule fois et sans précision de lieu, semble un terme général. Le Galet est logiquement caillouteux, il est situé proche l’église, derrière l’église, près le presbytère. Par opposition, la plage est sans doute sablonneuse. Il existe une plage derrière le quai ; la plage du sud se poursuit de Quillebeuf à Saint-Aubin.
Une portion de la rive de Saint-Aubin forme au Gros-Heurt une écorre, talus attaqué par l’érosion (20 mars 1828, 14 août 1832).
Le mot rocher fait lui penser à une falaise ou du moins à un élément compact d’une certaine élévation. Comme le galet, le rocher est près de l’église. C’est peut-être l’obstacle constitué par ce rocher qui permet la formation d’un cordon de galets.

Par opposition au rivage, les bancs se situent dans le lit du fleuve. Le corps noyé de Louis Brunof est découvert le 28 août 1821 sur un banc du milieu. Le 22 novembre 1850, 2 pêcheurs aperçoivent sur un banc un cadavre qu’ils mettent à bord de leur embarcation pour le ramener à Quillebeuf. Le 23 thermidor an 11 et le 24 septembre 1817, les bancs sont de sable. Il est question de blancs bancs le 17 mai 1817, cet adjectif est généralement expliqué par la reflet du soleil faisant briller le sable selon l’orientation.
Deux mentions d’un banc à Quillebeuf : à l’ouest de cette ville (28 août 1821), près le port de cette ville (24 septembre 1846).
Plusieurs noyés sont retrouvés sur le banc du Tot, situé le 28 décembre 1847 en face de Quillebeuf (donc sur la rive opposée de la Seine). Charles Béranger et Louis Alphonse Béranger sont le 22 novembre 1850 à la pêche sur le banc situé entre le nais (nez, c’est-à-dire cap) de Tancarville et le Mesnil (-sous-Lillebonne).

Quillebeuf connaît les marées. Jean Guillaume Pottier (2e jour complémentaire an 13) et Jacques Adam (23 mai 1816) ont la malchance de tomber du quai à l’heure de pleine mer et se noient ; il apparaît à lire le registre qu’une autre heure aurait été moins funeste. Le juge de paix visite le 11 thermidor an 9 un cadavre à l’heure de pleine mer à midi, circonstance qui semble compliquer sa tache. La marée (sous-entendu montante), ou flot, permet aux bateaux de rentrer au port. C’est elle aussi qui pousse les cadavres des noyés sur le rivage. L’onde du flot peut être violente : le navire de Jacques Yve est submergé par le flot à Aizier dans la nuit du 16 au 17 thermidor an 11 ; son corps est retrouvé le 23 du même mois sur un banc de Saint-Aubin.

Le port

Le mot port a le sens qu’on lui accorde habituellement de lieu où son accueillis des bateaux.

La direction du port

Les titres suivant peuvent désigner un personnage chargé de la surveillance du port : lieutenant de port (Joseph le Tellier, an 2) ; gendarme de marine (Nicolas Henri Mouchel, 22 août 1824 et l7 février 1826) ; conducteur des Ponts et Chaussées (Joseph Hyacinthe Langlois, 16 novembre 1866).
David le Tellier, garde du magasin des grelains [grelins] de commerce le 4 février 1824 fait penser au magasin de commerce mentionné le 19 octobre 1849 et peut être rattaché à un service portuaire.

Les installations

Le mot quai désigne aussi bien la hauteur verticale du « mur de quai » que l’espace au-dessus. Des maisons ont leur façade sur le quai ou sur le port (parmi elles la mairie et le bureau de la douane). Certaines donnent d’un côté sur le quai et de l’autre sur la grande rue.
Le quai est assez haut : on peut tomber en bas du quai et se noyer ; les cadavres de noyés sont remontés sur le haut du quai. Le quai est divisé sur sa longueur en trois quartiers qui ont chacun leurs marches ou leur escalier : le Gard, la Cohue, la Ruette.
Un quai neuf, avec une estacade, est mentionné pour la première fois en 1854. Mais une estacade existe déjà en 1839 ; elle est encore citée en 1856 et 1857.
Une jetée est située le 9 octobre 1777 près les marches du Gard. Le corps de Jean Duramé est le 11 octobre 1845 déposé au bout ouest de la jetée. Le phare est le 24 septembre 1846 à l’ouest de la jetée.

Saint-Aubin a aussi son port (23 thermidor an 11) et son quai, qui prolonge celui de Quillebeuf (24 décembre 1841). La limite entre les deux communes semble être au Gros-Heurt qui possède une cale dite estacade (5 février 1856). Un sloop anglais est le 1er juillet 1837 amarré à la jetée de cette commune (de Saint-Aubin).

A Quillebeuf comme à Saint-Aubin, la rade désigne l’espace disponible pour les navires. Ceux-ci sont en relâche (ainsi le 20 janvier 1826 ce chasse-marée venant de Rouen et allant à la Rochelle) ou en station (ainsi le 30 juillet 1843 ce brick venant de Rouen allant à Saint-Malo), c’est-à-dire en attente (d’un pilote ou d’une marée favorable). Nous n’avons rien trouvé dans les registres pour montrer qu’on charge ou décharge des marchandises au port.
Le 4 août 1726, un bateau venu de Villerville est mouillé, c’est-à-dire attaché à l’ancre.
De 1779 à l’an 14, les bâtiments sont posés au port. Cela n’indique rien sur la façon dont ils sont maintenus. Mais il existe une posée de Saint-Jacques peut-être spécialement aménagée : elle est dite vieille le 22 septembre 1779 mais est encore utilisée en 1790.
Puis les bâtiments sont amarrés. Au quai, au long duquel des bateaux peuvent donc se ranger, le 4 septembre 1841 et le 7 janvier 1844 ; aux pieux du port, pieux visiblement prévus pour cela et plantés un peu au large du quai, le 6 février 1849.

Le phare sert à localiser le cadavre d’un noyé le 9 avril et le 9 août 1820, ainsi que le 24 septembre 1846 où il est situé à l’ouest de la jetée. Il procure un emploi : Charles Républicain Ohms se dit gardien de phare retraité le 19 janvier 1867.

L’endiguement de la Seine

Le 25 juillet 1850, Aristide Cufel, habitant Vieux-Port, est employé de l’entrepreneur de l’endiguement de la Seine. En 1848, 1849 et 1850, 4 hommes meurent à l’extraction de la pierre des carrières - une fois précisément par un éboulement de terre - à Saint-Aubin, quartier des falaises ou dans les falaises de la cave a loups. Cette entreprise draine sans doute une large main-d’œuvre : les témoins ou les victimes sont de Rouen, Lillebonne ou Saint-Mards-de-Blacarville ; y travaillent aussi bien Pierre Lëboat, soldat en congé illimité, que Pierre Martin, propriétaire cultivateur.
Jacques Villery (11 juillet 1855) et Paul Bénoni Desnoyers (5 février 1856), tous deux employés aux travaux de la basse Seine, peuvent être rattachés à cette entreprise.
Entreprise qui semble en bonne voie : Joseph Jeffrain est le 2 novembre 1857 trouvé noyé au bout de l’endiguement côté du sud.

Les pilotes

Sur un fleuve, un pilote est quelqu’un chargé de guider les capitaines de navires dans leur parcours pour leur en éviter les éventuels dangers. Les pilotes sont ainsi amenés à monter à bord des navires. Charles Gallet, le 23 mars 1740, est tué par accident dans le vaisseau de capitaine Herment du Havre. Gaspard Prieur a le 23 juin 1807 guidé un navire depuis Honfleur. François Lagnel, le 30 juillet 1843, a rendu le même service à un brick venant de Rouen. Les pilotes apparaissent comme très nombreux à Quillebeuf désignée comme une station de pilotage (registre de Saint-Aubin, 30 juillet 1843). Ils forment sans doute un corps constitué puisqu’il y a un chef du pilotage (Frédéric Lemetheyer le 21 novembre 1869).

Les lamaneurs et toueurs

Les métiers de toueur et de lamaneur sont impossibles à distinguer. Michel Bodin est toueur lamaneur (14 janvier 1739). Jean Chuffes est pilote lamaneur (9 juillet 1786) et Louis Pestel lamaneur et passager (8 avril 1824). Le mot toueur apparaît pour la dernière fois en 1825 (Jean Baptiste Clouet est marin toueur), le métier de lamaneur est mentionné dès 1733 et durant toute notre période. Il s’agit dans tous les cas de mener des bateaux jusqu’à leur lieu d’attache dans un port en le halant depuis une embarcation si besoin. Les lamaneurs rendent parfois service plus au loin : le bateau lamaneur de René Levasseur, avec des pilotes, assiste le 1er germinal an 10 le navire du capitaine Tuvache qui venant de Rouen en descendant la Seine se trouve au niveau de Tancarville.

Les baliseurs

Les baliseurs sont chargés de jalonner le chenal de la Seine, le canal des baliseurs le 7 juillet 1853, pour éviter des échouages aux bateaux. Le 30 juillet 1843, Antoine Epiphane Michel est baliseur, il a 38 ans et habite Saint-Aubin. Les baliseurs disposent bien sûr d’une embarcation : Auguste Cousin est le 11 juillet 1855 patron de la chaloupe du balisage.

Les transporteurs par eau

Les équipages et les bateaux s’arrêtant à Quillebeuf peuvent être connus pour 3 raisons : - un des membres d’équipage est retrouvé noyé - un des membres d’équipage décède à bord - ou bien meurt dans une des auberges du bourg. L’aubergiste le plus souvent cité est Jean Lefort, près le port quartier de la Ruette, son établissement est en 1824 rue de la Chaussée à l’enseigne du Cheval Blanc.

Les titres ne diffèrent pas selon les gens de mer ou les gens de Seine, ni selon le type de bâtiment.
Ceux qui commandent un bateau : capitaine (ou capitaine de navire), maître d’équipage, maître de barque ou maître au cabotage, patron.
Dans l’équipage, du plus au moins responsable : second, matelot, novice, mousse.
Rencontrés une seule fois : coq (cuisinier), hale-bouline (terme péjoratif désignant un mauvais matelot).

Les navires

Les mots navire (6 octobre 1741, Val-de-la-Haye ; 1er septembre 1765, Vatteville-la-rue ; 11 août 1774, Rouen ; 15 septembre 1784, Cherbourg ; 18 juillet 1789, Honfleur6 frimaire 3, le Havre ; 23 thermidor 10, Danemark ; 23 juin 1807, Quillebeuf ; 19 septembre 1832, Val-de-la-Haye) et bateau (4 août 1726 ; Villerville ; 19 septembre 1832, Honfleur), désignent sans doute des bâtiments d’un genre mal déterminé, aussi bien de mer que de Seine. Vaisseau (Honfleur, 13 août 1731 ; le Havre, 23 mars 1740) semble ne s’appliquer qu’à des bâtiments de mer et indique peut-être une plus grande taille qu’un navire ou bateau ordinaire.
Le dogre est le seul type de bâtiment appartenant à des locaux cité dans nos registres (14 octobre 1820 et 7 février 1826 pour Quillebeuf ; 22 septembre 1829 pour Vieux-Port). Mais un dogre vient de Trouville-sur-mer le 9 mai 1836.
On trouve : barque (Dieppe, 23 janvier 1728) ; galiote (29 avril 1779) ; galéasse (10 vendémiaire 5, Suède) ; platte (30 vendémiaire 14, Salenelle près de Caen ; 1er octobre 1833, Honfleur) ; goélette (25 octobre 1847, Angleterre) ; brick (20 mars 1828, Morlaix ; 8 août 1830, 2 bricks bretons ; septembre 1841, Angleterre ; 1er juillet 1837, Angleterre ; 30 juillet 1843, brick français allant de Rouen à Saint-Malo ; 6 février 1849, Angleterre ; 15 septembre 1856, Norvège) ; sloop (24 janvier 1825, Dieppe) ; gribanne (7 septembre 1824, à destination de Rouen) ; chaland (28 décembre 1847, Honfleur). Les plus nombreux sont les chasse-marée, venant tous de Bretagne (10 février 1823, Carnac ; 11 mars 1823, Quiberon ; 20 janvier 1831, Locmariaquer ; 7 janvier 1844, Arzon ; 6 février 1849, île aux Moines). A noter que la Jeune Julie est dite être un chasse-marée le 1er juillet 1830 et un dogre le 8 août suivant.
Les annexes sont désignées sous les noms de chaloupe ou canot.

Les bateaux à vapeur

Même si elle ne réussit pas encore à supplanter la navigation à voiles, la vapeur se développe rapidement, notamment pour les bateaux réguliers sur l’itinéraire Rouen-Le Havre.
Le 5 août 1832, Eugène Alexandre meurt à bord du bateau passager à vapeur le Havrais et est ramené sur le quai de Saint-Aubin par le capitaine dudit bateau à vapeur.
Le 30 juillet 1843, le corps noyé de dame Jean Félicité Tuvache est rapportée en son domicile (Saint-Aubin, au quartier de la Grande Vallée) duquel ils sont voisins par l’équipage du remorqueur Hercule.
Le 22 novembre 1846, Hypolite Adolphe Sersin, douanier, est décédé lors de l’explosion du bateau a vapeur de Rouen ou il a été brûlé.
Le 4 avril 1849, le vapeur la Seine commandé par le capitaine Guinet est amarré au port de Quillebeuf, Charles Emile Parmentier habitant Grandexange (?) dans la Meurthe meurt à son bord.
Trois corps de noyées retrouvés et inhumés à Quillebeuf les 21 et 25 août 1854 peuvent avoir été, à voir leur identité, des passagers d’un bateau régulier : madame Marie Dollery, sans profession, 46 ans, de Rouen ; mademoiselle Madeleine Irma Emelin, sans profession, 17 ans et demi ; mademoiselle Léontine le Boulanger, née à Paris et y demeurant, 7 ans.
Pascal Célestin Rivière, né à Saint-Pierre-de-Varengenville, décède le 24 décembre 1855 à bord du bateau à vapeur Jupiter faisant route vers le Havre.
Eugène François Rouault, du Havre, mousse à bord de la Ville du Havre patron Fournier, tombe à l’eau de Seine le 30 octobre 1857.

Pêcheurs

Les pêcheurs n’apparaissent pas très nombreux. François Odard, pêcheur, succombe à une mort subite le 18 avril 1790. Pierre Fournier, pêcheur, habite Saint-Aubin le 20 mai 1807. François Moulin, pêcheur, décède à Quillebeuf le 25 juillet 1813. Le pêcheur Désiré Vernard demeure aussi à Quillebeuf (24 avril 1840).

Mais la pêche est tout de même très pratiquée et les pêcheurs semblent vraiment pouvoir se déplacer très facilement. 28 juillet 1738, un cadavre - cependant non nommé - est reconnu pour celui d’un pêcheur de la côte du nord, cette orientation s’oppose peut-être au sud rencontré dans notre partie sur les éléments topographiques. Le cadavre retrouvé le 18 septembre 1779 sur Saint-Aubin est celui d’un pêcheur d’Honfleur noyé 8 jours avant sur le banc du Hode. Michel Motte, pêcheur de Trouville, déclare à Saint-Aubin la mort de son frère - peut-être aussi pêcheur ? - le 21 juillet 1788. Albert Délier et Alphonse Audoux, deux pêcheurs d’Aizier étant à leur travail au lieu-dit le Roule (entre Aizier et Vatteville-la-Rue), trouvent le cadavre noyé de Anne Marie Geneviève Pigeon qu’ils transportent à Quillebeuf après enquête et autorisation. C’est un pêcheur du Marais-Vernier qui signale le 2 août 1811 la découverte, pendant sa pêche, d’un noyé inhumé le même jour à Saint-Aubin. C’est Guillaume Latoille, marinier pêcheur qui, le 29 août 1821, signale la présence d’un noyé aux autorités. Charles et Alphonse Béranger pêchent sur le banc situé entre le nais de Tancarville et le Mesnil le 22 novembre 1850.

Poissonniers

Quillebeuf possède sa rue de la poissonnerie (2e jour complémentaire an 13, 25 juillet 1813), ce qui semble indiquer la présence avant la Révolution d’un lieu de vente du poisson sous la surveillance d’une autorité royale.
Etienne Valentin est marchand de poisson le 3 janvier 1768. Olivier Margerin Lefort, marchand poissonnier de Tocqueville, est retrouvé noyé à Quillebeuf le 23 août 1790 : venait-il s’y approvisionner en poisson ?
Jean Vallet, de la paroisse de Migny (?), décède le 26 février 1749 dans un bateau huîtrier.

Le passage

Le rôle d’un passage est d’assurer à ses usagers la traversée du fleuve d’une rive à l’autre.
La cale d’embarquement mentionnée le 7 janvier 1844 est peut-être utilisée pour le passage.
Le passager Charles Patin apparaît le 15 juin 1786. Un Charles Patin est cité parmi les notables identifiant un noyé le 6 frimaire an 3. Feu Charles Patin est encore dit passager le 31 janvier 1827.
Louis Pestel, passager en ce port [de Quillebeuf], demeure quartier du Gard le 17 février 1812. Il meurt à son domicile du même quartier le 8 avril 1824, il est alors dit ancien lamaneur et passager.
Le 15 septembre 1856, Baptiste Antoine, 52 ans, est fermier du bac. Cela permet deux conclusions : le passage est loué à ferme - contre une redevance - et est équipé d’un bac, embarcation permettant de faire traverser non seulement des personnes mais aussi du bétail et des voitures. Le 3 juin 1872, les sieurs Prosper Masselin et Pierre Alfred Masselin tous 2 employés au passage qui se trouvaient dans un bateau du passage découvrent le cadavre de Louis Célestin Gaillard flottant sur la Seine.

La construction navale

Apparaissent le nom de 2 charpentiers ou constructeurs de navire. Jean Baptiste Bardet le 23 thermidor an 2 et le 24 nivose an 3, François Paris le 23 thermidor an 2 et le 4 nivose an 8.

La douane

Le rôle de la douane est de vérifier si les marchandises transportées ont bien acquitté les droits et de contrôler s’il n’y a pas de trafic.

Le XVIIIe siècle : la Romaine et les fermes du roy

Parmi les marchandises prohibées se trouve éventuellement du faux-sel. Quillebeuf dépend de ce point de vue du grenier à sel de Pont-Audemer : Messire Jean Nicolas Alard est en 1777 receveur des gabelles de Pont-Audemer.
Le recouvrement des impôts est à l’échelle nationale confié à la ferme générale. Guillaume Colombel est en 1773 employé des fermes du roy, Louis Bernard est en 1777 garde-matelot dans les fermes du roy.
Le service est le plus souvent appelée la Romaine, 18 mentions de ce mot ont été relevées. C’est qu’il y a à Quillebeuf une balance pour peser les marchandises à contrôler.
Les aides sont des taxes sur le transport des marchandises. Eudelin est en 1773 commis aux aides. On retrouve ce terme en l’an 10 après les réformes fiscales de la Révolution : François Alarocque est receveur des aydes.
Les personnels : contrôleur, commandant des employés, capitaine général, receveur, employé ou commis, garde-matelot, matelot.

La Révolution

Le mot douane fait son apparition. Pierre Cauchy est en 1792 employé à la régie nationale. Abraham Ducroté est en 1793 sous-lieutenant dans les douanes de la République française.

Le XIXe siècle

Les douanes sont impériales pendant le 1er Empire puis royales sous les rois du XIXe siècle.
Les personnels : receveur (qui s’occupe des comptes).
Lieutenant, sous-lieutenant ; brigadier ; sous-brigadier, chef ; employé, préposé, commis ou douanier.
Lieutenant ambulant et maritime ; lieutenant pilote ; garde-matelot, matelot

Le bureau de la douane de Quillebeuf est situé sur le quai près de l’Hôtel de ville (7 août 1854).
Les douaniers disposent d’une embarcation. Jean Baptiste Liard est en 1829 lieutenant de la patache. Augustin Régnier en 1861 puis Auguste Rion en 1866 sont sous-patrons de la patache. En 1844, un noyé est retrouvé sur la plage de cette ville près la pirogue de la douane. Jean Liard est pilote dans les douanes (22 janvier 1828). _ Le quai est percé par un escalier de la douane (24 décembre 1841) et une cale de la douane (17 août 1854, où est elle dite près de l’hôtel de ville, et 17 juillet 1855).
Saint-Aubin a également son bureau (29 juillet 1816) ou poste (16 février 1821) situé au bord de la Seine.

Le préposé des douanes de Quillebeuf Charles Morel profite le 9 septembre 1841 du canot d’un particulier pour revenir de la Vacquerie, hameau riverain de Vatteville-la-Rue, où il était peut-être en faction. Le douanier Hypolite Sersin meurt le 22 novembre 1846 dans l’explosion du bateau à vapeur de Rouen, peut-être était-il monté à bord pour une inspection.

L’amirauté

L’Amirauté est l’administration royale qui a autorité sur tout ce qui concerne un domaine maritime. Elle apparaît dans les enquêtes sur les noyés, qu’elle ordonne au curé d’inhumer.
Son siège à Quillebeuf est dirigé par un officier dit conseiller du roi, juge ou lieutenant civil et criminel. Ce lieutenant est déjà en 1727 Pierre Gaspard Cabut de Becthomas. Il meurt et est inhumé à Quillebeuf le 16 août 1784 à l’âge de 66 ans (il y a forcément erreur quelque part !). Il est alors remplacé par André Charles Louis Le(s)t(h)orey (variantes d’orthographe selon les actes).
L’Amirauté emploie un huissier (Jean-Baptiste Lasney en 1774) et un greffier (François Aubé en 1784a ; Pouillot ancien greffier de l’amirauté inhumé à 66 ans le 7 février 1789). Il s’agit peut-être d’une seule et même fonction.
En cas d’absence de personnel de l’Amirauté, l’enquête sur un noyé est menée par un avocat de la haute justice de Routot (15 octobre 1772) ou par un conseiller du roi au bailliage de Pont-Audemer (1er octobre 1780).

Au XIXe siècle, les enquêtes sur les noyés sont le plus souvent diligentées par le juge du paix, qui a son assesseur ou suppléant, plus rarement par un commissaire de police (13 avril 1861) ou la gendarmerie (27 août 1871). Les cadavres de noyés sont dans la mesure du possible reportés à leur domicile. Le 19 octobre 1849, le cadavre noyé d’Albert Henry est déposé dans le magasin de commerce ; le 11 août 1858, celui de Bernard Morieux est déposé dans le dépôt de sûreté.

Le syndicat maritime

Le rôle du syndicat maritime est de recenser les jeunes hommes aptes au service national dans la marine.
On trouve : syndic de la marine (Nicolas Godard, 6 avril 1769), syndic des classes (Guillaume Fortin, 28 août 1784) ; préposé aux classes de marine (le même Guillaume Fortin, 26 octobre 1775 et 9 octobre 1791) ; syndic des gens de mer (Nicolas Godard, 7 ventose an 10) préposé à l’inscription maritime (Michel Billard, 14 février 1807).
On ne sait si le garde maritime Pascal Sénateur (2 décembre 1870) doit être ou non rattaché à ce service.

Le tribunal de commerce maritime

Le nom de 2 juges du tribunal de commerce maritime apparaît en l’an 2 : Charles Lemonnier le 13 nivose, François de la rue, également herbageur, le 15 thermidor.

L’interprète

La fréquentation de Quillebeuf par des navires étrangers explique la fonction d’interprète officiel. Louis Hers est en 1726 interprète de Hollandais. Guillaume François Mouton est de 1776 à l’an 10 interprète des langues étrangères. On trouve ensuite Henri Auguste Cléret, qui est également capitaine de navire, en 1841, puis Armand Joseph Tragins, interprète juré en 1849.

Le chirurgien ou officier de santé

Les cadavres de noyés sont visités par un chirurgien encore dit officier de santé qui délivre le permis d’inhumer. La présence d’un chirurgien à Quillebeuf semble bien s’expliquer parce que c’est un port : Etienne Tasserie est le 17 février 1812 chirurgien de la marine impériale en ce port. Mais il s’occupe de tout ce qui concerne la santé publique - il intervient ainsi pour prévenir certaines épidémies au début du XIXe siècle et assiste les femmes lors d’accouchements difficiles. Les noms sont ceux de Maistre (4 octobre 1738), Etienne Tasserie (10 septembre 1811, 17 février et 13 octobre 1812 puis 31 juillet 1818), plusieurs Fournet impossibles à distinguer (Frédéric, Frédéric Benjamin, Charles Frédéric, Charles François Benjamin, Charles) de 1816 à 1832, puis Félix Quesney le 17 février 1868.

Hydrographe, marégraphe

Le 10 floréal an 5, Jean Baptiste Mabire est hydrographe (un jeune homme originaire de Bolbec en pension pour son éducation décède à son domicile).
Pierre Courderc est le 5 juin 1870 employé au marégraphe.

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5 Messages

  • Quillebeuf et Saint-Aubin (1723-1872) 20 novembre 2009 10:59, par Chantal GALLON

    Bonjour,
    Jai consulté toute cette histoire de Quillebeuf, je recherche mon ancêtre Francois VALLET garde de la Romaine en 1752 (année de naissance de son fils Charles).J aimerai savoir si il y a un lien entre Jean VALLET huitrier et lui.Pour l’instant je ne trouve rien, peut être avez vous des renseignements complémentaires pouvant me faire avancer
    D’avance Merci
    Cordialement
    Chantal GALLON

    Répondre à ce message

  • Quillebeuf et Saint-Aubin (1723-1872) 4 décembre 2012 10:03, par GONNET

    Je crois deviner que TOUEUR vient de l’anglais TOW qui signifie remorquer, et que Lamaneur est apparenté à l’anglais LASHING qui signifie arrimer.

    Répondre à ce message

    • Quillebeuf et Saint-Aubin (1723-1872) 5 décembre 2012 10:55, par Jean-Pierre Derouard

      On peut lire" dans le règlement du pilotage de Seine" de 1803 : « les capitaines peuvent engager un bateur toueur ou lamaneur monté par des rameurs appelés hale-boulines ». Il y a 6 rameurs par embarcation.

      Répondre à ce message

  • Quillebeuf et Saint-Aubin (1723-1872) 21 janvier 2015 08:00, par HAIRIE

    Bonjour,
    Je cherche des informations sur Armand HUE, douanier en 1919 à Quillebeuf.
    Merci d’avance.
    Bien cordialement.
    Alain HAIRIE

    Répondre à ce message

  • Quillebeuf et Saint-Aubin (1723-1872) 23 février 2017 10:05, par lercier

    Bonjour, je recherche des informations concernant la croix dit st léonard à st Aubin sur quillebeuf.
    Je vous en remercie

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