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Un procès en responsabilité médicale en 1390


lundi 3 janvier 2005, par Géraldine Surian

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En raison de l’importance sociale de leur profession les médecins et chirurgiens étaient, au Moyen age, astreints à des règlements minutieux et sévères.
Les status municipaux de la république marseillaise, au XIII siècle les soumettaient, entre autres, à la surveillance de 3 inspecteurs qui avaient pour mission de dénoncer ceux qui paraissaient incapables et auxquels le recteur défendait alors d’exercer.

Placés sous la dépendance directe de l’autorité civile qui répondait d’eux, les médecins et chirurgiens étaient donc comme des fonctionnaires publics et comptables du rôle qui leur était confié.
Ceci impliquait la possibilité de poursuites dont le procès intenté en 1390 est un exemple original.

Ce procès fut intenté, le 15 novembre 1389, par devant la cour royale de Marseille contre Abraham Bondavin, citoyen de cette ville, médecin et auteur d’une cure malheureuse envers un de ses clients André Aycardet, pêcheur.

L’accusation portait sur 2 points principaux :

  • sur ce que Abraham Bondavin « sans remarquer que c’est une chose très grave que d’administrer aux malades, sous prétexes de les guérir, de mauvais remèdes qui les tuent ou les laissent infirmes et cela dans le but d’en tirer de l’argent », aurait agi de la sorte envers Aycardet qui était resté impotent pour le restant de sa vie.
  • sur ce que le même Abraham, bien que savant et licencié en art médical, serait complètement ignorant des principes de la chirurgie, qu’ainsi c’est illégalement et à l’encontre de son serment qu’il en avait pratiqué l’exercice.

L’histoire est la suivante :
Aycardet fit appeler Bondavin lequel, après examen du malade se chargea de le guérir.
Il fit dans ce but porter chez Jacques Galhard, apothicaire, « une grande quantité d’aulx et d’orties » avec ordres de les piler pour en extraire le suc et en fabriquer un onguent.
Muni de cet onguent il revint chez Aycardet qu’il enduisit de la tête aux pieds en l’assurant qu’il allait guérir.

L’effet fut le contraire et le patient ressentit des brûlures intolérables qui heureusement furent apaisés par un bain.

La mère d’Aycardet intenta un procès car persistaient des paralysies des pieds et des mains.

Des experts furent nommés.
Le procès s’ouvrit.
La défense de Bondavin fut étayé sur des arguments justifiant l’utilisation du chaud.
Il fut néanmoins condamné à une double amende d’une part de 25 livres, d’autres part de 20 livres.

SOURCES :
Félix Portal, « un procès en responsabilité médicales à Marseille en 1390 »

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