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Souvenirs de jeunesse à l’école publique des filles, rue de la Brèche à Mer

Le vendredi 27 février 2026, par Gilbert Bracquemont

Mais par contre, je ne puis oublier ma jeunesse, laquelle a été très heureuse. Tout en travaillant au dehors, je suis restée avec mes parents, pendant 25 ans [1]. Quoi de meilleurs ? J’avais deux frères (André et Louis) et partageais leurs jeux. J’ai joué longtemps avec une poupée, que j’habillais et que j’ai encore.

J’ai revu souvent l’institutrice qui m’avait accueillie à l’âge de 6 ans en 1905. Elle Gérarde Chirol m’a raconté qu’à cette date, j’étais bavarde et turbulente, au point que souvent elle m’attachait sur le banc de la grande table, ou nous étions assises 7 ou 8 élèves. Et pendant mes 6 années d’école, ce fut toujours ces grandes tables, lesquelles avaient des cases ou chaque élève rangeaient livres et cahiers. C’est à l’école seulement, dans une des classes, que j’assistais chaque année à l’arbre de Noël en présence de certaines dames de la ville, ayant offert sans doute les objets et friandises accrochés à l’arbre. Je possède encore 2 objets, venant de cette fête.

À la maison, le Noël consistait au plaisir de recevoir une orange (rare à cette époque) et une sucrerie.


Une autre réjouissance, consistait en fin d’année scolaire à la distribution des prix. Chaque élève recevait un livre de lecture, j’ai toujours en souvenir l’un d’eux : La case de l’Oncle Tom. Cette fête avait lieu sous la présidence du Maire, du Conseil municipal et autres fonctionnaires. Organisée sous la Halle décorée par des guirlandes et des fleurs en papier que nous avions confectionnées pendant les récréations. Elle durait tout l’après-midi d’un dimanche et bien entendu, toutes les familles étaient gratuitement invitées, heureuses d’assister à la distribution des récompenses données à leurs enfants. Pour agrémenter cette fête, filles et garçons chantaient en groupe deux chansons apprises un mois à l’avance, et dont je fredonne encore parfois quelques refrains.

À cette époque de mes études (1905-1913), on ne connaissait pas encore le chauffage distribué par radiateurs et pour chauffer les classes l’hiver à l’école, chaque classe possédait un poêle en fonte, alimenté par des buches de bois et ce poêle était allumé chaque matin par deux élèves désignés successivement

chaque semaine, lesquelles devaient arriver plus tôt ces jours-là, afin d’assurer le chauffage de la classe avant son ouverture. Les colonies de vacances n’existaient pas, mais je n’ai jamais oublié les trois années pendant lesquelles je suis allée passer mes vacances dans une ferme près d’Amboise à Limeray proche de la Loire, où deux cousines m’attendaient, et d’où je ne revenais qu’après les vendanges terminées, pour reprendre l’école.

Cet allée et retour se faisait par le train, plaisir bien apprécié à cette époque, car il n’y avait pas encore d’automobile. Je n’en connaissais qu’une seule dans la ville, chez un marchand de machines agricoles, c’était une voiture découverte. On ne pouvait donc se déplacer que par voiture à cheval ou bicyclette et le train, heureusement quel changement …

C’est à l’école, dès l’âge de six ans, que j’ai appris le principe des économies et des placements. En effet, l’élève qui possédait parfois une pièce de dix centimes (2 sous) était invitée à la remettre à l’institutrice, laquelle l’échangeait contre un timbre, collé sur la page contenant la valeur d’un franc, puis ce franc était versé sur un livret de la caisse d’épargne. Dommage que ce livret ait été remplacé, car il justifierait mes placements à l’école, par mes versements successifs d’un franc, peut-être huit ou dix…

Pour terminer la fin des études, comme aujourd’hui, les élèves étaient présentés à un concours, qui s’appelait le « Certificat d’études primaires » et toutes celles qui avaient la chance d’être reçues profitaient d’une récompense. Il s’agissait d’un voyage organisé par la Directrice et aussi par le train…

Ci-après, une parenthèse par rapport à cette carte de la Russie d’Europe en 1913. En effet on peut se rendre compte que ses frontières de l’ouest ne sont plus du tous les mêmes que celles d’aujourd’hui.

L’Ukraine, les Pays Baltes, la Finlande, la Pologne, et la Moldavie font qu’avec ces nouveaux pays, elle n’a plus du tout le même territoire ni les mêmes richesses. Cela est certainement la conséquence du début de l’invasion en 2014 de l’armée Russe en Ukraine ainsi que de celle du 24 février 2022. À ce jour, comme à de nombreux endroits du monde, la guerre est beaucoup plus d’actualité que la paix…

Aller visiter le château de Chaumont sur Loire

Quitter la gare de Mer dans la matinée en emportant chacune son déjeuner, descendre à la gare d’Onzain, emprunter le pont suspendu sur la Loire et aller à pied jusqu’au château sur la rive gauche. Retour bien entendu dans la soirée par le train après une journée agréablement remplie.

Quelle chance d’avoir une gare

En quittant l’école après le certificat d’études, quoique ayant appris grâce à une directrice dévouée un peu de couture et de tricot, dont j’ai encore l’album et que j’ai l’intention de remettre au musée.

Je suis allée en apprentissage de couture, car à cette époque, il n’y avait pas de marchands de robes comme maintenant. Il fallait apprendre à les confectionner soi-même ou se faire habiller par une couturière (ou sa maman). J’en ai connu trois, chez qui les dames de la ville se faisaient habiller et aussi les fermières, lesquelles venaient faire leurs choix, leurs essayages le jour du marché afin de profiter de la voiture à cheval qui amenait les produits de la ferme à vendre : poulets, lapins beurre, œufs, et qui repartaient le porte-monnaie garni.

Certains Messieurs, aussi, se faisaient habiller chez des tailleurs, j’en ai connu deux.

À l’école toutes les élèves portaient une blouse noire agrémentée parfois d’un col blanc, on se mettait en rang, on trouvait cela normal. Les classes étaient-elles surchargées, je ne sais pas. Je n’ai jamais connu de grèves.
J’ai toujours aimé l’école, puisque à 16 ans, j’ai recommencé par correspondance à l’école Pigier mais je garde un excellent souvenir de mes trois institutrices.

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La guerre ayant suivi de près mes premières études, je suis retournée dans cette même école les dimanches pour tricoter des passes montagnes et des chaussettes pour les soldats. Mais, si j’ai eu des joies à cette époque, j’ai eu aussi eu des peines, car l’un de mes frères (Louis-Auguste-Sadi) est « Mort pour la France » le 25 septembre 1915 et porté disparu un peu plus de 4 années.

En 1984, je suis allé sur sa tombe à la Nécropole Nationale de St Thomas en Argonne au cimetière militaire de Vienne le Château (51) ou repose environ 8000 soldats. Son premier courrier pour l’arrivée de son incorporation à Toul datait du 4 juin 1915 et certainement son dernier de l’Argonne le 17 août 2015, il aura passé à peine 4 mois sur le front avant de se faire tuer dans la région de l’Argonne sur le champ de bataille de Servon dans la Marne.

Texte de Gérarde Chirol, épouse Bracquemont recopié intégralement. Au final, seul quelques compléments ont été rajoutés en grisé.

[1Jusqu’à son mariage le 23 mars 1929. À ses parents, notre maman réglait chaque année sa pension et son logement pour une somme de 2160 fr. soit 180 fr. par mois. Elle travaillait comme comptable à la tannerie Ha de Mer, puis deviendra par son union avec Jules Bracquemont propriétaire de l’hôtel pension de famille du Bon Accueil, non loin de la gare de Mer.

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