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Une élection mouvementée en 1910 à Plobannalec-Lesconil

Du REUZ en Bigoudénie


jeudi 6 décembre 2018, par Pierrick Chuto

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Une tuerie certaine ?

Dès l’aube, ce dimanche 24 avril 1910, le bureau de vote de Lesconil accueille les premiers électeurs, des marins-pêcheurs bien décidés à faire triompher leur candidat à la députation, le docteur Plouzané, radical de gauche, soutenu par Georges Le Bail, l’homme fort de la Bigoudénie [1] . Les jours précédents, les quelques paysans qui ont manifesté timidement le souhait d’apporter leurs suffrages à Henri de Servigny, le candidat libéral, un blanc soutenu par le clergé, en ont été fermement dissuadés par un mot d’ordre des plus clairs : Ceux qui sont pour le candidat radical pourront voter. Les autres resteront chez eux. Soucieux d’éviter un mauvais coup, terrés derrière leurs fenêtres, ils voient passer vers six heures et demie cent vingt hommes et autant de femmes qui vocifèrent des chants révolutionnaires au son du tambour. Drapeaux en tête, la marée humaine parcourt rapidement les trois kilomètres de mauvais chemin qui séparent le port de Lesconil du bourg de Plobannalec. Cette commune bicéphale a souvent fait parler d’elle lors d’élections précédentes, parfois invalidées du fait de pratiques peu orthodoxes. Déjà, en 1906, avant les législatives, le recteur Guillou a écrit en vain au préfet : Notre presbytère a été récemment violé et notre église profanée. Pour dimanche prochain, mes vicaires et nos religieuses sont menacés d’avoir la vie en danger. Le candidat Servigny a renchéri : Mes amis seront armés et sauront se défendre. Ce sera une tuerie certaine.

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Le Pays bigouden
www.fans-de-bretagne.com

Un maire fantoche

Cette fois encore, le préfet Collignon reste sourd aux appels à l’aide. Le représentant d’une République anticléricale préfère croire le député Le Bail qui lui assure que, suite à son intervention, les marins voteront dans le calme et qu’il est, par conséquent, inutile d’envoyer des renforts de gendarmerie au bourg. Qu’importe la pétition réclamant la liberté de vote qui est adressée à la préfecture par cent cinquante cultivateurs. Ce chiffre, avancé par « Le Progrès », organe des Blancs, est contredit par des sources proches du Pouvoir qui n’ont comptabilisé que vingt signatures. Le préfet ne prête pas plus d’attention au courrier d’Armand Guillerm, candidat socialiste, qui s’inquiète des menaces radicales.
Vers sept heures, le seul gendarme présent au bourg de Plobannalec voit déferler les marins de Lesconil. Fort bien accueillis à la mairie par Jean Souron, maire fantoche, et Jules Deschennes, tout-puissant secrétaire de mairie, les hommes, au pas souvent mal assuré, se dirigent ensuite vers l’école des garçons où une salle de vote a été aménagée. Alors que le bureau n’ouvre qu’à huit heures, les premiers coups tombent dru sur les paysans qui s’en approchent. Aussitôt prévenu à son domicile de Loctudy, M. de Carfort [2] télégraphie à Aristide Briand, président du Conseil : Deux cents marins ont envahi le bourg de Plobannalec. Collision sanglante à craindre. Le préfet n’a pris aucune mesure. Cultivateurs nous demandent protection.

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Henri Le Nepvou de Carfort, comte de Carfort (1851-1919)
Collection Serge Duigou

Chantant des chansons lugubres, les femmes des marins courent en tous sens dans le bourg. Pendant que des hommes étanchent leur soif de cabaret en cabaret, [3], d’autres se massent autour de la porte qui mène au scrutin et terrorisent les partisans de Servigny qui doivent repartir bien vite sans pouvoir remplir leur devoir de citoyen. Dans la salle, deux de ses soutiens demandent à faire partie du bureau. En vain car, curieusement, celui-ci est déjà formé par des partisans de Plouzané, dont deux marins de Lesconil qui n’ont rien à y faire.
Dans la journée, les exactions contre les paysans se multiplient. Bousculés, chassés, poursuivis à coups de pierre, les électeurs du bourg se réfugient où ils le peuvent. Des mineurs maltraitent un vieil homme, puis entourent et frappent Pierre-Jean Riou qui se réfugie dans un grenier à foin, sur le toit duquel s’abat une grêle de pierres. Venue à son secours, sa fille est malmenée à son tour. Riou, resté cloîtré plusieurs heures, ne doit son salut qu’à l’arrivée d’un convoi funéraire venant de Lesconil. [4]

Hou ! À bas, la calotte !

Vers quatre heures, après les vêpres, l’abbé Jézégou, recteur au fort tempérament, se présente avec ses deux vicaires à la porte de la salle de vote. Dès qu’elles les voient, les femmes accourent en criant À bas la calotte et autres aménités, que toutes ces bouches féminines roucoulent avec autant de grâce que de respect. Pas en reste, les hommes accueillent les ecclésiastiques par des injures et se serrent les coudes. Les protestants surtout se montrent enragés. [5]. M. Hémery, l’un des vicaires, est frappé par un nommé Castric. Cernés de chaque côté, les prêtres parviennent cependant à entrer, avec l’aide du seul gendarme présent. On les salue assez poliment, excepté un marin qui dit à Jézégou : Bonjour, mademoiselle. Dans son journal, le recteur écrit : À Lesconil, les protestants nous comparent souvent aux femmes à cause de la soutane que nous portons. Évidemment, leur Christ est en blouse verte ou en redingote ! Le président du bureau injurie l’autre vicaire alors que celui-ci met son bulletin dans l’urne, en présence des seuls partisans de M. Plouzané. À la sortie, c’est le grand boucan ! M. Jézégou écrit : Les marins furieux de l’exemple que nous avons donné en remplissant notre devoir de citoyen, voulaient nous frapper et nous accompagnèrent jusqu’au presbytère en nous menaçant et en criant « À bas les sœurs et les curés ! Hou ! À bas la calotte ! » Sans le brave gendarme, nous n’en serions pas sortis vivants. Je lui ai demandé de dresser procès-verbal à une petite protestante plus exaltée que les autres. Il l’aurait fait volontiers mais, seul, pouvait-il affronter cette meute hurlante ? Il risquait d’y laisser la vie. Le recteur conclut : Aujourd’hui, j’ai eu une vision de ce que pouvaient être le peuple et les tricoteuses lors de la grande Révolution. Lesconil reste un peuple de sauvages et d’énergumènes.

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Christophe Jézégou, recteur de Plobannalec (1907-1946)
Il s’est fait représenter sur un vitrail de l’église Saint Alour. À droite, on aperçoit Clemenceau

À l’issue du dépouillement, assuré uniquement par les partisans de Plouzané, celui-ci obtient quatre cent cinquante-cinq votes, alors que son rival Servigny ne recueille qu’une trentaine de suffrages. C’est la consternation chez les libéraux, d’autant que leur candidat est battu à l’échelon de la circonscription. Henri de Servigny, le battu, adresse par voie d’affiche ses remerciements à ceux qui ont bravé les apaches en votant avec courage contre le candidat officiel.

Le sauvage pays de la trique

Carfort multiplie les courriers aux journaux locaux et même nationaux. Selon lui, trois cents électeurs n’ont pu voter à Plobannalec. Comme il n’y a que six cents inscrits, comment expliquer le résultat, sinon par la fraude ? Accusant formellement le préfet et le maire de s’être rendus complices de ce simulacre d’élection, il réclame une commission d’enquête parlementaire. Déchaîné, « Le Progrès » évoque le sauvage pays de la trique, où Le Bail et Plouzané sont rois et où la dynastie plouzano-baillovingienne s’apprête à régner sans partage. Avec la farouche bande protestante, passage à tabac garanti et marrons qui ne sont pas glacés. À nous les blancs ! À nous les honnêtes gens ! À nous, tous ceux qui ne veulent pas être esclaves d’un verre de tord-boyaux et d’une pièce de cent sous ! Le journal, dirigé par l’abbé Cornou, s’en prend aussi aux méthodes de prêche du pasteur protestant et à ses ouailles : Très doux révérend, ce n’est pas un troupeau que vous avez à Lesconil, mais une ménagerie. Pourriez-vous nous procurer une cage à barreaux bien solides pour enfermer ces fauves-là ? En face, les moutons adressent une réclamation au préfet et exigent un nouveau vote en présence, cette fois, d’un escadron de gendarmerie. Mais le maire refuse de légaliser la pétition qui ne peut donc arriver à son destinataire.

Procès-verbal falsifié

Celui-ci tarde cependant à valider l’élection de Plouzané, le gouvernement ayant demandé un rapport, suite à la plainte déposée par M. de Carfort. Celui-ci accuse Plouzané d’avoir payé des meneurs à Lesconil. Il ajoute que, n’ayant pris aucune mesure pour protéger la liberté de vote, le maire Souron est son complice. Ce dernier a, toujours, selon Carfort, falsifié le procès-verbal et les listes d’émargement.

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À gauche, William Jenkins Jones, pasteur méthodiste gallois (1852-1925)

« Le Progrès » ne se console pas de cette défaite et il attaque le préfet, coupable selon le journal d’inertie coupable. Il n’a pas jugé utile d’envoyer des gendarmes, préférant les réserver pour sabrer les grévistes, chasser des prêtres de leurs presbytères et les bonnes sœurs de leurs écoles.
Pour les besoins de l’enquête, le commissaire de police convoque quelques paysans dont certains ne parlent que breton. Faute de traducteur impartial, [6] ceux-ci refusent de témoigner et les enquêteurs, des messieurs de la ville, adoptent une thèse totalement opposée à celle des partisans de Servigny. Le commissaire affirme : Les marins n’ont pas battu les cultivateurs, c’est le contraire qui est vrai. Il ajoute qu’au matin du 24 avril, jour du vote, il a vu une cinquantaine de marins de Lesconil arriver très calmes à Plobannalec. IIs se sont ensuite dispersés dans le bourg. Vers dix heures, est arrivé un sieur Guéguen, agent de Servigny, accompagné d’une douzaine de repris de justice. Ils ont cherché querelle à deux marins et les ont frappés à coups de poing. À l’arrivée d’autres marins, les apaches sont remontés dans leur carriole et ont quitté la commune. Le Citoyen publie une lettre ouverte au commandant de Carfort dans laquelle le rédacteur (Le Bail en personne) réfute toutes les accusations de fraude. Comment peut-on accuser M. Deschennes, le secrétaire de mairie, d’avoir été pris la main dans le sac ? De nombreux témoins peuvent affirmer que, ne faisant pas partie du bureau de vote, il s’est promené pendant cette journée si admirablement pacifique, devisant amicalement avec nos partisans et les vôtres. La lettre se termine ainsi : Commandant, mes sincères condoléances pour le désastre de votre flotte. Paix aux vaincus. Vive la République triomphante.

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Georges Le Bail. (1857-1937)
Avocat, député-maire de Plozévet. Radical socialiste

Cet article au vitriol ne suffit pas à Souron et à Deschennes, surnommé le maire coadjuteur. Accusés de malversations, ils répliquent et font voter au conseil municipal la poursuite en justice de Carfort et des journaux dans lesquels le commandant en retraite a publié ses calomnies.

Marie Pétronille

C’est par un autre procès que cette histoire se termine très provisoirement. La Chambre des députés valide l’élection de Plouzané, mais elle transmet cependant le dossier au ministre de l’Intérieur pour d’éventuelles sanctions. Qu’importe ce détail, Plouzané, triomphant, fait part de sa victoire le 23 juin à ses soutiens. Aussitôt, Deschennes persuade Souron de faire sonner les cloches de l’église du bourg pour fêter l’événement. Le maire sait qu’il outrepasse ses prérogatives, mais il cède et ordonne à sept républicains de se relayer pour faire carillonner Marie-Pétronille et Marie-Jeanne. Sur les conseils de l’évêque, le recteur porte plainte contre le maire et les exécutants. Après une longue procédure, le maire est condamné à cinquante francs d’amende, plus les frais.
De nombreuses autres péripéties, dramatiques, graves, ridicules ou risibles, vont alimenter le reuz entre cléricaux et laïcs, paysans et marins, blancs et rouges, partisans de l’école du bon Dieu ou du diable. Ce n’est qu’en 1946, après cinquante ans de présence dans cette commune si remuante que Christophe Jézégou, recteur, demande à Mgr l’évêque la permission de prendre une retraite bien méritée. Avant sa mort en 1953, il a peut-être entendu parler de Don Camillo, œuvre de fiction qui ressemble par certains côtés lointains à ce qu’il a vécu à Plobannalec-Lesconil.

Si vous désirez en savoir plus sur cette histoire, vous pouvez lire mon nouvel ouvrage : Du REUZ en Bigoudénie.

Sources :
Archives départementales du Finistère. 3 M 305-306-613.
Archives diocésaines de Quimper et Léon.
Journaux : Le Progrès du Finistère, Le Citoyen.
Registre de délibérations du conseil municipal de Plobannalec-Lesconil.
Lesconil. Serge Duigou. Éditions Ressac, 1996.
Auguste, un blanc contre les diables rouges. Pierrick Chuto. Association de Saint-Alouarn, 2017.

Merci à Serge Duigou, Vincent Le Floc’h et à Michel Guironnet pour son aide technique.

Les ouvrages de Pierrick Chuto :

Auguste, un Blanc contre les diables Rouges , IIIe République et Taolennoù, Cléricaux contre laïcs en Basse-Bretagne et Du Reuz en Bigoudénie

Tous les détails sur le site de l’auteur : http://www.chuto.fr/

Notes

[1(Député-maire de Plozévet. Pour cette élection, il a préféré changer de circonscription et se rapprocher des marins-pêcheurs de Douarnenez et d’Audierne, acquis à ses idées.)

[2Capitaine de vaisseau en retraite. il habite Loctudy, mais possède des terres à Plobannalec.

[3les, jours précédant le scrutin et le jour J, les candidats donnaient un crédit illimité aux bistrotiers

[4A cette époque, il n’y a pas de cimetière à Lesconil.

[5En 1894, le pasteur gallois William Jenkyns Jones, ouvre une salle de conférences à Lesconil. Profitant de l’absence de paroisse catholique, il ne tarde pas à faire de nombreux adeptes parmi la population de marins, durement touchés par la crise de la pêche.

[6Le traducteur n’est autre que Jules Deschennes, instituteur et secrétaire de mairie, ami de Plouzané et de Le Bail.

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14 Messages

  • Une élection mouvementée en 1910 à Plobannalec-Lesconil 14 décembre 2018 13:15, par Marlie TOUSSAINT

    Bonjour Pierrick Chuto,
    Merci à vous pour ce récit rocambolesque qui décrit bien le caractère bien trempé de ces villageois. Quelle ambiance ! Ah, ces fiers Bretons !

    Répondre à ce message

    • Une élection mouvementée en 1910 à Plobannalec-Lesconil 14 décembre 2018 18:44, par Pierrick Chuto

      Merci Marlie
      je suis soulagé de voir qu’au moins une personne a été intéressée par cet article qui ne reflète qu’une petite partie de ce que je raconte dans le livre Du REUZ en Bigoudénie.
      Et c’est souvent pire !
      Pierrick

      Répondre à ce message

      • Une élection mouvementée en 1910 à Plobannalec-Lesconil 14 décembre 2018 20:46, par Marlie TOUSSAINT

        Ne croyez pas que vos chroniques ne sont pas lues avec intérêt mais il n’est pas toujours facile de rédiger un commentaire qui puisse faire honneur à ce beau travail de rédaction si bien documenté. Comprenez et prenez-le avec humour, depuis plusieurs siècles, mes ancêtres Normands étaient basés à Argouges, village situé pile poil à la frontière dont le château de Charuel faisait face à celui d’Antrain en territoire Breton ; alors laisser une appréciation pour une histoire concernant nos ennemis héréditaires m’a posé un cas de conscience vis-à-vis de mes aïeux « que dieu veille sur leurs âmes » comme on disait dans ce temps-là. Alors bravo à vous, après tout, il y a prescription depuis longtemps et nous pouvons être fiers de nos origines. Cordialement Marlie

        Répondre à ce message

  • Une élection mouvementée en 1910 à Plobannalec-Lesconil 15 décembre 2018 15:51, par Franck Boulinguez

    Bonjour Pierrick,

    Je profite de ce début d’après midi pluvieux pour relire cet article à tête reposée et d’y voir tous les conseils que vous avez bien voulu me communiquer concernant la manière de mettre en scène les personnages des « histoires » que l’on essaye de partager aux autres.

    On y découvre que 10 ans après la promulgation de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, les tensions sont toujours vivent entre « calotins » et « anticléricaux », « hommes de mer » et « hommes de terre », « blancs » et « rouges ».

    Et que le problème de la laïcité, reste encore aujourd’hui sujet à débat dans notre République même s’il s’est déplacé.

    De voir qu’encore aujourd’hui, certains voient dans des symboles identitaires purement géographiques (comme le drapeau breton, corse ,...) des symboles politiques alors qu’ils ne sont que le reflet de l’amour et du respect de nos origines respectives. (voir le commentaire de Marlie : je rajoute le drapeau normand pour la peine ;-) )

    Je vais prendre le temps de me replonger dans mon enfance et essayer de regarder à nouveau ces merveilleux films où Giuseppe Bottazzi, le maire « bolchévique » de Brescello s’oppose à l’influence encore notoire de Camillo Tarocci, le curé du village...

    Un grand merci pour la construction de cet article dont je m’inspirerai et félicitations pour la rédaction et les superbes illustrations

    Avec toute mon amitié
    Franck

    Répondre à ce message

    • Une élection mouvementée en 1910 à Plobannalec-Lesconil 16 décembre 2018 11:41, par Pierrick Chuto

      Vous êtes trop bon, Franck.
      j’en rougis de contentement...
      Bien amicalement
      Pierrick

      Répondre à ce message

    • Une élection mouvementée en 1910 à Plobannalec-Lesconil 16 décembre 2018 12:43, par Marlie TOUSSAINT

      Merci Franck, d’avoir rajouté le drapeau Normand à votre répertoire. Toutefois, quand je vois la tronche de votre émoticône , me viens un léger et sympathique doute :-! quand à l’oubli des mille ans de guerres de nos ancêtres respectifs et c’est de bonne guerre ! ;-) ! Pour preuve, de nos jours, quand on demande à un Breton à quel province appartient le Mont-Saint-Michel, vous connaissez la réponse, je vous rassure il est Normand ! :’-)) Heureusement, je suis mâtinée de Lorraine et j’apprécie particulièrement ces petites joutes. Alors haut les drapeaux provinciaux ! et le bleu, blanc, rouge pour symboliser la fraternité. Cordialement. Marlie

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  • Une élection mouvementée en 1910 à Plobannalec-Lesconil 20 décembre 2018 09:14, par Colette Boulard

    Merci, Pierrick, pour ce beau travail, encore et encore. Pas toujours simple, en effet,de commenter un article. Me vient une remarque, non sur l’article mais consécutive à lui, aux propos de Marlie : La multiplicité de nos racines, pour chacun d’entre nous, est un peu comme un blason porteur de ces diverses identités, qui ont toutes leur richesse. Au fil des siècles, il devient très riche et complexe, multiple. Parallèlement, le ou les dénominateurs communs de tous nos blasons/racines sont autant de témoins d’une identité commune. Ne croyez-vous pas ?

    Répondre à ce message

    • Une élection mouvementée en 1910 à Plobannalec-Lesconil 20 décembre 2018 22:55, par Pierrick Chuto

      Vous avez raison Colette, mais les événements actuels me rendent fort inquiet sur l’unité de notre pays. Je ne pensais pas en écrivant Du REUZ en Bigoudénie, que notre belle république serait aujourd’hui tellement ébranlée.
      Je me replonge actuellement dans la préparation d’une nouvelle édition d’un livre que j’ai sorti en 2013 sur les enfants exposés à l’hospice de Quimper. Quelle misère à cette époque et il n’y avait pas de médias pour la relayer !
      je m’arrête là, car Noël arrive.
      Paix sur la terre aux hommes et aux femmes de bonne volonté..
      Bien amicalement
      Pierrick
      http://www.chuto.fr/

      Répondre à ce message

  • Une élection mouvementée en 1910 à Plobannalec-Lesconil 22 décembre 2018 15:43, par Alain Bellemare

    J’ai bien apprécié votre histoire sur l’élection mouvementée de 1910 dans une localité de Bretagne. Comme il y a beaucoup de ces descendants bretons mélangés par surcroît à de coriaces descendants normands chez-nous, on peut dès lors imaginer également la "ferveur" de nos élections dont je vous livre ici celle de 1873 dans la ville de Québec.
    Au Québec, jusqu’en 1875, il n’y a pas d’isoloir ni de bulletin de vote aux élections. On se prononce à main levée, publiquement, et tout le monde sait pour qui on a voté.
    Bien souvent, des fiers-à-bras appuyant un candidat bloquent l’accès au bureau de vote ─ le « poll » ─ à ceux qui ne votent pas « du bon bord ». Des bagarres éclatent pour savoir qui contrôlera le poll ou encore pour forcer sa fermeture dès que l’on calcule avoir la majorité. La violence et l’intimidation sont alors monnaie courante.

    Un nouveau sommet est atteint durant l’élection partielle très mouvementée tenue dans le « comté » de Québec-Est en mars 1873. Le gouvernement conservateur de Gédéon Ouimet compte sur Philéas Huot, son candidat, pour remporter la victoire.
    De leur côté, les libéraux sont prêts à lutter et présentent Charles-Alphonse-Pantaléon Pelletier, un homme qui n’a pas froid aux yeux. Rappelons qu’il avait été candidat libéral dans Kamouraska en 1867 : cette élection était tristement célèbre parce que les autorités avaient dû l’annuler tellement elle fut marquée par la violence.
    Dans Québec-Est, les troubles éclatent au moment de la mise en nomination (24 février 1873). Cet événement public présidé par un « officier-rapporteur » ─ aujourd’hui appelé le directeur du scrutin ─ servait à inscrire officiellement le nom des candidats qui se présentaient. Chacun criait le nom de « son homme » et la campagne électorale commençait !
    Mais voilà que les partisans de Philéas Huot décident d’empêcher ceux de Pelletier de s’exprimer. La bagarre éclate aussitôt et l’on projette Pelletier, qui voulait faire un discours au bas de l’estrade. Ses matamores le remontent aussitôt en place, puis tout dégénère à nouveau : on s’échange coups de couteau, de botte, de bâton et de garcette.
    Le sang coule des deux côtés quand des coups de feu retentissent soudainement : 3 personnes sont atteintes, dont une gravement au ventre. Pelletier lui-même s’en tire avec une bonne frousse : une balle a traversé son chapeau et lui a écorché la tête !
    La police arrive enfin et met un terme à l’assemblée, mais les deux bandes continuent de se défier dans les rues des quartiers Saint-Roch et Saint-Sauveur. Les curés et les citoyens protestent dans les jours qui suivent. L’armée est appelée en renfort et tout le secteur est sous haute surveillance. Une semaine plus tard, le scrutin se déroule dans le calme et Pelletier l’emporte par 835 voix.

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    • Une élection mouvementée en 1910 à Plobannalec-Lesconil 25 décembre 2018 22:27, par Pierrick Chuto

      Merci Alain pour cette relation fort intéressante.
      Vous devriez en faire un article pour La Gazette.
      En France, l’isoloir n’a été obligatoire (théoriquement) qu’en 1913, mais depuis longtemps les votes n’avaient quand même pas lieu à main levée comme au Québec.
      Ici, le prêtre en chaire disait que le bulletin de vote serait lu deux fois : une fois par le maire au moment du dépouillement et une autre fois par Dieu au soir du Jugement dernier.
      Nos ancêtres réfléchissaient avant de voter...
      Bien cordialement
      Pierrick

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