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Un village nourricier ou le destin tragique des enfants trouvés de Paris


jeudi 28 avril 2016, par Serge Bouvart

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Esquéheries est une commune de l’Aisne située à environ 210 km de Paris, soit vers les années 1750-1780, période qui nous intéresse, à 4 ou 5 jours de marche de la capitale. De très nombreux enfants trouvés de Paris y ont été mis en nourrice. Ce sont le plus souvent des bébés de deux à quatre jours qui partent pour ce long voyage emmenés par le « meneur » accompagné normalement par des nourrices.

Le meneur recrute des nourrices, leur confie des enfants et prend une commission sur les pensions. Combien d’enfants sont arrivés à Equéheries, je ne le sais pas, combien ont survécu, très peu, et ce que l’on découvre sur les registres paroissiaux est effroyable.

Vers 1766, le meneur est François de Marly, qui habite à Leschelle village voisin d’Hesquéheries. Dans sa maison, 67 enfants trouvés sont morts de 1764 à 1774.

« Le 24 d’avril mil sept cent cinquante deux est décédé un enfant chez Joseph Bombart des enfants trouvés de la maison de Paris. Son corps a été inhumé par moi vicaire d’Esquéhéries dans le cimetière de cette paroisse le même jour au dit an. »

Le nom de l’enfant n’est ici même pas cité. Le terme « enfant trouvé de la maison de Paris » est si fréquent qu’ aujourd’hui, pour l’écrire, on utiliserait un raccourci clavier.

11 enfants trouvés meurent à Esquéheries en 1752-1753 dont 6 chez le seul Joseph Bombart.

Joseph Bombart est manouvrier, il a 46 ans en 1753 et a épousé en secondes noces Marie Jeanne Megret, qui a le même âge, le 7 janvier 1734 à Esquéhéries.

Le couple perd cette même année 1753 une fille, Marguerite, qui décède le 24 juin à l’âge de 22 ans. Il leur reste 6 enfants vivants âgés de 10 à 19 ans.

Pour faire bouillir la marmite, ils prennent, comme plusieurs familles d’Esquéhéries, des enfants en nourrice.

Le meneur est-il bien plus intéressé par sa commission que par la capacité à allaiter d’une femme de 46 ans qui n’a pas eu d’enfant depuis un temps certain ? C’est en tout cas sur le premier versement de la pension que sa commission est la plus importante (4 Livres sur 5). Ce qui semble certain, c’est que Marie Jeanne Megret n’a jamais accompagné le meneur à Paris et qu’aucun chirurgien, accompagné d’une sœur, n’a du pouvoir vérifier sa qualité de nourrice.

Au XIXe siècle, les meneurs et meneuses donneront lieu à de nombreuses plaintes : choix de mauvaises nourrices, détournement de pensions ou de vêtements etc.

En 1754 sur 28 décès d’enfants (moins de 6 ans) enregistrés sur la commune, 14 sont des enfants trouvés soit 50%. Bizarrement, on n’en trouve que deux chez les Bombart.

Le meneur va à Paris et distribue les enfants tous les 15 jours, les Bombart les prennent par deux, voire trois.

En 1755, 34 enfants sont décédés, dont 21 enfants trouvés (environ 62%), dont 10 chez chez le seul Joseph Bombart, presque 30% du total et 50% des enfants trouvés.

10 enfants morts en une année dans la même maison, quel métier !
Marie Jeanne Megret « la nourrice » a 49 ans lors de cette hécatombe.
Les Bombart continueront à prendre des enfants en nourrice en 1756, ce qui fera deux morts de plus, puis arrêteront.
L’âge des enfants n’est pratiquement jamais indiqué sur les actes de cette période, on en trouve cependant un qui indique 11 jours. On le verra en 1780, ils ont entre 8 jours et 3 semaines.

En 1756 sont décédés 20 enfants dont 14 enfants trouvés soit 70%.

En 1757 s’amorce une nette baisse de décès d’enfants trouvés : 4 en 1757, 3 en 1758, et 3 en 1759 puis 4 en 1760.

Les affaires reprennent en 1761 avec 8 enfants trouvés sur 22 enfants décédés. Soit presque un tiers.

Sur ces 8 enfants 6 décèdent dans une même famille, celle de Nicolas Brunois :

  • 28 avril 1761 Louis Dupuis chez Marie Sarpillon femme de Nicolas Brunois.
  • 25 mai 1761 Marguerite Lamarre chez Nicolas Brunois.
  • 29 juillet 1761 Marie Marguerite Bonnet chez Louis Brunois.
  • 12 septembre 1761 Jean Thiery chez Nicolas Brunois.
  • 23 septembre 1761 Louis Jean Padelinette chez Marie Rousse femme de François Tronquet.
  • 28 septembre 1761 Catherine Françoise Cabaret chez Marie Sarpillon (X Nicolas Brunois).
  • 14 octobre 1761 Claude François Chevasseur chez Marie Rousse femme de François Tronquet.
  • 20 octobre 1761 Jean Benoist Bouche Marie Sarpillon femme de Nicolas Brunois.

1762 est une année très calme avec un seul décès et 1763 une année sans.
1764, 2 décès chez Nicolas Brunois.

Après l’accalmie des années 1762 à 1764, ça recommence :

  • 09 mars 1765 Henriette Françoise Giron chez Rémy Leblan.
  • 20 mars 1765 Joseph Lignau chez Louis Brunois.
  • 08 avril 1765 François Tasot chez Louis Gourdin.
  • 30 avril 1765 Bernard Houdier chez Jean Coze.
  • 21 mai 1765 Jean Baptiste Laurent chez ?.
  • 13 juin 1765 Pierre Charpentier chez Pierre Picard.
  • 25 juin 1765 Catherine Dubois chez Denis Denis.
    Denis Denis a perdu l’un de ses propres enfants le 4 avril à l’âge de 3 mois.
  • 17 août 1765 Antoine théodore chez Denis Denis.
  • 25 septembre 1765 Marie Joseph Periot chez Marie Brunois veuve d’ Estienne Cliche.

1765. Sur 16 enfants décédés, 9 sont des enfants trouvés ; plus de 56%.

  • 07 mars 1766 Anne Morin chez Jean Coze.
    Jean Coze perd deux des ses propres enfants le 18 mars (2ans) et le 23 mars (8 mois).
  • 12 mai 1766 Etienne Nicolas Dupressoir chez Louis Brunois.
  • 25 octobre 1766 Jean Marie Aulard chez Jean Dehorne.
  • 19 février 1767 Anne Lapleigne chez Pierre Poret.
  • 21 février 1767 Barbe Bertaut chez Pierre Poret.
  • 05 mars 1767 Louis Estouve(?) chez Pierre Poret.
  • 21 octobre 1767 Jacques Louis Auguste Boucher chez Jean Dehorne.
  • 12 décembre 1767 Marie Louise Vezard chez Pierre Poret.
  • 19 décembre 1767 Marie Anne Cheverde chez Louis Brunois.
    Pierre Poret chez qui meurent 5 enfants trouvés en 1767 est valet de charrue. Sa femme, Anne Chevallier n’est sans doute pas en état de nourrir les enfants qui lui ont été confiés. Elle accouche le 28 décembre d’un garçon qui meurt lui aussi le premier janvier 1768.

Les années passent, le meneur de Leschelle continue inlassablement son trafic.

Marie Josèphe Prevot ne semble pas mariée. Elle est dite fille majeure, fileuse de sa profession. Elle est cependant nourrice. Arnoult Chefdotel, le témoin sur l’acte ci-dessus, est le sonneur de l’église et le fossoyeur de la paroisse.

  • 05 mai 1780 Louise Audroux, 8 jours, chez Marie Joseph Prévost.
  • 17 mai 1780 Geneviève Martiale Bouvier, n°2070, 3 semaines, chez Marie Joseph Prévost.
  • 07 juin 1780 Nicolas Auboin,12 jours, n° 2532, chez Marie Joseph Prévost.
  • 20 août 1780 Marie Geneviève Benoist, n° 3503, 15 jours, chez Marie Joseph Prévost.
  • 23 août 1780 Mathurin Marchand, 18 jours, n° en blanc, chez Marie Joseph Prévost.
  • 13 septembre 1780 Jean Laurent, 7 jours, n° 96 (?), chez Marie Joseph Prévost.
  • 09 décembre 1780 Célestine Joseph chez Anne Chevalier, 9 mois (Célestine Joseph, n’est pas une enfant trouvée, mais elle a été confiée à Anne Chevalier par le meneur de Leschelle. C’est l’enfant illégitime d’une bourgeoise de Longueville diocèse de Cambrai.).

Sur 21 enfants décédés en 1780, à Esquéheries, 7 sont des enfants en nourrice.
A Leschelle, la même année, 22 enfants trouvés, soit 78,5 % des enfants décédés.

Ces enfants, lorsqu’ils survivaient, étaient rendus à l’hôpital des enfants trouvés quand ils étaient sevrés 3 à 5 ans selon les époques. On avait alors droit à une nouvelle hécatombe.

Pour finir sur une note moins sombre, certains parents nourriciers s’attachaient à l’enfant qui leur était confié. C’est le cas de Jean Dehorne, couvreur en paille, cité ci-dessus et de sa femme Marie Anne Rouillard qui se sont attachés à l’un de ces enfants. Ils ont sans doute du faire des pieds et des mains pour le garder et ont sans doute eu bien de la peine lorsque celui-ci est mort à l’âge de 22 ans.

Sources : Registres paroissiaux d’ Esquéheries (02) et de Leschelle (02).
Gallica : Un Chapître de l’histoire des enfants trouvés : La maison de couche à Paris par Léon Lallemand.

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43 Messages

  • Un village nourricier ou le destin tragique des enfants trouvés de Paris 28 avril 2016 20:49, par Christian De la Hubaudière

    Bonsoir,
    étude très intéressante, qui rejoint mon livre à paraître « Au sein de Paris » (voir sur ce site). Il ne faut pas confondre l’organisation des Enfants Trouvés avec celle des légitimes, bien plus nombreux. Comme vous l’indiquez dans vos remarques, les nourrices vont à Paris pour un seul des seconds, pas pour les premiers qu’on leur apporte par deux ou trois. Ce n’est pas un trafic, c’est la dure nécessité. J’explique tout cela dans mon livre. Parmi vos relevés, trouvez-vous des décès d’enfants parisiens légitimes ?
    Bien cordialement.

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  • Bonjour, Serge
    Enfants trouvés de Paris ou d’ailleurs ,c’est partout la même hécatombe. Votre texte pose aussi la question des « nourrices séches » et des débuts pour le moins difficiles de l’alimentation artificielle des nourrissons:trouver le lait le plus proche du lait de la femme ,propreté des biberons ...
    Plus tard au XIX siècle ,l’oeuvre de la goutte de lait du Docteur Dufour à Fécamp s’attachera à cette question.
    Bien cordialement,
    Martine

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  • Bonjour ,
    Ayant fait de nombreuses recherches dans la ville de Ribemont ( 02 ) et intriguée par ces morts fréquentes d’enfants en bas-âge , j’avais fait des recherches sur les enfants placés en nourrice .
    Je conserve un excellent dossier sur le sujet et sur les « meneurs de nourrices » pour l’hôpital des enfants trouvés de Paris .Dossier d’une vingtaine de pages extrêmement instructif et émouvant .
    Je ne trouve pas le site sur mon dossier mais je pense qu’on peut le trouver en tapant le titre :
    Enfants abandonnés et trouvés (1750-1800) Jean Grenier meneur de nourrices pour l’hôpital des enfants trouvés de Paris " cordialment

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    • Bonjour,
      Je viens de prendre connaissance de votre message au sujet des enfants trouvés à Paris (1750-1800).
      J’ai dans mes ancêtres une fille nommée Julie Adèle FRANSKIN(son père FRANSQUIN Henri x BORGUET Marie Joseph)enfant trouvée à Paris sous le n°1338(période 1800à 1802).Auriez-vous quelque renseignement sur elle, dans votre dossier ?
      Merci d’avance

      Répondre à ce message

  • Bonjour, Pour prolonger votre article très intéressant, voici le témoignage d’un docteur du Morvan, province réputée pour ses nourrices, qui expose l’effroyable mortalité des « Petits Paris » : De l’industrie des nourrices et de la mortalité des petits enfants par le docteur Monot, de Montsauché, Nièvre 1867 que l’on peut trouver dans les livres numérisés de Google.
    Plus un modeste témoignage : une liste de « Petits Paris » retrouvés dans les actes de la Chapelle Rablais, petite commune de Brie et la copie d’un certificat de renvoi de nourrice :
    http://chapellerablais.pagesperso-orange.fr/site%20archives/html-docs/docs-petitsparis.htm
    Cordialement. Jean Bernard Duval

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  • Bonjour
    je ne peux que vous inciter à lire mon étude sur les enfants trouvés, exposés à l’hospice civil de Quimper..
    3816 enfants exposés au tour entre 1803 et 1861, 545 mariages répertoriés, d’où une foule de descendants dans toute la France.
    Ce livre est en voie d’épuisement et ne sera pas réédité.
    Titre : Les exposés de Creac’h-Euzen

    Bien cordialement
    Pierrick Chuto
    http://www.chuto.fr/

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  • bonjour, dans mon village, en Normandie, il y avait plusieurs nourrices d’enfants de l’assistance publique, ce n’était pas des bébés mais des enfants abandonnés ayant au moins deux ans ; les nourrices étaient bien et les enfants heureux, pas de différence sensible avec les enfants du couple quand il y en avait, je me souviens de deux enfants frère et soeur qui étaient chez le bedeau et dont on ne savait pas le nom, on les appelait du nom de leur parents nourriciers qu’ils appelaient papa et maman

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  • Quand j’ai fait les relevés de Villemoustaussou dans l’Aude, j’avais trouvé des faits comparables. Villemoustaussou est une petite commune en bordure de Carcassonne et j’avais relevé pas mal (toute proportion gardée) d’enfants décédés mis en nourrice et provenant de la grande ville voisine.

    Mais comme ça a été relevé dans un commentaire précédent, il me semble que c’était pour la plupart des enfants légitimes plutôt que des enfants trouvés.

    Je me demande si on retrouvait des faits de cette ampleur dans les communes voisines de Carcassonne ou si certaines familles de Villemoustaussou étaient notoirement connues pour recueillir les petits carcassonnais.

    Répondre à ce message

  • ce principe de village nourricier a perduré bien longtemps,heureusement un peu amélioré .
    Je suis née en 1948 à Paris dans une clinique toute proche de l’Assistance Publique qui était alors place Denfert Rochereau . De cette place partait une ligne de cars qui faisait la liaison Paris Bourges et traversait le village d’Argent sur Sauldre . Ce village est devenu un village nourricier et je me souviens que nous étions très nombreux à l’école à être « de l’assistance » .
    J’ai voulu faire des recherches sur ces placements mais elles n’ont pas abouties .Mon père nourricier travaillait dur à la carrière et ce revenu lui était sans doute vital .

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  • Faisant actuellement des recherches sur la famille paternelle de mes cousins, je me retrouve bloqué sur l’origine d’un des ancêtres né vers 1773, sur l’acte de décès au lieu du nom des parents comme souvent il est écrit « Pierre Henri XXXX élève de l’hôpital civil de Paris âgé de 71 ans » et je ne trouve pas d’autres personnes avec le nom de famille (je l’ai masqué). J’ai trouvé aussi d’autres actes avec cette indication pour d’autres personnes.
    Cette personne est sensé être originaire de Esmery-Hallon dans la Somme comme ses descendants d’ailleurs. J’ai remarqué aussi un nombre élevé de décès d’enfants en bas âge sur cette commune avec l’indication « enfant trouvé de l’Hospice de Paris ». Avec votre article je commence à comprendre, mais je me pose la question de ou vient le nom de ces enfants quand ils échappent à la mort en bas âge ? c’est le nom de famille de la nourrice ou un nom « donné » par le curé au baptême ?

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    • Bonjour,

      Avez-vous fait une recherche sur le répertoire des admissions des enfants trouvés de Paris ?
      Voir http://canadp-archivesenligne.paris.fr/autres_archives_genealogiques/index.php
      Avec son nom, vous devriez trouver son numéro et peut-être, avec de la chance s’il en existe un, son dossier.
      Bien cordialement,
      Serge

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      • Les Archives de Paris ont numérisé les dossiers des enfants trouvés de l’hospice de Paris. Avec le nom et une date de naissance vous pouvez trouver beaucoup de renseignements. Voir l’arrivée , à qui il a été confié.
        Mon ancêtre Pierre Fleury confié Catherine PETIT femme de Claud Devienne à REMIGNY village de l’Aisne. Les Archives m’ont envoyé son dossier. Plus tard je suis allée à Paris et j’ai trouvé son acte baptème.

        Mon probléme : il est né de parents inconnus mais à son baptème il a 1parrain Michel Fleury et 1marraine. Son acte de baptème est dans ses langes à l’arrivée à l’hospice.Or à son mariage et sur son acte de décès il est fils de Pierre Fleury et Henriette SAMARANTE domiciliés à Paris ???? Etrange ! Claude Devienne est présent à son mariage comme ami. Bonne recherche .C’est beaucoup d’émotions.

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        • Bonsoir
          L’acte de baptême dans les langes de l’enfant. Les parents, peut-être trop pauvres, ne peuvent s’en occuper et préfèrent le confier à l’hospice. Cet enfant a donc pour père Pierre Fleury et pour mère Henriette Samarante. Samarante est peut-être une féminisation de Samarant.
          Son parrain Michel Fleury est probablement un oncle.
          Certaines études indiquent qu’au moins 15% des enfants abandonnés ont des parents légitimes. Rien d’étonnant à votre histoire même si l’hospice indiqua des « parents inconnus ».

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    • Bonjour ,
      U de mes ancêtre est un enfant trouvé sur les marches de l’église ; comme pour beaucoup d’enfants il a reçu pour nom de famille le saint du jour à savoir Alexandre et pas de prénom . Sur les actes d’état civil il est toujours nommé « Alexandre enfant trouvé » ou « sans prénom » mais sur son acte de décès il sera noté avec le prénom de son premier fils .
      cordialement

      Répondre à ce message

    • Bonjour
      Le nom donné à un enfant abandonné dépend de la façon dont il est arrivé à l’hospice.
      Abandonné par la mère le jour de sa naissance à l’hôpital, il portera probablement le nom de sa mère.
      Déposé de façon anonyme après un accouchement en ville, il recevra probablement un nom donné par l’administration de l’hospice. Le baptême a lieu à l’hospice.
      Il y a sûrement une trace de votre Pierre Henri (XXX ?) dans les archives de l’hospice des Enfants-Trouvés à Paris.

      Cordialement
      Dominique

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  • Juste une petite remarque : il faut faire la nuance entre nourrice « sèche » et nourrice « humide », la seconde étant bien sûr celle qui allaite. Dans les cas ci-dessus, il s’agit sans doute, dans la grosse majorité des cas, de nourrices « sèches ». Les enfants étaient nourris autrement (il est possible d’allaiter un enfant avec du lait de chèvre, par exemple)... d’où sans doute cette effroyable mortalité dans ces époques peu regardantes sur l’hygiène et la qualité digestive des aliments. Il y a fort à parier que la plupart de ces enfants ont dû ingurgiter du lait de vache non bouilli, complètement impropre à la consommation pour les nourrissons, et mourir de déshydratation brutale après diarrhées.

    Comme vous le soulignez dans l’article, l’intérêt de la plupart de ces familles, très modestes, était pécuniaire. Malheureusement, l’hécatombe continuera jusque vers les années 1850 / 1860, quand l’administration procèdera à des contrôles chez les nourriciers. Ce qui correspond aussi peu ou prou à l’effondrement spectaculaire de la mortalité infantile en général...

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  • Ce phénomène n’est pas exclusif à Esquéheries. Dans tous les villages de l’Aisne que j’ai lu pour mes recherches il se trouve les mêmes constatations. Mais aussi dans d’autres régions de France (Berry). Comment retrouver le nom du meneur d’enfants ?

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  • De nombreuses études ont été publiées sur le sujet. Les registres paroissiaux de l’Yonne amènent bien sur aux mêmes conclusions.
    La lecture du registre d’admission des enfants trouvés de Paris est éloquent quant à cette mortalité qui dépasse les 95%.
    J’y ai trouvé le nom des parents d’un des ancêtres de mon époux abandonné et élevé dans l’Yonne, les dossiers plus complets relatifs à l’origine des enfants sont nettement plus rares. Cet enfant a gardé les noms et prénoms de ces parents biologiques.

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  • Bien longtemps après...les choses avaient bien peu changé.
    Ma mère née dans le Midi en 1912 a été mise en nourrice quelques heures après sa naissance. Un an après, ses parents (qui n’étaient jamais allé la voir !)ont été alertés par une lettre anonyme (peut-être du curé ?)leur apprenant que l’enfant était nourrie au jus de pavots qui poussaient dans le jardin de la nourrice, qu’à un an elle ne tenait pas assise !
    Mes grands parents sont allé la récupérer...au grand mécontentement de la nourrice qui perdait son gagne-pain.
    La nourrice, maîtresse du docteur, recevait sans peine des certificats de « bonne nourrice » !

    Répondre à ce message

  • Très intéressant « reportage ».
    Je fais le même constat en Sarthe où « enfants de l’hôpital » et enfants de Paris décèdent très jeunes. Duel intérêt de les prendre en nourrice pour les laisser mourir au plus vite ?
    Mon SOSA 30 fut déposé au tout de Tours. Il fut mis en nourrice mais survécut puisque je suis là. Le destin l’a rattrapé un jour de décembre 1867 sur la route de Mazière à Langeais en Maine-et-Loire.
    J’ignore s’il y a une étude globale de ces nouveaux-nés.
    Cordialement
    J C GUITTET

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  • Les enfants abandonés de marseille 25 mai 2016 08:39, par Edouard Bégou

    Le transport de ces enfants de Marseille à Rosans était organisé et assuré par Antoine Reynier, et sa femme Eugénie Nier, qui était elle-même une de ces enfants trouvés. Ils voyageaient en jardinière, une charrette légère tirée par un seul cheval, avec une capote et un plateau à l’arrière, qui recevait les enfants couchés sur de la paille.

    Ils devaient coucher en route à Manosque, car de Marseille à Rosans il y a plus de 100 Km
    Les hospices de Marseille, Carpentras, ou Avignon, qui recevaient beaucoup d’enfants abandonnés les dispersaient dans la proche région. Ces enfants, dont certains avaient une dizaine de jours, étaient mis en subsistance chez les habitants qui étaient rémunérés pour ce service.
    Ils avaient une faible espérance de vie, on trouve sur les registres de Rosans, entre 1850 et 1900, 205 enfants décédés. Sur les registres de Moydans, on en trouve 73 entre 1833 et 1899. Sur ceux de Ribeyret on en recense 122 ; pour Saint André 293 enfants, venus d’Avignon (11) de Carpentras (27), mais aussi d’Apt et Aix. Certains étaient âgés de 12 jours. En 1961, à Chanousse, six enfants des hospices, décéderont entre février et juillet, dont un âgé de 15 jours.
    L’hôtel Dieu de la ville de Marseille, avec son « tour » et la population de transplantés

    , était organisé pour traiter ces abandons. L’enfant abandonné était présenté à l’officier de l’état civil qui l’inventoriait avec précision, puis le renvoyait à l’hôtel Dieu. L’extraits du registre ci-contre montre que l’on ne laissait rien au hasard : « béguin indienne rose, autre calicot … »
    L’abandon date du 5 novembre 1847, mais la naissance est du 27 septembre : délai de réflexion ? , les deux prénoms sont précisés par le mère : Augustin Victorin. Le nom de famille est décidé par les présents, ce qui donne souvent dans la fantaisie : Eglantine, Truc, Bourgoin, Vincennes, Chion.
    Eugène Charce, qui réussira sa vie à Moydans, avait, l’indication de deux prénoms, Eugène André, et,« suspendu à son cou, par un fil de coton blanc, la moitié d’une pièce de cinq centimes ». L’autre moitié était conservée par les parents géniteurs….. pour une éventuelle reconnaissance …. pas encore effective.

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  • Bonjour
    Au cours de recherches pour ma généalogie, jai rencontré exactement la même situation dans un petit village proche de Paris : Mousseaux sur Seine. Il n’y a pratiquement aucune page des registres paroissiaux qui ne mentionne un ou plusieurs décès d’enfants, en général en très bas âge. Ceux-ci sont confiés aux familles par les Enfants trouvés de Paris mais aussi, en assez grand nombre, par leurs parents légitimes demeurant à Paris (assez souvent des commerçants, quand le métier des parents est précisé).
    Cordialement
    Françoise

    Répondre à ce message

  • Je reprends une info intéressante passée dans l’actu de Généanet le 14 mai dernier : Un nouveau musée dédié aux Enfants de l’Assistance Publique et aux Nourrices vient d’ouvrir à Alligny-en-Morvan (Nièvre)
    Avec une scénographie vivante où s’entremêlent données historiques et témoignages familiaux, vous suivez le parcours des enfants recueillis par l’Assistance publique, des nourrices « sur place » restées dans le Morvan et de celles « sur lieu » parties en ville allaiter d’autres enfants que les leurs.
    Grâce à l’Association des Amis de la Maison des Enfants de l’Assistance publique et des Nourrices du Morvan, créée en 2007, l’intérêt généalogique de ce musée est indéniable tant pour la recherche des enfants abandonnés que pour l’histoire vécue de nos ancêtres.

    COORDONNEES

    Musée des nourrices et des enfants de l’Assistance publique
    Le Bourg 58230 Alligny-en-Morvan
    03.45.23.00.00 (Office Tourisme) – ou 03.86.78.44.05 (musée)
    accueil@museedesnourrices.fr
    www.museedesnourrices.fr
    Facebook : https://www.facebook.com/museedesnourrices

    INFOS PRATIQUES
    Horaires d’ouverture :
    A partir du 29 avril 2016, ouvert tous les jours de 10h à 18h, sauf le mardi
    ouvert 7j/7 en juillet et août

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  • Le taux de mortalité chez les enfants trouvés ou placés en nourrice a toujours été très élevé jusqu’au milieu du XXe siècle. Sur 117 enfants placés à la crèche de Québec en 1902,par exemple,seulement 9 furent adoptés, tandis que 99 sont décédés durant cette année, soit 72.6% des enfants de la crèche. Sur les 5022 enfants abandonnés à la crèche de Québec entre 1903 et 1920, 2075 y sont décédés dans l’année de leur admission, soit plus de 41%.

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  • En faisant des recherches sur notre famille dans la somme, je me suis aperçue de la même chose, que d’enfants trouvés ou non, confiés et morts sur certaines communes. Mais le même constat a été fait dans les campagnes de l’oise.
    Pour ceux qui avaient des parents, ces derniers étaient-ils au courant des conditions dans lesquels les enfants étaient élevés ? Pensaient ils que le seul air pur de la campagne suffisait pour échapper aux miasmes de la ville ?
    A cette époque on constate que le taux de mortalité est aussi élevé pour les autres enfants qui ne sont pas confiés à des tiers. Combien ont essayé d’avoir un enfant vivant, parfois on voit 5 « victoire » ou « désiré » naître et un seul survivre.
    Heureusement nous ne vivons plus à ce siècle.

    Claudine

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  • Bonjour,

    J’avais bien rencontré, au cours de mes recherches, des décès d’enfants trouvés et placés en nourrice mais j’ignorais que ce fût un tel désastre. Eugénie Marie Faven aurait dû être ma grand-tante. J’ai découvert son existence lorsqu’un mien cousin m’a transmis copie du livret de famille de nos arrière-grands-parents.

    La petite Eugénie, née le 14 juillet 1900, arrivait après une sœur de 7 ans, un frère de 4 ans, et celle qui deviendrait ma grand-mère, née l’année précédente. Les parents tenaient un commerce et je m’étais demandé pourquoi, née à Paris, la pauvrette était allée mourir le 30 juillet suivant à Michery dans l’Yonne. Toutes les hypothèses m’avaient effleurée et une généanaute m’avait conseillé d’aller voir les archives en ligne de l’Yonne.

    C’est une nourrice de 57 ans qui avait déclaré le décès. Comment aurait-elle pu la nourrir ? Pauvre petit enfançon qui n’avait pas de place dans sa propre famille. Ces tout-petits, à peine nés, arrachés à leur mère, quelle devait être leur détresse. Et les parents, en avaient-ils au moins du regret ? J’avoue avoir versé des larmes sur cette petiote.

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  • Le même phénomène se retrouve à Noyen-sur-Seine en Seine et Marne où beaucoup d’actes de décès comporte la mention marginale « enfant de Paris » ;

    Voir l’acte de décès du 3 novembre 1785 (page 333/402) de Bauby Louis Nicolas Jean mort à 9 mois et enfant légitime de Bauby Louis, maître limonadier, rue Git-le-Coeur, paroisse Saint-André-des-Arts.

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    • Je travaille sur l’Yonne, comme volontaire de l’indexation collaboratrice, et pour trouver des ancêtres paternels sur la région Nièvre-Yonne-Haute Marne.J’ai trouvé beaucoup d’enfants de Paris mais plus d’enfants légitimes mis en nourrice par leurs parents vivant à Paris que d’enfants trouvés de l’hospice de Paris.

      Les actes de décès de ces enfants comportent le nom des parents, leur adresse à Paris et le métiers du père ! Il est important, pour les archives de Paris en reconstruction, de répertorier tous ces actes ; il se prépare une grande campagne pour cela et les Associations de Généalogistes autour de Paris vont se mettre en route...
      Salutations cordiales.

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  • après avoir lu cet article je suis outrée. j’avais des hauts de coeur et la poitrine serrée en lisant la liste des décès de ces pauvres petits. En effet mon arrière grand-père né en 1843, soit beaucoup plus tard, a été placé dans des familles d’accueil autour de Paris. J’ai pensé à lui. Mais je pense qu’il était, vers l’âge de 10 ans, dans une bonne famille qui lui a fait faire sa communion. Avant je ne sais pas où il était placé.

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  • Bonjour
    J’ai vu aussi ces cas nombreux d’enfants en nourrice à Chars (Val d’Oise) et décédés très jeunes, leurs 2 parents étaient cependant connus pour la plupart.

    Une de mes ancêtres célibataire et domestique dans des maisons de Luzarches ou Epinay-Champlatreux (95) avait régulièrement des enfants (6 entre 1811 et 1836) qu’elle reconnaissait à la naissance, et ensuite dès leur premier jour, ces enfants étaient placés en tant qu’enfants trouvés à l’hospice de Paris avec un numéro et un surnom, puis mis chez des nourrices dans des régions très éloignées de Paris(lors d’un de leur décès trouvé, seul le surnom et le numéro de l’assistance publique était indiqué sur l’acte).
    Je n’ai pas trouvé ensuite la trace de vie ou décès de 3 sur les 6 enfants.
    1 a été placé dans le Loir et Cher, un autre dans l’Yonne et une fille sans indication de placement ou décès.
    S’ils restaient en vie, celle-ci n’était pas facile (travaux très durs). Et s’ils rechignaient ou ripostaient, ils faisaient un petit séjour à la Petite Roquette, puis mis dans des fermes pénitentiaires.

    cordialement

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  • Un village nourricier ou le destin tragique des enfants trouvés de Paris
    Dans l’Eure et Loir dans le village de Chapelle-Royale, les nourrices (famille) prenaient des enfants, non pas trouvés mais confiés par leur parents ou mère célibataire de Paris... On constate dans ces années une mortalité très forte mais mortalité presque aussi importante auprès de la population et de leurs enfants. Évidemment, ces petits nouveaux-nés très jeunes sont les premiers frappés. Dans ce cas il me semble ne pas y avoir eu de maltraitance.

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  • Je viens de lire la sélection de l’ouvrage sur les enfants envoyés en nourrice voire abandonnés.
    Je suis doublement intéressée par le sujet car dans les ancêtres le père de mon arrière grand mère était un enfant trouve sur les marchés de l’église le lendemain de sa naissance. Je pense qu’il était placé chez le maréchal ferrant qui lui a appris le métier. Mais aucune preuve formelle.
    Deuxième intérêt mon arrière grand mère s’ occupait d’enfants de l’assistance et les élevaient à la ferme comme ses propres enfants. Ma grand mère m’en avait parlé comme de ses frères et soeurs de lait. J’en ai rencontré une au Canada il y a quelques année et elle en avait de très bons souvenirs, à tel point que nous sommes très liés avec ses enfants et petits enfants.
    Un second que j’ai « rencontré » grâce à Geneanet .

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  • Mon tri-aïeul est un enfant trouvé, déposé à l’hospice de Cherbourg en 1834.
    sur l’acte d’état-civil, il y a la description des vêtements qu’il portait et un petit mot de sa mère précisant qu’il n’était pas baptisé et le souhait qu’il porte les prénoms « Paul Amand ».
    Dans la famille circulait l’histoire qu’il aurait été trouvé par le curé de Maupertus-sur-mer (50) sur les marche de son église.
    D’où ma question, existe t’il un endroit ou sont collectées des renseignements plus précis .
    Cordialement

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  • Bonjour, mon plus lointain ancêtre retrouvé Bruno Bussy né vers 1767 est, je cite son acte de mariage « un garçon de l’’hôpital général de Paris en nourrice chez LEJEUNE Nicolas et TROUVAIN Marie Françoise ». Lui n’a pas été rendu à l’hôpital comme vous l’expliquez. Il est resté dans la Somme, s’y est marié (son père nourricier fut son témoin) et y est décédé à 75 ans.
    Peut-être que là aussi, ses parents nourriciers se sont battus pour le conserver.
    Cordialement.

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  • Bonjour, le « centre d’histoire sociale de la Haute-Loire » a également édité un ouvrage passionnant et très documenté sur le sujet,(citant ses sources et joignable par mail), concernant en particulier le Puy-en-Velay et Yssingeaux, et leurs alentours.

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  • recherche d’enfants
    ou peut on retrouver des enfants abandonnes des hospices de paris dont un particulireemnt dint j’ai le numéro d’inscription aux hospices de paris et abandonné dans la somme

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  • 2017-03-21

    Cher monsieur Bouvart,

    l’un de mes ancêtres directs ayant été convoyé par « Marli meneur » en 1768, j’ai pris la peine de me rendre aux Archives de la Ville de Paris (ce 17 mars 2017) pour y dépouiller le registre
    « 1768-enfant abandonnés »,
    cote « RC-D2HDEPOT/ENFANTSTROUVES-137 »,
    arborant les anciennes étiquettes à filets dorés
    « 84e registre – 1 à 2491 » – « Enfants trouvés – 1768 – 1re partie ».

    Concernant « Marli meneur », voici le résultat de ce dépouillement systématique : on peut en déduire entre autre chose le circuit qu’il parcourait autour de Buironfosse.

    Pour ce début d’année 1768, il effectue un premier passage le 19 janvier : il ne se voit confier que trois enfants immatriculés 204 (destination Wassigny), 224 et 231 (destination Buironfosse) – aucun n’arrive vivant à destination.

    Le sieur Marli, meneur d’enfants, revient quérir une deuxième « fournée » le 18 février 1768. On imagine l’atroce réalité du transport de ces 21 (vingt et un !) petits humains, en plein hiver, dans une charrette à peine bâchée, sans nourrice, n’avalant à la va-comme-je-te-pousse qu’un vague lait de chèvre coupé d’eau.
    Il s’agit des enfants immatriculés 718 et 744 (destination Buironfosse), 723 (destination Le Sourd), 724 et 740 (destination Maroilles), 727 et 754 (destination Avesnes), 731, 733, 736, 738, 741 et 752 (destination Saint Souplet, à 6km au Sud du Cateau-Cambrésis), 732 et 747 (destination Wassigny), 734 et 745 (destination Glageon), 735 (destination Lerzy), 742 (destination Férond – l’enfant meurt à Leschelle avant même d’être arrivé), 746 et 757 (destination Leschelle, près de Buironfosse).
    Le registre est sans pitié : un an plus tard, AUCUN survivant, la plupart sont morts au cours de ce sinistre parcours, quelques-uns, très rares, ont survécu quelques mois.

    En ce 10 mars 1768, le sieur Marli en est donc à son troisième convoi. Il emporte cette fois 19 nouveaux nés, immatriculés 1108, 1146, 1157, 1159 (destination Buironfosse), 1132 et 1148 (destination Leschelle, près de Buironfosse), 1133 et 1150 (destination « Cassillon » probablement Catillon-sur-Sambre), 1134 (destination « Marly, diocèse de Laon »), 1138, 1141 et 1145 (destination Saint Souplet, à 6km au Sud du Cateau-Cambrésis), 1139 (destination Troisville, 6km à l’Ouest du Cateau-Cambrésis), 1142 (destination « Macquignies » devenu Macquigny), 1151 (destination Berlaimont), 1156 et 1159 (destination Maroilles).
    Les deux derniers, matricules 1144 (Pierre Jacques Lepicouché) et 1147 (mon ancêtre Jean Nicolas) sont tous deux acheminés à Cartignies (devenu Cartigny) chez le couple Dupont-Janlain.
    Arrivé chez les Dupont-Janlain en même temps que mon ancêtre, le petit Pierre Jacques Lepicouché décède le 9 février 1770.
    Sur ce convoi de dix-neuf nourrissons, quatre seulement survivront durablement, les quinze autres décèdent soit au cours du voyage, soit dans les mois qui suivent. Le sieur « Marli, meneur » n’est pourtant pas le pire des meneurs : en consultant ce registre, on constate en effet que, dans les convois assurés par ses quatre ou cinq « collègues », il n’y a le plus souvent aucun survivant à l’arrivée.

    Il me semble en outre utile d’indiquer à vos lecteurs que ces registres, d’un aspect quasiment neuf, composé de somptueuses pages de papier épais, majestueusement calligraphiées, réunissent les fiches complètes de ces enfants : c’est là, que sont consignées les indemnités versées aux nourrices (lorsque l’enfant survit).

    Les registres paroissiaux que vous avez vous-même dépouillés montrent de leur côté

    • que le sieur Marli signait de telle sorte qu’il est fort probable qu’il savait lire et écrire, ce qui n’est pas si fréquent à cette époque
    • qu’il commençait probablement sa « tournée » en venant à Esquéhéries se débarrasser auprès du curé des malheureux petits cadavres.

    Par ailleurs, il est curieux de constater que ce François Marli n’a aucune existence dans une base comme Généanet : a-t-il été marié ? a-t-il eu une descendance ? qui connaîtrait ses dates et données biographiques ?

    Bien à vous - MR

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    • Bonjour,
      Un grand merci pour vos informations
      Vos recherches confirment bien le sort effroyable de ces enfants. Elles montrent aussi que le règlement n’était pas appliqué ; le meneur aurait du être normalement accompagné de nourrices. On en reste sans voix.
      Vous devriez écrire un article sur votre dépouillement.
      Cordialement
      Serge

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  • 2017-03-21

    Bonsoir,

    mille excuses, j’ai commis hier une erreur à la fin de mon courriel : le sieur De Marly existe bien dans la base Geneanet, sous l’intitulé François de Marly.

    Il serait né le 26 sept 1733, et décédé le 9 novembre 1783, toujours à Leschelle, et se serait marié dans ce même village le 7 novembre 1757 avec Marie Henriette Prud’hommeaux.

    De ses douze enfants, seul l’aîné survit - huit autres meurent en bas âge, trois ont un sort indéterminé...
    Autre coïncidence troublante : il meurt le même jour que son propre père...

    Un individu pour le moins « bizarre ».

    Bien à vous - MR

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  • Je recherche la trace d’André Capobin meneur d’enfants trouvés et de Félicité Bégé « nourrice » de 20 ans en 1813 qui ont accompagné et emmené mon quadri aïeul Germain Roblin le 19 octobre 1813 à Fossy poste de Vendeuil ( AISNE).

    Germain a été abandonné par sa mère à l’hopital des enfants trouvés de Paris le jour de sa naissance le 1 er octobre 1813 et a fait souche dans l’Aisne où il s’est marié et où il est dcd en 1884 à l’âge de 70 ans .

    Merci pour votre aide.

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  • membre du CG 27, je travaille sur le même sujet
    dans le village de COUDRES
    et nombre impressionnant de nourrices !

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