Partie 1 : De l’Auvergne aux barricades de Paris (1763-1798)
En 2022, a été commémoré le bicentenaire du déchiffrement des hiéroglyphes par Jean-François CHAMPOLLION (Figeac, 23.12.1790 ; Paris, 04.03.1832) ; mais ce n’est pas lui le personnage principal de cet article.
Je veux vous parler aujourd’hui d’Antoine GALLAND [1], né à La Tour d’Auvergne le 24 novembre 1763 et mort à Paris le 20 septembre 1851. Ce libraire-imprimeur auvergnat a joué cependant un certain rôle dans le décryptage de l’écriture des anciens égyptiens.
Une erreur répandue
Je me suis intéressé, il y a quelques années, à Antoine GALLAND en raison d’une erreur [2] sur sa page Wikipédia, où il était natif de Saint-Pardoux, et sur celle de la commune (canton de Saint-Georges-de-Mons), où il était cité comme « Personnalité liée à la commune ». Je m’y intéressais car des ancêtres maternels étaient originaires de Saint-Pardoux.
Mes recherches, dans les archives de la paroisse, pour trouver l’acte de baptême d’Antoine GALLAND sont restées infructueuses, jusqu’à ce que Google m’indique qu’il existait une église Saint-Pardoux à La Tour d’Auvergne. La consultation des archives départementales en ligne me permit alors de trouver son acte de naissance.

- La Tour-d’Auvergne et ses environs.
Antoine GALLAND est donc né sous Louis XV, le 24 novembre 1763, à La Tour-d’Auvergne au hameau de Mezerat. Ses parents étaient Jean et Anne ROUX, du même lieu. Il a onze ans quand Louis XVI monte sur le trône [3] . Jean GALLAND est décédé avant 1772 (et probablement avant 1767 ; je n’ai pas trouvé son acte de décès). Antoine avait au moins deux sœurs : Marie, née en 1759, et Catherine, née en 1761.

- Acte de naissance d’Antoine GALLAND
Arrivée à Paris pendant la révolution
Il semble qu’il n’y ait pas d’autres informations sur l’enfance et la jeunesse d’Antoine GALLAND ; la seule que l’on sait, parce qu’il l’a écrit lui-même, c’est qu’il est :
À 27 ans il est donc plutôt royaliste. Il affirme que n’étant
Après le 9 thermidor an 2 (27 juillet 1794) et la chute de ROBESPIERRE, le régime de la Terreur s’achève et la Convention nationale continue son œuvre jusqu’à la Constitution de l’an 3. Il est arrêté en octobre 1795 pour avoir publié des libelles tendant à avilir la Convention.
Mon écrou portait : « le concierge des Quatre-Nations recevra jusqu’à nouvel ordre le nommé GALLAND, auteur de libelles tendants (sic) à AVILIR la Convention nationale. » [7]
En 1815, GALLAND en tire cette conclusion :
Durant la période 1795-1797, GALLAND est auteur, directeur de journal et imprimeur en association avec un certain CONORT.
Imprimeur, libraire et « écrivain »
Ainsi, selon sa fiche au catalogue général de la Bibliothèque Nationale de France, Antoine GALLAND a exercé une activité de romancier, d’éditeur de journal (Le Vrai Républicain ou le Défenseur des droits du peuple, La Chauve-Souris et L’Avertisseur ou le Postillon de Paris) et d’imprimeur, en association avec CONORT de 1795 à 1797. En Égypte, il est qualifié de prote, autrement dit contremaître ou correcteur, vérificateur. À son retour d’Égypte, il exerce le métier de libraire parallèlement à ses fonctions de vérificateur des mémoires de l’Imprimerie nationale ou impériale. Il est breveté libraire le 1er novembre 1812 ; brevet renouvelé le 15 mars 1817, mais il semble ne plus exercer après 1816.

- Exemple de publication "chez GALLAND".
Grâce aux pages de titre des ouvrages qui nous sont parvenus, que GALLAND en soit l’auteur ou l’imprimeur, on connaît diverses adresses où il a exercé ou vécu . On trouve, en 1795 : « De l’Imprimerie de CONNORT et GALLAND, rue de la Harpe, n°s 6 et 152 » ; en 1797 : « Chez l’auteur, rue Percée, A. des Arts, n°21 » ; en l’an 4 (1795-1796) : « Chez l’Auteur, rue de la Harpe, n°s 6 et 152, et chez les marchands de nouveautés » ; en l’an 13 (1804) : « Au Dépôt du Code Civil officiel, chez GALLAND, libraire Palais du Tribunat, n° 223 » (avec les variantes « place du Tribunat, Galeries de bois, n°223 » ou « rangée du milieu » ; en 1815 : « GALLAND, ex-vérificateur des mémoires de l’Imprimerie royale, rue du Paon-Saint-André, n°8 (Hôtel de Tours) ».
En tant qu’auteur, en dehors de ses pamphlets de la Révolution, on lui doit : Antonio ou les tourments de l’amour et ses douces illusions dans un cœur sensible (1797, par G…D), Le sort des femmes, ou L’infortunée Enize (1797, sous le pseudonyme de "l’auteur d’Antonio"), Le Sort des femmes, ou le club d’amour, suivi des Infortunes de deux jeunes amants, par Antoine GALLAND Nouvelle édition... (1809), Aux mânes de Napoléon, par A. GALLAND (de La Tour) (1830), etc.
Ce que résume la Biographie nouvelle des contemporains [9] par cette formule pour le moins définitive :
Ce qui, en toute honnêteté, n’est pas faux…












Un imprimeur Auvergnat : Antoine Galland (1763-1851) - Première partie.