www.histoire-genealogie.com

----------

Accueil - Chroniques de nos ancêtres - Entraide généalogique & historique - La malle aux trésors - L'album photos de nos ancêtres - Initiation à la recherche - Jouons un peu - Lire la Gazette - Éditions Thisa


Accueil » Chroniques de nos ancêtres » Portraits d’ancêtres » Un imprimeur Auvergnat : Antoine Galland (1763-1851) - Première partie.

Un imprimeur Auvergnat : Antoine Galland (1763-1851) - Première partie.

Quand une erreur de Wikipédia vous amène de l’Auvergne à Paris en passant par l’Égypte.

Le vendredi 27 mars 2026, par Claude Beaubestre

Avant de devenir un acteur de la Campagne d’Égypte, Antoine Galland fut un imprimeur au tempérament de feu au cœur du Paris révolutionnaire. Originaire de La Tour d’Auvergne — et non de Saint-Pardoux comme l’affirmait une erreur tenace — il arrive dans la capitale en 1790 pour « défendre son Roi au péril de sa vie ». Entre pamphlets clandestins, arrestations au Comité de sûreté générale et séjours en prison, découvrez l’itinéraire d’un royaliste impénitent dont les presses ont défié la Terreur avant de s’embarquer pour l’aventure de sa vie.

Partie 1 : De l’Auvergne aux barricades de Paris (1763-1798)

En 2022, a été commémoré le bicentenaire du déchiffrement des hiéroglyphes par Jean-François CHAMPOLLION (Figeac, 23.12.1790 ; Paris, 04.03.1832) ; mais ce n’est pas lui le personnage principal de cet article.

Je veux vous parler aujourd’hui d’Antoine GALLAND [1], né à La Tour d’Auvergne le 24 novembre 1763 et mort à Paris le 20 septembre 1851. Ce libraire-imprimeur auvergnat a joué cependant un certain rôle dans le décryptage de l’écriture des anciens égyptiens.

Une erreur répandue

Je me suis intéressé, il y a quelques années, à Antoine GALLAND en raison d’une erreur [2] sur sa page Wikipédia, où il était natif de Saint-Pardoux, et sur celle de la commune (canton de Saint-Georges-de-Mons), où il était cité comme « Personnalité liée à la commune ». Je m’y intéressais car des ancêtres maternels étaient originaires de Saint-Pardoux.

Mes recherches, dans les archives de la paroisse, pour trouver l’acte de baptême d’Antoine GALLAND sont restées infructueuses, jusqu’à ce que Google m’indique qu’il existait une église Saint-Pardoux à La Tour d’Auvergne. La consultation des archives départementales en ligne me permit alors de trouver son acte de naissance.

JPEG - 241.5 kio
La Tour-d’Auvergne et ses environs.

Antoine GALLAND est donc né sous Louis XV, le 24 novembre 1763, à La Tour-d’Auvergne au hameau de Mezerat. Ses parents étaient Jean et Anne ROUX, du même lieu. Il a onze ans quand Louis XVI monte sur le trône [3] . Jean GALLAND est décédé avant 1772 (et probablement avant 1767 ; je n’ai pas trouvé son acte de décès). Antoine avait au moins deux sœurs : Marie, née en 1759, et Catherine, née en 1761.

JPEG - 676.6 kio
Acte de naissance d’Antoine GALLAND

Arrivée à Paris pendant la révolution

Il semble qu’il n’y ait pas d’autres informations sur l’enfance et la jeunesse d’Antoine GALLAND ; la seule que l’on sait, parce qu’il l’a écrit lui-même, c’est qu’il est :

« Arrivé à Paris en 1790, je vis un prince malheureux, plein d’excellentes intentions, et des factieux profiter de cette bonté même pour le précipiter lui et son peuple dans un gouffre de maux : mon parti fut bientôt pris ; je défendis mon Roi et mon pays jusqu’à la dernière extrémité, et souvent au péril de ma vie [4] ».

À 27 ans il est donc plutôt royaliste. Il affirme que n’étant

« ni prêtre, ni noble, ni gros propriétaire ; [il] n’avai[t] aucun intérêt personnel dans cette grande lutte : l’honneur et la justice [lui] tracèrent [s]on devoir ; le crime et le parjure excitèrent [s]on indignation ».

Après le 9 thermidor an 2 (27 juillet 1794) et la chute de ROBESPIERRE, le régime de la Terreur s’achève et la Convention nationale continue son œuvre jusqu’à la Constitution de l’an 3. Il est arrêté en octobre 1795 pour avoir publié des libelles tendant à avilir la Convention.

« … dans la nuit du 12 au 13 vendémiaire [an 4] je pris les armes. […] arrêté le 16 vendémiaire (8 octobre 175), je fus trainé au comité de sûreté générale, et de là aux Quatre-Nations [5] où, parmi les victimes, je vis M. MICHAUD [6], aujourd’hui membre de l’Institut […] mes amis ne se lassant point de solliciter, les verroux (sic) de ma prison s’ouvrirent au bout de deux mois et demi.

Mon écrou portait : « le concierge des Quatre-Nations recevra jusqu’à nouvel ordre le nommé GALLAND, auteur de libelles tendants (sic) à AVILIR la Convention nationale. » [7]

En 1815, GALLAND en tire cette conclusion :

« Les ennemis de la royauté triomphèrent au 13 vendémiaire. Je ne les avais pas ménagés ; ils pouvaient user du droit du vainqueur et me faire fusiller : j’obtins cependant ma liberté » [8].

Durant la période 1795-1797, GALLAND est auteur, directeur de journal et imprimeur en association avec un certain CONORT.

Imprimeur, libraire et « écrivain »

Ainsi, selon sa fiche au catalogue général de la Bibliothèque Nationale de France, Antoine GALLAND a exercé une activité de romancier, d’éditeur de journal (Le Vrai Républicain ou le Défenseur des droits du peuple, La Chauve-Souris et L’Avertisseur ou le Postillon de Paris) et d’imprimeur, en association avec CONORT de 1795 à 1797. En Égypte, il est qualifié de prote, autrement dit contremaître ou correcteur, vérificateur. À son retour d’Égypte, il exerce le métier de libraire parallèlement à ses fonctions de vérificateur des mémoires de l’Imprimerie nationale ou impériale. Il est breveté libraire le 1er novembre 1812 ; brevet renouvelé le 15 mars 1817, mais il semble ne plus exercer après 1816.

PNG - 120.2 kio
Exemple de publication "chez GALLAND".

Grâce aux pages de titre des ouvrages qui nous sont parvenus, que GALLAND en soit l’auteur ou l’imprimeur, on connaît diverses adresses où il a exercé ou vécu . On trouve, en 1795 : « De l’Imprimerie de CONNORT et GALLAND, rue de la Harpe, n°s 6 et 152 » ; en 1797 : « Chez l’auteur, rue Percée, A. des Arts, n°21 » ; en l’an 4 (1795-1796) : « Chez l’Auteur, rue de la Harpe, n°s 6 et 152, et chez les marchands de nouveautés » ; en l’an 13 (1804) : « Au Dépôt du Code Civil officiel, chez GALLAND, libraire Palais du Tribunat, n° 223 » (avec les variantes « place du Tribunat, Galeries de bois, n°223 » ou « rangée du milieu » ; en 1815 : « GALLAND, ex-vérificateur des mémoires de l’Imprimerie royale, rue du Paon-Saint-André, n°8 (Hôtel de Tours) ».

En tant qu’auteur, en dehors de ses pamphlets de la Révolution, on lui doit : Antonio ou les tourments de l’amour et ses douces illusions dans un cœur sensible (1797, par G…D), Le sort des femmes, ou L’infortunée Enize (1797, sous le pseudonyme de "l’auteur d’Antonio"), Le Sort des femmes, ou le club d’amour, suivi des Infortunes de deux jeunes amants, par Antoine GALLAND Nouvelle édition... (1809), Aux mânes de Napoléon, par A. GALLAND (de La Tour) (1830), etc.

Ce que résume la Biographie nouvelle des contemporains [9] par cette formule pour le moins définitive :

« on a de lui plusieurs ouvrages, dont la plupart porteraient à désirer qu’il ne se fût jamais occupé qu’à reproduire par ses presses l’esprit des autres ».

Ce qui, en toute honnêteté, n’est pas faux…


[1À ne pas confondre avec son homonyme picard Antoine GALLAND (1646-1715) qui fut le premier traducteur des Mille et une nuit.

[2La même erreur est reproduite sur la fiche de GALLAND du site data.bnf. J’ai corrigé les deux pages Wikipedia concernées https://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Pardoux_(Puy-de-D%C3%B4me) https://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine_GALLAND_(imprimeur) et adressé un mail à la BNF (qui n’a jamais répondu, ni modifié ladite fiche).

[3Voir sa nécrologie dans 1851_09_29_Journal_des_Villes_et_des_campagnes, sur Retronews.

[4Extrait de mes opinions politiques pendant la révolution ; Antoine GALLAND ; 1815 (disponible sur Gallica).

[5Il s’agit d’un ancien collège de l’Université de Paris, situé quai Conti, qui est de nos jours le siège de l’Institut de France et ses cinq Académies. Sous la Révolution, il fut transformé en maison d’arrêt.

[6Joseph François MICHAUD : journaliste royaliste, né à Orly (hameau d’Albens en Savoie) le 19-06-1767 ; décédé à Passy le 30-09-1839.

[7Extrait de mes opinions politiques pendant la révolution ; Antoine GALLAND ; 1815.

[8Idem.

[9Arnault, Antoine Vincent (1766-1834). Biographie nouvelle des contemporains ou Dictionnaire historique et raisonné de tous les hommes qui, depuis la Révolution française, ont acquis de la célébrité par leurs actions, leurs écrits, leurs erreurs ou leurs crimes, soit en France, soit dans les pays étrangers. Tome 7 / ; précédée d’un tableau par ordre chronologique des époques célèbres et des évènements remarquables, tant en France qu’à l’étranger, depuis 1787 jusqu’à ce jour, et d’une table alphabétique des assemblées législatives, à partir de l’assemblée constituante jusqu’aux dernières chambres des pairs et des députés. Par MM. A. V. Arnault,... A. Jay, E. Jouy,... J. Norvins... [et E.-F. Bazot]. 1820-1825 (disponible sur Gallica).

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par les responsables.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

https://www.histoire-genealogie.com - Haut de page




https://www.histoire-genealogie.com

- Tous droits réservés © 2000-2026 histoire-genealogie -
Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Mentions légales | Conditions Générales d'utilisation | Logo | Espace privé | édité avec SPIP